mardi 1 décembre 2009

Aux mines arrêt, un autre vote arrêt curés...



Toujours dans la série "retour d'échos"... Ici du haut des minarets :



demande Ph. Bilger... qui développe :

"Heureusement, il y a les Suisses.

Battre notre coulpe sur leur poitrine est commode. La honte dont on les accable nous comble d'une joie malsaine. On aurait tellement aimé être à leur place pour leur montrer - à eux, ces buses, ces obtus - la voie à suivre. Des minarets, nous, on en aurait voulu plein, c'est sûr, avec les appels des muezzins, pour qu'ils soient complets !

Comment ont-ils donc osé voter contre la construction de minarets dans leurs paysages, alors qu'ils n'en ont que quatre à contempler pour quelques centaines de mosquées et seulement 300 000 musulmans ! Certes, beaucoup de demandes de permis de construire des minarets étaient présentées, ce qui justifiait la démarche référendaire (nouvelobs.com, Le Parisien, Le Figaro, Marianne 2, Le Monde). Cessons de rêver : il est probable que si celle-ci avait été mise en oeuvre en France sur le même sujet ou un thème approchant, les résultats n'auraient guère été éloignés de ce "non" majoritaire qui suscite l'indignation de tous ceux dont l'espace n'était pas en voie d'être peuplé de minarets. D'autant plus que le débat sur l'identité nationale ne nous rend pas étranger apparemment aux préoccupations suisses !

En effet, j'avoue avoir été surpris, même pour la France qui se pique d'être parfaitement républicaine parce qu'elle abuse de cet adjectif, par les torrents de bonne conscience et de pieuses critiques sur l'attitude intolérable des Suisses qui n'ont rien compris aux leçons de l'évolution et de l'ouverture. Ce consensus si douillet, si facile à élaborer, qui fait si chaud au coeur collectif (le problème est ailleurs !) m'a tout de même frappé par son ampleur et son hypocrisie.

Le vote des Suisses démontre qu'il est impossible, chez eux comme chez nous, de prétendre fabriquer un peuple "sur mesure". Quand on lui donne la parole, il la prend, et il la prend comme il veut. [...]" La suite sur le blog de Ph. Bilger...


Voilà qui me semble éloquent : "Battre notre coulpe sur leur poitrine est commode"...

Chose qui fait joliment écho au point de départ de la crise franco-ivoirienne, quand, dès 1999, la bien-pensance parisienne battait sa coulpe sur la poitrine des Ivoiriens censés s'en prendre aux musulmans... Sauf qu'en Côte d'Ivoire on n'a jamais envisagé de leur refuser des minarets, chantants qui plus est...




"Torrents de bonne conscience et de pieuses critiques"...



mercredi 18 novembre 2009

Kangou-raoult



C'est ce qu'au pays des kangourous, on appelle "retour de bâton"...

Après le coup du boomerang bessonien, nous voilà avec le coup du kangou-raoult...


"La première tribu que rencontra le Capitaine Cook fut celle des Turuwals, en Nouvelles-Galles du Sud, qui criaient "boom - ma - rang !" lorsqu'ils rattrapaient cet étrange objet. Cette expression signifie "Reviens, bâton !"

Selon d'autres auteurs, le mot boomerang est issu du terme aborigène boomari, qui veut dire vent."


Cocasse : il n'y a pas si longtemps, ledit kangou-raoult nous servait ce ragoût-là : le problème des banlieues françaises c'était (en substance) l'image que renvoyait Mme Gbagbo (sic)...

Cocasse dans la bouche d'un Raoult parti en Côte d'Ivoire demander des remboursements pour les événements de 2004 (sic toujours).

Et voilà le retour du "Reviens bâton"... Où le kangou-raoult nous sert du vent - genre "Marie Ndiaye doit cesser de dire ce qu'elle veut... et d'ailleurs Noah et Thuram en disent moins qu'elle" (sic encore) !

Mais que va-t-on dire dans les pays qui sont sur la liste des "amis de la France" (sic de plus) !?

Retour du boomerang : le problème pour les "amis de la France" c'est l'image que renvoie Raoult...

Serait-ce le temps des retours de boomerangs ?



mardi 3 novembre 2009

Qu'est-ce que la francité ?



La francité, ou identité nationale française, un concept en Besson.

Ou : l'ironie de l'histoire, quand on sait que l'homme, d'une fidélité en Besson à ses amis, ses amours... ses emmerdes ? est le premier au PS (à l'époque !) à avoir demandé (en 2003) que son parti lâche ses camarades ivoiriens sous prétexte qu'il était illégitime pour une jeune nation de s'interroger sur son identité nationale, son ivoirité... Débat qui, soit dit en passant, n'était même pas celui du FPI...

Et voilà que depuis, l'homme, dont la fidélité en Besson n'a pas résisté aux sirènes du camp adverse, le camp Sarko-UMPiste, se voit confier par son nouveau parti, ses nouvelles amours,... ses emmerdes actuelles : chargé de promouvoir le débat dans lequel tous sont censés se débattre : une nation séculaire se demandant qui elle est !!!

Euh, au fait... Francité à l'ivoirienne ou ivoirité à la française ???...


mercredi 21 octobre 2009

Une autre façon de mondialisation (3)



Alors que faire ?


Trouver, "chemin faisant",




un argument irrésistible pour la résistance...




lundi 12 octobre 2009

Une autre façon de mondialisation (2)




Ou, en d’autres termes : népotisme et droit de cuissage
Ou encore : de Jean "Bongo" Sarko / La Défense à la ligue de défense de la vertu des "artistes"…

Citation de Didier Lestrade, fondateur d’Act Up, qui résume bien les choses :

« Derrière cette affaire [Mitterrand], il y a encore notre rapport au capitalisme, à la consommation, au traitement des autres ethnies. Et le tourisme sexuel […] ne concerne pas uniquement les mineurs. […] Quand on fait du tourisme sexuel, on est forcément plus riche que le tapin du coin, qu’il soit à Sao Paulo, à Puerto Rico, ou en banlieue parisienne. On participe à la colère imposée par un système basé sur une suprématie sociale. […]

Ces défenseurs des artistes appellent à eux le soutien de tous ceux qui se considèrent comme des artistes – et ils sont nombreux. Car l’artiste souffre, c’est connu. Il sublime, c’est connu. Il n’a pas de compte à rendre, c’est connu. Et la Thaïlande est méga célèbre pour ses boxeurs gays consentants de 40 ans. Comme dit Daniel Schneidermann, c’est "s’engluer dans le mensonge".

La crise économique actuelle ne fragilise pas le monopole des riches. Elle le consolide. L’affaire Mitterrand, c’est une victoire des privilèges, de l’aristocratie, du népotisme […] ».





jeudi 8 octobre 2009

Une autre façon de mondialisation




«Lettre ouverte à Monsieur Kouchner et Monsieur Mitterrand»
par Manu A, Invalide sans profession. 30.09.09 :

« Vos prises de position au sujet de l'affaire Polanski me forcent à venir à vous. En 1989, il y a donc 20 ans de cela, je me suis rendu coupable des mêmes faits que l'on reproche à Monsieur Polanski. Je croyais, moi aussi, que j'avais un rapport sexuel avec une adolescente de 14 ans consentante. Contrairement à votre pauvre cinéaste, j'ai attendu sagement la venue des gendarmes, puis je suis resté en cellule deux ans et demi, jusqu'à mon procès devant la Cour d'assises. Et, toujours en cellule, j'ai compté deux mille deux cent cinquante cinq (2255) jours avant d'être enfin élargi. Soit dit en passant, sans une seule permission de sortir préalable.

Le fait est que la prison, le procès et la psychanalyse aidant, j'ai fini par saisir une subtilité qui jusque là m'avait échappé et qui, je l'avoue, était sinon à l'origine de mon acte, tout du moins un élément déclencheur de ce que j'infligeais à ma victime. Comme j'ai pu constater, suite à l'affaire Polanski, que cette subtilité vous échappe à tous deux, je m'empresse de vous en faire part. J'ai appris à mes dépens, mais aussi et surtout aux dépens de celle à qui j'ai fait tant de mal, qu'une gamine de 13 ans ne peut en aucun cas donner son consentement pour une relation sexuelle avec un adulte. Je le répète, il est impossible qu'elle donne son consentement, y compris lorsqu'elle est explicitement demandeuse, c'est vous dire combien certains font fausse route et pourquoi je fus très justement condamné pour viol. […] »



Dans le même ordre d’idées :

«Le Pen vs Mitterrand : le dangereux silence des "grands" médias»
par Gérald Andrieu - Marianne | Mercredi 07 Octobre 2009 :

« L’attaque au bazooka de Marine Le Pen contre le ministre de la Culture n’a pas retenu l’attention des «grands» médias. Sans doute qu’ils sont gênés aux entournures...
«Ils» n’ont rien compris ! «Ils» n’ont rien retenu du passé et «ils» remettent ça. «Ils» ? Les médias mainstream, ceux dont on devrait écouter la voix religieusement et accepter les silences comme des Chartreux. Lundi soir, sur le plateau de Mots croisés, Marine Le Pen attaque à l’arme lourde Frédéric Mitterrand. Sur fond d’affaires Hodeau et Polanski, elle dégaine un passage de La Mauvaise vie, un ouvrage paru en 2005 et dans lequel le ministre de la Culture évoque les grandeurs et les malheurs du tourisme sexuel. C’est suffisant pour la «fille de» pour exiger la démission du «neveu de».
Le lendemain, sur les radios et sur les télés, rien (ou si peu) n’est dit sur cette sortie de la dirigeante frontiste. Dans les journaux ? Rien non plus. Les «bouclages» (qui se font d’ailleurs de plus en plus tôt…) avaient sans doute déjà eu lieu. Mais sur le Web, la vidéo se répand comme une traînée de poudre. C’est là que circule l’information. C’est là qu’on en débat. Aujourd’hui, nouvelle chance pour la presse de se rattraper. Loupé : rien, si ce n’est deux minuscules brèves dans Le Parisien – Aujourd’hui en France et Le Figaro… Et Libé ? Dans le journal (comme sur son site), les lecteurs n'ont droit à rien... […] »





mardi 6 octobre 2009

À Djignab sur Ramadan




Djignab a dit…
"Delugio
Heureux de te retrouver sur ce blog que je croyais uniquement musical et que j'aime bien.
Ramadan est un théologien musulman avec lequel il faut dialoguer et non vilipender comme le font Fourest et les néo croisés.
Il y a quelques semaines à Dakar, il a déclaré dans un rassemblement de dignitaires musulmans que l'on devait se garder de juger les homosexuels. Il a fait cette déclaration quelques mois après des actes barbares qui ont visé des homosexuels. Ce geste n'est pas banal je t'assure. Il sévit actuellement au Sénégal une véritable hystérie collective homophobe.
Il a aussi dit au cours de l'émission dont tu parles qu'il était contre la"sentence de mort" en cas d'apostasie. Je connais plein de musulmans "libéraux" sénégalais qui pensent le contraire.
Pour finir cette émission a mis en lumière comment les médias parisiens fonctionnent. Au lieu de lire les travaux de Ramadan les "critiques littéraires" Zemmour et Nolleau se fondent sur ce que de Fourrest en pense. Ainsi de rédaction en rédaction on répète finalement qu'une seule opinion sans s'interroger."


Ravi de te voir ici, Djignab.

Ta mise en perspective est très intéressante. Et éclaire d’un jour très utile ce que j’ai appelé "double biais d’approche" plutôt que "double discours". Ramadan me semble être effectivement comme il le dit un religieux musulman dans la modernité. Avec les ouvertures heureuses que tu signales, ce qui ne l’empêche pas de rester dans la perspective d’un islam politique, ce pourquoi il me semble bien, concernant son approche, falloir écrire "islam(isme)".

La difficulté qui en ressort, et qui échappe évidemment aux Zemmour et Naulleau, mais aussi à Fourest, est que cela implique une reconnaissance tacite du fait que quiconque a un nom ou un prénom à consonance musulmane, ou arabe, est renvoyé en France à des religieux censés le représenter ! Et Ramadan me semble preneur, et en cela fort proche de… Sarkozy, malgré les tensions médiatiques autour du "moratoire". Ils sont proches par un système de vases communiquant. Sarkozy créant le CFCM et reconnaissant ipso facto la légitimité d’un courant islamiste, c’est-à-dire islam politique (fût-il modéré), reprenait le vis-à-vis colonial opposant "musulmans" et "Européens", c’est-à-dire un concept religieux face à un concept géographique. Symptôme criant de cela : Hortefeux allant se dédouaner à la mosquée d’avoir insulté un catholique (mais Arabe) !

Or on ne sortira de la fable du "choc des civilisations" qu’en cessant de définir et de catégoriser les uns ou les autres en fonction de leur origine (supposée) religieuse ou ethnique : en permettant à chacun de ne pas se sentir obligé de fonder son identité à Rome, à la mosquée ou à la couleur de sa peau. Le vis-à-vis Zemmour / Ramadan me semble être un cas exemplaire de ce travers : Zemmour se définissant (et définissant la France) à l’aune de sa nostalgie ("blanche") d’une époque qui était celle des colonies, Ramadan à l’aune d’un islam(isme) fondé sur des textes politiques datant de mille ans, mais humanisé, et donc plus humain que la version choquante que tu évoques, mais dans lequel il se situe pourtant par le seul fait d’en être une version modernisée.

On ne sortira de ce dilemme qu’en admettant que ni les nostalgies d’époques révolues, ni les textes des époques politico-religieuses anciennes (à valeur religieuse profonde) ne peuvent servir de base (fussent-ils "dépoussiérés") à l’établissement de vraies sociétés de droits.





mercredi 30 septembre 2009

Pourquoi Zemmour s'est fait moucher par Ramadan




Débat «chez Ruquier» (émission «On n'est pas couché» – France 2 / 26.09.09) : Ramadan confronté à Zemmour (je laisse tomber son compère Naulleau resté invisible)...
L'émission : 1) 2) 3)





Voilà un Zemmour convaincu que sa perception des idées du temps de la IIIe République adaptées aux institutions de la Ve constituent la seule version possible de la «tradition française».

Zemmour l'a montré à d'autres occasions : il croit aux relations entre femmes d'un côté et hommes «portant la culotte» de l'autre telles qu'elles existaient en ces temps pas si lointains. Il croit aussi, comme à cette époque, qu'il y a une «race blanche» et une «race noire». C'était le temps des colonies quand la France, parmi ses bienfaits, proposait l'assimilation des indigènes. Vision un peu vieillotte tout de même, mais qui précisément de ce fait, séduit tous les nostalgiques du «c'était mieux avant».

Et c'est cette vision-là que Zemmour oppose à Ramadan, qui a beau jeu de citer les sociologues et historiens contemporains de la laïcité, qui, forcément, ne vivent plus entre 1870 et 1940 !, et qui de ce fait même, ne sont pas d'accord avec Zemmour.

Posé ce constat, Ramadan, ayant dès lors pris la main, s'est d'emblée ouvert un boulevard pour lui opposer sa vision du monde... encore plus passéiste au fond que celle de Zemmour ! La vision dont il se fait le médiateur dans le cadre de la modernité se fonde sur des textes (il le dit)... textes qui datent du VIIe siècle, et dont la clef de lecture s'est scellée pour l'essentiel entre le VIIe et le Xe siècle... Mais, contrairement à Zemmour avec ses conceptions des «races» et des sexes, Ramadan entend vivre et adapter sa tradition dans les cadres contemporains de la modernité.

Cette médiation entre la modernité et les textes fondateurs de la loi islamique joue un rôle non négligeable dans ce qu'on lui prête couramment : tenir un double discours : islamisme (fût-il «modéré») ou modernité ? Les deux mon général : adaptation de l'islam(isme) à la modernité, ou de la modernité à l'islam(isme).

Ajoutons à cela (qui n'est pas en soi double discours, mais double biais d'approche) quelques petites... approximations de sa mémoire (au moins par omission) et la réputation est bien établie (vous avez dit «takiya» ?).

Un exemple d' «omissions» relevé par Caroline Fourest : chez Ruquier, il accuse C. Fourest de lui faire dire via une citation tronquée qu'il affirmerait que l'homosexualité «révèle une perturbation, un dysfonctionnement, un déséquilibre». Au grand jamais s'insurge Ramadan : il affirme au contraire qu'il se démarque de telles affirmations.

À la lecture de la citation complète du passage extrait d'un de ses livres, il s'avère que c'est C. Fourest qui a dit vrai :

Tariq Ramadan : «L’homosexualité n’est pas permise en islam [...].
 Le débat sur l’homosexualité est complexe et il met en présence en tous cas deux conceptions de l’homme : pour l’islam, l’homosexualité n’est pas naturelle et elle sort de la voie et des normes de réalisation des êtres humains devant Dieu. Ce comportement révèle une perturbation, un dysfonctionnement, un déséquilibre. Il ne s’agit pas de développer un discours de rejet, de condamnation, de “ces malades” qui nous entourent. Certains musulmans, savants ou moins savants, parlent de la sorte, et je ne m’associe pas à ce discours.
 Aujourd’hui c’est une analyse et une réflexion en amont qu’il faut développer : la limite, je l’ai dit, est claire quand à l’interdiction mais l’accompagnement doit tenir compte de la société, de l’environnement, de l’histoire personnelle des êtres. Il ne s’agit pas de culpabiliser, mais d’accompagner, d’orienter, réformer pour accéder à l’équilibre de la spiritualité, de l’intimité et de la vie du corps.» (Peut-on vivre avec l’islam ?, Tariq Ramadan en entretien avec Jacques Neirynck, Lausanne, Favre, 2004, 1re éd. 1999, p. 152.)

S'étant insurgé contre ce qu'il a pourtant bien écrit, il échappe à la question sur sa position personnelle à ce sujet.

De la même façon qu'il échappe à la question de sa position personnelle sur le voile. On en retiendra une position de principe : il est contre son interdiction, sachant que son imposition n'a pas lieu de se substituer à une conviction...

De même que sur les châtiments corporels ou la peine de mort : ce qu'on saura, c'est qu'on peut trouver des interprétations anciennes (que Ramadan affirme préférer à celles des partisans desdits châtiments) des textes qui sont bien plus modérées que celles qui ont prévalu...

Et Zemmour, rendu muet, verra son interlocuteur se retirer du studio sous une standing ovation d'un public convaincu qu'on a affaire à un grand laïque libéral...

Caroline Fourest conclut de la citation ci-dessus que «Ramadan tient sur l’homosexualité le même discours que le pape : ne pas condamner “les pécheurs, mais le péché”. Il opte pour la même approche que les groupes extrémistes chrétiens américains, qui souhaitent changer les homosexuels en hétérosexuels par la persuasion et la culpabilisation.»

Ce en quoi elle n'a pas tort sur la forme. Mais le fond du problème semble lui échapper : le pape tenant des positions assez proches de celles de Ramadan (mutatis mutandis) fait figure (à juste titre) de conservateur – certains ajouteraient rétrograde, voire proche des intégristes – cela dans un monde catholique, qui lui, est infiniment plus libéral que son pape. On peut dire de même des «extrémistes chrétiens américains» : ils sont réputés extrémistes dans leur camp.

Ramadan, ayant des positions fort proches (mutatis mutandis) de ces courants hyper-conservateurs, généralement réputés extrémistes dans le christianisme, passe dans l'islam pour un modéré, un libéral. Il est effectivement dans la position de celui qui tente d'adapter l'islam(isme) à la modernité, mais sans lâcher le donné des textes (comme il le revendique).

Là est le véritable problème qui a échappé à Zemmour, engoncé dans ses nostalgies : le «modéré» de l'islam a des postions au moins aussi conservatrices que les «intégristes» du christianisme : «son camp», plus extrême que lui dans le conservatisme, fait masse immergée de l'iceberg (qui éventuellement l'ostracise pour son modernisme : il a lui-même signalé que plusieurs pays de la péninsule arabique, plus intégristes que lui, lui ferment leurs portes). Tandis que derrière le pape se trouve une immense majorité de croyants (masse immergée) qui ne supporte pas le conservatisme du discours de son chef, qui est réputé pourtant d'un type équivalent à celui de Ramadan... Si on passe sur les injustices que ce dernier commet à l'égard du christianisme (auquel il a attribué à demi-mot, plutôt qu'à l'islam, la lapidation des femmes adultères !!! Personne ne l'a repris !!!), il reste quand même ce fait : on a affaire à un hyper-conservateur «modéré», hyper-conservateur pourtant infiniment plus en phase avec la modernité que la masse de ceux qui sont proches des mouvances qu'il côtoie, et auprès desquelles il effectue sa proposition de dépoussiérage de leurs conceptions. Ils n'en sont pas moins derrière lui sur l'essentiel : le recours aux mêmes textes, qui requièrent peut-être plus qu'un dépoussiérage !...

Mais qu'est-ce que Zemmour entend à cela avec sa IIIe République dépoussiérée ?

*

Cela suite à autre chose qui n'a presque rien à voir... Quand un militant catho UMP ne fait pas Ramadan...

*

Et autre chose qui n'a rien à voir «virtually» :



mercredi 23 septembre 2009

Et tant qu'à être vache...




Atom heart mother (Pink Floyd)




... Le retour

(Concert au Conservatoire de Paris -CNSMDP- organisé par les étudiants ingénieurs du son -FSMS- en mars 2003. Film réalisé et mixé par Raphaël Allain) :

Excellent : du petit lait !







Un peu vache




Entre Limousines...

http://www.ferme-des-buissonnets.fr/

Et Auvergnates...

http://loustal-de-louis.fr/

On pourrait en faire un fromage...

http://www.saveursdumonde.net/pays/cuisine-auvergnate/



mardi 22 septembre 2009

Auvergnats à la mosquée (suite)




Quand les Auvergnats vont en pèlerinage à Lourdes...

Ceux-là, c'est pas pour y faire le Ramadan, comme l'autre catho...
Mais tout de même, là aussi : "c'est quand y'en a beaucoup qu'y a des problèmes" !

« Immigration : Les africains qui se rendent à Lourdes seraient devenus la cible privilégiée de la Police…

Le quotidien "Libération" évoque des cas d’arrestations survenues en marge du pèlerinage.

Pour Isabelle Casau, avocate à Pau, c’est un "bon moyen pour le préfet de faire du chiffre". » Ici... et ici...








mardi 15 septembre 2009

Après cuvage (suite)...




Petit truc qui ne colle pas : le militant humilié est catholique et le ministre de l'Intérieur et des Cultes va présenter ses regrets... à la mosquée...



Dans le même ordre d'idées, la réflexion d'Horacio Caine :
"Je bois de la bière, je mange du porc, et je suis même un peu catho... bigre me voici assimilé".

Voir aussi "De omni re scibili...et quibusdam aliis".




lundi 14 septembre 2009

Et après cuvage...




Passés les maux de tête...





Restent les mots, têtus comme des faits...




vendredi 11 septembre 2009

Hiérarchie à triple sens




On enchaîne :

"Un veur ça ba, trois veurs, vonjour les débâts"... hips !




In vino veritas ? Ou bien ?...



lundi 7 septembre 2009

Hiérarchie "à sens multiples" !






« La Shoah est un crime occidental ! Comme l'a été le génocide des Amérindiens, comme l'a été l'esclavage des Noirs [déportés outre-Atlantique], comme l'a été la déportation des Hindous [aux Antilles], comme l'a été l'extermination des Aborigènes australiens, etc...
[…] Si la Shoah est bien une abomination, elle n'a été mise en œuvre, ni par les Nègres, ni par les Amérindiens, ni par les Chinois, ni par les Hindous, ni par les Arabes. Elle a été mise en œuvre par l'Occident. Ce même Occident qui n'a cessé de pourrir la vie des Juifs depuis 2000 ans.
Citons :
Destruction du Temple de Jérusalem par les Romains en l'an 70 et dispersion du peuple Juif.
Inquisition au Moyen-âge par les Espagnols.
Pogroms au XIXe siècle par les Russes et les Polonais.
Chambres à gaz par les Allemands au XXe siècle.
Rafle du Vel d'Hiv' par les Français au même siècle, etc., etc.
"Le Protocole des Sages de Sion" n'a été rédigé ni en hindi, ni en quechua, ni en swahili, ni en chinois, ni en arabe. C'est un faux grossier, un chef d'œuvre d'anti-sémitisme, concocté par la police tsariste et écrit en russe, langue européenne si je ne m'abuse.
Ce ne sont pas les Juifs vivant dans les pays arabes, les Séfarades, qui ont dû fuir comme des dératés pour s'en aller construire un état où ils seraient enfin libres mais bien les Juifs d'Europe, les Ashkénazes, parce qu'ils avaient compris qu'ils ne pouvaient plus vivre sur ce continent. Quand la France arrive, par exemple, en Algérie, en 1830, elle découvre trois populations vivant en relative harmonie, les Arabes, les Berbères et les Juifs. Certes, en terre musulmane, le Juif avait un statut inférieur, dit "de protégé" car peuple du Livre, mais on n'a jamais entendu parler, ni au Maroc, ni en Tunisie, ni au Yémen d'entreprise scientifiquement élaborée d'extermination du peuple juif. »
(Cit. «Raphaël Confiant répond à Alain Finkielkraut».
Le texte en entier : http://ugtg.org/IMG/article_PDF/article_981.pdf)

Raphaël Confiant rappelle là quelques évidences ; le produit, en forme de serpent qui se mord la queue, d’une idéologie appelée «racisme».

Car à la différence de la xénophobie, immémoriale, commune à tous les peuples, et de forme invariablement ethnocentrique, le racisme est l’élaboration d’une théorie, «philosophique», puis «scientifique», de la version européenne - ou «occidentale» - de l’ethnocentrisme.

Il est daté, bâti à la fois sur l’anti-judaïsme remontant l’Antiquité, et «racialisé» par l’Inquisition espagnole (limpiezza de sangre) ; et sur l’épreuve de l’ethnocentrisme européen précipitée lors de l’expansion européenne et de la découverte d’autres peuples. La date de 1492 fait évidemment repère (expulsions d’Espagne et découverte de l’Amérique, puis déportations esclavagistes).

La théorie puise dans des racines antérieures, internes à l’Europe ou empruntées via des confrontations mimétiques. L’emprunt à la dhimmitude musulmane, qui commençait aussi à élaborer des théories de type raciste (ici aussi en lien avec des déportations esclavagistes massives), est évident (ex. : l’usage de la rouelle jaune pour les juifs reprise au Moyen Âge au califat abbasside).

Reste que le racisme est une théorie, qui, sous sa forme structurée, a été élaborée en Occident, où le terme n’était, jusqu’en 1945, nullement péjoratif.

La théorie raciste qui prend forme au XVIIIe siècle (développée notamment chez les philosophes les Lumières) et qui culmine au XXe siècle, connaît des invariants : au sommet de la hiérarchie des «races» trône invariablement le «blanc», puis la perfection humaine se dégrade vers «les races inférieures» (ou à l’inverse par du bas, animal, et culmine vers la «race blanche». Dans les zones inférieures de cette hiérarchie en revanche, les choses varient un peu, par exemple pour savoir quelle est la dernière (il y a débat pour savoir si ce sont les Indiens d’Amérique ou les Nègres). Outre les quatre grandes « races », blanc, jaune, noir, rouge, il y a aussi des subdivisions, plus, notamment pour les nazis, l’aberration intermédiaire, les juifs.

Quelles que soient les subdivisions, l’invariant incontournable est que la «race blanche» européenne (à l’exception des juifs) trône au sommet.

Une conviction qui a entraîné tous les massacres rappelés en un très bref résumé dans le texte ci-dessous (de R. Confiant). Massacres qui seront bientôt justifiés au nom d’un darwinisme voulant pour la pureté de la race l’élimination des reliquats inférieurs, ce qui débouchera sur la Shoah.

Ce bref historique permet de comprendre à quel point c’est une supercherie que de parler de «racisme anti-blancs». Que la xénophobie, fruit de l’ethnocentrisme, ait eu parmi ses premiers repères la couleur de l’épiderme et que cela fonctionne dans tous les sens (avec les propres caractéristiques physiques de chaque groupe au centre), c’est évident. Qu’il puisse y avoir un sentiment «anti-blancs», en général appuyé sur l’héritage historique rappelé ci-dessus, ça ne fait pas de doute. Qu’il y ait eu des reprises du discours raciste européo-centré tentant d’en inverser le sens, c’était inévitable.

Mais de théorie raciste élaborée, il n’y en a jamais eu qu’un type, qui n’a jamais été «anti-blancs» ! Et pas «à sens multiples», n’en déplaise à une bien-pensance qui revendique un «anti-racisme» qui ne soit pas «à sens unique» ! La théorie en question classifiait les «races» selon une hiérarchie précise et «à sens unique», dont le «haut» n’était pas le «bas», et, inversement, dont le «bas» n’était pas le «haut»…

Que l’animosité anti-occidentale puisse être injuste (dans la mesure où les générations actuelles ne peuvent rien aux idéologies de leurs ancêtres ni à leurs effets), certes… Cela même, concernant la majorité des Européens lambda, lorsque les effets pervers de cette idéologie sont délibérément entretenus (comme par le système de la Françafrique) — la majorité n’étant pas informée, pour ne pas dire qu’elle est sciemment désinformée.

Quand on sait que cette désinformation touche souvent même les intellectuels et la presse, qui seraient pourtant censés informer les autres !… le terrain est fertile pour le développement de l’idée de «racisme anti-blancs», accompagnée de remarques sur le sous-développement des ex-colonies, dont on ignore (même chez les intellectuels) les causes essentielles…

Un tel concept, « racisme anti-blancs » est donc le fruit d’une inculture ; et c’est surtout l’effet d’un travail idéologique, initié d’abord par l’extrême droite, et étendu à toutes les sphères de l’éventail politique, ou presque.

Reprendre un tel concept n’est pas innocent…





dimanche 6 septembre 2009

"Taxe carbone" et autres émissions résiduelles (3)




« [Le FMI et la Banque mondiale] sont nés pendant la Seconde Guerre mondiale, à la suite de la conférence monétaire et financière des Nations unies à Bretton Woods, New Hampshire, en juillet 1944, dans le cadre d'un effort concerté pour financer la reconstruction de l'Europe dévastée par la guerre et sauver le monde de futures dépressions. Le vrai nom de la Banque mondiale - Banque internationale pour la reconstruction et le développement - rappelle sa mission initiale. Le dernier mot, "développement", a été rajouté in extremis, un peu comme si on y avait soudain pensé. À cette date, la plupart des pays concernés étaient encore des colonies, et l'on estimait que les maigres efforts de développement économique qui pouvaient y être entrepris étaient du ressort de leurs maîtres européens. »

Joseph Stiglitz, La grande désillusion, éd. Livre de Poche, p. 40.



« Les mentalités ne changent pas en un jour: c'est aussi vrai dans les pays riches que dans le monde en développement. Concéder l'indépendance aux colonies (en général après les y avoir fort peu préparées) a rarement fait changer d'avis leurs anciens maîtres: ils se perçoivent toujours comme "ceux qui savent". La mentalité colonialiste est restée - la certitude de savoir mieux que les pays en développement ce qui est bon pour eux. Quant aux États-Unis, devenus puissance dominante sur la scène économique mondiale, ils avaient en matière de colonialisme un héritage bien plus léger. Mais ils ont malgré tout penché du même côté, moins par leur expansionnisme de la fin du XIXe et du début du XXe siècle (la doctrine de la "Destinée manifeste") que du fait de la guerre froide, au cours de laquelle les principes de la démocratie ont été bafoués ou ignorés au nom de la lutte sans merci contre le communisme. »

Joseph Stiglitz, Id., p. 59.




samedi 5 septembre 2009

"Taxe carbone" et autres émissions résiduelles (2)




Taxe Total

Version dynastique...




Cf. aussi.



vendredi 4 septembre 2009

"Taxe carbone" et autres émissions résiduelles (1)




"Elle se souvenait de Scott disant qu'on devrait pas autoriser les gens à vivre dans des maisons avec plus de deux cabinets où chier, ça leur donnait la folie des grandeurs." (Stephen King, Histoire de Lisey, éd. Livre de Poche, p. 120.) (En français dans le texte / de la traductrice Nadine Gassie.)

Phrase superbe, qui m'a rappelé la conception montebourgeoise du "socialisme" que j'évoquais à l'appui d'une citation de Cioran - alors que le jeune élu du PS vitupérait contre ses camarades ivoiriens...

www.dactari.fr/bloblog/2008-annee-des-toilettes

"À un délégué syndical suédois, un Français pose la question : 'Que peut encore souhaiter l’ouvrier en Suède ? Il a tout, il ne peut plus rien désirer.' Le délégué répond : 'Si, une seconde salle de bains.'" (Cioran, Cahier de Talamanca, coll. Le petit Mercure, éd. Mercure de France, p. 17).

Maintenant si on change "cabinets" ou "salles de bain" par "4x4" ou "limousines"...

www.paperblog.fr119444un-wc-au-mont-blanc

Quoique... Au fond quel avantage ?... Rapport au carbone.



mercredi 2 septembre 2009

"Taxe carbone" et pomme de terre




Pour promouvoir la retenue des citoyens dans l’émission de gaz carbonique, on nous propose la « taxe carbone ».

Je proposais hier comme alternative l’exemple de ceux qui nous gouvernent, par exemple.

Car l’exemple, ça marche ! À titre d’illustration, l’exemple a joué un rôle non négligeable dans l’adoption de la pomme de terre…



« Pour promouvoir la pomme de terre, Parmentier, qui l'avait introduite en France, organisait des dîners auxquels il invitait les personnalités en vue de son époque. Finalement, en 1785, Louis XVI lui offrit un terrain. Parmentier y planta ses tubercules et en août 1786, offrit un bouquet de fleurs de pomme de terre au roi qui en glissa une à sa boutonnière et une autre sur la perruque de la reine, Marie-Antoinette.
La pomme de terre ne se répandait toujours pas dans l’alimentation quotidienne. Parmentier eut alors une idée de génie. Il fit garder son champ par des soldats, attisant ainsi la curiosité et l’envie des gens. Le soir, la garde étant relâchée, le peuple se dit alors que ces plantes devaient être bien précieuses si elles étaient gardées par l’armée, et à la nuit tombée, les plants furent volés.
Parmentier ayant tout de même fait une très bonne récolte, la société d’Agriculture lui accorda un terrain supplémentaire et en 1787, Louis XVI, qui en faisait servir à sa table, autorisa que la pomme de terre fut classée dans les plantes utiles du jardin d’essai de Rambouillet. » http://www.mangerbio-eatingorganic.net/dossier_bouches_culturelles/pommes_de_terre.html



L’exemple, promu par le phénomène de cour, a donc joué un rôle non négligeable dans la diffusion de ce qui deviendra l’indispensable des Français, auquel ils faisaient d’abord la moue !

Comment aujourd’hui se passerait-on en France de son steak-frite ?



C’est ici que je reviens à la « taxe carbone » et à l’alternative de l’exemple / par la Renault 5.

Car le phénomène de cour est toujours d’actualité pour promouvoir la valeur de l’exemple : ne voit-on pas régulièrement des adversaires déclarés se rallier à la cour élyséenne ? Dernier cas en date, peut-être, celui du directeur du Nouvel Observateur. Via Twitter,
s’en amusent, ironisant à mon endroit sur mon ancien hébergeur de blog…

Hé oui, être roi en sa cour fournit des amis et des ralliements !

Quitte pour le roi à se demander s’il les choisit toujours judicieusement. Gageons qu’il se mord les doigts d’avoir, par exemple, mené un de ses meilleurs amis rencontrer carrément le pape ! J’ai nommé Jean-Marie Bigard. Le voilà qui, à l’instar de cette autre proche du pape (décidément) l’ex-ministre M.-C. Boutin, ou de l’actrice Marion Cottillard (pas de rapport avec le pape pour elle, semble-t-il), a émis des doutes sur les explications des attentats du 11 septembre 2001. Mais lui persiste et signe !

Agaçant pour la cour ! Tandis que nous sommes ramenés par une voie détournée en Amérique, d’où la pomme de terre est arrivée en Europe au XVIIe siècle…

Ce qui ne nous dit rien de plus sur la « taxe carbone » et son alternative par l’exemple !



mardi 1 septembre 2009

Renault 5 présidentielle




Sankara / Renault 5
Le Président Sankara sortant de sa voiture présidentielle
(Un point de départ - par l'exemple - vers une alternative à la "taxe carbone" ?)



jeudi 27 août 2009

Sur Thomas Sankara




Avant l'émission à voir dimanche / infos ici :


Un film antérieur à revoir - mis en ligne par y-voir-plus :









lundi 24 août 2009

Autre souffle (2)




Toujours dans la catégorie des classés « hérétiques » par les officiels, les moutazilites :

« Au VIIIe siècle, une secte musulmane, les moutazilites […], considérait qu’on peut rester adepte du rationalisme tout en acceptant l’idée de l’existence du Dieu unique. Ils développèrent l’idée selon laquelle le Coran est un livre créé et non « incréé » au même titre qu’Allah. Certains parmi eux jugeaient le texte coranique mal rédigé, vilipendaient la qualité de sa construction qu’ils trouvaient mal ficelée et critiquaient sa syntaxe. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils réfutaient la nature divine que bien des musulmans attribuent au message coranique. Pour les moutazilites, le mal dans le monde ne s’aurait être d’origine divine mais plutôt humaine. Par ce raisonnement, ils arrivèrent à établir que la haine, les massacres et les guerres recommandés par le Coran sont uniquement les volontés d’un être humain obsédé par un désir hégémonique, car l’image d’un Dieu austère, rancunier et cruel (telle que présentée par le Coran) ne cadre pas avec le bon esprit et l’extrême magnanimité qui devraient caractériser l’Être Suprême. Ce mouvement rencontra un franc succès auprès des intellectuels de l’époque, mais fut, bien sûr, déclaré hérétique par l’islam classique. »




Source et suite :
http://www.kabyles.net/Concept-de-mecreance-et-jihad-en,04591.html




dimanche 23 août 2009

Autre souffle…




« - La bonne action la plus profitable est celle qui consiste à prier pour ses ennemis.
- Comment ! m'étonnai-je. Généralement, les gens ont tendance à maudire leurs ennemis plutôt qu'à les bénir. Est-ce que cela ne nous ferait pas paraître un peu stupide que de prier pour nos ennemis ?
- Peut-être, répondit Tierno, mais seulement aux yeux de ceux qui n'ont pas compris. Les hommes ont, certes, le droit de maudire leurs ennemis, mais ils se font beaucoup plus de tort à eux-mêmes en les maudissant qu'en les bénissant.
- Je ne comprends pas, repris-je. Si un homme maudit son ennemi et si sa malédiction porte, elle peut détruire son ennemi. Cela ne devrait-il pas plutôt le mettre à l'aise ?
- En apparence, peut-être, répondit Tierno, mais ce n'est alors qu'une satisfaction de l'âme égoïste, donc une satisfaction d'un niveau inférieur, matériel.
Du point de vue caché, c'est le fait de bénir son ennemi qui est le plus profitable. Même si l'on passe pour un imbécile aux yeux des ignorants, on montre par là, en réalité, sa maturité spirituelle et le degré de sa sagesse. »


Cela ne rappelle-t-il pas quelque chose ?

C’est du Tierno Bokar…



Tierno Bokar (né en 1875 à Ségou, sur la rive droite du fleuve Niger ; mort en 1939). Ses origines familiales lui apportent, avec le soufisme, la diversité des traditions africaines.

Ainsi, l’étude et la réflexion de Tierno Bokar, fondées sur l’intelligence et la raison l’amèneront à enseigner le respect des traditions. « Respectez-les, dit-il, elles constituent l’héritage spirituel de ceux qui nous ont précédés et qui n’ont pas rompu avec Dieu. »

Tierno Bokar distingue la charia et la mystique. Il s’oppose aux lectures de type wahhabite, voulant une charia des premiers siècles de l’hégire comme règle politique ! La charia est seconde. Elle est seulement l’ensemble des règles (et non pas loi politique !) visant à baliser la vie du croyant en vue de la mystique, qui est le cœur de la vie religieuse, et qui amène à la connaissance. La mystique procède de deux sources : la révélation donnée par Dieu à un prophète ; et l’expérience du croyant qui résulte d’une longue méditation et d’une pratique religieuse approfondie. Le sage qui, par la mystique, atteint la connaissance peut alors adapter son enseignement aux conditions locales dans lesquelles il vit. Le respect des traditions qu’enseigne Tierno Bokar se situe dans ce cadre là.

Proche des anciens soufis persécutés antan par l’islam officiel, il aura aussi des difficultés avec les autorités coloniales françaises, étant contraint de fermer son école (zaouïa)…

*

«La parole est un fruit dont l'écorce s'appelle "bavardage", la chair "éloquence", et le noyau "bon sens".» (Tierno Bokar)

Sources :
http://www.amazon.fr/Vie-Enseignement-Tierno-Bokar-Bandiagara/dp/2020056577
http://www.arelc.org/spip.php?article34
http://www.yabiladi.com/forum/sagesses-tierno-bokar-80-3145575.html
http://aipg.ifrance.com/tiernobokar/tierno.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tierno_Bokar



samedi 22 août 2009

Banque, "burqa" et laïcité





Exposition coloniale 1931… Et tandis qu’on se distrait en épiloguant sur les dimensions du voile, chose simple et concrète, on peut noter que la charia a déjà fait son entrée par le biais de la… banque (cf. note du BO des impôts).

Ce qui, si l’on en croit… Marx, n’a rien de surprenant : les capitalistes, aurait-il dit (lui ou un autre), étant prêts à tout, "jusqu’à vendre la corde avec laquelle ils seront pendus"…

Le même Marx relève dans Le Capital que l’accumulation primitive du capital — il part des grandes expropriations anglaises du XVe siècle — est le début d’un processus, qui ne se contentant pas du prolétariat créé par ces expropriations dans l’Europe d’alors, débouchera sur l’expansion coloniale et l’esclavage industriel qu’elle suppose.

Ce qui fait qu’il n’y a pas à considérer les petits colons comme particulièrement pervers. Ils sont simplement embringués dans la pensée ambiante, qui vise à casser les solidarités (ici prend place le mythe des "hiérarchies raciales") en vue d’une exploitation des forces de travail dressées les unes contre les autres, et instrumentalisées à qui mieux mieux.

Et c’est ainsi, pour faire un raccourci, et un bond de quelques siècles, que la colonisation a débouché aussi sur la promotion… de la charia !, les chefs musulmans étant instrumentalisés de même. Où l’introduction actuelle en "métropole" de la même charia via la banque n’a rien de surprenant !

Une citation référant à la colonisation française au Sénégal au début du XXe siècle :

"Les Français ont posé – d’une certaine façon involontairement – les premières pierres de l’extraordinaire pouvoir politique des marabouts sénégalais.
'À travers les relations directes entre autorités coloniales et chefs de confréries au début du XXe siècle, l’autorité politique des marabouts fut développée et acceptée.'
Les Français eux-mêmes avaient remarqué cela. Paul Marty, l’ancien chef du Bureau des Affaires musulmanes écrivait :
'À travers notre administration... nous avons fait plus pour l’expansion de l’islam pendant le dernier demi-siècle que les marabouts n’ont pu faire durant trois cents ans.'"
(Citations de Paul Marty, Etudes sur L’Islam au Sénégal, vol. II: Les Doctrines et les institutions, Paris, 1917, p. 374 – notées par Christian Baars, Les marabouts et le pouvoir - Société civile et l’Etat au Sénégal, Seminararbeit, 2000 / d’après Behrman, Lucy C., Muslim Brotherhoods and Politics in Senegal, Harvard University Press, Cambridge - Massachusetts, 1970. http://www.grin.com/e-book/105533/les-marabouts-et-le-pouvoir-societe-civile-et-l-etat-au-senegal)

Où la nostalgie coloniale et "l’anti-repentance", c’est-à-dire le refus de reconnaître qu’on a fait fausse route (ce que d’ailleurs personne ne demande à la France !, quand même ça pourrait l’aider…) ; si "l’anti-repentance" a — voir le discours sarkozyste dans le même Sénégal — de beaux jours devant elle, elle est parfaitement contre-productive en matière de libération, de laïcité ou de simple patriotisme.

Et je ne parle pas du fait que sous la Ve République, les 14 pays sud-sahariens de la zone franc CFA ne connaissent à ce jour pas d’indépendance réelle, économique (les cordons de la bourse étant à Paris — comment leur demander quelque production même modeste, quand toute initiative ne peut être prise, ou acceptée, qu’à Paris ?) ; pour ne pas parler de l’indépendance militaire (la défense étant assurée par les bases françaises).

Pour rester en "métropole", non seulement, puisqu’on refuse de changer de route (cette route dessinée aux temps officiellement coloniaux), on met les islamistes au pouvoir des m2 de mosquée, mais on promeut aussi la charia via la banque !… Alors dans ces conditions, la burqa !… Un détail, un hochet, qu’on fait mine de condamner… ce qui a pour effet de banaliser le voile "normal"… et de passer sous silence la promotion de la charia bancaire… CQFD.



jeudi 20 août 2009

Armes, empires, esclavage et colonisation




Dès l'antiquité la plus reculée, les peuples de l'Asie firent usage de divers mélanges incendiaires dans les combats ; mais ces derniers ne pénétrèrent en Europe qu'au septième siècle de notre ère. Les Grecs du Bas-Empire s'en servirent avantageusement pour repousser les Arabes, lorsque ces derniers mirent le siège devant Constantinople. Sa préparation fut mise au rang des secrets d'État par Constantin Porphyrogénète. Mais ce secret ne fut pas gardé longtemps. D'après les recherches de Reinaud et Favé, c'était un mélange de soufre et de substances combustibles telles que des goudrons de résine et des huiles grasses. Beaucoup d'anciens manuscrits donnent sa préparation.



Les Arabes connurent bientôt la composition de cette préparation, appelée le feu grégeois, qui se répandit chez eux au point de devenir, comme nous disent les auteurs cités ci-dessus, « l'agent principal d'attaque. » Ils l'employaient de cent façons et le lançaient avec toutes sortes d'agents différents.

Le feu grégeois brûlait, mais n'avait aucune force de projection. On le lançait, mais on ne l'employait pas à lancer des projectiles. C'était un corps combustible, mais n'ayant aucune des propriétés explosives de la poudre.

L'invention de la poudre à canon, comme substance explosible destinée à chasser des projectiles, est due uniquement aux Arabes. Cette grande découverte, qui a changé tout le système de la guerre, leur revient : « aux Chinois appartient la découverte du salpêtre et son emploi dans les feux d'artifice... Pour les Arabes, ils ont su produire et utiliser la force projective qui résulte de la poudre ; en un mot, ils ont inventé les armes à feu. » (Cit. Reinaud et Favé)

Les historiens assurent habituellement que c'est à la bataille de Crécy, livrée en 1346, que l'artillerie apparut pour la première fois ; mais plusieurs passages de divers auteurs arabes prouvent que son emploi fut en réalité bien antérieur à cette date. Parmi les extraits de divers manuscrits traduits par Conde se trouve notamment un passage où on voit qu'un émir, Yakoub, assiégeant, en 1205, un chef de révoltés dans la ville de Mahédra, en Afrique, « combattit ses murailles avec différentes machines, engins, tonnerres... des engins qu'on n'avait jamais vus... qui lançaient chacun cent énormes jets, et de grosses pierres tombaient au milieu de la ville, et des jets de globes de fer. »

Le passage suivant de l'histoire des Berbères d'Ibn Khaldoun, n'est pas moins explicite, et indique clairement l'emploi du canon pour les sièges : « Abou-Youzef, sultan du Maroc, mit le siège devant Sidjilmesa, en l'an de l'hégire 672 (1273 de J.-C). Il dressa contre elle les instruments de siège, tels que des medjanik (mangonneaux), des arrada et des hendam à naphte, qui jettent du gravier de fer, lequel est lancé de la chambre du hendam, en avant du feu allumé dans du baroud, par un effet étonnant, et dont les résultats doivent être rapportés à la puissance du créateur. Un certain jour, une portion de la muraille de la ville tomba par le coup d'une pierre lancée par un medjanik et l'on donna l'assaut. »

La lecture des manuscrits du temps prouve que l'emploi des armes à feu devint bientôt général chez les Arabes. Ils en firent usage, notamment en 1342, pour défendre Algésiras attaqué par Alphonse XI : « Les Mores de la ville, dit la chronique d'Alphonse XI, lançaient beaucoup de tonnerres contre l'armée, sur laquelle ils jetaient des balles de fer grosses comme de très grosses pommes, et les lançaient si loin de la ville, que quelques-unes d'elles passaient par-dessus l'armée, et d'autres frappaient l'armée. »

Les comtes anglais de Derby et de Salisbury, qui assistaient au siège, ayant été témoins des effets de la poudre, rapportèrent bientôt cette découverte dans leur pays, et c'est ainsi que les Anglais en firent usage quatre ans plus tard à la bataille de Crécy. On connaît également par des manuscrits arabes la composition de la poudre dont ils se servaient, et leurs armes de jet.

(Source : http://www.beurfm.net/forum/showthread.php?t=72399 / La civilisation arabe de Gustave Le Bon - 1884)


La poudre d’artifice a été inventée par les Chinois pour produire du bruit et de la lumière, elle ne comportait que deux ingrédients. Il fallu attendre vers 1300 pour qu’elle soit composée de trois éléments : le souffre, le charbon et le salpêtre. C’est alors que les premiers canons sont apparus. On trouve la première représentation d’un canon dans un manuscrit daté de 1327, alors que le premier usage mentionné d’un canon est attesté pendant la bataille de Crécy en 1346.

Ces premiers canons avaient une facture grossière. Il s’agissait d’un objet en forme de vase placé sur un support en bois, mais, rapidement, on trouve des fûts faits de barres en fer soudées et placées sur ce que l’on pourrait appeler un affût. Ces canons étaient chargés par la gueule en versant une quantité de poudre, suivie d’un sabot en bois et d’un projectile en pierre.

La poudre était enflammée en introduisant un fer rougi dans un petit trou sur le côté du canon (la lumière). Le projectile n’était pas vraiment aux dimensions du canon (d’où la présence du sabot de bois pour le bloquer) et rendait l’arme peu précise. On pouvait ainsi dire que le boulet allait « dans la direction générale de l’ennemi ». L’effet psychologique du feu, de la fumée et du bruit était certainement plus efficace que le tir lui-même.

Contrairement à la croyance populaire, les canons n’étaient pas tous exclusivement à chargement par la gueule. Au début, un certain nombre de canons furent construits au Moyen Age pour être chargés par l’arrière du canon, grâce à une culasse amovible. Il était ainsi plus aisé de charger un canon placé dans l’espace étroit d’une tour de château et de tirer rapidement plusieurs coups successifs. Ces canons à chargement par la culasse consistaient en un fût, ouvert à l’arrière, et une chambre amovible contenant la poudre et le boulet. Cette chambre était fixée dans la culasse du fût avant le tir au moyen d’une cale ou d’une corde.

En raison de leur manque inhérent de précision, les premiers canons ne pouvaient seulement être utilisés avec succès que contre de grandes cibles. Ils furent utilisés de façon notoire lors de la chute de Constantinople en 1453 où les Turcs détruisirent les murs de la ville avec d’immenses canons, marquant ainsi la fin de l’Empire Byzantin.

Les armes portatives

Les premières armes à feu portables ne furent rien d’autre que des canons miniatures. Ils furent introduits vers 1380 et généralement appelés " bâtons à feu ". Ces armes étaient faites d’un canon en fer coulé (ou de douves de fer assemblées) fixé au bout d’une perche. Le tireur maintenait la perche sous son bras et boutait le feu en approchant un fer rougi avec son autre main.

Ces premiers traits à poudre n’étaient pas d’un maniement aisé et furent vite remplacés par une arme pourvue d’un fût : une pièce de bois pouvant supporter l’arme et être appuyée sur le corps lors du tir. On l’appela " arquebuse ". Vers 1411, le système de mise à feu fut aussi modifié en remplaçant le fer rougi par une mèche se consumant lentement (une amorce en amadou) maintenue dans un serpentin fixé sur le côté du canon. Un mécanisme à ressort fut ajouté à ce serpentin quelques années plus tard. De cette manière, le tireur pouvait viser la cible et faire feu en même temps en poussant sur un levier. C'est le mécanisme de détente.

(Source : http://www.armes-ufa.com/spip/spip.php?article39)



1453 : la prise de Constantinople et la fermeture des détroits aux marchands chrétiens met fin à la traite d'esclaves tatares et russes de la mer noire vers l'Italie, l'Espagne et l'Egypte mamelouke.
· Le réservoir slave d’esclaves étant donc « asséché », musulmans comme chrétiens se tourneront alors vers l’Afrique…
· Les Turcs ont alors détruit les murs de Constantinople avec d’immenses canons, marquant ainsi la fin de l’Empire Byzantin. Un an plus tard :
· 1454 : 8 janvier : le pape Nicolas V autorise le roi du Portugal à pratiquer la traite (itinéraire Afrique-Portugal)
· 1490 :Des missionnaires catholiques arrivèrent dans la région du Royaume Kongo, l'année suivante, le manikongo Nzinga Nkuwu fut baptisé et prit le nom de Ndo Nzuawu. Diogo Cão crut alors la voie libre pour se procurer des esclaves et le tenta. Cependant, Nzinga Nkuwu était décidé à ne pas faire de son royaume un lieu de traite. Il fit capturer en échange les missionnaires portugais et les fit tuer à chaque mois de retard dans le retour des captifs Kongo. Sous Nzinga Nkuwu les relations se refroidirent avec le Portugal et ne s'améliorèrent guère jusqu'à sa mort. Elles auraient certainement empiré n'eut été la mort de son fils, Mpanzu a Nzinga, qui était lui contre toute forme de relations avec le Portugal. Prétendant favori à la succession de son père (la succession se faisait par élection et il n'était pas systématique qu'un fils succède à son père), Mpanzu a Nzinga, soutenu par les représentants votants des clans et des corps de métiers Kongo, désirait écourter au plus vite les relations avec le Portugal. Cela lui coûta la vie lors d'un attentat, le jour de son accession au trône.
· 1492 : premier voyage transatlantique de Christophe Colomb. Des Noirs sont embarqués dans les caravelles dès le troisième voyage (1498).
· 1493 : Traité de Tordesillas ligne de partage entre l'Espagne et le Portugal : Bulles du pape Alexandre VI Borgia.
· 1494 : au retour de son 2e voyage, Christophe Colomb vend 300 esclaves indiens 5000 maravedis chacun.
· 1498 : mise en place des repartimentos appelés aussi Encomienda. On attribuait aux colons espagnols des communautés indiennes qu'ils utilisaient comme force de travail et à condition de les nourrir et de les instruire dans la religion catholique.

(Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_l%27esclavage / et suite ibid.)


La résistance farouche du roi du Congo résumée ci-dessus montre que l’acceptation de la traite est loin d’avoir été spontanée ! Il en est évidemment de même des royaumes d’Afrique de l’Ouest.

Autant de royaumes dont les traces sont connues encore au XXe siècle dans le testament de l’ethnologue allemand Léo Frobenius (1873-1938), auteur d’une douzaine d’expéditions en Afrique sud-saharienne entre 1904 et 1935, qui résume parfaitement la problématique :

"Lorsqu’ils (les navigateurs européens) arrivèrent dans la baie de Guinée et abordèrent à Vaïda, les capitaines furent fort étonnés de trouver des rues bien aménagées bordées sur une longueur de plusieurs lieues par deux rangées d’arbres : ils traversèrent pendant de longs jours une campagne couverte de champs magnifiques, habités par des hommes vêtus de costumes éclatants dont ils avaient tissé l’étoffe eux-mêmes ! Plus au sud, dans le Royaume du Congo, une foule grouillante habillée de soie et de velours, de grands Etats bien ordonnés et cela dans les moindres détails, des souverains puissants, des industries opulentes. Civilisés jusqu’à la moelle des os ! Et toute semblable était la condition des pays à la côte orientale, la Mozambique, par exemple".

Ce texte permet d’apprécier la situation réelle à l’intérieur des terres. Et il poursuit :

"Les révélations des navigateurs portugais du XVème au XVIIIème siècle fournissent la preuve certaine que l’Afrique nègre qui s’étendait au sud de la zone désertique du Sahara était encore en plein épanouissement, dans tout l’éclat de civilisations harmonieuses et bien formées. Cette floraison, les conquistadores européens l’anéantissaient à mesure qu’ils progressaient. Car le nouveau pays d’Amérique avait besoin d’esclaves et l’Afrique en offrait : des centaines, des milliers, de pleines cargaisons d’esclaves ! Cependant, la traite des Noirs ne fut jamais une affaire de tout repos ; elle exigeait sa justification ; aussi fit-on du Nègre un demi-animal, une marchandise. Et c’est ainsi que l’on inventa la notion du fétiche (portugais : feticeiro) comme symbole d’une religion africaine. Marque de fabrique européenne ! Quant à moi, je n’ai vu dans aucune partie de l’Afrique nègre, les indigènes adorer des fétiches (...) L’idée du "Nègre barbare" est une invention européenne qui a, par contre coup, dominé l’Europe jusqu’au début de ce siècle".

(Source : http://www.africamaat.com/Les-Europeens-sont-ils-les?artsuite=1)

*

La puissance de feu (littéralement) due à la course aux armements entre puissances européennes et arabo-turques fera la différence.

On est en marche vers la destruction des puissances africaines, prises dans l’étau du choc des deux civilisations dominantes d’alors dont une, l’Européenne, écrasera bientôt l’autre, laissant libre cours aux conquêtes coloniales modernes.

Comme dans toutes les guerres à grande échelle, les nations périphériques au choc sont toutes embrigadées dans les combats des deux grands (cf. les deux guerres mondiales ; cf. la guerre froide)… Autant de guerres "tribales" antan pourvoyeuses d'esclaves, et de richesses pour trafiquants et marchands d'armes. Déstructuration des sociétés ouvrant à un cycle d'affaiblissement prêtant le flanc à toutes les conquêtes, militaires, coloniales et économiques.

*

Je reprends la citation de départ : « Les Grecs du Bas-Empire se servirent avantageusement du feu grégeois pour repousser les Arabes, lorsque ces derniers mirent le siège devant Constantinople. Sa préparation fut mise au rang des secrets d'État par Constantin Porphyrogénète. Mais ce secret ne fut pas gardé longtemps. »…

À transposer au XXIe siècle ?!!!…




mardi 18 août 2009

Akhenaton et le "monothéisme"




Proverbe chinois : "le sage indique l'étoile et le fou regarde le doigt" !

Transposition pharaonique : "Akhenaton indique le soleil comme désignant la transcendance et le fou regarde le soleil"...

Akhenaton pharaon monothéiste, concède-t-on. Monothéiste, c'est-à-dire "adorateur du 'disque solaire'"...

Ce qui reviendrait à dire non pas monothéiste, mais monolâtre !

"Monothéisme", ce vocable issu de de la "science des religions" européenne du XIXe siècle et qui semble ignorer qu'il n'est aucune culture traditionnelle qui ne reconnaisse un Dieu suprême.

Alors Akhenaton serait monolâtre ?... Adorateur du soleil !...


Akhenaton (avec des traits manifestement moins...
"grecs" que ceux du "palmier d'Égypte", le noir Zénon)



... C'est lire un peu vite son hymne solaire. Où il apparaît nettement qu'Akhenaton connaît, comme les autres Égyptiens, le procédé de la transposition, où un objet visible devient symbole d'une réalité invisible.

Ici le soleil, symbole de la transcendance où tout s'origine. Ce n'est pas le soleil qui est objet de culte, mais ce qu'il signifie...

Il suffit de lire attentivement le fameux hymne à Aton pour percevoir que le disque solaire peut être perçu comme signe d'une lumière qui transcende la lumière physique (en italiques deux exemples de cela - de ce que l'on n'a pas affaire qu'à la lumière physique) :


Hymne à Aton d’Akhenaton

Tu te lèves beau dans l'horizon du ciel,
Soleil vivant, qui vis depuis l'origine.
Tu resplendis dans l'horizon du Levant,
Tu as rempli tout pays de ta beauté.
Tu es beau, grand, brillant. Tu t'élèves au-dessus de tout pays.
Ton rayonnement embrasse les pays, jusqu'aux confins de ta création.
Toi qui es la source de la lumière [Rê], tu les soumets tout entiers,
Les liant tous pour ton fils aimé.
Tu es loin, mais ta présence rayonne sur la terre.
Tu es sur le visage des hommes, et l'on ne connaît pas tes venues.
Quand tu reposes au Couchant, sous l'horizon,
La terre est dans une ombre, semblable à celle de la mort...
À l'aube, tu resplendis dans l'horizon, tu illumines, tu es soleil ;
Dans le jour, tu chasses le sombre lorsque tu donnes tes rayons.
Les Deux Pays s'éveillent en fête, les hommes se lèvent sur leurs pieds,
À cause de toi, ils lavent leur corps, prennent leurs vêtements ;
Leurs bras s'ouvrent pour adorer ton lever,
La terre entière fait son ouvrage...
Tu développes le germe dans les femmes
Et de la semence fais des hommes,
Entretenant le fils dans le sein de sa mère,
Et l'apaisant pour qu'il ne pleure pas ;
Nourrice dans le sein,
Tu donnes à ce que tu crées le souffle qui l'anime.
Quand l'enfant sort du sein... le jour de sa naissance,
Tu ouvres sa bouche et tu pourvois à ses besoins...
Combien nombreuses sont tes œuvres mystérieuses à nos yeux !
Seul dieu, toi qui n'as pas de semblable,
Tu as créé la terre selon ton cœur, alors que tu étais seul,
Les hommes, toutes les bêtes domestiques et sauvages,
Tout ce qui est sur la terre et marche sur ses pieds,
Tout ce qui est dans le ciel et vole de ses ailes ;
Les pays étrangers, Syrie et Nubie, et la terre d'Égypte,
Tu as mis chaque homme à sa place
Et tu pourvois à leurs besoins.
À chacun sa provende et son temps de vie.
Leurs langues sont diverses en paroles,
Leurs caractères aussi et leur teint diffère ;
Tu as distingué les contrées.
Tu crées le Nil débordant des Enfers et le fais surgir par amour
Pour que vivent les habitants, puisque tu les as faits pour toi,
Tous les pays les plus lointains, tu les fais vivre,
Tu leur as donné un Nil qui déborde du ciel
Pour descendre sur eux, battre les coteaux de ses ondées
Et arroser leurs champs entre leurs villages.
Tu es seul à resplendir sous tes aspects de soleil vivant ;
Que tu apparaisses à peine ou que tu sois au comble de l'éclat,
Que tu sois loin ou te rapproches,
Tu as créé des millions de formes de toi seul,
Villes et villages, les champs, les chemins et le fleuve...
Les êtres de la terre se forment sous ta main comme tu les as voulus.
Tu resplendis, et ils vivent ; tu te couches et ils meurent.
Toi, tu as la durée de la vie par toi-même, on vit de toi.
Les yeux sont sur ta beauté jusqu'à ce que tu te couches.
Depuis que tu as fondé la terre, tu les élèves pour ton fils,
Issu de ta chair, le roi des deux Égyptes.


(D’après la traduction de Pierre Gilbert.
A. Eggebrecht, L'Égypte ancienne, p. 238
Cf. http://www.bubastis.be/textes/aton.html
http://www.bubastis.be/religion/dieux/aton.html)



Akhenaton et Nefertiti (sous le symbole du disque solaire)



lundi 17 août 2009

"Burqa", gauche, et (néo-)colonialisme


Le phénomène du voilement intégral des femmes, tel qu’il réapparaît via le discours médiatique, est symptomatique de l’impasse où conduit le refus de distinguer la gestion de la cité et les discours traditionnels et/ou religieux.

Le voilement intégral (résumé sous le terme «burqa») n’est, sous cet angle, que le dévoilement de ce que signifie le voile en général… et une façon de détourner l’attention des problèmes réels qu’il signifie !… Comment concevoir la liberté de tous/toutes et l’indépendance.

On pourrait remonter très haut dans l’histoire de toutes les civilisations (cf. le livre d’Amartya Sen - La Démocratie des autres : pourquoi la liberté n'est pas une invention de l'Occident) pour montrer que la gestion partagée de la cité, devenue la « démocratie », est un des lieux communs et aspirations de toutes les civilisations.

Dans sa structure moderne, la racine immédiate de la démocratie peut se trouver dans le protestantisme américain, s’organisant pour un « vivre ensemble » au-delà de la pluralité des Églises — pour une gestion partagée de la cité commune.

Cela ne se fera pas sans heurts : ça commencera par la guerre d’indépendance pour aboutir au XXe siècle — mais dès le départ, pour les indépendantistes, la dimension de la séparation des Églises et de l’État est un acquis non négociable.

Lorsque la France révolutionnaire reprendra ce modèle américain, elle se heurtera à une Église, l’Église catholique, prétendant, contrairement aux Églises protestantes américaines, à l’unicité.

C’est ce choc qui caractérise la « laïcité à la française » : laïcité de type américain dans un contexte de combat contre une Église revendiquant le pouvoir d’une façon ou d’une autre.

N’oublions pas que les catholiques américains, acceptant le principe laïque protestant d’égalité des Églises, seront taxés d’hérésie par Rome : l’hérésie « américaniste », consistant à admettre — ce que Rome refuse alors — que l’erreur a les mêmes droits de la vérité…

Un problème que n’a pas eu le judaïsme, assimilé des deux côtés de l’Atlantique au plan politique à une sorte de secte protestante.

Une même laïcité, mais devenue pour la France une laïcité de combat contre une Église catholique qui en Europe n’a pas succombé à l’ «hérésie américaniste».

Depuis, face à la contrainte de la laïcité, Rome en a accepté le principe : c’est un des acquis de Vatican II.

Cela a été certes difficile, correspondant à une des oppositions entre Rome et le protestantisme. À savoir Écriture seule ou Écriture plus tradition. Or le Nouveau Testament est écrit en période de rejet du christianisme : l’Église n’est donc pas au pouvoir, elle est comme en situation de séparation d’avec l’État. Le retour protestant à l’Écriture ne pouvait pas faire obstacle à l’idée de séparation des Églises et de l’État. Plus difficilement, Rome s’y est finalement à peu près résolue, malgré des concordats divers toujours en vigueur (le Vatican restant aussi un État !).

Son héritage d’une laïcité de combat place la France en position privilégiée par rapport à l’islam qui n’a, jusqu’à ce jour, pas cet acquis — Soheib Bencheikh le montre très bien dans son livre Marianne et le Prophète.

Les tergiversations autour du voile, intégral ou pas, en sont le symptôme : le symptôme de ce qu’est l’islamisme auquel l’islam est mal armé pour résister : une idéologie qui considère que la charia est vouée à la gestion de la cité.

En d’autres termes, on est aux prises avec une confusion de ce que la démocratie et la laïcité distinguent : le religieux d’un côté et de l’autre la loi de la cité — dans laquelle charia ou droit canon n’ont rien à faire.

La difficulté supplémentaire de ce qui devra être résolu pour l’islam aussi, c’est que dans ce cas la confusion est dans le Livre même, puisque pour sa partie médinoise, le Coran porte aussi des aspects politiques. La communauté musulmane est alors au pouvoir, par la personne même du prophète !

Cela n’est le cas ni pour le christianisme — le Nouveau Testament étant écrit en période de rejet de la communauté par les autorités romaines — ni pour le judaïsme dont aucun courant n’a jamais prétendu imposer la loi de l’ancien royaume d’Israël en diaspora.

La chose s’est compliquée pour l’islam avec l’élévation ultérieure du personnage du prophète au statut de modèle de vie en général — ce qui produit même des contradictions avec le Coran : il a par exemple plus de femmes que n’en autorise le Coran ! Je sais bien que les casuistes ont réponse à ce type de contradictions.

Il n’en demeure pas moins qu’on a là un des éléments d’un handicap certain : un message religieux devenant loi politique incontournable (au point que certains réclament carrément sa prise en compte par la loi laïque !!!).

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Illustration de "une" d'un hors série du magazine féministe québécois "La vie en rose"

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Le handicap de l’islam est donc lourd, mais sans doute pas incontournable, comme ne l’a pas été le handicap catholique. Le combat sera toutefois sans doute difficile, combat qui ne fait que commencer.

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La France est en position, de par son histoire, de mener ce combat qu’elle a déjà mené en métropole face au catholicisme.

Mais le combat sera rendu plus difficile encore par ce que dans son empire colonial, la France a fait exactement l’inverse de ce qu’elle a proclamé et de ce qu’elle a fait en métropole : elle a, à l'instar des autres puissances coloniales, consacré dans l’empire colonial des lois particulières, y compris la charia, comme vis-à-vis de la République ! Cela dans le cadre d’un statut d’infériorité, selon le mythe en cours de « la hiérarchie des races », dont Sarkozy a clamé à Dakar qu’il n’y avait pas lieu de s’en repentir… puisqu’il ne l’a pas mentionné ! faisant mine d’ignorer que c’est là le principal et grave problème de l’événement colonial.

Il y aura donc du boulot, puisque la France, en théorie bien placée pour accomplir la séparation du religieux et du politique, est très mal placée en pratique sauf à… se repentir (c'est-à-dire changer de route), ce que son premier magistrat refuse de faire !

Cela est d’autant plus grave que l’option «communautariste» coloniale a, par-dessus le marché, sapé les bases démocratiques et parlementaristes qui faisaient de l’Afrique sud-saharienne un lieu d’accueil potentiel naturel de la laïcité. Un seul exemple (concernant la Côte d'Ivoire) : le système politique de lodjoukrou, selon le titre du livre du professeur Harris Mémel Fôté qui le décrit. Ce système a été écarté par les autorités coloniales qui ne comprenaient pas son fonctionnement égalitaire complexe. Les autorités coloniales lui ont alors conjoint un système « préfectoral », avec un chef nommé censé représenter l’entité « ethnique » !

Bref, non seulement on entérine les communautés, notamment religieuses, en place, mais on crée des « communautés » à fin de simplification de la hiérarchie impériale ! Le tout toujours selon « l’ordre » de « la hiérarchie des races » !

Tout un système de vis-à-vis hiérarchiques, ou en Afrique du Nord, « musulmans » est opposé à « Européens », et où en Afrique sud-saharienne, « noirs » est opposé à « blancs ».

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Un vis-à-vis devenu prégnant au fil des décennies…

Ce qui explique ici pourquoi le FLN parle d’Algérie « musulmane » (c’est à dire inverse d’ « européenne »), revendication en miroir devenue constitutionnelle !… Pour une fuite en avant toujours plus islamiste.


Ce qui explique là pourquoi un Senghor exaltera « l’intuition », qui serait « nègre » !, quand « la raison » serait européenne (« hellène » dans le texte).

Dans les deux cas, est revendiquée, mais inversée, la projection opérée par le système colonial sur « ses sujets ». Ce pourquoi Sarkozy n’a eu aucune peine à reprendre ce thème colonial dans son fameux discours de Dakar pour affirmer que la part rationnelle de l’Afrique, c’est l’Europe !

C’est dans le même ordre de fascination que l’ordre — colonialiste sans s’en rendre compte (étant colonialisme inversé) — de l’islamisme devient le seul vis-à-vis de la droite décomplexée !

Ce sont deux des raisons : l’héritage du combat en métropole contre le catholicisme, et, pour certains courants, l’héritage anti-colonialiste, qui font que la gauche est en position préférable (quand elle n’a pas succombé aux sirènes de droite la ramenant à ses anciens démons coloniaux et anti-repentants) pour mener le nouveau combat laïque — concrètement désormais anti-charia (ce reliquat trans-colonial).

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Dernier exemple de ce que l’ouverture démocratique est un classique qui n’a non seulement pas été promu par la colonisation, mais a été étouffé par elle : la réception de l’islam dans l’Afrique sud-saharienne pré-coloniale n’a pas entraîné d’adoption de la charia, ou de substitution des structures parlementaires traditionnelles par la charia. L’islam, généralement confrérique, y a été perçu comme élément religieux pouvant être intégré, mais non pas comme alternative politique — d’où la possibilité, encore au XXe siècle, pour le Sénégal, par exemple, d’élire un président catholique sans aucune difficulté.

La charia reste une élaboration historique du passé, qui ne peut en aucun cas faire constitution, ni même référence pour l’organisation de la vie de la Cité.

Ce symbole néo-colonial (inversé) de la charia qu’est le voilement des femmes ne fait que légitimer ce passé qui ne passe pas (comme l’a montré de façon claire le discours de Dakar).

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C’est dans de toutes autres voies que les fascinations néocoloniales de ce genre que les ex-colonies devront chercher leur indépendance réelle, morale, et économique, pour un véritable développement.

Et évidemment le symbole de libération que porte toute voie d’indépendance ne saurait s’accompagner de quelque assujettissement des femmes via des symboles aux allures de provocations puériles, qui détournent des vrais problèmes.