jeudi 31 mai 2012

Quand le blogueur solitaire se sent moins seul…


Enfin Libé se fait écho de ce que nos pauvres blogs (cf. liens colonne de droite), voix dans le désert, essaient de dire seuls depuis des années dans le tintamarre de la propagande ouattariste relayée par les "grands médias" comme… Libé…


Sentiment de… libération après des années d’étouffement ! Paroles de soulagement : deux exemples : Saper Aude et Le Nouveau Courrier.


Sur le blog de Saper Aude :

"Et le miracle fut

Tout finit par arriver. Mademoiselle Cessou étant partie sous les cieux de Slate Afrique (qui au passage n'a rien dit sur le document de maître Altit mais se fera sans doute un plaisir de relayer le torchon d'Ocampo, surveillons ça), Hofnung le mal nommé devant être en vacances, après une décennie de bons et loyaux services ouattaristes Libération, qui n'a jamais mis un orteil dans le nord, écrit enfin un article acceptable et conforme à la réalité.

Un grand bravo à Fanny Pigeaud son auteur et un bon point à la rédaction de Libé pour ne pas l'avoir censurée.

Libé et la RCI: le changement c'est maintenant ?"


Sur Le Nouveau Courrier, article de Benjamin Silué :

"Dans un dossier de deux pages
Un journal parisien critique vivement Ouattara et ses chefs de guerre


Devinette. Quel est le journal qui titre «Côte d’Ivoire : la réconciliation corrompue », invoque un «climat de terreur » dans un contexte de «braquages» et de «rafles» au pays d’Houphouët-Boigny, déplore «d’importants trafics», notamment de cacao, et insiste sur «la mauvaise réputation» de nombreux ministres de Ouattara ? Quel quotidien décrit un Ouattara qui ne fait pas confiance à ses FRCI au point de faire assurer sa sécurité «par des militaires burkinabés et les forces de l’ONU» ? Quelle publication note que «des hommes soupçonnés de crimes de guerre, passibles un jour de poursuites devant la Cour pénale internationale », sont allés récemment «à l’école française», et décrit «des sous-officiers propulsés à la tête de l’armée ivoirienne par le président Ouattara», et qui ont mis «en coupe réglée» le nord du pays pendant dix ans ? Un de ces satanés titres de la presse bleue ? Non, le quotidien français Libération qui, bien que prétendument de gauche, a appuyé les violentes menées déstabilisatrices de la droite en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002. Dans un dossier de deux pages, le journal admet enfin la réalité ivoirienne, loin des propos louangeurs du quotidien catholique La Croix qui écrivait le 10 octobre 2011, prenant ses désirs pour des réalités, qu’un «vent d’optimisme» soufflait sur la Côte d’Ivoire. Comme par hasard, l’expression «vent d’optimisme» était reprise le 22 octobre 2011 par Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, comme si des «éléments de langage» communs avaient été déterminés. [...]

La suite sur Le Nouveau Courrier…


Quand le procureur dévoile son grossier parti pris




Le mensonge d’Ocampo sur le 16 décembre 2010

Par Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier n° 526 du le 30/05/12 :

"Les violations des droits de l’homme et exactions commises par les FDS étaient-elles des dérapages enregistrés dans le cadre d’un conflit armé aux fortes imbrications civilo-militaires ou des preuves d’une répression aveugle à caractère ethnico-religieux ? Tout le débat est là. Et pour renforcer la seconde thèse, Ocampo n’hésite pas à travestir les faits. «Le 16 décembre, les partisans de Ouattara, tous des civils, se sont dirigés vers les locaux de la Radiodiffusion-télévision ivoirienne (RTI) pour introniser le nouveau directeur général de cette institution», écrit-il pour déplorer les violences commises par les FDS. Un retour aux dépêches de la presse française montre le caractère fallacieux de cette affirmation. «Combats meurtriers en Côte d’Ivoire», titrait par exemple le site de l’hebdomadaire français L’Express, peu suspect de gbagboïsme. «Entre 12h00 et 13h00, des tirs nourris à l'arme lourde ont été entendus dans plusieurs quartiers d'Abidjan. Près de l'hôtel servant de QG à Ouattara, des membres de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN, dont le chef Guillaume Soro est le Premier ministre de Ouattara) échangeaient en milieu de journée des tirs nourris avec des éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS), loyales à Gbagbo», poursuivait-il. Rappelons que les soldats des Forces nouvelles étaient conviés par Guillaume Soro à aller prendre, les armes à la main, la RTI – comme l’indique une vidéo (ci-dessous) abondamment diffusée. Le «tous des civils» d’Ocampo ne tient donc pas la route. Et il le sait."

Théophile Kouamouo


Cf. aussi "Le document d'Ocampo qui enfonce son ami Ouattara" [Extraits]. L'intégralité de l'article réservée aux abonnés. Entrez dans la communauté. Abonnez-vous.





lundi 28 mai 2012

Un étrange silence


Étrange silence de la "grande presse", qui n'a fait que donner un écho finalement bien mince, qui avait pu faire illusion, à la bombe qui vient d'être lâchée par la défense de Gbagbo auprès de la Cour Pénale internationale.


Silence d'une éloquence d'autant plus remarquable qu'il est épais : le poids du rapport rendu à la CPI est immense... D'où le - maigre - premier écho : la "grande presse" ne pouvait pas faire moins...


Rapport auprès de la CPI : "des jours de bombardements français à Abidjan"



"Récit pathétique des jours de bombardements…
La Défense de Gbagbo met à nu la barbarie de l’Etat français
", titre Le Nouveau Courrier

Voir ici et ici le rapport complet (mis en ligne sur le blog Saper Aude et sur le blog de Frindéthié).

Extraits du rapport auprès de la CPI sélectionnés et commentés par Philippe Brou dans Le Nouveau Courrier du 26/05/12 :

En plus d’être un solide document juridique, la requête en incompétence de la Cour pénale internationale (CPI) déposée par l’équipe de défense du président Laurent Gbagbo est une pièce d’Histoire pour les générations africaines actuelles et futures. En effet, si de nombreux articles de presse ont décrit les conditions effroyables des bombardements franco-onusiens sur la Résidence présidentielle de Cocody, c’est la première fois que de manière très officielle, Gbagbo dit, aidé de la plume de ses avocats, ses vérités sur ces jours de folie. Sur le feu nourri sur un lieu de vie où se trouvaient pourtant – et la France officielle le savait – une vingtaine d’enfants. Sur les bombardements par hélicoptères qui se poursuivent alors que, dès le 8 avril, plus aucune résistance n’est opposée à la furia sarko-onusienne. Sur l’action des Forces spéciales françaises, parties de la Résidence de France, habitée à l’époque par le très cynique ambassadeur Jean-Marc Simon. Sur les survivants qui, dans la Résidence en feu, fuient de pièce en pièce pour avoir la vie sauve. Sur les hommes qui sont tués froidement par les rebelles convoyés par la force Licorne devant les yeux de celui qui est alors, au regard de la Constitution ivoirienne, le président de la République. Extraits poignants.

"A l’issue du second tour des élections présidentielles tenu le 28 novembre 2010, le Conseil constitutionnel proclamait le 3 décembre 2010 Laurent Gbagbo Président de la République de Côte d’Ivoire (Cf. annexe 1) ; il prêtait serment le 4 décembre 2010 (Cf. annexe 2) et a pris ses fonctions de Président de la République.

En janvier 2011, des éléments rebelles armés prenaient le contrôle d’Abobo, un quartier d’Abidjan. A la mi-mars 2011, des colonnes rebelles passaient la ligne de démarcation entre le nord (sous contrôle des forces rebelles depuis le 19 Septembre 2002) et le sud, sous contrôle des Autorités légitimes. L’armée ivoirienne se repliait sans combattre. En quelques jours, les colonnes rebelles appuyées par l’ONUCI et les forces françaises atteignaient Abidjan et entraient dans ses faubourgs le 27 mars 2011.

Le Président Gbagbo se réfugiait à la Résidence Présidentielle, dans le quartier de Cocody, le 25 mars 2011. C’est un homme âgé et déjà fatigué par des mois de crise qui fait face à un siège. Son médecin se trouve à ses côtés et s’assure qu’il prend les médicaments adéquats pour traiter notamment son hypertension. Le Président est rejoint par de nombreux civils désarmés qui s’installent dans les jardins de la Résidence. A noter que, dans les locaux de la Résidence, se trouvent des familles de fonctionnaires et du personnel. Il y a là notamment une vingtaine d’enfants.

Du 1er au 4 avril 2011, la Résidence est l’objet de bombardements par hélicoptères. Les bombardements reprennent de manière plus intense le 8 avril alors que toute résistance officielle a cessé. D’ailleurs les militaires de l’armée ivoirienne n’opposent plus dans le pays aucune résistance.

Le 10 avril 2011 dans la journée, les bombardements de l’artillerie et des hélicoptères redoublent d’intensité. Les habitants de la Résidence comptent de nombreux morts et les blessés sont soignés, dans des conditions très difficiles, dans une infirmerie de fortune organisée à l’intérieur de la Résidence.

La situation s’aggrave alors à la Résidence où vivres et médicaments font défaut ; les blessés ne peuvent être soignés dans des conditions décentes, d’autant que, chaque heure qui passe augmente le nombre de victimes. Les médecins doivent faire face à un afflux ininterrompu de blessés, soit victimes des bombardements, soit victimes des francs-tireurs embusqués aux alentours. Le niveau de fatigue et de stress est considérable pour tous ceux qui vivent ces heures dramatiques.

Dans la nuit du 10 au 11 avril, les bombardements continuent et les survivants tentent de leur échapper en fuyant de pièce en pièce. Au petit matin, l’assaut est donné par les forces spéciales françaises venues de l’Ambassade toute proche, bientôt remplacées par des groupes de rebelles, lesquels sont les premiers à pénétrer dans les ruines de la Résidence. Des hommes sont tués devant le président Gbagbo, d’autres – dont son fils et son médecin – sont battus devant lui. Il est lui-même humilié par les assaillants. Pendant que le Président Gbagbo est emmené à l’hôtel du Golf, quartier général des rebelles, les exécutions de ses partisans faits prisonniers se poursuivent. A l’hôtel du Golf, le Président Gbagbo fait l’objet de menaces et [...]

Lire les extraits sur Le Nouveau Courrier...


dimanche 27 mai 2012

Affaire "La défense de Gbagbo conteste la légitimité de la CPI"

Les éclairages d’Alain Cappeau, conseiller spécial du Président Laurent Gbagbo


Extrait de Ivoirebusiness, 26 mai 2012 - Procès Laurent Gbagbo : sur l’abandon des charges et la non compétence de la CPI :

"Comme suite à l’audience que j’ai eue le 14 avril 2012 avec le Président Laurent GBAGBO, je vous communique ci après mon approche juridico/sémantique qui devrait prévaloir dans la défense des intérêts de celui-ci.

En effet, par nature ayant toujours voulu éviter le silence prudent, tactique, qui ressemble à de la complicité à travers l’évitement de la réalité, je pense qu’il est important d’avoir plusieurs prismes de lecture, dans ce type de procès pour faire émerger toutes les vérités.

En résumé de ce qui va suivre, je dis qu’il ne faudra pas prioritairement chercher à démontrer à tous prix la non culpabilité de Laurent Gbagbo pour ce dont on l’accuse, (bien qu’il faille le faire et garder les pièces sous le coude au cas où !) mais plaider l’abandon pur et simple des charges au seul motif qu’il était, depuis le 4 décembre 2010 le chef d’Etat de plein droit en exercice en Côte d’Ivoire et qu’il était de fait, dans une posture de légitime défense, prévue aux articles 100 et 101, chapitre 2 section 1 du code pénal ivoirien du 31/08/1981, et qu’en conséquence l’action engagée contre lui devant la CPI ne saurait prospérer.

Les exactions dont on accuse Laurent Gbagbo seront donc imputées dans leur totalité à la seule coalisation qui a déclaré la guerre à l’Etat souverain de Côte d’Ivoire.

Je rappelle également que nous allons entrer dans un procès politique, qui ne dit pas son nom.

Un procès politique est difficile à conceptualiser, il se caractérise par des irrégularités, des créations de preuves des immixtions diverses des exécutifs étrangers dans une justice pénale qui se doit d’être apolitique.

On a bien vu récemment, au travers de la lettre du 27 mars 2012 que le procureur Ocampo à adressé à monsieur Soro, le félicitant, entre autre pour sa nomination à la tête de l’assemblée nationale ivoirienne, que la justice pénale internationale n’était pas apolitique.

Le procès politique est l’opposé du procès de droit commun, il se définit, selon Jacques Chiffoleau par «la suspension du droit et du temps».

Avant toutes choses il conviendra de faire démontrer par des experts que nous sommes bien dans un procès politique, en décortiquant les causes qui justifient cette appellation et en énumérant les conséquences factuelles Politico Economiques, résultant de ces causes, constatables en Côte d’Ivoire, qui prouvent que nous avons bien affaire à un procès politique.

Dans un deuxième temps il faudra invoquer la non compétence de la CPI.

La destitution du Chef d’Etat Laurent GBAGBO, pour permettre illégalement des poursuites pénales, est proche de ce qu’on appelle en droit anglo-saxon, « l’impeachment ».

Voyons maintenant comment argumenter ce type de défense.

1/ L’accusation a avancé un postulat qui était de dire que Laurent Gbagbo avait perdu les élections en Côte d’Ivoire et qu’il avait refusé de quitter le pouvoir. De fait toutes les violences et exactions qui en ont suivi ont été de sa responsabilité. Ce postulat, par définition n’a jamais été démontré ! Même pas a posteriori. A grands renforts de médiatisation, de propagande et probablement de compromissions, ce postulat à été transcendé en vérité fondamentale par quelques putschistes et a été fait accepté par une frange belliciste de la communauté internationale, sans qu’aucun fait tangible et vérifiable en droit n’ait attesté cette transposition.

2/ La défense va devoir démonter ce postulat à l’aide d’un raisonnement axiomatique, qui va prouver qu’au vu d’un certain nombre de faits, de textes, de lois et de comportements Laurent Gbagbo n’a pas perdu les élections présidentielles de novembre 2010. Pour ce faire il va falloir prendre en compte et mettre en perspectives les organes suivants :

/ La constitution ivoirienne (entre autre les pouvoirs du chef de l’Etat et les prérogatives inaliénables du Conseil Constitutionnel).
/ La loi portant fonction et attribution de la CEI, du 9 octobre 2001.
/ Le statut de Rome.
/ Le code électoral ivoirien.
/ Le code pénal ivoirien.
/ La charte des Nations Unies.
/ Les résolutions des Nations Unies attribuant pouvoirs ou non en Côte d’Ivoire.


Sur le rejet pur et simple des charges

Vu l’article 2.7 du chapitre I de la charte des Nations Unies sur « Le respect de la souveraineté et de la non ingérence dans les affaires nationales à l’occasion d’élections présidentielles »,
Vu la mission de simple certification du processus électoral de l’ONUCI, portant sur, la paix, l’inclusion, les médias d’Etat, la liste électorale et les résultats,
Vu la résolution N° 1765 du 15 juillet 2007 refusant au représentant du secrétaire général des Nations Unies en Côte d’Ivoire, M. CHOI le rôle de haut représentant pour les élections en Côte d’Ivoire,
Vu qu’il est à priori impossible de dire, à ce jour qui de M Laurent Gbagbo ou de M. Alassane Ouattara, a effectivement gagné les élections dans les urnes,
Vu cependant, les rapports des observateurs internationaux accrédités par la CEI ayant reconnu des faits graves de nature à entacher sérieusement la sincérité et la régularité des votes,
Vu la loi portant fonction et attribution de la CEI, du 9 octobre 2001, comme autorité administrative et non comme juridiction, impliquant qu’il y a dans la chose dite de sa part, non exéquatur,
Vu l’alinéa 2 de l’article 59 du nouveau code électoral ivoirien selon lequel : «3 exemplaires des PV accompagnés des pièces justificatives sont transmises à la CEI, celle-ci procède aux opérations de collecte et à la proclamation des résultats provisoires, dans un délai de 3 jours »,
Vu qu’il est constant de dire que ce qui est provisoire est préalable à une autre chose qui lui sera définitive,
Vu la déclaration du Président de la CEI le 1er décembre 2010 à 23 h 45 sur les ondes de la RTI attestant que l’action de son organe administratif est forclose du fait de l’expiration d’un délai d’exercice de droit,
Vu l’engagement de ce même Président, le même jour et à la même heure de confier dès le lendemain son dossier au Conseil Constitutionnel,
Vu la composition et l’exécutif de la CEI, accréditant la thèse d’une indiscutable partialité, de cette organisation,
Vu la précédente dissolution en février 2010 de cette CEI, aux motifs d’avoir « fait inscrire ou tenté de faire inscrire 429 030 pétitionnaires qui n’y avaient pas droit, d’avoir par ailleurs fait du faux et d’en avoir usé » créant ainsi un préalable dans une juste suspicion en cet organisme,
Vu l’article 60 du code électoral ivoirien ayant permis au candidat Laurent Gbagbo de déposer par voie d’huissier auprès du Conseil Constitutionnel ivoirien légalement tenu et représenté, dans les 3 jours qui ont suivi la clôture du scrutin, des recours dûment argumentés et exposés,
Vu l’article 63 du code électoral ivoirien qui stipule que le résultat définitif des élections est proclamé par le Conseil Constitutionnel après examen des réclamations,
Vu qu’aucune réclamation n’a été déposée par le candidat Ouattara,
Vu l’article 94 de la constitution ivoirienne autorisant le Conseil Constitutionnel à statuer sur les contestations et à proclamer les résultats de l’élection présidentielle,
Vu l’article 98 de la constitution ivoirienne qui stipule que « les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toute autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale »De fait, la manière de statuer « ultra petita »de la part de cette instance supérieure ne pourra jamais être mise en exergue,
Vu la décision sans appel N° CI-2010-EP-34/03-12/CG/SG du 3 décembre 2010 du Conseil Constitutionnel, proclamant M. Laurent Gbagbo vainqueur au 2e tour de l’élection présidentielle,
Vu les articles 88,94 et 98 de la constitution ivoirienne qui exposent qu’il puisse y avoir un lien de subordination, dans un contexte d’urgence, du code électoral par le Conseil Constitutionnel, qui est « l’organe régulateur du fonctionnement des pouvoirs publics » on entérinera la décision du Conseil Constitutionnel d’avoir proclamé Laurent Gbagbo vainqueur des élection plutôt que d’avoir, en fonction de l’article 64 du code électoral ivoirien révisé en 2008, annulé les élections et des les avoir repositionné 45 jours plus tard,
Vu le 4e accord de OUAGADOUGOU d’octobre 2008, titre II article 3 qui prévoyait, sans jamais avoir été implémenté, que les opérations de désarmement devaient être achevées au plus tard 2 mois avant la date des élections,
Vu que cet accord avait été entériné par M. CHOI, le représentant spécial des Nations Unies en Côte d’Ivoire, en personne, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le 21 janvier 2009,
Vu que cet accord n’a jamais été respecté et que les Nations unies, à l’encontre de cet accord ont autorisé le déroulement des élections en Côte d’Ivoire, et vu le contexte sociopolitique dans le pays, il a été plus sage et responsable pour le Conseil Constitutionnel de déclarer le 3 décembre 2010 Laurent Gbagbo vainqueur des élections plutôt que de repositionner de nouvelles élections, au risque, en son temps, d’embraser le pays !
Vu l’investiture de M. Laurent Gbagbo par le Conseil Constitutionnel le samedi 4 décembre 2010,
Et,
Vu l’article 48 de la constitution ivoirienne, on dit que le Président Laurent Gbagbo a défendu la souveraineté et l’intégrité de son pays en répondant dans une posture de légitime défense prévue aux articles 100 et 101, chapitre 2 section 1 du 31 Août 1981, du code pénal ivoirien à une guerre qui lui a été déclarée par une armée de forces coalisées.
Il est donc patent qu’il faille abandonner purement et simplement les charges avancées par l’accusation.


Sur la non compétence de la Cour Pénale Internationale.

Vu la décision N°002/CG/SG du 17 décembre 2003 du Conseil Constitutionnel ivoirien déclarant que « le statut de Rome instituant la cour pénale internationale est non conforme à la constitution ivoirienne du 1er août 2000 », rendant ainsi caduque l’acceptation antérieure en date du 18 mars 2003 de la compétence de la CPI par le gouvernement de Laurent Gbagbo,
Vu la reconnaissance de la CPI, en violation de l’article 98 de la constitution ci-dessus évoqué, le 14 décembre 2010, de l’hôtel du Golf, par le « gouvernement Ouattara » autoproclamé,
Vu l’accord politique d’entraide judiciaire, pris en violation de la décision N° 002/CG/SG susvisée, signé le 29 juin 2011 entre l’exécutif ivoirien et le procureur Ocampo de la CPI, qui ciblait exclusivement la déportation arbitraire du Président Gbagbo à la CPI,
Vu l’article 59 du statut de Rome, traitant des procédures d’arrestation dans l’Etat de détention…conformément aux dispositions du chapitre IX, traitant de coopération internationale et d’assistance judiciaire, en regard de la remise par les autorités ivoiriennes, du Président Laurent Gbagbo à la CPI le 29 novembre 2011.
Vu l’arrêt N°76 du 29 novembre 2011 de la chambre d’accusation de la cour d’appel d’Abidjan ordonnant la remise de Laurent Gbagbo à la CPI, rendue en totale contradiction avec l’article 59 évoqué ci-dessus et de l’article 89 du même statut,

Il appartient donc aujourd’hui au Président Laurent Gbagbo :

/ De contester les conditions dans lesquelles il a été arrêté,
/ De dire que sa détention est, au-delà d’être arbitraire, illégale aux motifs

a) que toutes les reconnaissances et autres accords politiques qui auraient été conclus entre l’Etat ivoirien et la Cour Pénale Internationale, après le 17 décembre 2003, pour permettre l’habilitation de la CPI à extrader et juger tout citoyen ivoirien, seraient nuls et de non effet

b) Qu’en tant que chef d’Etat légalement investi dans ses fonctions par l’organe constitutionnel ivoirien issu de la constitution ivoirienne, Laurent Gbagbo était le garant de l’intégrité et de la souveraineté de la Côte d’Ivoire.


En conclusion

Préparer une défense à décharge par rapport aux charges apportées par l’accusation, mais, trouver une passerelle Juridico-sémantique pour venir plaider en priorité, l’abandon pur et simple des charges,
Mandater un expert en rhétorique, historien, pour démontrer que nous sommes dans un procès politique, et exposer les tenants et aboutissants d’un tel procès,
Plaider le rejet pur et simple des charges,
Contester les conditions d’arrestation et de déportation les 28 et 29 novembre 2011,
Plaider l’illégalité de sa détention,
Et dire qu’à ces titres Laurent Gbagbo bénéficie d’un non lieu pour vice de procédure et qu’à minima :

a) Il retourne en Côte d’Ivoire en recouvrant tous les avantages liés à sa fonction en siégeant au Conseil Constitutionnel ivoirien dont il est membre de droit à vie, en regard de l’article 89 de la constitution ivoirienne,
b) Tous ses sympathisants détenus illégalement ou réfugiés politiques recouvrent leur liberté en étant dédommagés à hauteur de leurs souffrances,
c) Il soit lui-même dédommagé de lourds préjudices, autant moraux que matériels et physiques,
d) Tous ses biens lui soient rendus après avoir été remis en état,
e) Il y ait, dans un laps de temps raisonnable à définir de nouvelles élections présidentielles.


Aparté

Il est à préciser que pendant la crise postélectorale le Président Laurent Gbagbo aura à maintes reprises demandé à ce qu’il y ait un recomptage des voix, alors qu’il n’en n’était pas obligé ! A chacune de ses demandes une fin de non recevoir se fit entendre par M. Ouattara.

A l’évidence ce processus de recomptage est quelques chose de notoirement courant, qui a fait jurisprudence et qui aurait dû être intégré à la fois par le clan Ouattara et par ses conseillers de l’Union Africaine et de la Communauté Internationale.

En effet, cette action de recomptage des voix s’est faite en 2009 en Afghanistan, également en 2009 en Moldavie lors des législatives, en 2000 dans l’Etat de Floride aux USA entre les candidats Bush jr et Al Gore ou encore en novembre 2011 en Haïti lors des présidentielles entre [...]


Lire sur Ivoirebusiness, une contribution d'Alain Cappeau, conseiller spécial du Président Laurent Gbagbo


Rapport auprès de la CPI : Gbagbo torturé quand il était captif du pouvoir Ouattara / Soro



Gbagbo a été torturé, selon le rapport d’un expert de la CPI
Ces mauvais traitements qui invalident la procédure…


Voir ici et ici le rapport complet (mis en ligne sur le blog Saper Aude et sur le blog de Frindéthié).

Extraits du rapport sélectionnés et commentés par Benjamin Silué dans Le Nouveau Courrier du 26/05/12 :

La Défense du plus célèbre prisonnier politique d’Afrique persiste et signe, en se fondant sur le rapport d’un expert accrédité à la CPI, dont le sérieux ne saurait donc être mis en cause, datant du 31 mars 2012. Laurent Gbagbo a été soumis à des mauvais traitements assimilables à des tortures à l’hôtel du Golf et à Korhogo. Au-delà du choc moral et des éventuelles conséquences judiciaires pour le camp des tortionnaires – ce type de crimes étant du ressort de cette juridiction –, les conséquences juridiques sont impitoyables. Et devraient conduire à l’annulation d’une procédure viciée par ces violations des droits de l’homme. Extraits.

"Le 13 avril 2011, après accord des responsables français et onusiens, le Président Gbagbo est transféré dans le nord du pays, à Korhogo. Il y sera gardé par un chef militaire rebelle, le commandant Martin Kouakou Fofié. Ce dernier fait l’objet de sanctions du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour violations des Droits de l’Homme et notamment des arrestations arbitraires et des exécutions extrajudiciaires, des sévices sexuels sur les femmes, l’imposition de travail forcé et le recrutement d’enfants soldats.

L’arrestation brutale du Président Gbagbo, sa détention à l’hôtel du Golf et son transfert à Korhogo sont illégaux: aucune procédure n’a été ouverte le concernant, aucun mandat d’arrêt n’a été émis, aucune charge n’a été portée contre lui par un juge ou une quelconque autorité.

C’est un homme traumatisé et fatigué qui est enfermé dans une maison appartenant à l’un des proches de Guillaume Soro. Il n’en sortira plus qu’à quelques reprises pendant huit mois. Ses geôliers maintiendront d’abord la fiction que le Président Gbagbo est détenu à la Résidence Présidentielle de Korhogo où il ne sera transféré que pour quelques heures afin de rencontrer l’ancien Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan, Desmond Tutu et Mary Robinson en mai 2011 (ces visiteurs illustres prétendront que les conditions de détention du Président étaient bonnes) et le Représentant Spécial pour la Côte d’Ivoire du Secrétaire Général des Nations Unies, Young Jin Choi, qui lui non plus ne trouvera rien à redire aux conditions de détention du Président Gbagbo. En réalité, à peine les visiteurs partis, le Président était raccompagné dans son lieu de détention, sous la garde des hommes du commandant Fofié. (…)

Au cours de cette détention arbitraire, le Président Gbagbo fut victime quotidiennement de mauvais traitements et d’actes de torture.

Enfermé dans une chambre de trois mètres sur trois, sans pouvoir faire le moindre exercice, sans pouvoir même marcher à l’extérieur de la maison, peu nourri et surtout ne disposant pas des médicaments nécessaires au traitement de ses pathologies, le Président Gbagbo s’affaiblit rapidement (Cf. annexes 6 et 7). Au bout de quelques semaines, il est méconnaissable et ne peut plus se déplacer sans aide. Malgré les demandes de son médecin, ces geôliers refusent de le soigner de manière décente et même de le faire examiner dans un environnement hospitalier.

A ce régime, ayant pour objectif de l’épuiser physiquement et moralement, s’ajoutent les pressions psychologiques : pendant les huit mois de sa détention, il lui est interdit de communiquer avec les membres de sa famille et avec ses Avocats, lesquels ne peuvent lui rendre visite qu’à de très rares reprises et après avoir surmonté de très grandes difficultés (Cf. Infra 2.1.2).

L’état de santé du Président se dégrade à tel point que, d’après les quelques rares visiteurs et d’après son médecin – lui aussi enfermé de manière arbitraire – la situation devient, à partir du mois d’octobre 2011, critique.


Les phrases du médecin expert qui accusent Ouattara

Le médecin expert, mandaté par la défense peu de temps après l’arrivée du Président Gbagbo à La Haye, précise dans son rapport du 31 mars 2012 que les conditions de détention du Président Gbagbo «doivent être considérées comme une forme de mauvais traitement aussi sérieux que des abus physiques et la torture». Il précise : «l’isolement est habituellement utilisé pour casser les prisonniers».(Cf. annexe 8). Il ajoute que l’état de santé préoccupant du Président Gbagbo résulte d’un traitement de ce qui «doit être regardé comme des mauvais traitements et même comme de la torture». Le mauvais état de santé actuel du Président Gbagbo résulte d’après lui de ces tortures et révèle typiquement un «syndrome de l’hospitalisation». Il précise : «Les problèmes médicaux actuels du Président Gbagbo proviennent [...]

Lire l’extrait sur Le Nouveau Courrier...


CPI-Gbagbo : au coeur d’un tournant décisif



Par Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier du 26/05/12 :

79 pages riches et précises. La requête en incompétence de la Cour pénale internationale (CPI) rédigée et déposée par l’équipe de défense du président Laurent Gbagbo – Maître Emmanuel Altit, Maître Agathe Bahi Baroan, Maître Natacha Fauveau-Ivanovic –, malgré son caractère technique quelquefois ardu, se lit passionnément. Le sujet, bien entendu, est en lui-même d’un intérêt capital, pour les Ivoiriens et pour tous les Africains. On ne saurait le traiter par-dessus la jambe, en se contentant du prisme souvent déformant des agences de presse occidentales.

Pour cette raison, et malgré le temps très court qui nous était imparti, nous avons voulu, au Nouveau Courrier, partager avec vous de très larges extraits de ce texte. Pour rendre cette lecture essentielle plus agréable, nous avons fait le choix éditorial de rassembler les extraits les plus significatifs dans des articles séparés, précédés d’un commentaire et encadrés par une titraille qui guide la lecture et permet de comprendre plus vite un certain nombre de concepts qui peuvent se noyer dans un langage juridique volontiers ésotérique. Vous avez dans les mains le résultat de notre travail. Il aurait pu être meilleur, et nous travaillerons, lors du procès qui vient, à en expliciter les moindres enjeux de la manière la plus professionnelle. A la mesure de vos attentes.

Que retenir de la démarche des avocats du président Gbagbo ? Premièrement, elle est surprenante. Alors que l’opinion était focalisée sur la procédure de demande de liberté provisoire sur laquelle quelques informations étaient disponibles, la Défense se lance dans une vaste contre-attaque qui déroutera sans doute le Procureur, la Cour et bien entendu le régime d’Abidjan.


Collusions Ocampo-Ouattara et pratique de la torture

Plus question d’être dans une position attentiste ! En lisant ce texte, on se rend bien compte que Laurent Gbagbo ne va pas à son procès comme un mouton à l’abattoir. La meilleure défense, c’est l’attaque ! Il attaque donc. Dans une position passive durant de nombreux mois, ses avocats capitalisent désormais les nombreuses erreurs d’une accusation compromise dans ses «liaisons dangereuses» avec le régime autoritaire d’Abidjan, ce dernier ne pouvant plus compter sur la protection inconditionnelle de la France officielle.

Le camp Gbagbo met en lumière un certain nombre de faits gênants pour ses adversaires. Il décrit les différentes formes de collusion entre l’une des parties ivoiriennes (le camp Ouattara) et l’Accusation, ce qui jette une suspicion légitime sur cette dernière. Il montre que ceux qui se présentent comme le camp du Bien – la France, les Nations unies, la CPI, le régime Ouattara – se sont signalés par des violations du droit international, du droit national ivoirien, du droit international humanitaire, du statut de Rome, etc… Des violations si nombreuses et si diverses qu’on ne peut que se dire que ceux qui les ont perpétrées étaient persuadés de leur impunité.

Le récit détaillé des mauvais traitements infligés à Gbagbo, et le fait même que ces mauvais traitements soient certifiés par un médecin expert de la CPI, qui les considère comme assimilables à de la torture, place de fait le régime Ouattara, au plus haut niveau – qui peut imaginer que l’actuel maître d’Abidjan ignorait ce que ses hommes faisaient de Gbagbo ? – sur le banc des accusés. En effet, la Cour pénale internationale est très clairement compétente pour juger les actes qui relèvent de la torture. Si, en dépit de l’argumentaire juridique des avocats de Gbagbo, elle considère qu’elle a compétence pour juger les événements survenus en Côte d’Ivoire dans le cadre fixé, comment le Procureur pourra-t-il empêcher la mise en cause de Ouattara lui-même sans se discréditer durablement, alors qu’un médecin-expert «validé» par l’institution affirme que le régime d’Abidjan a torturé celui qu’il considère comme un ancien chef de l’Etat ? S’il en est ainsi du bois vert, qu’en sera-t-il du bois sec ? Si Gbagbo est soumis à de telles choses, on imagine ce que vivent, dans l’indifférence internationale, les militaires embastillés par Fofié ou les jeunes qui sont arrêtés quotidiennement à Abidjan dans un climat de rafle généralisée ?


En filigrane, le choix d'une stratégie

La stratégie du président Gbagbo apparaît d’ores et déjà. De son statut d’accusé, il a bien l’intention de passer au statut symbolique d’accusateur, décidé à démontrer au monde entier le double langage meurtrier de la «communauté internationale», en réalité de l’Occident conquérant. Il a bien l’intention d’ouvrir les yeux des Africains sur les mécanismes internationaux subtils tendant à criminaliser ceux qui tentent, même de manière imparfaite, de porter leurs voix et leurs aspirations à un monde plus équitable.

Les avocats de Gbagbo remettent-ils en cause la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) parce qu’ils «paniquent» à la vue des «preuves» d’Ocampo ? En réalité, ils ont plutôt économisé leurs «munitions» dans le cadre d’une bataille qui s’avère longue. Et ils jouent en contre. Le 18 mai dernier, l’Accusation a abattu ses cartes principales en produisant ses preuves supposées. Elle ne peut plus rajuster sa stratégie de manière fondamentale. La Défense peut donc, sans grand risque, sortir une partie de son jeu et de son plan de bataille. Le faire avant que l’Accusation montre toutes ses cartes était fondamentalement risqué. Aujourd’hui, les choses sont différentes. Il est question de prendre l’ascendant psychologique et juridique dans la période qui nous sépare du 18 juin. Et de faire bien comprendre à l’adversaire qu’il sera mis en cause – et de la manière la plus juridiquement charpentée possible – dans sa personnalité, dans ses pratiques scandaleuses, dans ses intentions. Dans un échange téléphonique rapide avec Le Nouveau Courrier, Maître Emmanuel Altit a dévoilé son état d’esprit. Sa requête est «sérieuse», «juridiquement fondée». «Nous avons de bonnes chances de gagner ce débat. Nous considérons que la CPI n’est pas compétente sur cette affaire. A elle de démontrer le contraire», nous a-t-il confié. [...]

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samedi 26 mai 2012

La requête accablante des avocats de Gbagbo


Le Nouveau Courrier n° 524 : Dossier sur la récusation de la compétence de la CPI.

La une :


Ouattara bientôt lâché ?



Hypothèse : Paris (/ Washington ?) serait-il en passe de lâcher Ouattara ?... Sinon pourquoi peut-on lire ça dans la "grande presse" : Gbagbo torturé, un dossier d'accusation éventuellement vide, des manifestations de soutien à Gbagbo à La Haye - des manifestations que tout le monde pouvait connaître, mais quand c'est (enfin) répercuté par Le Monde !... :

"La défense de Laurent Gbagbo conteste la compétence de la CPI"

Extrait de Le Monde.fr | 25.05.2012 :

"La défense de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, soupçonné [sic] par la Cour pénale internationale (CPI) [d'être "coauteur indirect" - sic] de crimes contre l'humanité conteste la compétence de la CPI pour le juger. Ses défenseurs demandent à la chambre de "déclarer que la CPI n'est pas compétente pour la période et les faits visés dans le mandat d'arrêt délivré à l'encontre de Laurent Gbagbo le 23 novembre 2011", écrit Emmanuel Altit, l'avocat français de M. Gbagbo, dans un document officiel déposé jeudi et rendu public vendredi 25 mai 2012.

TORTURES ET AUTRES TRAITEMENTS INHUMAINS

M. Altit estime que l'ex-chef d'Etat a subi une violation de ses droits et des "tortures et autres traitements inhumains et dégradants" lors de ses huit mois de détention dans le nord de la Côte d'Ivoire avant son transfèrement à La Haye, le 30 novembre. Selon l'avocat, ces violations, "qui ont eu des conséquences graves sur son état physique et mental", sont contraires à l'article 55 du Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, qui indique les droits des personnes dans le cadre d'une enquête.

Il demande donc à la chambre de "constater que ces violations sont de nature à rendre la tenue d'un procès équitable impossible", selon la même source. La Côte d'Ivoire a signé mais pas ratifié le Statut de Rome, rappelle M. Altit. Les documents sur lesquels se base le procureur pour établir sa compétence et son mandat d'arrêt, dont une lettre du président Alassane Ouattara, sont dénués "de toute valeur juridique", souligne l'avocat.

PROCHAINE AUDIENCE LE 18 JUIN

L'audience de confirmation des charges, qui doit permettre aux juges de déterminer si les preuves rassemblées par l'accusation sont suffisamment solides pour la tenue d'un procès, doit débuter le 18 juin. Des manifestations de soutien sont régulièrement organisées devant le centre de détention de la CPI à Scheveningen, dans la banlieue de La Haye où est écroué l'ancien président ivoirien. [...]

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La passation : Charybde et Scylla


On sait que "dans la mythologie grecque, Charybde et Scylla sont deux monstres marins qui ont donné leur nom respectivement à deux dangers maritimes, situés entre l’Italie et la Sicile: le tourbillon du détroit de Messine et un récif très dangereux du même détroit. Ainsi lorsque l’on évite Charybde et sa tourmente on tombe immanquablement sur Scylla et son dangereux écueil. D’où l’utilisation de l’expression “tomber de Charybde en Scylla” pour dire que l’on évite un danger pour en affronter un pire encore."


La Françafrique était devenue monstrueuse, figure de Charybde, avec ses pouvoirs locaux invariablement défendus par Paris, de Habyarimana à Bédié en passant par les deux Congo, entre Sassou et Mobutu, la Tunisie de Ben Ali et les dynasties togolaise ou gabonaise...

La Françafrique déboucherait, dans son conflit avec son... "alliée" Washington, sur le soutien au Rwanda du génocide contre le Rwanda de Washington, figure de Kagamé lové et derrière le génocide de ceux de son "ethnie", et derrière les massacres régionaux bien plus importants en nombre depuis quinze ans que ceux causés par le génocide des Tutsis ! Histoire d'une passation, de Paris à Washington...

En Côte d'Ivoire aussi, la passation aurait lieu, de Bédié soutenu par la Françafrique et sa figure chiraquienne / alliot-marienne, à Ouattara soutenu politiquement, diplomatiquement, médiatiquement, militairement par le washingtonien / otanien / FMIste Sarkozy. Les protestations de Probst et Evanno, grands anciens françafricains, n'y changeraient rien.

Des signes de la mutation de la Françafrique sont apparus ailleurs, comme dans le lâchage d'Alliot-Marie avec Ben Ali en plein désert tunisien au profit des salafistes washingtoniens / FMIstes / otaniens ralliés par Sarkozy bombardant bientôt la Libye au profit de leur CNT.

La Françafrique de Bédié / Ben Ali / Habyarimana fait figure d'amateur avec ses airs de Charybde face à la Scylla qui l'a déjà engloutie.

En ce sens, oui, la Françafrique serait bien morte, comme nous l'annoncent tous les élus élyséens depuis des décennies - cette fois elle ne reviendrait pas. L'acte de décès serait donc cette fois authentique ; la passation ayant eu lieu : le Fcfa est toujours là, mais soumis lui aussi.

Reste à savoir - on le saura sans doute assez vite - où se situera le nouveau pouvoir français : rangé derrière Washington ? Ou enfin décidé à ne plus insulter l'avenir : devenir enfin solidaire de l'indépendance en train de creuser son chemin, actuellement sous la figure de Gbagbo. Le PS aurait pourtant matière à en être partie prenante : il compte encore en son sein suffisamment d'ancrages de solidarité, malgré les FMIstes hélas bien présents aussi...


vendredi 25 mai 2012

mardi 22 mai 2012

Clarifications à la suite de l’entretien d’Alassane Ouattara sur RFI


Suite à la défaite de son soutien Sarkozy, A. Ouattara s'est adressé ce 20 mai aux Français, à leurs médias et à leur nouveau pouvoir via la radio française RFI. Tentative désespérée de rattrapage aux branches... Bernard Houdin, porte parole du Président Gbagbo pour l'Europe et l'Amérique, exerce le droit de réponse...


Communiqué du Porte-parole du Président Laurent Gbagbo

Objet : Clarifications à la suite de l’entretien d’Alassane Ouattara sur RFI le 20/05/2012


Ce dimanche 20 mai 2012, interrogé sur RFI par Mr Alain Foka, Monsieur Alassane Ouattara s’est livré à un exercice pernicieux et mensonger, en falsifiant délibérément l’Histoire récente de la Côte d’ivoire, en particulier sur les deux points suivants :

1/ Il a affirmé que l’aide reçue de la France, après son installation dans les conditions que l’on sait, avait principalement servi à payer les arriérés des fonctionnaires, arriérés accumulés par le gouvernement du président Laurent Gbagbo pendant la crise post-électorale. C’est une assertion mensongère, que des milliers de fonctionnaires payés en temps et en heure pendant cette période pourront confirmer. A cet égard il faut aussi rappeler que les salaires d’avril 2012 étaient déjà positionnés quand les « forces républicaines » de Monsieur Ouattara sont arrivées sur Abidjan.

En énonçant une telle contrevérité Monsieur Ouattara essaye plutôt de masquer sa propre turpitude en tentant de justifier auprès de son bailleur de fonds, la France, l’utilisation des fonds d’urgence reçus à la suite de son installation au pouvoir. Il semble craindre, à juste titre, un audit, par les nouvelles autorités françaises de l’usage de ces fonds surtout que le gouvernement sortant aurait déjà engagé une mission de contrôle au niveau du cabinet du Premier Ministre, François Fillon.

2/ Monsieur Ouattara s’est dit satisfait d’avoir fait transférer le président Gbagbo à la CPI, au motif qu’en tant que « Chef des Armées » il était « responsable de plus de 3000 morts » pendant la crise post-électorale. Cette affirmation est fausse et va se retourner contre lui.

Pendant la crise post-électorale le président Gbagbo, constitutionnellement déclaré élu, a du défendre la souveraineté de la Côte d’Ivoire tout en ne cessant pas d’appeler à la raison pour régler pacifiquement ce qui n’aurait jamais du être autre chose qu’un contentieux électoral.

Dans le même temps, Monsieur Ouattara, avec l’aide de puissances étrangères et au mépris des lois internationales (embargo sur les armes, par exemple), a levé une véritable armée privée, dont il a dit prendre la tête le 17 mars 2011, par « ordonnance présidentielle » depuis l’Hôtel du Golf à Abidjan. C’est cette armée qui a commis les pires exactions, en particulier dans l’Ouest du pays où fut perpétré le massacre de Douékoué (plus de 1000 personnes assassinées en une seule journée). De même il est de notoriété publique aujourd’hui, de l’aveu même des rebelles, que Monsieur Ouattara était l’auteur principal de la tentative de Coup d’Etat du 19 septembre 2002 qui s’est transformée en rébellion armée. Cette rébellion est à l’origine de la situation actuelle en Côte d’Ivoire et porte la responsabilité de milliers de morts, blessés et disparus, de 2002 à aujourd’hui.

Dans ces conditions la véritable place de Monsieur Ouattara est à la CPI, en lieu et place du président Laurent Gbagbo. Plus d’un an après la rupture de l’Ordre Constitutionnel en Côte d’Ivoire par des forces étrangères, le pays est toujours dans l’instabilité politique, économique et sociale et le « régime » de Monsieur Ouattara montre ses vrais limites.

Les Droits de l’Homme sont quotidiennement bafoués, les libertés publiques menacées et les dirigeants actuels ne montrent aucun signe de bonne volonté pour amener le pays dans la voie de l’apaisement et du dialogue.
C’est tout le combat politique du président Gbagbo qui lutte depuis des décennies pour que la Côte d’Ivoire se développe dans le respect de l’ordre démocratique sans lequel aucune société ne peut prosperer.
Aujourd’hui la Côte d’Ivoire et l’Afrique ont besoin, plus que jamais, de la sagesse du président Gbagbo. C’est ce que les autorités des « grandes puissances » doivent rapidement reconnaitre.

Bernard Houdin
Representant du Porte-parole du président Gbagbo
Europe/Amérique
Sur Cameroonvoice


lundi 21 mai 2012

Rafles, enlèvements, censure, le quotidien d'une Côte d'Ivoire appauvrie...



Messieurs les censeurs, vous perdez votre temps ! (Par Théophile Kouamouo)

Extrait du Nouveau Courrier du 21/05/12 :


Et si, en Côte d’Ivoire, l’absurdité avait posé ses valises à Cocody Deux-Plateaux 1ère tranche, plus précisément au siège du Conseil national de la presse (CNP) ? Les patrons de cette institution, qui sert objectivement de police de la pensée au régime Ouattara, ont encore frappé. Ils ont suspendu le quotidien Notre Voie pour quatre parutions. Pour avoir publié une photo de Laurent Gbagbo légendée ainsi : «Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d’Ivoire renversé par la coalition Onu-France.» Le crime de Notre Voie ? Avoir contrevenu à l’histoire officielle que tente d’imposer le régime Ouattara. Une histoire officielle pourtant contredite y compris par les médias hexagonaux qui ont, plus d’une décennie durant, sculpté la légende de l’actuel maître d’Abidjan. «La France sort Gbagbo», écrivait ainsi Libération le 12 avril 2011. «La France frappe au cœur du dispositif Gbagbo», titrait pour sa part Le Monde quelques heures avant le dénouement. En Côte d’Ivoire, il est facile de savoir quel camp pratique le révisionnisme le plus insensé.

Bien entendu, il ne faut pas être naïf. L’enjeu des pratiques répressives du CNP est la querelle de légitimité électorale qui déchire la société ivoirienne depuis l’après-28 novembre 2010. Il est question d’obliger, de manière fondamentalement brutale, tout le corps social à affirmer qu’Alassane Ouattara est parvenu au pouvoir au terme d’un scrutin «libre, ouvert et transparent», et rien d’autre. Mais cette méthode est-elle efficace ? S’il est vrai qu’on peut faire taire les dissidents, peut-on les empêcher de penser ? Ne serait-il pas plus conforme à l’exigence de réconciliation de rechercher, sur la base des documents qui existent encore, une vérité historique nationale indépendante des intérêts politiques immédiats des uns et des autres ?


Et si nous imitions les Américains ?

Un aîné dans le métier et dans la vie, pour qui j’ai énormément de respect même si nous sommes en désaccord sur la querelle électorale ivoirienne, m’écrivait récemment : «Dimanche soir, j'ai passé deux heures au téléphone, avec une amie nigérienne qui essayait de me convaincre, pour la millième fois, que c'est Laurent Gbagbo qui a remporté la présidentielle. Je suis convaincu du contraire. (…) Ne parvenant pas à tomber d'accord (avec mon amie) sur qui a réellement remporté cette présidentielle ivoirienne, j'ai, une fois encore, émis le vœu de voir un jour une presse indépendante et les organisations de la société civile demander, comme elles en ont le droit, à recompter, sous contrôle d'huissiers, et d'observateurs neutres, pourquoi pas, la compilation des procès-verbaux, à partir de deux sources différentes, au moins. Cela s'est fait en Floride, en l'an 2000, bien après l'investiture de G.W. Bush. Et tant que cela ne se fera pas en Côte d'Ivoire, les deux parties continueront à revendiquer la victoire. Et l’une d’entre elles continuera à s'estimer lésée. Et il n'y aura pas de réconciliation, si la vérité électorale n'est pas, un jour, définitivement établie. Bref, cette histoire n'est pas finie». Ces propos ne sont-ils pas frappés au coin du bon sens ? Pour l’instant, un des deux camps continue à demander, comme il l’a toujours fait, le recomptage des voix : c’est celui de Laurent Gbagbo. A priori, pourtant, une telle opération, si elle démontrait que Ouattara avait gagné sans frauder à la dernière présidentielle, serait un formidable coup politique et de com’ au profit de son pouvoir. Pourquoi se montre-t-il réticent ? En Côte d’Ivoire, il y a des indices qui montrent quel camp a peur de la vérité.


La révolution numérique rend impossible le contrôle de la circulation des idées

Non seulement les «verrouilleurs idéologiques» du clan au pouvoir ne peuvent pas empêcher la moitié des Ivoiriens de penser comme elle pense, mais ils peuvent difficilement empêcher la diffusion des idées et des propos qui leur déplaisent. Ils se trompent de siècle ! En interdisant la diffusion papier de «Notre Voie», ils enlèvent objectivement le pain de la bouche de ses promoteurs. Mais ils savent très bien que la révolution numérique condamne leur entreprise de censure à la vanité. En 2010, 2,6% de la population ivoirienne avait accès à Internet, c’est-à-dire 400 000 personnes. C’est encore peu, mais c’est bien plus que le nombre de personnes qui achètent un quotidien (100 000 exemplaires écoulés chaque jour). Et les progrès de la connectivité par le téléphone mobile, notamment à travers la 3 G, vont multiplier le nombre des «connectés» par cinq au moins en moins de deux ans. A moins de vouloir arriver aux extrémités symbolisées par les pratiques de pays comme la Birmanie et la Corée du Nord – en ont-ils seulement les moyens techniques ? –, les hommes qui nous dirigent doivent bien se rendre compte qu’ils ont, déjà, perdu la bataille du contrôle de la circulation des idées. Ils devraient donc se concentrer sur la bataille du sens. Mais à voir leur nervosité face à l’existence de voix discordantes [...]

Lire l'article sur Le Nouveau Courrier...


dimanche 20 mai 2012

"Dans un silence de cimetière"



"Voilà le démocrate de Sarko Obama Cameron ban ki moon et de toute la communauté internationale !!! Depuis plus d un an le peuple ivoirien vit sous une dictature féroce mais comme ce dictateur à été avalise par la fameuse communauté internationale, aucun cri, aucune gesticulation car on tue et on assassine des pro Gbagbo et donc des sous hommes par définition !!! Le sous préfet français Alassane Ouattara massacre le peuple ivoirien dans un silence de cimetière !!! Pas une protestation des fameuses ONG qui ont taxé Gbagbo de tous les anathèmes !! Aujourd hui par la volonté de la bande à Sarko, les ivoiriens continuent de souffrir et toujours souffrir !! Mais cela n intéresse plus les démocrates auto proclames !! Seuls les intéressent les richesses de ce pays qu il faut piller avant la révolte des vrais fils du pays !! Patience cela ne saurait tarder et Sarko n est plus la pour défendre l apatride Alassane et sa bande de prédateurs !!"

Commentaire laissé par "Fils du pays" sur un blog qui en son temps a contribué par ses clameurs à la mise en place de la dictature actuelle. Un bon résumé de la situation...


samedi 19 mai 2012

Cabale, mensonges et violences pour récupérer la direction du village au profit du RDR



Par Shlomit Abel :

Détenu depuis 4 Jours par des éléments FRCI, M. N'guessan Assi Richard, militant du FPI vient d'être relâché de bonne heure ce matin. À l’heure actuelle, Il vient de regagner son village Bécédi Brignan.

A la suite d’une dénonciation calomnieuse, accusé de détenir des armes à feu, et surtout d’entraîner une milice pro Gbagbo dont il serait le chef, M. N'guessan Assi Richard a été arrêté par des éléments des FRCI d’Adzopé.

Après investigation, il semblerait que cette cabale honteuse aurait été orchestrée par des individus qui avaient intérêt à salir des membres LMP du village et sympathisants FPI, afin de pouvoir imposer une nouvelle direction RDR du village de Bécédi Brignan.

D’après nos informations, cette cabale, qui avait peu de chances de réussir, sans cette mise en scène scabreuse, a été orchestrée par trois individus, un ancien chef du village, M. Ndia N'chobi Baudryard, devenu aujourd’hui RDR, Kouao Adou, alias John Kounor, un homme au casier judiciaire chargé, allant des petits aux plus grands délits, et un ressortissant guinéen, RDR également, surnommé Sidy, parce que son père s’appelle Diallo.

Leur objectif était d’arriver à évincer la direction politique actuelle du village et d’imposer une direction RDR, pour mieux le contrôler.

Sachant que par la voie légale ils ne seraient pas arrivés à leurs fins, ils ont préféré monter une fausse affaire, allant jusqu’à faire jeter en prison un innocent et même chercher d’autres personnes suspectées de « connivence » avec l’accusé, pour atteindre leur seul objectif : récupérer les rênes du village au profit du Rdr

Mais la machination a été déjouée finalement, et ce matin, l’accusé, M. N'guessan Assi Richard, militant du FPI, après une incarcération de 4 jours, et certainement de mauvais traitements, vient d’être relâché.

Il nous a semblé important de dénoncer cette cabale, car nous sommes officiellement dans l’opposition parce que l’on nous a imposé un président Rdr et un gouvernement par la force, mais à l’échelle du village, nous voulons continuer de défendre les valeurs vraies, celles du courage, du mérite, de l’intégrité pour que nos enfants puissent nous suivre et non ressembler à cette morale de coupeurs de route, et d’escrocs qui prend le dessus, qui impose la loi du plus fort, troquant la vérité pour le mensonge, la terreur d’un groupe remplaçant le vivre ensemble auquel nous étions habitués.

dernière information qui vient de nous parvenir, M. N'guessan Assi Richard, militant FPI qui a été libéré, est parti à Abidjan pour des soins, car il a reçu des coups de crosse de fusils !


Côte d’Ivoire : De la guérilla médiatique à la guerre médiatique asymétrique ! (2)



Chronique spéciale de Hassane Magued. N°Spécial/05/12 [Deuxième Partie] - 18 mai 2012 :

[…] Cela dit, à la vérité, nous communiquons aujourd’hui, à la fois pour avant-hier, hier et pour l’avenir. Car si tu n’as pas labouré ton champ à la bonne saison, il s’impose à toi de le labourer une bonne fois pour toute, c’est-à-dire, pour hier, avant-hier et pour l’avenir.

Or, les mauvaises herbes ont poussé d’une manière exagérée. Des herbes venues d’autres cieux, convoyées par les mauvais vents. Elles se sont rajoutées à celles que nous connaissions et qui n’étaient pas des moins nuisibles.

C’est pourquoi notre labeur sera si difficile, que notre détermination devra ne pas être un effet de mode, comme si nous voulions participer à un festival encadré dans le temps, pour se trémousser au rythme des cœurs effrayés. Car un jour, certains de ces cœurs cesseront de battre pour la République, et alors, il s’imposera aux snobs de s’arrêter et d’abandonner, pour servir le monstre puant de l’allégeance, de l’abdication, de l’abandon, de la résignation.

A compter de cet instant, ce moment de grande confusion que je ne souhaite pas voir arriver ou perdurer, la vraie fibre patriotique fera connaître ses traits les plus fins qui fondent toute sa noblesse et sur la multitude appelée, seule une petite poignée portera le flambeau du combat historique.

Et pourtant nous avons déjà fait du chemin et si personne ne s’arrête en si bon chemin, nous auront tous à recevoir la palme de la victoire que nous porterons fiers, dignes et nobles, face à l’ennemi vaincu, la tête enfoncée dans la boue pour ne plus jamais en ressortir.

Mais pour l’heure, nous sommes tous bien en place, chacun à son humble niveau, avec des amis, des frères, des alliés panafricains en train de porter des coups extrêmement décisifs et cela nous donne des raisons d’espérer en l’Afrique de demain.

C’est pourquoi la guérilla médiatique qui est née de notre droit à une légitime défense doit être le creusé de l’expression de la révolte collective; une révolte d’abord abidjanaise, puis ensuite tripolitaine et demain, équatorienne; ayant déjà été de Bamako, lorsque les frères Maliens auront compris la supercherie, elle pourra poursuivre son chemin vers d’autres horizons pour finir à Libreville, dernière étape spirituelle de ce combat de libération panafricain.

Oui. Je suis un guérillero de la communication. Tu es un guérillero de la communication. Nous le sommes, tous, des guerriers de la communication ayant choisi le chemin de la résistance patriotique et révolutionnaire en combattant le mensonge par la Vérité.

C’est pourquoi nous alignons victoire sur victoire. Car la vérité résiste à tout. Elle ne cesse d’être et de résister à tout que lorsqu’on ne la dit pas ou qu’on ne la dit pas assez.

Mais elle est dite, chaque jour et si bien dite, que la Vérité a fini par ôter le manteau du mensonge dont ils se sont couvert pour organiser la razzia de la Côte d’Ivoire de mars 2011 à avril 2011 avant de passer à une phase plus méchante, la déconstruction des institutions, des valeurs et de l’image de la Côte d’Ivoire.

C’est donc sur ces questions triviales que la guérilla médiatique doit trouver son terrain de prédilection. Et elle y est. Déjà plus forte et extrêmement redoutable.

Notre guérilla médiatique doit éviter d’évoluer dans le même registre que l’effort de communication qui a précédé l’agression armée de 2011. A cette époque, quoiqu’efficace, la communication est restée défensive tout comme le combat armé qui s’en est suivi.

Le résultat de ce type de combat, nous le connaissons aujourd’hui. C’est pourquoi la guérilla médiatique que nous avons lancée depuis le 11 avril 2011, doit avoir pour tactique première l’attaque préventive. En second lieu, elle doit exceller dans la contre-offensive. Et au final, elle doit être meilleure dans la déconstruction et le reformatage des esprits.

C’est en effet à cette dynamique du combat permanent, qui forge la mentalité du guerrier et prépare les chemins de la Révolution sociale, culturelle, politique, économique et diplomatique, que nous sommes appelés.

Parce qu’il s’agit d’une guérilla, point n’est besoin de passer à un commandement intégré et une ligne unidirectionnelle. La guérilla se nourrit d’initiatives isolées, d’opérations secrètes à l’efficacité inimaginable et elle fonctionne avec des petits noyaux essaimés sur tous les fronts pour collecter l’information de première main, la diffuser, la traiter, la rediffuser et ensuite donner la matière première pour un recyclage idéologique au niveau des cellules les mieux outillées pour ce genre de missions.

Quand bien même ce qui fait l’essence de la guérilla médiatique doit être conservé, à savoir le maintien en situation de veille permanente des petites unités de communication pour mener des attaques préventives, des contre-offensives et des actions de déconstruction du mensonge ainsi que de reformatage des esprits pour rebâtir l’Unité nationale fissurée par les aventuriers de la mort, elle doit avoir la même finalité pour […]

Suite ici :
Hassane Magued
La Révolution Permanente N°Spécial/05/12
Infodabidjan.net



vendredi 18 mai 2012

Nouveau gouvernement français. Laurent Fabius, un Françafricain au Quai d’Orsay ?



Par Philippe Brou. Extrait du Nouveau Courrier n°517 / 18.05.12 :

Paroles en l’air ? Le nouveau ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé jeudi dernier que la France voulait une relation "d'égal à égal" avec l'Afrique. Une promesse qui suit l'engagement du président François Hollande de rompre définitivement avec la "Françafrique". "Nous allons traiter avec nos amis africains d'une façon transparente en ayant le souci d'un partenariat dans le développement", a ajouté Laurent Fabius.

Une chose est sûre : pour l’instant, Laurent Fabius est plutôt considéré comme un «dignitaire» de la fameuse Françafrique. «La lignée des annonces de rupture avec la Françafrique se divise jusqu’ici en deux ensembles : celui des responsabilités politiques écourtées et celui des promesses éphémères. Souhaitant que cette étrange "malédiction" cesse enfin, l’association Survie se montrera particulièrement attentive aux premiers gestes de François Hollande et aux premières mesures de son gouvernement. (…) Quelle position sur les visites officielles de dictateurs et la validation des simulacres électoraux, et plus largement quelles relations diplomatiques vis-à-vis des régimes dictatoriaux quand en pleine campagne électorale divers collaborateurs de François Hollande se sont affichés aux côtés de dirigeants illégitimes : Ségolène Royal auprès de Blaise Compaoré en novembre 2011, Laurent Fabius auprès d’Ali Bongo au Gabon en février 2012, ou encore Jean-Louis Bianco auprès d’Alassane Ouattara en avril 2012 ?», écrivait ainsi le 15 mai l’association Survie, particulièrement en pointe dans le combat contre la Françafrique. Selon les informations recueillies par Le Nouveau Courrier, un des liens qui unissent Fabius à certains régimes autoritaires du continent est… Thomas Fabius, son fils, qui se prévaut notamment du «parrainage» d’Alassane Ouattara, que son père avait très fortement soutenu pendant la crise postélectorale ivoirienne. Thomas Fabius [...] a [...] été condamné en 2011 pour «abus de confiance» dans le cadre d’un projet de création d’une carte de paiement à distance tournée vers l’Afrique.

Par ailleurs, selon La Lettre du Continent, les déclarations de Kofi Yamgnane désapprouvant le transfert du président Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI) et racontant comment Nicolas Sarkozy avait menacé de «flinguer» les présidents africains engagés dans un schéma de sortie de crise pacifique en Libye lui valent déjà «un certain nombre d’inimitiés au sein du Parti socialiste». Il ne devrait, en rétorsion, [...]

Lire l'article sur Le Nouveau Courrier :




jeudi 17 mai 2012

Pour la libération immédiate du citoyen français Michel Gbagbo (Vidéo)

Pour la libération immédiate du citoyen français Michel Gbagbo



« Fils de son père » ! Tel est de l'aveu même du gouvernement Ouattara, le motif informel de 13 mois de détention sans jugement, aggravée de conditions dégradantes et de mauvais traitements, du français Michel Gbagbo, jeune universitaire de 42 ans sans responsabilités politiques.

Arrêté à la résidence présidentielle ivoirienne, le 11 avril 2011,par les forces spéciales françaises, ainsi que sa famille et plusieurs centaines de civils, livré aux milices FRCI, après avoir subi un calvaire sanglant au Golf Hôtel, il est détenu sans jugement dans un des Goulags du nord ivoirien, dans la ville de Bouna, depuis 13 mois .
Après quatre mois de détention arbitraire, une inculpation pour des motifs fantaisistes et invraisemblables lui fut notifiée, dans le but évident de donner une apparence légale à cette situation de non-droit.
Depuis le mois de mars 2012, Michel Gbagbo a été placé à l'isolement dans une clinique d'Abidjan, son état de santé fortement dégradé à cause des conditions de son incarcération à Bouna, qui ont été dénoncées par les observateurs de l’ONU depuis 2011. C'est pourquoi les «organisations des droits de l' homme » et de défense des prisonniers d'opinion devraient faire de son cas une des priorités de leurs campagnes internationales.

Révoltés par le traitement infligé à un de nos compatriotes, nous demandons :

-la visite immédiate de diplomates français de haut rang sur son lieu de détention pour marquer la solidarité de ses compatriotes et signifier la désapprobation de sa situation au pouvoir d'Abidjan
-sa libération la plus rapide possible
-et son transfert médicalisé en France où l'attend sa famille

Cette libération à titre sanitaire et humanitaire sera appréciée par tous les citoyens français et démocrates du monde comme un acte de justice, marquant une volonté de réconciliation du pouvoir ivoirien, préalable espérons le, à d'autres -tels la fin de la détention de tous les prisonniers politiques et le retour des exilés.


Paris, Mai 2012

COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS


mercredi 16 mai 2012

Côte d’Ivoire : De la guérilla médiatique à la guerre médiatique asymétrique !




Chronique spéciale de Hassane Magued. N°Spécial/05/12 [Première Partie] - 16 mai 2012 :


Nous avons du chemin à faire. Ensemble ou seul. Dans une union de cœur ou de pensée. Loin des jeux d’intérêt privé. Je l’espère de tout mon cœur. Du chemin à faire, pour la reconquête de nos libertés, de notre dignité d’homme et de Nation, de notre souveraineté. Un chemin que nous ferons jusqu’au bout. Là où l’histoire des jeux d’influence géostratégique voudra bien nous conduire. Sur des voies arides. Des chemins boueux. Des forêts immenses de la pensée humaine, de la loyauté, du patriotisme. Avec des amis. Ou des ennemis. Des faux amis. Des amis de circonstance. Des amis pour la cause. Des frères très peu crédibles. Des frères. Simplement. Sans rien attendre d’eux, sauf qu’ils nous insufflent par leur égarement ou leur prise de conscience, par leur faiblesse ou leur volonté de renoncer sans combattre, cette énergie vitale qui nous donne des raisons d’être parfois seul mais de valoir une multitude. Nous avons à mener et gagner une guerre. La guerre de la Communication. La guerre dite médiatique. La guerre de l’opinion. La guerre de l’influence psychologique. Et moi, j’ajouterai, la guerre de la vérité qui libère, la guerre pour la Révolution des pensées africaines.


Une guerre dissymétrique : la guérilla médiatique.

Nous l’avons créée. Cette guérilla. Spontanément. Sans peut-être le savoir. Car il en est ainsi. L’instinct de survie nous conduit parfois à des exploits inédits. Où il réveille en nous, ce moi intérieur, cette chose qui fait notre Nous, Nation, notre Nous, citoyens dignes, notre Nous, cette exception ivoirienne qui défie tous les schémas d’invasion qu’ils ont fomentés pour nous humilier, nous asservir, à un moment de notre jeune Histoire pourtant très ancienne, car nous ne sommes pas une génération spontanée, mais formons une vieille civilisation de gens pacifiques, attachés à la nature, possédant le secret de cette nature et ayant compris avant eux, que l’accumulation de richesses conduit à la folie des grandeurs, au désir de conquérir, de prendre sans y être autorisé et donc de nuire.

Notre guérilla est née parce que la France nous a fait la guerre sans nous donner le temps de lui expliquer que notre humanité avait une valeur à nos yeux, que notre liberté signifiait quelque chose pour nous ; cette chose pouvait ne pas avoir de valeur à ses yeux, mais elle nous était utile ; car nos géniteurs ancestraux se sont battus pour survivre à l’esclavage qu’ils nous ont imposé, pour survivre à la colonisation et refuser enfin qu’elle se perpétue, car le mépris doit au moins avoir une limite raisonnable.

Notre guérilla n’est pas celle de gens armés de choses qui font couler le sang des veines. Notre guérilla est née avec des armes d’édification, d’information, de sensibilisation, de transformation intellectuelle et psychologique. Car notre histoire connaissait un bouleversement révoltant et personne au monde ne peut assister au renversement des valeurs et des choses auxquelles il est attaché, sans avoir à formuler une pensée intérieure ou extériorisée.

J’appelle comme telle, cette première étape de notre combat pour le rétablissement de la Vérité, parce qu’une guérilla se définit comme étant « un terme emprunté à l’espagnol utilisé pour décrire des combats d’unités mobiles et flexibles pratiquant une guerre de harcèlement, d’embuscades, de coups de main menée par des unités régulières ou des troupes de partisans sans ligne de front. Les tactiques de guérilla sont une des plus anciennes formes de guerre dissymétrique du faible au fort. » Wikipédia.

De par sa définition plutôt militaire, la guérilla est donc un mouvement de résistance qui a pour but politique de renverser une autorité contestée avec de faibles moyens en utilisant les effets de surprise et une forte capacité de concentration et de dispersion.

Il en est ainsi de la Résistance médiatique patriotique et révolutionnaire ivoirienne. Nous menons une guerre dissymétrique du faible au fort, d’un pays en cours de développement contre la classe politique corrompue d’un pays présenté comme la cinquième puissance militaire du monde.

Et pour l’heure, la guérilla médiatique reste la réponse appropriée à l’agression aveugle de l’ennemi, qui sans aucune morale, a pris sur lui de diaboliser notre frère, fils, ami et parent, Laurent GBAGBO en vue de justifier aux yeux d’une certaine opinion occidentale, un projet d’agression barbare et méchante dont le but est de réaliser un programme de rectification coloniale, sans passer par une recolonisation directe mais en s’appuyant sur des médias nationaux puissants pour déifier un imposteur, un faussaire, un usurpateur de nationalité aux fins de l’imposer comme Commandant de cercle pour veiller sur les intérêts émanant d’un projet de pillage à ciel ouvert et de déconstruction d’un des pays d’Afrique les plus modernes au monde.

Toute cette entreprise de diabolisation, de menterie et d’instrumentalisation commencera bien des années plus tôt. En partant de 1990 pour connaître son point d’achèvement le 11 avril 2011. Et après cette période, naquit la guérilla médiatique. Mais avant, qu’il vous plaise de m’entendre vous expliquer de quoi toute cette entreprise de mensonge, d’agression médiatique a été faite.

D’abord, il y eut l’effet d’annonce. Un certain messie de la finance internationale serait né. Il serait descendu de la planète ou du ciel Fonds Monétaire International (FMI). Docteur, PhD, monétariste, redresseur d’économies africaines et que sais-je encore. A la question de savoir “où était-il depuis toutes ces années”, ils nous ouvrirent un grimoire de mensonges, et alors naquit l’entreprise de déstabilisation médiatique contre la Côte d’Ivoire.

Où et depuis quand ce bonhomme est-il né ? Avec qui est-il allé à l’école ? Pourquoi apprend-on de lui qu’il était voltaïque hier et puis subitement, il est présenté comme un frère ivoirien ? Comment cette parade s’est-elle opérée sans passer par la voie légale ? Sa mère ? Qui est-elle ? Nabintou Cissé ? Non ? Nabintou Ouattara ? Mais cette femme que nous connaissons tous n’est-elle pas la femme de l’oncle de ce bonhomme ? Alors pourquoi dites-vous qu’elle aurait été la femme de son père lui-même mort chef de village dans le Banfora au Burkina Faso ?

A la vérité, de sa naissance jusqu’en 1990, il représentait la Haute Volta, dans les instances officielles dont notamment la BCEAO (Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest) de 1983 à 1984, où il fut vice-gouverneur pour le compte de la Haute Volta, puis en 1988, Gouverneur après que Houphouët-Boigny a décidé de faire cette faveur à l’ex-Haute Volta qui entre temps avait pris l’appellation de Burkina Faso en 1984. C’est donc cette faveur qui va permettre à cet affabulateur et mystificateur d’occuper un poste qui revenait de droit à la Côte d’Ivoire et donc d’abuser du grand âge d’Houphouët-Boigny.

Mais cette faveur qui est manifestement une récompense pour service rendu, a une histoire et cette histoire est étroitement liée au coup d’Etat réussi par Thomas Sankara et Blaise Compaoré le 4 Août 1983 en Haute Volta. 4 ans plus tard, soit le 17 octobre 1987, Thomas Sankara, s’étant proclamé révolutionnaire et ennemi juré de la France-Afrique dont le promoteur était Houphouët-Boigny, sera assassiné par [biiiip]. Et c’est à la date du premier anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara soit en octobre 1988 que Houphouët-Boigny décida de faire de ce Burkinabè, le Gouverneur de la BCEAO. Quel rôle l’individu aura joué dans l’ass[biiiip] de Sankara et quelles étaient ses connexions avec Blaise Compaoré, nous ne saurons vous le dire à l’heure actuelle. Mais l’histoire récente de ces deux hommes dans la déstabilisation de la sous-région ouest africaine a fini par nous convaincre de l’existence d’un pacte entre ces deux Burkinabè qui partagent le même attachement à la violence comme moyens unique d’accession au pouvoir sans toutefois manquer de révéler au monde entier qu’ils ne sont que [des] instruments [...].

Mais Laurent GBAGBO [...] avait besoin d’une alliance avec un individu qui se présentait comme un messie envoyé par le Bon Dieu pour appliquer le PAS (Programme d’Ajustement Structurel) inventé par le FMI pour brader les secteurs stratégiques des économies en voie de développement, aux multinationales occidentales. Alors, il s’est allié à lui. A cet homme sans aucune humanité.

Mu par le devoir de dire la vérité devant l’histoire, je ne fermerai pas cette parenthèse sans avoir exprimé ma plus grande déception, quand Laurent GBAGBO signa cette alliance contre nature avec le parti que cet individu fit créer par feu Djéni Kobina. De cette alliance, je retiens le cœur meurtri que naîtra le Front Républicain et ensuite le coup d’Etat de 1999 puis après coup, la séparation et l’affrontement entre GBAGBO Laurent et cet individu.

Le mensonge venait ainsi d’accoucher de la division en Côte d’Ivoire. Parce que les médias français et certains de leurs affidés africains reprendront en boucle ces bouts de phrases tendancieuses et hautement dangereuses qui ont fini par détruire la cohésion nationale en Côte d’Ivoire. «Oui, on ne veut pas de moi en Côte d’Ivoire parce que je suis Dioula.» Faux, archi faux. [...]

Suite ici :
Hassane Magued
La Révolution Permanente N°Spécial/05/12
Infodabidjan.net



samedi 12 mai 2012

Kofi Yamgnane : Côte d’Ivoire. Le jeu franco-onusien : « ce n’était pas si clair que ça »


Lecture de deux interviews récentes du conseiller Afrique du nouveau Président français :


1) Kofi Yamgnane : "La France se sait contestée sur le continent africain, notamment par la jeunesse" - Afriquinfos.com‎ - Jeudi 10 mai 2012

Le PS n’a jamais condamné l’intervention de la France en Libye et a mis le rôle décisif joué par l’armée française en Côte d’Ivoire sur le dos de «la défense de la vérité des urnes». Votre formation a-t-elle adopté ces positions en Libye et en Côte d’Ivoire par opportunisme politique ou elle y annonçait les couleurs d’une nouvelle lecture des relations franco-africaines ?

« Après la décision du Président de la République française dont c'est l'apanage exclusif, nos groupes parlementaires ont pris acte de l'intervention française en Libye ainsi qu'en Côte d'Ivoire. En intervenant ainsi dans ces conflits intérieurs propres à des pays souverains, la République française a répondu à la demande de la communauté internationale. Il s'agissait dans un cas, d'aider la «révolution libyenne» initiée par les Libyens eux-mêmes qui avaient décidé de reprendre leur sort en mains en construisant la démocratie politique de leur choix.

Dans l'autre cas, c'est toujours la Communauté internationale qui avait, à la demande même des différents protagonistes ivoiriens, accepté d'arbitrer un scrutin qui s'annonçait comme celui de tous les dangers. Dès lors que «l'arbitre » - l'objectif démocratique affiché étant de respecter le libre choix du peuple ivoirien- avait dit le droit en désignant un vainqueur et un vaincu, il était difficile de ne pas conduire le processus électoral jusqu'à son terme. »


C’est donc ce que dit Kofi Yamgnane — montrant ainsi que les bonnes intentions anti-françafricaines qu’il vient de proclamer au nom de François Hollande comme l’ont fait à tour de rôle tous les présidents français à leur prise de pouvoir pourraient voir leur concrétisation rapidement compromises ! (Re-belote, comme ses prédécesseurs ?).

Kofi Yamgnane, qui dit que "La France se sait contestée sur le continent africain, notamment par la jeunesse", fait-il semblant d’ignorer qu’elle l’est le plus précisément sur les deux points où il vient d’approuver sans le dire la politique de Sarkozy (ce qu'a fait auparavant le PS, vient de lui dire l’interviewer d’Afriquinfos : « Le PS n’a jamais condamné »). Voilà qui fait tache !

Le lendemain, apparemment, Kofi Yamgnane se corrige, se nuance : « Nous avons pensé que l’arbitre [la « communauté internationale »] - en fait, moi, j’ai pensé comme cela - que l’arbitre était sain et normal. Et puis, une fois qu’il a arbitré, ils ont contesté. Moi, je pensais qu’il fallait qu’effectivement que ce processus de démocratisation aille jusqu’au bout. Or, manifestement, ce n’était pas si clair que ça ».

Ah bon, il y aurait donc de l’espoir… L’extrait complet :


2) Nouvelle politique africaine, Côte d'Ivoire, Libye, Cpi… - Kofi Yamgnane (Conseiller de Hollande) : « Ce que François Hollande va faire » - Notre Voie‎ - Vendredi 11 mai 2012

« François Hollande veut en finir avec ces méthodes surannées » qui ont prévalu sous Nicolas Sarkozy. Marquées par les interventions guerrières en Afrique (Côte d’Ivoire et Libye), et l’intrumentalisation de la cour pénale internationale (Cpi) à des fins obscures contre les dirigeants africains (cas de Laurent Gbagbo).
[…]
Interrogé par les journalistes d’Africa 24 sur le soutien du parti socialiste à la politique de Nicolas Sarkozy en Afrique, notamment en Côte d’Ivoire et en Libye, Kofi Yamgnane s’est voulu clair : « Non, on n’a pas soutenu. Comprenez comment ça fonctionne la 5ème République. Le Président de la République est seul à décider des interventions militaires à l’extérieur. Il est seul. Le groupe parlementaire socialiste a pris acte de l’affaire en Libye en expliquant que ce n’est peut-être pas ça la solution. Mais peut-être que le chef de l’Etat avait-il des raisons et des renseignements que nous n’avions pas et qui lui permettait de faire ça. En Côte d’Ivoire, c’est pareil. Disons que, très sincèrement, on a pensé que les protagonistes de Côte d’Ivoire avaient demandé à l’Onu de venir arbitrer le scrutin. Nous avons pensé que l’arbitre - en fait, moi, j’ai pensé comme cela - que l’arbitre était sain et normal. Et puis, une fois qu’il a arbitré, ils ont contesté. Moi, je pensais qu’il fallait qu’effectivement que ce processus de démocratisation aille jusqu’au bout. Or, manifestement, ce n’était pas si clair que ça ». La compréhension de la situation véritable en Côte d’Ivoire et en Libye a fait son chemin dans la classe politique française. Aujourd’hui, comme l’avoue M. Yamgnane, beaucoup de politiques en France ont compris que Sarkozy n’a pas agi pour la Démocratie à Abidjan et à Tripoli. »


*

Voilà qui corrige heureusement son propos de la veille, mais laisse toutefois quelque peu sceptique ! « Nous avons pensé que l’arbitre - en fait, moi, j’ai pensé comme cela - que l’arbitre était sain et normal » Ah bon ! Était-ce de la naïveté (extrême), ou est-ce de la mauvaise foi ? Qui était donc la « communauté internationale » en forme d’ « arbitre » (sic) ? De qui était-elle la voix ? Kofi Yamgnane ne l’ignore évidemment pas : c’était Sarkozy, embarquant, comme « voix de l’Afrique » autoproclamée, tous les noms impressionnants qui résumaient à eux seuls, quand ils lui emboîtaient le pas, la « communauté internationale ».

Ce que, finalement, Kofi Yamgnane concède quelque peu : « manifestement, ce n’était pas si clair que ça ».

Ouah ! Bonne nouvelle ! En un jour, le PS a bougé. Comme quoi, il ne faut pas les lâcher. Ils savent très bien qu’ils n’ont pas été à la hauteur en ne condamnant pas le coup d’État sarkozien en Côte d’Ivoire, grimé en « arbitrage de scrutin » !… Scrutin truqué de façon éhontée et visible comme le nez au milieu de la figure, pour qui ne se voilait pas la face comme le PS ! Sachant ce qu’il savait ! Je cite Kofi Yamgnane — concernant les bombardements français en Libye : « Vous savez que l’Union africaine (Ua), qui était à l’époque présidée par Son Excellence le Président Obiang N’Guema de la Guinée Equatoriale, avait une solution négociée à proposer concernant la Libye. Ils ont formé une délégation pour aller en Libye. Sarkozy leur a dit : je vous interdis de monter dans l’avion parce que si vous passez l’espace aérien libyen, je vous flingue. Et bien, cela s’appelle de l’irrévérence, de l’irrespect. On ne parle pas comme cela à des pays qui sont souverains. »

Le PS bouge ? Bonne nouvelle. Il s’agit à présent qu’il bouge jusqu’au bout. Qu’il dénonce clairement la dictature instaurée par l’ « arbitre », à commencer par demander (publiquement, ce serait mieux,) la libération des prisonniers politiques, de celle du Français Michel Gbagbo, dont le seul acte politique qui lui est reproché est d’avoir reçu lors de sa naissance le nom de son père, à son père captif à La Haye pour s’être opposé à la forfaiture qui a emporté son pays dans la dictature en passant par tous les responsables détenus arbitrairement.

À des conditions de ce genre, les déclarations d’intention anti-françafricaines du nouveau pouvoir français commenceraient à devenir concrètes, et donc crédibles.