lundi 30 avril 2012

Ouattara à Paris depuis hier. Pour qui sonne le glas ?



Dernière heure. Ouattara à Paris pour un « effort de guerre »

Info de Cameroonvoice :

"Alassane Dramane Ouattara, le président de la France en Côte d’Ivoire est présent à Paris depuis hier (dimanche) après midi, 29 avril 2012, pour dit-on une visite privée de quelques jours.

Selon les informations en notre possession, Alassane Ouattara , ami de Nicolas Paul Sarkozy, le président candidat de l’élection présidentielle française 2012, est venu prêter « main forte » à celui qui vient d’être révélé par le site Médiapart d’avoir reçu la somme de 50 millions d’euros de la part de Kadhafi, le défunt président libyen.

De source bien introduite, le président ivoirien aurait reçu un appel pour un « effort de guerre » de la part de son parrain. Son du glas à l'Élysée ?
[...]

Lire l’article sur Cameroonvoice...





dimanche 29 avril 2012

Au coeur du bilan de cinq ans de sarkozysme...


... Les guerres africaines : le discrédit de la France au plan international.


Deux documents :

"Sarkozy, le véritable coupable des crimes de la guerre en Côte d'Ivoire",
par Laurent Kobazeyret

"Sarkozy-Kadhafi : la preuve du financement",
l'article de Médiapart en intégralité.

À lire sur Cameroonvoice... Voir aussi, sur Le Gri-gri international (avec vidéos)...





Et tout était annoncé dès le discours de Dakar !


vendredi 27 avril 2012

6 mai - Ouattara ne reconnaît pas la victoire de Hollande, le fait arrêter et installe Sarkozy à l'Élysée




(L'élection en Côte d'Ivoire a eu lieu fin 2010. Les Ivoiriens ont voté Gbagbo, reconnu par le conseil constitutionnel, mais la communauté internationale avait désigné Ouattara qui a finalement été imposé aux Ivoiriens par l'ONU et Sarkozy.)


En France, l'élection approche. Sarkozy est le candidat de la communauté internationale (http://www.slate.fr/france/53247/sarkozy-obama-video) tandis que seul le président Polonais a reçu (cinq minutes) Hollande pour la photo. Au premier tour, 80% des Français iront voter, au deuxième tour, seulement 70 % le feront car bon nombre de Français ne se reconnaîtront pas dans les deux candidats et Hollande devrait gagner dans les urnes.

Mais soudain, dans un brouhaha médiatique, une information chassant la précédente de notre cerveau, ce taux de participation passera à 82% et on apprendra finalement que Sarkozy est réélu et que ce résultat sera validé par le représentant spécial de l'ONUFRA (Organisation des Nations Unies pour la France) et par le président ivoirien...

En effet, les urnes seront toujours faites pour être bourrées (il y a toujours beaucoup de vide dans une urne) et pour faire monter ce taux de 70 à 82%, les bonnes villes UMP seront mises à contribution, les représentants du PS étant priés d'aller se faire voir ailleurs lors du dépouillement.

Par exemple :
- Neuilly sur Seine : 38859 inscrits, 98504 votants, Sarkozy : 98497, Hollande : 7
- Senlis : 10752 inscrits, 52078 votants, Sarkozy : 52077, Hollande : 1
La pression sera donc énorme sur Hollande pour qu'il accepte sa défaite, Ouattara lui demandera de partir
(http://videos.tf1.fr/jt-13h/sarkozy-a-gbagbo-c-est-a-lui-de-choisir-6176692.html),
profèrera des menaces
(http://www.wat.tv/video/cote-ivoire-sarkozy-somme-38zwz_2i6xp_.html

Comme le peuple Français soutiendra Hollande, l'OTAN, bras armé de l'ONU, amènera ses chars à Paris, ses bateaux feront un blocus autour de tous les grands ports Français.

En grand démocrate, Hollande demandera que l'on recompte les voix, mais il y aura des moments où l'ONU ne saura plus faire des additions du niveau maternelle...
http://www.notrevoie.com/develop.asp?id=38683),
l'Union Européenne décrétera un embargo (et donc un embargo de fait sur les médicaments) à destination de la France
(http://www.petitions24.net/embargo_sur_les_medicaments_en_cote_divoireun_crime_humanitaire), ;
les banques fermeront du jour au lendemain sans préavis
(http://www.2ivoires.net/2iactu/actualite_lire_article.php?id=10825), ;
et la CI fera finalement voter une résolution à l'ONU
(http://www.franceonu.org/spip.php?article5470)
condamnant Hollande.

Obama lui-même mettra en garde les Français de bien choisir entre le bien et le mal (http://www.youtube.com/watch?v=XgUSxbtDHgI&feature=related)
mais la situation restera toujours bloquée.

Les bombes qui amènent la démocratie pourront alors commencer à tomber sur des sites tenus par des pro Hollande : télévision, caserne, hôpitaux...
(http://www.youtube.com/watch?v=1zQQ1i15J1Q&feature=related)
et sur le QG du PS surnommé le Bunker.

Au bout de quelques jours de bombardement et sûr de l'issue de ce conflit, l'Ambassadeur de la CI à Paris pourra déclarer, devant l'Ambassadeur Américain :

- Aucune négociation avec Mr François Hollande, Mr François Hollande n'existe plus, Mr François Hollande est enfermé dans les égouts de Paris, heuheu, il n'existe plus...
(http://www.youtube.com/watch?v=I86WRVWKz9A&feature=relmfu).

Et évidemment, selon lui, Hollande ne sera qu'un fourbe qui ne tient pas parole (http://www.youtube.com/watch?v=cWWJDPFOZHg&feature=relmfu).

Et si par malheur, la bouche de l'ambassadeur parle de travers, les médias mensonges se chargeront de ne pas diffuser son lapsus
(http://www.dailymotion.com/video/xq3lq8_chassez-la-verite-elle-revient-surnaturellement-4-lapsus-ouattaristes-troublants_news).

Il y aura bien un proche de Ouattara qui sera personnellement touché et qui avouera se demander si on aura fait le bon choix, mais on lui demandera par la suite de parler d'autres choses devant les caméras

Tout cela pour arriver à l'arrestation de Hollande et de sa garde rapprochée, ainsi qu'à l'assassinat de celui qui aurait pu être son ministre de l'intérieur (http://www.youtube.com/watch?v=DDJhv3hps1g).

Réalité ou fiction ?
Photo - dr     Texte - Philippe T.


jeudi 26 avril 2012

L'élection en France vue d'une Côte d'Ivoire meurtrie suite à l’intervention française



PRESIDENTIELLE FRANÇAISE : SARKOZY DIVISE LA CLASSE POLITIQUE IVOIRIENNE

L'élection présidentielle en France ne laisse pas indifférents les Ivoiriens, particulièrement la classe politique divisée entre pro et anti Nicolas Sarkozy, le président sortant, arrivé deuxième dimanche derrière François Hollande à l'issue du premier tour.

Ancienne colonie française, la Côte d'Ivoire a maintenu des relations privilégies avec son ex-métropole qui demeure un de ses principaux fournisseurs et clients.

Mais, c'est surtout l'intervention décisive de l'armée française pour permettre l'arrestation de Laurent Gbagbo et installer Alassane Ouattara au pouvoir après les meurtriers affrontements post-électoraux de novembre 2010 qui façonne le regard des Ivoiriens sur l'élection présidentielle en France.

Ce regard est bien évidemment différent selon que l'on est proche du camp Ouattara ou que l'on est militant du Front populaire ivoirien (FPI) ou sympathisant du président déchu Laurent Gbagbo.


Pour ou contre Sarkozy ?


Le Rassemblement des Républicains (RDR) et ses alliés du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), partisans d'Alassane Ouattara, sont sans réserve pour la réélection de Nicolas Sarkozy. Le RDR, parti d'Alassane Ouattara, a signé le 14 avril à Paris avec l'UMP de Nicolas Sarkozy un "accord de coopération et d'amitié". Les deux présidents se targuent d'être des amis intimes de longue date et le pouvoir à Abidjan voit d'un mauvais œil une défaite de M. Sarkozy qui signifierait la perte d'un soutien de taille à l'Elysée.

"Si Sarkozy tombe, nous n'aurons plus les mêmes relations avec les nouvelles autorités françaises. Nous n'aurons plus droit à un certain nombre de privilèges que nous avons avec Sarkozy en terme d'appui auprès des institutions internationales, des entreprises françaises, au plan de la sécurité", fait savoir un militant du parti de M. Ouattara. En face, les partisans de Laurent Gbagbo ne jurent que par la défaite de M. Sarkozy considéré comme leur "principal ennemi". "Nous souhaitons que Sarkozy perde les élections parce qu'il s'est présenté comme notre principal ennemi", soutient un responsable du FPI, Raymond Abouo N'Dori.

"Moi, je ne comprends pas pourquoi les partisans de Gbagbo voient en François Hollande un sauveur", s'interroge un enseignant qui relève que le Parti socialiste français avait demandé, au plus fort de la crise post-électorale, l'exclusion du FPI de l'Internationale socialiste et ne s'était point opposé aux bombardements qui ont entraîné la chute de Gbagbo.

"Nous n'avons pas de raisons objectives de pavoiser sur l'arrivée des socialistes au pouvoir puisqu'ils ne nous ont jamais soutenu mais, entre deux maux, il faut choisir le moindre mal. Hollande représente le moindre mal pour nous", tranche Abouo N'dori. Pour de nombreux Ivoiriens [...]

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mercredi 25 avril 2012

La grive et le merle


"Faute de grives on mange des merles".


On connaît le dicton...

C'est à son ombrage qu'il s'agit de voter. Hollande, bien sûr... Merle alors !

Un boulevard lui aurait été pourtant ouvert s'il avait su être un vrai opposant, depuis le discours de Dakar et ses suites : les guerres coloniales et sanglantes de Sarkozy.

Mais il les a... approuvées ! S'aliénant au premier tour nombre de ceux qui ont voté Mélenchon précisément pour cette raison et malgré les appels au "vote utile". Certes la théorie sondagière du "vote utile" lui aura été utile... Mais on ne le voit devancer Sarko que de deux petits "points".

Outre Mélenchon, gageons que son silence approbateur des guerres sanglantes de Sarkozy a aussi aliéné à Hollande une partie de ceux qui ont voté... Le Pen ! Sic !... Le Pen ayant été une des voix de l'anticolonialisme ! Re-sic ! N'a-t-elle pas été la plus ferme des candidat(e)s dans la dénonciation des deux guerres coloniales qui nous ont été médiatiquement imposées, en Côte d'Ivoire et en Libye ?... Et dans le refus de s’enthousiasmer de celle qu'on nous prépare, en Syrie. Hollande, à côté de cela, fait pâle figure !

Tout était pourtant annoncé dès le discours de Dakar.

Les "anti-repentants" - entre autres honteux sarkozystes pro-discours de Dakar - n'ont-ils pas sommé de se taire ceux qui osent nommer "crime contre l'humanité" le trafic esclavagiste, renvoyant les Africains dans les cordes de leurs propres collabos locaux. Ils avaient beau jeu ce faisant de porter aux nues lesdits trafiquants, toujours en exercice dans la rébellion ouattariste, quand le sous-préfet boucher d'Abidjan (selon l'intitulé qui lui est donné sur place) pouvait compter sans ciller sur le silence des socialistes français, tendance molletiste, qui se sont montrés ces derniers temps majoritaires au PS - incapables toujours de voir que Le Pen même a mis le doigt qui blesse sur leur héritage !

C'est pourtant pour leur candidat qu'il faudra voter...

Faute de grives...



KING CRIMSON Deception Of The Thrush (La déception de la grive)


mardi 24 avril 2012

Quand il pleut à Paris, Abidjan est mouillé – Sarko menacé, Ouattara tremble



Par Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier du 23/04/12 :

Ce n’est pas encore la grosse peur, mais un vent de panique souffle sur le clan Ouattara et ses divers alliés. Le premier tour de la présidentielle française vient de livrer ses résultats, et il paraît évident que Nicolas Sarkozy est en ballottage défavorable dans la perspective de la «lutte finale». La gauche est à son plus haut niveau depuis longtemps, et selon les sondages le président sortant bénéficiera d’un report de voix globalement assez médiocre de la part des électeurs du Front national (extrême-droite) et du MODEM (centre). La perspective la plus probable est donc la défaite électorale de Nicolas Sarkozy, même si les jeux ne sont pas faits.

Ces dernières semaines, les observateurs de la vie politique ivoirienne ont tous pris acte de la nervosité qui s’est emparée des dignitaires du Rassemblement des républicains (RDR) et du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Ne se sentant pas satisfaits de l’étrange accord de partenariat signé avec l’UMP, ils ont demandé solennellement à leurs sympathisants ayant la nationalité française de voter pour Nicolas Sarkozy. Un Sarkozy qui devait se demander pourquoi il n’y avait pas de réaction en France à l’activisme des Africain-Français hostiles à sa double épopée ivoirienne et libyenne. Certes, le RDR et l’UMP sont des formations politiques de droite, avec tout ce que cela comporte. Mais l’on ne sent pas la même fièvre dans les autres pays du «pré carré» dirigés par des alliés objectifs de l’UMP. De quoi a donc peur le régime Ouattara ?


Un système de gouvernance autoritaire qui repose sur des complaisances parisiennes

Une chose est à noter : si Nicolas Sarkozy perd le pouvoir, ce sera la première fois, depuis l’éclatement de la crise ivoirienne, que les alliés traditionnels du PDCI et du RDR quitteront les lambris dorés de l’Elysée et des cabinets ministériels pour s’installer sur les sièges réservés à l’opposition parlementaire. Ce sera donc un grand saut dans le vide. Déjà, avant la crise, les liens entre la nomenklatura ivoirienne et la droite française étaient patents. Malgré une prévenance de tous les instants des socialistes, Félix Houphouët¬-Boigny soupçonnait François Mitterrand d’instrumentaliser son opposition pour l’affaiblir. Quand Jacques Chirac a été élu en 1995 en battant Lionel Jospin, les journaux progouvernementaux d’alors ont exulté. Pendant longtemps, l’affrontement entre bédiéistes et ouattaristes se déroulait selon la grille chiraquiens contre balladuriens. C’est pour cette raison que l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir sera un sujet de grande joie pour Ouattara, heureux d’avoir «noyé» les réseaux parisiens de Bédié, et de faire savoir à Gbagbo qu’il était le seul opposant d’Afrique subsaharienne à avoir été reçu à plusieurs reprises à l’Elysée dans un contexte de guerre froide franco-ivoirienne où Gbagbo n’avait «droit» qu’à des échanges non formalisés avec des seconds couteaux ou à une photo à la volée à New York, à l’occasion d’une Assemblée générale des Nations Unies. Dans une logique similaire, la victoire électorale de Jacques Chirac en mai 2002 devait sonner l’heure de la reconquête dans l’arrière-cour ivoirienne, où la «normalisation» et la «prise de distance» voulues par le gouvernement de Lionel Jospin avaient permis aux rapports de force internes de s’accomplir à travers l’élection de Laurent Gbagbo en octobre 2000. Le coup d’Etat du 19 septembre 2002, s’il avait abouti à la capitulation d’un Laurent Gbagbo acceptant un exil doré en France, aurait parachevé la «reprise en main» des lobbies droitiers français pour qui la Côte d’Ivoire doit être la continuité géostratégique de la France…

C’est bel et bien Nicolas Sarkozy qui a instrumentalisé l’ONU, l’Union européenne et l’Union africaine pour faire prévaloir le récit médiatique douteux accréditant la victoire électorale d’Alassane Ouattara. Il a même appelé à onze reprises en une seule journée un chef d’Etat ouest-africain pour le rallier à la guerre de Ouattara. Contre un grand nombre d’officiers supérieurs de son pays, il a engagé l’armée française dans la bataille d’Abidjan, ordonné l’omerta sur les crimes commis par les supplétifs FRCI qui avançaient grâce aux missiles de la force Licorne, fermé les yeux sur l’assassinat du Français Philippe Rémond à Yamoussoukro et sur le martyre de son compatriote Michel Gbagbo, vidé les fonds de caisse de l’Agence française de développement (AFD) pour payer les salaires du régime Ouattara, intrigué pour envoyer Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale, applaudi la justice des vainqueurs et les dérives tribales du régime ivoirien…


Un départ de Sarkozy viendrait au pire moment pour Ouattara…

Nicolas Sarkozy est allé tellement loin avec Alassane Ouattara que ce dernier sait pertinemment qu’un changement de pouvoir à l’Elysée baissera forcément le niveau des complicités crapuleuses dont il bénéficie à Paris. Il a pourtant construit tout son système autoritaire de gouvernance sur le «droit d’humilier» dont il dispose et sur la muraille d’impunité qui est bâtie autour de lui par la France et au-delà de la France – à l’ONU, dans les institutions de Bretton Woods. Alassane Ouattara est allé tellement loin dans les démonstrations d’amitié avec Sarkozy qu’il pourrait à juste titre craindre un «retour de bâton» des futurs maîtres de la France, qu’il a toujours cajolés grâce à ses relations au Parti socialiste. Des relations – son avocat Jean-Pierre Mignard par exemple – désormais en porte-à-faux avec leur famille politique, «grâce» à la stratégie caricaturale du «tout-Sarkozy» adoptée par l’homme fort d’Abidjan. S’il est élu, François Hollande devra normaliser la relation franco-ivoirienne, désormais regardée même en France comme un signe du renouveau de la Françafrique. Et cette normalisation, Alassane Ouattara, qui supplie la France de maintenir ses bases militaires et de truffer son Palais de coopérants de tous genres, n’en veut absolument pas. Comment gouverner sans béquille ? Là est la question.

Un éventuel départ de l’Elysée de Nicolas Sarkozy interviendrait au pire moment pour Ouattara. Après un an de «grâce internationale» et plus de dix ans d’accompagnement médiatique complaisant, la «bulle explicative internationale», notamment représentée par les différentes ONG financées par les Etats et les grandes entreprises occidentales et qui «notent» la gouvernance des pays africains, commence à se montrer plus exigeante. Tandis que les analystes de la presse parisienne considèrent désormais qu’une dérive autoritaire guette le régime d’Abidjan.

C’est pour anticiper les nouvelles exigences de l’étranger qu’Alassane Ouattara, qui répugne à négocier avec les corps intermédiaires comme les syndicats ou avec son opposition, communique sur le thème d’une main tendue à son opposition qui n’a aucune consistance puisque la logique des inculpations à caractère politique et de la «justice des vainqueurs» se poursuit, voire se renforce avec les dérives de la Direction de la surveillance du territoire (DST). D’une certaine manière, cet ersatz de dialogue inter-ivoirien pourrait même viser à donner de la consistance à Nicolas Sarkozy qui veut visiblement «capitaliser» sur sa prétendue «crédibilité internationale», se fondant notamment sur ses sanglantes épopées libyenne et ivoirienne, «vendues» comme des «victoires de la démocratie» là où elles ont semé la mort et la désolation. Des informations [...]

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lundi 23 avril 2012

Un million de votes douteux ?


Vidéo :

"En France, le nombre d'électeurs appelés à voter sur des ordinateurs augmente à chaque élection. Le 22 avril, vous [étiez] un million à faire confiance à une machine électronique"...


Le banquet et les miettes de la démocratie


Au jour de la victoire des promoteurs du "vote utile" via l'instrument des "sondeurs" aux prophéties auto-réalisatrices... Alors qu'ils se sont encore quand même essentiellement trompés, on continuera de les croire, en tentant d'exiger des Belges, des Suisses, et du reste du monde qu'ils se soumettent à la loi française. L'ironie est terrible qui prétend garantir la validité d'une élection contre la fuite d'infos que tous connaissent : précieuse précision pour la France dont le pouvoir (et l’opposition socialiste, verte et centriste complices) a jugé globalement démocratique une élection en Côte d'Ivoire, dont la fraude des copains ouattaristes de Sarko les voyait dépasser les 100% de voix… Le banquet et les miettes de la démocratie.

À présent, il s’agit de…


Sauver l'honneur

Par Eliahou Abel (avec autorisation) :

« Le 5 avril 2011, au lendemain du début des frappes aériennes menées contre la Résidence des chefs d'État ivoiriens à Abidjan, le député communiste Jean-Paul Lecoq tentait de sauver l'honneur de la classe politique française et de l'assemblée nationale en dénonçant, dans une question courageuse à l'administration Sarkozy – question dont le triste sire Alain Juppé, abusant de son pouvoir discrétionnaire, n'eut alors pas l'élémentaire décence de le laisser achever la formulation – les dessous abjects de l'agression de la force Licorne en Côte d'Ivoire. Son intervention ne rencontra, sur les bancs de la majorité […], que haussements d'épaules, grimaces éloquentes, huées et sarcasmes, et sur ceux de l'opposition - groupe communiste mis à part - le silence indigne d'une indifférence complice. La caméra eut même le temps de saisir, sur les bancs du PS, un ricanement devenu le symbole de la disqualification d'une certaine gauche : celui de Jack Lang, le vertueux humaniste, filmé trois ans auparavant alors qu'il se pavanait dans la "rue Princesse" d'Abidjan en compagnie de son "ami" le Président Laurent Gbagbo, mué en propagandiste de la thèse officielle assimilant ce dernier à un criminel endurci tout juste bon à abandonner sans états d'âme à la voracité mercantile des chiens au pouvoir.

En ce jour d'élections présidentielles en France, alors que des dizaines de millions de Français et d'Africains guettent l'aube d'une ère nouvelle, nous n'avons qu'une seule question à poser au successeur espéré de notre petit caporal ultralibéral, pourvoyeur et consolidateur exclusif des bénéfices exponentiels garantis à ses tout-puissants copains de la finance, de la pharmacie, de l'assurance, du bâtiment, de la presse, de l'industrie des armements, de l'agro-alimentaire et du nucléaire : que compte-t-il faire, non seulement pour nettoyer les écuries d'Augias du Quai d'Orsay et autres ministères, voués corps et âme au triomphe du profit sur fond de combines meurtrières et de mensonges éhontés, mais aussi pour laver l'honneur d'une gauche socialiste qui, en offrant le couvert de son silence aux crimes commis notamment en Côte d'Ivoire et en Libye, a délibérément placé son approche des dossiers françafricains sous le signe de la honte; une honte qui, si par malheur le nouvel élu venait à manquer d'audace pour affronter les risques de la grande lessive qui s'impose, ne tarderait pas à devenir ineffaçable.

Le futur président pourra-t-il faire l'économie d'une condamnation solennelle de la mascarade qui a suivi le second tour des élections ivoiriennes du 2 décembre 2010, avec la proclamation illicite, depuis le Quartier Général de la Rébellion, de résultats purement et simplement inversés; proclamation adossée au refus de prendre en compte l'existence avérée de fraudes massives – elles-mêmes supervisées par les autorités françaises – ? Pourra-t-il éviter d'appeler par son nom l'intronisation aux forceps du chef rebelle Alassane Dramane Ouattara : un coup d'État fomenté par la "France" de son prédécesseur à l'Élysée ? Pourra-t-il continuer à tolérer la surréaliste conspiration du silence dont les médias ont enveloppé les circonstances aussi troubles que tragiques de l'assassinat de notre compatriote Philippe Rémond, à tous égards le plus digne d'éloges et le plus représentatif de ce que la France, au creuset des valeurs qui l'ont forgée, porte de plus grand, de plus noble et de plus beau : le vrai courage et l'exaltation de la Vérité ? Pourra-t-il, tirant prétexte du devoir de réserve imposé par l'exercice de sa charge, se dérober aux exigences d'une enquête impartiale, n'éludant pas la délicate question d'une éventuelle complicité directe ou indirecte des autorités françaises dans la planification et l'exécution de ce crime perpétré par les tueurs de Ouattara ? Aura-il le cœur de laisser se perpétuer le scandale de la discrimination négative dont est victime le franco-Ivoirien Michel Gbagbo, coupable du seul crime d'être le fils d'un père innocent, séquestré au péril d'une santé que l'on sait fragile par le preneur d'otage burkinabé fabriqué par la "France" ?

Le vainqueur alternatif du 6 mai prochain pourra-t-il jouer la carte de la bienséance feutrée, quand il s'agira d'affronter le déferlement de révélations dont l'écho assourdissant viendra bientôt répercuter le vacarme –étouffé jusque-là manu militari – de la cascade de forfaits économiques, diplomatiques et militaires ayant culminé dans le bombardement intensif, une semaine durant, de la Résidence présidentielle d'Abidjan; bombardement accompagné du massacre de centaines de jeunes ivoiriens aux mains nues venus soutenir la légalité démocratique incarnée par SEM Laurent Gbagbo – autant de corps dont on a perdu la trace…–, et suivi de la capture – par la Licorne associée au GIGN ! – d'un Président légitimement élu et officiellement investi par le conseil constitutionnel de son pays ? Osera-t-il alors, par fidélité à la ligne d'un parti qui dans ce domaine, ne s'est illustré que par sa lâcheté, refuser de prendre position ? Aura-t-il le front de balayer d'un revers de mains les dizaines de milliers de témoignages accablant les autorités françaises et le rôle abominable qu'elles ont joué, en coulisses et sur la scène, dans la préparation, l'éclatement et le dénouement de cette crise d'une violence inouïe; pourra-t-il nier la manière dont la "France" de Sarkozy couve jalousement depuis un an l'éclosion progressive, sur tout le territoire ivoirien, d'une dictature de moins en moins rampante, synonyme d'insécurité endémique, de régression économique, sanitaire et éducative, de séquestrations arbitraires et de disparitions inexpliquées ? Tout cela sous l'œil complaisant d'une armée de fonctionnaires verrouillant minutieusement pour le compte de la "Métropole" – puisque nous voilà revenus, sous la pression des démons de la nostalgie impériale, aux fondamentaux de l’occupation coloniale la plus grossière - chacun des rouages de l'État, police et armée comprises ?

Pourra-t-il, en somme, se soustraire à son devoir historique de "lâcher" le criminel de guerre Alassane Ouattara, et de le contraindre, aussi fermement que la macabre Licorne aux ordres des menteurs l'a fait quand il s'est agi de bafouer le droit, la justice et la légitimité en chassant du pouvoir celui qui en était le garant […] ?

Pourra-t-il, plus largement, faire abstraction de toutes les régressions liberticides qui ont accompagné chacune des interventions de la France en Afrique tout au long de ces dernières années de sarkozysme frénétique, où l’on a vu le futur ancien maître des lieux enfoncer, avec une rage démente, les clous du cercueil françafricain, troquant pour ce faire le costume de modération ambiguë – ou de sauvagerie mesurée- de ses prédécesseurs dans leur politique à l’égard des anciennes colonies françaises, contre un tablier de bourreau; bourreau sujet à des accès de brutalité sans limite, ne disposant, pour dissimuler l’abîme sans fond de son cynisme absolu, que du masque d’un sourire carnassier, aussi peu crédible – et a contrario aussi négativement révélateur – que les propos pseudo-humanistes qui lui sont assortis. Pourra-t-il enfin s'abstenir de dénoncer un à un tous les contrats et accords scélérats – aussi bien sur les plans politique et militaire qu'économique, la dernière manœuvre se dissimulant sous la signature d'un nouvel accord de coopération militaire avec le Sénégal – destinés à aggraver et pérenniser l'asservissement des pays d'Afrique ?

Le maître mot de ce que tous les Africains liés de près ou de loin à la France, et tous les Français soucieux de rester dignes du nom qu'ils portent, attendent du successeur de Nicolas Sarkozy dans la mise en œuvre d'une nouvelle politique africaine, c'est, on l'aura compris, celui de "courage" : le courage même dont fit preuve Philippe Rémond, et qui lui coûta la vie; courage de rompre sans arrière-pensée avec des méthodes séculaires héritées du lointain passé esclavagiste d'une nation arrogante et superbe; courage de préférer pour la France, à l'éphémère illusion des vestiges d'une prospérité usurpée, le renoncement à ce qui n'est pas elle : le pillage et l'exploitation mortifères de pays auxquels ne devra plus désormais la lier que des accords de partenariat scrupuleusement égalitaire; courage aussi de préférer le défi de l'appauvrissement transitoire d'une nation française appelée en contrepartie à renouer avec les valeurs qui la fondent – ces valeurs oh combien fécondes d'accueil, de solidarité et de généreuse créativité –, au funeste entêtement de ceux qui, pour le compte de la Cupidité Multinationale, ne flattent l'ego de notre "chétive pécore" (Jean de la Fontaine :"La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf") hexagonale que pour mieux l'entraîner par étapes, au rythme des marches forcées d'une paupérisation scientifiquement programmée, et sous le signe de la peur engendrée par le grondement d'aventures militaires et policières de plus en plus tonitruantes, vers l'enfer de sa destruction.

Peut-être la réponse espérée à toutes les questions énumérées plus haut relève-t-elle de l'utopie. Il n'en aurait pas moins été impardonnable de ne pas les poser, ne fût-ce qu'en rêve, d'autant que, nous le croyons, quiconque les éludera désormais sera bien vite balayé par le vent de l'histoire – comme fauteur de malheur par omission –, jusqu'à ce que paraisse enfin, en Afrique aussi bien qu'en Europe et dans le monde entier, ce Règne de Justice auxquels aspirent tous ceux qui savent encore ce que c'est qu'une Promesse… »

Eliahou Abel


dimanche 22 avril 2012

Des haies et des acclamations obligatoires


22 avril 2012 - témoignage de Alain Doh Bi :

Jusqu’où ira le dictateur "rattrapeur"(*) Dramane Ouattara ? Que n’inventerait-il pas pour passer aux yeux de l’opinion nationale et internationale comme étant "le Président aimé" des ivoiriens?

La "visite d’Etat" ou du moins la "parade d’intimidation et de moquerie" de Ouattara à l’Ouest de la Côte d’Ivoire a commencé, ce Samedi 21 Avril 2012 à Man et se poursuivra vers les autres villes de la région meurtrie des montagnes.



Un mois de préparatifs basés sur des intimidations, des menaces et des exactions

Depuis plus d’un mois en avance, des informations nous parvenaient sur les préparatifs de ladite visite. Elles faisaient état de ce que des supplétifs FRCI et dozos sillonnaient les villes, villages et campements de la région des montagnes pour intimer l’ordre aux populations Wê, déjà à moitié décimées par Dramane, de sortir massivement pour accueillir leur bourreau. L’ordre était clair, quiconque manquerait à l’appel subirait les représailles des FRCI.

Les populations apeurées par ces menaces accompagnées d’exactions, ont convoyé des délégations vers les artères principales en vue de constituer des haies à "l’honneur" du bourreau. Et ce pour échapper à la fureur des "dozos égorgeurs d'humains" qui ne sont pas à leurs premiers forfaits de ce genre dans l’Ouest ivoirien.


Les établissements scolaires également contraints

Dans l’optique d’obtenir beaucoup plus de clameur au passage de leur mentor, les "rattrapeurs" ont intimé l’ordre aux chefs d’établissements afin que ceux-ci déploient le maximum d’élèves en bordure des voies devant être empruntées par le "bravetchè". Nous n’avons guère été surpris de voir des écoliers en tenue de classe, en plein samedi, pour répondre à l’appel contraignant des autorités scolaires. Certainement, les élèves dans les villes non-encore visitées abandonneront, sous les menaces, les salles de classes pour accueillir le "Monarque". Gare à celui qui manque à l’appel !!

Peu importe les méthodes utilisées, fussent-elles dictatoriales et moyenâgeuses. Le "Tsar" doit passer aux yeux du monde comme "adulé" et même "très aimé" par des populations qu’il a jadis massacrées. Les pauvres populations wê décimées, contrites, meurtries et sans défense ne peuvent que se prêter à ce jeu juste, pour sauver leur vie.

Bien évidemment, la RTI et toute la presse proDramane brandiront les images de cette honteuse machination comme un trophée du succès de la visite de "moquerie" de Dramane Ouattara dans l’Ouest ivoirien.

par Alain Doh Bi

(*) Selon l'euphémisme ouattariste, "rattrapage ethnique", qui remplace un autre euphémisme désormais trop connu : "purification ethnique".


mercredi 18 avril 2012

Voter utile


... C'est voter Mélenchon...

(Vidéo :)



Pour l’honneur de la France au plan international...

Pour la solidarité, pour le refus de l'idéologie du marché...

Comme d'autres, je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il dit. Mais pour le remercier d'avoir remis le curseur à gauche alors que l'idéologie du marché nous conduit à la pauvreté, et pour le remercier de sa constance sur la crise ivoirienne, révélatrice de la fracture entre mondialisateurs/colonialistes et les autres en France... je voterai Jean-Luc Mélenchon dimanche.






La CEDEAO ordonne la libération de Michel Gbagbo pour raisons de santé


Le président de la même CEDEAO, et de Côte d'Ivoire, Ouattara, qui maintient le Français dans ses géoles pour délit de patronyme, fait la sourde oreille ? Et que fait le Président français, N. Sarkozy, dont le parti vient de passer un accord avec celui de Ouattara, pour que son compatriote soit libéré ?


Extrait de Rédaction Radionet, radio algérienne - mercredi, 18 Avril 2012 :

"La Cour de justice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), a ordonné la libération « immédiate », pour des raisons de santé, de Michel Gbagbo, fils de l'ancien président Ivoirien, Laurent Gbagbo.

La cour a demandé à l'Etat Ivoirien de prendre des « mesures d'urgence » pour assurer l'évacuation en France de Michel Gbagbo aux fins de son hospitalisation, a rapporté hier, la radio Londonienne BBC.

Le fils ainé de Laurent Gbagbo a été mordu par un serpent venimeux alors qu'il venait d'être incarcéré dans une prison du nord du pays, rapporte la radio citant les propos d'un de ses avocats qui dénonce « l'indifférence des autorités » à l'égard de son état de santé.

La cour de justice de la Cédéao s'inspire largement de la jurisprudence de la Cour Européenne des droits de l'Homme [...]

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mardi 17 avril 2012

Le Chili de Salvador Allende et la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo : des similitudes troublantes


Par Hilaire Aboké. Extrait du Nouveau Courrier du 14/04/12 :

L’avènement du président Laurent Gbagbo au pouvoir en octobre 2000 nous a fait vivre des faits qui ressemblent étrangement à ceux vécus par le peuple chilien en 1973 avec le régime du président Salvador Allende. Deux idéologies inspirées de la Gauche qui ont voulu transformer le paysage politique, économique et social de leurs différents pays. Malheureusement, le nouvel ordre économique mondial les en a empêchés.


Ce sont deux époques différentes, deux Etats différents, deux peuples différents mais la même tragédie : assassinat du président chilien Allende, survie du président Gbagbo mais déconfiture politique, économique et sociale. A tout le moins, cette crise postélectorale en Côte d’Ivoire nous a mis en face d’un pouvoir (…) dictatorial fondé sur un tribalisme primaire, avec ses commanditaires extérieurs, qui se font appeler communauté internationale, qui de par leurs propositions de règlement du conflit, nous font vivre le schéma de déstabilisation à la chilienne. Il y a des similitudes troublantes qu’il y a lieu d’analyser. Et l’esprit doit demeurer éveillé pour ne pas oublier.


Ces similitudes troublantes !

En 1970, au Chili, à l’approche de l’élection présidentielle, l’opposition de gauche s’unit pour former l’Union populaire (un groupement de partis politiques) et désigne Salvador Allende comme candidat. Celui-ci conduit une campagne fondée sur un programme promettant la nationalisation totale de toutes les industries de base, des banques et des communications. Il obtient non seulement près de 37% des voix, mais aussi le soutien inconditionnel du Congrès face à son adversaire de droite, l’ancien président Alessandri. Allende devient alors le premier président élu sur un programme socialiste dans un pays non communiste. C’était osé et le rêve pouvait devenir réalité dans cette Chili qui cherchait ses marques et qui peinait à sortir du sous développement et du joug américain, à l’instar des autres Etats sud américains.


Le président Gbagbo, lui, n’a pas été élu, en 2000, sur le programme d’une coalition de partis, mais sur un programme proposé par son parti le Front populaire ivoirien (FPI). Un programme de gauche qui se fonde sur l’école gratuite, la décentralisation (les conseils généraux des départements), l’Assurance maladie universelle (AMU), etc. Une politique qu’il n’a pas pu mettre entièrement en application du fait d’adversaires politiques qui ont opté pour la prise des armes avec des fallacieux prétextes pour constituer une rébellion. Seulement, celui de Laurent Gbagbo ne contenait pas la nationalisation des entreprises privées. Bien au contraire, les gestions de l’eau (Société de distribution d’eau en Côte d’Ivoire – CIE), l’électricité (Compagnie ivoirienne d’électricité – CIE), le port autonome d’Abidjan (PAA) et la télécommunication (Côte d’Ivoire Télécom) qui étaient aux mains d’entreprises françaises ont été reconduites par le président Gbagbo avec quelques rectifications qui préservent quelque peu les intérêts de la Côte d’Ivoire.

Mais voilà ! Comme Allende au Chili, avec les Américains qui se sentaient menacés dans leurs intérêts, le président Laurent Gbagbo, inattendu à ce stade, a semblé gêner également les intérêts français. Une fois en fonction, le président Allende met vite en application les promesses faites durant sa campagne, transformant le pays en État socialiste. Une partie importante de l’économie passe sous le contrôle de l’État. Les mines avec la loi de juillet 1971 sur le cuivre, les banques étrangères et entreprises monopolistiques sont nationalisées. La réforme agraire s’accélère et des conseils paysans seront institués. De plus, Allende va entreprendre de redistribuer le revenu national, d’augmenter les salaires et d’instituer un contrôle des prix. N’est-ce pas normal pour un président de la République de créer des conditions du bien-être social pour ses concitoyens qui l’ont élu ? C’est cela qui sera reproché à Allende et qui l’emportera, comme c’est le cas pour le président Laurent Gbagbo. Pourtant les présidents élus en Occident le font pour leurs peuples respectifs.

L’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire, a vu une coalition de partis politiques, de syndicats et groupements de mouvements sociopolitiques réunis au sein de La majorité présidentielle (LMP) soutenir la candidature de Laurent Gbagbo. Les mouvements et convulsions sociopolitiques (sanctions économiques, pénurie artificielle alimentaire) nés de la crise post électorale en Côte d’Ivoire ont ressemblé en plusieurs points à ceux vécus par les Chiliens en 1972 et 1973 sous Allende. Suivez plutôt.


Le RHDP comme l’opposition chilienne

L’opposition qui ne reste pas inactive, dès 1972, organise des mouvements de panique. Les conditions de vie socioéconomique se détériorent en 1973. Ce sont l’inflation galopante, la pénurie alimentaire due à la fois à la restriction des crédits étrangers et à la politique des détaillants et des petits industriels qui stockent les marchandises. Les grèves et la violence politique mènent le Chili au bord du chaos. En plus de cette opposition interne, les États-Unis, méfiants à l’égard du nouveau pouvoir chilien, pratiquent un blocus financier à l’encontre du pays. Exactement comme ce que la Côte d’Ivoire a vécu de janvier à avril 2011, avec les sanctions de la France, l’Union Européenne, les Etats Unis, l’UEMOA et la BCEAO pendant la crise dite postélectorale.

Du reste, le 11 mars 1973, l’Union Populaire remporte les élections municipales avec 44% des voix. La situation économique continue à se détériorer avec un taux d’inflation élevé, un déficit de la balance commerciale, aussi, les grèves et mouvements sociaux se multiplient-ils. Cela va déterminer le rôle de l’Armée chilienne. Ainsi, le mardi 11 septembre 1973, les militaires, sous l’influence et l’instigation des Etats-Unis d’Amérique, s’emparent du pouvoir, et le président Allende est lâchement assassiné après l’assaut de l’armée sur le palais présidentiel. La junte militaire est conduite par Augusto Pinochet.

Chers lecteurs, ne voyez-vous pas une similitude entre ce que les forces de l’Onuci, les Forces de la Licorne avec à leurs côtés les Forces Nouvelles pro-Ouattara ont montré sur le terrain en Côte d’Ivoire et ce qui s’est passé près de quarante ans plus tôt au Chili ? Transport de combattants rebelles (qualifiés de Forces pro-Ouattara et rebaptisés Forces Républicaines de Côte d’Ivoire) par l’Onuci, équipement, armement, soutien logistique, financier et technique de la Force Licorne, bombardement de la résidence présidentielle où se trouvait Laurent Gbagbo du 04 au 11 avril et son arrestation.

L’on se souvient que le RHDP a appelé des forces étrangères à prendre d’assaut le palais présidentiel pour déloger le président Gbagbo ? Etait-ce seulement pour le déloger ? La question reste posée. C’est en cela que nous devons tirer des leçons de la crise chilienne, qui, à plusieurs égards, présente des similitudes avec la situation en Côte d’Ivoire.


France – Etats-Unis : Le portrait de l’impérialiste

A la question d’un journaliste qui demandait à Allende s’il craignait le pire quant à ses relations avec les Etats-Unis d’Amérique, voici sa réponse : «Si nous nous référons à l’Histoire, il est évident que nous pouvons craindre beaucoup de choses. L’expérience de l’Amérique latine à cet égard est dramatique et elle est sanglante. Nous pourrions parler de la politique du garrot, du dollar, du débarquement de Marines, tout cela, nous le savons. Mais nous pensons aussi que les États-Unis aujourd’hui (à cette époque s’entend), comme peuple et comme nation, sont en train de passer par des étapes extrêmement différentes des étapes antérieures. Ils ont de graves problèmes intérieurs. Il n’y a pas seulement le problème des Noirs ; il y a le problème des secteurs ouvriers, des étudiants, des intellectuels, de tous ceux qui n’acceptent pas la politique d’agression. De plus, leur attitude au Vietnam a soulevé une répréhension mondiale, et il leur est donc beaucoup plus difficile d’agir en Amérique latine. Pour nous, nous n’avons aucune attitude agressive à l’égard du peuple d’Amérique du Nord». Allende croyait à la non intervention des Américains dans la crise chilienne. Ce fut un leurre, Il s’est laissé avoir. Il ne faut jamais oublier que c’est quand ces Etats sont dans des situations économiques et sociaux extrêmement difficiles qu’ils sont prêts à tout. De ce fait, plutôt que d’intervenir directement, c’est l’armée chilienne que les Américains ont utilisé contre Allende en attentant à sa vie de manière lâche.

Ici en Côte d’Ivoire, ce sont les Forces de l’Onuci, de la Licorne et la rébellion que les Français ont utilisé contre le régime de Laurent Gbagbo. Ne pas se salir les mains, ne pas se mettre au devant, tel est la stratégie des Français dans cette crise que nous avons vécue. Quand on lit Allende, on a l’impression de lire le président Gbagbo aujourd’hui. Penser que les difficultés internes ne pourraient pas permettre aux Américains d’intervenir au Chili, vu aussi la mobilisation de l’opinion, c’est se mettre le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Justement, ce sont ces difficultés internes qui poussent les impérialistes à toujours attaquer les pays du tiers monde, s’emparer de leurs matières premières en vue de conserver leur niveau de vie et maintenir leur hégémonie dans le monde. Regardez la situation de crise économique, financière et monétaire que vit l’Occident dont les faces visibles sont [...]


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lundi 16 avril 2012

Richard cœur d'or noir au secours de l'Afrique


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Par Eliahou Abel :

Dans un récent article (*) que l'on croirait tout droit sorti de la plume du puissant ex-mari de sa femme actuelle, Cécilia, l'homme d'affaires Richard Attias – publiciste et organisateur, entre autres, du “forum économique de Davos” depuis 1994 : c'est tout dire…–, nous brosse le portrait idyllique d'une Afrique à l'en croire bien près d'atteindre son PMP – Point de Maturité Politique – à l'aune des critères de la jet set des maîtres du monde. A l'origine de ce satisfecit : le succès de l'arbitrage mené par la CDEAO, ayant abouti au désistement du capitaine Sanogo en faveur du président de l'assemblée nationale Dioncounda Traoré, dont le retour providentiel avait été curieusement “prophétisé” par le ministre français de la coopération Henri de Raincourt, lors d'une interview dans le cadre de l'émission “internationales” de TV5monde-Rfi-Le Monde, le dimanche 25 mars 2012.

Commençant par une allusion émue au pauvre “Amadou Toumani Touré (ATT), qui était pourtant un exemple démocratique dans la région” – alors que, ce n'est un secret pour personne, les gouvernants français n'avaient pardonné à ce dernier ni ses sympathies pour le Président Gbagbo et sa modération lors de la crise ivoirienne, ni son refus d'installer une base militaire française à Sévaré –, Monsieur Richard Attias feint de s'émerveiller devant la “médiation ferme et efficace qui a permis, pour la première fois en Afrique, de faire plier (par le dialogue et des menaces de mesures de rétorsion), la junte qui avait pris le pouvoir à Bamako”, avant d'évoquer en termes judicieusement réprobateurs – sur l'air de “vous voyez, je n'ai rien à voir avec ces gens-là”– “le silence assourdissant du ministère des affaires étrangères français” à l'occasion de cette crise.

Il fait ainsi mine de croire à la fois que la France n'a rien à voir avec les bouleversements subis par le Mali, et que les initiatives de la CDEAO échappent au contrôle de la France. Une France, pourtant, – la “leur”, celle des copains fortunés de son actuel Président, celle de BHL et de Monsieur Attias – dont nul n'ignore qu'au travers de son ignoble guerre du pétrole en Lybie, elle a sciemment et puissamment contribué à armer la rébellion touareg, et, par delà, les extrémistes musulmans d'Aqmi; une CDEAO plus que jamais soumise aux “diktats” de l'Élysée, depuis qu'elle s'est vu imposer pour président un sous-préfet “ivoirien” qui est aujourd'hui à Nicolas Sarkozy ce que Philippe Pétain était au chancelier du Reich...

Monsieur Attias fait également mine de croire que le premier enjeu de la crise malienne résidait dans le coup d'État d'une “junte” dont il s'avère aujourd'hui qu'elle n'était qu'un leurre destiné à servir les intérêts stratégiques de la rébellion nordiste, en éliminant tout risque d'un éventuel échec dans sa prise de contrôle de la moitié du pays (régions pétrolifères incluses). En effet, tout le monde l'a compris, les pressions exercées par la France – par CDEAO interposée – n'ont fait que porter le coup de grâce à toute velléité de résistance nationale à l'irruption d'une catastrophe annoncée, non seulement prévisible, mais ardemment souhaitée par les vautours que l'on sait.

Fidèle à la rhétorique du vœu pieu, – sédatif de prédilection d'une opinion internationale sous influence –, Monsieur Attias ne manque pas de nous servir l'impeccable couplet soulignant la nécessité de “restaurer la souveraineté nationale dans le nord du pays”, préoccupation soi-disant partagée par l'Europe et les États-Unis, deux entités prédatrices qui, de fait, unissent et multiplient actuellement leurs efforts pour accélérer le démantèlement par étapes de tous les états africains.

Tout cela ne serait évidemment rien si Monsieur Attias avait oublié de prononcer le mot magique : la “menace” liée à l'émergence d'Aqmi. Comme si les quelques otages occidentaux – évoqués à point nommé par ce chantre de la Cause confraternelle – pesaient plus lourd que les 100 000 morts de la récente tuerie occidentale en Lybie, les 20 000 morts de la rébellion dirigée depuis plus de dix ans par le burkinabé Ouattara contre l'intégrité et la souveraineté de la Côte d'Ivoire, et les d'ores et déjà innombrables viols et assassinats objectivement commandités par les autorités Françaises – ces grandes pourvoyeuses de violence guerrière – au nord-Mali, sans parler des millions de morts d'Irak et d'Afghanistan.

Mais Monsieur Richard Attias ne s'en tient pas là. En comparant la “crise politique” malienne, née du renversement d'ATT par le capitaine Sanogo, et celle selon lui “imposée” à la Côte d'Ivoire par SEM le Président Gbagbo, Monsieur Attias réussit un double tour de force :

- mettre sur le même plan l'incontestable légitimité d'un président élu et officiellement reconnu par la plus haute juridiction d'un État souverain – confronté aux menées d'un putschiste soutenu par une “communauté internationale” prise en otage par la France et les États-Unis –, et l'anti-constitutionnalité foncière du coup d'État de Bamako;

- noyer au passage l'énorme poisson des criantes similitudes entre la rébellion Ouattaro-sorienne et la rébellion touarego-aqmienne, la seconde inscrivant son programme de déstabilisation, de purification ethnique et de destruction “sur commande” dans le sillage de la première.

Et que dire du vibrant plaidoyer auquel se livre Monsieur Attias en faveur d'une plus grande implication de l'Europe et des États-Unis dans la lutte des Africains contre le “terrorisme” – un terrorisme dont chacun sait que toutes les ficelles de démagogie manipulatrice sont depuis longtemps déjà tirées depuis Paris, Londres ou Washington, trois capitales d'un Empire qui fonde sa stratégie de prise de contrôle planétaire sur l'utilisation parfaitement cynique de ce commode épouvantail – ? Nul doute que des millions d'Africains sauront retrouver, dans ce “morceau de bravoure” d'hypocrite ironie, l'écho de leur pire cauchemar : celui de l'assassin protecteur, paternaliste en diable et humanitaire à souhait, dégoulinant de compassion feinte pour les quelques rescapés d'entre la masse anonyme de ses victimes.

En formulant le souhait que les États-Unis et l'Europe – entendez la France, exécutrice des basses besognes de l'Empire dans cette région du monde – “s'associent à la démarche” d'une Afrique “officielle”– désormais capable d'après lui “de se réunir pour faire face à des enjeux globaux”, Monsieur Attias demande en somme aux colonisateurs esclavagistes d'avant-hier, mués entre hier et aujourd'hui en tueurs et montreurs de sanglantes marionnettes – ces chefs d'état à la solde des maîtres, grassement rétribués en pourcentage sur les richesses volées à leurs propres peuples –, d'accroître la pression sur les Africains jusqu'à leur voler leur âme, celle au fond de laquelle résonne cette vérité fort simple : la première des menaces – bien réelle celle-là – à laquelle doivent faire face les peuples d'Afrique – une Afrique méthodiquement mise à sac par les mêmes prédateurs, et cela sans interruption depuis trois siècles et demi –, c'est précisément celle que font peser sur son avenir et sa simple survie ces “parrains” occidentaux prêts à tout pour entraîner dans la spirale infernale de leurs conquêtes mortifères des populations entières scientifiquement condamnées à disparaître.

Heureusement, et nous ne pouvons que l'en remercier, Monsieur Attias contribue à trahir les projets inavouables de ses frères de pouvoir. Au moment où il évoque “l’émergence d’Aqmi" et "ses liens avec les indépendantistes Touaregs”, Monsieur Attias lève un pan du voile sur ce qui aurait dû rester secret : contrairement à la version relayée par les médias des marchands d'armes – celle d'une rébellion Touareg malencontreusement débordée par les extrémistes d'Al-Qaïda –, nous apprenons par sa plume que les deux ne forment qu'un seul et même “ennemi” : celui précisément dont la France a tout fait, depuis un an, pour favoriser la victoire, avant que ne vienne le moment de le brandir dans sa version “croque-mitaine-prêt-à-dévorer-nos-démocraties”.

Sous les dehors irréprochables d'un discours lénifiant, Monsieur Attias cache mal son jeu de représentant de commerce des terroristes en col blanc d'un Occident pillard assoiffé d'or noir ou jaune, de café et de cacao, de bois précieux et de métaux rares, comme du sang de tous ceux qui s'opposent à la réalisation de ses projets de domination sans partage de l'Afrique, cet immense coffre-fort de ressources naturelles. Souffrez, Monsieur Attias, que de cet “accompagnement” évoqué dans le titre de votre article, une immense majorité d'Africains, dès longtemps abreuvés des crimes de vos pairs, ne veuillent surtout pas. Car si l'effroyable cortège d'exactions, de mensonges, et les fleuves de sang qui ont précédé le début de cette ère nouvelle appelée de vos vœux caractérisent pour vous le temps de l'“absence” des occidentaux de la scène africaine, que pourrait représenter pour l'Afrique l'avènement d'un tel accompagnement, sinon la garantie à terme de son anéantissement pur et simple ?

Mais rassurez-vous : L'Afrique ne pourra plus longtemps faire l'économie d'une confrontation ouverte avec ses maîtres d'hier, grands sorciers d'aujourd'hui. L'Afrique ne se relèvera qu'au prix d'une union sans retour, passant par l'expulsion des chasseurs de sa chair; l'Afrique debout, c'est celle qui sera parvenue à interdire jusqu'au dernier d'entre ces arrogants l'accès à ses terres sacrées, terres depuis trop longtemps profanées, violées et piétinées. Alors, les cœurs de ses milliers de peuples et de langues battront à l'unisson de ses inépuisables ressources, sous le signe désormais inaltérable des promesses de D.ieu pour elle.

Eliahou Abel
Jérusalem, le 15 avril 2012, 23 Nissan 5772

dimanche 15 avril 2012

Copé et l'UMP cautionnent-ils les appels au meurtre du RDR avec qui ils pactisent ?



Analyse du Gri-gri international (extrait) :

L'UMP, parti de Nicolas Sarkozy, actuellement dirigé par Jean-François Copé a signé samedi 14 avril à Paris un accord de partenariat avec le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara. Cette signature est intervenue dans le cadre d'une manifestation intitulée "La France avec les printemps africains", en présence de divers représentants et personnalités, comme Mahmoud Saleh, représentant le nouveau président sénégalais Macky Sall, les anciens Premiers ministres guinéens Cellou Dallein Diallo, Sydia Touré et Lansana Kouyaté ...

De quels printemps africains est-il question ici ? Du coup d'État, certes printanier, réalisé en Côte d'Ivoire par la France afin d'y installer le futur président de la Cédéao Ouattara le 11 avril 2011 ? Des réélections dans des fauteuils (parfois presque roulants) de toutes les vieilles barbes de la Françafrique à part Wade (Déby, Compaoré, Sassou) ? Du récent coup d'État au Mali ? De celui, encore plus récent, en Guinée Bissau ?

Les printemps africains, c'est-quoi-c'est-où-c'est-quand-c'est comment (comment) ?

Comment le président Guinéen Alpha Condé (tenu pour un chanteur de reggae par Alexandre Adler) doit-il interpréter l'invitation faite à son principal opposant Dallein Diallo ?

Jean-François Copé, l'homme qui ignorait le sens de l'expression "conflit d'intérêts", a paraphé cet accord "de coopération et d'amitié" avec son homologue ivoirien, Amadou Soumahoro et déclaré "Les putschs militaires n'ont plus d'avenir" Au lendemain de la Guinée Bissau et quelques mois seulement après la tentative par balles sur le palais du même Alpha Condé à Conakry, la formule n'était-elle pas superfétatoire ? Au regard du rôle, une fois encore, pénible attribué à la France dans la crise malienne, était-il judicieux d'assurer : "L'échec très rapide du putsch lamentable au Mali ne fait que renforcer ma conviction. Ce type d'opération est condamné par avance" ? Pour JFC, "la nouvelle politique africaine de la France, c'est Nicolas Sarkozy qui la conduit" alors que "la Françafrique, celle de 'Papa m'a dit', c'est celle du PS et de son candidat", François Hollande. Amen.

Il est un point sur lequel aucun journaliste présent n'a manifestement songé à questionner l'ami Copé, ce sont les propos, les menaces même, proférées régulièrement, et encore il y a quelques jours par M.Soumahoro à l'encontre du parti de Laurent Gbagbo : « Désormais, nous allons demander à nos militants de se mettre en ordre de bataille pour mater tous les militants du Fpi qui s’attaqueront au Président Alassane (Dramane Ouattara). Nous n’allons plus accepter les arrogances du Fpi. Oui, nous allons les mater. Ils oublient que tous ceux qui se sont attaqués à Alassane se trouvent au cimetière. » [...]

Lire la suite sur Le Gri-gri international...


samedi 14 avril 2012

La Côte d’Ivoire selon le «Risque Pays»


Un devenir géopolitique incertain et des investissements à différer.

Par Michel Galy* (avec autorisation)


Le régime de M. Ouattara, notamment pendant sa visite récente en France et son discours au Medef, assure que dans la «nouvelle Côte d’Ivoire», la guerre est finie et que le «temps béni d’Houphouët-Boigny»est de retour pour les investisseurs extérieurs.

Est-ce si sûr? Procédant par scénarios géopolitiques et projection sur les prochaines échéances, on peut remarquer que l’hypothèse évoquée – de la fin de la violence et de la prospérité retrouvées est quelque peu hasardeuse, et sans doute peu probable si les rapports de force actuels persistent.

Les études de «risque pays», si utiles pour les banques et les industriels, par exemple, s'efforcent au-delà des discours, propagande et alliances immédiates, de discerner à des dates différentes, l'évolution probable d'un régime et d'un pays, pour conseiller les acteurs extérieurs dans leurs investissements, et la note ci-dessous se distingue de la propagande officielle ou de la méthode Coué des milieux d’affaires franco-ivoiriens comme par sa dimension géopolitique, dans la durée.


Endettement et fragilité

La situation actuelle d'un petit pays comme la Côte d'ivoire en phase de post-conflit dépend en effet fortement des appuis internationaux, pour la dette et la reconstruction du pays, mais aussi pour le développement de projets de coopération et d'investissement privés.

Sa fragile économie détruite par 10 ans de sanctions internationales, aggravées par les destructions des quatre mois de crise dite «postélectorale» est-elle relancée par les massifs investissements extérieurs, comme l'affirme le régime Ouattara? La sécurité des investissements est-elle garantie par un retour à la paix civile et à l'ordre constitutionnel? Quelles sont les alternatives au régime, notamment après le possible changement de majorité à Paris, la complexité de la situation régionale (Mali), le jeu des acteurs ivoiriens eux même?

Les investissements internationaux en question sont tout d'abord des prêts et le niveau d'endettement de la Côte d'ivoire atteint des chiffres record: 4,5milliards d'euros. Il est vrai que l'ambition du régime Ouattara, comme celui de Laurent Gbagbo qui avait préparé cet allègement massif de la dette est d'obtenir dans les 6 mois le point d’achèvement du programme PPTE (Pays pauvres très endettés).

Par contre si son allié géopolitique à Paris, le président Sarkozy, avait l'intention de remettre la dette ivoirienne, il est douteux que l'opinion publique française et les adversaires du locataire de l'Elysée, acceptent un cadeau de 2 milliards d'euros en pleine campagne électorale ou durant la période de transition en cas de victoire de François Hollande.

Si les fondamentaux: café, cacao, pétrole, peuvent rester au même niveau (bien que soumis aux fortes fluctuations des marchés) que sous le régime précédent, du moins si les infrastructures routières et portuaires sont reconstruites, c'est pour des motifs géopolitiques internes et externes que les investisseurs et «développeurs» étrangers sont tentés de s'abstenir tant que la situation ne sera pas éclaircie.

Sociologiquement deux types d'entreprises françaises sont diversement vulnérables aux aléas apolitiques, et ont des politiques d'investissement, de maintien ou de retrait opposées: les grandes entreprises comme Bolloré ou Bouygues qui ont collaboré à tous les régimes et risquent au pire, en cas de changements, de perdre leur monopole; et les Pme françaises, qui représentent un certain archaïsme (50%des emplois formels à Abidjan leur sont dus), bien plus vulnérables devant le chaos et concernées par une ivoirisation de l'économie ou un nationalisme anti-français, dénonçant leur présence comme un reliquat néocolonial.


Violence et insécurité

Paradoxalement, l'insécurité qui préoccupe les investisseurs et l'importante communauté française (environ 7000 français venus de métropole, autant de binationaux) est le fait des forces pro Ouattara, qui dans une certaine mesure restent incontrôlables. A cet égard, le Nord de la Côte d'ivoire (qui reste une zone d'arbitraire, où aucun investisseur sensé ne devrait entreprendre), de 2002 à 2011, a servi de banc d'essai à cette «gouvernance par la violence», le racket et les exactions étendus par les Frci (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire, favorables à Ouattara) et dozos (chasseurs traditionnels supplétifs des forces rebelles) à Abidjan et au Sud après avril 2011.

Juridiquement, la situation est celle d'une violation massive et continue des lois constitutionnelles, d'une «justice de vainqueurs» et d'une inquiétante illégalité foncière, jointe à des tensions ethnopolitiques exacerbées, qui augurent mal de l'avenir.

Sans revenir sur le contentieux électoral, le fait que monsieur Ouattara ait été à la fois le candidat et «élu»de l'étranger (ou «candidat étranger», par allusion aux querelles sur sa nationalité d'origine, pour la moitié du pays) contre l'avis du Conseil constitutionnel ivoirien constitue la tare fondamentale de son régime. Un régime qui a vu les forces spéciales françaises arrêter après une série de bombardements le président dans sa résidence, tandis que l'Onuci (force onusienne de maintien de la paix en Côte d’Ivoire) sortant de son rôle et de son mandat, bombardait d'un côté des civils et aidait de l'autre les rebelles.

Le nombre de civils victimes des deux corps expéditionnaires reste inconnu, et au-delà de la Cour Pénale Internationale (CPI) (auprès de qui aucun acteur pro Ouattara n'a encore été inculpé) de nombreuses actions judiciaires sont en cours, et pourraient empêcher bientôt les dignitaires du nouveau régime de séjourner sans problèmes juridiques en Europe.

Les violations mineures des lois ou de la Constitution sont légion, tandis que le retour à une forte présence de «coopérants»français dans l'administration lui retire encore de son peu de légitimité, (y compris un général à la présidence!). Ainsi la nomination de Guillaume Soro, poursuivi pour crimes de guerre et passible de la CPI, comme président de l'Assemblée nationale n'a pu se faire qu'en violant les dispositions constitutionnelles sur son âge ; l'obligation faite à l'ancien président du conseil constitutionnel monsieur Yao N'dré, de se déjuger, puis de se démettre, comme la nomination de monsieur Wodié, son successeur, est plus digne d'une république bananière que d'un Etat de droit.

Les fraudes multiples du RDR (Rassemblement des républicains), aux législatives de décembre 2011, pour l'emporter sur le Pdci (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, parti de Henri Konan Bédié) corroborent comme pratiques les accusations de fraude massive au Nord pour les présidentielles, tandis que le retrait du FPI (Front Populaire ivoirien, parti de Gbagbo) transforme l 'Assemblée en «chambre introuvable» à la dévotion de M. Ouattara, obérant une fois de plus sa légitimité.

L'échec de la réconciliation est principalement dû au transfert (déportation pour ses partisans) du président Laurent Gbagbo à La Haye et à l'incarcération sans jugement des élites sudistes, gouvernementales et universitaires (notamment le premier ministre Gilbert Aké N'gbo ou le franco-ivoirien Michel Gbagbo détenu et maltraité pour «fait de parenté»: son père étant l'ancien président Laurent Gbagbo!), dans des camps ou prisons au Nord, au maintien de nombre d'exilés au Ghana et au Libéria; le fait que son président, monsieur Konan Banny, soit très marqué coté RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la paix, coalition qui a amené Ouattara au pouvoir) et que sa«commission» soit sans budget autonome ni autonomie réelle explique techniquement son insuccès.


Un pays sous tension: la construction d'un «Etat dioula»?

La géopolitique interne de la Côte d'ivoire traduit ce que les observateurs étrangers, notamment les économistes, n'ont pas voulu, avant les élections et après, reconnaître: il s'agit, dans une vie politique marquée par les trois grands «blocs ethno régionaux» d'une victoire du Nord dioula sur le Sud, en particulier le Sud-ouest. Construction de l’État dioula et politique de discrimination positive (dite de «rattrapage ethnique» par monsieur Ouattara) créent de fait une tension extrêmement forte au Sud et dans la capitale (majoritairement acquise électoralement à monsieur Gbagbo), tandis qu'étrangers à cette région, les 30% de nordistes dioula se comportent en pays conquis. De manière bien plus dangereuse, à l'Ouest, les problèmes fonciers redoublent les conflits ethniques et politiques, et plus que la vengeance individuelle ou les plaintes juridiques, le combat des Guérés autochtones contre les migrants dioulas pro-Ouattara est vital pour leur propre survie collective.

Cette situation explosive, déniée par les autorités politiques actuelles, est pourtant relevée par toutes les ONG et «organisations des droits de l'homme» occidentales: devenues minoritaires sur leurs propres terres, les Guérés sont exilés en grande partie au Libéria (65000 sont dans les camps du HCR, beaucoup plus chez leurs «frères» krahn (il s’agit en fait d'un même peuple, séparé par la frontière coloniale).

Bien plus grave encore est l'installation, par les Frci, dozos ou allogènes eux même, de milliers de migrants agricoles burkinabè (et maliens, en augmentation depuis la conquête du Nord de ce pays par les diverses rebellions) sur les rares forêts encore libres (jusqu'aux «bois sacrés» ou forêts classées!).

Bien entendu, aucun investissement ne semble possible dans le grand Ouest, et les grandes plantations d'hévéa, les entreprises forestières, les plantations de café et cacao risquent de faire les frais d'un conflit de plus en plus menaçant dans cette région poudrière.


Géopolitique régionale et internationale

En un an l’évolution régionale de l'Afrique de l'Ouest a connu des éléments déstabilisateurs pour le régime ivoirien, surdéterminés par un possible changement de régime à Paris (J.L. Mélenchon, acteur montant de la gauche française s'est publiquement déclaré contre l'intervention néocoloniale et le «coup d’État franco-onusien»à Abidjan). Jusque-là en phase avec son «parrain français» comme avec ses homologues régionaux du Sénégal ou du Burkina, le président ivoirien risque, en cas d’alternance à Paris d'être lâché par l'Elysée, en butte à un régime sénégalais opposé à celui de son partenaire Wade, tandis que son homologue burkinabé pourrait connaître le sort du président malien.

Dans ce scénario catastrophe pour monsieur Ouattara (ou de l’alternance pour les partisans de monsieur Gbagbo, qui reprennent déjà des thématiques et des slogans anti dictature du type: «Ouattara, dégage!»),l'élection de François Hollande pourrait être, bien au-delà de la Côte d’Ivoire, celui d'un «printemps des peuples» africains, voire des «révolutions africaines»(sur le modèle évidement des révolutions arabes) qui lui serait fatal.

Des scénarios intermédiaires pourraient toutefois s’articuler à cette hypothèse de la chute d'un régime ouattariste assimilé à un exemplaire produit des réseaux françafricains: une négociation avec son opposition, alliée avec une libération de Laurent Gbagbo pourrait aboutir à des changements d'alliances (par exemple par un retournement du PDCI, ou son éclatement), comme l’histoire de la Côte d'Ivoire en a donné nombre d'exemples, à un gouvernement d'union nationale, voire à une «cohabitation à l'ivoirienne»)

Des éléments contingents sont évidemment difficiles à prévoir; si la CPI, qui jusqu'ici n'a inculpé que des acteurs africains en fonction des desiderata des pouvoirs occidentaux ou de leurs affidés, suivait un pouvoir de gauche à Paris, des partisans de M. Ouattara (ou lui-même, comme responsable politique des crimes de guerre), pourraient être concernés: notamment Guillaume Soro et ses comzones (commandants de zone, les chefs militaires de la rébellion), pour crimes de guerre ou actes de génocide, comme les 1000 morts de Duékoué le 29 Mars 2011. Plus encore une «solution biologique» comme en Tunisie (l'expression vient du sort de Bourguiba) ou au Malawi pourrait toucher certains grands acteurs ivoiriens (âgés et en mauvaise santé notoire pour les deux gérontes du RHDP), et leur succession amènerait inéluctablement à une période de troubles.


De la résistance non violente a la guérilla hypothèses de changement politique en Côte d’Ivoire

Dans la perspective d'un changement de régime à Paris, il est probable que la gauche française, comme lorsque Jospin a empêché Jacques Chirac de rétablir par la force Konan Bédié, la «Force Licorne» serait retirée ou neutralisée, ainsi que les «coopérants» militaires ou civils (comme Serey Eiffel) trop liés au régime Ouattara et à la répression de l’opposition ; les 10 000 hommes de l'Onuci, suivant ce scénario, seraient aussi retirés ou verraient leur mandat redéfini, de sorte que les régulations politiques et militaires puissent agir librement.

Il est alors probable que dans l'Ouest , en milieu rural, on assiste à un retour massif des réfugiés Guérés du Liberia et à un reflux du colonat agricole baoulé et dioula du nord de la Côte d'ivoire mais surtout à un retour des migrants sahéliens vers leur pays d’origine, comme le Burkina ou le Mali; si l'on peut souhaiter que cette alternance après un «génocide par substitution» se fasse pacifiquement, de violents troubles ne sont pas à exclure; de même en pays attié, au Nord d'Abidjan ou bété (ethnie d'origine de Laurent Gbagbo à l’Ouest) qui ont été décimées par les FRCI.

De même à Abidjan ou des tueries dans le quartier pro Gbagbo de Yopougon ont été nombreuses d'avril à juin 2011, après le retour possible des exilés du Ghana : ce serait lors la population dioula des quartiers comme Abobo qui seraient dans l'insécurité.

On ne peut exclure ce à quoi se sont toujours refusé les fidèles de Laurent Gbagbo (qui quoiqu'en disent les travestissements médiatiques occidentaux, a toujours privilégié la voie pacifiste et électorale pour la résolution des conflits): un début de guérilla armé, venant notamment de la zone forestière libérienne, ou les Guérés peuvent compter sur l'appui des Krahns du Liberia, peuple frère à la forte tradition guerrière.Les évolutions chaotiques de la dernière décennie se sont faites, notamment à cause de la présence du corps expéditionnaire Licorne, et du caractère pacifique des revendications sudistes, sans prise à partie des communautés occidentales, en particulier française.

Cependant, comme lors de l'exil de 2004, il est probable qu'en cas d'alternance violente à Abidjan, une «exfiltration» des ressortissants soient nécessaire, ce qui concernerait nomment les familles et les employés des nombreuses PME françaises, et les ressortissants dispersés en brousse.

Quant aux conséquences pour les investissements privés, il est évident qu'un lien trop étroit avec les acteurs de l’«Etat dioula» et les dignitaires du régime Ouattara exposerait les entrepreneurs français à de lourdes pertes en cas d’alternance. Certes, selon les options ou sympathies politiques, la bouteille ivoirienne peut aussi bien sembler à moitié pleine (une croissance de 6% en 2012) qu'à moitié vide. Mais il s'agit ici, plus qu'un diagnostic de l’existant, d'une anticipation des possibles: en raison des échéances à venir, on ne peut que conseiller de temporiser des investissements à risques dans un pays qui connaît des retournements de situation rapide, des alternances chaotiques, toujours au bord d'une guerre civile larvée.

Au fond, pour les six prochains mois après les présidentielles françaises, réduire la voilure et se retirer des zones à risques, être prêt à faire partir les familles et retarder les investissements. Le doute ne peut que conduire à la prudence, et pour le reste, comme disent nos voisins anglo saxons, Wait and see...

Michel Galy

*Politologue français, spécialiste de la Côte d'ivoire.


vendredi 13 avril 2012

De la Libye au Mali ?


Géopolitique de la déstabilisation

Par Michel Galy* (avec autorisation) :

L'actuelle implosion du Mali était elle en partie prévisible? Si de l'avis de nombre d'observateurs, le coup d'Etat des putschistes contre ATT ne l'était pas, la descente vers le Sud des guerriers touaregs a été anticipée, peut être encouragée, par des géopoliticiens en chambre qui, en continuant, risquent de mettre le feu aux poudres de toute l'Afrique de l'Ouest.


La situation peut s'apprécier non seulement par rapport à la spécificité touareg et à leur longue histoire de révoltes pour créer un foyer national, mais aussi comme conséquence perverse de l'aventure libyenne; cependant la configuration entre régimes autoritaires et oppositions en l'Afrique de l'Ouest, en interdépendance croissante, vient de changer très vite, et ne se réduit pas à l'opposition apparente entre « démocraties », vs régimes putschistes: Burkina et Niger, Algérie et Mauritanie, pour des motifs différents, sont concernés par une éventuelle extension du conflit, tandis que la Cote d'Ivoire et les autres pays sahéliens appréhendent les retombées de l'implosion malienne.

Dans cette géopolitique ouest africaine, on constate clairement un nouveau vecteur Nord / Sud dans l'extension des conflits, qui résume d'ailleurs les deux obsessions de l'administration américaine: l'extension d'Aqmi (et des autres mouvements islamistes comme Ansar El Dine) vers le Sud et le pétrole du Golfe de Guinée, à travers l’expansion d'un islam de moins en moins confrérique et consensuel ; migration religieuse historiquement liée aux migrations dyoula, dont l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara il y a un an à Abidjan marque un point d'orgue.

Car si cette accession à la présidence, grâce à l'intervention franco-onusienne d’avril 2001, après des élections contestées, n'est en rien religieuse, une dimension interne Nord/Sud, ethnopolitique, apparaît clairement: les guerriers nordistes (du Nord ivoiriens ou de l'aire d'influence mandingue, comme ceux venus du Burkina) rebaptisés FRCI commettent jour après jour des exactions sur les populations sudistes - au point que des organisations des droits de l’Homme plutôt pro-Ouattara comme Human Right Watch commencent à s'impatienter.

Si l'on ajoute, par le biais d'un « rattrapage ethnique » discriminatoire, une construction d'un « Etat dyoula », le fait que le camp RDR pro-Ouattara - et son armée soient très majoritairement musulmans, les pro Gbagbo dans l'ensemble chrétiens ou partisans de religions ivoiriennes spécifiques (prophétismes, mouvements religieux locaux, etc.) provoque un sourd malaise: le conflit qui n'est en rien calqué sur des divisions idéologiques « à l'occidentale » (nul ne vote pour M. Ouattara en tant que champion du néolibéralisme...), mais comporte un clivage ethno régional que les analystes occidentaux feignent d'ignorer, et qui risque de dégénérer.

Si nul ne parle de djihad, des insultes réciproques inquiètent: les sudistes seraient pour les dyoula: « infideles », « sauvages », des hommes du « bush », de la forêt; l'inverse est tout aussi méprisant. Plus concrets sont les liens de certains « com- zone » nordistes avec des trafics sahéliens, de drogue ou d'armes qui tissent des liens ambigus avec Aqmi ou d'autres mouvements islamistes, tandis que fleurissent les posters de Ben Laden parmi les combattants sahéliens et ivoiriens nordistes.

D'où la volonté du pouvoir ivoirien actuel, lié plus encore aux Etats Unis qu'à la France, de contenir ses propres troupes, et via la CEDEAO de mettre au pas les putschistes de Bamako aussi bien que les indépendantistes touaregs ou islamistes d'Aqmi qui risquent à terme de les déstabiliser en basculant leur pays dans des conflits à dimension confessionnelle plus forte - ce qui leur ferait perdre très vite l’appui des puissances occidentales.

Le Mali est effectivement à mi-chemin des deux interventions françaises de 2011, entre Côte d'ivoire et Libye. Au delà des problèmes éthiques, électoraux, ou militaires, il semble que l'on n'ait pas mesuré à Paris l’influence de la déstabilisation de ces deux pays sur les relations internationales africaines, même du point de vue des intérêts français.

L'absence d'Etat en Libye (la Jamahiriya, Etat des masses de Kadhafi correspondait aussi à la segmentarité, la violence continue des tribus libyennes sur la longue durée) aboutit en un risque d’affrontement généralisé dans ce pays, tandis que l'énorme arsenal sans contrôle, après le conflit, menace tout le Sahel, de l’Algérie à la Mauritanie, du Mali au Niger - probablement le prochain pays touché, ne serait parce que l'Azawad, cette esquisse d’État touareg, s'appuie sur le nord de ce pays, menaçant les riches gisements d’uranium géré par Areva au profit de la consommation française.

Tout se passe comme si des considérations médiatiques ou politiques d’intérêt immédiat: faire tomber le « Roi des rois » libyen - il y a peu reçu en grande pompe à Paris, ou un président critique quant aux charmes de la Françafrique - Laurent Gbagbo, avait fait mal analyser les conséquences des deux interventions. Notamment celle des milliers de missiles libyens disséminés dans la « zone grise » sahélienne au profit, entre autres, des mouvements islamistes; ou de l'armement des indépendantistes touaregs implicitement encouragés à revenir au Mali avec armes et bagages; le « lâchage » discret du président Toumani Touré et l'encouragement à négocier avec la rébellion touareg a aggravé la situation: le coup d'Etat à Bamako en est la conséquence.

On ne peut impunément encourager la rébellion ivoirienne depuis 2002, l’armer et l'encourager à prendre le pouvoir, mettre au point un modèle français d'interventionnisme - digne des USA en Irak, en créant des oppositions armées en Libye ou Syrie, et s'étonner que la rébellion touareg se sente autorisée à abattre l’armée et même l'Etat malien.

Le résultat de cette politique de Gribouille géopolitique n'est pas brillant: outre les milliers de nos compatriotes qui sont littéralement assignés à résidence dans les pays sahéliens pour cause d’insécurité, la progression des mouvements islamistes fortement armés fait craindre un no-mans-land sahélien: comme si on avait installé, à force de maladresses, un Afghanistan nomade aux portes de la France! Les intérêts français, pétrole, uranium notamment sont menacés dans une zone autrefois stable; le ressentiment augmente contre l’influence française chez les Africains francophones, bien au delà du sahel.

Jouer le MNLA touareg contre Aqmi, encore une brillante idée de stratèges bien parisiens, capable d'enflammer la zone sahélienne! Confier l'embargo contre des putschistes à des présidents qui ont accédé au pouvoir par des rébellions ou des coups de force serait savoureux si ce modèle n’était tragique: famine et conflits risquent de provoquer dans les semaines à venir une catastrophe humanitaire d'une ampleur jamais vue.

Remettre en question la légitimité des Etats ouest africains - déjà fragile, malgré sa lente construction - par des interventions militaires et des ingérences à répétition, 50 ans après les Indépendances, parait un jeu très dangereux sur cette « ligne de fracture » Ouest / Est séparant des populations négro africaines à la tête des nouveaux Etats, qui s’affrontent à travers des siècles avec les populations touaregs - cherchant aujourd’hui leur revanche à leurs humiliation et relégation. Il faudra désormais en gérer les conséquences.

Notamment le retour vers la Cote d'Ivoire de cette « guerre nomade », qui depuis 1989 a touché bien des pays ouest africains, et qui vient de trouver, un nouveau champ d'action – qui n'est pas exclusif d'un embrasement bien plus large.


* Politologue, professeur de géopolitique à l'Ileri (Institut des relations internationales,Paris)