Que ce soit sur la Grèce, sur la burqa, sur le FMI, sur les retraites, etc., Mélenchon se montre incontournable. Enfin de l'air, enfin des paroles claires.
C'est ce même Mélenchon, qui au cœur de la crise franco-ivoirienne, avait eu le courage de défendre les socialistes ivoiriens attaqués (quand Besson, alors au PS, appelait à les trahir). Mélenchon (alors au PS aussi) dénonçait l'indécence qui consistait à culpabiliser les victimes !...
S'agissant d'adapter un roman de Doris Lessing qui se situe dans l'ex-Rhodésie (aujourd'hui le Zimbabwe) des années 30, Claire Denis, préférant travailler à un scénario contemporain pour son film "White material", le bâtit à partir des "images récentes de la Côte d'Ivoire", "hier modèle de la Françafrique, descendue aux enfers au début de la décennie, avec comme corollaire le départ de la plupart des résidents français dont les planteurs de café et de cacao", écrit Pierre Haski dans Rue89.
"Images récentes de la Côte d'Ivoire" : ce que confirmerait la mise en parallèle, par l'article de Pierre Haski, du film de Claire Denis avec le dernier livre de l'ex-journaliste du Monde Stephen Smith qui, "lui aussi, démarre son périple africain par la Côte d'Ivoire, et trace l'acte de décès de la Françafrique en quelques traits"...
"Images récentes" largement véhiculées par Stephen Smith, en effet, déformant amplement ce qu'il en fut : on ne mesurera sans doute jamais tout ce que doit la caricature de la Côte d'Ivoire "xénophobe", couteau entre les dents, aux Stephen Smith et consorts, dont l'imagerie en question omet sans scrupules qu'il a été condamné par la justice française, lui et son journal, pour la propagation jugée calomnieuse des fameux "escadrons de la mort de Gbagbo".
"Images récentes de la Côte d'Ivoire" : le film donnera-t-il le chiffre des morts français à Abidjan, à savoir 0 (zéro), lors de la fameuse "chasse aux Français" qui a occupé la une des médias hexagonaux pendant plusieurs jours ?
"Images récentes de la Côte d'Ivoire", ayant ignoré et continuant d'ignorer et la raison de la colère, et combien cette colère a pu être contenue ! 0 (zéro) mort.
Ah si, neuf morts - pas à Abidjan mais à Bouaké - neuf morts dont la propagande médiatique d'alors relayant le discours chiraco-MAMien d'alors a martelé la cause : "bombardement intentionnel" d'un camp français par le pouvoir ivoirien.
Cette propagande - "images récentes de la Côte d'Ivoire" - sera-t-elle mise en question ?
Le film permettra-il de savoir ce que les enquêtes sujettes à tant d'obstructions ont permis de percevoir ? - : la certitude de l'avocat des familles des soldats français tués que le pouvoir ivoirien n'est pour rien dans ce "bombardement" ; et la nature des obstructions : de l'exfiltration (à deux reprises) des pilotes biélorusses, au refus de l'autopsie des soldats tués (enterrés dans une précipitation telle qu'on a interverti deux corps), en passant par la mise au secret défense de tout ce qu'on a pu recueillir dans le camp (au point que l'on serait même fondé, jusqu'à preuve du contraire, à se demander s'il s'est bien agi d'un bombardement !)...
Le film permettra-t-il de savoir que la raison de la colère (si évidemment contenue - zéro mort) d'Abidjan fut la conséquence de la décision française de détruire la flotte aérienne ivoirienne au motif reconnu désormais comme irréfutablement fallacieux de "bombardement intentionnel" de la part du pouvoir ivoirien ?
Le film permettra-t-il de savoir que, s'il y a bien eu des tués à Abidjan (plus de soixante), ils ne furent pas Français, mais Ivoiriens, tués suite aux tirs de l'armée française, sur le pont De Gaulle et devant l'hôtel Ivoire ?...
... Ou les "images récentes de la Côte d'Ivoire", fausses images, auront-elles trouvé un nouveau relais ?