
samedi 24 décembre 2011
Cadeau de Noël ? Enfin un autre son de cloche dans un journal français !
Côte d'Ivoire : coup d'Etat contre Laurent Gbagbo ?
Par Alain Léauthier - Marianne - Jeudi 22 Décembre 2011. Extraits :
Un coup d’Etat contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ? Jusqu’à présent la thèse prospérait surtout dans les milieux proches du président déchu, désormais entre les mains de la Cour pénale internationale CPI), et dans quelques cercles panafricanistes dont l’audience dépasse rarement les réunions de la gauche radicale. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un livre réclamé par un nombre croissant de libraires, du moins en France, puisqu’il semble en revanche quasiment introuvable à Abidjan.
Côte d’Ivoire, Le coup d’Etat, de Charles Onana, Editions Duboiris, 20€.

Au terme d’une enquête de plusieurs mois, le journaliste franco-camerounais Charles Onana entend démontrer que la chute de Laurent Gbagbo était programmée de longue date : par Paris, par certains chefs d’Etat voisins étroitement liés à la France, notamment Blaise Campaoré, le président burkinabé peu réputé pour sa fibre démocratique, et enfin par les ex-rebelles du Nord sur lesquels Alassane Ouattara s’est appuyé pour prendre le pouvoir. À ceux qui lui reprocheront une vision trop « complotiste », Onana rétorque qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’une vulgaire barbouzerie, comme l’Afrique en a connu tant, mais d’une option d’Etat : un président trop indépendant à la tête d’un pays considéré, à bien des égards, comme stratégique, gênait. Il fallait donc le « dégager ».
Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Afrique et notamment le Rwanda et la RDC (Congo-Kinshasa), le journaliste ne nourrissait aucun préjugé particulier à l’égard des divers acteurs du drame. [...]
Le livre décortique plusieurs épisodes troublants des relations franco-ivoiriennes [... et...] a le mérite d’éclairer différemment la crise ivoirienne dont les racines remontent aux lendemains de l’indépendance.
[...]
Après les massacres à grande échelle commis par les ex-rebelles lors de leur offensive au mois d’avril dernier, la région n’a toujours pas retrouvé la paix. Et en dépit de promesses répétées, Alassane Ouattara n’a toujours pas validé l’arrestation de ceux de ses anciens alliés qui se seraient rendus coupables de crimes de guerre. La lecture du livre d’Onana tombe donc à point nommé pour mieux comprendre le parcours et les motivations de celui qui rendra visite à son ami Nicolas Sarkozy au début de l’an prochain.
Extraits de deux chapitres proposés par Marianne2 :
1)
Le 6 novembre 2004, deux avions Sukhoï 25 appartenant aux forces armées ivoiriennes (FANCI) et pilotés par des mercenaires biélorusses bombardent le camp militaire français du lycée Descartes à Bouaké causant la mort de neuf soldats français et d’un civil américain. Trente-huit soldats français seront également blessés au cours de cette attaque. À Paris, on accuse immédiatement le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, d’être à l’origine de cet acte criminel.
Une décision du président Jacques Chirac est aussitôt transmise par Michèle Alliot-Marie au chef d’état-major des armées, le général Henri Bentegeat, l’autorisant à détruire l’aviation ivoirienne. Peu après, deux MI 24 et deux Sukhoï 25 sont rendus inopérants. Tout laisse croire à cet instant que la riposte française est légitime. Simplement, un problème se pose. Au lieu de rechercher les auteurs de l’attaque contre les soldats français afin de les mettre à la disposition de la justice, les autorités françaises les laissent s’enfuir vers le Togo puis hors d’Afrique.
Dans la période qui précède le bombardement, la Côte d’Ivoire est coupée en deux. Toute la partie nord du pays se trouve sous le contrôle des forces rebelles pro-Ouattara. Le Sud, incluant Abidjan, est la seule zone placée sous l’autorité des forces gouvernementales. Entre les deux, il y a ce qu’on qualifie de « zone de confiance », placée sous le contrôle de l’armée française. Malgré ce grave problème de partition de fait du pays et d’occupation illégale d’une partie du territoire par les rebelles, « la communauté internationale », c’est-à-dire essentiellement pour l’occasion les Etats-Unis et la France, presse néanmoins Laurent Gbagbo dont le mandat arrive à expiration d’organiser les élections présidentielles en 2005. (…)
L’accord d’Accra III du 30 juillet 2004 exige pourtant que les rebelles procèdent au désarment au plus tard le 15 octobre de la même année. Lorsque la date butoir arrive, les rebelles d’Alassane Ouattara ne sont ni blâmés ni sanctionnés pour non respect de leurs engagements. Laurent Gbagbo comprend alors qu’il n’a plus le choix. Le président choisit de reconquérir militairement le Nord du pays devenu un bastion des forces rebelles.
Le 2 novembre 2004, le colonel Mangou qui dirige les opérations des forces gouvernementales sur le terrain, informe un officier supérieur français de l’imminence d’une offensive contre les rebelles.
Dans la même journée, on assiste à un déploiement des avions Soukhoï 25 à l’aéroport de Yamoussoukro. À quelques pas de là, un avion Antonov 12 immatriculé TU VMA procède au déchargement du matériel de combat. Il effectue plusieurs rotations entre Abidjan et Yamoussoukro pour livrer des armes et des munitions aux soldats de l’armée ivoirienne. C’est alors que l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Gildas Le Lidec, et le général de la force Licorne, Henri Poncet, décident de se rendre chez le président Gbagbo pour essayer de le dissuader de mener cette offensive contre les rebelles. Ils essuient un refus : le chef de l’Etat ivoirien n’a pas l’intention de reculer. Le lendemain, 3 novembre vers 11h15, peu après le conseil des ministres à Paris, le président Jacques Chirac, déjà informé, téléphone directement au président Laurent Gbagbo pour le mettre en garde contre le risque d’incidents graves entre les troupes ivoiriennes FANCI et les forces françaises de la Licorne.
Mécontent de la fermeté qu’affiche son homologue Laurent Gbagbo, le président Chirac élève la voix oubliant vite que son interlocuteur est attentif à la fois à la forme et au contenu de son propos. Soudain, le président Gbagbo, qui l’écoute depuis un moment, l’interrompt et lui dit que sa décision de lancer l’offensive est déjà prise, qu’il souhaitait simplement l’en informer. Il raccroche le combiné. Le président Gbagbo explique : « Après cet échange avec Jacques Chirac, nous avons décidé de conduire l’attaque contre les rebelles avant la date effective afin que la France ne puisse pas réagir contre notre initiative militaire ».
Pourtant, quelques jours avant l’offensive de l’armée ivoirienne, les officiers français étaient déjà au courant, du fait des indiscrétions des officiers ivoiriens, des préparatifs de l’attaque contre les rebelles (….)
Dans la matinée du 4 novembre 2004, l’offensive est donc lancée contre les rebelles. Elle porte exclusivement sur des objectifs militaires des Forces Armées des Forces Nouvelles situés dans la région de Bouaké.
Le lendemain, l’offensive ivoirienne se poursuit dans la zone des rebelles. Les Sukoï 25 et les MI 24 pilonnent les positions militaires rebelles. Un rapport confidentiel de l’ONUCI daté du 9 novembre 2004 souligne que les bombardements de l’armée ivoirienne ont atteint des cibles militaires. Selon des sources proches de l’ONUCI, « il suffisait d’un jour supplémentaire de bombardements de l’armée ivoirienne et la rébellion du Nord aurait été complètement anéantie ». Cette perspective était inacceptable pour l’Elysée.
C’est dans ce contexte de tension et de parti pris politique que survient l’attaque contre le cantonnement français le 6 novembre 2004 à Bouaké.
Qui a donné l’ordre de bombarder le camp français de Bouaké et dans quel objectif ? Selon les informations en notre possession, le président Laurent Gbagbo semble n’avoir pas même été informé de ce qui allait réellement se produire ce jour-là (….) Le bombardement du camp français fut un acte délibéré et fortement suggéré aux pilotes mercenaires pour incriminer monsieur Gbagbo. Dans quel intérêt Laurent Gbagbo, qui cherchait des voies d’apaisement avec la France, aurait-il poussé ses soldats à commettre un tel acte contre des militaires français ? Il est évident que même un piètre sous-officier rongé par la mégalomanie n’aurait jamais envisagé de bombarder un campement de soldats français à ce moment-là.
Le général Poncet, contrairement à ce qu’il a avancé un temps dans la presse, sait qui a donné l’ordre de tirer sur le lycée Descartes à Bouaké.
Revenons sur le déroulement des faits et l’on comprendra davantage l’étrange attitude des autorités françaises. Dès le 2 novembre 2004, lorsque les Sukhoï 25 arrivent à l’aéroport de Yamoussoukro, un détachement de recherche du 2ème régiment de Hussards reçoit l’ordre de les surveiller. Deux équipes, se relayant chaque jour, auront ainsi les yeux rivés sur le tarmac. Elles notent, filment et relèvent tous les détails susceptibles de fournir des indications sur les actions des Sukhoï 25. Les Français réussissent même à photographier les pilotes des Sukhoï 25 ainsi qu’une partie du personnel navigant. Toutes ces données sont envoyées au bureau de renseignement G2 du PCIAT (Poste de Commandement Interarmées de Théâtre) à Abidjan. Les mêmes informations sont également transmises au bureau du chef d’état-major des armées à Paris ainsi qu’à la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) et à la DRM (Direction du Renseignement Militaire). Nul ne peut donc prétendre que l’information n’est pas disponible sur les Sukhoï 25 et sur leur personnel.
Lorsque l’attaque est achevée, la première décision qui vient de Paris est la destruction des Sukhoï 25 et pas une demande d’arrestation du commando qui vient de liquider les militaires français et d’en blesser d’autres. D’ailleurs, l’ordre de destruction des Sukhoï ivoiriens a été diversement apprécié au sein de la Force Licorne.
Dans la tension et la confusion qui règnent autour de la mort des soldats français à Bouaké, certains officiers se rendent vite compte, à leur grand étonnement, que le pouvoir politique n’est pas très intéressé de voir une enquête s’ouvrir sur cette attaque particulièrement brutale.
Le lendemain, 7 novembre, le général Poncet et ses hommes arrêtent neuf ressortissants ukrainiens, quatre ressortissants biélorusses et deux ressortissants russes. Au total, quinze personnes suspectes sont immédiatement placées en rétention dans un hangar par les militaires français.
Alors qu’un gendarme du commandement des opérations spéciales tente, avec quelques militaires, de les interroger pour en savoir davantage sur leur responsabilité éventuelle dans le bombardement contre le lycée Descartes, un ordre venant du Quai d’Orsay exige la libération immédiate des mercenaires slaves détenus par les Français. « Pour demander l’extradition de ces ressortissants, il aurait fallu qu’un mandat international soit délivré. Cela n’a pas été le cas. A l’époque, nous n’avions aucun élément de preuve, les photos par exemple n’étaient pas déterminantes. Nous n’avions donc rien à leur reprocher » expliquera le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Ses propos font bondir les experts et certains militaires (…)
Prétendre que la France avait besoin d’un mandat d’arrêt international pour procéder à l’arrestation des suspects n’est pas totalement exact car la loi du 14 avril 2003 réprimant l’activité des mercenaires offrait une singulière opportunité d’auditionner ces personnes qui avaient, pour certaines, participé au transport de munitions de l’avion Antonov 12 et pour d’autres, des liens avec les pilotes des Sukhoï 25. En outre, affirmer qu’il n’y avait rien à leur reprocher signifie au moins que les informations accumulées par les militaires et les services de renseignements français étaient sans intérêt, au plus qu’elles n’avaient aucun lien avec le bombardement de Bouaké.
Le 11 novembre 2004, à la demande expresse de l’ambassadeur de France, les Français remettent, sans trop renâcler, les quinze mercenaires aux autorités consulaires russes. Après cet épisode particulièrement confus, les autorités françaises s’illustrent à nouveau en laissant, cette fois, les pilotes du Sukhoï 25 s’évader. Que s’est-il passé ? Quelques jours après le bombardement, les auteurs s’éclipsent clandestinement vers le Togo, pays voisin de la Côte d’Ivoire. Au cours d’un contrôle routier à la frontière du Ghana et du Togo, ils sont arrêtés à bord d’un car par les forces de police togolaises (…)
Au vu des éléments, le ministre de l’Intérieur togolais, qui remarque la fébrilité des services de renseignement français à l’annonce des ces arrestations, cherche à comprendre pourquoi la France ne s’empresse pas d’exiger l’extradition des suspects biélorusses afin que la justice française fasse la lumière au plus vite sur cette étrange affaire. Ne voyant rien venir, les autorités togolaises se lassent de garder indéfiniment les Biélorusses en prison.
Selon certains observateurs, le comportement des autorités françaises dans ce dossier est plus que troublant. Elles vont d’ailleurs multiplier à l’infini les obstacles au travail des juges. Ceci nous a été confirmé par la juge Brigitte Raynaud qui était chargée, dès le début, du dossier (…)
La première personne qui ne montre pas une franche détermination à connaître les auteurs et les commanditaires de l’attaque du lycée Descartes est bien la ministre Michèle Alliot-Marie.
Pourquoi la ministre, Michèle Alliot-Marie, a-t-elle laissé s’évader les auteurs du bombardement de Bouaké alors qu’ils étaient arrêtés par les autorités togolaises et mis à la disposition des autorités françaises ? Pourquoi n’a-t-elle pas facilité le travail de la justice française alors que celle-ci était disposée à tirer cette affaire au clair ? Pourquoi avoir refusé de faire une autopsie des corps des militaires pour aider la justice à démasquer éventuellement le président Gbagbo ? Pourquoi avoir inversé les corps des soldats dans les cercueils au point d’ajouter à la douleur des familles, un traumatisme inutile ? Pourquoi ne veut-on pas connaître qui a ordonné le bombardement de Bouaké ? Pourquoi l’Elysée n’a jamais encouragé la déclassification de tous les documents demandés par les juges s’il n’y a rien à craindre de son côté ? A qui la vérité sur cette affaire pose réellement problème ?
Il faut avouer que ce n’est certainement pas au président Laurent Gbagbo. Il nous a confié : « Nous ne savons pas dans quelles circonstances précises les neuf Français ont trouvé la mort. L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Le Lidec m’avait téléphoné pour m’annoncer que les Biélorusses avaient été arrêtés à Abidjan par les militaires français. J’étais donc très heureux de savoir qu’ils étaient aux arrêts et surtout que la vérité allait éclater. Nous avons cru que nous allions savoir pourquoi les soldats français avaient été tués et qui avait donné l’ordre de commettre un tel acte. J’ai finalement appris qu’ils avaient été libérés par les Français et nous n’avons jamais reçu le moindre procès-verbal d’audition les concernant ni des éléments d’une enquête préliminaire sur leur arrestation en Côte d’Ivoire. J’ai par la suite appris qu’ils avaient été arrêtés au Togo et que le ministre de l’Intérieur du Togo les avait entendus. Ce dernier aurait essayé en vain de joindre les ministres français de la Défense et de l’Intérieur pour obtenir l’extradition des suspects biélorusses. Jusqu’ici, nous ne savons toujours pas qui a tué les soldats français ni pourquoi ils ont été tués. Ceci signifie qu’on peut formuler des hypothèses sur cette affaire ».
2)
LE CACAO, ARMAJARO, L’ARGENT ET LES OUATTARA
L’arrivée de monsieur Alassane Ouattara, « candidat reconnu par la communauté internationale », au pouvoir en Côte d’Ivoire répond aussi bien aux aspirations personnelles du président Sarkozy qu’à celles des spéculateurs de la filière café-cacao et du clan Ouattara dont Madame Ouattara née Dominique Nouvian et son fils, Loïc Folloroux, sont des piliers indispensables.
Le rôle de madame Ouattara est capital à la fois dans l’ascension de monsieur Alassane Ouattara et dans le soutien dont il bénéficie dans les milieux, politiques, financiers et médiatiques occidentaux. Selon le député Ben Soumahoro, voisin et ami de longue date de madame Ouattara en Côte d’Ivoire, « Dominique Nouvian a tout fait pour Alassane Ouattara. Sans elle, dit-il, il ne serait jamais devenu Premier ministre ni même président de la Côte d’Ivoire. »
Dirigeante d’entreprises et « tigresse du business » comme la qualifie la presse économique, Dominique Nouvian a réellement commencé à gagner beaucoup d’argent lorsqu’elle s’est emparée des biens immobiliers du président Houphouët-Boigny avec qui elle entretenait des relations intimes. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à gérer, à travers sa société AICI, le patrimoine personnel du chef de l’Etat ivoirien et, d’une certaine façon, celui de l’Etat ivoirien.
Elle l’admet du bout des lèvres dans une correspondance du 22 juillet 1997 adressée à l’huissier de la fille d’Houphouët-Boigny, Hélène Houphouët-Boigny, qui lutte depuis des années contre ceux qui ont spolié voire escroqué son père : « En effet, dit Dominique Ouattara, du vivant de monsieur le président Houphouët-Boigny, la société AICI International a assumé la gestion de divers biens immobiliers appartenant à certains membres de sa famille et a procédé à des transactions tant à Paris qu’à Abidjan pour des personnes proches de son entourage. À la demande du président, nous avons géré plusieurs patrimoines immobiliers appartenant à des membres de sa famille. (...) Le seul bien immobilier que j’ai géré au nom de monsieur le président est l’ensemble de villas sises à Marne-la-Coquette en France (…) ».
Profitant des faiblesses du vieux président dont l’âge et la maladie ne permettaient plus une grande résistance ni sur le plan politique ni sur le plan physique, Dominique Nouvian, qui était déjà, selon Ben Soumahoro, à la même époque, la compagne d’Alassane Ouattara, impose ce dernier à Houphouët-Boigny (…)
Pendant les trois ans qu’ils passent à la tête du gouvernement ivoirien (1990-1993), Ouattara et sa compagne Dominique Nouvian travaillent à consolider leurs affaires et leurs relations avec les milieux financiers occidentaux. À ce moment-là, le cacao attire déjà les spéculateurs internationaux et différents investisseurs étrangers qui deviendront peu après des proches du clan Ouattara.
Houphouët-Boigny avait tout de même essayé de faire plier ces nouveaux prédateurs en décrétant un embargo sur le cacao à la fin des années 80, peu avant l’arrivée d’Alassane Ouattara au poste de Premier ministre (…)
Premier producteur mondial de cacao pendant des décennies, la Côte d’Ivoire a été longtemps sous le contrôle exclusif des hommes d’affaires français et de la classe politique française. La disparition d’Houphouët-Boigny et surtout l’entrée d’Alassane Ouattara sur la scène politique ivoirienne ont sensiblement modifié cette situation.
Dans le domaine du cacao, d’autres acteurs anglo-saxons plus influents mais plutôt discrets ont gagné du terrain. Il y a par exemple la société anglaise Armajaro et les deux géants mondiaux de l’agro-alimentaire que sont la société américano-hollandaise Cargill et l’Américaine Archer Daniels Midland (ADM). Différentes sociétés comme la Suisse Barry Callebaut et Olam sont également présentes en Côte d’Ivoire. Ces entreprises ont installé des comptoirs d’achat à proximité des plantations, imposant leurs prix parfois supérieurs à ceux du marché mondial et anéantissant complètement le tissu des entreprises locales qui servaient jusque-là d’intermédiaires entre les planteurs et les gros exportateurs.
Sous l’influence du FMI et de la Banque Mondiale, monsieur Alassane Ouattara livre la Côte d’Ivoire à l’ultralibéralisme entre 1990 et 1993. Ecarté du pouvoir à la mort d’Houphouët-Boigny, il commence à agir dans l’ombre en attendant de revenir aux affaires pour achever le travail qu’il avait commencé avec l’aide de sa compagne. Le dossier du cacao en est une parfaite illustration.
En moins d’une décennie, le géant anglais Armajaro devient le leader mondial du chocolat. Il pénètre le marché ivoirien et obtient son agrément en 2000 par le canal d’Alassane Ouattara qui l’avait demandé au président Gbagbo. Le fils de Dominique Nouvian est devenu le directeur de la branche Afrique d’Armajaro à Abidjan. Il est également actionnaire de la société de sa mère AICI international.
Lorsque Laurent Gbagbo est victime d’un coup d’Etat fomenté avec l’aide du Burkina Faso en 2002, le cacao ivoirien prend immédiatement le chemin de Ouagadougou, la capitale burkinabé. Ne possédant pourtant pas de véritable plantation de cacao et dépendant économiquement de la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso devient, à cette période, exportateur de cacao sous le regard complice de « la communauté internationale ». Des convois nocturnes et bien surveillés par les rebelles d’Alassane Ouattara transportent, via la frontière nord placée sous leur contrôle avec l’aval des autorités burkinabés et le silence bienveillant des forces françaises, des centaines de milliers de tonnes de cacao ivoirien à destination du Burkina Faso. Divers négociants peu scrupuleux, établis dans ce pays, orientent des centaines de remorques remplies de cacao ivoirien vers les ports de Lomé au Togo et de Monrovia au Libéria. Plusieurs cargaisons contenant des milliers de tonnes de cacao ivoirien seront ainsi régulièrement acheminées vers l’Europe et les Etats-Unis (...)
Certains acteurs de la filière café-cacao remarqueront la présence d’un personnage clé de la rébellion proche du clan Ouattara : monsieur Adama Bitogo. C’est lui qui avait été chargé pour le compte de la rébellion de vider la Côte d’Ivoire de son cacao. Il en faisait ainsi sortir clandestinement plusieurs tonnes via la frontière avec le Burkina Faso et acheminait le cacao vers la ville burkinabé de Bobo-Dioullasso où les cabosses étaient conditionnées dans une usine pouvant traiter jusqu’à 500 tonnes par jour. Le cacao ainsi traité était ensuite conditionné puis acheminé vers le port de Lomé par camions et chargé sur les navires de la SDV (groupe Bolloré). Monsieur Adama Bitogo va devenir par la suite un homme important dans le processus électoral en Côte d’Ivoire pour le compte de la rébellion et d’Alassane Ouattara. Fondateur en octobre 2007 de la société SNEDAI chargée de l’identification des électeurs en Côte d’Ivoire, il sera tour à tour conseiller diplomatique du chef rebelle Guillaume Soro puis directeur de campagne d’Alassane Ouattara pour la région de l’Agnéby (…)
Pendant qu’Adama Bitogo s’implique beaucoup pour le clan Ouattara dans le secteur du cacao, Alassane Ouattara, lui, ne tarde pas à sortir complètement du bois dès qu’il croit possible son retour au pouvoir à Abidjan. Et l’on peut observer l’évolution du clan Ouattara à travers les réactions de son principal allié : le spéculateur Antony Ward, cofondateur du fond spéculatif britannique Armajaro, lequel est particulièrement actif dans la fluctuation des cours mondiaux du cacao.
En août 2002, soit moins d’un mois avant le coup d’Etat raté du 18 septembre de la même année contre le président Laurent Gbagbo, Antony Ward surnommé « chocolate finger » ou « doigt en chocolat » achète par anticipation près de 200 000 tonnes de fèves de cacao et réalise un bénéfice de plus de 60 millions d’euros pendant que le sang coule en Côte d’Ivoire. Dans les milieux proches du président Gbagbo, on soupçonne Armajaro de financer la rébellion avec le cacao ivoirien. Le spéculateur se tait.
Dès le 24 janvier 2011, un communiqué du chef rebelle Guillaume Soro, venant du bunker de l’hôtel du Golf où campent monsieur Ouattara et les rebelles, demande aux opérateurs économiques d’arrêter immédiatement « toute exportation de café et de cacao à compter du 24 janvier 2011 et ce jusqu’au 23 février 2011 ». La réaction du président Gbagbo est, elle aussi, immédiate. Dans la même journée, le ministre délégué au Budget, monsieur Justin Koné Katinan, aujourd’hui porte-parole du président Gbagbo, déclare le communiqué des rebelles pro-Ouattara nul et non avenu. Il tente de rassurer les exportateurs de café-cacao et les exhorte à poursuivre leurs activités en Côte d’Ivoire. En réalité, la machine de guerre économique, accompagnée de pressions politiques, en faveur du clan Ouattara, est lancée.
Son appel est entendu par la société anglo-hollandaise Cargill qui suspend aussitôt l’achat du cacao ivoirien par sa filiale basée à Abidjan. « Nous avons arrêté les achats ce matin (ndlr, 24 Janvier 2011) pour une période indéterminée. Il s’agit d’une décision de la direction. »
À l’annonce de ces décisions, les cours du cacao s’envolent au Nyse Liffe prenant 7% lors des premiers échanges. Soulignons que Cargill achète environ 15% de la production du cacao ivoirien et que cette décision est donc un coup dur infligé au régime du président Gbagbo. La décision de Cargill, qui est à la fois politique et économique, vise simplement à priver le chef de l’Etat Laurent Gbagbo, rejeté et condamné non pas par les Ivoiriens mais par « la communauté internationale », de moyens financiers pour gérer son pays.
Monsieur Alassane Ouattara, sachant qu’il a le soutien non pas des Ivoiriens mais des multinationales agro-alimentaires anglo-saxonnes et des milieux d’affaires et politiques français, déclare sur une chaîne de télévision française que Laurent Gbagbo tombera «comme un fruit mûr ». La bataille pour la présidence en Côte d’Ivoire devient l’objet d’une guerre violente sur le plan militaire et d’une spéculation boursière pour les leaders mondiaux du cacao. Le porte-parole du président Gbagbo, Justin Konan Katinan, explique ce qui s’est réellement passé dans les coulisses avant la chute du président Gbagbo :
« En ce qui concerne la suspension des exportations du cacao de janvier 2011, il est clair que sous le couvert des sanctions de l’Union Européenne, se cachait une vaste opération spéculative sur le cacao menée par Armajaro. En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international. Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.
C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro.
Il faut dire de façon générale que la quasi-totalité des exportateurs ont triché avec l’Etat de Côte d’Ivoire. En effet, dans le cadre de l’enquête demandée par le président Laurent Gbagbo sur les supposées malversations dans le secteur du café-cacao, des experts commis par le tribunal étaient arrivés à des conclusions très graves impliquant la quasi-totalité des exportateurs. Les experts ont établi des fraudes qui portaient à la fois sur la quantité des produits exportés déclarés et la quantité réelle recoupée par les experts. Ils ont également établi une fraude sur l’exportation du cacao en sous grade. Il s’agit en principe d’un produit qui ne remplit pas les conditions d’exportation pour lesquels l’État consent un abattement sur les droits de douane à l’exportation au profit de l’exportateur.
Ces malversations ont occasionné un manque à gagner pour l’Etat de plus de 1300 milliards de francs CFA soit 2 milliards d’euros sur huit ans de 2002 à 2009. Bien que certains points de ce rapport soient de mon point de vue exagérés, il révèle néanmoins des cas graves de fraude. Certaines sociétés dont Armajaro avaient même signé des engagements pour payer les rappels qui relevaient de leurs manquements à la loi.
Je retiens que même informé, le ministre de l’Economie et des finances d’alors, monsieur Charles Diby, n’a jamais actionné les services de son ministère pour recouvrer ces sommes. Tous les exportateurs étaient conscients que ce dossier allait ressurgir. D’où leur alignement sur le camp Ouattara. »
Tout au long de la période de tension entre le président Laurent Gbagbo et monsieur Ouattara, on verra les cours du cacao fluctuer au gré des « victoires militaires des rebelles » d’Alassane Ouattara (…)
Une fois le président Gbagbo renversé, la première décision de monsieur Ouattara a été de réouvrir le port d’Abidjan pour permettre la reprise des exportations de cacao. Une décision saluée par Armajaro, l’Elysée et autres géants du cacao. L’armée française a été réquisitionnée pour assurer la sécurité du port afin que les principaux « actionnaires » de la crise ivoirienne bénéficient de leurs dividendes une fois le gênant président Gbagbo écarté du pouvoir.
Côte d’Ivoire, Le coup d’Etat, de Charles Onana, Editions Duboiris, 20€.
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vendredi 23 décembre 2011
Vent de Noël (suite) - Jean Ziegler : "Je suis à 100% d’accord avec le Président Laurent Gbagbo"
Jean Ziegler : “Gbagbo retournera dans son pays et sera réélu”
Notre Voie — n° 4016 du vendredi 23 décembre 2011 :
Zs-Zeitung : Vous dites que les Occidentaux sont méchants et jouent les gentils seulement dans les pays en voie de développement ?
Jean Ziegler : Pas du tout. Il existe des criminels de grands chemins qui tiennent le pouvoir dans les pays africains. Prenons le cas du Cameroun, un pays vachement riche et dans ce pays, les gens meurent de faim. La corruption, le népotisme et la dictature ont causé la misère dans ce pays.
Les gens ne mangent pas à leur faim. La responsabilité première de cette misère incombe aux grandes multinationales qui exploitent les ressources de ces pays et qui sont servies par de grands criminels au pouvoir.
Zs- Zeitung : Vous êtes ami à un d’entre eux : Laurent Gbagbo, le Président déchu de la Côte d’Ivoire, qui a été livré à La Haye, à la Cour pénale internationale (Cpi). On l’accuse de crimes contre l’humanité?
Jean Ziegler : Je suis à 100% d’accord avec le Président Laurent Gbagbo…
Zs-Zeitung : Comment s’il vous plaît ?
Jean Ziegler : Je mettrai ma main au feu pour lui. Son arrestation est un complot du Président français, Nicolas Sarkozy, d’une stratégie organisée des Etats-Unis et de la France. Laurent Gbagbo a été démocratiquement élu en 2000 après avoir passé des années en exil, entre autre aussi à Genève.
Il est l’unique dirigeant ivoirien à avoir conduit des réformes gouvernementales et avoir voulu mener une politique d’Assurance maladie dans son pays. Ces réformes ont été bloquées par les grandes multinationales pharmaceutiques. Les services secrets français ont ficelé en 2002, un coup d’Etat contre Gbagbo et depuis ce temps, le pays est divisé, une partie chrétienne au sud et l’autre, musulmane, au nord. Son successeur, Alassane Ouattara est lié aux services secrets français.
Zs-Zeitung : Quels intérêts a l’Occident à installer une marionnette au pouvoir?
Jean-Ziegler : La Côte d’Ivoire est le plus grand producteur de cacao au monde. Le pays dispose d’énormes réserves de pétrole. Gbagbo luttait pour un Etat souverain et nationaliste.
Zs-Zeitung: Pourriez-vous témoigner pour lui à la Cour?
Jean-Ziegler : Bien sûr, je comparaitrai en qualité de témoin pour la défense. Je suis convaincu qu’il sera déclaré non coupable dans le cadre de l’accusation. Le Tribunal ne le chargera pas du tout. Ce sont les soldats français qui l’ont bombardé avec des hélicoptères, l’ont pris en captivité et enfin l’ont livré à La Haye. Laurent Gbagbo retournera dans son pays et sera réélu.
Source : Journal suisse, Zürichsee-Zeitung, du lundi 19 décembre 2011 :
Keineswegs. Es gibt fürchterliche Halunken, die in afrikanischen Ländern herrschen. Nehmen wir Kamerun, ein unerhört reiches Land. Doch die Menschen hungern. Korruption, Nepotismus und Diktatur haben zu diesem Elend beigetragen. Doch die Hauptverantwortung tragen die Konzerne, welche die Länder ausbeuten und denen die Halunken zu Dienste stehen.
Sie sind mit einem von ihnen befreundet: Laurent Gbagbo, gestürzter Präsident der Elfenbeinküste, der an das Internationale Strafgericht in Den Haag überliefert wurde . Ihm droht eine Anklage wegen Verbrechen gegen die Menschlichkeit.
Ich bin zu 100 Prozent mit Laurent Gbagbo einverstanden…
Wie bitte?
Ich würde für ihn die Hand ins Feuer legen. Seine Verhaftung ist ein Komplott des französischen Präsidenten Nicolas Sarkozy, eine organisierte Strategie der USA und Frankreichs. Laurent Gbagbo wurde im Jahr 200 0 demokratisch gewählt, nachdem er 18 Jahre im Exil verbracht hatte, unter anderem in Genf. Er war der Einzige in diesem Land, der eine Regierungsreform einleitete und eine Krankenkasse einführen wollte. Dieses Vorhaben wurde von den Pharmakonzernen blockiert. Der französische Geheimdienst hat dann 2002 einen Staatsstreich angezettelt. Seither ist das Land geteilt in den christlichen Süden und den muslimischen Norden. Sein Nachfolger Alassane Ouattara ist eine Marionette des französischen Geheimdienstes.
Welches Interesse hat der Westen an der Installierung einer Marionette?
Die Elfenbeinküste ist der grösste Kakaoproduzent der Welt. Das Land verfügt über riesige Reserven an OffshoreErdöl. Gbagbo kämpfte für einen nationalistischen und souveränen Staat.
Würden Sie vor Gericht für ihn einstehen?
Sicher. Ich würde als Zeuge auftreten und für ihn aussagen. Ich bin überzeugt, dass er freigesprochen wird, falls es überhaupt zur Anklage kommt. Das Gericht wurde ja bisher nicht einmal aktiv gegen ihn. Es waren französische Soldaten, die ihn mit Helikoptern beschossen, gefangen genommen und ihn schliesslich nach Den Haag überführt haben. Laurent Gbagbo wird zurückkehren und wiedergewählt werden.
[...]
jeudi 22 décembre 2011
Services de bus au temps du sous-préfet
Abobo - Nogent-sur-Marne direct...


Ça se passe comme ça chez Mac-Watra...


mercredi 21 décembre 2011
On tire d’abord et on pose les questions après

Par Martial Frindéthié :
"Rattrapé par les excentricités de sa brutale autocratie, le Boucher d’Abidjan panique et prend devant les Ivoiriens des engagements irréalisables. Après de longs mois d’une orgie politique et militaire qui a converti la Côte d’Ivoire en une zone de non loi où les cambriolages, les braquages, les dépossessions, les persécutions religieuses, les viols, les trafics de personnes, les meurtres, et les assassinats parajudiciaires de leaders d’opinion et de chefs d’opposition constituent l’ordre du jour, le régime Ouattara se voit confronté à une difficulté bien particulière : les Malinké, qui constituent l’essentiel des rebelles et de l’élite de la dictature de Ouattara, et qui jusqu’alors, parce qu’à l’abri des exactions quotidiennes des FRCI, semblaient avoir, pour la plupart, fermé les yeux sur les abus des voyous aux kalachnikovs, menacent de former une fronde contre le régime du Boucher. En effet, un jeune Malinké a été tué dimanche dernier à Vavoua par les rebelles de Ouattara, et des manifestants allés exprimer leur colère ont essuyé des tirs des FRCI : Bilan, 6 morts parmi les manifestants ; ce qui a érodé le soutien inconditionnel dont bénéficiait le Boucher d’Abidjan au sein de la communauté Malinké. Au moment même où les élections législatives du 11 décembre révèlent qu’au-delà du soutien de la communauté Malinké Ouattara ne bénéficie d’aucune légitimité en Cote d’Ivoire, et que le parti du président Gbagbo est plus que jamais influent, ignorer cet ixième abus de ses voyous en armes serait politiquement suicidaire pour Ouattara." [...]
Lire la suite sur le blog de Martial Frindéthié...
Dans un camp de réfugiés ivoiriens au Ghana
Vidéos
1)
2)
Des réfugiés du camp d'Ampain, venant à 90% de l'Ouest ivoirien - dont, selon Ocampo/Ouattara, Gbagbo aurait massacré les parents...
Vidéos du Gri-Gri international...
mardi 20 décembre 2011
Soutenir la lutte pour la liberté
Côte d’Ivoire - L'ONG et le compte bancaire par lesquels passer pour soutenir le combat du président Gbagbo : les détails ICI.
lundi 19 décembre 2011
Côte d'Ivoire - Nouvelle Assemblée : familiale ou nationale ?
... Ouattara Birahima, Ouattara Siaka, Ouattara Anzoumana, Ouattara Lamine, Ouattara Abbas, Ouattara Nagnin, Ouattara Issa, Ouattara Ally, Ouattara Mohamed, Ouattara Aboubakar, Ouattara Siaka, Coulibaly Gon, Coulibaly Sangafowa, Coulibaly Seriba, Coulibaly Yaya, Coulibaly Tiemoko, Coulibaly Issa, Aly Coulibaly, Coulibaly Aboubakary, Coulibaly Yaya (2e du nom), Coulibaly Seriba (2e du nom)...
Ce n'est pas la liste d'émargement d'une réunion de famille entre les Ouattara et Coulibaly. C'est juste un échantillon assez représentatif de la "DIVERSITÉ" des nouveaux députés du préfet Ouattara. Vive la Côte d'Ivoire multiethnique...
Sur le blog de René Kimbassa...
dimanche 18 décembre 2011
La CPI joue son crédit : cour de justice ou instrument des puissants ?
"Les manœuvres contre la défense de Gbagbo ont commencé"
par Philippe Brou. Extrait du Nouveau Courrier du 16/12/11 :
"La prévisible danse de sorciers autour de la procédure opposant, devant la Cour pénale internationale (CPI), le président Laurent Gbagbo à l’accusation représentée par Louis Moreno-Ocampo, a déjà commencé. Un avocat du plus célèbre prisonnier de La Haye a levé, hier, un coin du voile sur ces manœuvres, lors d’une audience de «mise en état». En filigrane, l’on comprend que des obstacles logistiques mais surtout juridiques et judiciaires sont posés sur le chemin de la défense du fondateur du Front populaire ivoirien (FPI). «Nous n’avons pas encore pu commencer nos enquêtes en raison de l’absence d’aide judiciaire», a expliqué Maître Altit. «En ce moment, nous n’avons pas de bureau, pas d’ordinateur, pas accès au système informatique de la Cour, pas de moyens», a-t-il précisé.
Le porte-parole de la CPI, Fadi el-Abdallah, questionné par l’AFP, a affirmé que le greffe n’avait pas encore rendu de décision «quant à l’éventuelle indigence de M. Gbagbo». Très clairement, le greffe de la CPI se demande encore si un homme dont les biens, réels et supposés, ont été officiellement gelés en Côte d’Ivoire et à l’étranger, et dont les soutiens ont été persécutés et pourchassés à la fois par le régime Ouattara et par l’Union européenne, a les moyens financiers de se battre contre une machine politico-judiciaire constituée par la CPI elle-même, le régime Ouattara, et des grandes puissances comme la France et les Etats-Unis. Au-delà de la question financière, qui peut être réglée par la mobilisation des patriotes ivoiriens et africains, qui attendent le top départ officiel pour mettre la main à la poche, ces lenteurs orchestrées et ces tracasseries administratives – il est en effet élémentaire que les avocats de Gbagbo aient accès au système informatique de la CPI, par exemple –témoignent une fois de plus d’une volonté de prendre de court l’adversaire, de l’empêcher de s’organiser à temps.
Les prétendues preuves d’Ocampo invisibles
Plus fondamentalement, Louis Moreno-Ocampo traîne les pieds pour remettre à la défense du président Gbagbo des pièces clés, qui devraient notamment édifier tout le monde sur la solidité du dossier qu’il a ficelé pour obtenir le transfèrement du «prisonnier de la communauté internationale» à La Haye.
«Nous n'avons pas reçu la requête du procureur aux fins de la délivrance de mandat d'arrêt. Nous n'avons pas reçu non plus les éléments de preuve qui appuient cette demande», explique Maître Altit. Qui ajoute quelque chose de fondamental : «ces éléments nous permettront de contester la légalité de la détention du président Gbagbo». Et appelle l’accusation à communiquer «au plus vite» à la défense les éléments de preuve dont elle dispose. Dans une interview exclusive publiée par Le Nouveau Courrier du 6 décembre dernier, Maître Altit annonçait les couleurs. «Le procureur a obligation légale de nous transmettre tous les éléments en sa possession le plus vite possible». Le bureau d’Ocampo, pour faire diversion, affirme avoir déjà communiqué 36 documents au président Gbagbo. Des documents de toute évidence secondaires, et qui excluent la fameuse requête aux fins de la délivrance de mandat d’arrêt, visiblement goupillée à la hâte. Cette bataille judiciaire est d’une importance capitale. En effet, il est plus que vraisemblable qu’Ocampo et ses alliés français et américains, pour satisfaire à l’agenda de Ouattara, ont goupillé à la hâte un dossier quasiment vide contre le président Gbagbo. Un dossier qu’ils comptent «remplir» au fur et à mesure d’ici le 18 juin prochain. Il faut donc perdre du temps pour empêcher la défense de tailler en pièces les éléments fragiles – voire fabriqués – présentés à la juge Silvia Fernandez de Gurmendi. Cette méthode de la prise par surprise a été, rappelons-le, utilisée pour empêcher les avocats de Gbagbo de contester, alors qu’il se trouvait encore à Korhogo, son transfèrement express maquillé sous de fausses procédures ivoiriennes. […]
Lire la suite sur Le Nouveau Courrier...
Fraudes électorales des "vainqueurs" en Côte d'Ivoire : l’ONUCI confirme
... "Alors que les alliés occidentaux se sont déjà félicité de la «démocratisation» version Ouattara" !
Par Frank Toti. Extrait du Nouveau Courrier du 16/12/11 :
"Cette fois-ci, c’est bien officiel.

Pour revenir au sujet du jour, lors du traditionnel point de presse hebdomadaire de l’Onuci, son porte-parole, Hamadoun Touré a relevé qu’il y a eu bel et bien des cas de fraudes et de violences comme rapportés par la presse. «Il a été fait état de cas de fraudes, de cas de falsification, de cas d’intimidation et même de vol d’urnes. Nous prenons très au sérieux ces incidents qui nous sont rapportés et nous les examinons, au moment où je vous parle, au fur et à mesure. Donc nous les prenons au sérieux pour résumer ma pensée. Nous les prenons très au sérieux et nous sollicitons également l’appui des requérants pour que nous puissions, nous aussi, savoir de quoi il a été question lors de ce scrutin législatif. Donc il ne faut pas confondre le déroulement calme, sans affrontements avec d’autres pratiques et des incidents qui ont été signalés, pendant le déroulement mais aussi après le scrutin», a déclaré le porte-parole de l’Onuci. Sur ces cas, l’Onuci entend prendre cette fois toute ses responsabilités lors de la certification par Bert Koenders.
«Après le Conseil constitutionnel, ce sera au tour de l’ONUCI de se prononcer, deprendre décision sur la certification, prendre une décision, au-delà des commentaires», a averti Hamadoun Touré. Question : l’Onuci pourra-t-elle faire une certification qui incrimine le Rdr d’Alassane Ouattara, alors que les alliés occidentaux se sont déjà félicité"... [...]
Lire la suite sur Le Nouveau Courrier...
samedi 17 décembre 2011
L'interview censurée
CHARLES ONANA à propos de son livre CÔTE D'IVOIRE - LE COUP D'ÉTAT
Interview censurée sur Télésud par Bernard Volker, vieux "pro" de l'info à la française...
vendredi 16 décembre 2011
"Un tout petit maître de France voyait le soleil de son règne lentement s’obscurcir"

Lettre ouverte à Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République française
(Avec autorisation. Extraits)
Mardi 29 novembre 2011
"Un tout petit maître de France voyait le soleil de son règne lentement s’obscurcir. Les victoires s’éloignaient, la gloire lui échappait, les sondages l'accablaient, ses innombrables crimes le rattrapaient. Il lui fallait des triomphes, quitte pour cela à remporter ces triomphes au mépris de la vérité et de la justice, au détriment de l'honneur et des chances d'avenir de son propre pays; au mépris de l'avenir de l'humanité tout entière."
(D'après un extrait du "discours des Cévennes" de Nicolas Sarkozy, Alès, 4 octobre 2011)
(D'après un extrait du "discours des Cévennes" de Nicolas Sarkozy, Alès, 4 octobre 2011)
Monsieur Sarkozy,
Nous avons déjà eu l'occasion de "faire connaissance", il y a huit mois. C'était quelques jours avant l'ignoble séquestration par la grâce de vos troupes de son Excellence le président légitime de Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo – ce juste prince dont bientôt, si vous en avez encore la faculté, et si sa légendaire humilité s'en accommode, vous serez trop heureux de baiser respectueusement la main –. Au détour d'une première lettre ouverte, j'en appelais, en termes virulents il est vrai, et sans nourrir trop d'illusions, à un sursaut de lucidité salvatrice de votre part : j'espérais encore que du tréfonds d'une région insoupçonnée de votre cœur pétrifié, quelque lueur s'éveillerait, l'une de ces lueurs qui portent le nom d'"humanité".
Huit mois plus tard, La page et tournée : l'une des pages les plus cyniquement cruelles et sanglantes de notre histoire récente, l'histoire d'un peuple qui, voici bientôt cinq ans, a eu l'inconscience de vous confier les rênes du pouvoir. Des pages cruelles, l'histoire de France en regorge. Mais des pages d'une perversité meurtrière à ce point assumée, le front haut, par des dignitaires drapés dans le mensonge absolu du maquillage de leurs crimes en vertu altruiste, je ne suis pas sûr que vous ne soyez pas le premier à les voir écrites.
Entendez-vous à présent, Monsieur Sarkozy, le tonnerre infernal de ces cohortes d'anges de la mort que vous venez de susciter, en présidant – c'est là, et là seulement que votre titre se justifie – au massacre de dizaines de milliers d'innocents, égorgés, déchiquetés, brûlés vifs dans le déluge de fer et de feu déchaîné sur vos ordres contre la Côte d'Ivoire et la Libye ? Deux agressions décrétées sans autre raison que votre soif démentielle de pouvoir, et votre asservissement viscéral à tout ce que le monde de la haute finance, des lobbies affairistes et des industries de la mort civile et militaire compte de plus irrémédiablement cupide…
[...]
S'il est vrai que vos crimes se situent dans le droit fil de la délinquance d'état caractérisant la politique "étrangère" de la France "républicaine" – coloniale et post coloniale – depuis plus d'un siècle et demi, ils s'en détachent par la le caractère inouï de votre inimaginable impudence. Avec vous, la revendication tonitruante des pires forfaits s'est substituée au silence feutré du secret-défense : méthodiquement canalisés par tout un réseau de caniveaux médiatiques bétonnés sous le contrôle pointilleux de votre chimère démocratique, les fleuves de sang que vous avez fait couler ne dérangent plus personne, au sein d'une population collectivement hypnotisée par le magnétisme omniprésent de votre hystérie mégalomane, manipulatrice, et dévastatrice.
On savait la raison d'État féconde en massacres; nul n'imaginait qu'elle en viendrait à exhiber au grand jour les sanglants oripeaux de sa honte séculaire, sur l'air de "nous n'avons rien à cacher, la France ne peut qu'être fière de nous; fière de notre fidélité à tout ce que son histoire a compté de plus noble et de plus méritoire". Hitler en somme, à l'heure où plus personne n'ignore plus la monstruosité de ses forfaits, passant la tête haute de la nuit de son bunker à la tribune illuminée de l'assemblée – Reichstag, Palais-Bourbon, Siège de L'ONU… –, et parvenant à convaincre un auditoire médusé qu'il n'a agi que pour le bien de l'humanité, la défense de ses valeurs éternelles...
[...]
Vous vous apprêtez à parrainer la farce d'élections législatives ivoiriennes dont chacun sait d'avance que votre insignifiante créature Alassane Ouattara sortira vainqueur : tout simplement parce que, parachevant avec un zèle inégalable l'œuvre falsificatrice de vos prédécesseurs, vous avez entre temps mis à sa disposition toutes les compétences de vos services pour l'aider à substituer un nombre incalculable d'étrangers frauduleusement recensés comme ivoiriens aux centaines de milliers d'Ivoiriens chassés de leur pays et/ou dépossédés de leurs terres et de leurs biens par le déferlement d'une violence que vous avez encouragée, veillant depuis l'Élysée à ce qu'elle se prolonge indéfiniment…
Cette dernière forfaiture de votre part illustre à merveille la mise en œuvre d'un nouveau concept, imaginé dans le cercle très fermé de ces maîtres du nouvel ordre mondial auquel vous vous glorifiez d'appartenir : celui de génocide introuvable. D'industrielle à l'époque hitlérienne, la gestion de l'horreur est devenue virtuelle. A la méticuleuse mise à jour de listes et d'archives répertoriant leurs crimes, les nazis d'aujourd'hui – dont vous êtes – préfèrent le non moins méticuleux effacement de leurs traces : cela va de l'évaporation des victimes dans le nuage indifférencié de leur "collatéralité", à l'escamotage pur et simple de leur disparition par simple omission médiatique [...].
[...]
Vous vous apprêtez en outre à perpétrer un nouveau crime, économique celui-là, dont la dénonciation anticipée a valu à des journalistes du quotidien ivoirien "Notre Voie" d'être emprisonnés par vos sbires putschistes d'Abidjan : la dévaluation du franc CFA, dont vous escomptez qu'en contribuant à asservir un peu plus les pays de votre chasse-gardée ouest-africaine à la loi perverse de l'échange matières premières à bas prix contre produits manufacturés – inabordables sans une aggravation de la spirale de la dette, elle-même génératrice pour vous et les vôtres de profits exponentiels –, elle vous permettra de retarder jusqu'au lendemain des élections françaises le crash inéluctable de notre économie nationale.
[...]
Suivant la nouvelle mode des grands prédateurs de la jungle occidentale, qui, non contents de boire le sang de leurs victimes, revendiquent ensuite les lauriers de leur défense posthume, vous avez récemment poussé l'obscénité jusqu'à tenter de séduire successivement les communautés protestante, arménienne et juive de France, à grand renfort de démagogie rhétorique. Les "nègres" de votre entourage ont dû mettre les bouchées doubles, afin de vous livrer dans les délais et clefs en main quelques discours impeccables, truffés de références érudites : épopée camisarde, combat pour la liberté de conscience, mémoire du génocide arménien, admonestations ciblées en direction des autorités turques, protestation de votre indéfectible solidarité avec le peuple juif et l'État d'Israël, lequel vous devrait, à en croire vos récents transports d'enthousiasme larmoyant, rien moins que la libération de Guilad Shalit…
La vérité, c'est qu'au sein des trois communautés susnommées, quiconque possède encore une once d'aptitude à observer et à réfléchir a depuis longtemps discerné en vous un nouvel avatar de cet Ennemi qu'elles ont dû affronter au cours de leur histoire. Les camisards d'aujourd'hui, ce sont ces résistants ivoiriens assassinés, emprisonnés ou en exil, chrétiens ou musulmans fervents, auxquels s'identifie tout protestant digne de ce nom, déterminé à combattre le persécuteur que vous êtes, à l'instar de cet intendant de Lamoignon de Bâville, qui figure en bonne place dans votre "discours des Cévennes", aux côtés de vos lyriques évocations d'espérance, d'identité, d'âme, de courage et de ténacité… Pour qui consent à ouvrir les yeux sur l'abominable réalité et les terrifiantes conséquences de votre action en Côte d'ivoire et en Libye – qu'il soit protestant, arménien ou juif –, une autre phrase du discours évoqué à l'instant suffit à vous caractériser, en décrivant trait pour trait vos mercenaires de la rébellion ivoirienne et du CNT, exécuteurs de vos dragonnades à vous : "ils pouvaient voler, piller, violer, humilier, incendier, sans même avoir à craindre la moindre remontrance d’officiers disparus comme par enchantement".
Vous venez enfin de couronner la pyramide infernale de vos méfaits d'un ultime trophée : celui du transfèrement à la Haye de son excellence le président Laurent Gbagbo, dont vous avez réussi, au terme de presque huit mois de laborieuses tractations – visant à prostituer le droit dans les coulisses de cette cour de justice internationale dont je me demandais dans ma première lettre si elle faisait partie de la vôtre : j'ai aujourd'hui ma réponse – à obtenir l'inculpation officielle, avec délivrance d'un mandat d'arrêt en bonne et due forme.
Monsieur Sarkozy, votre maîtrise de l'art du mensonge et votre pouvoir de nuisance, votre assimilation de la politique – nationale et internationale – aux formes les plus grossières du brigandage – qu'il soit militaire ou économique – font probablement de vous le dirigeant occidental le plus pervers, le plus dangereux et le plus intégralement corrompu depuis la fin de l'ère hitlérienne.
Pourtant, je ne suis pas sûr qu'à terme [...]
Lire le texte en entier...
jeudi 15 décembre 2011
Avant et après
1) Le cas ivoirien
Avant :
Avant le coup d'Etat du 11 avril... Un temps devenu depuis, malgré les obstacles imposés alors par la rébellion soro-ouattarienne, objet de nostalgie... Gbagbo kafissa.
Après :
2) Le cas libyen
Avant :
Quelques avantages dont bénéficiait le peuple libyen. Voir ici.
Après :
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=wVMx93zi45o
Tout un programme :
Sarkozy coince à la télé T. Ramadan sur les peines barbares, mais clame à Riyad : "« La France et l’Arabie saoudite partagent les mêmes objectifs d’une politique de civilisation »… [...] Nicolas Sarkozy englobe, dans ce concept « rapté » à Edgar Morin, le royaume saoudite, tenu par une famille de féodaux qui se refilent la couronne à la manière des Francs sous Mérovée, adeptes et soutiens du wahhabisme, une doctrine obscurantiste, appliquent la chariah et ses peines barbares, et exclut toute autre religion que l’Islam" (Hervé Nathan, "Sarkozy, fou de Dieu", Marianne, 15.01.08).
Sarkozy à Dakar "Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance."
3) Entre l'avant et l'après, Sarko "le civilisateur" est passé. D'où...
mardi 13 décembre 2011
La théorie du complot… et ses limites
L’homme est juif. Si peu en phase toutefois avec les enseignements et les pratiques de la religion juive que sa judaïté concerne à proprement parler ses « origines » plus que sa foi. Mais le voilà victime d’une machination qui aurait pu être dévoilée dès le départ. Las ! Il suffira de mentionner ses « origines » pour que la machination devienne implacable, de plus en plus implacable, et le relègue en dehors de la citoyenneté.

On a reconnu le capitaine Alfred Dreyfus. Contre lui la haute hiérarchie ne pouvait s'être trompée, le capitaine devait à tout prix rester coupable. L’Etat et la droite catholique dans sa notabilité font bloc derrière la hiérarchie militaire : aussi antagonistes puissent-ils être dans d’autres situations, ils complotent désormais contre le capitaine dont quelques-uns ont pourtant commencé à défendre l’innocence. Ces quelques-uns là ont bien perçu… le complot, précisément. Car ce sont là autant de ceux en qui leurs ennemis voient une sorte de « théoriciens du complot », encore minoritaires : des juifs bien sûr, des protestants, des membres de l’extrême-gauche… Des « complotistes », au fond, qui mènent « une campagne qui n'a que trop duré », comme le dénoncent les anti-« complotistes » . Des « complotistes » qui, disent leurs dénonciateurs, s'imaginent, comme tous les « complotistes », avoir raison contre tout le monde ! Ils ont trouvé une explication globale du monde qui les dégage, eux et leur protégé, de leurs responsabilités.
Bref, ils tiennent un discours simpliste, mais qui emporte de plus en plus de monde, jusqu’à un catholique comme Péguy, qui, contre son institution, commence à regarder vers celui dont elle se réclame, un autre juif. Et Péguy préfère à l’institution ce juif qu'il reconnaît là, Jésus, dont les disciples ont basculé ouvertement dans une « théorie du complot » similaire… Citant à son propos jusqu’à la Bible juive pour donner comme complot la façon dont les autorités de l’Empire romain et leur (sous-)préfet Pilate, celles de Temple de Jérusalem, les Sadducéens, et la monarchie fantoche de Judée, les Hérodiens, se sont ligués : « voici, ils sont aux aguets pour m’ôter la vie ; des hommes violents complotent contre moi, sans que je sois coupable » (Psaume 59,3).
Des « complotistes » dans la ligne du Talmud : « si tout le monde est trop vite d'accord pour condamner un prévenu, alors mieux vaut le libérer, car tout jugement unanime est suspect ». Une citation signalée par Lévinas, que cite J.C. Guillebaud pour dénoncer comme suspecte l’unanimité qui s’est faite contre Gbagbo. Encore un « complotiste » que ce Guillebaud !… Qui commence à être rejoint par pas mal de monde, jusqu’à un Christian Chartier, « ancien porte-parole du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, qui tance le procureur Ocampo : "Il aurait voulu faire en sorte que l’on comprenne que la justice internationale peut être instrumentalisée à des fins politiques qu’il n’aurait pas pu mieux faire" ».

« Complotiste » aussi Chartier ? Où l’on est fondé à se demander si la mise en cause de « la théorie du complot » ne connaît pas aussi ses limites, devenant à son tour une sorte de « complotisme » en forme d’explication globale du monde dans laquelle tout calomnié est forcément coupable, cause de tous les maux qui s’abattent sur lui selon une telle unanimité qu’ « il doit bien y avoir quelque chose de vrai »… « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » aurait dit un « complotiste » célèbre…
Libellés :
jd
lundi 12 décembre 2011
Côte d'Ivoire. ONG : 87% d'abstentions
Un autre écho que ce que celui des médias mainstream, ou que leur silence gêné - et que ce que dira probablement le décompte officiel ouattariste :
"Législatives 2011. Sur les ondes de la RTI, Alassane Ouattara en personne a appelé les populations à sortir massivement pour aller voter, en qualifiant ce scrutin d'essentiel. Cet appel n'a pas été entendu - loin s'en faut. Les Ivoiriens sont restés enfermés chez eux et pour cause.

Les ONG qui ont travaillé dans la plus grande discrétion sur ce scrutin dit « essentiel » ont situé le record d'abstention à environ 87% : « On ne peut pas parler de taux de participation. On ne peut que parler de taux d'abstention », disait un observateur.
Finalement, l'on a assisté à un remake du référendum de 2000. Alassane Ouattara avait appelé les populations à rester chez elles. 13% l'ont écouté. 87% environ ont voté la constitution d'Août 2000.
En 2011, le même Alassane Ouattara appelle les ivoiriens à sortir massivement pour prendre part à des législatives « essentielles ». 87% environ sont restées enfermées chez eux contre seulement 13% de participants.
Abidjan ressemble vraiment à une ville morte, ce dimanche 11 décembre. L'ombre de la déportation de Laurent Gbagbo plane sur les élections...
On attend maintenant minuit pour voir ce que vont nous annoncer les truands de la CEI et de l'ONUCI !"
Source : Facebook Mélanie Debrest
dimanche 11 décembre 2011
Côte d’Ivoire ce jour : un non-événement "législatif" d'un côté, des milliers de manifestants pro-Gbagbo à La Haye de l'autre
Aujourd'hui 11 déc. 2011...
- D'un côté des "élections législatives" ivoiriennes, ignorées par la majorité de la population restée pro-Gbagbo, "élections" dont le seul sens est la redistribution de postes aux partisans du pouvoir installé le 11 avril par les bombardements français appuyant leurs "FRCI" - partisans du même pouvoir qui n'en arrivent pas moins à se déchirer violemment entre eux à l'occasion de cette "consultation"...
- De l'autre, des centaines (selon la police) des milliers (selon les organisateurs) de personnes, venues hier à leurs frais de plusieurs pays d'Europe manifester leur soutien au Président Gbagbo, emprisonné à La Haye de façon bizarre selon la quasi-unanimité des observateurs. C'est la première fois dans l’histoire qu'un président transféré à la CPI déplace des foules venues le soutenir.
À elle seule, la mise en vis-à-vis de ces deux faits d’actualité est fondée à donner à penser...

samedi 10 décembre 2011
D'Ocampo & Cie
Tapez "Ocampo" ou "Moreno Ocampo" sur Gogol et voyez la vidéo où il se ridiculise...

Une vidéo d'Al Jazeera dont on ne se lasse pas, mise en ligne par deux patriotes africains. L'un est Franco-Burkinabé, l'autre Ivoirien. Tout un symbole...
Ocampo, Soros, Ouattara (ami de Sarkozy), un club très sélect (image : Le Nouveau Courrier) :
D'où :
vendredi 9 décembre 2011
Le camp sarko-ouattariste panique devant le redoublement de popularité de Gbagbo
Ils croyaient se débarrasser de Gbagbo en l'emprisonnant à Korhogo, dans des "conditions rudimentaires", comme Hofnung de Libé appelle huit mois sans voir le soleil ! Ils croyaient ruiner sa popularité en l'envoyant arbitrairement à La Haye. Las ! Effet inverse... Et leur amertume ne fait que croître.
Et il n'est pas un jour sans violence en Côte d'Ivoire, pas un jour non plus sans censure de la presse. Hier on mentionnait Le Temps, Aujourd'hui est suspendu lui aussi !

Et toujours le mémorable emberlificotage du procureur Ocampo face à la journaliste d'Al Jazeera...
jeudi 8 décembre 2011
Après la déportation de Gbagbo à La Haye, l'embarras du camp sarko-ouattariste

1) Harcèlement : Le Temps suspendu pour 2 semaines
Extrait de Notre Voie, jeudi 8 decembre 2011 :
La série noire suit son cours pour la presse ivoirienne libre. Les emprisonnement, les blâmes et suspensions se succèdent. Hier, le Cnp a encore frappé dans le lot de la presse. Le quotidien Le Temps édité par le groupe Cyclone a écopé pour la troisième fois d’une suspension de 12 parutions soit deux semaines.
Le Cnp reproche au quotidien pro-Gbagbo d’avoir publié une série d’articles qu’elle juge outrageants à l’endroit d’Alassane Dramane Ouattara et de Guillaume Soro.
Benjamin Koré
2) Hofnung de Libé reprend du service pour répandre son fiel
Depuis 2004 (où il se faisait l'avocat de Licorne tirant sur les manifestants), Hofnung est le porte-parole du pouvoir français : une des raisons pour lesquelles il se dédouane en jouant les pourfendeurs de la Françafrique - en l'occurrence en "dénonçant" ce que tout le monde sait sur les biens mal acquis...
Tandis qu'il se fend d'un article dénonçant... la dénonciation par Gbagbo à La Haye des évidences françafricaines de son arrestation...
3) Le procureur de la CPI s’emberlificote dans son incapacité de répondre à des questions pourtant simples...
mardi 6 décembre 2011
Démenti - important !
Contrairement à ce qu'annonce en boucle la propagande ouattariste relayée par les agences de presse françaises et "internationales", le FPI et le CNRD confirment qu'ils ne participeront pas aux "élections" législatives.
FPI-FRONT POPULAIRE IVOIRIEN
Le FPI et le CNRD ne participent pas aux élections législatives. Séry Dehoua est candidat indépendant à Issia. Il n'est pas candidat FPI. Il n'est également pas le porte-parole du CNRD. Il est allé rencontrer Hamed Bakayoko de son propre chef. Il n'a jamais été mandaté par le FPI ou le CNRD. Le FPI et le CNRD ont suspendu toutes négociations avec le pouvoir Ouattara depuis le transfèrement du président Laurent GBAGBO à La Haye. Haro sur les imposteurs comme Sery Dehoua. Halte à la manipulation.Tueries massives perpétrées par les Forces pro-Ouattara : Le pouvoir refuse l’enquête de la Cpi
Par K. Kouassi Maurice. Extrait du journal Le Temps du 06/12/2011 :
Au moment où Laurent Gbagbo est entendu par les juges de la Cpi à la Haye, les observateurs sur la scène internationale notent avec indignation que le pouvoir Ouattara n’est pas favorable à une véritable enquête de cette cour pénale sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par les rebelles puis les forces pro-Ouattara de 2002 à 2010.
Photo : reportage du nouvel Obs sur les massacres commis par les forces pro-Ouattara
L’un d’entre eux a fustigé hier, sur le plateau de France 24, «les hésitations» du camp Ouattara quant à une volonté de permettre une enquête sur les faits qui sont reprochés au pouvoir en place. Puis fait remarquer que cette situation est liée à «l’antagonisme entre Ouattara et Soro qui refuse de lâcher ses chefs militaires» à propos des crimes imputables aux rebelles. Pour cet observateur, cela est dû au fait que si le nouvel occupant du palais d’Abidjan est un «civil», son régime s’appuie sur la rébellion dirigée depuis 2002 par Guillaume Soro. Ce qui engage la responsabilité du mentor du Rdr en ce qui concerne tous les crimes dont les chefs militaires des Forces pro-Ouattara se sont rendus coupables. A commencer par le massacres que les rebelles on perpétrés depuis le déclanchement de la guerre par la rébellion en Côte d’Ivoire. Aussi a-t-il appelé la Cpi à se pencher sur «la responsabilité des uns et des autres» dans cette affaire.
Cette intervention pour le moins inattendue sur une chaîne comme France 24 dont on connait le rôle dans la crise postélectorale met à nu le refus de Ouattara de donner une suite favorable à la demande de juges de la Cpi qui exigent que «toute la lumière soit faite sur les crimes commis par les deux camps», pour un procès équitable. Ces juges qui veulent effectivement dire le droit l’ont déjà signifié au procureur Ocampo lors de sa récente ballade en Côte d’Ivoire. Mais, à en croire des sources concordantes, Ouattara s’est opposé à l’arrivée des enquêteurs de la Cpi sur le terrain.
Mieux, la France qui ne souhaitait pas que les enquêteurs de la Cpi livrent des «conclusions» objectives aux juges qui veulent en «savoir davantage», a pressé Ocampo d’agir vite pour transférer Laurent Gbagbo, avant que cette requête n’aboutisse à des véritables investigations qui mettraient en difficulté son représentant délégué à Abidjan. D’où le grave vice de procédure qui a entaché le transfèrement expéditif du président Gbagbo à la Haye. D’ailleurs, les avocats de la défense n’ont pas manqué de souligner l’illégalité dans laquelle Ocampo est tombé en obéissant aveuglément aux instructions de Nicolas Sarkozy.
Mais la partie est loin d’être gagnée pour la France qui veut couvrir les crimes commis par le camp Ouattara en Côte d’Ivoire. En effet, des indiscrétions font état de divergences à la Cpi sur la question, entre la tendance Ocampo qui travaille à biaiser le procès qui déboucherait hâtivement sur lourde une condamnation de Laurent Gbagbo et les juges qui, opposés à un jugement bâclé qui ternirait l’image de la Cpi, veulent entendre l’autre partie au conflit pour un procès équitable. Ira-t-on à un renvoi de l’affaire à la fin de la présente «audience technique», pour permettre aux juges de faire en toute indépendance leur travail dans les normes ? L’on aurait répondu par l’affirmative, si la France n’était pas en train de se livrer à de féroces manœuvres pour instrumentaliser la Cpi, avec la complicité d’Ocampo qui se trouve toujours lié par le pacte qu’il a conclu avec les comploteurs : «sa mission ne sera un succès que si Laurent Gbagbo est condamné» comme le lui exigent Sarkozy et Ouattara, nous a-t-on confié.
Mais le prisonnier de la France est simplement «soupçonné» d’avoir commis les crimes qu’on lui reproche. Or une justice crédible ne peut se permettre de condamner un accusé sur la base d’une simple présomption, du moment qu’aucune enquête n’a été menée pour établir les faits et pour situer la responsabilité du camp des vainqueurs qui accusent, alors que ceux-ci ont commis des crimes atroces dûment mentionnés dans les rapports d’Amnesty international et de la Division des Droits de l’Homme de l’Onu. Crimes et génocides pour lesquels Ocampo a solennellement déclaré, lors de son séjour à Abidjan, que le camp Ouattara sera entendu. On attend donc que la Cpi [...]
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lundi 5 décembre 2011
Gbagbo à La Haye - L'indignation de Jerry Rawlings
L’ancien président ghanéen Jerry Rawlings, qui garde une influence certaine au sein du parti au pouvoir et de la scène politique de son pays, vient de publier une tribune où il tire à boulets rouges sur ceux qui ont envoyé le président Laurent Gbagbo à La Haye, dans ce qu’il considère comme un «enlèvement».

Sa déclaration, traduite dans Le Nouveau Courrier. Extrait :
"J‘ai appris avec consternation que le président destitué de Côte d’Ivoire, Gbagbo a été transféré à la Cour pénale internationale (CPI), le mardi 29 novembre suite à une inculpation rapide, en totale violation du code international des procédures et au mépris total des exigences de la paix en Côte d’Ivoire. Ce transfert fait suite a une procédure tellement rapide, qu’il peut être légitimement décrit comme un enlèvement. Mes soupçons augmentent encore plus, lorsque le procureur affirme avoir pour cibles six officiels en Côte-d’Ivoire, mais insiste indûment sur Gbagbo, celui qui est le moins susceptible d’échapper parce que déjà en détention. Cet empressement à inculper et à faire transférer Gbagbo [qui n'a pas couru s’échapper durant le bombardement de son palais] comme un criminel de droit commun, défie la logique d’une quête de véritable réconciliation et d’une paix durable en Côte d’Ivoire.
Après cinquante ans d’indépendance, l’Afrique devrait avoir tous le savoir-faire pour apporter la justice à ses propres citoyens et faire disparaître la justice importée. Quel genre de poursuites plutôt hâtée consiste à traduire en justice la victime d’une attaque, et à être indulgents avec l’auteur de l’attaque? Personne ne cherche à échapper à la justice. Mais quand la justice est baignée dans une mer d’humiliation et d’abus, de façon à être régi par la haine de soi-pensants avec sa logique intenable, il sied à la conscience humaine de se lever contre cette justice, pour le bien de tous. Nous ne resterons pas silencieux à ce sujet car nous ne devons pas rester silencieux" [...]
La suite sur Le Nouveau Courrier...
dimanche 4 décembre 2011
samedi 3 décembre 2011
De Laurent Gbagbo, du droit international et de la CPI...

Par Ahouansou Séyivé. Extrait de Alternatives et cohérence :
"Si les voies du seigneur sont impénétrables, celles de la justice pénale internationale s’apparentent à une autoroute à sens unique, reliant l’Afrique à la cour pénale de la Haye. Cette voie rapide, balisée par les puissances occidentales, Laurent Gbagbo l’a empruntée le mardi 29 Novembre.
Par voie aérienne en direction de l’aéroport de Rotterdam, à bord d’un avion "gracieusement" affrété par l’armée française, puis par voie terrestre en direction de la prison de Scheveningen.
Les mains propres...
Alassane Ouattara, le Ponce Pilate ivoirien, n’aura pas besoin de se laver les mains, le sale boulot aura été abattu par Guillaume Soro, mais surtout par l’ami Nicolas Sarkozy. Un homme attentionné ayant poussé la délicatesse jusqu’à déloger l’ancien chef d’état ivoirien de sa résidence abidjanaise avant de lui offrir un billet d’avion gratuit pour les Pays-Bas. L’épilogue de la crise née à la suite de la contestation des résultats du second tour de l’élection ivoirienne était prévisible et attendu. Dans un ordre juridique international où force fait droit, le transfèrement de Laurent Gbagbo vers la CPI n’était qu’une question de temps d’autant plus que le nouveau contremaitre ivoirien, le préfet-sident Alassane Ouattara n’a jamais brillé par sa finesse politique. Alors que les bandits en babouches du CNT, amis du comique troupier BHL, ont tenu à juger le fils Kadhafi eux-mêmes, le chef d’état ivoirien a préféré se débarrasser de l’homme ayant rassemblé il y a un an, la moitié des suffrages ivoiriens, cela deux semaines avant la tenue d’élections législatives qui seront, sans doute aucun, transparentes et démocratiques…
Temps long et perspectives...
Le renvoi de l’ex-président ivoirien dans le box des accusés de la CPI est à analyser non pas à travers le prisme de la politique interne ivoirienne mais l’aune des enjeux géopolitiques internationaux. Cette nouvelle donne ayant consacré une France bras armé des Etats-Unis en Afrique, ayant procédé, au nom de la fameuse « Communauté internationale », à la mise à jour partielle du partage berlinois de 1885. En effet il faut se replacer dans un temps long et adopter une perspective plus large pour contextualiser et redonner tout son sens à la mascarade judiciaire qui va nous être servie par la CPI. Il est également nécessaire de s’écarter de la dialectique imposée par les médias de masse occidentaux en général, français en particulier, qui ont transformé une situation politique interne complexe, modelée par la réalité souterraine des rapports de force internationaux en affrontement binaire et manichéen entre le méchant Laurent Gbagbo, «l’africain», et le gentil, car presque blanc, Alassane «voyez ma femme » Ouattara.
Il faut comprendre l’absence d’objectivité des médias français comme la manifestation involontaire des forces invisibles (non mystiques ou occultes mais œuvrant à l’abri du regard du public) qui permettent à la France et ses entreprises de maintenir une présence intéressée et spoliatrice sur le sol africain.
Par ailleurs, cette présence subie à contrecœur par les dirigeants africains ne peut être l’objet de contestation. La situation économique catastrophique du bloc occidental impose de facto la mise au pas des récalcitrants. Laurent Gbagbo qui s’était manifesté à l’ancien maitre par son insolence et une relative liberté de ton ne pouvait qu’être écarté du pouvoir. Sa volonté de ne pas respecter le diktat élyséen amenât Sarkozy à personnaliser l’affrontement. Dès lors son sort était scellé et le châtiment à venir, exemplaire. Au grand dam d’Alassane Ouattara, une sortie à la Kadhafi lui sera épargnée. Il sera à la place, exposé telle une bête de foire, dans le box d’une cour internationale, émanation d’une justice qui loin d’être aveugle est totalement instrumentalisée.
La sélection naturelle...
Alors que les plus grands criminels internationaux se recrutent majoritairement dans les pays occidentaux : M. Kissinger responsable des bombardements des populations civiles au Laos et au Cambodge, de l’installation de Pinochet et du renversement d’Allende, de la tentative d’assassinat de Mgr Makarios à Chypre entre autre méfaits, messieurs Bush, Cheney et Rumsfeld responsables au bas mot de la mort de 655 000 civils irakiens au cours de la fameuse seconde guerre d’Irak, d’un coup d’état lamentablement manqué en 2002 contre Hugo Chavez, messieurs Obama, Cameron et Sarkozy responsables de la guerre en Libye, ayant couté la vie à plusieurs dizaines de milliers de civils libyens, Laurent Gbagbo se voit attrait devant la CPI pour les 3000 morts du conflit post-électoral ivoirien. Est-il manquer de respect aux victimes de ce conflit, attisé délibérément par la France et la «Communauté internationale» (refus du recomptage des bulletins de vote au profit d’un bain de sang), que de dire que la qualification de crime contre l’humanité chantée à tue-tête par les thuriféraires de l’ordre juridique international, ne repose sur rien d’autres que des hypothèses non vérifiées et une distorsion de la réalité ?
Honneur à l'Afrique...
Le rapport sur le massacre de Duékué, imputable aux brigands armés ouattaristes (soutenus par une France qui ne peut s’empêcher d’être partie liée aux génocidaires et criminels de tout poil opérant sur le sol africain…), rédigé par l’organisation humanitaire pourtant partisane Human Right Watch, dressait pour ce seul méfait une fourchette de 800 à 1500 civils tués. Alassane Ouattara, autorité suprême de cette soldatesque devrait, selon les règles élémentaires de l’algèbre se trouver aux cotés de Laurent Gbagbo, s’il était réellement question de rendre justice.
Il n’est pas question de deux poids deux mesures, car l’on serait encore dans le cadre d’une justice respectant des règles vérifiables car quantifiables. Non il s’agit d’une justice folle et opportuniste, contextuelle et arbitraire, que Clausewitz aurait pu qualifier de poursuite de la politique par d’autres moyens. Le chef d’état africain était déjà réputé pour sa valeur bon marché sur le plan politique : il ne coutait pas grand-chose de le porter au pouvoir et une fois installé, il n’était pas onéreux de le soudoyer. Il est aujourd’hui de notoriété public qu’il est facilement transférable devant la CPI, et est le seul type de chef d’état qu’on y juge. La CPI devrait penser à s’installer en Afrique, elle réduirait ses frais et n’ayant vocation à juger que les récalcitrants continentaux elle prendrait toute sa dimension…" [...]
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