mercredi 21 octobre 2009

Une autre façon de mondialisation (3)



Alors que faire ?


Trouver, "chemin faisant",




un argument irrésistible pour la résistance...




lundi 12 octobre 2009

Une autre façon de mondialisation (2)




Ou, en d’autres termes : népotisme et droit de cuissage
Ou encore : de Jean "Bongo" Sarko / La Défense à la ligue de défense de la vertu des "artistes"…

Citation de Didier Lestrade, fondateur d’Act Up, qui résume bien les choses :

« Derrière cette affaire [Mitterrand], il y a encore notre rapport au capitalisme, à la consommation, au traitement des autres ethnies. Et le tourisme sexuel […] ne concerne pas uniquement les mineurs. […] Quand on fait du tourisme sexuel, on est forcément plus riche que le tapin du coin, qu’il soit à Sao Paulo, à Puerto Rico, ou en banlieue parisienne. On participe à la colère imposée par un système basé sur une suprématie sociale. […]

Ces défenseurs des artistes appellent à eux le soutien de tous ceux qui se considèrent comme des artistes – et ils sont nombreux. Car l’artiste souffre, c’est connu. Il sublime, c’est connu. Il n’a pas de compte à rendre, c’est connu. Et la Thaïlande est méga célèbre pour ses boxeurs gays consentants de 40 ans. Comme dit Daniel Schneidermann, c’est "s’engluer dans le mensonge".

La crise économique actuelle ne fragilise pas le monopole des riches. Elle le consolide. L’affaire Mitterrand, c’est une victoire des privilèges, de l’aristocratie, du népotisme […] ».





jeudi 8 octobre 2009

Une autre façon de mondialisation




«Lettre ouverte à Monsieur Kouchner et Monsieur Mitterrand»
par Manu A, Invalide sans profession. 30.09.09 :

« Vos prises de position au sujet de l'affaire Polanski me forcent à venir à vous. En 1989, il y a donc 20 ans de cela, je me suis rendu coupable des mêmes faits que l'on reproche à Monsieur Polanski. Je croyais, moi aussi, que j'avais un rapport sexuel avec une adolescente de 14 ans consentante. Contrairement à votre pauvre cinéaste, j'ai attendu sagement la venue des gendarmes, puis je suis resté en cellule deux ans et demi, jusqu'à mon procès devant la Cour d'assises. Et, toujours en cellule, j'ai compté deux mille deux cent cinquante cinq (2255) jours avant d'être enfin élargi. Soit dit en passant, sans une seule permission de sortir préalable.

Le fait est que la prison, le procès et la psychanalyse aidant, j'ai fini par saisir une subtilité qui jusque là m'avait échappé et qui, je l'avoue, était sinon à l'origine de mon acte, tout du moins un élément déclencheur de ce que j'infligeais à ma victime. Comme j'ai pu constater, suite à l'affaire Polanski, que cette subtilité vous échappe à tous deux, je m'empresse de vous en faire part. J'ai appris à mes dépens, mais aussi et surtout aux dépens de celle à qui j'ai fait tant de mal, qu'une gamine de 13 ans ne peut en aucun cas donner son consentement pour une relation sexuelle avec un adulte. Je le répète, il est impossible qu'elle donne son consentement, y compris lorsqu'elle est explicitement demandeuse, c'est vous dire combien certains font fausse route et pourquoi je fus très justement condamné pour viol. […] »



Dans le même ordre d’idées :

«Le Pen vs Mitterrand : le dangereux silence des "grands" médias»
par Gérald Andrieu - Marianne | Mercredi 07 Octobre 2009 :

« L’attaque au bazooka de Marine Le Pen contre le ministre de la Culture n’a pas retenu l’attention des «grands» médias. Sans doute qu’ils sont gênés aux entournures...
«Ils» n’ont rien compris ! «Ils» n’ont rien retenu du passé et «ils» remettent ça. «Ils» ? Les médias mainstream, ceux dont on devrait écouter la voix religieusement et accepter les silences comme des Chartreux. Lundi soir, sur le plateau de Mots croisés, Marine Le Pen attaque à l’arme lourde Frédéric Mitterrand. Sur fond d’affaires Hodeau et Polanski, elle dégaine un passage de La Mauvaise vie, un ouvrage paru en 2005 et dans lequel le ministre de la Culture évoque les grandeurs et les malheurs du tourisme sexuel. C’est suffisant pour la «fille de» pour exiger la démission du «neveu de».
Le lendemain, sur les radios et sur les télés, rien (ou si peu) n’est dit sur cette sortie de la dirigeante frontiste. Dans les journaux ? Rien non plus. Les «bouclages» (qui se font d’ailleurs de plus en plus tôt…) avaient sans doute déjà eu lieu. Mais sur le Web, la vidéo se répand comme une traînée de poudre. C’est là que circule l’information. C’est là qu’on en débat. Aujourd’hui, nouvelle chance pour la presse de se rattraper. Loupé : rien, si ce n’est deux minuscules brèves dans Le Parisien – Aujourd’hui en France et Le Figaro… Et Libé ? Dans le journal (comme sur son site), les lecteurs n'ont droit à rien... […] »





mardi 6 octobre 2009

À Djignab sur Ramadan




Djignab a dit…
"Delugio
Heureux de te retrouver sur ce blog que je croyais uniquement musical et que j'aime bien.
Ramadan est un théologien musulman avec lequel il faut dialoguer et non vilipender comme le font Fourest et les néo croisés.
Il y a quelques semaines à Dakar, il a déclaré dans un rassemblement de dignitaires musulmans que l'on devait se garder de juger les homosexuels. Il a fait cette déclaration quelques mois après des actes barbares qui ont visé des homosexuels. Ce geste n'est pas banal je t'assure. Il sévit actuellement au Sénégal une véritable hystérie collective homophobe.
Il a aussi dit au cours de l'émission dont tu parles qu'il était contre la"sentence de mort" en cas d'apostasie. Je connais plein de musulmans "libéraux" sénégalais qui pensent le contraire.
Pour finir cette émission a mis en lumière comment les médias parisiens fonctionnent. Au lieu de lire les travaux de Ramadan les "critiques littéraires" Zemmour et Nolleau se fondent sur ce que de Fourrest en pense. Ainsi de rédaction en rédaction on répète finalement qu'une seule opinion sans s'interroger."


Ravi de te voir ici, Djignab.

Ta mise en perspective est très intéressante. Et éclaire d’un jour très utile ce que j’ai appelé "double biais d’approche" plutôt que "double discours". Ramadan me semble être effectivement comme il le dit un religieux musulman dans la modernité. Avec les ouvertures heureuses que tu signales, ce qui ne l’empêche pas de rester dans la perspective d’un islam politique, ce pourquoi il me semble bien, concernant son approche, falloir écrire "islam(isme)".

La difficulté qui en ressort, et qui échappe évidemment aux Zemmour et Naulleau, mais aussi à Fourest, est que cela implique une reconnaissance tacite du fait que quiconque a un nom ou un prénom à consonance musulmane, ou arabe, est renvoyé en France à des religieux censés le représenter ! Et Ramadan me semble preneur, et en cela fort proche de… Sarkozy, malgré les tensions médiatiques autour du "moratoire". Ils sont proches par un système de vases communiquant. Sarkozy créant le CFCM et reconnaissant ipso facto la légitimité d’un courant islamiste, c’est-à-dire islam politique (fût-il modéré), reprenait le vis-à-vis colonial opposant "musulmans" et "Européens", c’est-à-dire un concept religieux face à un concept géographique. Symptôme criant de cela : Hortefeux allant se dédouaner à la mosquée d’avoir insulté un catholique (mais Arabe) !

Or on ne sortira de la fable du "choc des civilisations" qu’en cessant de définir et de catégoriser les uns ou les autres en fonction de leur origine (supposée) religieuse ou ethnique : en permettant à chacun de ne pas se sentir obligé de fonder son identité à Rome, à la mosquée ou à la couleur de sa peau. Le vis-à-vis Zemmour / Ramadan me semble être un cas exemplaire de ce travers : Zemmour se définissant (et définissant la France) à l’aune de sa nostalgie ("blanche") d’une époque qui était celle des colonies, Ramadan à l’aune d’un islam(isme) fondé sur des textes politiques datant de mille ans, mais humanisé, et donc plus humain que la version choquante que tu évoques, mais dans lequel il se situe pourtant par le seul fait d’en être une version modernisée.

On ne sortira de ce dilemme qu’en admettant que ni les nostalgies d’époques révolues, ni les textes des époques politico-religieuses anciennes (à valeur religieuse profonde) ne peuvent servir de base (fussent-ils "dépoussiérés") à l’établissement de vraies sociétés de droits.