dimanche 6 septembre 2009

"Taxe carbone" et autres émissions résiduelles (3)




« [Le FMI et la Banque mondiale] sont nés pendant la Seconde Guerre mondiale, à la suite de la conférence monétaire et financière des Nations unies à Bretton Woods, New Hampshire, en juillet 1944, dans le cadre d'un effort concerté pour financer la reconstruction de l'Europe dévastée par la guerre et sauver le monde de futures dépressions. Le vrai nom de la Banque mondiale - Banque internationale pour la reconstruction et le développement - rappelle sa mission initiale. Le dernier mot, "développement", a été rajouté in extremis, un peu comme si on y avait soudain pensé. À cette date, la plupart des pays concernés étaient encore des colonies, et l'on estimait que les maigres efforts de développement économique qui pouvaient y être entrepris étaient du ressort de leurs maîtres européens. »

Joseph Stiglitz, La grande désillusion, éd. Livre de Poche, p. 40.



« Les mentalités ne changent pas en un jour: c'est aussi vrai dans les pays riches que dans le monde en développement. Concéder l'indépendance aux colonies (en général après les y avoir fort peu préparées) a rarement fait changer d'avis leurs anciens maîtres: ils se perçoivent toujours comme "ceux qui savent". La mentalité colonialiste est restée - la certitude de savoir mieux que les pays en développement ce qui est bon pour eux. Quant aux États-Unis, devenus puissance dominante sur la scène économique mondiale, ils avaient en matière de colonialisme un héritage bien plus léger. Mais ils ont malgré tout penché du même côté, moins par leur expansionnisme de la fin du XIXe et du début du XXe siècle (la doctrine de la "Destinée manifeste") que du fait de la guerre froide, au cours de laquelle les principes de la démocratie ont été bafoués ou ignorés au nom de la lutte sans merci contre le communisme. »

Joseph Stiglitz, Id., p. 59.




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