mercredi 29 février 2012

"V'la qu'y s'arrêtent entre eux maint'nant, ça doit pas marcher bin fort"... (bis & ter)


Deux nouveaux épisodes laissant apparaître les vives tensions qui traversent l'axe RDR-PDCI-ONUCI-Paris...

1) Le président de la jeunesse du Pdci-Rda tabassé par des militants du parti de Ouattara.

2) Sept morts parmi les militants du parti de Ouattara suite à des échanges de tirs avec l'ONUCI.




1) (Extrait de Notre Voie / 25.02.12) Le président de la jeunesse du Pdci-Rda, Kouadio Konan Bertin alias KKB a été lynché, hier dans la cour de la mairie de Bonon, par des militants du RDR surchauffés, armés de gourdins et d'armes blanches.

KKB a été grièvement blessé et évacué d'urgence à l'hôpital de Daloa. «Je suis touché à la tempe, au niveau de l'épaule droite», nous a-t-il confié, hier, au téléphone. Avant d'ajouter que ses agresseurs ont déchiré tous ses vêtements et l'ont tabassé. «Je reviens de loin.

On a tenté de m'ôter la vie», a-t-il soutenu d'une voix pleine d'émotion. Après un meeting avec Kouadio Kouassi Denis, candidat Pdci aux législatives partielles de Bonon, KKB et les responsables locaux du Pdci se sont rendus à la mairie pour encourager les agents de la Cei.

Des militants Rdr qui ont reconnu Kkb, ont lancé un appel au meurtre. «Voilà Kkb, tuez-le ! », aurait lancé l'un d'eux. Il n'en fallait pas plus pour que les autres militants Rdr s'exécutent. [...]


Lire la suite sur allafrica.com...



*

2) (Par Eric Lassale / 29.12.02. Extrait de Ivoirebusiness) L’Onuci [...] a tué 7 militants du RDR d’Alassane Dramane Ouattara. Cela en riposte de l’attaque de son convoi et de celui de la CEI par des militants excités du RDR, furieux de la débâcle aux législatives partielles de Koné Yacouba, leur candidat à Bonon, ville située à 300 km d'Abidjan. Toute la presse s’en est fait l’écho hier.

Du Patriote au Nouveau Réveil, en passant par Soir Info et l’Inter, toute la presse en a fait des choux gras. Même RFI, pourtant proche du régime Ouattara a relayé l’information en boucle.

Sauf le gouvernement d’Alassane Ouattara qui s’est muré dans un silence assourdissant, alors qu’on s’attendait à un Communiqué pour faire un décompte macabre et situer les responsabilités. Il n’en a rien été. Il est resté sans voix et a préféré ignorer l’évènement, alors qu’il s’agissait d’assassinat de ses militants par l’ONUCI.

Même la RTI, la chaine de télévision gouvernementale est passée à côté de l’évènement. Elle ne l’a tout simplement pas relayée. C’était le black-out total du côté de la RTI, aussi incroyable que cela puisse paraître.

Qu’avait donc le gouvernement à cacher ? La vie des militants du RDR importe-t-elle peu aujourd’hui à Ouattara ? Ces derniers lui servent-ils uniquement de bétail électoral ? Assurément oui, car on est sans voix devant pareille attitude du pouvoir devant la mort de ses propres militants [...]. Un tournant majeur vient d’être franchi dans les relations entre l’Onuci et le RDR. La vérité sur le caractère extrémiste de ce parti vient d’éclater [...]

Lire la suite sur Ivoirebusiness...


lundi 27 février 2012

Les aventures d'Anastasie



Lu sur Agoravox / 14.02.12 : "Laurent Joffrin : L’arroseur arrosé", par Kali. Extraits (évidemment l'article est parti en 404 sur mon blog nouvelobs - avec un mail me signalant son rejet) :

"La censure, cette bête immonde aux têtes multiples, qui frappe toujours là où cela peut faire mal, devrait-elle être réservée au petit peuple et épargner les « grands » de ce monde ? Une belle illustration de cette vision « deux poids deux mesures » nous est livrée par les récentes mésaventures de Laurent Joffrin [directeur de publication du Nouvel Obs] au Maroc.

[...] Le Nouvel Observateur [a été] censuré au Maroc. Ce qui a fait réagir Laurent Joffrin.

Il a en effet jugé « inadmissible et inquiétant d’être interdit au Maroc pour la deuxième fois en un mois. Cette interdiction est inquiétante pour l’avenir du Maroc alors que le Nouvel Obs a pour ce pays des sentiments amicaux ou critiques quand c’est nécessaire ».

[...] L’objet ici [est] de méditer sur la double approche de la censure que révèle Monsieur Joffrin : « A moi la liberté de dire, aux autres celle de se taire »


Le Nouvel Observateur : Anti-Censure ou Pro-Censure ?

[...] La menace réelle qui pèse sur la liberté d’expression sur le web [va] bien au-delà des lois SOPA/PIPA et ACTA. Une menace sous forme de rétrécissement de l’espace d’expression des citoyens et d’installation d’une censure discrète, mais insidieuse et redoutable aux prétextes imparables : Eviter les « dérives », « modérer » les propos de citoyens ignorants et inconscients de la portée de leurs mots : diffamation, injure etc.….

Et Le Nouvel Observateur est en effet l'un des supports qui a le plus "serré la vis" aux blogueurs et aux lecteurs qui postent des commentaires sur sa plateforme durant ces derniers mois.

1) Il a fait supprimer le lien permettant d’accéder aux blogs des internautes sur la page d’accueil du nouvelobs.com

2) Il a fait supprimer l’indexation des pages des blogueurs sur Google, réduisant ainsi le lectorat des blogueurs à une dimension quasi confidentielle.

3) Il a sous-traité la modération des contenus de sa plateforme de blogs à la société Netino, qui dispose de plateformes de modérateurs dans divers pays. Ainsi, apprend-on sur ce lien que le nouvelobs est l'une des références de Netino. La communication est clairement orientée intérêt-du-client-qui-paie avec ce slogan "Oui à l’esprit participatif du Web 2.0 ! Mais pas au détriment des exigences professionnelles qui sont les vôtres". Ou encore, ce titre dans l'expansion "Netino traque les dérapages des internautes". Mieux : Netino a même lancé son propre sondage pour démontrer que la modération ne déplaît pas aux internautes..Pardon, si, à certains : "L'assimilation de la modération à la censure est plutôt véhiculée chez les hommes issus des classes les moins aisées", lu dans cet article passionnant le lejournaldunet.

[...] Dans ses interviews, Jérémie Manie, le jeune président de la non moins jeune société Netino, ne s’attarde généralement pas sur la modération des contenus du web, s’abritant derrière la charte de ses clients. Il met surtout en avant la traque des « faux avis sur les produits commerciaux » et d’autres sujets moins sujets à controverse. Habile.

Etre le e-bras armé de la censure est en tous cas rentable, car Netino a franchi en moins de deux ans d'existence le million d’euros de chiffre d’affaires.


Une modération douteuse et …risquée

La modération des contenus instaurée par Laurent Joffrin sur sa plateforme de blogs démontre a minima quelques bugs dans le système avec un usage intempestif et souvent injustifié de motifs allant de la très en vogue « diffamation » au rejet sibyllin d’un commentaire pour « autre motif ». Qu’elle soit « automatisée » grâce à un logiciel - Moderatus - qui traque les « mots douteux », ou humaine, une telle... modération-censure met en péril de façon certaine la liberté d’expression et d’opinion. [...]


Une censure qui se fait appeler modération pour couvrir… quels risques ou servir quels intérêts ?

Il ne s’agit évidemment pas d’encourager diffamation et injures.

Cependant, les objections des censeurs obéissent à une rhétorique constante : « mais il faut bien des règles sur le web ». Oui, Madame la Censure, mais soyez logique : D'une part, il existe "La loi" qui définit clairement ce qu'est la diffamation et l'injure. Et d'autre part, existent des instances pour la faire respecter : Nul ne peut s’autoproclamer gendarme ou magistrat du web. Seul un juge peut décider si diffamation ou injure il y a et dans ce cas, condamner le contrevenant.

Imaginons la pire des situations : Qu’un citoyen « ignorant et impulsif » commette le délit de diffamation dans un commentaire de 3 lignes ou même un article de 20 lignes.

1) En général, il est rare que ce « délit » soit commis à l’égard du voisin de palier ou la belle-mère retraitée ou le chômeur du coin..

2) CQFD : Dans 100 % des cas, la victime du « délit » est un « grand » de ce monde, riche et/ou puissant.

Et comme ces "grands » ont en général les moyens de prendre avocat pour saisir la justice et « laver leur honneur », quelle est donc la véritable préoccupation des censeurs ? Eviter au pauvre citoyen d’être traîné en justice et avoir à payer un euro symbolique de dommages-intérêts ? Ou simplement contrôler l’image de ces grands amis des censeurs ?

Car si les grands sont assez grands pour se défendre, le citoyen est assez grand pour qu’on le laisse assumer ses propos (sachant que les dérapages ne sont pas la règle).

Comment feriez-vous, Monsieur Joffrin, pour modérer la rue ? Un modérateur Netino derrière chaque piéton ou conducteur pour éviter qu’ils ne s’invectivent ? Sommes-nous donc dans une immense cour de récréation où le citoyen est un petit enfant dont on surveille chaque propos et auquel on dit, à chaque fois qu’il ouvre la bouche « tais-toi », « ce n’est pas bien » ?


La liberté d’expression sur le web (et ailleurs) : Un privilège pour des privilégiés ?

On a vu que les risques judiciaires des éventuels dérapages sont en fait limités. Quel homme politique ira attaquer en justice des centaines voire des milliers de blogueurs et posteurs ?
[...]
Avouez qu'il s'agit surtout de Marketing d'image. Il s'agit surtout de soigner la e-réputation, ou de promouvoir des figures en empêchant de lever le voile sur les mensonges.
Que fait Laurent Joffrin ? Pour qui travaille-t-il ? Quels intérêts, quels amis sert-il en agissant ainsi ?
Est-il (devenu) un aristo de la liberté d’expression ?
Est-ce l’approche des élections qui le rend nerveux ?
Pense-t-il que la liberté d’expression doive être réservée à quelques bourgeois bien installés dans le monde politico-médiatique ? Que le peuple n’a qu’à se taire ?

[...]


Lire la suite sur Agoravox...


dimanche 26 février 2012

Présidentielle 2010 en Côte d’Ivoire : la guerre postélectorale préparée avant le premier tour



Par Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier du 25/02/12 :

Le livre «Abobo la Guerre» de la journaliste française Leslie Varenne lève un coin du voile sur les préparatifs de la guerre postélectorale, bien avant les élections. Et décrit les accointances avec la France, les Etats-Unis et l’ONU, tenus pour coresponsables d’un bain de sang prévisible. La formule, que l’AFP reproduit à longueur de dépêches pour s’assurer que son postulat rentre au forceps dans toutes les têtes, est connue. La guerre postélectorale ivoirienne serait «née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010». L’on savait déjà que les mouvements spéculatifs opérés dès juillet 2010 par Armajaro, firme proche d’Alassane Ouattara et qui avait déjà acheté en masse du cacao ivoirien avant la guerre du 19 septembre 2002, en misant selon toute évidence sur une hausse des cours liée au conflit, tendaient à prouver que cette guerre était minutieusement préparée avant le scrutin. Et aurait eu lieu de toute façon, quels que soient les résultats et les éventuels différends entre les candidats. Le livre «Abobo la Guerre – Côte d’Ivoire, terrain de jeu de la France et de l’ONU» de la journaliste française Leslie Varenne confirme magistralement cette thèse.

Leslie Varenne fait état de contacts entre la France officielle et Ibrahim Coulibaly dit «IB» avant le scrutin. «Selon ses proches, avant le premier tour de l’élection, IB a rencontré François Hurtut, l’ambassadeur de la France à Accra, au Ghana. Au menu de la discussion informelle, les projets d’IB et la possibilité d’une aide de la France» (p. 108). La journaliste avait écrit, quelques pages avant (p. 97) : «Je connaîtrais plus tard l’histoire de ce groupe qui combat sous le sigle de Commando invisible, en rencontrant certains de ses éléments. Comme les barons du parti du président Bédié, ce commando était convaincu que l’élection tournerait mal. Avant le premier tour, il a réussi à faire entrer dans Anyama deux caisses de petites kalachnikov, 500 treillis et quelques appareils de communication radio. Le matériel était bien caché, mais Philippe Mangou a eu vent de l’affaire (…) Plusieurs membres de ce groupe ont constitué de petites équipes disséminées dans certains quartiers d’Abidjan ; c’est à Abobo qu’ils sont le plus nombreux». Leslie Varenne évoque des connexions, avant le second tour du scrutin, entre IB et des dignitaires du PDCI, persuadés qu’il faut un bain de sang pour dresser les alliés internationaux du RHDP contre Gbagbo…


La France et l’ONUCI, impliquées dans l’attaque de l’émetteur d’Abobo et d’Anonkoua Kouté

Leslie Varenne explique que la France était impliquée dans l’opération de destruction de l’émetteur de la RTI à Abobo, au cours de laquelle des civils ont été brûlés vifs, et cite les noms des deux hommes chargés d’assurer la liaison entre le «Commando invisible» et le régime Ouattara. Le général Abdoulaye Coulibaly et le colonel Adama Dosso, assassiné le 12 mars 2011 (p.100). Des révélations qui mettent à mal la thèse de l’indépendance tactique du «commando invisible», laquelle thèse est destinée à créer un bouclier d’impunité autour d’Alassane Ouattara. Les compagnons d’IB vont jusqu’à affirmer que l’ONUCI a couvert l’attaque du village d’Anonkoua Kouté, même s’ils se couvrent en présentant comme des combats ce qui n’était rien d’autre qu’une virée meurtrière nocturne visant à obliger les Ebrié à quitter leurs villages…

Le livre «Abobo la Guerre» est impitoyable pour la France, les Etats-Unis et l’ONU. Et montre que l’option guerrière a été très vite choisie par les grandes puissances pour imposer Ouattara, en dépit des négociations de façade. «Selon plusieurs sources au sein de l’Onuci, entre la fin du mois de décembre 2010 et le début de janvier 2011, une cinquantaine d’instructeurs français et un général américain se sont réunis à l’hôtel Sebroko. Le général arrive dans une grosse berline aux vitres teintées, ornée du drapeau américain, accompagné de l’ambassadeur des Etats-Unis, Philip Carter III. Dans le QG de l’ONU, Français et Américains planifient une opération top secret portant le nom de code «Restore Peace and Democracy» (…) Le but de l’opération est d’aider Alassane Ouattara à éjecter militairement Laurent Gbagbo de son fauteuil présidentiel. Le 20 janvier 2011, les premiers bruits de bottes résonnent en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, selon La Lettre du Continent, l’Onuci construit une grande plate-forme logistique et militaire. Des vols quotidiens effectuent des rotations entre Entebbe, en Ouganda, base des opérations de l’Onu en Afrique, et la capitale des rebelles de Guillaume Soro. (…) De vastes mouvements de troupes s’opèrent à Bouaké, la force Licorne est de retour dans cette ville. Des instructeurs français sont également présents dans le fief des rebelles. Le président Ouattara ne cache pas ces préparatifs militaires (…) Alassane Ouattara reconnaît implicitement violer l’embargo sur les armes. Et l’ONU, présente à Bouaké, ne peut l’ignorer !»


Michel Gueu et un officier français présents à l’Ouest durant la période des massacres

Leslie Varenne révèle que de nombreux jeunes Ivoiriens du Nord ont refusé de s’enrôler dans le cadre de la bataille d’Abidjan. Et explique pourquoi l’armée de «bric et de broc» formée avec le soutien de la France – le général Emmanuel Beth, ancien patron de Licorne et ambassadeur de la France au Burkina Faso, est nommément cité – ne pouvait que commettre des massacres sur son chemin. «Pour se constituer une force, Alassane Ouattara et Guillaume Soro sont donc obligés de ratisser large. La création de cette armée est un autre point crucial de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Elle aura des conséquences incalculables sur la suite des événements et sur l’avenir du pays. Selon un militaire ivoirien, «ceux qui se sont enrôlés sont des Maliens, des Sénégalais, des Nigérians et des Burkinabés de Côte d’Ivoire» (…) La grande majorité sont des gamins désoeuvrés, d’autres ont des petits métiers, cordonniers, tailleurs, etc. Les 20% restants sont des militaires burkinabés ou sénégalais prêtés par leurs gouvernements respectifs. (…) Ces nouveaux soldats ont un point commun : ils sont tous nordistes et musulmans (…) C’est à ce contingent de bric et de broc, à une armée ethnique, que la France, les Etats-Unis et l’ONU vont apporter leur concours pour reprendre le pays aux forces de Laurent Gbagbo (…) Lancer une armée ethnique à l’assaut d’une poudrière ethnique est un acte inconséquent et irresponsable. Et l’ONU savait, l’ONU était présente et l’ONU n’a rien fait».

Dans ce livre, une autre révélation fait réfléchir. Alors que l’on attribue toujours les massacres de Duékoué à d’incontrôlables règlements de comptes ethniques à dissocier des FRCI, nous apprenons qu’un homme-clé du dispositif de «la République du Golf» contrôlait bel et bien la situation à l’Ouest. Le 28 mars 2011, il est, selon ses propres dires, à Bloléquin, à une très courte distance de Duékoué, en compagnie de la Minul (Mission des Nations unies au Liberia), et d’un lieutenant-colonel de l’armée française commandant la mission. C’est le lendemain que débutent les massacres épouvantables qui ont lieu à Duékoué mais également [...]


Lire la suite sur Le Nouveau Courrier...


samedi 25 février 2012

L’universitaire Albert Bourgi dénonce le couple Sarkozy-Ouattara



Propos recueillis par Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier du 25/01/12 :

"Les préparatifs et le déroulement du voyage officiel de Ouattara à Paris relèvent de la politique spectacle, notamment par la couverture médiatique, bien ordonnée, qui l’entoure. Comment expliquez-vous cela ?

Il y a dans ce que vous venez de dire une volonté des autorités françaises de justifier, au nom d’une prétendue démocratie, la brutalité de leur intervention militaire de l’an dernier, en Côte d’Ivoire, et les scènes ignobles qui ont entouré l’arrestation de Laurent Gbagbo ainsi que les violences exercées par l’ex-rébellion sous les yeux des militaires français.

Aujourd’hui, l’argument de la démocratie brandi pour illustrer un soi disant changement de la politique africaine de la France est balayé par le climat de terreur instauré par les milices gouvernementales. On peut dire, à partir de témoignages fiables, que la peur règne sur la ville d’Abidjan et, qu’on soit partisan ou non de Gbagbo, tout le monde est soumis au même régime de violence aveugle imposé par les Forces républicaines de sécurité, les FRCI.

L’image d’une Côte d’Ivoire renouant avec la démocratie qu’on veut faire passer dans l’opinion française et internationale, détonne de plus en plus avec le scrutin législatif tronqué de décembre 2011, où, selon les chiffres officiels, à peine 36% des électeurs inscrits sont allés aux urnes. Que dire aussi de la répression sanglante exercée par les forces de Ouattara lors d’une manifestation publique autorisée, organisée par le parti fondé par Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien ? Bien entendu, de tout cela la presse française n’en a que très peu rendu compte et le Ministère français des Affaires étrangères, toujours prompt à réagir à toute entorse à la démocratie et à l’exercice des libertés, s’est montré plutôt discret.

Au-delà des considérations proprement politiques qui entourent ce voyage, la communication semble être omniprésente.

Elle est certes omniprésente dans ce voyage (de janvier 2012), décrit dans ses moindres détails en mettant particulièrement l’accent sur le dîner offert par Sarkozy à l’Elysée et sur les rencontres avec les plus hautes personnalités de l’État français. Mais cette communication, il ne faut jamais l’oublier, renvoie au travail de médiatisation outrancière accompli depuis une vingtaine d’années, pour façonner à coups d’informations souvent surfaites, l’image d’un d’homme d’État, rompu à toutes les arcanes de la finance et de la politique internationales. Autour de Ouattara, entré en politique au début des années 90, par effraction et en service commandé au profit d’intérêts financiers et économiques non nationaux, il y a eu surtout de la communication, voire seulement de la communication. Il s’agissait de «vendre» un personnage étranger jusque là à la scène politique ivoirienne, et dont le charisme et les qualités oratoires ne le prédestinaient pas à emporter les foules. Il faut croire que cela a marché et ce résultat est entretenu, aujourd’hui encore, avec l’aide de certaines agences de communication, bien introduites dans les sphères politiques et médiatiques. A défaut d’avoir convaincu politiquement, et même électoralement, une majorité de ses concitoyens (n’oublions pas son score ric rac sorti des tiroirs des Nations Unies à Abidjan,) il est parvenu à susciter un engouement des médias occidentaux, surtout français. Ce dernier aspect est lié autant à l’image d’un chef d’État dont le parcours politique est compatible avec la sulfureuse galaxie franco-africaine qu’à ses propres orientations idéologiques. Tout chez Ouattara le désigne pour entrer dans le club des chefs d’État d’Afrique francophones, qui, sauf rares exceptions, se comportent le plus souvent comme les supplétifs du Président français, surtout lorsqu’il s’appelle Nicolas Sarkozy. Je suis en train de lire une biographie de Frantz Fanon, parue il y a quelques mois, et je suis frappé par la ressemblance entre Ouattara et le personnage qui transparait du premier ouvrage de Fanon «Peaux noires et masques blancs».

Ce voyage marque le retour forcé de la France en Côte d’Ivoire tant sur le plan économique, financier et monétaire ?

Cela est vrai. Il ne se passe pas de jour sans qu’on nous annonce la signature de contrats avec les entreprises françaises, la mise en œuvre de projets de développement, le détachement d’experts français (le dernier en date est celui d’un conseiller d’État en fin de carrière, soucieux surtout d’améliorer sa pension de retraite), ou la signature d’un nouvel accord militaire.

L’arrivée massive de techniciens français renvoie à la fin des années 70, où les assistants techniques de l’ancienne puissance coloniale peuplaient les administrations ivoiriennes, et surtout détenaient le véritable pouvoir de décision. Un article paru en 1981, dans un ouvrage collectif «la France contre l’Afrique», sous le titre «Faits et méfaits de l’assistance technique française en Côte d’Ivoire», pourrait facilement s’appliquer à la situation actuelle. Sauf qu’aujourd’hui, et malgré le tour de passe-passe électoral qui lui a permis d’arriver au pouvoir, Ouattara ne peut plus gouverner [...]


Lire la suite sur Le Nouveau Courrier...


vendredi 24 février 2012

Sur la manifestation d'Abobo du 3 mars 2011 : La vérité en passe de se faire jour ?...



Suite à la manifestation d'Abobo du 3 mars, un déchaînement médiatique accusant le "camp Gbagbo" d'avoir perpétré une tuerie a déclenché via l’ONU l’intervention militaire directe de la France en Côte d'Ivoire... Le livre de la journaliste Leslie Varenne (Abobo, La guerre, éd. Mille et une nuits) remet radicalement en question la version médiatique d'alors.


Théophile Kouamouo a lu le livre. Extrait du Nouveau Courrier du 23.02.12 :

"Tuerie des femmes d’Abobo : le livre-enquête qui va faire trembler le camp Ouattara"

"[...]

Leslie Varenne ne peut être qualifiée facilement de pro-Gbagbo, selon le procédé habituel utilisé par le régime Ouattara et ses alliés internationaux pour discréditer les porteurs de vérités qui les dérangent. Dans son livre, elle multiplie les jugements de valeur définitifs sur le premier président de la Deuxième République ivoirienne, et reprend souvent sans recul les lieux communs qui parasitent une grande partie des écrits publiés en France sur Gbagbo. Elle n’a pas vraiment enquêté sur le contentieux postélectoral [...].

Mais l’intérêt du livre de la journaliste française, envoyée spéciale de La Tribune de Genève à Abidjan durant les mois d’enfer, n’est pas dans le background mais dans les témoignages de terrain qu’elle met en lumière. Et qui sont déterminants. Notamment en ce qui concerne la fameuse «tuerie des femmes d’Abobo», qui a justifié le vote de la résolution 1975 instrumentalisée par la France officielle pour camoufler son entrée en guerre contre l’Etat de Côte d’Ivoire derrière un texte international de toute façon dévoyé.


Que s’est-il passé à Abobo ? Extraits du livre de Leslie Varenne

«Le 3 mars, deux ou trois mille femmes défilent aux cris de «Gbagbo dégage». La manifestation est bon enfant. (…) Le rassemblement se tient au rond-point d’Anador, aussi appelé le carrefour du Banco. Le cortège croise les chars sortant du camp-commando d’Abobo pour aller se ravitailler au camp de gendarmerie d’Agban, circulant en sens inverse de la manifestation en direction d’Adjamé. Les femmes leur adressent des coucous de la main en signe de ralliement. Elles sont certaines d’avoir en face d’elles des tanks soustraits à l’armée par le Commando invisible lors des batailles. Subitement, des tirs atteignent les femmes. Le cortège panique, les femmes crient, s’enfuient dans la stupeur générale, personne ne comprend ce qu’il se passe.

Officiellement, sept femmes meurent ce jour-là (…) Je n’étais pas sur place ce jour-là, mais lors de mes voyages à Abidjan, j’ai enquêté sur cet événement. Il me faudra des mois pour comprendre ce qu’il s’est réellement passé. Dans cette affaire, de nombreux points sont particulièrement troublants. Abibia, une marcheuse témoigne : «Au départ, nous ne voulions pas y aller. Abobo était en guerre à cette époque et cette marche était dangereuse. Mais le Golf nous a rassuré, il nous a dit que les Fongnons (les hommes du Commando invisible, ndlr) sécuriseraient la marche, et nous, nous avions une totale confiance en eux. Le Golf nous avait dit aussi que l’Onuci serait là. C’est pour cela que nous y sommes allées confiantes, habillées en boubous. Nous étions tellement rassurées qu’une des femmes est venue avec son bébé dans le dos. Elle est morte, mais personne n’a jamais mentionné le décès de son enfant.»

De son côté, le Commando invisible a été totalement surpris par cette manifestation : il n’avait tout simplement pas été prévenu par le Golf. Lorsque les hommes d’IB ont vu les femmes affluer, ils ont tout fait pour leur dire de rentrer chez elles. Mais ils ont seulement réussi à faire rebrousser chemin aux mères qui arrivaient de PK 18 et d’Anyama. En outre, à l’époque, le rond-point d’Anador n’est pas encore un territoire sous leur contrôle. Le choix du lieu du rassemblement est donc curieux. Pourquoi donner le rendez-vous sur la route et à l’heure où les chars passent pour aller se ravitailler ?

Huit mois après, Abiba s’interroge toujours : «Je n’ai pas toujours compris pourquoi le RHDP a choisi ce lieu.» L’endroit aurait pu apparaître comme stratégique si les femmes avaient marché en direction d’Abidjan, mais le meeting de fin de cortège devait avoir lieu devant la mairie d’Abobo. Autre élément incompréhensible, les femmes et les chars circulent en sens inverse, donc ils se font face. Or, les femmes sont atteintes dans le dos par des balles de mitrailleuse. Selon tous les témoignages recueillis, les tirs sont partis de la station Mobil à quelque quatre cents mètres environ du rond-point d’Anador. Les douilles ramassées par un des combattants du Commando invisible arrivé sur place après les tirs sont des douilles de calibre 12,7. Or les chars russes de Laurent Gbagbo sont équipés de mitrailleuses de 14 mm. (…) Le corps d’une femme a été emmené par sa famille, présente à proximité et inhumé le jour même.

Selon des témoins, les corps des six autres femmes auraient été ramassés par des jeunes hommes du RDR, parti d’Alassane Ouattara, puis transportés dans des estafettes (petits fourgons, ndlr). (…) Autre point étonnant : même en ces temps troublés, à Abidjan, la procédure est stricte, les victimes auraient dû être transportées à la morgue d’Anyama. Une autopsie aurait dû être pratiquée et les cadavres auraient dû être remis aux familles. Or, il n’en a rien été. Les six corps ont été enterrés dans un terrain vague, à l’insu de leurs parents, qui mettront des mois avant de connaître le lieu d’inhumation. Plusieurs mois après les faits, la Cour pénale internationale (CPI) se rend en Côte d’Ivoire et ne rencontre pas les familles. En revanche, l’ONUCI a interrogé les parents des victimes pour connaître leur version des faits et les a encouragés à prendre des avocats. Mais sans le soutien d’une organisation, comment ces familles pourraient-elles suivre une procédure aussi complexe et payer les honoraires des avocats ? Le parquet d’Abidjan, lui, signale l’ouverture d’une procédure.

Lors de mon investigation, j’apprendrai que deux commandants proches de Guillaume Soro étaient sur place ce jour-là. Etaient-ils là pour protéger les manifestantes ?»


Que d’éléments troublants !

Pour résumer, après son investigation, la journaliste française affirme que le RDR a en quelque sorte piégé ses militantes d’Abobo en leur mentant que le Commando invisible, non tenu au courant, et l’ONUCI, les protégeraient. Le parti ouattariste a choisi à dessein de faire manifester ses femmes sur la route où les FDS passent pour aller se ravitailler, et à l’heure de leur passage. Au final, des manifestantes affirment que les tirs de mitrailleuses criminels ne sont pas venus des chars de l’armée ivoirienne tandis que des combattants venus sur le terrain par la suite affirment que les douilles ne sauraient provenir desdits chars. De plus, il est incompréhensible que des mortes soient touchées dans le dos alors que les chars étaient en face d’elles. Ce qui est en outre frappant, c’est le fait que le RDR ait choisi d’empêcher toute autopsie et tout examen des corps des tuées en les soustrayant à leurs familles et en les enterrant à la va-vite dans un terrain vague, alors que la grande majorité des corps de la guerre postélectorale se trouvaient tout de même dans les morgues, malgré le conflit. Cette volonté délibérée d’empêcher des expertises sur les corps et d’empêcher les familles de les voir fait curieusement penser à ce qui s’est passé en novembre 2004 avec les dépouilles des neuf soldats français…

Les révélations de Leslie Varenne donnent en tout cas une légitimité nouvelle à la demande du président Laurent Gbagbo, qui sollicite depuis des mois une enquête internationale sur la fameuse tuerie des femmes d’Abobo. Une autre révélation de la journaliste confirme l’intuition répandue selon laquelle coups fourrés et montages visant à manipuler l’opinion publique internationale afin de légitimer une entrée en guerre directe de la France et de l’ONU. Une intuition [...]


Lire l'article en entier sur Le Nouveau Courrier...


jeudi 23 février 2012

Wade lâché par la France et les Etats Unis



"Sénégal : De l’ingérence de la France et des Etats Unis"

Par Demba Moussa Dembélé, économiste

Extrait de Pambazuka News, 2012-02-12, Numéro 222 :

"Lâché par la France et les Etats Unis, Wade découvre que l’impérialisme n’a pas d’amis, juste des intérêts. Après qu’il les servis contre Gbagbo et contre Khadafi, voilà que les Etats Unis et la France le lâchent face à la pression populaire d’un peuple qui ne veut plus de lui. Mais que les Sénégalais se détrompent. Ni Obama ni Sarkozy ne se soucient de la démocratie et du respect des Droits de l’homme. Ils cherchent surtout à préserver leurs intérêts géostratégiques dans une région où l’instabilité du Sénégal pourrait avoir des conséquences graves.

Après les déclarations des représentants du Département d’Etat des Etats-Unis et celle de M. Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, on a vu M. Sérigne Mbacké Ndiaye, le porte-parole du président Wade, et Me Madické Niang, ministre des Affaires étrangères, se relayer pour fustiger l’ingérence de la France et des Etats-Unis dans le processus électoral au Sénégal et en appeler « au patriotisme » des leaders de l’opposition pour condamner cette ingérence. Me Madické Niang ajoutera même que le Sénégal est un « pays souverain » qui n’acceptera « aucun diktat ».

UNE SERVILITE A TOUTE EPREUVE A L’EGARD DE L’OCCIDENT

On peut penser que ces déclarations traduisent la grande amertume que leur patron, le président Wade, a dû ressentir. Voilà un homme, «complexé de la tête aux pieds » comme aime à le dire Amath Dansokho, l’un des hommes politiques sénégalais qui le connaît le mieux, dont tous les faits et gestes, tout le comportement, toutes les déclarations et prises de positions visent à plaire aux dirigeants occidentaux, surtout Obama et Sarkozy.

Tous les prétextes sont bons pour soutenir leurs politiques en Afrique et ailleurs dans le monde, même au détriment des intérêts fondamentaux du Sénégal. En témoignent la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran, la position ambigüe du Sénégal sur l’admission de la Palestine à l’ONU, le soutien inconditionnel à Sarkozy dans sa guerre contre le régime de Gbagbo en Côte d’Ivoire. Le cap dans la servilité de Wade sera franchi avec la trahison de Kadhafi et de la position de l’Union africaine sur l’agression impérialiste de l’OTAN contre la Libye

Pendant que l’Afrique cherchait à arrêter cette agression, Wade lui, préféra se mettre au service de celle-ci et trahir Kadhafi dont il fut l’un des courtisans les plus zélés. Le monde se souvient de son voyage à Benghazi pour aller soutenir les « rebelles » libyens alors que l’OTAN était en train de détruire la Libye et cherchait à assassiner Kadhafi et sa famille. Le voyage de Benghazi avait été préparé à partir de Paris et Wade et son fils avaient été accompagnés par des avions de combat français. Il est le seul chef d’Etat qui se soit rendu en Libye avant la fin de la guerre !

Allant toujours plus loin dans la servilité à l’égard de ses « amis » occidentaux, Wade avait dit lors d’un déplacement à Paris que contrairement aux autres chefs d’Etat africains, il était pour « le droit d’ingérence » contre les « dictateurs » qui répriment leurs peuples. Tant qu’il s’agissait des autres, tout va bien. Mais voilà que ce « droit d’ingérence » lui tombe sur la tête comme une massue. Comme les autres dictateurs, il est en train de réprimer son peuple qui lui demande tout simplement de respecter la Constitution. Il a déjà sur la conscience la mort de 6 personnes et plusieurs dizaines de blessés. Malgré tout cela, il croyait avoir droit à un traitement « spécial » vu sa carrière de larbin au service de l’Occident. C’est pourquoi Abdoulaye Wade doit certainement ressentir les injonctions de la France et des Etats-Unis comme une véritable « trahison ».

LES SEULS « AMIS » DE L’IMPERIALISME SONT CEUX QUI SERVENT SES INTERETS

Ainsi donc, le président Wade apprend-il à ses dépens que l’impérialisme n’a pas « d’amis », surtout dans les pays dominés. Aussi longtemps qu’il pouvait servir les intérêts géostratégiques, économiques et politiques de la France et des Etats-Unis, il avait droit aux sourires convenus et pouvait prétendre être leur « ami ». Mais aujourd’hui qu’il est vomi par la majorité de son peuple, que son régime est à bout de souffle, il ne peut plus leur être utile. C’est pourquoi ils lui montrent la porte dans le but de sauver leurs intérêts au Sénégal et dans la sous-région.

Les Sénégalais ne sont pas dupes et savent bien que les déclarations des Etats-Unis et de la France, demandant le départ de Wade, n’ont rien à voir avec la défense de la démocratie ou des droits de l’homme. Ce qu’ils craignent, c’est la déstabilisation de la sous-région consécutive à de troubles graves qui pourraient se produire au Sénégal suite à l’entêtement de Wade. Une telle déstabilisation pourrait nuire à leurs intérêts. C’est pourquoi ils pensent que la « stabilité » passe par le départ de Wade. Or dans leur jargon, « stabilité » veut tout simplement dire rester dans le giron de l’impérialisme occidental et continuer à servir ses plans géostratégiques.

Comme on le voit, ni au Sénégal ni en Côte d’Ivoire, ni en Libye ni en Egypte, les interventions des Etats-Unis et de la France, tout comme celles des autres pays occidentaux, n’ont été motivées par les « droits de l’homme » ou la « démocratie ». L’impérialisme est un système tyrannique et cynique qui n’hésite pas à semer la terreur et la mort partout pour atteindre ses objectifs. Il n’utilise le langage des droits de l’homme et de la démocratie que comme instrument de propagande au service de sa stratégie de domination et de contrôle des ressources de la planète. .

UN REGIME AUX ABOIS

Les gesticulations ridicules des porte-parole de Wade traduisent le profond désarroi d’un régime et d’un homme lâché par ses principaux parrains occidentaux. Il avait nourri l’illusion qu’il pouvait obtenir leur soutien ou du moins leur « compréhension » dans son ambition insensée de placer son fils à la tête du Sénégal. C’est l’échec de ce plan qui l’a amené à vouloir  [...]


Lire la suite sur Pambazuka News...


mardi 21 février 2012

Thabo Mbeki catégorique : "La guerre civile en Côte d’Ivoire reprendra si…"



Thabo Mbeki, ancien président sud-africain, l'annonçait il y a sept mois (extrait du Nouveau Courrier du 21.02.12) : «Ces élections n’auraient jamais dû se tenir à ce moment. Parce que les conditions d’élections démocratiques n’étaient pas réunies. De nombreux accords entre Ivoiriens disaient clairement qu’avant ces élections, le pays devait être réunifié. (…) En réalité, ce que ces élections ont fait, c’est qu’elles ont renforcé les divisions en Côte d’Ivoire. Et ont éloigné le pays de la réconciliation dont il a besoin.

Ces problèmes vont demeurer. Et tout reste à régler. Ce qui a été très malheureux dans cette affaire, c’est l’implication de la France dans ce conflit. Malheureux parce que c’était une ancienne puissance coloniale. Et c’était inévitable qu’une puissance coloniale qui s’implique comme ça utilise la force pour renverser Laurent Gbagbo. Il était inévitable que certains arrivent à la conclusion que cette ancienne puissance coloniale voulait continuer à maintenir son emprise sur son ancienne colonie (…) Les Nations unies ont aussi fauté. Elles étaient en Côte d’Ivoire pour maintenir la paix. Elles devaient être neutres, et assister les forces en présence à faire la paix entre elles. Mais le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, dans ce cas particulier, s’est ingéré dans le processus en prenant la responsabilité de dire qui avait gagné les élections contrairement aux résolutions de l’ONU qui ne lui avaient jamais demandé cela (…)

Rien de tout cela n’a aidé les Ivoiriens à régler le problème de la réunification du pays, de la réconciliation et d’un meilleur futur pour les Ivoiriens. Il est important que le continent africain, l’Union africaine, reste impliquée avec les Ivoiriens pour les aider à régler la question de l’unité nationale, de la réconciliation nationale. Si cela n’est pas fait, la guerre civile en Côte d’Ivoire va recommencer à un moment.»

Lire l'article sur Le Nouveau Courrier...


mercredi 15 février 2012

La défense du Président Gbagbo : - un site, - ce que dit son avocat



Me Altit, l’avocat de Gbagbo à la CPI : « Nous avons gagné toutes nos batailles, nous tenons le bon bout »

Par Philippe Brou. Extrait du Nouveau Courrier du 15/02/12 :

"Comment le président Laurent Gbagbo prépare-t-il sa défense devant la Cour pénale internationale, et plus particulièrement l’audience dite de «confirmation des charges» qui aura lieu le 18 juin 2012 ? Selon des sources qui lui sont proches, il est très concentré sur cette échéance, qu’il suit directement, aidé par Emmanuel Altit et Agathe Baroan. Tout juste se détend-il en lisant énormément de livres, politiques et historiques – dont le Jésus de Jean-Christian Petitfils – et par le zapping télévisuel.

Laurent Gbagbo est en contact régulier avec Me Altit. A l’occasion du séjour européen de Miaka Ouretto, numéro un par intérim du FPI, le défenseur du premier président de la Deuxième République ivoirienne, s’est confié au site internet eventnews.fr. «Les procédures à la CPI sont complexes, longues et très techniques (…) Vous avez deux buildings énormes où travaillent plus de 1000 personnes, mais rassurez-vous, nous avons gagné toutes nos batailles», a-t-il dit comme pour planter le décor. «Vous savez comme moi que la Côte d’Ivoire n’ayant pas signé le traité de Rome, il fallait l’accord des juges pour que le procureur puisse renvoyer l’affaire devant la CPI. Ce qui a été motivé par le procureur le 23 juin 2011 sur la base d’une liste de crimes que des pro-Gbagbo auraient commis entre le 28 novembre 2010 et le 11 avril 2011. Voilà comment après l’autorisation de la chambre préliminaire III du 3 octobre 2011, les enquêtes ont abouti au transfèrement du président Gbagbo à la CPI (…) A l’époque je n’étais pas encore dans la procédure avant que Gbagbo ne soit transféré, mais malgré cela, mon équipe et moi avions dénoncé l’attitude du procureur Ocampo qui n’est qu’un acte purement politique. Car en demandant aux juges de le laisser enquêter sur cette période du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011, il voudrait conclure par le fait que tout ce qui est arrivé par la suite, est la résultante du refus du président Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Ouattara (…) Nous avons produit une démo d’une trentaine de pages, démontrant que le procureur ne peut pas tenir compte dans la situation de la Côte d’Ivoire, que de la seule période du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011… Il faudra qu’il enquête également sur tout ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire depuis 2002 (…) C’est pourquoi, le procureur était obligé de faire des observations complémentaires le 3 novembre 2011 en demandant aux juges de lui permettre d’enquêter sur la période allant jusqu’en 2002. C’est une première victoire», a expliqué Maître Altit.

Qui a poursuivi. «Notre stratégie a plusieurs étages. Mais déjà sachez que avant même le transfèrement du président Gbagbo à la CPI, nous avions envoyé plusieurs mémoires aux juges, aux médias (…) c’est pourquoi le président Gbagbo était digne et respectable lors de sa comparution initiale du 5 décembre 2011. Il fallait tout faire pour lui rendre sa dignité (…) Après cela, on a tous vu le changement du rapport de force dans les médias internationaux (…) Aujourd’hui, le camp Ouattara est indexé par tous.»

Faut-il pour autant déjà crier victoire ? Emmanuel Altit demeure prudent. «A la Cpi, nous n’avions pas de bureau, le procureur ne voulait pas nous donner tous les documents en sa possession. Aussi, il faut aller sur le terrain pour les contre-enquêtes… Nous avons bataillé dur, aujourd’hui c’est chose faite surtout avec l’aide juridictionnelle. Après cette deuxième victoire, nous nous préparons pour le 18 juin pour l’audience de confirmation des charges. Mais déjà, il faut retenir que chaque jour qui passe, nous nous battons pour obtenir la victoire sur le procureur et nous tenons le bon bout. Les juges et l’opinion internationale comprennent de mieux en mieux le dossier ivoirien. Cela prépare le terrain. Ce n’est pas négligeable dans une procédure où les juges sont libres de délibérer. Aujourd’hui tout le monde va dans notre sens (…) Nous avons dans un premier temps voulu gagner la bataille du sérieux, du professionnalisme. Après donc la technique vient maintenant la stratégie sinon la politique, pour ne pas dire les faits, qui n’interviendront qu’une fois à l’intérieur des débats. Mais il était pour nous important de préparer le terrain, les esprits. Et les résultats que nous obtiendrons seront non seulement au profit du président Laurent Gbagbo, mais aussi au profit de tous ses proches visés par la justice… La semaine prochaine, d’autres requêtes seront déposées. Nous avons besoin des témoignages authentifiés en images, photos, vidéos, présence des victimes… Mais le tout dans le calme et la sérénité. Nous travaillons avec Maître Agathe Baroan, une Ivoirienne. Pour dire que notre équipe n’est pas fermée».

En évoquant les témoignages dont la défense a besoin, l’avocat du président Gbagbo évoque tous les indices et éléments de preuve susceptibles de battre en brèche les thèses défendues par le procureur Ocampo. C’est-à-dire par le régime Ouattara. La balle est donc [...]


Lire la suite dans Le Nouveau Courrier...


mardi 14 février 2012

CAN - récupération politique loupée de peu


« Tranquillisez vous, rien n’est encore perdu ! Il faut que l’Onu certifie le score et que la communauté internationale le reconnaisse. Il y a encore de l’espoir ». « Ivoiriens, Ivoiriennes, vraiment on peut compter sur la communauté internationale. Ne vous inquiétez pas. L’Onu ne reconnait pas encore la victoire de la Zambie. Ce n’est pas encore certifié. L’Onu compte demander à la Zambie de reconnaitre sa défaite et de rendre la coupe à la Côte d’Ivoire. Au pire des cas, la Licorne devra intervenir et si ça ne marche pas, alors on expédie le gardien zambien et ses coéquipiers qui ont osé marquer les penalties à la CPI ». ("Ce que Ouattara préparait en cas de victoire")


"Pourquoi la CAN ne pouvait pas réconcilier des Ivoiriens plus divisés que jamais"

Par La rédaction du Nouveau Courrier du 14/02/12. Extrait :

"L’opération de communication massive orchestrée depuis le Palais du Plateau a fait «pschitt». [...] Le trophée était annoncé, par ceux qui veulent réconcilier sans panser, sans écouter et sans réparer, comme le signe absolu de la fin de toute discorde au sein d’une Nation à qui tout réussit sous l’égide son chef bien aimé. Pour cette raison, un nombre incroyable d’officiels ont – une fois de plus – gaspillé l’argent public pour faire le voyage de Libreville, dans l’espoir de profiter de l’entrée triomphale des Eléphants dans une ville d’Abidjan en liesse pour se griser d’une popularité usurpée.

C’est bien là le signe du double langage du régime ivoirien, mielleux à destination de l’étranger comme il est brutal – psychologiquement aussi – à l’intérieur. Cette victoire des Eléphants devait être présentée comme le signe de la «baraka» de Ouattara, et de la confirmation de ce qui est «l’ordre juste» en Côte d’Ivoire. Les thuriféraires du régime le disaient : comme en 1992, les Eléphants ramèneraient la Coupe à Abidjan parce que, comme en 1992, Ouattara est aux affaires et Gbagbo est en prison – à sa place naturelle, entendaient-ils affirmer, faisant ainsi la démonstration de leur hostilité historique au mouvement de démocratisation et à «l’indocilité» ivoirienne. Hier comme aujourd’hui. La victoire des Eléphants n’était pas, pour eux, la promesse d’une réconciliation authentique, mais la poursuite d’un écrasement, d’une humiliation censée frapper les esprits au sein du petit peuple auquel il aurait été seriné que «Dieu aime Ouattara».

[...] Les Eléphants n’ont pas gagné. Mais la manœuvre du régime Ouattara, appuyée par une Organisation des Nations Unies qui a oublié son devoir d’impartialité vis-à-vis de ses pays membres, est révélatrice d’un état d’esprit détestable et dangereux. Cet état d’esprit est contenu dans la phrase de Charles Konan Banny, amorphe patron de la Commission dialogue vérité et réconciliation, qui disait en substance que les Ivoiriens se réconciliaient sans s’en rendre compte. De combien de tonnes de lâcheté cette élite-là, et les diverses coteries internationales qui accompagnent le régime Ouattara, se sont lestées pour ne pas oser voir ce que le commun des mortels voit ? En tout cas, on se situe plus que jamais au degré zéro du politique ! Quand des chanteurs ou des footballeurs sont appelés à la rescousse pour régler des problèmes qui ne les concernent pas, c’est qu’il y a une démission des dirigeants et une incompétence manifeste. Dans le cas d’espèce, le problème est simple. Personne, dans le clergé, dans le gouvernement, au sein des syndicats, de la société civile et du corps diplomatique, parmi les guides religieux, n’ose se lever pour dire à Alassane Dramane Ouattara que sa manière de gouverner dans le sadisme, la brutalité et le «rattrapage ethnique» est porteuse des plus grands périls.

Comment réconcilier la Côte d’Ivoire alors que les Dozos et FRCI canal Forces nouvelles continuent de traumatiser et de tuer, comme nous le montre l’actualité récente à Arrah, notamment développée dans cette édition du Nouveau Courrier ? Comment apaiser alors que l’absurdité judiciaire triomphe dans le traitement des prisonniers politiques, dont le cas Michel Gbagbo est emblématique de la cruauté d’Etat en Côte d’Ivoire ? Comment rassembler quand tout semble être mis en œuvre de manière rationnelle pour vider les villages Wê du peu de population qui reste, et quand aucun programme sérieux ne vise à rassurer les centaines de milliers de déplacés internes et de réfugiés ivoiriens ? [...]

Il s’agit de revenir aux fondamentaux au lieu de persévérer dans la politique de l’autruche. La France «black-blanc-beur» célébrée après la victoire à la Coupe du monde de 1998 a-t-elle empêché Jean-Marie Le Pen d’être au second tour de la présidentielle dans l’Hexagone quatre ans plus tard ? La supplique de Didier Drogba demandant hier, après l’historique qualification à la Coupe du monde de 2006, de «déposer les armes» et «d’aller aux élections» a-t-elle eu la moindre conséquence sur la tragédie ivoirienne et l’inflexibilité des rebelles d’alors ? La victoire des Pharaons d’Egypte a-t-elle empêché [...]


Lire la suite sur Le Nouveau Courrier...


lundi 13 février 2012

CAN - Bravo la Zambie !





Voir ici... Et ici.


samedi 11 février 2012

La résolution 1975 et son interprétation élargie...


Une analyse de Théophile Kouamouo - vidéo :


Kouamouo fait parler la résolution 1975 et les civils tués à Abidjan...
par legrigriinternational


Les civils face aux armes lourdes des milices ouattaristes sous les yeux des forces sarko-onusiennes...


jeudi 9 février 2012

Aliot sur Guéant : Quand l’UMP dépasse le FN à force de lui courir après…


Et quand Accoyer remporte brillamment un point Godwin pour Guéant !


Louis Aliot (FN) sur Radio-France (5.02.12) :

Question de Marie-Ève Malouines : « Vous avez parlé de provocation de Claude Guéant, ce qui veut dire que pour vous, hiérarchiser les civilisations est une provocation ? Vous n’êtes pas d’accord ? »

Louis Aliot : « […] toutes les civilisations ont leurs avantages et leurs inconvénients. […] Notre civilisation européenne, occidentale, a porté des valeurs très hautes, mais il fut un temps où par exemple l’islam a porté des valeurs très hautes aussi, notamment en matière de science ou de littérature. L’histoire du monde est ainsi faite. Moi je ne hiérarchise pas ces choses-là. »

À force de courir après le FN, de campagne de 2007 en discours de Dakar et en discours de Grenoble, la droite sarkozienne se fait donc taper sur les doigts par le FN, qui affirme ne pas aller aussi loin en matière de hiérarchisation humaine ! (Ce qui est tout de même la définition du racisme !)


Najat Vallaud-Belkacem sur France 3 (Soir 3 – 8.02.12) : « Ce qu’a dit le député Letchimy, c’est qu’en assumant une inégalité entre les civilisations, Claude Guéant est entré dans une logique de pensée qui hiérarchise les hommes en fonction de la civilisation à laquelle ils appartiennent, que cette logique de pensée nous parait très dangereuse car les conséquences peuvent être irrémédiables, on l’a vu dans l’histoire souvent, et que par ailleurs ça n’a aucun sens de classer les civilisations les unes par rapport aux autres et de considérer la nôtre la civilisation européenne comme supérieure, elle qui avait donné naissance par exemple à la Shoah. Vous admettrez que c’est un raisonnement de bon sens : comment peut-on considérer notre civilisation comme supérieure aux autres après avoir connu des tragédies historiques comme celle-là ? C’est ça les propos de M. Letchimy. Il n’a traité personne de nazi. […] Oui, la logique de pensée qui tend à hiérarchiser les hommes les uns par rapport aux autres en fonction du groupe auquel ils appartiennent ou de leur lieu de naissance n’a entraîné dans l’histoire que des guerres, des catastrophes et des drames. Oui, c’est une évidence. […] il ne faut pas relativiser le propos initial de Claude Guéant qui est un vrai problème, qui n’est pas une petite phrase, qui touche à l’essentiel. »


Suite au rappel de ces quelques faits par Letchimy, Accoyer, le président de l’Assemblée nationale, s’échauffe, prend en cible le député qui met le doigt sur le problème, fait mine de s’offusquer, jusqu'à mobiliser le bureau de l'Assemblée nationale !… et obtient un point Godwin pour Guéant… Une façon subtile d’obtenir un point Godwin en donnant l’air de ne pas y toucher et en laissant croire que c’est celui qui ne fait que dire l’évidence qui l’a gagné ! (La méthode a déjà connu d’autres utilisateurs.)

Un point Godwin obtenu, donc, aussi discrètement que brillamment : en faisant mine de ne pas remarquer que ce qui caractérise le moment de la civilisation européenne qui a conduit au nazisme, c’est précisément la hiérarchisation des hommes en fonction de leur « civilisation » ou de leur origine.

Le successeur de Césaire à Fort de France n’est pas dupe : « Au bout de l'humanisme formel et du renoncement philosophique, il y a Hitler.
Et, dès lors, une de ses phrases s'impose à moi :
"Nous aspirons, non pas à l'égalité, mais à la domination. Le pays de race étrangère devra redevenir un pays de serfs, de journaliers agricoles ou de travailleurs industriels. Il ne s'agit pas de supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les amplifier et d'en faire une loi."
Cela sonne net, hautain, brutal, et nous installe en pleine sauvagerie hurlante. Mais descendons d'un degré.
Qui parle ? J'ai honte à le dire : c'est l'humaniste occidental, le philosophe "idéaliste". Qu'il s'appelle Renan, c'est un hasard. » (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme)



mardi 7 février 2012

Jean-Luc Mélenchon : l'honneur de la France sur la Côte d'Ivoire



«La politique qui a été appliquée en Côte d’Ivoire est une politique impériale. La France s’est immiscée dans la discussion rude qu’avaient entre eux les Ivoiriens. Cette discussion à laquelle elle n’aurait jamais dû se mêler. Il fallait respecter de manière extrêmement scrupuleuse l’indépendance des Ivoiriens. Il a été aussitôt organisé contre Laurent Gbagbo une sorte de pression internationale car son régime déplaisait, le Front populaire ivoirien, beaucoup à la droite internationale. Qui depuis des années manipulait leur marionnette, M. Ouattara, qui a précédemment nui au précédent président, et au précédent encore avant. Car c’est un homme qui a été en quelque sorte introduit par les instances internationales, et notamment par les Nord-Américains et les Français depuis de très nombreuses années. Et c’est cet homme a fomenté toutes sortes de complots, a épousé toutes sortes de rébellions absolument insupportables comme celle qui est venue du Nord du pays où se sont pratiquées les plus grosses fraudes électorales.

Et la France s’est mêlée de tout cela, est intervenue de manière militaire et elle a fait en quelque sorte que M. Gbagbo soit embastillé. Et il est aujourd’hui traduit devant le Tribunal pénal international alors que son pays n’a pas signé les clauses de ce Tribunal pénal international. Si l’on procède de cette manière, il y a un certain nombre d’Américains qui pourraient être arrêtés et envoyés au même tribunal, on ne le fait pas. Maintenant, je vais vous dire une chose. Je plaide pour que l’on relâche le fils de M. Gbagbo, qui est un de nos compatriotes, qui est un Franco-Ivoirien, et qui est retenu sans aucune raison légale. Simplement du fait de son nom et de sa filiation avec son père M. Gbagbo, qui est détenu en prison. J’estime que la France s’honorerait en intervenant pour qu’il soit libéré. Merci de m’avoir posé cette question, elle me permet de dire ce que je pense aux Ivoiriens qui se trouvent en France, avec toute mon affection.»

Jean-Luc Mélenchon, sur la radio française RMC.
Source : Le Nouveau Courrier




Il a près d'un an, Jean-Luc Mélenchon avertissait déjà :





Voir aussi, sur "Alternatives et cohérence" :

"Pour solde de tout compte…

Un cerbère à deux tètes...

Les propos tenus par le premier ministre français François Fillon, et approuvés par Martine Aubry sur le plateau de l’émission «Des paroles et des actes», le vendredi 2 février 2012, nous les interprétons comme un solde de tout compte, entre nous français d’origine africaine et les deux partis se partageant le pouvoir à tour de rôle en France.
Incidemment, les échéances électorales majeures se profilant à l’horizon, apparaissent comme étant une étape décisive dans notre affirmation sur le plan politique.
Il est temps pour nous de montrer à cette clique de politiciens inconséquents, lâches et hypocrites que nous ne boirons plus jamais l’eau croupie qui leur tient lieu de discours politique.


Responsables et conscients…

Foin de discrimination positive ou d’ouverture factice aux enfants issus des ex-colonies françaises, du chef du Parti Socialiste et de l’UMP !
Lorsque le discours affiché est en contradiction évidente avec les actes posés, le citoyen conscient doit prendre ses responsabilités.
Conscients, nous sommes de plus en plus nombreux à l’être.
Responsables, nous avons tiré les enseignements des derniers agissements du gouvernement en matière de politique internationale, au sujet de l’Afrique en général et de la Côte d’Ivoire en particulier.
Responsables, nous tirerons les enseignements des déclarations de chacun, sur ces enjeux revêtant une importance particulière à nos yeux.

Il est désormais hors de question de déterminer notre vote en basant notre jugement uniquement sur des problématiques internes.
Notre voix doit être entendue des décideurs politiques en charge des formations politiques de notre pays.
Le mépris, le dédain affichés face à nos revendications, nous nous devons de les combattre au moyen de toutes les armes mises à notre disposition, et notamment avec la plus puissante d’entre elle : le bulletin de vote.
La réponse à la cécité et la surdité de ceux qui nous gouvernent se doit d’être cinglante.
La réponse à la cécité et la surdité de ceux qui sollicitent nos suffrages se doit d’être mémorable.


Révisionnisme d’état…

Alors que la France s’est posée récemment en défenseure universelle de la vérité historique, ne craignant pas d’humilier le peuple turc à travers la discussion et le vote d’une loi mémorielle, le premier ministre François Fillon s’est livré vendredi à un exercice qu’il affectionne particulièrement et dont il est coutumier : le révisionnisme historique.
Le cynisme, dont il a fait preuve, est un affront pour lequel réparation sera demandée et obtenue.

Répondant à une question de Martine Aubry, il s’est livré à une apologie répugnante et inacceptable du discours de Dakar, prononcé jadis par Nicolas Sarkozy.
Pour lui « Le discours de Dakar a été un très beau texte qui a été manipulé ». Poursuivant sur sa lancée il affirme: «Qu’est-ce qu’on voit en Afrique ? Que la France a tenu un discours de vérité et a défendu la démocratie en Côte d’Ivoire. On a reçu, il y a quelques jours, le président élu de la Côte d’Ivoire. S’il n’y avait pas eu la volonté du président de la république française […] C’est la démonstration que le président de la république s’est battu pour la démocratie».
La réaction de Martine Aubry, fidèle à la ligne pro-Ouattara adoptée par le PS, est sans ambiguïté, elle reconnait que le PS s’est reconnu sans cette action, « Nous l’avons salué » affirme-t-elle.

François Fillon n’en est pas à son coup d’essai, le 21 mai 2009 en voyage officiel au Cameroun, et en réponse à la question d’une journaliste camerounaise il déclare : « Je dénie absolument que des forces françaises aient participé en quoi que ce soit à des assassinats au Cameroun. Tout cela est de la pure invention ».
A l’image d’un Faurisson, le premier ministre français use du révisionnisme historique.
Il est inconcevable qu’un homme de cette culture soit ignorant des eaux sombres dans lesquelles, la France et ses séides autochtones plongèrent le Cameroun, au lendemain de l’indépendance.
C’est à l’aune de ce révisionnisme qu’il apprécie la portée du discours de Dakar.
C’est le même révisionnisme qui le pousse à mentir au peuple français lorsqu’il présente l’intervention coloniale, ayant eu lieu à la suite du contentieux électoral de 2010, comme un coup de pouce à la démocratie ivoirienne.

Ces affabulations, l’histoire les jugera sans coup férir, mais il nous revient de sanctionner la politique menée par le gouvernement Sarkozy, lors du scrutin présidentiel d’Avril 2012 et de celui des élections législatives, organisées dans la foulée.
M. Fillon et ses amis n’ont pas pris conscience du niveau de rejet qui est le leur dans la communauté.
Ils n’ont pas pris conscience que le temps de la résignation est dépassé.
La colère née de cette vision méprisante et paternaliste de l’Afrique et des citoyens français qui en sont originaires trouvera sa traduction dans les urnes. [...]


Lire la suite sur "Alternatives et cohérence"...


dimanche 5 février 2012

Jean-Luc Mélenchon parle de la Côte d'Ivoire



Lu sur le blog de Théophile Kouamouo. Extrait :

Souvenons-nous de ce que Jean-Luc Mélenchon disait sur la Côte d'Ivoire le 17 avril 2011...

"Le parti de Laurent Gbagbo était membre de l’internationale socialiste. Quelle contribution a pris l’internationale socialiste au règlement de la crise ? Aucune. Quels ont été les membres de cette illustre organisation qui se sont interposés dans le drame ? Aucun. Pourtant le PS français assure la vice présidence de cette organisation et Pierre Mauroy en a été le président ! Que dit cette organisation sur la capture de l’un des siens et son emprisonnement dans une zone contrôlée par des mercenaires sanguinaires ? Rien. Quant aux dirigeants français du PS, prompts à faire des visites sur place ? Rien. Combien d’année, le délégué national aux questions africaines a-t-il été aussi un intime de Laurent Gbagbo ? Lui, du moins, a-t-il assumé loyalement jusqu’au bout. Mais les autres ? Et euro RSCG, l’agence de communication de Dominique Strauss-Kahn, organisatrice de la campagne électorale de Laurent Gbagbo. Vont-ils rendre l’argent au nouveau pouvoir pur et sincère de monsieur Ouattara ? Non bien sur ! Sinon il faudrait rendre celui d’Eyadema, celui de Bongo et celui de combien d’autres ? Admettons. Admettons que chacun ait, en cours de route, découvert qu’ils ont soutenu par erreur un odieux tyran. Dans ce cas pourquoi ne demandent-ils pas à l’internationale socialiste une réunion pour prendre la mesure du nombre de ses membres qui viennent de perdre le pouvoir dans la violence ? Pourquoi n’ont-ils jamais demandé leur exclusion avant ? Pourquoi ont-ils gardé toutes leurs responsabilités dans cette organisation ?

Ces débats sur la nature et l’orientation de cette organisation m’ont été mille fois refusé, l’air excédé, par un François Hollande, du temps qu’il dirigeait le PS. Il n’y a pas eu une minute de débat quand leur ami De Larua fit tirer sur la foule argentine par ses policiers, ni quand leur ami président du Venezuela social démocrate fit tirer sur celle de Caracas, ni sur leur cher Alan Garcia élu président du Pérou avec l’aide de la droite qui fit massacrer paysans et prisonniers de droit commun. Aucune de mes mises en garde concernant cette organisation, faites de vive voix ou par écrit dans mes livres et articles, n’a jamais reçu un mot de réponse ni soulevé une minute de débat. Ils s’en moquent, ils ne savent pas où c’est, ils ne savent pas de qui il s’agit…. On connait la musique. Ils soutiennent n’importe qui, n’importe comment, du moment que l’intéressé a un tampon de l’Internationale Socialiste et paye le voyage. « Nous ne permettons pas aux autres de nous dire ce que nous devons faire, de quel droit irions-nous leur dire ce qu’ils doivent faire eux » m’avait lancé François Hollande. Après quoi ils sont prêts à abandonner leurs amis d’un jour à la mare aux caïmans, quand ça tourne mal.

Mais le cas de Laurent Gbagbo ne ressemble à aucun autre. Je prends le risque de me voir affubler par bien des petites cervelles qui liront ces lignes une nouvelle fois de leurs simplifications offensantes. Mais je ne risque, moi, aucune confrontation désagréable avec mes actes. J’ai rencontré Simone Gbagbo du temps où elle était dans l’opposition. Je n’ai jamais été invité sous sa présidence. Je n’ai jamais participé à une conférence sur place, ni été défrayé pour cela, je n’ai pas eu de tache d’écriture rémunérée par euro RSCG. Gbagbo ne m’a jamais téléphoné, écrit, fait porter des messages ou interpellé. J’étais, pour lui aussi, ce que j’étais pour ses chers amis du PS et de la gauche du PS. Une ombre au tableau. Mais il reste ceci : que ça plaise ou pas :

Gbagbo a été la seule tentative de faire de la vraie sociale démocratie en Afrique. Qu’il ait échoué, dérivé ou ce que l’on voudra, mérite mieux que le lâche abandon auquel ont procédé les dirigeants du PS français. Les ivoiriens méritaient au moins une tentative d’interposition politique. Aujourd’hui, au moins par compassion humaine, par respect pour leur propre passé et leur ancienne amitié, ils devraient se soucier de savoir ce que devient Laurent Gbagbo et sa famille entre les mains des mercenaires givrés de Alassane Ouattara. Ils ne le feront pas. Ils espèrent juste que ça passe et qu’on ne leur demande aucun compte.

Je crois bien que les images de « l’arrestation » de Laurent Gbagbo devraient créer un grand malaise. Leur violence, le style « mercenaire aux yeux rouges » des assaillants, l’ambiance de lynchage des vaincus, les violences faites aux femmes, l’évidente main mise de notre armée sur l’opération, rien ne ressemblait moins à une opération de protection de la population sous mandat de l’ONU. Mais, depuis le début, Laurent Gbagbo est l’homme à abattre pour les concessionnaires français qu’il a menacé dans leurs intérêts un temps même s’il les a bien cajolé ensuite. Cela n’excuse rien, mais cela explique tout. Et d’abord la réécriture de la personnalité d’Alassane Ouattara. En fait, un vrai aventurier repeint en bon père de la démocratie. Soutenu par l’ancien président hier accusé de totalitarisme, Konan Bédié qui l’avait empêché en son temps d’être candidat à l’élection présidentielle, et par le premier ministre de Gbagbo, un soi disant « rebelle du nord », vrai seigneur de la guerre, dont les mercenaires ont été immédiatement maintenus en place et rebaptisés en « force républicaine », le changement de camp valant amnistie pour les crimes qui leur étaient hier reprochés. Alassane Ouattara est un chef de clan et rien de plus. L’argument de sa victoire électorale est une fiction qui pouvait être utile aussi longtemps qu’il pouvait y avoir une perspective d’accord sur ce point entre les parties. Mais il n’y en avait pas.

Ne restaient donc en présence qu’une addition de tricheries. Valider les mensonges des bourreurs d’urnes d’Alassane Ouattara revenait à prendre partie dans une guerre civile. Elle dure depuis 2003. La raconter obligerait à un récit qui prendrait trop de place. Aucune page n’y valut mieux que la précédente. Mais aucune ne correspond au récit simpliste de la lutte entre gentil et méchant qui repeint Gbagbo en tyran et Ouattara en démocrate. Car si l’on en a vu beaucoup montrer du doigt ce fait que Gbagbo n’a pas obéi aux injonctions de l’ONU, on dit moins, et même jamais, que Ouattara n’y a pas davantage obéi. Notamment parce que ses mercenaires n’avaient pas désarmé pendant l’élection, contrairement à la demande de l’ONU. Leur influence pédagogique explique sans doute les votes à 90 % en faveur de sa candidature dans les zones qu’ils contrôlaient. On vit clairement le parti pris quand fut refusé le recomptage des suffrages, demandé par Gbagbo et refusé par Ouattara. Pourquoi ? On l’avait bien fait aux USA, faut-il le rappeler ? A la fin il faut se souvenir que le mandat de l’ONU était de "protéger les civils" et d’"empêcher l’utilisation d’armes lourdes" contre eux, pas d’aller arrêter un président sortant en bombardant le palais présidentiel.

Mais qui s’en soucie ? « Vae victis », comme dirait Michel Denisot. Malheur aux vaincus ! Je crois que cette opération militaire déclenchée sans le début d’une discussion et ou d’un vote de l’assemblée nationale commence un mauvais style pour la suite de nos relations avec l’Afrique. Il est urgent que notre pays se ressaisisse. En premier lieu que le parlement ne laisse plus s’installer cette habitude qui voit dorénavant tous les artifices d’interprétation et de procédure réunis pour justifier que les parlementaires n’aient jamais leur mot à dire sur les expéditions militaires du pays. On n’a voté à l’Assemblée et au Sénat ni sur l’Afghanistan, ni sur la Libye, ni sur la Cote d’Ivoire ! Ni avant, ni pendant, ni depuis ! Et, bien sûr, c’est nous qui donnons des leçons de démocratie aux autres ! Mais nous, quel genre de démocratie est donc [...]


Lire la suite sur le blog de Théophile Kouamouo...


vendredi 3 février 2012

"V'la qu'y s'arrêtent entre eux maint'nant, ça doit pas marcher bin fort"...



"Le directeur de publication et un journaliste du Journal le Patriote embastillés !

Lu sur SOS Droits Humains en Côte d'Ivoire :

Publié par Abousalam le mer, 01/02/2012 :

"Le Directeur général de « Le Patriote » quotidien proche du président de la république de Côte d’Ivoire est en détention préventive depuis mardi à la Direction de la surveillance du territoire (DST). Son crime ? Une infraction à l’article 2000-514 du 1er Août 2000 portant code électoral en Côte d’Ivoire.

« Atteinte à la liberté de presse ! Trahison des promesses faites par le grand timonier de la république de Cote d'Ivoire ! » s"égosille l’ardent Zorro, défenseur intermittent et sélectif des atteintes à la liberté de la presse qu’est RSF qui s’est empressée de se fendre du communiqué qui suit :

Le directeur de publication du quotidien Le Patriote, Charles Sanga, a été arrêté à Abidjan, dans la soirée du 31 janvier 2012, par la Direction de la surveillance du territoire (DST), a appris Reporters sans frontières. L’organisation demande sa libération immédiate.

Un article du journaliste Jean-Claude Coulibaly, publié le 31 janvier par Le Patriote, traitait du contentieux des législatives du 11 décembre 2011 et annonçait de façon exclusive l’invalidation de 11 sièges, avant même que le Conseil constitutionnel rende lui-même publics les résultats de ce contentieux.

Les autorités, qui ont demandé que Jean-Claude Coulibaly se présente à la DST, reprochent au journal la "publication d’informations confidentielles" et exigent que le quotidien révèle ses sources [...]


Lire la suite sur SOS Droits Humains en Côte d'Ivoire...



jeudi 2 février 2012

Finalement, Bel n'a pas trinqué...



"Alassane Ouattara n’a pas été reçu au Sénat à Paris : Révélations sur un boycott qui ne dit pas son nom"

Par Philippe Brou. Extrait du Nouveau Courrier du 01.02.12 :

"L’information, qui circulait dans les milieux spécialisés depuis le week-end dernier, est désormais confirmée. Contactés par une responsable d’association ivoirienne, des membres du cabinet de Jean-Pierre Bel, le président socialiste du Sénat français, ont concédé que leur patron n’avait pas honoré l’audience qu’il devait accorder à Alassane Ouattara, dans le cadre d’une visite d’Etat à laquelle Nicolas Sarkozy désirait donner tout le lustre républicain possible. La sous-direction du Cérémonial et la cellule protocole de la présidence de la République française tenaient à ce que Ouattara soit reçu par le président du Sénat, deuxième personnalité de l’Etat selon la Constitution et troisième personnalité dans l’ordre protocolaire. Mais vendredi dernier, les observateurs ont constaté que les services de Communication du concerné ont diffusé les photos de Ouattara avec le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et avec le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer... mais pas avec le président du Sénat.

Les collaborateurs de Jean-Pierre Bel sont gênés aux entournures. Ils ne veulent pas assumer un boycott pur et simple, et mettent l’absence de leur patron au sein de son institution sur le compte de « problèmes de calendrier ». Oui, mais voilà. Vendredi dernier, Jean-Pierre Bel était à Lavelanet, une bourgade au fin fond de l’Ariège [...], bien loin de Paris, pour remettre la médaille d’Officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres à Mady de la Giraudière, une artiste peintre locale dont la distinction avait été octroyée depuis le 5 juillet 2011 par le ministre Frédéric Mitterrand.

Les connaisseurs des arcanes et des usages de la vie politique française sont formels. Jean-Pierre Bel a été informé bien à l’avance de la visite de Ouattara, et s'il avait opposé un désaccord ferme, son « rendez-vous » avec Ouattara n’aurait pas été inclus dans le programme officiel d’une visite d’Etat, qui est un exercice où l’improvisation n’a pas vraiment de place. Jean-Pierre Bel aurait aussi bien pu repousser sa cérémonie à Lavelanet ou alors y déléguer un de ses collaborateurs. Il a boycotté Ouattara, visiblement à la dernière minute, sous la pression militante de ceux qui relèvent les nombreuses violations des droits de l’Homme du régime ivoirien. Mais ne va pas jusqu’à s’en vanter.

Son attitude correspond à peu près à l’état d’esprit du Parti socialiste français aujourd’hui. Alors qu’elle a soutenu hier les aventures néocoloniales de Nicolas Sarkozy en Côte d’Ivoire et en Libye, la première formation d’opposition française ne veut pas donner à Sarkozy, qui s’annonce comme le principal adversaire de François Hollande et dont le bilan est désastreux à tous points de vue, des raisons de faire campagne sur ses prétendus succès sur la scène internationale. Une sorte de partage de rôles entre un Bel abstentionniste et un Delanoë coopératif semble donc avoir été choisie. Cette gêne, qui ne va pas encore jusqu’à des prises de position fermes contre les dérives dictatoriales du protégé de Nicolas Sarkozy, pourrait évoluer et se transformer en une vraie prise de distance au fil de la campagne en vue du scrutin présidentiel. Une chose est sûre : la voix de militants de gauche au départ bien isolés, mais qui mettent constamment en garde contre le vrai visage de Ouattara se fait de [...]


Lire la suite sur Le Nouveau Courrier...


mercredi 1 février 2012

Le sous-préfet aux Champs (Élysées)


"Côte d’ivoire : De nouveaux accords de défense, une Françafrique retrouvée"

Par Yann-Yéc'han. Extrait de San Finna, hebdomadaire burkinabè, 31.01.12 :

"Alassane Ouattara se rendant en visite officielle à Paris pour chanter les louanges de celui qui l’aura fait, voilà le genre de choses qui fait prendre conscience à tout un chacun qu’on est très loin d’en avoir terminé avec les affaires de la Françafrique.


Le but du président Ivoirien : venir implorer une réduction de la dette ainsi que signer de nouveaux accords de défense (et ce, sans aucunes clauses secrètes, s’il vous plait ).

Premier geste qui nous fait tiquer : pour accueillir le président Ivoirien, Nicolas Sarkozy enverra son ministre de l’intérieur, Claude Guéant [normal, ministre de tutelle pour un "sous-préfet" : le pouvoir français a de l'humour (Note de DeLugio)]. Inutile de constater le mépris du président Français envers la Côte d’ivoire !! Mais de cela, le si polissé Alassane Ouattara ne s’en offusquera guère !! De même, le petit protégé du locataire de l’Elysée trouvera tout à fait naturel de se déplacer en personne pour aller à la rencontre des médias !!

On ne peut pas dire qu’Alassane Ouattara déclenche l’hystérie collective, le scoop, au sein de la presse Française…

Comment ne pas ressentir de la nostalgie concernant l’ère Gbagbo !! Ce président qui était à l’extrême opposé de ce que représente Alassane Ouattara aujourd’hui !!

Il est triste de constater que les présidents rebelles, ceux là mêmes qui n’ont pour seule et unique ambition que le développement de leurs pays, ne font pas de vieux os !! Si l’on peut se réjouir, notamment dans la région Ouest Africaine, d’un éveil de la conscience chez nos chefs d’état Africains (Thomas Sankara, Laurent Gbagbo), force est de constater que la vieille Françafrique, elle, ne semble pas encore prête à couper le cordon ombilical !!

Comment ne pas rire sous cape en entendant François Fillon vanter en ce président installé par la force des armes « un grand représentant de la démocratie en Afrique » ??

Si Alassane Ouattara apprécie fortement les compliments venant de son ami Sarkozy, comme il aime lui même à le définir, il n’empêche qu’une fois reçu par le maire Bertrand Delanoé, il ne se fait pas prier pour faire du pied à la gauche Française et tout particulièrement, au futur candidat Hollande qui, à en croire les sondages, a toutes ses chances de succéder à l’actuel [...]


Lire la suite sur San Finna...