samedi 26 mai 2012

La passation : Charybde et Scylla


On sait que "dans la mythologie grecque, Charybde et Scylla sont deux monstres marins qui ont donné leur nom respectivement à deux dangers maritimes, situés entre l’Italie et la Sicile: le tourbillon du détroit de Messine et un récif très dangereux du même détroit. Ainsi lorsque l’on évite Charybde et sa tourmente on tombe immanquablement sur Scylla et son dangereux écueil. D’où l’utilisation de l’expression “tomber de Charybde en Scylla” pour dire que l’on évite un danger pour en affronter un pire encore."


La Françafrique était devenue monstrueuse, figure de Charybde, avec ses pouvoirs locaux invariablement défendus par Paris, de Habyarimana à Bédié en passant par les deux Congo, entre Sassou et Mobutu, la Tunisie de Ben Ali et les dynasties togolaise ou gabonaise...

La Françafrique déboucherait, dans son conflit avec son... "alliée" Washington, sur le soutien au Rwanda du génocide contre le Rwanda de Washington, figure de Kagamé lové et derrière le génocide de ceux de son "ethnie", et derrière les massacres régionaux bien plus importants en nombre depuis quinze ans que ceux causés par le génocide des Tutsis ! Histoire d'une passation, de Paris à Washington...

En Côte d'Ivoire aussi, la passation aurait lieu, de Bédié soutenu par la Françafrique et sa figure chiraquienne / alliot-marienne, à Ouattara soutenu politiquement, diplomatiquement, médiatiquement, militairement par le washingtonien / otanien / FMIste Sarkozy. Les protestations de Probst et Evanno, grands anciens françafricains, n'y changeraient rien.

Des signes de la mutation de la Françafrique sont apparus ailleurs, comme dans le lâchage d'Alliot-Marie avec Ben Ali en plein désert tunisien au profit des salafistes washingtoniens / FMIstes / otaniens ralliés par Sarkozy bombardant bientôt la Libye au profit de leur CNT.

La Françafrique de Bédié / Ben Ali / Habyarimana fait figure d'amateur avec ses airs de Charybde face à la Scylla qui l'a déjà engloutie.

En ce sens, oui, la Françafrique serait bien morte, comme nous l'annoncent tous les élus élyséens depuis des décennies - cette fois elle ne reviendrait pas. L'acte de décès serait donc cette fois authentique ; la passation ayant eu lieu : le Fcfa est toujours là, mais soumis lui aussi.

Reste à savoir - on le saura sans doute assez vite - où se situera le nouveau pouvoir français : rangé derrière Washington ? Ou enfin décidé à ne plus insulter l'avenir : devenir enfin solidaire de l'indépendance en train de creuser son chemin, actuellement sous la figure de Gbagbo. Le PS aurait pourtant matière à en être partie prenante : il compte encore en son sein suffisamment d'ancrages de solidarité, malgré les FMIstes hélas bien présents aussi...


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire