mardi 30 octobre 2012

La présidente de l’UA demande la libération du Président Gbagbo


LA PRÉSIDENTE DE LA COMMISSION DE L'UA, MME DLAMINI ZUMA DEMANDE LA LIBÉRATION DU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO


"Trois mois après son accession à la Présidence de l'Union Africaine, Mme Dlamini Zuma par cette initiative, réoriente complètement la vision de l'organisation dont elle a pris les commandes en juillet dernier. La requête adressée auprès des juges de la CPI, demandant la libération de Laurent Gbagbo est une affirmation de la volonté qu'elle n'a jamais cachée, que les résolutions des problèmes africains doivent revenir aux africains. Cette démarche renvoie nécessairement à la résolution de la crise malgache et préfigure la mise en application des décisions prises par les chefs d'état membres de la Sadc au mois d'août dernier à Maputo.

La diplomatie pragmatique et préventive, telle que prônée par la toute nouvelle présidente de la Commission de l’Union africaine, est en train de prendre corps et passe à la vitesse supérieure. Les grands dossiers, tels que la crise malienne, la crise en Rdc, la crise au Soudan, et naturellement, celui du célèbre prisonnier de la Haye, Laurent Gbagbo, sont dans la besace de Dlamini Zuma.

Qui donne des signaux forts, et non des moindres, depuis son investiture officielle le lundi 15 octobre 2012, à la tête de l’Union. Et en termes d’actions tangibles, Outre le mini sommet qu’elle a convoqué sur la crise malienne, qui a lieu en terre malienne, vendredi 19 octobre 2012, la première personnalité de l’Ua va plus loin.

Le règlement de la crise ivoirienne, notamment le contour de l’incarcération de Laurent Gbagbo et les relents politiques liés à cet état de fait, dans la stabilité et le retour de la paix, sont, tout autre dossier brûlant dont elle s’est saisie avec diligence. [...]

[...] La nouvelle dirigeante ouvre une nouvelle ère diplomatique, dans le mode de gestion concrète des crises qui minent l’Afrique. Elle qui ne cesse de clamer, haut et fort, et avec fermeté, citant Patrice Lumumba, que l’Afrique n’est «ni française ni russe ni portugaise ni américaine», mais bien africaine.

Réputée rigoureuse et efficace, Dlamini Zuma, a [...]

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"Mélenchon assomme le régime Ouattara"


... titre Le Nouveau Courrier


Enregistrement et vidéo ICI.


samedi 27 octobre 2012

Tortures et détentions arbitraires sous Ouattara - le réveil ? (2)

L'AFP relaie à son tour Amnesty International



AFP 26/10/12  |  Extrait :

Côte d'Ivoire: plus de 200* personnes détenues arbitrairement et torturées

ABIDJAN (AFP) - Plus de 200 personnes, dont des partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo, ont été "arbitrairement détenues et torturées" en Côte d'Ivoire, a affirmé vendredi Amnesty International, appelant le pouvoir à "aller au-delà des promesses" sur le respect des droits de l'Homme. [...]

Lire la suite (AFP)...


*Chiffre extrêmement minimaliste...


vendredi 26 octobre 2012

Côte d'Ivoire. Amnesty International : le réveil ?



Amnesty International - Communiqué de presse


26 octobre 2012  |    Extraits :

"Il est temps de mettre fin au cycle de représailles et de vengeance"


"Plus de 200 personnes, dont des membres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l'ancien président Laurent Gbagbo, ont été arbitrairement détenues et torturées et beaucoup croupissent toujours derrière les barreaux, révèle aujourd'hui Amnesty International au retour d'une mission d'un mois en Côte d'Ivoire.

« Nous avons pu rencontrer des dizaines de détenus qui nous ont raconté comment ils avaient été torturés à l'électricité ou avaient subi des brûlures au plastique fondu, deux d'entre eux ont été victimes de sévices sexuels » a déclaré Gaëtan Mootoo, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International. « Certains ont été détenus pendant plusieurs mois sans pouvoir contacter leurs proches ni accéder à des avocats. »

Laurent Gbagbo a été Président de la Côte d'Ivoire de 2000 à 2010 avant d'être chassé du pouvoir suite à une élection contestée qui a dégénéré en affrontements violents.

[...]

Dans de nombreux cas, malgré des demandes et des efforts inlassables pour retrouver leur proche dans différents lieux de détention, des familles ont été laissées sans aucune information et n'ont appris le sort de leur parent que par le biais d'Amnesty International.

Parmi les personnes détenues dans des lieux de détention non-reconnus comme tels à Abidjan, certaines ont été inculpées d'atteinte à la sûreté de l'État. D'autres ont été remises en liberté sans inculpation ni jugement. Dans certains cas, les remises en liberté ont fait suite à des rançons versées à des membres de l'armée.

Tel a été le cas pour un membre du FPI, qui a été arrêté à Abidjan le 27 août 2012, car accusé d'être un milicien.

Il a été libéré deux jours plus tard contre une rançon. Il a déclaré à Amnesty International : « Mes parents ont d'abord versé 50 000 francs CFA (environ 75 euros), puis après ma libération, mes geôliers sont venus chez moi et ont exigé une somme plus élevée. Je leur ai dit que je ne pouvais pas payer une telle somme et ils ont accepté de recevoir 20 000 CFA (30 euros) ».

Dans un autre cas, un policier est décédé des suites de torture. Serge Hervé Kribié a été arrêté à San Pedro le 21 août 2012 par les Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, l'armée nationale) et interrogé sur de récentes attaques. Il a été déshabillé, attaché à un poteau, aspergé d'eau puis a reçu des décharges électriques. Il est mort quelques heures plus tard.

Au cours de la mission, Amnesty International a rencontré de hauts responsables proches de Laurent Gbagbo qui sont détenus dans quatre villes du centre et du nord du pays, notamment son épouse, Simone Gbagbo, détenue à Odienné, son fils, Michel Gbagbo, emprisonné à Bouna, et des personnalités majeures de l'administration précédente, détenues à Boundiali et Korhogo.

[...]

La délégation d'Amnesty International s'est également rendue à Duékoué et dans les villages environnants dans l'ouest du pays où des fosses communes ont récemment été découvertes.

Amnesty International s'est entretenue avec des personnes déplacées ayant vécu dans le camp de Nahibly qui a été attaqué par des Dozos (chasseurs traditionnels qui sont une milice soutenue par l'État) et des membres des FRCI en juillet 2012 en représailles à la mort de quatre personnes.

Amnesty International a recueilli des témoignages crédibles de nombreuses personnes relatant des détentions arbitraires, des disparitions et des exécutions extrajudiciaires suite à ces événements.

Cette attaque et les violations qu'elle a entraînées se sont produites alors que les soldats de maintien de la paix de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) étaient stationnés à l'extérieur du camp et bien que la police des Nations Unies était postée à l'intérieur.

[...]

Amnesty International France


mercredi 24 octobre 2012

Koné Katinan : les allégations de Ouattara balayées par la justice ghanéenne



Me Lucie Bourthoumieux :

"Le porte-parole du Président Laurent Gbagbo a été simplement et purement relaxé par le juge au sujet des allégations de M. Alassane Ouattara de crime de meurtre à l'encontre de Koné Katinan. En effet le juge a estimé que Alassane Ouattara n'a, en trois semaines, pu apporter la moindre preuve au soutien de ses allégations. [...]"


Sources sur le blog Saper Aude


mardi 23 octobre 2012

C'est le Nobs qui le dit...


"Qatar : l'ami de la France... et des islamistes"


Créé le 23-10-2012 à 16h21 - Mis à jour à 16h47  |   Par   |   

"Aujourd'hui en visite à Gaza, l'émir Hamad Ben Khalifa al-Thani soutient partout les Frères musulmans et les salafistes armés."


Le Premier ministre du Hamas Ismaïl Haniyeh, recevant, le 23 octobre, l'émir du Qatar Hamad Ben Khalifa al-Thani (AFP/MOHAMMED SALEM)
Le Premier ministre du Hamas Ismaïl Haniyeh, recevant, le 23 octobre, l'émir du Qatar Hamad Ben Khalifa al-Thani (AFP/MOHAMMED SALEM)

"Le Qatar est l'ami de la France. Son armée est largement équipée de matériel français. Nouveau propriétaire du PSG, il a recruté à prix d'or pour le club de football parisien une brassée de stars. Présent au capital de Total, Lagardère, Veolia, Vinci, il est aussi actif à Paris dans la télévision, le tourisme de luxe, l'immobilier de prestige et le marché de l'art.
Son souverain, l'émir Hamad Ben Khalifa al-Thani a aidé Nicolas Sarkozy à libérer les infirmières bulgares prisonnières de Kadhafi avant d'être la caution arabe de l'intervention de l'Otan en Libye. Nouveau membre associé de la Francophonie, l'émirat vient de s'engager à apporter au moins 50 millions d'euros à un fonds destiné à investir "dans les banlieues et le reste du territoire français".

Solidarité avec les islamistes...

Le Qatar est aussi l'ami des islamistes. Pour le régime de Doha, les Frères musulmans et les salafistes, parfois liés à Al-Qaida, propagent une interprétation de l'islam parfaitement compatible avec le wahhabisme de l'émirat. Au nom de cette solidarité, le Qatar et sa chaîne satellitaire globale Al Jazeera ont activement soutenu les révoltes de Tunis, puis du Caire et de Tripoli. Mais ignoré ou combattu les revendications démocratiques dans les monarchies amies de Bahreïn et du Koweït dont la contagion, dans le Golfe, pouvait être menaçante.
Au Proche-Orient, il préfère à l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas le "gouvernement" islamiste du Hamas au pouvoir à Gaza, où l'émir a été reçu ce mardi en grande pompe. Premier chef d'Etat reçu à Gaza depuis la prise de pouvoir par le Hamas, il apportait un cadeau de poids : 400 millions de dollars destinés à la reconstruction et au développement.

...et les djihadistes

Dans le nord du Mali, ce sont des groupes armés bénéficiant de l'aide qatarie qui imposent la férule de la charia. Avec l'Arabie saoudite, le Qatar est aujourd'hui l'un des principaux soutiens de l'opposition syrienne. Mais cette aide - notamment en armes - inquiète désormais Washington. Alertée par des rapports récents de ses services secrets, la Maison-Blanche déplore que la majeure partie des armes livrées par le Qatar parvienne aux opposants islamistes les plus radicaux.
"Précisément ceux qui ne devraient pas les recevoir", estime une source officielle américaine citée par le "New York Times". Question : le gouvernement français, qui entend combattre l'islamisme radical sur son territoire, peut-il avoir pour partenaire privilégié, doté d'un statut fiscal avantageux, une [...]

Lire l'article sur le Nouvel Obs...


lundi 22 octobre 2012

Recrudescence de la violence en Côte d'Ivoire - Pourquoi les attaques profitent au régime Ouattara


Les attaques se suivent désormais à un rythme effréné, malgré toutes les dispositions prises par les «sécurocrates» du régime. Selon une «programmation» bien étrange, qui coïncide bien souvent avec l’actualité à la Haye de l’après crise postélectorale. Une chose qui intrigue plus d’un et suscite des interrogations bien profondes.

Extrait du NOUVEAU COURRIER n°637 du lundi 22 octobre 2012 :






dimanche 21 octobre 2012

samedi 20 octobre 2012

Enlevés dans l’ouest du pays, ils témoignent sur leur calvaire – « Comment nous avons été torturés par le régime Ouattara »


Témoignages recueillis par Benjamin Silué pour Le Nouveau Courrier du 06/09/12.
(Confirmé par l'Associated Press un mois après / 16.10 12. Cf. ici la version du 16.10 rejetée par Nobs) :

koudou djaki

"Un élément des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) qui avait joint Le Nouveau Courrier, il y a de cela plusieurs mois, pour confirmer les informations relayées sur les pratiques de torture de ses frères d’armes, disait ceci : «Je suis un militaire des FRCI et je suis meurtri par tout ce qui se passe sous mes yeux. Cela me révolte car on parle de réconciliation.» Après enquête, des victimes du régime tortionnaire d’Alassane Ouattara se confient. Sans cagoule ! Ils ont tous été victimes d'arrestations extrajudiciaires entre mars et juin 2012, accusés d'être des miliciens souvent en raison de problèmes personnels avec certains éléments des FRCI, et soumis à des traitements inhumains et dégradants. Leurs témoignages font frémir.


Hino Hié Rochman (30 ans), planteur Kroumen, enlevé à Tabou le 12 juin 2012 à 11h

«Ils m’ont torturé au point de me casser un testicule, je souffre et j’ai besoin d’aide»

«Mes ravisseurs me reprochent d’avoir fait campagne pour le président Laurent Gbagbo. Pour eux, celui qui est pro-Gbagbo est automatiquement milicien. Etant chez moi avec une connaissance, surnommé Bako (Bakayoko), qui est un élément des Frci, je reçois la visite de plusieurs autres éléments des Frci juste après le départ de celui-ci. Ces derniers étaient dirigés par le lieutenant Coulibaly, commandant Frci de Tabou. Ils m’intiment l’ordre de les suivre. Ils avaient déjà arrêté un ami, sergent-chef de police de Tabou. A peine leur ai-je demandé les raisons pour lesquelles ils m’ordonnent de les suivre, qu’ils se mirent à me passer à tabac avant de nous jeter dans une bâchée, le policier et moi, en direction de San Pedro. Je précise que ces FRCI m’avaient déjà enlevé à deux reprises puis m’avaient libéré après le paiement d’une rançon par ma mère (présidente des femmes Fpi de San-Pedro et Béréby) 250 000 FCFA pour la première fois et 150 000 FCFA pour la deuxième fois, respectivement le 1er juin et le 9 juin derniers. J’ai été invité à plusieurs reprises par certains éléments Frci à quitter la ville pour éviter le courroux de leur chef, mais comme je ne me reproche rien, j’y suis resté.

A San Pedro, dans un camp militaire au niveau de la clinique «Les Rochers», je suis abandonné entre les mains du capitaine Béma apparemment commandant de ce camp. Après qu’il a donné des ordres à ses éléments de me faire avouer les attaques de Para, je suis mis à poil avec une corde attachée à ma hanche, et on m’oblige à faire du thé. Aux environs de minuit, ils me font allumer du feu et m’obligent à fumer du cannabis. En plus, je suis menotté au niveau des pieds et des mains qu’ils attachent à une moto (KTM) comme pour m’écarteler. Ils me frappent également le plat des pieds avec des branches fraiches sous le regard du capitaine Béma. Ensuite, sous ses ordres, ils m’attachent à un poteau électrique pour m’électrocuter. Lorsqu’ils se rendent compte que je perds du sang, ils arrêtent. Et me font entrer dans une cellule quand ils se rendent compte que l’Onuci arrive dans le camp. Dans la nuit du 13 au 14 juin, Béma me fait comprendre que je suis l’amant de la copine du commandant Frci de Tabou, le lieutenant Coulibaly, une certaine Bénédicte. Voilà pourquoi je dois mourir. Au départ, il était question de m’assassiner, car selon Béma, mes parents ignoraient mon lieu de détention.

Les FRCI m’ont amené à une embouchure, entre le port de San Pedro et un village non loin de la zone, dans une bâchée dans laquelle il y avait sept de leurs éléments. Ils ont attaché des briques sur moi espérant que j’allais perdre mon souffle. C’est à cet instant, heureusement, que ma mère a tenté de me joindre au téléphone. Ils ont pris peur et ont exigé que je lui demande de leur remettre la somme de 500 000 FCFA moyennant ma libération. Le lundi 18 juin, lors de notre déferrement, le commissaire Doumbia de la préfecture de police de San-Pedro et les éléments Frci chargés de nous accompagner, dont un certain Aboubacar, ont tenté de nous assassiner au niveau d’Irobo. (…)

Quand je suis arrivé à la Direction de la surveillance du territoire (Dst), après être tombé malade et avoir été transféré dans une clinique (Saint Diane de la Riviera III), le médecin a constaté que j’avais une gonade (un testicule) cassée. Après une intervention chirurgicale, je suis contraint de porter une prothèse. Malgré tout cela, je suis déféré sans médicaments à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) depuis le 17 juillet 2012. Je ne reçois que trois injections chaque semaine. Je souffre énormément et j’ai besoin d’aide.»


Attoumou N’Guessan Henry Carlos (28 ans), enlevé à San-Pedro le 3 mars 2012 à 11h devant l’usine DAFCI

«Ils nous ont ligotés, mouillés et électrocutés»

«J’étais avec ma concubine lorsque des individus lourdement armés nous ont approchés et m’ont fait croire que j’étais recherché par la gendarmerie. C’est à partir de cet instant que ma souffrance a commencé. Mes ravisseurs, une fois dans le véhicule, se sont mis à me bastonner violemment et à m’étrangler jusqu’à destination, un camp non loin de la clinique «Les Rochers». Une fois en ces lieux, ils ont fait appel au préfet de police qui leur a donné l’ordre, en malinké, de me torturer sans laisser de séquelles sur mon corps afin d’éviter les problèmes avec les organisations des droits de l’homme et l’Onuci. Aussitôt, ils se sont mis à me ligoter comme un animal en sa présence et m’ont battu à coup de matraque sur la plante des pieds en exigeant que j’avoue une prétendue attaque de la ville de San-Pedro. C’est le capitaine Béma qui était le chef d’orchestre des séances de torture. [...]


Lire l'article sur Le Nouveau Courrier...


vendredi 19 octobre 2012

Opération "affiches"


Le temps du ras-le-bol, devant le silence généralisé* face à l'arbitraire quotidien de plus en plus terrible...

Voir ici et ici, la suite...


* Aujourd'hui encore, Nobs censurait sur ce blog la reprise de la dénonciation conjointe de la torture en Côte d'Ivoire par Le Nouveau Courrier et l'Associated Press, au prétexte d'atteinte aux droits d'auteurs ! Sic ! Dénoncer la torture requiert un copyright !!!

L'article censuré ICI.


jeudi 18 octobre 2012

Torture à l’échelle industrielle à San Pedro – L’agence américaine Associated Press confirme une enquête du Nouveau Courrier



D'après Associated Press. Extrait du Nouveau Courrier du 16/10/12 :

"Le 6 septembre dernier, soit il y a plus d’un mois, Le Nouveau Courrier publiait, à la suite d’autres témoignages accablants du même type, un document d’investigation rapportant les sévices, mauvais traitements et tortures infligées à des honnêtes citoyens par la soldatesque du régime Ouattara, notamment dans un camp situé dans la ville de San Pedro. Samedi dernier, l’agence de presse américaine Associated Press confirmait nos informations dans un article qui a été publié par un grand nombre de médias au pays de l’Oncle Sam (Washington Post, Fox News, Yahoo, Salon.com, etc…). Il est frappant, bien entendu, que cette enquête ne soit pas l’émanation des médias français, pourtant les plus représentés à Abidjan et qui sont ceux qui envoient le plus grand nombre d’envoyés spéciaux en Côte d’Ivoire. Nous publions ici de larges extraits de la dépêche d’Associated Press traduits par nos soins."


"Les soldats alignaient les détenus sur l'herbe au milieu de la nuit et les frappaient avec des bâtons. A certaines occasions, ils frappaient les prisonniers avec des ceintures et des fusils avec une telle force que les traces de leurs coups ont été apparentes sur les corps des infortunés pendant des semaines. Cédric Bao, 33 ans, qui a été détenu pendant deux semaines en août parce qu’on le soupçonnait de cacher des armes, a affirmé que les soldats «connectaient» les détenus avec des fils et leur administraient des décharges électriques au point qu’ils se tordaient de douleur sur le sol. «Quand cela se produisait, les fils faisaient grand bruit, et les lumières clignotaient, une odeur de brûlé planait. On pouvait entendre les gens crier», raconte Bao. «Je priais Dieu pour ne pas y passer.»


«Un gardien m’a mis le pistolet dans la bouche et m’a dit de parler»

(…) L’Opération des Nations unies dans le pays a déclaré, à la mi-août, que cent arrestations de personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces attaques avaient été documentées. Un responsable onusien, qui n’est pas autorisé à parler au nom de la mission, a déclaré cette semaine que ce nombre avait plus que doublé. Alors que les allégations de tortures ont été documentées au sujet de multiples installations militaires, les fonctionnaires de l’ONU ont déclaré que les pires témoignages provenaient de détenus du camp de San Pedro, faisant notamment état de chocs électriques. Peu de détenus dans la ville ont parlé de leurs expériences dans ce camp en raison des menaces qu’ils ont reçues avant d’être libérés, a déclaré Serge Dagbo, représentant à San Pedro de la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme. Mais dans de récentes interviews avec Associated Press, quatre anciens détenus ont décrit des conditions difficiles marquées par des locaux exigus, de la nourriture minimale et l'utilisation fréquente de la violence pour extorquer des aveux. Comme les autres détenus, 40 ans, Plika Sokouli dit qu'il n'a jamais su exactement pourquoi il a été arrêté à la fin août sur le stand où il vendait des ananas et des liqueurs faites maison. Mais selon lui, les menaces de violente se sont manifestées dès son arrivée au camp. «Quand je suis arrivé, un gardien a pris un pistolet, l’a mis dans ma bouche et m’a dit d'en parler», a-t-il raconté. «J'ai dit que je ne savais rien.»


«Un policier devenu inconscient suite aux électrocutions»

Christian Hino, un ancien employé de station-service actuellement sans emploi, a déclaré que huit détenus ont été menottés avant d’être soumis à des séances de torture en tête-à-tête, qui ont duré jusqu’à 25 minutes. Quatre d’entre eux étaient maintenus sur le gazon devant le bâtiment principal du camp, et de longs fils étaient attachés à leurs pieds, aux sections médianes et à leur cou, et des chocs électriques leur étaient administrés. «Vers 4 heures, un policier qui a été arrêté est devenu inconscient suite aux électrocutions», a dit Hino. «J’avais vraiment peur. Il ne réagissait pas. Les gens se demandaient s’il était mort.» Haut responsable du camp, le capitaine Sékou Ouattara Béma a nié les allégations de mauvais traitements physiques, et a affirmé que les prisonniers n’avaient jamais été détenus pendant plus d’une journée ou deux. Pourtant, il a justifié la campagne de l’armée pour extirper les ennemis de la population locale. «C’est à cause de notre détermination et de notre travail que San Pedro n’a pas été attaquée», a-t-il dit.

Le lieutenant Aboubakar Traoré, commandant en second du camp, a également nié les violences physiques administrées au camp. Mais il dit que les soldats pouvaient avoir recours à la torture quand les commandants étaient absents. «Je ne veux pas dire que nous sommes parfaits», a-t-il dit. «Je ne dors pas ici. Je ne sais pas exactement ce que font les soldats quand je dors.» Mais selon un garde, qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat, par crainte de représailles, ces prisonniers étaient régulièrement détenus pendant plusieurs jours d'enquête. Il a également déclaré que les coups étaient monnaie courante, prétendant qu'ils se sont produits en l’absence des commandants. Interrogé sur la sévérité des coups, il s’est mis à rire et a dit : «Il n'y a pas deux façons de frapper quelqu'un. Nous les avons battus sévèrement afin qu'ils se souviennent.»


La torture pourrait s’aggraver avec la nomination d’Ousmane Coulibaly

Les allégations de mauvais traitements à San Pedro doivent être immédiatement examinées, a déclaré Matt Wells, chercheur Afrique de l'Ouest à Human Rights Watch. «La nature et les caractéristiques de la maltraitance des détenus indiquent que, au minimum, les commandants du camp auraient dû avoir connaissance de tels abus et avoir pris des mesures pour les prévenir et de punir les soldats impliqués», a-t-il dit. «Les autorités ivoiriennes doivent enquêter immédiatement et veiller à ce que toute personne soit traduite en justice.» En attendant, la torture à San Pedro pourrait bientôt s'aggraver. Le gouvernement a confirmé cette semaine que Ousmane Coulibaly, un commandant de l'ancienne zone du groupe rebelle des Forces nouvelles, qui a contrôlé le nord de Côte d'Ivoire de 2002 à 2010, avait été nommé préfet de la région de San Pedro. Coulibaly a été mis en cause par Human Rights Watch dans des crimes graves durant la crise post-électorale, y compris la torture et les exécutions extrajudiciaires dans le quartier de Yopougon à Abidjan. Wells a déclaré que cette nomination «insulte les victimes de ces abus et la promesse du gouvernement d'offrir une justice impartiale.»

En attendant que Coulibaly soit installé à son nouveau poste, les anciens détenus de San Pedro se demandent si les mauvais traitements qu'eux ou d’autres ont enduré [...]

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lundi 15 octobre 2012

L’Histoire est têtue… – Voici les vrais « amis » d’Al Qaida en Afrique de l’Ouest !



Par Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier - 15.10.2012 :

"Ainsi donc, le Front populaire ivoirien (FPI), parti d’obédience sociale-démocrate, pionnier du mouvement pour les libertés sur le continent, dont le retour au sein de l’Internationale socialiste est réclamé par la majorité des partis africains, dont certaines figures de proue ont été caricaturées en boutefeux évangéliques ultras et pro-israéliens par-dessus tout, serait le nouvel allié d’Al-Qaida sur le continent. Les meneurs de la campagne qui tente d’accréditer cette thèse confuse se fondant sur un rapport ( ?) dont ils disent qu’il a été déposé sur la table du Conseil de sécurité – ce que dément la porte-parole de l’ONUCI – seraient en tout cas bien inspirés de s’informer sur l’histoire du réseau Al-Qaida en Afrique.

Après les attentats du 11 septembre 2001, tout ce que l’Occident compte d’experts dans les domaines du renseignement est sur les dents. Comment la nébuleuse Ben Laden a-t-elle réussi à se financer ? La piste des diamants africains est privilégiée. Et à propos de ces trafics discrets, se retrouvent cités deux alliés inconditionnels de la Françafrique : Charles Taylor et Blaise Compaoré. C’est en tout cas ce qui ressort d’une longue enquête des services secrets européens, citée par le Washington Post du 29 décembre 2002, dont les révélations sont reprises par Le Monde du 7 janvier 2003, sous la plume de Marc Roche, spécialiste du monde de la finance. «La filière Al-Qaida opérait également depuis Anvers via la société ASA Diam fondée en 1998 par deux cousins libanais, Aziz Nassur et Sammy Ossailly. Selon une longue enquête des services secrets européens, citée par le Washington Post le 29 décembre, cette compagnie aurait écoulé pour au moins 20 millions de dollars de diamants exportés illégalement par Al-Qaida de la Sierra Leone. Les deux intermédiaires agissaient pour le compte d'Ibrahim Bah, ancien rebelle sénégalais entraîné en Libye et principal revendeur de diamants fournis par le Front révolutionnaire uni (RUF), le mouvement rebelle de Sierra Leone. Ces diamants auraient été transportés à Monrovia avec la complicité du président du Liberia, Charles Taylor. D'après les enquêteurs, en échange de cette aide, ce dernier aurait reçu 1 million de dollars de Nassur. Le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, aurait également été partie prenante de ce système de blanchiment», écrit Marc Roche.


Ibrahim Bah, un homme bien en cour à Ouagadougou et auprès des djihadistes

Le nom d’Ibrahim Bah avait déjà été évoqué par le Washington Post le 2 novembre 2011, moins de deux mois après les attentats du 11 septembre. Ce qui avait poussé ‘’Le Monde’’ à lancer ses propres investigations sur le personnage – investigations menées par Marc Roche, Stephen Smith… et l’auteur de ces lignes. Le Monde confirme que le sulfureux M. Bah, accusé d’avoir servi d’intermédiaire à Abdullah Ahmed Abdullah, un proche d’Oussama Ben Laden, fait bel et bien partie de la «Compaoré Connection». «(….) Selon notre enquête, il faisait déjà partie, au côté de Charles Taylor, du petit groupe initial qui a déclenché, fin 1989, l'insurrection au Liberia. En réalité de nationalité gambienne, ayant l'anglais pour langue maternelle, il a par la suite prêté main-forte à Foday Sankoh lorsque celui-ci a importé la guerre dans son pays, la Sierra Leone. Marié à une Nigérienne, il a servi d'homme de liaison entre les mercenaires anglophones et francophones de la déstabilisation de l'Afrique de l'Ouest commanditée par la Libye. Il s'est discrètement installé à Ouagadougou, où il se fait appeler «Commandant Maurice». Selon un ancien compagnon, il aurait disposé d'un passeport diplomatique burkinabé. Mais le ministère des Affaires étrangères à Ouagadougou dément cette allégation», révèle le quotidien fondé par Hubert Beuve-Méry.

Dix mois plus tard, le duo Charles Taylor-Blaise Compaoré, diabolisé pour ses ingérences meurtrières en Sierra Leone, attaque la Côte d’Ivoire sous le faux nez d’une rébellion conduite par Guillaume Soro – qui s’assume désormais comme le «bon petit» de l’homme fort de Ouagadougou, auprès de qui il continue de multiplier les actes d’allégeance. A la grande surprise des Ivoiriens, ce qui est considéré comme inacceptable à Freetown est, pour l’Occident, compréhensible à Abidjan. Taylor et Compaoré sont invités à la conférence internationale de Kléber, où Jacques Chirac, président français, et Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, «déshabillent» Gbagbo pour «habiller» Soro – la créature de Compaoré. Cela est juste et bon, nous assure-t-on.

Il n’empêche que «les diamants du sang» ouest-africains demeurent sous haute surveillance. Le journaliste américain Douglas Farah publie «Blood from stones», un long livre d’enquête dans lequel il défend la thèse des liens financiers entre Charles Taylor et sa galaxie, dont fait partie Blaise Compaoré, et Ben Laden. Les embargos contre les «diamants du sang» ouest-africains commencent à pleuvoir, et c’est dans cette mouvance que les gemmes ivoiriens, surtout extraits dans le Nord tenu par les rebelles, sont interdits à l’exportation.


Des proches des émirs d’AQMI à Séguéla

Le 11 avril 2011, «le grand méchant Gbagbo» chute. Tout va pour le mieux dans la meilleure des Côte d’Ivoire possible, veut-on nous faire croire. Mais les services de renseignement américains s’inquiètent, nous apprennent les périodiques Africa Mining Intelligence et La Lettre du Continent. Sans, bien entendu, susciter le buzz que l’on observe aujourd’hui sur le rapport non confirmé des experts onusiens à propos des pro-Gbagbo. «Alors que les Nations unies maintiennent toujours leur embargo sur l'exportation des pierres précieuses ivoiriennes, le ministère des Mines, du Pétrole et de l'Energie, dirigé par Adama Toungara, n'a toujours que peu de contrôle sur certains gisements situés au Nord du pays, comme ceux de Séguéla et Tortiya. Ces sites restent aux mains de clandestins et de trafiquants bénéficiant localement de la protection d'éléments de la rébellion des ex-Forces nouvelles (FN)», écrit La Lettre du Continent. Africa Mining Intelligence rapporte que deux agents de la CIA (Central Intelligence Agency) auraient été dépêchés en Côte d’Ivoire parce que les autorités américaines soupçonneraient la filière, notamment contrôlée par le chef de guerre pro-Ouattara Hervé Touré dit «Vetcho», de financer le terrorisme salafiste. Raison invoquée : la présence permanente sur les sites de personnes liées à des émirs d’AQMI.

C’est donc une décennie de soupçons et de regards tournés vers l’alliance Taylor-Compaoré-Soro-Ouattara, qui n’ont au demeurant jamais intéressé plus que cela les «africanistes» de la presse internationale, qui viennent d’être passés à la trappe. Au profit [...]


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La jeunesse PDCI-RDA en exil et le réveil du "vieux parti"




"Réponse à l’arrogance de Ouattara : et si vous êtes déboulonnés malgré vous."

Par Yao Kouamé Patrick, Président de la Jeunesse du PDCI-RDA en exil :

"Monsieur Alassane Dramane Ouattara, contre la volonté de la majorité des ivoiriens et avec l'aide de la puissance de feu des hélicoptères de guerre de l'armée française, vous dirigez la Côte d'Ivoire notre cher pays depuis le 11 Avril 2011. Vous avez fait fi des dispositions de notre loi fondamentale pour vous installer au pouvoir. Nous, jeunes du PDCI-RDA, parti de paix et de dialogue, jeunes élevés a la mamelle de l'Houphouétisme, nous demandons vers où va notre pays, tellement la fracture sociale est grande, tellement les ivoiriens sont devenus méfiants les uns envers les autres. Nous sommes en Côte d'Ivoire et la jeune démocratie naissante a été assassinée avec l'arrivée des rebelles au pouvoir. Visiblement notre pays a reculé d'un demi-siecle.

Monsieur Alassane Dramane Ouattara, nous voulons savoir ce que vous voulez faire de notre pays. Jusqu'a quand devrons-nous vous laisser détruire nos acquis? Pour nous, il n'y a que la liberté de penser et d'agir qui soit capable de produire de grandes choses.

Est-ce que c'est en mettant tous les partisans du Président Laurent Gbagbo en prison qu'on aura la paix? qu'on pourra construire notre pays? Qu’on pourra trouver du boulot pour les jeunes? Qu’on va apporter le bonheur tant promis aux ivoiriens ?

Monsieur le chef de guerre Alassane Dramane Ouattara, c'est l'appellation qui concorde avec vos agissements, si ce sont les ministres de Gbagbo que vous recherchez et bien messieurs Patrick Achi, Dagobert Banzio, Adjoumani Kobenan, Allah Kouadjo Remi, Ahoussou Jeannot, Diby Charles, Hamed Bakayoko, Soro Guillaume, Amadou Gon et bien d'autres de vos collaborateurs ont été des ministres sous l'ère Gbagbo et pire ils ont passé plus de temps dans le gouvernement que ceux que vous recherchez à coups de milliards aujourd'hui.

Vous harcelez le ministre Koné Katinan Justin, d'abord vous l'accusez de crimes économiques et ensuite de crime de sang. Pour votre gouverne, ce Monsieur n'était qu'un simple ministre délégué chargé du budget. Lorsque vous et vos soutiens aviez fermé les banques pour asphyxier nos fonctionnaires et travailleurs, c'est ce Monsieur qui en bon ivoirien patriote aidé par d'autres ivoiriens a permis le déblocage des établissements financiers dans la stricte légalité républicaine avec l’aide de la justice de la Côte d’Ivoire. Les fonctionnaires et les ivoiriens dans leur majorité sont fiers de lui a l'instar de tous les autres membres du dernier gouvernement du Président Gbagbo. Le juge qui a pris la décision appliquée par Koné Katinan est en Côte d’Ivoire, les policiers qui l’ont accompagnés sont en Côte d’Ivoire, les huissiers qui ont fait le constat sont en Côte d’Ivoire. Katinan est recherché or à coté de vous l'on voit Monsieur Charles Diby Koffi, tout puissant Ministre de l'économie et des finances, auteur de plusieurs décisions d’exonération des exportateurs de café et de cacao et premier gestionnaire des comptes café, cacao qui n'est pas inquiété. Juste a coté de vous, il y a le Ministre Amadou Gon Coulibaly qui est le premier coauteur direct des détournements dans la filière Café-Cacao, le Ministre Dosso Moussa, l’auteur des direct de la gestion des fonds de la BCEAO de Bouaké braquée par vos rebelle et trésorier de la rébellion ayant pillé les matières premières du Nord et de l’ouest pourra aussi vous expliquer comment l'argent issu du trafic de l'or, du diamant, du Cacao, du pétrole était volé. Monsieur Alassane Dramane Ouattara, ne prenez pas les ivoiriens pour des dupes. Le Ministre Koné Katinan accusé de crime de sang, si le ridicule tuait !

Monsieur Alassane Dramane Ouattara, vous dites rechercher des personnes qui se sont rendues coupables de crimes économiques, de crimes de sang et de crimes contre l'humanité or vous-même et vos chefs de guerre sont toujours en liberté. Les pays voisins et le monde entier vous prendront au sérieux lorsque vous vous rendrez et vous arrêterez vos proches qui sont déjà épinglés par l'ONU et plusieurs organisations internationales de droits de l'homme.

Si ceux qui ont cassé les agences de la BCEAO de BOUAKE sont en liberté et promus a de hauts rangs dans votre gouvernement et dans votre milice devenue armée, qui d’autre allez-vous poursuivre pour crimes économiques ?

Si ceux qui ont égorgé des gendarmes à Bouake, étouffé des centaines de personnes dans des containers, massacré plus de 1000 Guérés à Duékoué sont libres et félicités par vous. Alors Monsieur Alassane Dramane Ouattara, dites nous quel autre ivoirien allez-vous poursuivre pour crimes de sang et de crimes contre l'humanité ?

La justice des vainqueurs que vous avez instauré en Côte d'Ivoire vous perdra ! Car l’injustice crée la haine, la haine crée la révolte et la révolte crée la révolution. Vous semer les graines de votre chute et aucune armée, même celle de la France qui vous a installée ne pourra vous sauvez. Est-ce que vous pensez un peu au sort que vous réservez à vos partisans en ce moment précis. Vous, vous sauterez dans une ambassade pour disparaitre et le reste ?

Qui est le colonel Dosso devant les Dali Oble, Dagrou Loula, Boga Doudou, Ehouman et tout récemment le Ministre Désire Tagro ?

Arrêtez de distraire le peuple !

En 1999, vous étiez l'instigateur d'un coup d’état contre le pouvoir du PDCI-RDA avec Henri Konan Bédié comme Président, de 2002 à 2011, vous aviez accompli le coup d’état le plus long, le plus meurtrier et le plus sanglant contre le pouvoir du FPI avec son Président Laurent Gbagbo. Effectivement, quand on a réussi à faire des coups d’état contre les deux principaux partis politiques de Côte d'Ivoire, on se prend maintenant pour un dieu dans ce pays. Votre mot d'ordre est clair, dans ce pays, tous ceux qui s'opposent a vous doivent aller au cimetière. Ainsi, les rebelles au pouvoir pillent, violent, tuent et égorgent dans l'impunité totale.

Nous sommes jeunes, ivoiriens et militants du PDCI-RDA, jamais nous ne vous reconnaîtrons comme président de la république de notre pays. Notre pays a des lois. Vous êtes le père des rebelles qui ont défiguré notre pays, en fait vous êtes l'assaillant en chef. Jamais! Nous allons oublier et Jamais! Nous allons pardonner tout ce tort que vous faites subir à notre pays. Monsieur Alassane Dramane Ouattara, vous avez régné par l'épée alors, selon l’ordre divin vous risquez de périr par l'épée.

Voila bientôt deux ans que vous êtes accrochés au pouvoir par la force des armes. 85% des ivoiriens vous on boudé aux législatives et ça ne vous dit rien. Au lieu de tendre la main aux 85% pour réconcilier les ivoiriens Votre programme de gouvernement s'est limité a lancer des mandats d'arrêt contre les partisans du Président Laurent Gbagbo. Est-ce parce que vous même vous êtes sous le coup d'un mandat d'arrêt international lancé par le président Bédié que vous agissez ainsi? Les ivoiriens veulent savoir. Faites un petit bilan autour de vous, tous ceux qui vous ont soutenus dans votre mascarade sont tombés et continuent de tomber mais apparemment vous ne vous en rendez pas compte. Aujourd'hui, avec la fin proclamée de la françafrique que les dignes fils de Côte d’Ivoire ont bien intégré et vont vous déboulonner malgré vous qu'allez-vous devenir? Vous qui ne jurez et ne comptez que sur l’armée française ?

Nous sommes au 21ème siècle et votre mode de gouvernement semble révolu, avec les FRCI votre milice ethnico-tribale, vous tenez le peuple en captivité, vous voulez régner sans aucune opposition or l'ère du parti unique est bien loin derrière nous. Tous les leaders d'opposition sont emprisonnés ainsi que les chefs militaires restés loyaux au président élu par les ivoiriens.

Monsieur Alassane Dramane Ouattara, regardez vous-même depuis le coup d’état de 1999, le développement de notre pays s'est arrêté. L'école continue de souffrir des affres de la rébellion, le chômage est grandissant, en fait la Côte d'Ivoire va mal. Vous avez réussi à rendre la Côte d'Ivoire notre pays ingouvernable. Vous pensiez qu'en envoyant le Président Gbagbo a la Cour Pénale Internationale (CPI), c'était fini. Vous avez oublié que quelque soit la vitesse du mensonge, la vérité finit toujours par le rattraper. Et bien Laurent Gbagbo a la Haye, c'est le meilleur avocat qui puise défendre l’état de la Côte d'Ivoire victime de rébellion depuis 2002. On ira jusqu'au bout. Oui, on ira jusqu'au bout pour que le monde entier sache qui a armé le jeune étudiant Guillaume Soro pour attaquer notre pays. On ira jusqu'au bout [...]

Respectueusement.
Yao Kouamé Patrick,
Président de la Jeunesse du PDCI-RDA en exil

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dimanche 14 octobre 2012

Discours de Dakar - bis : "La fenêtre de tir était réduite"



François Hollande l'a dit, comme tous ses prédécesseurs à tour de rôle : "Le temps de la Françafrique est révolu"... La formule est jolie, refrain connu...

"La fenêtre de tir est réduite" prévenait Michel Galy...

Après les mots, Fernand Dindé commente : quid des actes que portent les mots ?

"PATERNALISME INSUPPORTABLE ET INSULTANT !" :

"[...] Pourquoi les présidents français se croient-ils obligés de venir faire de "beaux discours", creux et ennuyeux, en Afrique et en commençant par Dakar au Sénégal, quand dans les faits, ils ne bougent pas du doigt la Françafrique, franchement ?

Plusieurs fois dans son discours, François Hollande insiste : "LA FRANCE VOUS Y AIDERA". C'est justement cela notre problème, Monsieur Hollande, nous ne voulons plus de votre tutelle écrasante et infantilisante [...].

"Le temps de la Françafrique est révolu" ? Ok, commencez par démanteler vos bases militaires dans nos pays pour faire faire quelques économies à votre pays, la France, en faillite et nous rendre notre souveraineté.

"Les émissaires, les intermédiaires, les officines trouvent désormais porte close à l'Elysée". Ah bon ? Charmant, ce discours ! Mais nous vous attendons sur les actes. En attendant, devons-nous vous faire remarquer, cher Monsieur, que dès votre accession au pouvoir, c'était le ballet des chefs d'Etats africains parmi les moins recommandables, reçus à l'Elysée, notamment les sieurs Ouattara et Compaoré, actuels piliers de la françafrique triomphante. Mauvais signal envoyé aux Africains !

[...] Quand François Hollande décoche, au XIVème Sommet de la francophonie, à des nègres obséquieux, dans une salle acquise à sa cause, ce samedi 13 octobre 2012 à Kinshasa en République Démocratique du Congo (RDC), "la francophonie doit porter la démocratie, les droits de l'homme, le pluralisme et le respect de la liberté d'expression", nous ne pouvons manquer l'occasion de l'inviter à venir jeter un oeil en Côte d'Ivoire, au pays de son obligé Alassane Ouattara. Aucune de ces valeurs démocratiques n'y a cours, en ce moment. L'a-t-on entendu à ce sujet, depuis 6 mois qu'il a été élu à la tête de la France et qu'il la proclame amie de l'Afrique?

Il n'est pas sans savoir que le chef de l'Etat ivoirien y écrase son opposition, jette en prison ses leaders, musèle sa presse, enlève et torture ses militants et condamne les anciens partisans et soutiens de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, dans des procès portés par une justice des vainqueurs. En outre, il cautionne le massacre de populations innocentes comme les réfugiés du camp de Nahibly, à Duékoué, dont les auteurs ne font l'objet d'aucune espèce d'enquête judiciaire. Une prime absolue au crime et à l'impunité. Hier encore, 3 charniers de cet affreux carnage qui avait fait plus de 230 morts viennent d'être découverts. La justice ivoirienne s'oppose à leur exploration pour que la vérité sur ces plus de deux centaines de morts (seulement 12, selon le gouvernement Ouattara) éclate au grand jour. Nous n'avons pas encore eu droit à un pépillement de sa part sur ces questions brûlantes d'actualité!

Et même qu'un citoyen français, Monsieur Michel Gbagbo, croupit dans les geôles de Ouattara, plus exactement dans ses goulags du Nord, pour délit de patronyme [...]


Lire la suite de l'article sur le blog de Fernand Dindé...


Hollande et l’Afrique : le moment du possible



Par Michel Galy*

S'il est un continent où François Hollande peut immédiatement imposer un nouveau cours qui aille à l'encontre du quinquennat précédent, et très vite, c'est bien l'Afrique subsaharienne.

A l’opposé du mépris et de la violence du régime sarkosyste, le continent, et singulièrement l'Afrique francophone n'attend qu’un signe du nouveau pouvoir pour mettre à bas nombre de régimes dictatoriaux et de démocratures oppressives, bien au delà de la Françafrique. Comme en 1981 ! A part qu’à l’époque la politique africaine de François Mitterrand contenait plus de continuités que de ruptures : le signe qu’attendaient les démocrates africains ne sera jamais donné, et le « discours de la Baule » fait rétrospectivement image de vœu pieux, ou de rideau de fumée, plutôt que de changement radical…

Les beaux discours, les enrobages, les commissions et remontrances ne suffisent pas : il faut des actes ! Tenants des dictatures et des continuités douteuses se livrent à chaque changement de régime parisien à une danse médiatique rituelle et à un discours bien rodé : « Françafrique » et horreur suprême, « néocolonialisme » seraient à la fois des termes archaïques et dépassés, et des réalités abolies. Ou en voie de l’être. Bientôt, sans doute, demain certainement. Quand l’urgence au Mali, la fin de la crise à Paris, les graves priorités internationales le permettront. Ou pas !

Car dans la réalité politique, le temps est compté à François Hollande, à supposer qu’il veuille effectivement appliquer son programme de rupture et de démocratisation du continent. La fenêtre de tir est réduite : l’expérience montre qu’ après un an, les jeux sont faits, les ministres du changement - Jean Pierre Cot hier, Pascal Canfin demain ? sont vite destitués et remplacés par des responsables à l’échine docile…

D’autant que des signes désastreux ont été donnés : réception d’autocrates à l’Elysée ou Bercy ; projets d’aide économique et militaire à des régimes africains à la légitimité douteuse – et, hélas ! la visite à Kinshasa s’inscrit dans cette symbolique de continuité dans les compromissions et les abandons successifs des bonnes intentions initiales...

Hollande veut se rendre à Kinshasa, et certes la francophonie procède bien du soft power français. Mais pour quoi faire ? Pour conforter l’héritier Kabila si mal élu que mêmes les observateurs de l’Union européenne ou ceux du Centre Carter, ailleurs si bienveillants aux élections truquées, s’en sont publiquement étonnés - sans oser révéler cependant ce que toute l’Afrique sait, à savoir que c’est le vieil opposant Etienne Tshisekedi qui a été élu ?

Cette francophonie qui devrait être celle des peuples et de intellectuels de langue française, - « la langue de Voltaire avec les idées de Voltaire », disent les opposants congolais - qui devrait refuser de cautionner élections truquées et interventions occidentales. Un président français qui pourrait non pas discourir, mais exiger un gouvernement d’Union nationale. Comme au Zimbabwe. Comme au Kenya. Le contraire d’une démission ou d’une intervention. Des exigences démocratiques et consensuelles - et pas au prix de l’esquive, mais avec du courage politique et une éthique exigeante : celle que devrait porter celui qui représente la République française, - et ses valeurs dont se réclament encore les panafricanistes et les démocrates de Kinshasa, Abidjan ou Bamako !

Et certes la diplomatie française, pour se sortir du « piège congolais » a soigné les détails et les signaux : réception de l’opposition, remontrances feutrées, brièveté du séjour du président Hollande. Ce qui d’ailleurs ne trompe personne : quel atout de propagande pour un régime Kabila si contesté que cette visite présidentielle française ! On retiendra à Kinshasa cet adoubement public, tandis que les critiques à mi voix seront vite oubliées sitôt l’avion présidentiel parti ! La taille des coupes de champagne et les beaux discours diplomatiques n’entrent pas en ligne de compte dans la Réalpolitik qui depuis un demi siècle asservit l’Afrique…

Sans oublier Dakar, rajouté in extremis pour compenser Kinshasa ! Et clamer un contre « discours de Dakar » est aussi facile que nécessaire : cornaqué par des africanistes parisiens, François Hollande n’aura aucun mal à féliciter Macky Sall de son élection récente, et affirmer bien haut qu’eux deux, en tout cas, sont bien « entrés dans l'Histoire » par la bonne porte médiatique…

Mais ce circuit africain ne suffit pas : l’Afrique des démocrates exaspérés, celle d’avant les révolutions africaines peut être à venir, celle où selon leurs interventions et exactions passées les Français sont aussi populaires que les Américains dans l’Amérique Latine des années 70, veut bien plus : des actes !

Oui, la France est bien en retard d’une décolonisation. Et les actes pour y mettre fin sont connus, voyons donc ce qui sera annoncé à Paris, Kinshasa, ou Dakar - annoncé et tenu ! Retrait total, même échelonné, de tous les corps expéditionnaires français du continent - la France étant la seule puissance ex(?) coloniale à y garder des bases permanentes - et à en user pour maintenir des régimes corrompus et des dynasties d’autocrates au pouvoir. Arrêt des incursions militaires –comme celle en cours au Mali et au Sahel, où depuis 50 ans et sous des prétextes divers la « coloniale » (le terme est encore aujourd’hui en usage dans l’infanterie de marine) va « casser » opposants, rebelles et parfois régimes légitimes luttant pour plus d’autonomie. Fin des grandes cérémonies françafricaines, des « pseudo sommets » où se voit le pouvoir sur scène – celle de la sujétion et de l’humiliation africaines. Politique de réconciliation et d’union nationale favorisée à Kinshasa ou Abidjan, comme les anglophones ont su le faire à Nairobi ou Harare. Dissolution de la zone franc et fin du franc CFA. Enfin ouverture des Universités françaises aux étudiants et chercheurs francophones, comme quelques chercheurs parisiens viennent justement de le réclamer. C’est à l’aune de ces actes que l’Afrique – et une Histoire centenaire de complexes rapports, jaugera et jugera le voyage africain de François Hollande.

Devant les nuages noirs qui s’annoncent en métropole, François Hollande tient une occasion unique de marquer de son sceau la scène internationale, et de répondre aux espérances de tout un continent. S’il a le courage de rompre avec un passé colonial et d’oublier son propre entourage : le moment de tous les possibles, maintenant… ou jamais ?


* Politologue, chercheur au « Centre d'étude sur les conflits », professeur à l’Institut des Relations Internationales (Ileri,Paris)


samedi 13 octobre 2012

Les parrains au secours du régime ivoirien aux abois



Par John K. Silué, économiste financier :

"Après le 11 avril 2011, date à laquelle l’ONU et la France de Sarkozy ont parachevé le coup d’état contre Laurent Gbagbo, l’on avait pensé que les Ivoiriens auraient du répit. La France étant parvenu à installer à la tête de son ex colonie un homme lige, les souffrances des Ivoiriens prendraient fin. Malheureusement, pour les concepteurs de la démocratie par les bombes, le cheval sur lequel ils ont misé ne fait pas le poids. Il se révèle piètre politicien, doublé d’un esprit sanguinaire et d’un totalitarisme hors du commun. L’homme qui a tout obtenu dans la vie, y compris la présidence d’un pays qui n’est pas le sien, souffre d’une carence de légitimité. Une grande partie du peuple qu’il est sensé gouverner ne se reconnaît pas en lui. En réaction, le chef de l’État ivoirien multiplie les actes antidémocratiques et use de violence dans le secret espoir de bâillonner son opposition. Mais plus il brime une partie de la population, plus il approfondit le fossé entre lui et les Ivoiriens d’une part, et entre Ivoiriens d’autre part.

Pour conquérir le pouvoir, au début de 2011, après avoir dénié au Conseil Constitutionnel ses prérogatives en matière électorale, Monsieur Ouattara a lancé son armée à l’assaut de la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Composée des combattants de la rébellion de Soro Guillaume et de mercenaires de la CEDEAO, cette armée va commettre les pires atrocités sur les populations des régions supposées favorables au Président Gbagbo. Les Ivoiriens se remettent difficilement du massacre d’un millier de Guérés dans la ville de Duékoué, à la fin du mois de mars 2011. La mise à sac courant 2012 d’un camp de réfugiés par les partisans de Ouattara sous le regard complice des FRCI et des soldats de l’ONU, toujours à Duékoué, en rajoute à la longue liste des actes criminels du régime.

A la fin c’est Laurent Gbagbo qui est capturé par les forces françaises et remis à son adversaire, avant d’être enfermé, sans autre forme de procès, dans le nord de la Côte d’Ivoire sous la garde du chef de guerre Kouakou Fofié. Il sera par la suite transféré à la Cour Pénale Internationale (CPI) sous le chef d’accusation de crime contre l’humanité. Tous les collaborateurs et autres Ivoiriens supposés proches du Président Laurent Gbagbo sont traqués, emprisonnés ou contraints à l’exil. Tous les membres de la direction du Front Populaire Ivoirien (FPI), dont son Président Pascal Affi Nguessan, sont en prison ou en exil, leurs comptes bancaires gelés et leurs domiciles occupés par les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

Les attaques des camps militaires et autres positions tenues par les FRCI depuis le début du mois d’août 2012 ont servi de prétexte au régime Ouattara qui a amplifié sa répression de l’opposition significative du pays et des pro-Gbagbo. Une étape supplémentaire a été franchie dans la « bunkérisation » du régime qui a procédé à la fermeture de la frontière avec le Ghana voisin après l’attaque du poste de Noé par des individus armés non identifiés à la mi-septembre 2012.

Sur le plan économique, malgré la remise d’une partie importante de la dette extérieure d’une part, et des incessants voyages du chef de l’État ivoirien d’autre part, les investisseurs ne se bousculent guère. Le pouvoir d’achat des Ivoiriens s’amenuise, le chômage est galopant et la paupérisation s’accroît, faisant craindre à tout moment une explosion sociale. Scénario d’autant plus probable que la politique incongrue de rattrapage ethnique initiée par Monsieur Ouattara lui-même contribue à aggraver le fossé d’incompréhensions entre les Ivoiriens.

La réconciliation nationale apparaît comme le dernier des soucis des tenants du pouvoir qui torpillent les initiatives allant dans le sens de la concorde nationale et supposées ramener la paix en Côte d’Ivoire. Pis, le parti au pouvoir (RDR) appelle au meurtre des militants du FPI, tandis que le président de l’Assemblée Nationale lui prône l’éradication de cette formation politique qu’il assimile à une organisation terroriste. Excusez du peu!

Bref ! Le régime d’Abidjan a du mal à convaincre ses soutiens extérieurs de sa capacité à relever les défis auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée depuis le renversement du Président Laurent Gbagbo. C’est pourquoi, comme toujours en pareille situation, il est plus aisé de trouver un bouc émissaire que de s’attaquer à la racine du mal. Et c’est le FPI, souffre-douleur, qui est tout indiqué pour porter encore la responsabilité de l’échec des champions de la démocratie des bombes.

C’est dans cette atmosphère délétère que Radio France Internationale (RFI) annonce, dans une de ses éditions du samedi 6 octobre 2012 et sur son site internet, qu’un rapport confidentiel de l’ONU mettrait en cause les exilés ivoiriens proches du président Laurent Gbagbo, dans une entreprise de déstabilisation de la sous région ouest-africaine. Ces exilés qui fuient la répression aveugle du régime ivoirien se seraient rapprochés d’une part des jihadistes d’Ançar Dine qui écument le nord du Mali et d’autre part de la junte militaire qui a renversé le Président Amani Toumani Touré.

L’opération pue la manipulation et de nombreuses voix s’élèvent pour condamner une campagne de diabolisation mal ficelée. Tous les mis en cause ont réfuté les accusations portées contre eux et ont mis au défi RFI et l’ONU de rapporter la moindre preuve de leurs allégations. L’ONUCI, maitre d’ouvrage délégué d’une enquête qui aurait été menée par des experts indépendants de l’ONU, ne se reconnaît pas dans les conclusions de ce rapport dit « intermédiaire ». Comment des experts de l’ONU, même indépendants, peuvent-ils organiser la fuite d’un document aussi sensible avant de l’avoir fait valider par l’ONU? On est en droit de se poser des questions sur l’existence même de ce rapport. Nous sommes certes habitués aux entourloupettes d’un média propagandiste au service de l’impérialisme mondial et qui ne lésine pas sur les moyens pour, au mieux attenter à l’image d’honnêtes citoyens, au pire livrer à la vindicte populaire des leaders récalcitrants. Mais l’information du 6 octobre dernier est à prendre au sérieux pour plusieurs raisons.

D’abord, ce genre d’annonce précède toujours des actions de déstabilisation déjà conçues dans les officines occidentales, auxquelles il reste à trouver la justification. Depuis 2002, c’est de façon régulière que la presse française fait des fausses révélations sur la Côte d’Ivoire dans le seul but de neutraliser le Président Gbagbo qui tentait de reprendre la main dans l’opération de déstabilisation de son pays. Peu importe que l’information distillée soit vraie ou fausse – le plus souvent elle est fausse – l’essentiel c’est de d’accabler et de préparer les esprits à des coups tordus à venir.

Ensuite, tout le monde entier sait désormais que c’est pour installer Alassane Dramane Ouattara (ADO) au pouvoir en Côte d’Ivoire que la communauté internationale (France et Etats-Unis, notamment) ne cesse d’agresser ce pays depuis la disparition du Président Houphouët-Boigny en décembre 1993. On se souvient en effet de la tentative de Ouattara, alors premier Ministre, de s’emparer de l’héritage du «Vieux» alors que la constitution avait tranché la question en faveur du Président de l’Assemblée Nationale. Les Ivoiriens ont également en mémoire la difficile fin de mandat du Président Konan Bédié qui a eu le malheur de lancer le concept de l’Ivoirité ayant ouvert la boite aux pandores. Son régime avait été accusé de détournement de 18 milliards de FCFA au titre de l’aide de l’Union Européenne, avant d’être balayé par le premier coup d’état militaire de l’histoire de la Côte d’Ivoire, en décembre 1999.

En septembre 2002, la tentative de coup d’état mué en rébellion armée finit de convaincre les observateurs de la scène politique africaine de la volonté des commanditaires de cet acte d’installer leur homme de main à la tête de ce pays. En effet, non seulement cette rébellion a été tolérée et encouragée, mais elle a été entretenue et maintenue jusqu’à la mascarade d’élection de la fin décembre 2010, en vue de parachever le coup d’état de 2002. Le black-out de la presse occidentale sur la réalité du contentieux électoral de 2010 et la promotion du mensonge et des montages grossiers s’inscrivent dans une logique de diabolisation systématique du camp Gbagbo opposé à Ouattara. Au simple recomptage des voix proposé par Gbagbo pour déterminer le vrai vainqueur de l’élection, Ouattara a appelé à la guerre pour déloger son rival. La suite, on la connaît !

En réalité, l’entrée en scène de l’ONU et de RFI obéit à une logique de soutien inconditionnel à un pion en difficulté. Que personne ne s’imagine que Ouattara installé à coup de bombes larguées sur la tête des ivoiriens soit lâché par ses maîtres 18 mois après leur forfait ! L’échec de Ouattara est celui de ses parrains. Lesquels mettront tout en œuvre pour prouver qu’ils ont eu raison de l’imposer au prix de milliers de vies massacrées. Et pour cela, ils fermeront toujours les yeux sur les insuffisances et les crimes de leur poulain. Les cris de détresse des Ivoiriens et le délitement de la société ivoirienne ne changeront rien à la donne. Ouattara pourra massacrer autant de pro-Gbagbo qu’il voudra ; il pourra emprisonner sans jugement autant d’opposants qu’il voudra ; il pourra opposer les Ivoiriens du Nord à ceux des autres régions du pays comme il le voudra ; il pourra brader le patrimoine du pays comme il voudra. Aucune ONG, aucun média occidental d’investigation, aucune instance onusienne ne le dénoncera. Tout simplement parce qu’il est leur produit et qu’il assure la mission qui lui est assignée à savoir, fragiliser les pays d’Afrique de l’Ouest.

Pour sûr, les parrains du Chef de l’État ivoirien se rendent bien compte que leur protégé n’est pas l’homme de la situation. Il a échoué sur toute la ligne. Pour autant, ils ne peuvent le lâcher tant qu’ils n’auront pas trouvé un autre cheval sur lequel parier. Soro Guillaume, ayant goûté au délice du pouvoir, est en embuscade et manœuvre pour accélérer la chute de son mentor. Mais les parrains hésitent. Et pour cause, Bogota a fait couler trop de sang dans le cadre de sa rébellion qui endeuille le pays depuis plus de dix ans. Il est donc trop tôt de le propulser à la tête du pays. Surtout que la CPI réclame sa tête. Du côté du PDCI, personne pour le moment ne semble trouver grâce aux yeux des faiseurs de rois en Afrique. Idem pour le FPI qui demeure la bête noire des promoteurs de la démocratie des bombes. Faute donc de mieux, on se contente de celui qui est là. On le porte à tour de bras et on distrait l’opinion.

Sinon, comment comprendre qu’alors qu’ils ont réussi à éjecter Laurent Gbagbo du pouvoir et museler le FPI qui « est fini » selon les propos de Choï, ancien représentant du Secrétaire général des Nations Unies, ils s’acharnent encore contre les pro-Gbagbo?

Et si au-delà des partisans de l’ex Président ivoirien, la cible visée était le Ghana qui réaffirme depuis quelques années ses penchants souverainistes et panafricanistes ainsi que son ambition de développement! Après que Ouattara a accusé le pays de Kwamé Nkrumah de servir de base arrière aux déstabilisateurs de son régime, la France apporte de l’eau à son moulin en alléguant que les opposants ivoiriens exilés dans ce pays ont une accointance avec les mouvements islamistes du nord malien liés à Al Qaida. Il est de notoriété qu’au nom de la lutte contre le terrorisme, les puissances occidentales sont prêtes à engager des guerres dont les objectifs inavoués restent le contrôle des Etats jouissant d’une position géostratégique. RFI préparerait-elle les esprits à une mise au pas du Ghana [...]


Lire l'article sur le blog de Fernand Dindé...


vendredi 12 octobre 2012

Découverte de charniers liés au massacre de Nahibly


Le procureur de Man s’oppose aux recherches


"Trois puits remplis de cadavres et constituant visiblement des charniers, ont été découverts mercredi dernier à Duékoué, à la suite d’informations livrées par un rescapé du massacre de Nahibly. Hier jeudi 11 octobre 2012, l’exhumation des cadavres avait débuté en présence du procureur adjoint de Man quand ce dernier a unilatéralement interrompu les fouilles, sans que les deux autres puits où l’on apercevait des crânes humains n’aient été explorés. Que cache donc cette attitude du procureur ?"

Par Frank Toti. Extrait du Nouveau Courrier n ° 629 du 12.10.2012 :


jeudi 11 octobre 2012

Hugo Chavez : les leçons d'une victoire



Par Ahoua Don Mello, héraut de ce que l'on pourrait appeler "l'aile gauche" historique du FPI, l'ancien ministre et porte-parole du dernier gouvernement de Laurent Gbagbo. Extraits :

"[…] L’aveuglement de l’impérialisme occidental qui le conduit à diaboliser systématiquement tous ceux qui n’empruntent pas la voie sans issue du libéralisme, l’isole de plus en plus de l’aspiration profonde des masses populaires pour être un simple marchand d’armes et un instrument d’endettement de leur population aux profit des détenteurs de paradis fiscaux.

En déclarant stratégique un certain nombre de secteurs économiques dont le secteur pétrolier sous contrôle de l’Etat, le Venezuela a pu redistribuer les richesses du pays et créer un tissu industriel dont les facteurs de productions sont internes.

Le contrôle par l’Etat a touché les secteurs suivants :

• La nationalisation du secteur des pétroles est un choix aussi idéologique que stratégique. La ressource, représente 30 % du PIB et 85 % des exportations. L’Etat détient 60 % des projets menés par Petroleum PLC, américaines Exxon Mobil, Chevron, ConocoPhillips, la française Total et Statoil

• Les secteurs des télécommunications et de la production d'électricité ont également été nationalisés. Les sociétés refusaient par exemple d'investir dans des régions jugées peu rentables.

• Au début de l'année 2008, le gouvernement vénézuélien annonce la nationalisation de la production de ciment, montrée comme une réponse au choix des sociétés étrangères d'exporter une partie de leur production en situation de pénurie de logements.

• En 2010, le commerce de détail est nationalisé, avec la chaîne Exito détenue par le groupe français Casino accusée de contribuer à la hausse des prix. La filiale locale de l'américain NorPro, fabricant un produit pour les forages pétroliers est étatisée et intégrée à l'entreprise publique PDVSA qui détient les parts pétroliers pour le compte de l’Etat. Le groupe sidérurgique italien Tenaris Dalmine est exproprié de ses actifs, n'ayant trouvé un accord financier avec le gouvernement.

Conséquence, le taux de croissance a atteint dans la période CHAVEZ des pics de 17% avec une réduction continue du niveau de pauvreté passant de 67% à 27% de 97 à 2011. Cette réélection confirme ce choix stratégique contre le désir de quelques multinationales qui rêvaient d’un retour triomphal par une diabolisation démesurée [*].

[…]

Lire l'article sur le blog de Théophile Kouamouo...


[*] En premier lieu sur les relations ordinaires d’État à État — et concernant Chavez, ceux que l’Occident a déclarés comme ses ennemis, à commencer par l’Iran ; quand le même pouvoir médiatique ne voit pas de problème aux accointances entre l’Occident et l’Arabie Saoudite ou le Qatar, qui à y regarder de près ne sont pas moins infréquentables que l’Iran (y compris sur Israël : cf. une voix qatarie bien connue), pour ne rien dire de dictateurs comme ceux du Burkina ou de la Côte d’Ivoire… (NdD)


mercredi 10 octobre 2012

RFI, Al quaeda, Ançar dine & pro-Gbagbo

 

Un éditorial de Th. Kouamouo. Vidéo :

 


RFI, Al quaeda, Ançar dine & pro-Gbagbo -... par legrigriinternational


Quand un énorme mensonge médiatique fait tache d'huile


C'est RFI qui a lancé le "scoop", aussitôt démenti par les principaux intéressés et par l'ONU : tout ce qui n'est pas allié de la nébuleuse Cédéao-Ouattara-Comparoré et des autres dictatures ouest-africaines est forcément terroriste et allié, des islamistes aux "évangéliques" et aux démocraties qui, comme le Ghana, refusent trop obstinément de transiger avec le droit ! Un "scoop" mensonger qui fait écho aux allégations d'un Soro tentant de sauver sa peau, et que reprend aujourd'hui Le Figaro (sic !), sans même faire allusion au flot des démentis qui ont suivi !

On en déduirait aisément, si on avait l'esprit soupçonneux, que quelque chose de pas clair est en préparation...





mardi 9 octobre 2012

Silence on tue en Côte d’Ivoire


Lettre ouverte à monsieur Laurent Fabius,


D'un enseignant chercheur, Université du Colorado, USA,
Dr Cheick DIABATÉ, 9 Octobre 2012. Extraits :


"À la fin du mois de juillet dernier, M. Alassane Ouattara a effectué une visite officielle en France où il a rencontré M. Laurent Fabius, Ministre d'État, Ministre des Affaires étrangères de la France. Lors de la conférence de presse qui a suivi leur rencontre, M. Fabius a déclaré que M. Ouattara est son ami et que les relations entre la Côte d'ivoire et la France ne devraient pas changer et qu'il ne fallait pas voir des problèmes là où il n'y en a pas c'est-à-dire en Côte d'Ivoire.

M. Ouattara vient de séjourner encore en France à l’occasion du 40ème anniversaire du Franc CFA. [...]

Pour M. Fabius, il n’y a donc aucun problème en Côte d’Ivoire. Nous savions depuis longtemps que la droite Française avait catégorisé les ivoiriens en deux camps : les pro-Ouattara qui devaient être protégé à tous les prix y compris au prix du sacrifice de quelques soldats français et les pro-Gbagbo, déclassés sur l’échelle de l’évolution des espèces et qui sont devenus le chaînon manquant entre les quadrupèdes et les bipèdes et donc ne méritent que des chasseurs à leur trousse pour les abattre et pour les plus chanceux, se retrouver dans des prisons, des camps de tortures ou des camps de refugiés transformés pour la circonstance en zoo pour les quelques spécimens à protéger.

Pour la droite française, il n’y avait donc pas de problème, la règlementation de la chasse étant respectée et les méthodes de mise à mort par égorgement étant conformes aux normes sanitaires. Par votre déclaration vous nous apprenez que pour la gauche française, il n’y a pas de problème non plus étant donné que les hommes changent mais les intérêts restent.

Nous voudrions juste rappeler à Monsieur Fabius, que dans un passé proche où il était Premier Ministre de France, il n'a pas vu venir le scandale du sang contaminé. Aujourd'hui, Ministre Français des Affaires étrangères, il trouve qu'il n'y a pas de problèmes en Côte d'Ivoire. Dont acte.

Toutefois nous attirons l'attention de Monsieur Fabius sur les faits suivants :

[ 1) ] À l’ouest de la Cote d’Ivoire, quatre bandes armées burkinabé et plusieurs bandes de chasseurs dozos, occupent l’ouest de la Côte d’Ivoire comme le nord du Mali est actuellement occupé par des bandes armées. Au Nord du Mali, la Charia est pratiquée et vos porte-voix RFI et France 24 vous rapportent les bras coupés en cas de vol, mais il y a pire à l’ouest de la côte d’Ivoire où le culte au dieu de la guerre est pratiqué régulièrement avec des sexes coupés, les terminaisons des bras et des pieds coupées, la gorge tranchée pour recueillir le sang pour le culte au dieu de la guerre. Vos porte-voix ne vous rapportent pas ces scènes parce que les victimes sont le chaînon manquant de l’évolution des espèces et les analyses d’ADN à travers des enquêtes interminables ne précisent pas encore leur statut d’humain. Pour votre gouverne, prière de prendre un temps pour consulter cette vidéo à l’adresse suivante où un jeune Baoulé de l’ouest est en train de subir ce rite macabre.

[ÂMES SENSIBLES S'ABSTENIR] http://www.youtube.com/watch?v=tpxbDA4M87c

Les sacrifices individuels ne suffisent pas à ces dieux, il leur faut de temps en temps, pour les jours de fête des troupeaux entiers : [...]

Lire l’article en entier sur La Dépêche D'Abidjan...
Via résistanCIsraël


lundi 8 octobre 2012

Décryptage d’une manipulation sournoise – RFI, la presse française et la technique du vrai-faux rapport officieux



Par Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier du 08/10/12 :

"Ce n’est pas la première fois que la presse parisienne mène des opérations de guerre psychologique en s’appuyant sur des rapports onusiens pas encore validés, auxquels on a ajouté des éléments fournis par des services secrets… ou complètement imaginaires. Il est également constant que son sens des «révélations» s’affadit quand des experts onusiens mettent en cause les alliés du camp Ouattara et de l’ex-rébellion… ou la France elle-même. Un grand émoi s’est emparé d’une grande partie de l’opinion publique ivoirienne après la diffusion, par RFI, d’un «scoop» selon lequel un rapport d’experts onusiens, en plus de prétendre qu’un certain nombre de personnalités proches du président Laurent Gbagbo, nommément citées, comploteraient pour renverser Alassane Ouattara, affirmerait sans rire que les leaders de l’opposition ivoirienne en exil auraient noué une «alliance» avec les islamistes maliens d’Ançar Dine, proches d’Al Qaeda, qui occupent le Nord Mali, et le capitaine Amadou Sanogo, le tombeur d’Amadou Toumani Touré. Bien entendu, la force des accusations et le caractère quasi-romanesque de l’article de la «radio mondiale» frappent les esprits et alimentent l’indignation. Mais lorsque l’on prend le nécessaire recul historique, l’on se rend compte que ce que ce que nous appellerons la technique du vrai-faux rapport officieux est une constante dans la communication de la nébuleuse internationale – surtout française – qui soutient Alassane Ouattara et tente de criminaliser, donc de disqualifier politiquement, depuis une dizaine d’années, toute une mouvance : celle incarnée par Laurent Gbagbo et les souverainistes ivoiriens. Retour sur un certain nombre d’opérations psychologiques du même type que celle qui vient d’être «mise en œuvre».

Le vrai-faux rapport de l’ONU sur les escadrons de la mort

En février 2003, les accords de Linas-Marcoussis et les résolutions de la conférence de Kléber, qui donnent une prime à la rébellion ivoirienne, sont chahutés sur le terrain abidjanais. Un rapport express de l’ONU évoquant de manière très vague l’existence d’«escadrons de la mort» en Côte d’Ivoire fait l’objet de fuites bien organisées dans les quotidiens Le Monde et La Croix. C’est une aubaine pour Jacques Chirac, qui peut menacer le couple Gbagbo des foudres de la Cour pénale internationale – imitant en cela Blaise Compaoré, parrain des rébellions libérienne, sierra-léonaise et ivoirienne. Le Monde, dans une belle coordination, va plus loin que ce que l’ONU peut se permettre et multiplie les articles sur les fameux «escadrons», accuse nommément des membres de la garde rapprochée du président Gbagbo et de son épouse de les diriger, sous la haute autorité, bien entendu, de leurs patrons. C’en est trop pour le numéro un ivoirien qui organise une conférence de presse, et annonce qu’il portera plainte, notamment contre Le Monde. Il le fait dès le 18 avril 2003.
Lors du premier procès qui a lieu le 26 mai 2004, la journaliste genevoise Catherine Fiankan-Bokonga, spécialiste des questions relevant de l’économie et des droits de l’homme, montre une interview du regretté Vieira De Mello, ancien Haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, qui affirmait que le rapport de l’ONU ne comportait aucun nom de prétendus membres d’escadrons de la mort, et que son institution n’avait publié aucune liste, contrairement aux affirmations du Monde. Lors du procès en appel, Le Monde produit un prétendu document de l’ONU présenté comme la liste des neuf membres des «escadrons de la mort». C’est en réalité une note blanche des services de renseignements français, sans en-tête, ni signature. La presse française, en convergence avec les services secrets français, a en réalité fait dire ce qu’il n’avait pas dit à un rapport de l’ONU ayant opportunément «fuité», et qui était déjà destiné à faire pression sur le pouvoir ivoirien.

Le rapport de l’ONU sur la marche avortée du G7, éventé par RFI

En mars 2004, le G7, coalition des partis politiques d’opposition «houphouétistes» et des mouvements rebelles coalisés (MPCI, MPIGO et MJP) annonce qu’elle organisera des «marches éclatées» dans un contexte explosif. Les autorités d’alors, se fondant sur des rapports alarmistes des structures sécuritaires du pays, interdisent la marche. Le mot d’ordre est maintenu, et la manifestation est étouffée dans l’œuf. Le bilan des affrontements entre forces de l’ordre et activistes, civils et armés, fait l’objet d’une polémique. L’ONU décide, très rapidement, d’enquêter sur la question. L’enquête doit être présentée au gouvernement ivoirien, qui doit faire ses observations et ses réfutations, avant publication. Ce qui est susceptible de rendre moins unilatéralement accusatoires les conclusions du rapport. Qu’à cela ne tienne ! Le 3 mai, RFI publie, sur son site web, ce que l’ONU présentera, assez hypocritement, comme «une copie non officielle» du rapport de la Commission d’enquête sur les événements du 25 mars 2004. L’ONU reconnaît qu’il n’avait pas été présenté au gouvernement ivoirien, encore moins distribué aux agences de l’ONU se trouvant en Côte d’Ivoire. Le représentant permanent de la Côte d’Ivoire à New York accuse la Commission d’avoir intentionnellement permis la «fuite» spectaculaire d’un document forcément non soumis au moindre débat contradictoire, «afin de ruiner le processus de réconciliation nationale». Dans une lettre à Kofi Annan, le président Gbagbo soutient que le rapport a été «clairement influencé». Pour faire baisser la pression, l’ONU s’engage à mettre en place la Commission d’enquête réclamée par les accords de Linas-Marcoussis qui doit se pencher sur tous les crimes et exactions commis depuis le 19 septembre 2002.

Le rapport de l’ONU qui n’est jamais sorti sur les exactions de tous les camps…

Mise en place le 22 juin 2004, la Commission d’enquête indépendante sur les graves violations des droits de l’Homme enregistrées en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002, rend ses conclusions au secrétaire général de l’ONU et au Commissaire aux droits de l’Homme, comme l’indique un communiqué daté du 19 octobre 2004. Cette fois-ci, la procédure est respectée. Le gouvernement ivoirien reçoit un draft du rapport et appose ses remarques et observations. Mais ce rapport, qui évoque aussi de manière assez exhaustive les exactions des rebelles, les complicités du Burkina Faso et du Mali, ainsi que – assez timidement – celles de la France, ancienne puissance coloniale, ne sortira jamais. Alors que l’on est en face d’une véritable opération de camouflage de la vérité, la presse française n’est pas intéressée par l’organisation de fuites opportunes. Il faut attendre le 24 décembre 2004, en pleine fête de Noël donc, pour que le quotidien Libération publie de courts extraits de ce rapport – sans bien entendu mentionner les extraits qui mettent en cause Paris. RFI ne publie pas le rapport dans son intégralité sur son site web, comme elle l’a fait pour le rapport relatif aux événements de mars 2004. Outré par le refus de la Maison de Verre de publier un rapport qu’elle a pourtant chèrement financé, le gouvernement ivoirien remet le document à la presse ivoirienne. L’Intelligent d’Abidjan le publie en intégralité. Le Courrier d’Abidjan en fait même un ouvrage intitulé «Tout sur le rapport de l’ONU qui dérange». L’affaire rebondit fin juin 2011. Interrogée par des journalistes, Navi Pillay, Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU soutient qu’il «est tout à fait pertinent que le Rapport de 2004 soit rendu public.» Elle ajoute – argument curieux ! – qu’elle s’employait «à trouver qui est autorisé à la publication de ce rapport que ce soit le Conseil des droits de l’Homme ou le Secrétaire Général de l’ONU». Elle martèle qu’elle «ne renoncera pas à cette action». Près d’un an et demi après cette pétition de principe, rien n’a bougé. Le rapport n’a pas été officiellement publié, donc officiellement endossé, par l’ONU.

Le faux rapport de l’ONU sur le massacre de Petit-Duékoué et Guitrozon

Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2005, un commando de personnes que des survivants désignent comme des Dozos, associés aux Forces nouvelles hier et supplétifs des FRCI aujourd’hui, attaque les villages Guéré de Petit-Duékoué et Guitrozon, faisant plusieurs dizaines de morts. C’est un vrai crime contre l’humanité. L’émoi est grand et des regards désapprobateurs se tournent vers les rebelles que Paris s’obstine à ennoblir. Soudain, RFI sort un «scoop». Une «note confidentielle» de l’ONUCI qui affirmerait qu’en réalité, ce sont les «miliciens pro-Gbagbo» qui sont responsables de cette tuerie. Très vite, l’ONU dément l’information et affirme que ce «rapport» n’est pas d’elle, par la bouche d’Hamadoun Touré et de Pierre Schori, représentant spécial de Kofi Annan à Abidjan. Mais le venin de la désinformation a déjà fait son effet.

Le rapport du Comité des experts 2010, étouffé parce qu’il gênait le grand «storytelling»

Si la presse française sait trouver des rapports «accablants» contre le camp Gbagbo, y compris en mélangeant le vrai et le virtuel, elle sait aussi ne pas trouver les rapports que l’ONU elle-même s’évertue à cacher. A propos du Comité des experts chargés de surveiller l’embargo justement. Le rapport de 2010 sur les violations de l’embargo a été bloqué par le Conseil de sécurité. Et pour cause : il évoque le réarmement des parties en présence, et l’action néfaste du Burkina Faso, qui alimentait les Forces nouvelles en fusils d’assaut notamment, là où la communication officielle onusienne plaidait pour une élection sans désarmement. Entériner ce rapport aurait signifié admettre que les conditions n’étaient pas réunies pour un scrutin pacifié, alors qu’il était question de broder autour de Gbagbo qui retarde les élections depuis cinq ans parce qu’il a peur de perdre. Le rapport est étouffé en dépit de la lettre envoyée le 17 septembre 2010. Finalement, le rapport, qui comportait des vérités pas bonnes à savoir, sera publié le 20 avril 2011, neuf jours après la chute de «l’ennemi» Gbagbo. Bien entendu, la presse française dans sa grande majorité s’en désintéressera.

Pourquoi le «rapport» évoqué samedi par RFI ne pouvait pas être publié en l’état

Dans sa mise au point relative au «rapport» dont RFI a dévoilé le «contenu», la porte-parole de l’ONUCI a affirmé deux choses : premièrement, le rapport du Comité des experts de l’ONU sur l’embargo est produit par des équipes extérieures, et peut être endossé ou non par l’institution ; deuxièmement, l’ONUCI n’a pas encore reçu le dernier rapport du Comité. En clair, non seulement elle ne peut pas confirmer que ce que dit RFI se trouve vraiment dans le rapport, mais de plus même si cela était le cas, rien ne dit que de telles conclusions seront endossées par l’ONU. En réalité, il est fort peu probable que les accusations fantaisistes évoquées par RFI soient publiées un jour par le Comité des experts. Notamment parce que sa méthodologie est très contraignante. Les experts doivent, pour publier une information, se fonder sur des sources documentaires éprouvées ou au moins deux sources indépendantes. Ils doivent aussi, autant que faire se peut, contacter les mis en cause et recueillir leur version des faits. Ce qui n’a pas encore été fait, selon les nombreuses personnalités interrogées par Le Nouveau Courrier. Par exemple, sur un sujet comme la prétendue réunion de Takoradi, Marcel Gossio, par exemple peut aisément prouver qu’il n’était pas au Ghana à la date citée.
Par ailleurs, selon RFI, le rapport ( ?) évoque des SMS interceptés et qui seraient des preuves contre les pro-Gbagbo. Or, le Comité des experts ne comporte en son sein aucun expert en écoutes téléphoniques, et l’ONUCI non plus. La réalité doit être la suivante, au-delà de cette opération de propagande bien huilée. Il est fort probable que, tout simplement, les sécurocrates du régime Ouattara aient livré de prétendues «preuves» aux experts, qui ont dû les consulter, se les partager ou les archiver. Et la «magie» de la «com» a pour effet de transformer les accusations des pro-Ouattara – Guillaume Soro ne comparait-il pas le FPI au MUJAO il n’y a pas longtemps ? – en conclusions d’experts indépendants. Là où RFI et ses sources ont su se couvrir [...]

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