vendredi 31 mai 2013
mercredi 29 mai 2013
mardi 28 mai 2013
Vous avez dit "populisme" ? (suite)
« [...] à partir du moment où il apparaît économiquement rentable d'investir dans telle ou telle dictature du tiers-monde, les politiciens libéraux - et les hommes d'affaires qui les commanditent - s'empressent aussitôt de jeter aux orties les belles proclamations humanistes dont ils ont l'habitude de décorer leurs mensonges électoraux. Seulement on ne voit pas au nom de quoi les partisans de gauche de la croissance (même rebaptisée « développement durable ») auraient encore à se comporter autrement. »

« De même que le premier macho venu sait d'avance qu'une femme qui lui a dit non voulait en réalité lui dire oui - de même, un dirigeant européen moderne (ou une dirigeante), sait d'avance que le non d'un peuple est toujours un oui qui s’ignore ; et qu’il est, par conséquent, inutile d'en tenir compte et a fortiori absurde de déranger le peuple pour si peu. À la suite de Pascal Perrineau, on appellera d'ailleurs "populiste" tout autre avis sur la question (il est vrai que ce noble défenseur du libéralisme estime désormais que "l'extrême gauche anticapitaliste devrait faire l’objet du même interdit que l'extrême droite ; y compris au niveau local" (Le Nouvel Observateur, 3 Juillet 2008). Il est sûr qu'avec de telles précautions, les mauvaises surprises électorales deviendraient moins fréquentes). »
Jean-Claude Michéa, La double pensée. Retour sur la question libérale, Champs-Flammarion, 2008, p. 100 & 103.
Syrie : ainsi Bachar gagne sa guerre contre l’Occident !
Par Théophile Kouamouo
Extrait du Nouveau Courrier n° 808 du Lundi 27 Mai 2013 :
L’affaire est-elle entendue ? En tout cas, un certain nombre d’indices concordants donnent à penser que, plus que jamais, le président syrien Bachar El Assad tient le bon bout et est sur le point de gagner la guerre que lui a déclarée une coalition hétéroclite composée de katibas islamistes liées pour certaines à Al-Qaida, de nations occidentales agissant à travers des alliés locaux, et marginalement d’un certain nombre de démocrates historiques très vite dépassés par les événements. Allié historique du président syrien, le Hezbollah libanais (chiite) lui promet désormais la « victoire ». Marginalisé pendant longtemps par un Occident qui ne le considérait plus comme le représentant légitime du peuple syrien, il prendra toute sa place lors des négociations qui s’ouvrent aujourd’hui à Genève, en Suisse, et qui seront arbitrées à la fois par les Etats-Unis et la Russie. La presse occidentale prend désormais acte de la criminalisation avancée des rebelles présentés pendant longtemps sous un jour mélioratif, et se demande si ces prétendus combattants de la liberté n’ont pas perdu « la guerre médiatique ».
Il est donc fort probable que le fils d’Hafez El Assad connaisse un sort différent de celui de l’Ivoirien Laurent Gbagbo – délégitimé et renversé par la France et l’administration onusienne – et du Libyen Muammar Kadhafi – assassiné par un agent français, si l’on en croit les révélations de la presse italienne, puis exhibé en public dans une sorte de pornographie macabre. Le monde change-t-il ? L’Occident sortira-t-il du conflit syrien affaibli et humilié ? L’opinion internationale retiendra-t-elle qu’on peut subir les foudres de Paris, Londres et Washington et survivre politiquement ? Si Bachar parachève sa victoire militaire sur ses rebelles, il faudra en tirer un certain nombre de leçons.
Des signes des temps
Pourquoi Obama, Cameron, Hollande et les autres lèvent-ils un peu le pied et consentent en apparence à rééquilibrer leur position ? Premièrement, parce que la diplomatie est avant tout une affaire de terrain. Assad a tenu militairement, sur une période assez longue. Alors qu’on le disait fini, il s’est réinventé plusieurs fois de manière assez surprenante. Si Gbagbo et Kadhafi avaient une structure militaire, des armes et des alliés leur permettant de tenir, ils seraient aujourd’hui considérés, par les pompiers pyromanes des temps modernes, comme une partie de la solution à la résolution de la crise dans leurs pays. Vae victis ! Malheur aux vaincus ! La citation latine n’a pas pris une ride.
Parce qu’Assad a tenu, les contradictions de la coalition hétéroclite qui le combat sont apparues, et elle s’est affaiblie de l’intérieur. Le double jeu de certains alliés, notamment les Qataris qui financent à la fois les actions dans les banlieues français, le football européen et le salafisme le plus rétrograde dans le monde arabo-musulman, a fini par apparaître comme une évidence, en dépit des dénégations forcenées de politiciens irresponsables. Alors que le terrorisme islamiste fait aussi partie des problèmes intérieurs des pays occidentaux, il est difficile pour les dirigeants des pays membres de l’OTAN de faire semblant de ne pas voir ce qui est évident. La propagation de l’islamisme le plus guerrier en Libye et sa dissémination dans le Sahel à la suite du renversement de Kadhafi par des alliés plus que douteux des Occidentaux – qui se sont finalement retournés contre eux – est également un facteur qui alimente la méfiance vis-à-vis des politiques officielles. Le bon accueil réservé, en France au livre Sahelistan de Samuel Laurent, qui accuse Sarkozy d’avoir fait preuve « d’une irresponsabilité folle » en Libye, où la guerre de l’OTAN est « un échec retentissant », est un signe des temps.
Il ressortira des épopées libyenne et syrienne que la France, l’Angleterre et les Etats-Unis peuvent aussi être un facteur de déstabilisation du Moyen-Orient. Ces nations perdront leur statut d’arbitres non contestés et de référents sur cette partie du monde, notamment aux yeux des pays émergents, acteurs montants de la scène diplomatique contemporaine. Par ailleurs, les observateurs avisés noteront qu’en abandonnant sa doctrine qui prônait un respect certes très hypocrite du droit international et des résolutions onusiennes et en aidant directement les rebelles syriens, la France a adopté le néoconservatisme bushien que ses analystes officiels tançaient jusqu’alors.
Une Afrique mineure
Et l’Afrique dans tout ça ? Il est évident qu’en dépit de son affaiblissement moyen-oriental, l’Occident – et singulièrement la France, dont le président faisait le beau lors du dernier sommet de l’Union africaine – y reste le maître du jeu sur le terrain de la paix et de la guerre. En dépit des contradictions, y compris d’ordre économique, avec des nations comme la Chine et l’Inde qui peuvent estimer qu’elles font face à un adversaire qui profite de son maillage militaire du continent pour leur opposer une certaine forme de containment. Pourquoi le concert des nations continue-t-il d’admettre le néocolonialisme occidental en Afrique, alors que la clé de la croissance mondiale s’y trouve désormais ? Tout simplement parce qu’il redoute ce que les spécialistes appellent « le vide de puissance ». Les Etats africains sont soit inexistants soit affaiblis. Les organisations régionales sont soit impotentes comme l’Union africaine soit de simples exécutantes comme la CEDEAO. Le soft power – instituts de recherche, médias d’envergure internationale, organes producteurs de statistique, ONG à but normatif, etc – est contrôlé de l’extérieur. Les Africains sont, par exemple, incapables de participer de manière satisfaisante au règlement de la crise malienne, comme ils ont été incapables de s’opposer de façon cohérente au renversement de Kadhafi. En l’état actuel des choses, ils sont mineurs dans le regard de ceux qui les observent de l’extérieur. Ils ont besoin de tuteurs. Et même si l’actuel tuteur est à la fois [...]
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lundi 27 mai 2013
CPI - "Dans l’affaire Gbagbo contre le procureur, l’accusation s’est ridiculisée"...
"Les soldats français tués en Côte d’Ivoire lors des événements de 2004 ont été sacrifiés… C’était le prétexte d’un coup d’Etat. C’est indiscutable. C’était le carnet de route de l’armée française…" (Me Balan, du barreau de Paris, avocat des familles des soldats français tués à Bouaké)
samedi 25 mai 2013
Vous avez dit "populisme" ?
Quatrième de couverture : "Le libéralisme est, fondamentalement, une pensée double : apologie de l'économie de marché, d'un côté, de l'Etat de droit et de la "libération des mœurs" de l'autre. Mais, depuis George Orwell, la double pensée désigne aussi ce mode de fonctionnement psychologique singulier, fondé sur le mensonge à soi-même, qui permet à l'intellectuel totalitaire de soutenir simultanément deux thèses incompatibles.
Un tel concept s'applique à merveille au régime mental de la nouvelle intelligentsia de gauche. Son ralliement au libéralisme politique et culturel la soumet, en effet, à un double bind affolant. Pour sauver l'illusion d'une fidélité aux luttes de l'ancienne gauche, elle doit forger un mythe délirant : l'idéologie naturelle de la société du spectacle serait le "néoconservatisme", soit un mélange d'austérité religieuse, de contrôle éducatif impitoyable, et de renforcement incessant des institutions patriarcales, racistes et militaires. Ce n'est qu'à cette condition que la nouvelle gauche peut continuer à vivre son appel à transgresser toutes les frontières morales et culturelles comme un combat "anticapitaliste".
La double pensée offre la clé de cette étrange contradiction. Et donc aussi celle de la bonne conscience inoxydable de l'intellectuel de gauche moderne."
vendredi 24 mai 2013
jeudi 23 mai 2013
mercredi 22 mai 2013
Michel Gbagbo, citoyen français captif en Côte d’Ivoire depuis 2 ans pour délit de patronyme. L'appel de sa mère
Multiplions les initiatives pour soutenir Michel GBAGBO !
Par Jacqueline Chamois
Aujourd’hui plus que jamais, ne relâchons pas notre effort pour obtenir la libération de Michel et de tous les prisonniers politiques !
Par nos actions, nous voulons dire à Michel que nous pensons à lui ;
faire connaître sa situation auprès de l’opinion publique, française en particulier ;
rappeler au gouvernement français qu’il se doit d’intervenir pour obtenir la libération d’un citoyen injustement détenu.
Au cours de ces deux longues années, des actions de tous ordres ont été entreprises, venant des amis et proches de Michel, de ses avocats, ainsi que des mouvements ivoiriens, citoyens et panafricains qui luttent sans relâche pour la libération des prisonniers politiques de Côte d’Ivoire.
Citons dans le désordre : des marches et des rassemblements, des communiqués et une conférence de presse, des interviews, des affiches, des articles et de nombreux courriers envoyés au Président de la République française et au Ministre des Affaires étrangères, soit directement, soit par l’intermédiaire de nos représentants, Députés ou Sénateurs.
Le site Soutien et liberté créé en janvier 2013 se fait l’écho de ces actions et les accompagne.
Il propose par exemple des modèles de lettre à l’intention des personnalités politiques. http://soutienetliberte.wordpress.com/2013/02/19/aidons-a...
Ainsi que l’a indiqué dans une récente interview Me Habiba Touré, il y a une évolution notable de l’écoute des autorités françaises, signe que nos paroles finissent par être entendues.
Il faut donc continuer !
Continuer à écrire dans la presse, à interpeller les responsables politiques, à se rassembler pour obtenir la libération de Michel !
mardi 21 mai 2013
lundi 20 mai 2013
"Islamophobie" — glissements sémantiques
« Islamophobie » : un mot que j’ai employé — parcimonieusement : j’ai retrouvé cet ancien post. Un mot que je n’emploie plus, tant il couvre un champ sémantique imprécis...
Image : http://hoopandstick.tumblr.com
Pour faire court, le mot est — au moins — à double sens : un sens strictement religieux, ou idéologique, et où être « islamophobe » n’est en principe pas un problème : on peut craindre une religion ou une idéologie quelle qu’elle soit : christianisme, judaïsme, communisme, libéralisme, etc., sans parler de fascisme ou de nazisme ! Sous cette acception du terme, il est légitime de redouter l’usage qui est fait de l’islam dans ce qu’on appelle communément « islamisme » pour en désigner un courant qui est loin d’y être marginal et qui appuie un terrorisme qui fait de nombreuses victimes — dont un très grand nombre sont musulmanes.
Il est un autre sens du terme « islamophobie » qui rend son emploi légitime : c’est l’usage qui en est fait pour désigner une attitude face à une réalité culturelle, issue de façon lointaine ou proche de l’islam — qui peut se traduire de diverses façons, comme par des prénoms (Mohamed, Aïcha, etc.), qui deviennent aisément stigmatisants même si celles ou ceux qui les portent ne revendiquent aucune pratique, voire aucune foi. En France, l’équivalent « catholique » de telle ou telle de ces personnes ne serait jamais considérée comme « catholique », mais plutôt comme agnostique voire athée. C’est plus difficilement vrai d’autres traditions, dont l’islam. À ce point l’emploi du vocable serait légitime, tant il sert de substitut élargi à l’attitude plus restrictive de l’arabophobie.
Or « musulman » n’est pas une « race » ! Non plus que catholique, protestant ou juif — dotés eux aussi d’un sens d’abord religieux. Les choses se sont compliquées cependant pour le judaïsme avec l’emploi du terme « antisémite » qui pose au préalable une « racialisation » du fait juif ! Or la « race » juive n’existe pas, non plus que quelque autre « race » que la race humaine. L’antisémitisme, qui existe bel et bien, tout comme le racisme en général, repose sur ce qu’on peut appeler un mythe. Le racisme n’en existe pas moins, notamment, parmi les classiques de cet ordre, le racisme négrophobe, et bien sûr le racisme antisémite.
La complexité du problème fait qu’à ce point tout n’est pas dénoué, tout n’est pas totalement éclairci quant au mythe faisant du judaïsme une race. C’est ce à quoi s’attaque aujourd’hui le désormais célèbre livre de Shlomo Sand, « Comment le peuple juif fut inventé », et son plus récent « Comment j’ai cessé d’être juif ». Shlomo Sand y conteste toute nature non-religieuse du fait juif comme mythique, au point que n’étant lui-même ni pratiquant ni croyant, il ne voit pas pourquoi il continuerait à se dire juif. Si la compréhension des choses qui est celle de Sand peut laisser perplexe sur plus d’un point, sachant que toute tradition religieuse produit des développements culturels non-religieux, elle n’en repose pas moins sur une contestation légitime et inconstatable de l’idée de race — qui n’empêche pas pour autant l’existence réelle de l’antisémitisme !
Le rabbin Delphine Horwiller, présentant récemment son livre « En tenue d’Ève » à l’invitation de France Culture, répondait à la contestation athée de sa foi en demandant à son interlocuteur athée fictif en quel Dieu il ne croit pas. Sa réponse : ce Dieu-là, je n’y crois pas non plus. Nombre de croyants pourraient répondre cela à Russell et Dawkins à propos de leur théière céleste : « ce Dieu-là, je n’y crois pas non plus ». On peut penser que la mise en cause du judaïsme tel que compris par Shlomo Sand lui vaudrait la même réponse de nombreux juifs : « ce judaïsme-là, je ne m’y reconnais pas non plus » !
Mais quid d’un racisme « islamophobe » ? On assiste régulièrement pour l'islam à un phénomène similaire au glissement vers une compréhension raciale du fait juif. Ne manque pour l'islam que le mot qui a marqué le glissement racialiste de la compréhension du judaïsme comme phénomène racial « sémite » et son rejet par l' « antisémistisme ». D’où, à mon sens la nécessité de rester réservé avec le vocable « islamophobie » : ce qui n’est pas clairement défini, qui ne reçoit pas un minimum d’accord sur sa signification est potentiellement conflictuel, via des glissements inconscients voire manipulateurs : voir le cas de la Côte d’Ivoire où dès 1999 Ouattara, avec la complicité (inconsciente ?) de la presse française, « Libération » en tête, se déclarait victime de l’islamophobie supposée de son futur allié, Bédié. C’est le point de départ d’une crise ensuite montée en épingle et qui a mené où l’on sait : les mêmes causes risquant toujours de produire les mêmes effets, éventuellement ailleurs, il serait prudent, et opportun d’envisager une précision quant au vocabulaire, pour désigner un phénomène qui pour être mal nommé, n’en existe pas moins…
Libellés :
jd
dimanche 19 mai 2013
Ouattara lâche du ballast...
Mission terminée pour Amadé Ouremi ? - sur le blog de M. Frindéthié
Ouremi, Commandant FRCI de Dramane
Les dénonciations des ONG et des organisations des droits de l’homme se faisant de plus en plus pressantes sur le gouvernement génocidaire de Dramane, il devint nécessaire qu’un bouc émissaire fût trouvé dans les plus brefs délais, qui porterait toute la responsabilité des massacres de l’Ouest commis par l’armée du Boucher de Duékoué, et qui serait éventuellement convoyé vers la CPI, afin de donner bonne conscience aux « démocrates du monde libre » qui ont soutenu la déstabilisation de la Cote d’Ivoire et éviter aux éventreurs de Dramane (Chérif Ousmane, Ben Laden, Fofié, Wattao, Vetcho, Zakaria etc.) un voyage vers la Haye. Entra alors Amadé Ouremi !
Pourquoi pas ? Ourémi n’a-t-il pas achevé la mission que lui avait confiée Dramane depuis le début de la rébellion de 2002, et qui consistait à éliminer les populations Wê et à sécuriser leurs terres et leurs demeures pour les colons burkinabé massivement naturalisés en prévision de la Campagne électorale de 2015 que Dramane a déjà entamée dans la frénésie ?
[...] L’insolence et la meurtrière grossièreté d’Ourémi lui venaient de ce qu’il était assuré de la protection de son maître, Dramane. Et toutes les contorsions des griots des génocidaires à propos d’un Ourémi « insaisissable » n’étaient qu’une stratégie, d’une part, pour permettre à l’homme de main de Dramane de finir sa sale besogne ethnocide, et, d’autre part, d’ériger la prétendue « prise » d’Ourémi en opération homérique des « valeureux » FRCI. D’ailleurs, n’entend-t-on pas déjà les bêêêêêlements de l’heureuse moutonnerie [...] aveugle à l’éclatant uniforme FRCI du « Commandant Ourémi » ? Ourémi n’est qu’un autre FRCI en disgrâce. Un mouton de tabaski ignorant de son sort qui a mis trop de foi en la sincérité de son maître.
Comme IB, Ourémi a achevé la mission qui lui a été confiée. Alors, comme IB, exit, Ourémi ! Les morts ne parlent pas. Ourémi vivra-t-il pour narrer son histoire, ou bien s’éteindra-t-il [...]
Lire l'article en entier sur le blog de M. Frindéthié.
mercredi 15 mai 2013
Mélenchon à propos du traitement de Simone et Michel Gbagbo : "Je suis soulevé de dégoût"
Extrait du Nouveau Courrier - Lu sur le blog de J.-L. Mélenchon
"Malheur aux vaincus ivoiriens
Le service après-vente des interventions militaires de nos présidents successifs est un devoir qui dépasse les temporalités médiatiques. Quand la guerre a lieu, l’armée transporte les journalistes et les installe dans des points d’observations choisis par elle. Pendant quelques jours les « reporters » filment librement ce qu’il est prévu de les voir filmer et commentent librement en direct « sur place, depuis le terrain » leurs collègues en plateau à Paris qui leur lisent les dépêches de l’armée et du gouvernement. Jusque-là tout va très bien. En effet il ne saurait être question de laisser de tels énergumènes pourrir une guerre avec leurs inévitables otages ou leurs morts mis en exergue chaque jour au journal de vingt heures. Surtout que sur ces plateaux tournent avec suavité deux ou trois experts directement liés à nos Etats-Majors, revues et colloques savants, qui commentent des cartes du meilleur effet. De cette façon tout se déroule, avec une magnifique précision d’horloge, selon le plan prévu. Premier temps on intervient au nom des droits de l’homme comme le prouvent des images « tournées en caméras cachées au péril de notre vie ». Deuxième temps on commente les droits de l’homme bafoués avant notre glorieuse présence vu qu’il n’y a plus rien à montrer en image car les zones de combat sont interdites d’accès. Troisième temps la guerre est finie, les droits de l’homme sont rétablis, la population sort les drapeaux français tout neufs qu’elle cousait en cachette depuis des semaines. Les télés rentrent à la maison, les commentaires s’interrompent car le sujet est vite épuisé (surtout dans le désert où il n’y a vraiment personne). Depuis peu il y a une nouvelle séquence imposée : la visite sur place du président très bon très grand qui vient écumer la joie du peuple libéré. « Merci la France » « Sarkozy ! Sarkozy ! » à Benghazi. « Merci papa Hollande » à Tombouctou. Les sceptiques reçoivent le coup de grâce. Quoi qu’il en soit, quatrième temps, la guerre continue. Peu importe qu’elle continue. Le cirque est parti, le spectacle a lieu ailleurs. Les droits de l’homme retournent donc au présentoir de la bonne conscience, entre la tête de buffle empaillé et le portrait du Dalaï Lama. A partir de cet instant on ne peut revenir sur la scène de ces exploits guerriers qu’avec un masque et des gants, car il s’agira de fouiller dans la charogne.
En Côte d’Ivoire, comme hier au Kosovo, comme à présent en Lybie et très bientôt, c’est certain, au Mali et en Syrie, nos chers alliés politiques « amis des droits de l’homme » que nous sommes venus secourir s’avèrent être « à la longue », c’est-à-dire hors de la quinzaine pendant laquelle les médias montrent quelque chose, d’odieux pourris et parfois même des criminels notoires. Voyez comment les prétendus « combattants de la liberté » du Kosovo trafiquaient les organes des prisonniers serbes qu’ils prélevaient pour les revendre. Motus. Le serbe était le méchant du film. Puis ils menacèrent de mort la présidente du Tribunal Pénal International. Silence : aucun d’entre eux ne sera donc jugé. En Lybie et en Syrie aujourd’hui les « insurgés » combattent un despote avec des méthodes aussi répugnantes que les siennes et parfois même pire. C’est ce que vient de montrer le recours aux armes chimiques par les « rebelles » en Syrie. Etrange : la femme qui le révèle pour l’ONU est celle qui a été menacée déjà pour le Kosovo. Encore elle ! Heureusement, les nord-américains sont là pour révéler qu’ils disposent de preuves solides montrant que le despote a usé de ces armes chimiques. Et patati et patata. La vie, quoi. Je ne crois pas surprendre beaucoup de mes lecteurs en écrivant tout cela. Je les invite pourtant à suivre avec attention ce qui leur est dit sur ces sujets quand ils en entendent parler. Car il nous faut tous tirer parti de chacun de ces épisodes. C’est nécessaire pour améliorer notre compréhension du monde et pour éduquer nos réflexes face à la machine de propagande quand elle se met en mouvement. Sinon comment assumer notre dignité de citoyens ? Nous devons exercer en esprit libre nos pouvoirs de discernement. Il est essentiel, là encore de prendre d’abord conscience du rôle d’illusionnistes (souvent distrayants, j’en conviens) des médias officialistes.
En Côte d’Ivoire, des criminels de toutes sortes, massacreurs de civils, tortureurs de prisonniers civils, bourreurs d’urnes patentés, occupent dorénavant les postes clefs du régime « ami des droits de l’homme » que Nicolas Sarkozy a installé au pouvoir. Un rapport de l’ONU, non commenté aux journaux de 20 heures français pourtant tellement actifs dans le service de vente directe de la belle guerre de Côte d’Ivoire note : « D'anciens commandants de zone ayant à leur actif un nombre notable de violations du droit international humanitaire ont rejoint les rangs ordinaires des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire. Des individus comme Martin Kouakou Fofié (qui est sous le coup de sanctions de l'ONU depuis 2006), Ouattara Issiaka (alias ì Wattao), Hervé Touré (alias ì Vetcho ), Koné Zakaria et Chérif Ousmane ont tous été promus à des postes stratégiques de commandement. Ils ont également des contingents sous leurs ordres et d'importantes quantités d'armes (et de matériel connexe) entre leurs mains. » Ces gens sont impliqués dans des crimes dont le récit vous fait dresser les cheveux sur la tête. Qui cela va-t-il empêcher de dormir ici, au pays des droits de l’homme qui n’hésite pas à s’engager militairement pour défendre nos principes ? Personne ! Et sûrement pas François Hollande. Il a confirmé la marionnette présidentielle Alassane Ouattara qui est venue lui faire acte d’allégeance à domicile. J’ai alors demandé si ce noble guerrier se souvenait de notre compatriote Michel Gbagbo détenu dans des conditions infra humaines par les vainqueurs qui l’ont d’abord copieusement tabassé. Michel Gbagbo est citoyen français. Il a été détenu sans jugement ni même inculpation pendant des mois. Puis il a été détenu dans des conditions qui l’ont amené aux portes de la mort. Il ne faisait pas de politique. J’ai interpellé le gouvernement. Personne ne m’a répondu. Il faut quand même dire, sans doute, que s’appeler Gbagbo et être le fils de son père, même si on n’a pas d’activité politique n’est pas bien malin. Fabius qui a eu ses petites entrées auprès de Laurent Gbagbo du temps où il était puissant devrait pouvoir s’en émouvoir. Non. Dans la mesure où l’ennemi est vaincu, les vainqueurs ont tous les droits. Notamment celui de martyriser les vaincus. Bien sûr cela se fait en toute bonne conscience au nom des droits de l’homme qui ont été méprisés par les vaincus, cela va de soi.
« Vae victis » dit l’adage des romains, malheur aux vaincus. Tout est alors permis contre eux. Je ne veux pas gâcher vos rêves avec des cauchemars venus de Côte d’Ivoire. Mais le sort réservé aux six cent soixante dix membres du Front Populaire Ivoirien détenus par les officiels actuels pourraient vous faire très peur. Passons sur celui réservé à madame Simone Gbagbo qui vient d’être enlevée de l’hôpital où il avait bien fallu la conduire. Battue en public sous les yeux des caméras par des soudards, elle est pourtant réclamée par le tribunal pénal international. Sa défense ne sait rien d’elle. Elle est vivante et martyrisée. Qui s’en soucie à Paris ? [...] Quand je vois un « ministre de la justice et des droits de l’homme » refuser l’accès de tout avocat auprès de mon compatriote Michel Gbagbo, je me souviens que lui et son ministère ne seraient rien ni personne sans l’accord de François Hollande. Quand Simone Gbagbo est enlevée de son hôpital à la faveur d’une anesthésie générale et interdite de contact avec ses conseils, je suis juste soulevé de dégoût par la lâcheté de ceux qui autorisent ces exactions à Paris. Et je ne voudrais pas que les ivoiriens croient que « c’est ça la France ». Et je ne voudrais pas qu’ils montrent mon pays du doigt. Exactement comme moi, je ne crois pas que Alassane Ouattara, ce soit la Côte d’Ivoire et je ne montre pas le pays du doigt à cause des bourreaux des milices nordistes.
Il y a eu des élections municipales il y a trois semaines en Côte d’Ivoire. Evidemment, vu la situation, le Front Populaire Ivoirien et ses alliées ont appelé au boycott. Selon eux, la participation a été de 15%. Le président « élu », Alassane Ouattara dit qu’elle a été de… 30%. Pas de quoi pavoiser ! Mais selon les observateurs internationaux ce serait 20%. Rien qui évoque la joie et la mobilisation d’un pays « libéré ». Cette très faible participation, due au boycott et à la lassitude générale de la population, montre au contraire un pays prostré et abusé. Et dans ce naufrage, le parti d’Alassane Ouattara a subi une sévère débâcle. A peine 20% des nouveaux maires sont issus de ses rangs et ils viennent des régions déjà sous contrôle de ses milices partisanes sécessionnistes sous l’ère légale de Laurent Gbagbo. La moitié des nouveaux maires sont des « indépendants ». 30% environ sont issus du très ancien parti présidentiel des lendemains de la décolonisation, le PDCI ! Sur le terrain de nombreux incidents ont eu lieu entre les deux partis. Là encore pas de trace du « pays libéré », juste une exaspération généralisée et une tension rappelant à tous les conditions politiques qui prévalaient à la veille de l’intervention militaire française.
Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, a officiellement invité François Hollande à se rendre dans son pays. Peut-être qu’il ira. Je ne sais pas. Mais je sais qu’il est temps pour notre pays d’exiger la libération sans condition de notre compatriote Michel Gbagbo. Juste parce que c’est notre compatriote et que nous ne devons pas accepter que son nom soit un motif de persécution. C’est pourquoi je prends le temps d’écrire ces lignes pour rappeler que le retour à un état de droit qui avait été promis passe nécessairement par le respect des droits attachés à la personne de tous les prisonniers politiques ! Et enfin j’affirme que le renvoi devant les tribunaux des personnes proches de Monsieur Ouattara suspectées d’avoir commis de graves crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire est une urgence centrale dans un contexte où nos armes sont intervenues sous le prétexte de la restauration des droits de l’homme. Je sais très bien que ce n’était pas vraiment le sujet. Mais ce pourrait être une opportunité. Même après coup.
samedi 11 mai 2013
vendredi 10 mai 2013
RSF : dis-moi qui te finance et je te dirai...
Sur le blog de Théophile Kouamouo :
Lire la suite et l'article en entier...
Pour mémoire, voir aussi ici et ici.
jeudi 9 mai 2013
"Quand le procureur de la CPI camouflait les crimes de l'Etat français en Côte d'Ivoire"
Sur le blog de Théophile Kouamouo (extrait) :
"La lecture attentive des rapports souvent longs et arides des institutions comme la CPI et des ONG internationales de défense des droits de l'Homme qui lui servent d'inspiration permet de suivre la trace d'un certain nombre de prismes idéologiques. Et trahit aussi des complaisances.
Ainsi du document transmis par Louis Moreno-Ocampo, alors procureur auprès de la CPI, à la chambre préliminaire III de l'institution. Et qui était censé apporter de plus amples informations sur les crimes relevant potentiellement de la CPI commis entre 2002 et 2010. Le procureur cite des crimes allégués attribués soit aux rebelles d'alors soit aux loyalistes. Il essaie de "balancer" le tout pour donner une impression d'équilibre - tout cela ne mange pas de pain, car l'évocation de ces exactions supposées ne l'oblige pas à enquêter...
Toutefois, mon regard s'est arrêté sur sa description des événements de novembre 2004 où, à Abidjan et dans la zone gouvernementale, plusieurs dizaines d'Ivoiriens ont été tués, très souvent par balles, par l'armée française - notamment devant l'hôtel Ivoire. Ce qui est frappant, ahurissant, renversant, c'est qu'Ocampo refuse d'évoquer les morts ivoiriens dans son rapport. Ce n'est même pas qu'il les relativise, ou qu'il les minore. Il n'en parle pas. Ces morts n'existent pas. Ils ne heurtent manifestement pas la "conscience internationale", que la CPI est censée représenter. De toute façon, Ocampo ne parle pas de ces événements au titre des "tueries" ou des "massacres" mais au titre des "attaques illégales" (l'attaque illégale étant l'opération de reconquête du Nord du pays aux mains des rebelles par l'armée nationale).
"Entre le 4 et le 9 novembre 2004, l'aviation gouvernementale ivoirienne a lancé des attaques sur les villes de Bouaké, Korhogo et d'autres bastions rebells dans le Nord de la Côte d'Ivoire. L'offensive a causé la mort de 55 civils. Comme neuf soldats français ont aussi été tués durant le raid meurtrier sur Bouaké, la France a pris la décision de détruire l'aviation ivoirienne. Ce qui a entraîné des émeutes anti-françaises, encouragées par le leader des Jeunes Patriotes Charles Blé Goudé. Le gouvernement ivoirien a par la suite accusé les forces françaises d'avoir tiré sur des manifestants qui allaient en direction du 43ème BIMA à côté de l'aéroport d'Abidjan. Selon les officiels français, certains de ces manifestants étaient armés."Dans ce récit d'un cynisme renversant, l'hôtel Ivoire, le pont Charles-De-Gaulle, où des militaires français ont tiré sur des manifestants ivoiriens désarmés, disparaissent. Les 64 morts ivoiriens, tués de sang-froid (et sur ordre) par des soldats français, disparaissent. Et pourtant, ce massacre est le plus documenté de tous ceux dont Ocampo parle dans son document. Canal + a ainsi publié un documentaire édifiant, qui taille en pièces la piteuse défense de la France officielle. Le voici [...].
Suite ici...
Voir l'article sur le blog de Théophile Kouamouo.
mercredi 8 mai 2013
COMMUNIQUE DE PRESSE de l'avocat de Simone EHIVET GBAGBO et de Michel GBAGBO
Simone Ehivet GBAGBO et Michel GBAGBO en danger
COMMUNIQUE DE PRESSE
Paris, le 8 mai 2013 – Les autorités ivoiriennes maintiennent et accentuent le cap de la violation des droits de la défense, et des droits de l’Homme.
En effet, le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme aurait donné l’ordre d’interdire à quiconque y compris aux avocats de pouvoir visiter Madame Simone EHIVET GBAGBO et Monsieur Michel GBAGBO.
C’est ainsi que malgré l’autorisation de visite permanente obtenue, les avocats n’ont pu visiter leurs clients ce jour.
Plus grave, nous apprenons de sources officieuses, que les autorités ivoiriennes auraient profité de l’anesthésie générale dont faisait l’objet Madame Simone EHIVET GBAGBO, dans le cadre des soins qui lui étaient prodigués à l’Hôpital, pour la transférer contre son gré et manu militari vers une direction inconnue à ce jour par ses Conseils.
Ce transfert a été effectué dans la précipitation, sans que les avocats n’aient été informés, et sans que Madame Simone EHIVET GBAGBO n’ait pu prendre ses effets personnels.
Etant observé que nous craignons bien évidemment que le même procédé soit employé à l’égard de Monsieur Michel GBAGBO dont la visite nous est désormais refusée.
Tout cela constitue de graves violations aux droits attachés à la personne humaine, et surprenant de la part des autorités ivoiriennes dont le Gouvernement est doté d’un Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme !
Les autorités ivoiriennes démontrent ainsi que le retour à un Etat de droit n’est toujours pas une réalité en Côte d’Ivoire, et encore moins à l’ordre du jour.
Maître Habiba TOURE
Avocat de Simone EHIVET GBAGBO et de Michel GBAGBO
Ouattara cité dans "l'affaire Guéant"
Lu dans Le Nouveau Courrier :
"Claude Guéant, ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, est éclaboussé par un scandale financier lié à des accusations relatives au financement de la campagne 2007 de son "grand homme". En investiguant sur lui, le quotidien français Le Monde s'est intéressé à son cabinet et à ses activités d'avocat en Afrique. C'est ainsi que le nom d'Alassane Ouattara est cité. Il serait "l'ami" et "le complice" de l'ancien ministre de l'Intérieur français, y compris au sein de son cabinet d'avocats qui "gère" les chefs d'Etat africains. Guéant et son gendre et associé se seraient déjà rendus à deux reprises à Abidjan pour rencontrer Ouattara. Qui a, pour la petite histoire, offert un tableau de James Houra, un des peintres préférés de... Gbagbo, à Guéant. L'on sent confusément que Le Monde ne dit pas tout ce qu'il sait à propos des liens entre le cabinet "Guéant et Associés" et le régime ivoirien... Bientôt de nouvelles révélations ? Voici l'intégralité de l'article du quotidien français, signé d'Ariane Chemin."
"Claude Guéant, ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, est éclaboussé par un scandale financier lié à des accusations relatives au financement de la campagne 2007 de son "grand homme". En investiguant sur lui, le quotidien français Le Monde s'est intéressé à son cabinet et à ses activités d'avocat en Afrique. C'est ainsi que le nom d'Alassane Ouattara est cité. Il serait "l'ami" et "le complice" de l'ancien ministre de l'Intérieur français, y compris au sein de son cabinet d'avocats qui "gère" les chefs d'Etat africains. Guéant et son gendre et associé se seraient déjà rendus à deux reprises à Abidjan pour rencontrer Ouattara. Qui a, pour la petite histoire, offert un tableau de James Houra, un des peintres préférés de... Gbagbo, à Guéant. L'on sent confusément que Le Monde ne dit pas tout ce qu'il sait à propos des liens entre le cabinet "Guéant et Associés" et le régime ivoirien... Bientôt de nouvelles révélations ? Voici l'intégralité de l'article du quotidien français, signé d'Ariane Chemin."
(Pour les nouvelles révélations annoncées voir l'enquête de Théophile Kouamouo reprise par la presse française.)
vendredi 3 mai 2013
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