mercredi 30 octobre 2013

CPI : Gbagbo maintenu en détention


Malgré la persistante absence de preuves, et donc la non-confirmation des charges, le célèbre prisonnier reste emprisonné. Interview de Toussaint Alain, ex-conseiller du Président Gbagbo. Extrait de La Voix de la Russie :


Côte d'Ivoire et CPI : entretien avec Toussaint Alain (Partie 1)

La Voix de la Russie : Les charges contre le président Laurent Gbagbo n’ont pas été confirmées par la CPI. Malgré cela, M. Gbagbo est toujours emprisonné, le temps que le procureur puisse trouver « des éléments de preuves additionnels », comme l’ont demandé les juges de la Cour. Comment jugez-vous cette situation ?

Toussaint Alain : Croyez-vous sincèrement qu’il pouvait en être autrement ? Nous sommes devant une situation inédite : un tribunal reconnaît qu’il n’a pas de d’éléments suffisants mais il s’obstine tout de même à maintenir en détention un inculpé. C’est époustouflant comme procédé ! On l’aura compris : la mission de la CPI n’est pas de dire le droit mais de condamner coûte que coûte. Or, Laurent Gbagbo est présumé innocent. Avec tous les moyens dont disposent le procureur et ses enquêteurs, la CPI n’a pas été en mesure de fournir la moindre preuve inattaquable. Que cette comédie inhumaine cesse ! Le président Gbagbo doit être remis en liberté.

LVdlR : On évoque une possible mise en liberté provisoire de Laurent Gbagbo. La demande a été introduite à plusieurs reprises par la défense. Qu’en est-il ?

Toussaint Alain : Oui, j’ai entendu beaucoup de déclarations à ce sujet. Je ne vais en rajouter à la spéculation. Sachez que la Côte d’Ivoire et l’Afrique s’impatientent de voir Laurent Gbagbo libre. Pas seulement en liberté provisoire mais en liberté pleine et définitive tout simplement. La CPI dessert la cause de la justice mondiale en maintenant un innocent en détention alors que les charges s’effondrent les unes après les autres comme un château de cartes. L’incarcération de Laurent Gbagbo est un non-sens. On ne peut pas emprisonner quelqu’un par convenance ou par pur calcul politique. Gbagbo est innocent. Sa libération revêt un enjeu de paix et de stabilité pour la Côte d’Ivoire, où le naufrage du processus de réconciliation saute aux yeux. Les Ivoiriens ont envie d’être de nouveau ensemble, de cohabiter pacifiquement. Après la politique, il y a la vie de tous les jours. Libre, Gbagbo peut être un puissant accélérateur de la cohésion sociale et un facilitateur de la confiance retrouvée entre ses compatriotes. Ni la CPI ni le Conseil de sécurité de l’ONU ne peuvent ignorer cette dimension de l’affaire.

LVdlR : Quelles sont les dernières avancées notoires dans la situation politique en Côte d’Ivoire ?

Toussaint Alain : M. Ouattara a récemment fait quelques gestes en remettant en liberté plusieurs personnalités proches du président Gbagbo. Il reste encore au moins 800 prisonniers politiques, toujours détenus sans jugement. Parmi eux, Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé, lequel reste privé de l’assistance de ses avocats. La détention au secret ou la torture physique ou psychologique n’ont jamais fait avancer la cause de la vérité. Sur le plan politique, on a pu observer [...]


Lire l'interview en entier sur La Voix de la Russie : 1ère partie. 2e partie.


mardi 29 octobre 2013

Les bonnes raisons de dire «non» à la CPI


Par Théophile Kouamouo (2e partie. Voir la 1ère partie ICI.)


lundi 21 octobre 2013

dimanche 13 octobre 2013

CPI : Crédibilité en Péril Imminent




La CPI va renoncer à poursuivre Simone Gbagbo et Blé Goudé – Voici les indices qui le démontrent

(Voir aussi : "Les bonnes raisons de dire 'non' à la CPI ou pourquoi l'UA s'est fourvoyée")

Par Théophile Kouamouo | Le Nouveau Courrier n° 902 12-13 octobre 2013


Une jurisprudence libyenne permet d’entrevoir la stratégie du pouvoir Ouattara, qui semble agir en toute complicité avec le bureau du procureur du tribunal de La Haye. Il va présenter de beaux dossiers couverts par le secret pour prouver qu’il poursuit sérieusement l’ancienne Première Dame et le leader du COJEP – et faire prospérer ses exceptions d’irrecevabilité. Pendant ce temps, la CPI lui permet de gagner du temps quant à ses partisans qu’elle vise, puisqu’elle refuse de rendre publics les mandats d’arrêt concoctés contre eux. Petit précis de cynisme judiciaire.

C’est désormais presque absolument certain. La CPI va, selon toute évidence, abandonner les poursuites engagées par le bureau de la procureure Fatou Bensouda contre l’ex-Première Dame Simone Ehivet Gbagbo, deuxième vice-présidente du FPI, et contre l’ancien ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé, fondateur du Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (COJEP). En effet, une jurisprudence qui est «tombée» aujourd’hui porte à le penser très fortement. L’institution basée à La Haye a autorisé la Libye à juger Abdallah Senoussi, chef des renseignements sous le «Guide» Muammar Kadhafi. «La Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé que l’affaire concernant Abdullah Al-Senussi faisait l’objet d’une enquête nationale par les autorités libyennes compétentes et que ce pays avait la volonté et était capable de mener véritablement à bien cette enquête. Par conséquent, les juges ont conclu que l’affaire était irrecevable devant la Cour eu égard au principe de complémentarité consacré par le Statut de Rome, traité fondateur de la CPI», peut-on lire dans le communiqué publié hier.

La décision peut sembler surprenante, dans la mesure où la CPI avait déjà rejeté le souhait des nouvelles autorités libyennes de juger Seïf Al Islam Kadhafi. Le tribunal s’est expliqué. Dans le cas Seif El-Islam, «la Chambre a conclu que les preuves produites n’étaient pas suffisantes pour considérer que l’enquête menée au niveau national et celle menée par la Cour recouvraient la même affaire et que la Libye était dans l’incapacité de mener véritablement à bien les poursuites contre Saif Al-Islam Gaddafi». Alors que dans le cas Senoussi, les choses seraient différentes. «Après un examen approfondi des demandes et preuves communiquées par les parties et participants, la Chambre a conclu que les éléments de preuve soumis par la Libye étaient suffisants pour conclure que les enquêtes de la CPI et de la Libye recouvre la même affaire et que les autorités nationales prenaient peu à peu des mesures concrètes dans la procédure engagée à l’encontre d’Abdullah Al-Senussi. Dans sa décision, la Chambre a tenu compte, de manière générale, du fait qu’Abdullah Al-Senussi est détenu par l’Etat libyen, de la quantité et la qualité des preuves réunies dans le cadre de l’enquête nationale, du transfert récent de l’affaire concernant Abdullah Al-Senussi et ses 37 coaccusés à la chambre d’accusation, de l’exemple qu’offrent certaines procédures actuellement en cours contre d’autres responsables de l’ère Qadhafi, et des efforts consentis pour résoudre certains problèmes que connaît le système de justice en faisant appel à l’aide internationale», peut-on lire. Le raisonnement peut sembler grotesque dans le contexte qui prévaut ces derniers jours. L’actualité nous donne en effet à voir un Etat libyen totalement détruit et mis en coupe réglée par des milices anarchisantes. Mais la CPI n’en est pas à une contradiction près. Soit dit en passant, Nicolas Sarkozy, sur lequel Al-Senussi possède des dossiers qu’il pourrait bien divulguer une fois arrivé aux Pays-Bas, peut légitimement se sentir soulagé…


Stratèges de l’ombre

Ce qui est sûr, c’est que le régime Ouattara, conseillé par on ne sait quels stratèges de l’ombre, a tout fait pour que le cas Simone Gbagbo soit traité suivant le même canevas que le cas Senoussi. Il a «collé» à l’ex Première Dame des accusations qui avaient pour but de recouper celles de la CPI, afin de mieux la mettre hors jeu. C’est en réalité la même logique, tout juste inversée, qui l’a poussé à se garder d’inculper Laurent Gbagbo pour «crimes de guerre» et «crimes contre l’humanité», afin de laisser un «espace» à Louis Moreno-Ocampo, instrumentalisé dans des logiques de pure politique intérieure. Les avocats du pouvoir actuel ont transmis à la CPI un long dossier concernant les procédures en cours contre Simone, et ils ont pris la peine d’en empêcher la publication, afin que personne ne puisse contester la solidité de leurs divers montages juridiques. Bingo !

Il est évident que le même «process» sera utilisé en ce qui concerne Charles Blé Goudé. Le régime Ouattara prend son temps pour donner sa réponse quant à l’éventuelle extradition du «Général de la Rue» parce qu’il a l’intention de mettre son dossier en conformité avec les attentes de la CPI. Seïf El-Islam n’était pas officiellement dans le système carcéral national, et cela a pesé dans le refus de la CPI de lâcher l’affaire. Blé Goudé est en «résidence surveillée» en dehors de tout cadre légal, et il faut croire que son statut sera clarifié, au moins pour la forme, d’ici peu. Blé Goudé n’a pas non plus été formellement entendu par un juge d’instruction, et la procédure qui le vise n’a pas beaucoup avancé. Il faut donc «maquiller» l’arbitraire carcéral en vigueur et «l’habiller» un peu avec des «éléments de preuve», fantaisistes ou non, afin de déposer un «joli» dossier d’exception d’irrecevabilité à La Haye.

Au-delà des cas individuels des uns et des autres, il faut se convaincre d’une chose : le statut de Rome, bancal, a déjà été «digéré» par des régimes autoritaires qui savent comment s’y prendre pour envoyer qui ils veulent à la CPI et garder qui ils veulent sur le territoire national. La CPI est structurellement une «cour de convenance», selon l’expression de Maître Emmanuel Atit, avocat principal du président Gbagbo. Désormais, suffit juste de faire semblant d’être un Etat de droit…

Par ailleurs, ces derniers développements mettent une fois de plus en exergue la stupéfiante complicité entre la CPI et le régime Ouattara. Le «strip-tease» judiciaire qui a consisté à remettre des mandats d’arrêt sous scellés à l’actuel maître d’Abidjan et à lui donner le temps de s’adapter à ces mandats d’arrêt [...]


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samedi 12 octobre 2013

jeudi 10 octobre 2013

lundi 7 octobre 2013

Où l'on s'interroge sur l'"impartialité" de la CPI...


L'institution pénale de la "communauté internationale" s'en prend au camp Gbagbo contre lequel elle reconnait "manquer de preuves" et laisse le camp Ouattara tranquille ! Les victimes de Guitrozon, Duékoué, Nahibly, etc., etc. (sans compter celles, elles aussi innombrables, qui remontent à 2002) sont fondées à se poser des questions...


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jeudi 3 octobre 2013

La CPI face à Blé Goudé



Interview de Me Kaufmann ICI.

Analyse de Théophile Kouamouo sur Le Nouveau Courrier :

mardi 1 octobre 2013

Sur les programmes FMI d'ajustement structurel


Analyse de Théophile Kouamouo sur Le Nouveau Courrier :