mercredi 31 août 2011

Choï confirme le défaut de charges contre Gabgbo


Où sont passés les "crimes immenses" qui, depuis le lendemain du truquage électoral ratifié par Choï, ont servi de prétexte au bombardement de la Côte d’Ivoire et au coup d'Etat du 11 avril, suivi de vrais massacres pour le coup, et d’exactions diverses qui continuent à ce jour ?...


Selon une dépêche Directscoop / 31 août 2011 :

"Côte d’Ivoire : Choï disculpe Gbagbo

ABIDJAN – L’ex-Représentant de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Young Jin Choï a nié mardi l’existence de « massacre d’envergure » sous le régime du Président Gbagbo.

« S’il y avait eu des massacres civils d’envergure, notre mission aurait échoué », a soutenu le diplomate coréen au micro de Radio France International (RFI).

[...]

Le couple présidentiel a été inculpé en août de « crimes économiques » après 4 mois de détention illégale sous prétexte de « crimes contre l’humanité ». Les manifestations de protestation se multiplient pour demander leur libération ainsi que celle de tous les détenus politiques.
"

Ce faisant l'ex-représentant de Ban Ki-Moon confirme ce qui ressort du récent motif d'inculpation retenu contre le Président ivoirien renversé, « crimes économiques » : un dossier qui s'avère désespérément vide...


lundi 29 août 2011

Sarkozy-Ouattara : de l'eau dans le gaz ? Suite...


Analyse d'un fait récent par César Etou dans Notre Voie (extraits) :

"Trois officiers français séquestrés et délestés de 41.000 euros : Sarkozy veut la tête de Wattao"

"A l’Elysée, cette exaction des chefs de guerre que les hommes de leur poulain, le président Ouattara, présentent comme « des sauveurs à féliciter » (dixit le procureur Simplice Koffi Kouadio) a été très mal vécue. Evidemment, ce vent de colère a soufflé de l’Elysée jusqu’aux oreilles d’Alassane Ouattara."


"Rendus incontrôlables par le nouveau pouvoir ivoirien qui les présente comme des « sauveurs », les chefs de guerre de l’ex-rébellion et leurs hommes commettent, en toute impunité, des exactions les plus atroces. Les opérateurs économiques sont dépouillés de leurs avoirs dans le silence. Promu commandant en second de la Grade républicaine (GR), Issiaka Ouattara dit Wattao vient de provoquer la colère des hautes autorités françaises qui ont réclamé sa tête, invitant du coup Alassane Ouattara à manger son totem. Que va-t-il se passer ?

L’affaire va au-delà des rapports des organisations internationales de défenses de droits de l’Homme accablant les chefs de guerre de l’ex-rébellion, rapports que les nouvelles autorités ivoiriennes déclarent invariablement « sans preuves » pour couvrir les auteurs des crimes et autres exactions. Le colonel Jean Grégoire Charaux a porté plainte contre le commandant Issiaka Ouattara dit Wattao et ses hommes pour « vol de numéraires, séquestration avec violences et voie de fait ». Cet officier retraité de la gendarmerie française accuse Wattao de lui avoir fait soutirer, par ses hommes, la bagatelle somme de 45.000 euros (près de 30 millions de FCFA). Les hautes autorités françaises informées du forfait ont montré des signes d’énervement qui ont perturbé les congés d’Alassane Ouattara à Paris. Le nouveau chef de l’Etat ivoirien installé par l’armée française aurait réclamé « des sanctions » pour calmer Nicolas Sarkozy et ses collaborateurs. Wattao le sait et multiplie ses actions, y compris dans les médias, pour espérer être épargné. De quoi s’agit-il ?

Au début, un harcèlement injustifié…"
contre M. Frédéric Lafont.... l'homme qui en sait trop : Pour mémoire, celui-ci, alors sanctionné par l'UE au lendemain des élections truquées de 2010, signalait sur France soir : « c’est fort quand même, l’UE me sanctionne alors que le 28 novembre lors du deuxième tour de la présidentielle en Côte d’Ivoire, le responsable de la sécurité des observateurs de l’UE dans le Nord m’a téléphoné en urgence pour que je vienne rechercher 17 observateurs qui se faisaient molester ! Ils m’ont remercié en me disant qu’ils avaient craint de se faire couper en deux ! Mais ça on en parle pas ! D’ailleurs, j’attends toujours que Bruxelles me paye la troisième facture… »


L'homme qui en sait trop sur la nature du "scrutin" de 2010 est à présent dans le collimateur de Wattao, cet homme de Ouattara qui dépasse les bornes aux yeux de Paris...

Dans Notre Voie, César Etou poursuit : "M. Frédéric Lafont, ancien légionnaire français, s’est reconverti dans les affaires. Ce franco-ivoirien est bien connu dans les milieux d’affaires français de Côte d’Ivoire grâce aux activités de ses sociétés de gardiennage RISK et Vision. Mais Frédéric Lafont est aussi le propriétaire des restaurants « Le Mont Blanc », « Stade de France », ainsi que de la compagnie aérienne « Sophia Airlines ». Seulement voilà, pour des raisons encore difficiles à cerner, Frédéric Lafont fait partie des hommes d'affaires les plus recherchés par les ex-Com'zones, ces chefs de guerre de la rébellion qui se sont partagé Abidjan comme un butin de guerre depuis le renversement du président Gbagbo par l’armée française, le 11 avril 2011. Apparemment, le plus acharné contre Lafont est le commandant Issiaka Ouattara dit Wattao, promu commandant en second de la Garde républicaine par le nouveau chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Le chef de guerre pro-Ouattara continue de ruminer sa propre colère contre Frédéric Lafont pour de prétendus liens avec le Président Gbagbo et le soupçonne d'avoir permis au régime renversé de s'équiper en armes.

Certes, au début de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, le clan Ouattara croyait fermement à cette affabulation. M. Lafont et son épouse ont donc figuré sur la liste des personnes sanctionnées par l'Union européenne. Mais très rapidement, l’UE s’est rendue compte, a-t-on dit, « d’une grossière manipulation doublée de dénonciations calomnieuses ». Elle a rapidement retiré M. et Mme Lafont de la liste des personnes proches du Président Gbagbo et sanctionnées en Côte d’Ivoire. « En dépit de la preuve de son innocence dans tous les faits dont on l'accusait, certains chefs de guerre ont fait fi de l'opposition des responsables politiques de la rébellion et continué à en vouloir au franco-ivoirien », racontent nos sources. Ils ont ainsi pillé, dans la logique de cette haine, dès la prise d’Abidjan, tous les biens de Frédéric Lafont. Ils ont assassiné un de ses plus proches collaborateurs, feu le nommé Issa Koné, de nationalité burkinabé. M. Lafont lui même doit son salut à ses jambes. Il s'est enfui du pays pour s’installer dans un pays de la sous-région, et non à Paris comme beaucoup le font croire. C’est de son exil ouest-africain qu’il essaie de sauver encore ce qui peut l'être de ses affaires en Côte d’Ivoire.

La Chasse au pro-Gbagbo tourne mal

Dans cette optique, Frédéric Lafont s'est attaché les services de deux colonels de la gendarmerie française retraités, les nommés Jean Grégoire Charaux et Jean-Marie Roger Fontaine."
[...]

La suite de l'enquête détaillée de César Etou sur Notre Voie...


dimanche 28 août 2011

"Ouattara tancé par Sarkozy"


Alors que les exactions se poursuivent dans le silence des grands médias (cf. infra *), Sarkozy aurait, mais pas pour ces raisons-là, vivement tancé Ouattara – venu au Cap Nègre avant d’être hospitalisé à Toulon…


Selon un article du journal "Le Temps" du Vendredi 26 Août 2011 par K. Kouassi Maurice (extrait) :

« (...) L'Elysée aurait tancé Ouattara pour l'incapacité avérée de son régime à tenir le pari. Non sans dire sa déception quant à un gouvernement de "Ministres nommés par complaisance pour satisfaire les alliances politiques" et qui sont payés à ne rien apporter de concret. En révélant que le Trésor français est obligé de supporter les salaires des fonctionnaires ivoiriens, à un moment où la France, à l'instar des pays européens et les Etats-Unis, se cherche au milieu des gros déficits économiques, Fillon donnait un avertissement.
Des sources crédibles indiquent que les deux hommes( Sarkozy et Ouattara ) ont eu des "entretiens serrés" à ce sujet. Aussi, Ouattara pourrait ne plus avoir de marge de manoeuvre dans la gestion courante de la Côte d'Ivoire. Il se murmure qu'une sorte de "Cellule spéciale pour les affaires ivoiriennes" a été mise en place à l'Elysée qui ferait office de gouvernement à distance pour la Côte d'Ivoire. Car, "on ne peut pas compter sur eux", s'affligent les colonisateurs aujourd'hui confrontés aux limites de leurs hommes de main. On imagine donc qu'au retour des vacances, les ministres adopteront un profil plus petit que par le passé. Ils seront toujours là, certes, mais, pour la forme. (...) Et la France, après son coup d'Etat contre Laurent Gbagbo, est obligée de palier les carences de ses affidés, dans la mesure où l'échec de Ouattara sera la plus grande honte de la France. Ce que Sarkozy tente d'éviter à tout prix (...). »


Est-ce pour cela que Ouattara a reconnu le CNT contre l’UA ?

* Et que fait Robert Ménard alors que les journalistes sont emprisonnés en Côte d’Ivoire au seul motif qu’il ne disent pas ce que dicte le pouvoir ? C’est la question que pose Yann-Yéc'han à l’ex-chef de RSF : que dit-il à présent ?

« On se souvient des "affrontements verbaux" Robert Ménard / Calixte Beyala et Robert Menard / Alain Toussaint sur I-Télé. On se souvient des réquisitoires de M Ménard et ses "Tout le monde sait" "tout le monde a vérifié les élections sauf vos amis", "vous avez vu les exactions dont sont responsables les proches de M Gbagbo,... exécutions extra judiciaires, actes de tortures, disparitions forcées... ça doit vous troubler quand même !?... "Est ce que vous condamnez ?" "Il n'y a pas d'exactions systématiques des proches de Ouattara", etc.
M Laurent Gbagbo depuis ces interviews a été bombardé et capturé par les forces militaires françaises outrepassant au demeurant la résolution de l'ONU. »


Tous ces crimes médiatiques retenus contre Gbagbo et divulgués par Ménard entre autres, sont à présent disparus et remplacés par des « crimes économiques », la nationalisation des banques !

Appuyant les pouvoirs, les médias occidentaux sont en train de ruiner le crédit des puissants qu’ils servent.


vendredi 26 août 2011

Quadrature du cercle : comment s’enthousiasmer pour le sarkozisme quand on a été anti-Bush




Le dilemme a été résolu par nos penseurs de gauche, philosophe en kaki ou directeur de la rédaction du NouvelObs, entre autres.

Citons le second (le premier dit en substance la même chose), L. Joffrin : "la thèse du choc des civilisations, mise en musique de la politique agressive de George Bush, a montré sa fausseté et sa nocivité. Ce ne sont pas les civilisations qui s'affrontent. Sous toutes les latitudes, en Libye comme en Chine ou en Iran, ce sont les partisans de la liberté et les complices de la tyrannie. Qu'on aide les premiers et qu'on combatte les autres !"

Sauf que Bush n'a jamais prétendu promouvoir la guerre des civilisations contre laquelle mettait en garde Huntington, mais au contraire, il a clamé sur tous les tons que "ce sont les partisans de la liberté et les complices de la tyrannie [qui s'affrontent]. Qu'on aide les premiers et qu'on combatte les autres !" C'est exactement ce qu'il a proclamé faire en Irak après l'Afghanistan.

Exactement ce que célèbrent aujourd'hui, Joffrin, BHL, etc. chez Sarkozy concernant la Libye et accessoirement la Côte d’Ivoire.

La méthode s'est simplement et naturellement subtilisée : les forces occidentales ont appris à se mettre moins ostensiblement au premier plan. Les créatures rebelles locales, que l'on prétend défendre, "les partisans de la liberté" qu'il "faut soutenir", déjà présentes lors de la guerre d'Irak, sont simplement aujourd'hui mieux mises en avant, et les forces occidentales qui font tout le boulot sont mieux cachées par la propagande médiatique pour laquelle elles deviennent simple appui contre "la tyrannie".

La nouvelle méthode a été mise au point en Côte d'Ivoire, où Sarkozy, appuyé fermement par la bushienne Clinton (elle a voté la guerre en Irak) et le rallié Obama (il avait en son temps voté contre la guerre en Irak), a dinzingué une démocratie et mis en place une dictature des plus dures rebaptisée "démocratie" à l'appui d'une rébellion surarmée discrètement depuis huit/dix ans, rébellion légitimée entre temps par une "élection" truquée.

En Libye, où il n'y avait pas de processus électoral, la légitimation médiatique de la rébellion a été trouvée dans les "révolutions" tunisienne (d'abord rejetée par Paris) et égyptienne.

Dans tous les cas, de l'Irak à la Libye, le motif de fond est connu, qui autorise ce "remodelage", cette imposition de la "démocratie" : motif huileux, que l'on retrouve pour la Côte d'Ivoire.

Le "remodelage" est à présent bien avancé à l'appui de la nouvelle doctrine, bien huilée après l'essai ivoirien.

L'appui médiatique roule à fond, bien huilé lui aussi désormais. Le "médiamensonge" parvient même sans trop de peine à faire passer pour "propagande" toute voix divergente. L'anciennement honnie chaîne Al-Jazeera est désormais pleinement ralliée, à l'instar du Qatar qui la porte et qui combat aux côté des puissants.

Le "remodelage" bushien et désormais sarko-obamien du monde est en marche, avec chaque "civilisation" à sa place, rebaptisée "démocratie" - occidentale ici, islamiste "modérée" là, comme l'Arabie Saoudite où Sarkozy vantait "les bienfaits de la religion" d'un pays où l'on interdit aux femmes de conduire, ou le Bahreïn, où les "rebelles" sont matés avec la plus grande violence (pas question de révolution ici)...

La différence entre Bush que l'on exècre et Sarkozy que l'on célèbre ? Le verni : la coloration religieuse du premier a sauté, devenue inutile.

En tout cela, au coeur de cet unanimisme enthousiaste, une ombre : quid des démocraties, demain, quand le remodelage sera achevé ? À commencer par Israël, à continuer par le Liban ou ce qu'il en reste. Quelle sera leur utilité dans la nouvelle géopolitique lorsque les nouveaux régimes amis, "dictatures modérées" et autres "démocraties" nouvelle formule seront installées partout ?... Et à continuer par les autres, sur tous les continents et jusqu'en Europe. L'ombre est déjà bien avancée quand tous les médias, pour ne rien dire de l’opposition officielle, sont ralliés et enthousiastes.


jeudi 25 août 2011

9 otages français dans le monde… et même 10



Gilad Shalit, enlevé le 25 juin 2006, dans la bande de Gaza.

Denis Allex, conseiller à la sécurité, membre de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE - service de renseignement), détenu en Somalie depuis le 14 juillet 2009.

Daniel Larribe, 59 ans, ingénieur expert en techniques minières pour Areva, enlevé dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010 au Niger.

Thierry Dol, ingénieur de 29 ans pour un sous-traitant d'Areva, marié, originaire de la Martinique, enlevé dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010 au Niger.

Pierre Legrand, 26 ans, originaire de Couffé en Loire-Atlantique, qui est fiancé et travaille pour une filiale de Vinci, enlevé dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010 au Niger.

Marc Ferret, 43 ans, Français habitant Madagascar, salarié du groupe Vinci au Niger, enlevé dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010 au Niger.

Pierre Perrault, un humanitaire de 30 ans, originaire de Thil, un village de Haute-Garonne, retenu en otage depuis le 28 mai dernier au Yémen.
Avec lui, deux femmes, dont je n’ai pas pu trouver le nom.

Ça fait donc 9…

Plus un dixième systématiquement ignoré dans le chiffre de neuf égrené quotidiennement par nos journaux télévisés :


Michel Gbagbo, kidnappé le 11 avril 2011 et détenu depuis dans des conditions des plus inhumaines. Il est Français aussi, n’a commis aucun acte répréhensible. Son seul tort : son patronyme.




mercredi 24 août 2011

"Côte d’Ivoire : Le régime de la honte"




Article de Bertina Soro publié sur Le Temps (Extraits) :

"Le président Laurent Gbagbo reconnu vainqueur de la dernière élection présidentielle, par le Conseil constitutionnel dans sa première décision – initialement frappée d’irrévocabilité – est officiellement inculpé. Alassane Dramane Ouattara bénéficiaure d'un coup d'Etat qui continue de dégouliner du sang d’Ivoiriens, a «collé» au président Gbagbo déposé par la coalition Licorne-Onuci, une inculpation sur mesure. «Vol aggravé, atteinte à l’économie nationale, détournement de derniers publics, pillage» et donc crimes économiques.

Le poulain de la France, Ouattara, reproche au président panafricaniste Gbagbo d’avoir utilisé les fonds souverains de l’Etat pour répondre aux exigences de la situation de blocus économique imposé par l’Union européenne. Dans la logique d’Alassane Dramane Ouattara, Laurent Gbagbo devait laisser le peuple mourir en entendant de trouver une solution à la crise née de l’élection présidentielle. Si tel est le cas, la question est de savoir qui lui Ouattara allait-il gouverner une fois la crise réglée? Pour rappel, l’Union européenne avait imposé un embargo sur le cacao, le café et des produits de rente, les produits pharmaceutiques et autres médicaux. Quant à la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest), son embargo a visé les fonds de l’Etat ivoirien, à travers la (Bceao) Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest et l’Uemoa (Union monétaire ouest africaine).

Les objectifs étant d’asphyxier le pays et rendre vulnérable le régime Gbagbo pour le faire tomber. Il s’agissait donc d’un quitte ou double. Soit, le pays s’écroule car sans aucun moyen de sa survie et les populations sont abandonnées à elles mêmes. Soit en attendant de solutionner la crise électorale, le régime Gbagbo prend ses responsabilités pour ne pas que le pays sombre, permettant aux populations de vivre malgré les embargos Le président Gbagbo a choisi la deuxième option, celle de la dignité et non de l’humiliation que la communauté internationale voulait infliger au peuple ivoirien. Voici l’enjeu.

Autre rappel d’importance capitale. En 2000, l’opposant Alassane Dramane Ouattara annonce au cours d’un meeting à Korhogo qu’il «n’attendra pas cinq ans pour venir au pouvoir». Comment serait-ce possible lorsqu’ on sait que la durée du mandat présidentiel est de cinq ans renouvelable une fois, selon la constitution ivoirienne? Deux années plus tard, en septembre 2002, une rébellion attaque les institutions ivoiriennes, ses acteurs l’attribuent au président du rdr (rassemblement des républicains), Alassane Dramane Ouattara. De 2000 à 2010, le pays est rythmé par des tentatives de coups d’Etat, des appels à l’insurrection, de tueries qui ont pour auteurs les éléments de la rébellion des Forces nouvelles (Fn) qui les revendiquent et affirment agir pour le compte du président du rdr, Alassane Dramane Ouattara. Qui lui même ne s’en cache pas, fort de ce contre pouvoir armé et non démocratique dont il bénéficie à travers sa branche armée (Fn).

[...]

En voulant coûte que coûte se débarrasser d’un adversaire politique, Alassane Dramane Ouattara jette l’opprobre sur l’ensemble des populations ivoiriennes. Sa haine recuite pour Laurent Gbagbo va sûrement et certainement entrainer la Côte d’Ivoire dans les profondeurs du sous développement. Avec un surendettement exponentiel en l’espace de cinq mois de l’ordre de plusieurs centaines de milliards d’euros. Dette record ! Dire que ce bilan à mi-parcours est celui d’un économiste qui plus est de renommée internationale. Pitoyable ! Et comme dans un souci de voiler une carence notoire en bonne gouvernance, le régime justifie l’inculpation du président Laurent Gbagbo par le fait que celui-ci n’était plus «président de la république» et ne peut par conséquent bénéficier du statut d’ancien chef d’Etat, quand il prenait ses décisions de nationalisation des banques.

Soit, mais pourquoi alors, avant son investiture du 21 mai 2011, Alassane Dramane Ouattara a-t-il prêté serment le 6 mai devant Pr Paul Yao N’Dré, le président du Conseil constitutionnel?

[...]"

Lire l'article en entier sur Le Temps...


mardi 23 août 2011

Abou Cissé à son neveu Alassane Ouattara : «tant que Gbagbo sera en prison, tu ne pourras pas réussir»


Interview par Yacouba Gbané sur Côte d'Ivoire, la vraie. (Extraits) :

Abou Cissé, l’oncle maternel d’Alassane Ouattara (frère de feue Nabintou Cissé, mère d’Alassane) n’est pas du tout tendre avec son neveu...


La Côte d’Ivoire a un nouveau pouvoir depuis le 11 avril dernier, suite à l’arrestation du Président Gbagbo par l’armée française…

Nous avons assisté à l’avènement d’un nouveau pouvoir. Nous subissons, en ce moment, ce pouvoir. Nous savons comment ce pouvoir a été installé. Nous constatons, avec beaucoup d’inquiétudes, la mise en place d’un système de jugement qui ne fait qu’éterniser la crise.

Quelles sont vos inquiétudes?

C’est l’arrestation de certains Ivoiriens, qui à un moment donné, ont eu à diriger ce pays. Notamment le Président Laurent Gbagbo, son épouse, les autres cadres et les militants de la majorité présidentielle. En assignant Gbagbo en résidence surveillée, on ne fait qu’emprisonner celui qui est au pouvoir actuellement. Parce que Laurent Gbagbo en prison pose plus d’inquiétudes que d’apaisement.

Soyez plus explicite…

Le Président Laurent Gbagbo est une personnalité. Cette personnalité a régné pendant dix ans. Plus longtemps, il sera en prison, plus son aura va s’affirmer contre les erreurs du pouvoir actuel. Ce pouvoir n’a pas la dimension de résoudre tous les problèmes des Ivoiriens. Vous allez voir que les gens, sans distinction politique, religieuse, ethnique et régionale, vont se retrouver de plus en plus dans les idées du Président Laurent Gbagbo. A travers cette situation, il a de fortes chances de devenir une icône, un symbole. Il va atteindre une telle dimension que le pouvoir en place ne pourra pas diriger ce pays.

Comment ?

Bon nombre d’Ivoiriens vont se sentir, compte tenu qu’il a mis pratiquement tout le monde en prison, dans l’idéal du Président Laurent Gbagbo. Prenons l’exemple de Mandela lorsqu’il était en prison. Ce n’était pas lui qui faisait,la révolte en Afrique du Sud. C’est le fait qu’on l’ait mis en prison. Cela a donné une autre valeur à Mandela. Aujourd’hui, Gbagbo va atteindre une dimension telle que la Côte d’Ivoire ne pourra pas être gérée par ceux qui sont là. Il ne va pas utiliser, comme les autres l’ont fait, les armes ou la rébellion. Sa présence en prison va susciter, plutôt, une chaîne de mouvements au niveau de la classe sociale. On n’aura pas besoin des armes ou d’une révolution par la guérilla. C’est le peuple lui-même qui va se soulever. Parce que le pouvoir actuel ne pourra pas répondre à l’attente des préoccupations des Ivoiriens. Ce n’est pas en faisant de grands coups de peinture sur certaines places, qu’on peut dire que ça va, le pays est en train de partir, tout va bien… Le pouvoir actuel doit se dire que les grandes puissances sont en crise. Ce ne sont pas ces pays qui pourront apporter de l’aide à la Côte d’Ivoire.

On parle de plus en plus de réconciliation nationale avec la mise en place d’une commission…

Tout ce qu’on décide, il faut croire. Si c’est une croyance à Dieu, nous pouvons dire oui. Ce sont des gestes et des volontés humaines. Nous ne croyons pas à ce processus tant que le pouvoir ne prend pas sur lui-même de libérer tous les prisonniers politiques. Il faut libérer le Président Gbagbo et ses camarades. Tant que ceux-ci seront en prison, tant qu’on ne fera pas une politique de réconciliation en acceptant les conditions, il n’y aura pas de paix. Tout le monde a été fautif de cette situation. On ne peut pas juger un côté et laisser l’autre.

Alassane Ouattara, dans son discours à la Nation, tend la main aux cadres de la majorité présidentielle…

Nous avons souri de cette main tendue. Au même moment, il continue de mettre les cadres et militants de la majorité présidentielle en prison. Certains viennent d’être inculpés. La réconciliation ne pourra jamais se faire tant que le Président Gbagbo sera en prison. Il faut le libérer. C’est à partir de ce moment que nous pourrons parler de réconciliation. Afin que la Côte d’Ivoire puisse se retrouver. En clair, la réconciliation ne sera possible, si nous ne trouvons pas une solution sur la réconciliation elle-même.

Quelle est cette solution ?

Dans cette situation, il appartient à Alassane lui-même de trouver la solution. Pour qu’il y ait réconciliation, il faut qu’il se libère de la tutelle des Français. Il est emprisonné par les liens qui le lient à la France. C’est l’armée française qui assure, en ce moment, sa sécurité. En plus, il est emprisonné par le fait que le Président Laurent Gbagbo soit en prison. Il est également en prison par rapport à l’ex-rébellion qui l’a aidé. Il arrive que ceux qui vous ont aidé à prendre le pouvoir, trouvent les voies et moyens pour se débarrasser de vous. Parce qu’ils vont trouver que vous êtes gênant. On le voit, aujourd’hui, les dernières sorties des Nations unies. Elles sont en train de se rebiffer en parlant d’injustice. Alassane doit chercher à avoir une victoire intérieure. Cette victoire c’est libérer tous les dirigeants de la majorité présidentielle.

Quelles explications donnez- vous à ce revirement des Nations unies qui ont aidé Alassane à prendre le pouvoir ?

Lorsqu’ on convoite une belle femme, on utilise tous les mots doux. Lorsque vous l’avez, les conditions dans lesquelles vous mettez la femme finissent par montrer votre vrai visage. Tant qu’Alassane ne prouvera pas aux Ivoiriens qu’il n’est pas attaché à la France, qu’il n’est pas gardé par des troupes françaises, l’Ivoirien dans sa dimension actuelle ne croira pas à tout ce qu’il va faire.

A-t-il vraiment le choix ?

C’est lui qui doit choisir. Avoir l’aval de la population ou être prisonnier de la France. Avec la présence des militaires partout dans les rues, l’Ivoirien va finir par s’habituer. Il ne va plus les respecter. C’est ce qui entraîne les guérillas. Il faut qu’Alassane se ressaisisse. La Côte d’Ivoire n’a pas besoin de prisonniers politiques.

Depuis l’arrivée d’Alassane au pouvoir rien n’a changé. La situation ne fait qu’empirer…

Il y a des parasites dans l’entourage d’Alassane pour satisfaire leurs poches. Et non pour l’intérêt de la population. Il ne pourra jamais travailler tant qu’il ne permettra pas à l’opposition réelle d’exister. Nous disons que la réconciliation ne sera possible tant qu’il y aura des prisonniers politiques. Dans ce mois de jeûne un mois de pardon et de réconciliation avec soi même. Il faut que les Imams lui disent que la pérennisation de la Côte d’Ivoire ne se trouve pas dans les crises. Encore moins avec l’emprisonnement du Président Gbagbo, son épouse et les autres membres de la majorité présidentielle. Ainsi que les inculpations qu’on voit ici et là.

Que dites-vous du panier de la ménagère ?

Nous vivons une situation dramatique. La vie est devenue très chère. Il y a aussi le marché de l’emploi qui est devenu catastrophique. Parce que la confiance n’est pas encore là. La peur de l’Ivoirien pour faire quelque chose est devenue plus frappante. Alassane a promis beaucoup d’argent en tenant compte de ses relations. On ne dirige pas un pays à coups de dollars ou d’argent. On dirige un pays avec un certain humanisme. Cet humanisme manque aujourd’hui à Alassane. La Côte d’Ivoire n’est pas seulement l’économie. C’est une histoire d’humanisme. Ceux qui s’asseyent dans leur bureau pour compter sur l’aide de l’extérieur en auront pour leur compte. Parce que ces pays qui devraient donner de l’argent à la Côte d’Ivoire sont en pleine crise. Ce ne sont pas eux qui vont nous donner de l’argent. Lorsque la population aura faim, elle se soulevera. La destruction des emplois n’arrange pas les choses.

[...]

Et l’insécurité ?

C’est inquiétant. Alassane luimême n’est pas en sécurité. Raison pour laquelle il est surveillé par l’armée française et les Forces onusiennes. Il se met en sécurité et met les Ivoiriens dans l’insécurité. Il faut donner la sécurité aux Ivoiriens. Notamment aux policiers et gendarmes. Nous ne pouvons pas comprendre qu’on puisse les désarmer. Nous devons apprendre à faire confiance à nos Forces de l’ordre. Il faut débarrasser les rues de tous ceux qui n’ont pas droit aux armes. Aujourd’hui, partout, les gens soutiennent que le temps du Président Gbagbo était le meilleur. Ça veut dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas. L’insécurité, la cherté de la vie, la débâcle de nos institutions sont très graves. Diriger,un peuple ce n’est pas seulement avec le talent d’un économiste. Pour diriger un pays, il faut être investi d’un humanisme. Nous prenons l’exemple du Président Gbagbo.

Il est d’un humanisme incroyable. La politique du Président Laurent Gbagbo prenait en compte tout le monde sans distinction d’ethnie, de religion et de région. Contrairement à Alassane dont l’entourage est composé uniquement de gens de leur ethnie et leur région. Ce n’est pas construire une Nation. C’est en tenant compte de ces facteurs que Gbagbo a mené une politique de rassemblement des Ivoiriens. Pour lui, il ne faut pas juger les gens sur la base ethnique ou religieuse. Mais sur la base des valeurs et de la compétence. C’est un humain. Et il est reconnaissant. Il n’oublie jamais ses amis. Lorsque j’étais en prison, il est le seul qui m’a rendu visite. Alors que celui pour qui j’ai été en prison n’est même pas venu me voir. Sans oublier que j’ai vendu deux de mes villas pour le défendre. Afin qu’il soit candidat. Laurent Gbagbo m’adressait régulièrement des courriers pour me demander de ne pas me suicider. Puisqu’on doit continuer la lutte. Au sortir de la prison, il m’a rendu visite à Treichville. La dimension de Gbagbo a dépassé les frontières. Il n’appartient pas à la seule Côte d’Ivoire. Encore moins au Fpi. C’est l’arc-en ciel. Dieu ne dort pas. Il ne permet pas l’injustice. Laurent Gbagbo a fait beaucoup pour les musulmans. Il a envoyé des milliers de musulmans à la Mecque pour accomplir le cinquième pilier de l’Islam. Et pourtant, il y a des gens qui se targuent d’être musulmans. Alors que leur front ne touche pas le sol. En leur temps, ils n’ont pas pu obtenir une Ambassade en Arabie Saoudite. Laurent Gbagbo n’a jamais mis un journaliste en prison. Malgré que tout ce que les journaux racontaient sur lui. Il y avait une liberté totale de la presse. Il était ouvert à toutes les critiques.

Des personnes ne comprendront pas que l’oncle maternel d’Alassane soit du côté de Gbagbo au détriment de son neveu…

Nous sommes libres de nos idées. La politique ce n’est pas du tribalisme, du régionalisme. Ce sont des idées. Nous disons haut et fort que Laurent Gbagbo ne mérite pas ce qu’on lui fait aujourd’hui. Alassane lui doit beaucoup. Notamment son retour d’exil et sa candidature. Il a fait beaucoup pour la communauté musulmane. A savoir la facilitation du pèlerinage, l’ouverture d’Ambassade en Arabie saoudite. Lorsqu’ il était au pouvoir, il était à leurs petits soins… La réconciliation ne bute pas sur les mots. Mais sur les conditions dans lesquelles, l’on veut organiser cette réconciliation. On risque de dépenser des milliards pour rien. Nous persistons et signons, il n’y aura pas de paix dans ce pays, tant qu’il y aura des prisonniers politiques. Le pouvoir d’Alassane est composé de personnes venues pour se venger. Nous pensons que l’on doit apprendre à faire la distinction entre les valeurs familiales et les valeurs républicaines. Personne ne peut nous empêcher d’avoir une opinion contraire à notre neveu. Nous ne sommes pas des béni-oui-oui. C’est une grave erreur qu’il commet en décidant de vouloir juger son bienfaiteur d’hier. [...]

Lire l'interview en entier sur Côte d'Ivoire, la vraie...



lundi 22 août 2011

Le modèle de déstabilisation de la Côte d'Ivoire appliqué à la Libye... Et demain...

Remarquable analyse de Théophile Kouamouo publiée dans Le Nouveau Courrier...


Extraits de l'article de Théophile Kouamouo :

"Déstabilisation des Etats faibles : la doctrine d’Abidjan appliquée en Libye et en Syrie

Les officiers français ont toujours aimé théoriser, modéliser, expérimenter des schémas de belligérance susceptibles d’être mis en œuvre sur plusieurs fronts, en sacrifiant à quelques adaptations locales. C’est ainsi que la théorie de la «guerre révolutionnaire», conçue en Indochine, va être «exportée» (pour le pire) en Algérie, en Amérique latine et au Rwanda.

A bien y réfléchir, un «logiciel» d’un nouveau type n’a-t-il pas été expérimenté au cours de ces dernières années en Côte d’Ivoire ? En tout cas, en Libye comme en Syrie, le début des événements s’apparentent en certains points au 19 septembre 2002 d’Abidjan. Les concepts de rébellion armée et de révolution populaire sont ainsi amalgamés au profit des guerilleros pro-occidentaux, dont la cause improbable est «vendue» par les médias dominants, qui passent relativement sous silence les sources de leur approvisionnement militaire. Qui font comme si une «colère» plus ou moins partagée est capable «d’accoucher» toute seule d’armes provenant d’opportunes base-arrières, de camions de transport de troupes…

Les parallèles sont plus que troublants. En Libye, le CNT utilise des techniques expérimentées en Côte d’Ivoire pour saper les bases de l’Etat et créer ce que le philosophe Léo Strauss appelait avec cynisme «le chaos constructeur». En 2002 à Bouaké et en 2011 à Abidjan, les combattants pro-occidentaux ont ouvert les portes des prisons dans leur avancée, enrôlé les occupants des lieux et accentué l’insécurité. Les rebelles libyens ont fait de même à la prison de Maya, à 25 kilomètres de Tripoli. Les reporters qui font des analyses alternatives à celles des médias dominants expliquent également que des armes ont été larguées depuis plusieurs jours à Tripoli, à des membres de «cellules dormantes» de la rébellion et à des commandos des Forces spéciales étrangères infiltrés dans la capitale libyenne. On voit que les méthodes de la rébellion et du «commando invisible» d’Ibrahim Coulibaly, assassiné à la grande satisfaction des services spéciaux étrangers qui l’ont aidé à faire ce qu’il a fait d’Abobo avant d’y mourir, ont été reproduites de manière quasiment parfaite. Après-demain, la «doctrine d’Abidjan» sera étudiée dans les écoles de guerre !



De qui le Bahreïn se moque-t-il ?

Avez-vous, vous aussi, ri aux éclats après avoir lu ou entendu que le Bahreïn, aux côtés de l’Arabie saoudite et du Koweit, a rappelé son ambassadeur en Syrie pour «protester» contre la «répression» du mouvement de contestation du régime de Bachar El-Assad ? Avez-vous voulu rappeler au rédacteur de la dépêche évoquant la question ou au présentateur du bulletin d’information annonçant la nouvelle que le Bahreïn lui-même avait violemment maté ses contestataires, avec l’appui militaire de l’Arabie saoudite et la complicité des Occidentaux, qui se sont gardé de demander «le départ immédiat» d’un régime «ami» ? Etre ami des pays les plus puissants du monde est-il un brevet de sainteté ?"




Application mutatis mutandis, accompagnée, pour les démocraties, d'une nouvelle définition du concept de "démocratie" que repère avec acuité Théophile Kouamouo (ibid.) :


La démocratie, ça signifie que le parti au pouvoir organise des élections où il est juge et partie

De manière générale, les observateurs africains et occidentaux ont considéré, au fil du processus de démocratisation, que les administrations nationales étaient trop liées aux pouvoirs en place sur le continent et étaient disqualifiées pour organiser des élections. On a donc conçu les Commissions électorales indépendantes (CEI) pour en finir avec l’emprise de régimes tricheurs «par nature». En Côte d’Ivoire, une CEI mêlant représentants de l’administration, de la société civile, du gouvernement et des partis politiques existait avant les accords de Linas-Marcoussis. La « très très démocratique » communauté internationale qu’elle n’était pas assez équilibrée. L’opposition et son bras armé, soutenus par leurs alliés internationaux, ont exigé le contrôle de cette institution, notamment à travers une farce qui a consisté à créer trois sigles, donc trois «organisations», pour désigner un seul et même mouvement armé. Il n’était pas bon, disait-on, que le président d’alors – un vrai boulanger, n’est-ce pas ? – ait la haute main sur le processus électoral.

Au Cameroun, les Etats-Unis mettent la pression sur ELECAM, l’instance chargée des élections, et exigent la mise en place d’un «organe vraiment indépendant ». Matthew Miller, ambassadeur des Etats-Unis, a refusé d’honorer de sa présence la cérémonie de prestation de serment des membres d’ELECAM. «Nous sommes déçus par la composition de ELECAM. Elle n’est pas représentative de la société camerounaise dans son ensemble », a-t-il affirmé. Pendant ce temps, son «collègue» en service en Côte d’Ivoire, Philip Carter III, apporte son soutien enthousiaste à une CEI totalement monopolisée, aujourd’hui, par les partis et les mouvements rebelles faisant partie de la coalition qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir. Ni l’opposition, ni la société civile n’y ont le moindre pouvoir décisionnel. En «dictature», c’est l’administration «corrompue» qui organise les élections. Après la «guerre pour l’installation de la démocratie» en Côte d’Ivoire, c’est la coalition au pouvoir, qui présentera bien entendu des candidats, qui est appelée à arbitrer entre ses poulains et «le reste du monde». Formidable, non ?


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samedi 20 août 2011

Ça y est. Après quatre mois de séquestration arbitraire, on a trouvé un motif…


Gbagbo et sa femme (entre autres séquestrés) sont inculpés de "crimes économiques". Avec tout ce qu’on annonçait et dénonçait comme monstruosités de leur part, on s’attendait à plus croustillant !

Mais non. Quatre mois sans rien trouver, puis enfin, lumière : "crimes économiques" !

On se souvient qu’il y a quatre mois, la Licorne et l’Onuci, appuyant les milices Frci de Ouattara, bombardaient Abidjan, faisant des centaines, voire des milliers de morts, principalement civils. Ça, en France du moins, on le sait moins, comme on sait moins que lesdits bombardements ont visé jusqu’à l’hôpital de Koumassi (Le Canard enchaîné l’a pourtant signalé, mais les "grands médias" ont omis de reprendre l’info…).


Lesdits bombardements suivaient les sanctions, inefficaces, sanctions allant jusqu’à l’embargo de l’UE sur les médicaments, inefficace aussi, tout comme la terreur des bombardements sur la ville, inefficace à faire plier Abidjan.

Lesdites sanctions avaient valu la fermeture totalement arbitraire des banques, principalement françaises, en vue de priver les Ivoiriens de salaires — cela dans l’espoir, vain, qu’ils se soulèvent contre le pouvoir. Las !

Réplique du gouvernement Gbagbo : nationalisation desdites banques. Du coup les salaires étaient payés, ce qui contribue jusqu’aujourd’hui à faire regretter Gabgbo… Et qui a valu la grande colère guerrière de la "communauté internationale" sarko-ouattarienne d’alors et les bombardements.

Eh bien les "crimes économiques" qu’on nous annonce sont là ! C’est nouvelobs.com / AFP qui livre le scoop : les chefs d'accusation — "crimes économiques" — "visent notamment les attaques contre le secteur bancaire pendant la crise, au plus fort du bras de fer économique entre les camps Gbagbo et Ouattara, qui précéda la confrontation armée".

On a bien lu ! Il s’agit bien de cela : "les attaques contre le secteur bancaire". Or on sait de quoi il s’agit, si on se souvient des événements d’il y a quatre-cinq mois : essentiellement de la nationalisation des banques ! (Je vais revenir sur le "essentiellement", i.e. "notamment" dans nos médias.) Cocasse, à l’heure où le même Nouvel Obs interviewe l’économiste Marc Fiorentino qui explique que face à la crise actuelle, il faudrait "nationaliser les banques pour trois ou quatre ans" ! Gageons que le "spécialiste des marchés financiers" interviewé ne sera pas inculpé pour incitation à "crimes économiques"…

Face à ces "crimes économiques" de Gbagbo, les bombardements humanitaires franco-onusiens aboutissaient il y a quatre mois à la capture et à la séquestration de Gabgbo, et à l’installation au pouvoir de Ouattara, accompagnée des crimes massifs, qui continuent jusqu’aujourd’hui, dénoncés à présent par les Ong à commencer par Amnesty international. Le fait de signaler ces crimes — avant que le Nouvel Obs lui-même ne le fasse ! —, a valu il y a quelques mois la censure officielle de mon blog nouvelobs.com : pour "propos diffamatoires, notamment à l'égard d'Alassane Ouattara" (sic). Où l’on retrouve le "notamment", décidément fort prisé chez Nobs pour suggérer qu’il y aurait autre chose — autre chose que la nationalisation des banques aujourd’hui, quelqu’un d’autre que M. Ouattara hier (on suppose qu’il s’agit "notamment" de M. Sarkozy) lors de la dénonciation des exactions des Frci et des bombardements franco-onusiens qui les ont permises…

Aujourd’hui, il suffit de se renseigner, tout Abidjan regrette le temps de Gbagbo. Mais comment le savoir quand les journalistes non-ouattaristes sont emprisonnés à Abidjan sur des motifs inventés ? Où l’on rejoint l’autre motif officiel de la censure de mon blog : "publication d'articles dans leur intégralité, sans respect des droits d'auteur". Faux : les auteurs en question étant alors de ceux qui sont censurés à Abidjan, et qui non seulement ne se plaignaient pas, mais étaient (explicitement) reconnaissants de se voir publier sur le web !

À l’heure où on nous trouve ce motif, "crimes économiques", pour "justifier" quatre mois de séquestration arbitraire de Gbagbo, voilà qui fait résonner étrangement les accusations de diffamation, quand les propos diffamatoires consistaient à dire ce qui se passait !… Tandis que deux autres blogs bien en vue trônaient en tête de la page d’accueil des blogueurs Nouvel Obs, quand ils allaient jusqu'à traiter Gabgbo de nazi, et à accuser l'information libre de relever de séides de Goebbels ! L’un de ces blogueurs, utilisant depuis toujours Nouvel Obs comme portail vers un autre de ses blogs, vient d’être censuré pour cela ces derniers jours (il est vrai qu’après sa militance pour Ouattara, qui lui ouvrait toutes les portes, il a depuis pris parti pour Kadhafi, ce qui plait moins...).

Via l’inculpation de Gbagbo pour "crimes économiques", on découvre tout simplement le vide du "dossier" qu’on a fait mine de tenir sous le coude contre lui, les autres séquestrés et la presse libre, et la nature de la propagande des médias français en faveur de la politique des pouvoirs français renversant un président élu, Gbagbo, pour installer leur poulain.