Toujours dans la série "retour d'échos"... Ici du haut des minarets :
demande Ph. Bilger... qui développe :
"Heureusement, il y a les Suisses.
Battre notre coulpe sur leur poitrine est commode. La honte dont on les accable nous comble d'une joie malsaine. On aurait tellement aimé être à leur place pour leur montrer - à eux, ces buses, ces obtus - la voie à suivre. Des minarets, nous, on en aurait voulu plein, c'est sûr, avec les appels des muezzins, pour qu'ils soient complets !
Comment ont-ils donc osé voter contre la construction de minarets dans leurs paysages, alors qu'ils n'en ont que quatre à contempler pour quelques centaines de mosquées et seulement 300 000 musulmans ! Certes, beaucoup de demandes de permis de construire des minarets étaient présentées, ce qui justifiait la démarche référendaire (nouvelobs.com, Le Parisien, Le Figaro, Marianne 2, Le Monde). Cessons de rêver : il est probable que si celle-ci avait été mise en oeuvre en France sur le même sujet ou un thème approchant, les résultats n'auraient guère été éloignés de ce "non" majoritaire qui suscite l'indignation de tous ceux dont l'espace n'était pas en voie d'être peuplé de minarets. D'autant plus que le débat sur l'identité nationale ne nous rend pas étranger apparemment aux préoccupations suisses !
En effet, j'avoue avoir été surpris, même pour la France qui se pique d'être parfaitement républicaine parce qu'elle abuse de cet adjectif, par les torrents de bonne conscience et de pieuses critiques sur l'attitude intolérable des Suisses qui n'ont rien compris aux leçons de l'évolution et de l'ouverture. Ce consensus si douillet, si facile à élaborer, qui fait si chaud au coeur collectif (le problème est ailleurs !) m'a tout de même frappé par son ampleur et son hypocrisie.
Le vote des Suisses démontre qu'il est impossible, chez eux comme chez nous, de prétendre fabriquer un peuple "sur mesure". Quand on lui donne la parole, il la prend, et il la prend comme il veut. [...]" La suite sur le blog de Ph. Bilger...
Voilà qui me semble éloquent : "Battre notre coulpe sur leur poitrine est commode"...
Chose qui fait joliment écho au point de départ de la crise franco-ivoirienne, quand, dès 1999, la bien-pensance parisienne battait sa coulpe sur la poitrine des Ivoiriens censés s'en prendre aux musulmans... Sauf qu'en Côte d'Ivoire on n'a jamais envisagé de leur refuser des minarets, chantants qui plus est...
"Torrents de bonne conscience et de pieuses critiques"...


























… Et tandis qu’on se distrait en épiloguant sur les dimensions du voile, chose simple et concrète, on peut noter que la charia a déjà fait son entrée par le biais de la… banque (cf. 



