QUAND LE REGIME OUATTARA FAIT DE L’EPURATION ETHNIQUE DANS L’ UNIVERSITE IVOIRIENNE
SITUATION DES UNIVERSITES DE COCODY ET D’ABOBO-ADJAME EN COTE D’IVOIRE
A l’image d’une Côte d’Ivoire en contexte de "rattrapage ethnique", la situation des universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé se dégrade de jour en jour et ce, depuis la décision de leur fermeture (18 avril 2011).
Cette situation concerne :
les nominations académiques et administratives,
l’organisation des examens (Thèses, DEA, Maîtrise),
le recrutement d’enseignants, la réhabilitation et l’équipement des laboratoires ainsi que la construction de la clôture des campus.
Les nominations académiques et administratives
Sur cette question, il convient de rappeler qu’un séminaire sur la gouvernance des universités et grandes écoles s’est tenu du 22 au 23 juillet 2011 à Abidjan. Dans leurs conclusions, les séminaristes ont tenu à mettre en garde les nouvelles autorités contre toute immixtion dans le fonctionnement de l’enseignement supérieur, notamment contre la violation de la loi de 1996 et le décret de 2001 instituant désormais les postes électifs là où les présidents et les doyens étaient jusque-là nommés.
En violation de ces dispositions et passant outre les recommandations dudit séminaire, les nouvelles autorités viennent de procéder aux nominations ci-dessous :
La nomination du Président de l’Université de Cocody
Mme le Prof. LY- Ramata (originaire du Nord), candidate malheureuse (35%) aux dernières élections de Président de l’Université face au Prof. AKE N’gbo (65%), a été nommée présidente de l’Université de Cocody, par arrêté ministériel. Quelques temps après sa nomination, Mme Ly-Ramata a proposé à son ministre Cissé Bacongo (Assistant de droit) deux noms aux postes de 1er et 2è Vice-président. Il s’agit de :
Prof AFFIAN Kouadio, professeur titulaire et doyen de l’UFR Sciences de la Terre et de Ressources Minières (STRM) de l’Université de Cocody, et Prof. ATTA Koffi Lazare, Maître de recherches à l’Institut de Géographie Tropicale (IGT) de l’Université de Cocody.
Ces deux propositions ont été rejetées par le ministre de l’Enseignement supérieur au motif que les concernés ne sont pas originaires du Nord. En conséquence, ces derniers collaborent officieusement avec leur « patronne » en entendant que le gouvernement trouve des nordistes qu’il faut.
Très vraisemblablement et en toute rigueur, les doyens élus, en exercice à la tête des différentes UFR des Universités devraient être limogés au profit de nordistes qui seront alors nommés. Il en sera de même pour les directeurs d’instituts et départements des Universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé.
La nomination du Secrétaire Général de l’Université de Cocody
Anciennement directeur de la scolarité, Monsieur Mamadou Diomandé (niveau Bac + 3, nordiste) a été nommé par arrêté ministériel en qualité de Secrétaire général de l’Université de Cocody au détriment du Prof. BALOU Bi Toto Jérôme, ancien secrétaire général de l’Université de Cocody et Vice-président de l’Association des Secrétaires Généraux des Universités d’Afrique et de Madagascar.
L’organisation des examens (Thèses, DEA)
A la demande du collectif des doyens d’UFR souhaitant le déblocage des thèses et DEA en souffrance, le ministre a donné son accord de principe en novembre dernier. Mais, aussi paradoxale que cela puisse paraître, M. Cissé Bacongo (ministre de l’Enseignement supérieur) s’est rétracté, estimant que la soutenance de thèse et de DEA est autorisée par décret, là où la nomination du président de l’Université dépend d’un simple arrêté ministériel. Le blocage des soutenances de thèses et de DEA est donc entier. A cela une raison bien simple. La liste des impétrants, établie par les doyens d’UFR à la demande expresse du ministre, laisse apparaître une forte majorité d’étudiants originaires du Sud. Du coup, des centaines de candidats vont devoir attendre encore longtemps avant de présenter leur doctorat et DEA, peut-être le temps que les nordistes se rattrapent.
Cette volonté de rattrapage explique, selon nous, non seulement le fonctionnement normal de l’Université de Bouaké, mais aussi le non-paiement des bourses des étudiants en thèse des universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé .
L’Université de Bouaké
Elle fonctionne normalement, c’est-à-dire, on y prépare les doctorats, des DEA et les Maîtrises. Cela, parce que l’Université Bouaké fait partie du Nord de la Côte d’Ivoire. C’est dans ce même esprit de soutien sélectif aux structures universitaires que l’Unité de Recherches et d’Enseignement Supérieur (URES) de Korhogo (extrême nord du pays) deviendra une université complète en 2012-2013. D’ici là, le professeur ZIKI Koléa (issu du Sud) vient d’être limogé au profit d’un nordiste en la personne de M. Adama Coulibaly (nordiste).
Le recrutement d’Enseignants
Officiellement et pour cause de fermeture, il n’y a plus de recrutements d’enseignants dans les universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé. Mais officieusement, le recrutement se fait, le cabinet du ministre s’étant substitué à la commission de recrutement ; de sorte qu’aujourd’hui, on est en présence d’un parachutage qui va surprendre plus d’un à la réouverture des universités.
En effet, nombreuses sont les nouvelles recrues nordistes qui peupleront les universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé, après avoir fait naturellement le plein des universités de Bouaké et de Korhogo.
Réhabilitation et équipements des laboratoires, cités U et Amphis
Ce qui se fait à ce niveau ressemble fort à un bricolage collectif subtil. Ce bricolage est soutenu par une publicité mensongère alors qu’en réalité rien de sérieux ne se fait et que le pillage des bibliothèques et labo redoublent d’effort.
Vus de l’extérieur, certaines cités universités, les labos et les amphis présentent un aspect reluisant lié aux nouvelles couches de peinture, mais ce n’est que du trompe-l’œil, car l’intérieur n’a connu aucune réhabilitation depuis le deuxième passage des pillards et autres FRCI dozos.
Enfin, quant aux travaux de réhabilitation de la clôture de l’Université de Cocody (détruite exprès), ils piétinent au même titre que l’ensemble des travaux prétendument initiés dans les universités. Ces lenteurs s’expliquent par la même volonté de rattrapage.
Moralité : Aussi longtemps que la politique de rattrapage ethnique s’appliquera, aussi longtemps que Alassane Ouattara restera au pouvoir, toute aide que la communauté internationale accordera à l’Enseignement supérieur ivoirien doit être considérée comme un appui à une communauté ethnique et une seule : les nordistes.
Ce sont près d’une centaine d’Universitaires qui sont en exil depuis le 11 avril 2011. Les plus connus étant :
Professeur Yao N’Guessan Thomas, Biochimiste
Professeur Néa Kipré, Psychologue
Dr Ahoua Don Mello, Ingénieur/docteur des Ponts et Chaussées
Professeur Hubert Oulaye, Juriste
Professeur Jacqueline Lohès Oble, Juriste
Professeur Niamien Messou, Chimiste
Professeur Yao Paul N’Dré, Juriste
Professeur Lida Kouassi, Germaniste
Professeur Krékré Firmin, Psychologue
Professeur Kouassi Oussou, Economiste
Professeur Dégni Ségui, Juriste
Universitaires dans les Goulags du Nord, ce sont :
Professeur Gilbert Marie-Aké NGbo, Economiste, Président de l’Université de Cocody, Président du concours d’Agrégation Sciences Economiques et de Gestion du CAMES (Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur)
Simone Ehivet-Gbagbo, Linguiste
Aboudramane Sangaré, Juriste
Dr Michel Gbagbo, Psychologue
COMITE DE DEFENSE DE L’UNIVERSITE IVOIRIENNE
ABIDJAN, MARS 2012

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