samedi 31 mars 2012

Tentative de travestissement de l’Histoire – Entre Wade et Gbagbo, il n’y a pas photo !


Par Félix Atchadé. Extrait du Nouveau Courrier du 29/03/12 :

Le blogueur sénégalais Félix Atchadé réagit ici aux amalgames étranges qui s’opèrent essentiellement en France entre Abdoulaye Wade et Laurent Gbagbo. Pour mieux accabler le second. Avec talent, il éventre un «mythe» bien opportun.


Le président Laurent Gbagbo déporté à La Haye – son épouse et son fils embastillés dans le nord de la Cote d’Ivoire, ses principaux collaborateurs contraints à l’exil ou emprisonnés – n’en continue pas moins de hanter les nuits de ses adversaires politiques. Toutes les occasions sont prétextes pour eux d’essayer d’écorner son image de digne fils de l’Afrique, résistant aux assauts des forces impérialistes françaises, américaines regroupées sous la bannière de l’Onu. La dernière occasion en date, est cette tentative de le diaboliser en le présentant comme un mauvais perdant qui aurait dû faire comme le président Wade l’a fait le 25 mars 2012 : appeler son adversaire et le féliciter. Ce coup de fil de dimanche dernier à 21h30 GMT vaut à Wade d’être présenté comme «l’anti Gbagbo». A priori une telle opposition entre les deux hommes ne pose pas problème si elle s’inscrit dans un processus de comparaison de leurs parcours, leurs formations, leurs options idéologiques et politiques. Ce qui est inacceptable, c’est que par un subtil amalgame de situations fortement différentes, certains éditorialistes veuillent présenter le président Wade comme le seul, et ceci contrairement au président Gbagbo, à accepter le verdict des urnes comme expression de la volonté populaire.


De la victoire de Macky Sall à l’appel de Wade

Le verdict des urnes a été sans équivoque le 25 mars dernier. Très tôt, en début de soirée, il était apparu aux observateurs de la chose politique au Sénégal et à tous ceux qui connaissent les données démographiques et les comportements électoraux des populations, qu’on s’acheminait vers un plébiscite de Macky Sall avec un score qu’on avait plus observé depuis la présidentielle de 1983. Cette année-là, le président Abdou Diouf avait été « élu » à la suite d’un scrutin marqué par des votes multiples et des tripatouillages de toutes sortes qui lui ont donné un score soviétique (83%). Depuis cette date, à la faveur d’une meilleure surveillance des scrutins, les scores ont été plus serrés. C’est donc une raclée électorale mémorable que Macky Sall a infligée à Abdoulaye Wade.

Dans la tradition électorale sénégalaise, il y a un aspect qui peut paraître folklorique à l’observateur étranger, c’est la longue énumération par les stations radio mais aussi les sites internet et jusqu’à l’Agence de presse sénégalaise(APS) des résultats bureau de vote par bureau de vote. Dimanche dernier, invariablement les résultats que donnaient les stations radio plaçaient Macky Sall en tête avec le double voire le triple des voix de Wade. C’est dans ce contexte qu’a surgi l’appel de Wade. Certes on ne peut dénier que c’était un geste de fair-play mais il permettait tout autant de rendre sans intérêt la soirée électorale sur la bande FM avec son lot de résultats proclamés. Le président sortant s’épargnait ainsi la honte que le pays tout entier, sache que lui et son fils par exemple ont été laminés dans leurs bureaux de vote.


Scrutin référendaire

Monsieur Abdoulaye Wade n’aurait jamais dû être candidat à cette élection présidentielle. L’esprit et la lettre de la constitution de 2001 ne permettent pas à quelqu’un qui a fait deux mandats présidentiels de se présenter à un nouveau scrutin. Il a réussi par diverses manœuvres à imposer sa candidature au Conseil constitutionnel. Et c’est à l’honneur de l’opposition sénégalaise d’avoir accepté, au grand désespoir de Wade, le verdict du Conseil constitutionnel et d’être allé aux élections alors que certains en appelaient à la rue pour régler ce contentieux. Dès lors, il est apparu aux Sénégalais que ce scrutin était destiné à savoir qui était pour ou contre Wade. La preuve en est qu’à la fin du premier tour, sans avoir eu à négocier quoi que ce soit, Macky Sall s’est retrouvé auréolé du soutien de tous les candidats recalés. Ce consensus de la classe politique autour du candidat de l’opposition a pris corps au sein de la société au point qu’au cours du second tour le report des voix a été quasi parfait.

En définitive la candidature d’Abdoulaye Wade a été un coup de Jarnac porté à la démocratie sénégalaise en ce sens qu’elle a empêché l’expression d’un débat fécond au sein de la société et la possibilité d’un véritable choix.


Le faux mythe

Maître Abdoulaye Wade a souvent entretenu la légende selon laquelle, il a fait vingt-six ans d’opposition. S’il est vrai que son parti en était à son vingt-sixième anniversaire lorsqu’il a été élu en 2000, la vérité veut que l’on rappelle qu’entre avril 1991 et novembre 1992 puis de nouveau entre 1995 et 1998, il a participé aux gouvernements de la «majorité présidentielle élargie» du président Abdou Diouf. Et entre 1974 et 1977, Abdoulaye Wade a présenté son parti le PDS comme un parti de « contribution » et non d’opposition au pouvoir du président Léopold Sédar Senghor. Avant de créer son parti en 1974, Abdoulaye Wade a tenté de se faire une place au sein du parti de Senghor sans grand succès.

Par deux fois au moins Abdoulaye Wade a été tenté par l’aventure de l’utilisation des moyens non conventionnels en démocratie pour accéder au pouvoir. Au début des années quatre-vingt, il a envoyé des cadres de son parti en Libye pour y chercher des armes et de l’argent. A la fin de cette même décennie, il a tenté par des groupuscules terroristes qu’il contrôlait d’embraser Dakar par des attentats à la voiture piégée. De guerre lasse, Abdou Diouf qui dirigeait le pays s’est résolu à l’idée que «tant que Wade ne sera pas au gouvernement il ne nous laissera pas travailler».

Le seul élément commun au président Gbagbo et [...]

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vendredi 30 mars 2012

Affaire Kieffer : un témoin clé tué


D'après un résumé de Saper Aude : "Côte d’Ivoire : assassinat de 'Gorge Profonde'" :


En janvier, un témoin clé de l'affaire Kieffer, "Gorge Profonde", de son vrai nom Adama Koné, faisait des révélations dans Le Nouveau Courrier.

Suite à ces révélations, l'équipe du Nouveau Courrier a reçu des menaces de mort, jamais relayées publiquement par RSF pourtant informé (et partie prenante au niveau judiciaire dans l'affaire Kieffer).

Ils se sont terrés un certains temps et auraient dû être entendus par les juges en charge de l'affaire ... (Ce qui n' a bien sûr pas été fait).

Ces révélations ont donné naissance à un véritable feuilleton policier avec la découverte du vrai faux squelette du journaliste suite à ce témoignage...

Après avoir clamé bien fort qu'on avait retrouvé le squelette dans le village d'un ancien ministre de Gbagbo, nos medias se sont bien gardés de relayer en boucle le fait que l'ADN n'était pas celui de Kieffer et qu'on avait profané une tombe en connaissance de cause.

"Gorge Profonde" a été victime d’un incendie criminel dans la nuit du mardi 27.03.12
au mercredi 28.03.12, entre 2 heures et 3 heures du matin. Entendra-t-on parler la disparition de ce témoin clé ?

Sa disparition est un coup rude porté à l'éclatement de la vérité dans une affaire qui s'avère être une sordide manipulation contre le régime Gbagbo et a servi à désinformer l'opinion publique française. (Pour en savoir plus : le journaliste d'investigation Charles Onana y consacre un chapitre dans son livre Côte d'Ivoire, le coup d'État, on peut y lire ce qu'on ne trouve pas dans les grands médias).

En attendant, un an après l'accession de Ouattara au pouvoir sous les bombes françaises, on n'a toujours pas retrouvé le corps du défunt Kieffer...

Publiées par Le Nouveau Courrier, on n’entendra probablement pas trop ces infos-là sur nos ondes.



mercredi 28 mars 2012

Massacre génocidaire - bourreaux au pouvoir. Rencontre jeudi 29


Soirée de réflexion autour du massacre génocidaire de Duékoué perpétré par les FRCI de Ouattara, il y a un an...


Jeudi 29 mars de 18h30 à 22h : Commémoration du massacre de Duékoué. En effet le 29 mars prochain, cela fera un an qu'a eu lieu le massacre de Duékoué dans l'ouest de la Côte d'Ivoire. Séance de réflexion et d'échange sur les moyens d'arrêter le génocide en cours dans cette région.

Quelles aides apportées aux survivants qui vivent un an après sous des tentes dans leur propre région.

Comment lutter contre les spoliations dont ils sont l'objet.

Pourquoi la justice internationale n'inquiète pas leurs bourreaux qu'ils voient tous les jours à Duékoué et à la télé puisque ce sont les nouveaux maîtres du pays installés à coup de bombes par Sarko and co.

Lieu : 6 rue Adam Ledoux à Courbevoie, à 200m de la Gare SNCF de Courbevoie - Rens.
Mathilde Thepault, Association Halte aux Génocides-Mémoire et Justice 07 78 87 23 88 mathilde.thepault@free.fr; Célestine Dabah : 06 52 23 00 00 23


mardi 13 mars 2012

Le régime Ouattara : de l’ethnocide à l’hécatombe discontinue - par Michel Galy


LE REGIME OUATTARA ET LES DROITS DE L’HOMME
DE L’ETHNOCIDE A L’HECATOMBE DISCONTINUE
10 ans de massacres, 2002-2012



1 : GENEALOGIE DU REGIME : LES MASSACRES EN ZONE REBELLE 2002-2010

Après le coup d’Etat manqué de septembre 2002, les forces pro Ouattara, commandées sur le terrain par Guilllaume Soro, ont géré par la violence le Nord de la Cote d’Ivoire, soit les 2/3 du pays. (Voir l’article de recherche : Michel Galy, «politologie d’une rébellion», revue «Cultures et conflits», disponible en ligne.)

1-1 Le massacre des gendarmes à Bouaké, ainsi que leurs femmes et enfants, par les rebelles pro Ouattara — octobre 2002 [...]


Lire le document dans son intégralité ici : LE REGIME OUATTARA ET LES DROITS DE L’HOMME (pdf)



Et en vidéo : Fausse symétrie et hécatombe discontinue 10 ans de violences en Côte d'Ivoire - par Michel Galy - 11 mars 2012 :

Fausse symétrie et hécatombe discontinue 10 ans... par legrigriinternational


dimanche 11 mars 2012

Conférence sur la fermeture des universités en Côte d’Ivoire


INVITATION Conférence sur la fermeture des universités en Côte d’Ivoire JEUDI 15 MARS 2012 A 18 H 30 A LA SORBONNE

« La nouvelle est tombée comme un couperet. La future rentrée universitaire en Côte d’Ivoire aura lieu au plus tôt en octobre 2012. » Le nouveau courrier 21/11/11.


En effet, le 15 novembre 2011, Alassane Ouattara a annoncé la fermeture des universités Ivoiriennes jusqu’en octobre 2012, sacrifiant ainsi deux générations (depuis la crise et la rentrée 2011/2012 qui n’ont pas eu lieu) de la jeunesse Ivoirienne. Ce geste, historique et sans précédent met en péril le futur de ce pays déjà profondément traumatisé. Cette information capitale, qui reste peu reléguée, appelle à réflexion. Qu’il s’agisse des milieux universitaires, du journalisme, des diasporas étrangères, de parents d’élèves interpellés ou tout simplement de citoyens solidaires, en parler c’est déjà réagir.

C’est donc dans un esprit d’information mais surtout de solidarité que se tiendra le jeudi 15 mars à 18h à l’université de la Sorbonne, rue victor Cousin Paris 5 ème, une conférence en présence du Politologue Michel GALY, des Professeurs David GAKUNZI et Albert BOURGI , des Professeurs et responsables du syndicat du SNESUP Arnaud LE NY, Pierre CHANTELOT et de l’association des étudiants de l’UNEF représenté par Alexandre FLEURET ainsi que l’association Survie en la personne de David MAUGER, pour débattre et échanger.

Parce qu’indépendamment de toute considération politique, religieuse ou ethnique, chacun peut se sentir concerné, il est important de communiquer sur ce sujet afin que les étudiants de la Côte d’Ivoire sachent qu’ils ne sont pas oubliés.

Dans le cas où il vous serait impossible d’assister à cette conférence, faire passer ce mail c’est aussi être acteurs.


jeudi 8 mars 2012

8 Mars, journée de la femme


Lu sur le blog de Saper Aude :

Une pensée solidaire pour toutes les femmes de Côte d'Ivoire, prisonnières politiques, pour Madame Simone Ehivet Gagbo, pour Mesdames Geneviève Bro grébé et Christine Adjobi détenues injustement dans les geoles ouattaristes, pour madame Marie Odette Lorougnon qui, libre, continue courageusement et [...]

La suite sur le blog de Saper Aude...




vendredi 2 mars 2012

J.L. Mélenchon, les candidats à la présidentielle française et l'Afrique - Th. Kouamouo interviewé par la VRA

Côte d’Ivoire : trafic de diamants, pouvoir et Al-Qaïda



Extrait du Nouveau Courrier du 01.03.12. Article de Philippe Brou :

"Trafic de diamants : un nouveau scandale menace le régime Ouattara"


"C’est une véritable «bombe» que le périodique «La Lettre du Continent» dégoupille dans sa dernière édition. Alors que l’on pensait que le business de la guerre et les diverses formes de contrebande qui ont prospéré à la faveur du conflit ivoirien dans l’ex zone rebelle s’arrêteraient naturellement avec la réunification du pays, conséquence de la conquête définitive de tout le territoire par le camp Ouattara-Soro, l’on apprend que le trafic de ce qu’on appelait hier «les diamants du sang» continue de plus belle. En violation totale de l’embargo des Nations unies. «Alors que les Nations unies maintiennent toujours leur embargo sur l'exportation des pierres précieuses ivoiriennes, le ministère des mines, du pétrole et de l’énergie, dirigé par Adama Toungara, n’a toujours que peu de contrôle sur certains gisements situés au Nord du pays, comme ceux de Séguéla et Tortiya. Ces sites restent aux mains de clandestins et de trafiquants bénéficiant localement de la protection d’éléments de la rébellion des ex-Forces nouvelles (FN)», écrit La Lettre du Continent.

Le périodique cite des noms qui prouvent que des figures centrales du régime Ouattara orchestrent et tirent profit de ces activités illicites. Ainsi, le maire RDR de Tortiya, Siaka Sekongo, «octroie lui-même les permis et les périmètres d’exploitation» de façon totalement illégale. Les trafics ont un caractère si «officiel» que des avions de type Cessna atterrissent dans la zone pour récupérer les pierres précieuses ivoiriennes. Qui peut vraiment croire que des avions atterrissent en Côte d’Ivoire sans que les services de renseignements ivoiriens, fortement appuyés par la France, ne soient au courant ? Justement, ce sont les hommes du numéro deux des services de renseignement de la présidence, Hervé Touré dit «Vetcho», qui contrôlent le terrain à Tortiya, nous apprend La Lettre du Continent. Qui les juge «pas très enclins à lutter contre les trafics».


Des hommes proches d’Al Qaida impliqués

A Séguéla, autre carrefour du trafic de diamants, ce sont les hommes d’Issiaka Ouattara dit Wattao, ex-commandant de zone bombardé numéro deux de la Garde républicaine, qui ont pignon sur rue. Dans ce contexte, les éléments de la Gendarmerie nationale, dirigée par le général Gervais Kouassi, sont impuissants. Quant au Premier ministre Guillaume Soro, il «ne parvient pas à mettre un terme à ces activités qui ont permis, par le passé, de financer la rébellion ivoirienne», écrit La Lettre du Continent. Qui nous apprend qu’une mission du comité des sanctions des Nations unies pourrait arriver en Côte d’Ivoire dans les prochaines semaines.

Ces informations à forte odeur de scandale sont d’autant plus dérangeantes que des personnes liées aux émirs d’Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI) seraient présentes de manière permanente sur ces zones d’exploitation de diamant à ciel ouvert, selon la Central Intelligence Agency (CIA), qui n’a pas manqué d’exprimer son agacement. Alors qu’AQMI se rapproche dangereusement d’Afrique de l’Ouest, se signalant au nord du Mali, et qu’Alassane Ouattara se plaît à dire à quel point il aimerait mettre son pays à la disposition des Occidentaux dans le cadre de leur «guerre mondiale contre le terrorisme», ces liaisons dangereuses que rien ne semble pouvoir troubler font désordre [...]

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