lundi 31 octobre 2011

Le rapport de l’Onu qui accable le régime Ouattara



Par Emmanuel Akani. Extrait du Nouveau Courrier du 28/10/11 :

"Le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a produit un rapport alarmant sur la situation des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire. Un document de dix-sept pages qui donne une nette idée de l’ampleur des violations des droits de l’homme commises par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) d’Alassane Ouattara.

Le dernier rapport de la Haut commissaire aux droits de l’homme, Madame Navanethem Pillay, sur la Côte d’Ivoire, en date du 21 septembre 2011, fait état de «violations graves des droits de l’homme par les Frci», de «vagues d’atteintes systématiques (…) à l’intégrité physique, à la liberté et la sécurité des personnes» et «d’un haut degré d’impunité dont jouissent les Frci». Lors de l’examen du rapport diffusé exclusivement en version anglaise, le 28 septembre 2011 dernier, en marge de l’assemblée générale annuelle des Nations unies, Mme Kyung-Wha Kang, Haut commissaire adjoint aux droits de l'homme, a indiqué que «les forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) se rendent coupables d'exécutions extrajudiciaires et sommaires, de torture, de traitements inhumains et dégradants, de violences sexuelles ou d'arrestations arbitraires».

Les rapporteurs accusent principalement les responsables des Frci, en l’occurrence des com’zone qui ont le contrôle de l’ensemble du territoire national, d’usurper des prérogatives législatives et judiciaires qui doivent être assumées par les autorités civiles. Les atteintes aux droits de l’homme répertoriées, décrites avec précision, sont classifiées en plusieurs rubriques. Notamment les exécutions sommaires et extrajudiciaires, les cas de torture et de traitements dégradants et inhumains ; les violences sexuelles basées sur le genre ; les arrestations et détention arbitraires, et les actes d’extorsion de fonds ; les violences intercommunautaires et les attaques perpétrées par des groupes armés, arrestation, etc.


Torture, traitements inhumains et extorsion de fonds

Dans la rubrique traitant des cas de torture et traitements inhumains, l’Onuci ont pu constater que des «personnes accusées d'avoir commis des crimes ont été arrêtés par des soldats FRCI et agressés physiquement par les FRCI qui les ont contraint à admettre leur implication dans des crimes». Dans la plupart des cas, mentionne le rapport, des citoyens innocents sont arrêtés par des Frci qui les soumettent à des sévices et exigent de fortes sommes d'argent à leurs parents pour leur épargner la vie et les libérer. «Le 16 juin, les éléments de la FRCI auraient fait irruption dans les villages et les Goulikaho Doukouya (respectivement 135 km et 120 km au sud de Yamoussoukro) et agressé physiquement des partisans du FPI. Au moins 27 personnes, dont 15 femmes perçus comme militants du FPI ont été sévèrement battus, arrêtés et détenus. A la suite de l'incident, deux des femmes, qui étaient enceintes, ont fait des fausses couches», relate le département des droits de l’homme de l’Onuci. Le document cite également de cas de torture. C’est ainsi que le rapport fait cas d’un événement qui s’est produit le 5 Juillet à Bouaké, où des éléments des FRCI ont tailladé à la lame de rasoir un agriculteur, dans le but de lui arracher des aveux sur sa prétendue implication dans un vol de vache.


La situation à l’Ouest

Dans d’autres circonstances, notamment le 22 août à Sibably (35 km au nord-est de Duékoué), c’est de l’eau chaude que des Frci ont versé sur les corps de deux jeunes gens. «Les deux suspects ont été pris au poste de police de FRCI, ils ont été sévèrement battus et abandonnés sans aucune assistance médicale. Des éléments Frci se sont rendus à leur domiciles où ils ont menacé de mort leurs familles, emportant une moto et une somme de 200 000 FCFA ». La situation dans l’ouest du pays ne manque pas d’inquiéter le haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Mme Kyung-Wha Kang. Dans cette région, elle déplore"... [...]


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dimanche 30 octobre 2011

Selon Le Canard Enchaîné, Kadhafi a été "condamné à mort par Washington et Paris"



Extrait du blog de Théophile Kouamouo - article du Canard enchaîné du 26.10.11 :

Pour ceux qui ne vivent pas en France et ne peuvent pas se procurer l'indispensable hebdomadaire du mercredi, voici l'intégralité d'un article qui apparaît d'ores et déjà comme une "pièce" historique. Quand la "civilisation" ressemble à s'y méprendre à la barbarie...

Obama et Sarkozy ne voulaient pas qu’il s’en sorte vivant. De crainte qu’il ne parle trop lors de son procès devant la Cour pénale internationale.

Mercredi, 19 octobre en fin d’après-midi, un colonel du Pentagone téléphone à l’un de ses correspondants au sein du service secret français. Chargé du dossier « Kadhafi », l’une des priorités actuelles des généraux de l’équipe Obama, l’Américain annonce que le chef libyen, suivi à la trace par des drones Predator US, est pris au piège dans un quartier de Syrte et qu’il est désormais impossible de le « manquer ». Puis il ajoute que laisser ce type en vie le transformerait en « véritable bombe atomique ». Son interlocuteur comprend ainsi que la maison Blanche a rendu son verdict, et qu’il faut éviter de fournir à Kadhafi la tribune internationale que représenterait son éventuel procès.

Depuis quelques jours d’ailleurs, des commandos des forces spéciales américaines et françaises participaient ensemble à cette chasse au Kadhafi. À Paris, au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à la Direction du renseignement militaire (DRM) et au service action de la DGSE, plusieurs officiers évaluaient à une cinquantaine de membres du COS (Commandement des opérations spéciales) les militaires présents à Syrte.

Leur mission : porter assistance aux unités du CNT qui investissaient la ville, quartier par quartier, et, selon le jargon maison utilisé par un officier du CPCO, « ´´traiter´´ le guide libyen et les membres de sa famille ». Une formule codée en cours à la DGSE : « livrer le colis à Renard », et agir en sorte que Kadhafi n’échappe pas à ses poursuivants (une unité du CNT baptisé « Renard ?».

Hypocrisie internationale.

À l’Élysée, on savait depuis la mi-octobre que Kadhafi et l’un de ses fils s’étaient réfugié à Syrte, avec gardes corps et mercenaires. Et Sarko avait chargé le général Benoit Puga, son chef d’état-major particulier, de superviser la chasse à l’ancien dictateur. Ce qu’il a fait en relation avec la « Cuve », le bunker souterrain où des officiers du CPCO sont en contact permanent avec tous les militaires engagés à l’étranger et les services barbouzards. À la DGSE comme à la DRM on ne se gêne pas d’ailleurs pour évoquer l’ «élimination physique »du chef libyen, à la différence des formules bien plus convenables employées par l’Élysée, s’il faut en croire un conseiller du Président.

« La peine de mort n’était pas prévue dans les résolutions de l’ONU qui ont permis à l’OTAN d’intervenir, ironise un diplomate français. Mais il ne faut pas jouer les hypocrites. À plusieurs reprises, des avions français et britanniques avaient déjà tenté de liquider Kadhafi en bombardant certains de ses repaires, à Tripoli ou en détruisant notamment un de ses bureaux. » Et le même de signaler que, lors d’un procès devant la Cours pénale internationale, « ce nouvel ami de l’Occident aurait pu rappeler ses excellentes relations avec la CIA ou les services français, l’aide qu’il apportait aux amis africains de la France, et les contrats qu’il offrait aux uns et aux autres. Voire plus grave, sait-on jamais ? ».

Le 20 octobre à 8h 30 du matin, l’objectif allait être atteint. Trois avions de l’OTAN s’approchent de Syrte. Rien à voir avec une mission de reconnaissance effectuée par hasard : une colonne de 75 véhicules fuit la ville à vive allure. Un drone américain Predator tire des roquettes. Un mirage F1CR français de reconnaissance suit un Mirage 200-D qui large deux bombesGBU-12 de 225 kilos guidées au laser. Bilan : 21 véhicules détruit et Kadhafi seulement blessé.

Soupirs de satisfaction.

Des forces spéciales françaises sont alors présentes sur les lieux. L’histoire ne dit pas à quelle distance de ce qui va survenir, et que raconte avec abondance de détails un officier des services militaires de renseignements : « Il est capturé vivant par des combattants surexcités. La foule scande ῞Allah Akbarˮà pleine poumons, le menace de ses armes et se met à le tabasser pendant que d’autres combattants qui peinent à prendre le dessus, crient de le maintenir en vie ».

On connait la suite, quelques images de ce lynchage suivi d’une exécution par balles sont apparues sur les écrans de télévision et dans la presse écrite. Mais la disparition de Kadhafi n’est pas la fin de l’histoire car, en croire une analyse barbouzarde, « la Libye est entrée dans un no man’s land politique, une zone de turbulences imprévisibles. » Voilà qui devrait inquiéter ceux qui, dans plusieurs capitales occidentales et arabes, ont poussé des soupirs de satisfaction"... [...]

Claude Angeli / Le Canard enchaîné 26.10.11

La suite sur le blog de Théophile Kouamouo.


samedi 29 octobre 2011

Roucoulements en perspective...



Par Shlomit Abel (avec autorisation) 26 octobre 2011 :

"Depuis hier, notre préfet voyageur a rejoint son colombier parisien pour prendre part au Forum des Dirigeants, dans le cadre de la 36ème session de la Conférence Générale de l’UNESCO, les 26 et 27 octobre 2011. Notre colombe prononcera un discours inoubliable sur la paix, la vraie, telle qu’elle se vit journellement en Côte d’Ivoire, le pays de l’éléphant terrassé « Comment l’UNESCO contribue-t-elle à l’édification d’une culture de la Paix et au Développement Durable ?».

Ouattara a pu partir tranquille, son discours préparé, rédigé par un « nègre en écriture » français, et puis tous les conseillers français dépêchés par l’ami Sarkozy sont là, et grâce à leur vigilance, – que le Gouverneur soit présent ou absent en république démocratique de Côte d’Ivoire-, les sbires de l’oncle Sam-Co, pardon Sarko, veillent, surveillent et télécommandent les chefs de cabinet de la préfecture, et l’ambassadeur Simon aussi est là et consacre toutes ses forces pour épauler le nouveau dirigeant.

Notre roitelet peut même trouver du temps pour voir ses médecins français et faire le plein de médicaments, car ceux-ci font cruellement défaut dans les officines des pharmacies et des hôpitaux ivoiriens. C’est pourquoi chaque jour, de nombreux ivoiriens meurent, malgré la gratuité des soins décrétée par le nouveau régime… L’embargo sur les médicaments décrété par la France qui soutenait la rébellion de Ouattara pour étrangler le régime « dictatorial » du Président Gbagbo a été levé, mais le préfet n’a plus d’argent pour la santé de ses sujets, pensez donc, il faut bien qu’il vive lui comme il convient à un gouverneur de son rang ! Avec tous ces allers retour au Sénégal pour retrouver son lit, les travaux d’Hercule pour construire son palais, et tous les voyages onéreux à l’étranger, il ne reste pas grand-chose pour la santé du petit peuple…!

A quoi bon un régime de soins gratuits, ou à la portée de toutes les bourses quand il n’y a plus de soins, plus de médicaments, seulement des anonymes qui pleurent , gémissent et se lamentent d’avoir perdu parents, enfants, conjoints, dans cette installation sous les bombes de la vraie démocratie ! Après sept mois, le secteur rural est sinistré, les semailles n’ont pas eu lieu, les habitants des villages ayant été chassés, pourchassés par des étrangers qui ont pris possession de leurs plantations; les Ivoiriens continuent de goûter les joies du chômage parce que les firmes étrangères sinistrées ont fermé leurs portes, les petits étals ont été détruits au bulldozer pour présenter une côte d’ivoire « propre ». Les fonctionnaires n’ont plus de lieux de travail, les véhicules ordinateurs, archives ayant été “empruntés” par les pillards des nouvelles forces républicaines. Il n’y a plus d’étudiants, de professeurs, de cités universitaires, de bourses d’étude, les universités ayant toutes été dévastées ou détruites.

Welcome dans cette nouvelle Côte d’Ivoire expérimentale, havre de paix et de bien vivre ! Un État en devenir, où les règles sont inversées : le noir devient blanc, le chaos se nomme développement, une arrestation se transforme en geste de réconciliation, Ouattara sera certainement intarissable cet après-midi !

Au nom du peuple ivoirien reconnaissant, il n’oubliera pas non plus de présenter ses vœux de bonheur et ceux de la nation reconnaissante à la petite Giulia Sarkozy !

Le lendemain de sa naissance, soit le 20 octobre 2011, madame Clinton reçoit un appel sur son téléphone portable qui la prévient de la mort de Kadhafi, et plagiant le célèbre Pontifex Maximus, elle s’écrie, hilare, « Nous sommes venus, nous avons vus… et il est mort ! »

Ah ! ce grand Jules qui inspire à la fois l’Amérique et la France du Nabot Léon, - comme l’appellent affectueusement les africains ! - Imaginez qu’en l’espace de 24 heures, Jules César surgit par deux fois du passé, aux États Unis et en France, pour inspirer une femme d’influence et un futur ex-locataire de l’Élysée, en lui soufflant le prénom de sa propre fille, sa fille bien aimée, Guilia, l’épouse adorée du grand Pompée !

Ce tir groupé de deux non-événements majeurs, ne peut être une coïncidence ! Assurément ce voyage en France est placé sous de bons auspices, il sera une réussite !"


vendredi 28 octobre 2011

La gauche française et l’alternance politique en Côte d’Ivoire - Par Michel Galy*



Extrait du Nouveau Courrier N°350 du lundi 24 octobre 2011 :

"«La clef du cachot de Korhogo…est à Paris !», entend-on dans les manifestations et meetings parisiens… Même si ce n’est pas si sûr (et si cela conforte bien évidemment l’immigration ivoirienne à Paris), l’interconnexion entre les pouvoirs ivoirien et français actuels est évidente (ce que l’on pourrait baptiser le «sarko-ouattarisme», cf. «La tentation coloniale» sur le site du «Gri Gri international» http://www.youtube.com/watch?v=fpALPdcs_nE), tant dans la crise électorale de décembre à avril, que dans les jeux de pouvoirs actuels. Il faudrait étudier longuement, pour le comprendre, cette «assimilation politique des élites» et l’influence des réseaux françafricains - comme dirait le politologue J.F. Bayart, depuis Houphouët Boigny et surtout depuis 2002, mais on peut ici se livrer à quelques interrogations prospectives.

Bien qu’il soit certain que les dynamiques internes (la vie politique en Côte d’Ivoire), régionales (les exilés et réfugiés au Ghana et au Liberia) et continentales (les alliés du régime de Laurent Gbagbo ont été l’Angola et l’Afrique du Sud, mais bien plus encore une certaine jeunesse panafricaine, telle celle du Cameroun) soient cruciales, tout changement politique à Paris risque d’entraîner certaines évolutions (révolutions ?) à Abidjan.

Après tout «Sarkozy n’est pas là pour toujours»… comme l’a rappelé le juriste Albert Bourgi, tandis que l’ancien Premier ministre Konan Banny déclarait qu’ «aucun pouvoir arrivé par la force armée n’est éternel». De nombreux scénarios de changement, d’ailleurs contradictoires, sont possibles : d’un retour de la «guerre nomade» depuis le Liberia ou le Ghana jusqu’à une guerre civile larvée avec un pourrissement de la situation à l’Ouest ; d’une peu probable «cohabitation à l’ivoirienne» après des législatives hypothétiques, à des changements d’alliance du PDCI. En ce qui concerne les relations internationales, l’alternance à gauche en France s’oppose bien évidemment à une persistance du sarkozysme armé, avatar de l’interventionnisme bushien et d’une néo-colonisation qui n’ose dire son nom.


Prendre date du discours d’investiture d’Hollande

Mais quelle gauche ? Celle de François Mitterrand, dont la politique africaine, malgré le discours de La Baule, n’est qu’une continuation étatique de la droite – alors qu’en 1981 il y avait peu à dire pour provoquer la fin des tyrans ? Celle de Guy Mollet, tendance dominante dans la droite du Parti socialiste qui approuve la domination blanche et les aventures extérieures – depuis la guerre d’Algérie ? La plus favorable des hypothèses est celle du retrait et de la neutralité, comme du temps de Jospin (son absence d’intervention militaire a bien favorisé le renversement de Konan Bédié) : c’est quand elle ne fait rien que cette gauche modérée, très modérée, est la plus favorable au changement politique… Hollande, dans son discours d’investiture au PS, vient de dire «refuser la Françafrique» : on peut prendre date, en attendant ses pratiques concrètes, sans trop y croire…Le socialisme africain attendra, c’est l’appui à l’Etat de droit et la fin des incursions françaises qui sont à l’ordre du jour d’une gauche revenue au pouvoir !

Mais «ne rien faire» (en terme social-démocrate : «ni ingérence, ni indifférence»), peut supposer se retirer militairement, ce qui change beaucoup de choses en laissant place aux dynamiques internes : que serait la situation politico-militaire, notamment à Abidjan, en cas de retrait des deux corps expéditionnaires de contrôle (euphémisme..) que sont la force Licorne et l’ONUCI ? Tout observateur sait que les régulations politiques et conflictuelles se feraient spontanément…Sachant que le camp de Laurent Gbagbo a obtenu plus de 54% à Abidjan et qu’il est majoritaire au Sud, l’issue semble évidente et un renversement de situation envisageable. D’autant que les «préfets» ou «gouverneurs» françafricains, désormais en manque de soutien ou vertement tancés à Paris, feraient alors défaut…suivez nos regards du côté du Burkina – ou ailleurs…

Ce scénario pour l’instant improbable pourrait s’effectuer en cas de victoire d’une coalition de gauche sous l’impulsion du PCF et de Jean-Luc Mélenchon d’un côté, et du Npa et de certains écologistes d’autre part sur le slogan de «retrait total d’Afrique des forces armées françaises» - dont les bases sont effectivement la marque en Occident que la France est bien en retard d’une décolonisation. Ce rôle d’éclaireur de la gauche extrême par rapport à la gauche modérée, c’est à dire le PS, est classique dans l’histoire de la vie politique française : ce ne sont pas les fondations, think tanks militaristes et affairistes qui jouent le rôle de réservoir d’idées nouvelles !


La bataille de l’information est cruciale

La bataille de l’information est cruciale, et pour suivre les thèses d’Antonio Gramsci, un préalable à l’hégémonie politique ; j ai montré ailleurs comment, en l’absence de mobilisation d’intellectuels et de politiques de renom, l’information sur la Côte d’Ivoire a été biaisée depuis 2000 et 2002. Qui plus est, depuis la crise électorale, les journalistes et les médias occidentaux sont, c’est parfois le cas de le dire littéralement, «embarqués» dans le dispositif politicomilitaire – ni plus ni moins d’ailleurs que pour l’Irak et l’Afghanistan, et pas plus que les médias américains dans les conflits où leur pays est impliqué. De plus un phénomène de «storytelling» est évident : pour bon nombre de journalistes par exemple, la «fin de l’histoire» (en tout sens) date du 11 avril – et rien ne se passe depuis…

A tel point que pour des raisons techniques et financières, des humanitaires occidentaux se plaignent ces jours-ci à Paris de ce «déficit de l’information» sur la Côte d’Ivoire qui les empêche de recueillir des fonds et donc d’agir pour les déplacés et réfugiés. Comme pour les révolutions arabes, la guerre des blogs, sites ou médias Internet – et bien sûr la presse classique, sera déterminante dans les mobilisations et révoltes urbaines – ce qui laisse d’ailleurs le monde paysan encore en dehors de ces mouvements en devenir. Le parallèle est intéressant : on voit l’opposition pro-Gbagbo se saisir du vocabulaire de la résistance à la tyrannie, de la révolution démocratique et de l’insurrection qui vient, tout en faisant vibrer la corde humanitaire : l’inversion des thématiques de mobilisation est bien un préalable à la reconquête politique.

Cependant l’opinion française peut basculer, notamment à partir d’une situation inattendue dans le paysage institutionnel sarkosyste : la gauche vient de conquérir le Sénat, et le socialiste sudiste Jean-Pierre Bel devient le second personnage de l’Etat ; bien plus, des commissions d’enquêtes parlementaires peuvent s’y mener, sur le modèle (en plus abouti souhaitons-le) de celle qui a été menée sur le Rwanda à l’Assemblée nationale. Peut être des associations comme Sherpa ou Transparency international ou, qui sait, Survie, Attac ou RSF s’intéresseront aux «biens mal acquis», à la situation de la presse ou des droits de l’homme à Abidjan (comme le font Amnesty ou la Fidh sans être très audibles auprès du monde politique français) ; pourtant leurs divisions, leurs compromissions ou leur proximité avec l’alliance sarkoouattariste peuvent en faire douter… L’ «honneur perdu d’Human Rights Watch», aux rapports aussi bien tendancieux qu’inventés montre bien que les liaisons dangereuses (comme aussi International Crisis Group), avec le département d’Etat américain et des financiers comme Soros peuvent aboutir à de pseudo rapports de propagande, alors qu’on prétend faire la morale à la terre entière…


Des Franco-Ivoiriens qui subissent le martyre

Quoiqu’il en soit de la corruption des esprits et de la presse liée à la Françafrique (cf. les derniers «dossiers» d’ «hebdomadaires panafricains» (sic !), ou le caractère systématiquement hostile à Laurent Gbagbo du quotidien Libération, depuis 2000) il me semble qu’un point d’inflexion est atteint et que l’opinion française peut se retourner. Outre les médias, des actions judiciaires sont en cours – et comme pour Sassou N’Guesso et les responsables du massacre du Beach au Congo ou encore le général algérien Khaled Nezzar, qui vient d’être arrêté en Suisse pour sa répression pendant la guerre civile, il pourrait arriver que des responsables ivoiriens connaissent des séjours à Paris ou à Mougins plutôt mouvementés… Après tout des Franco-Ivoiriens ont subi le martyre, comme Michel Gbagbo incarcéré pour sa parenté, ou le cinéaste Sidiki Bakaba qui était à la résidence présidentielle en avril, pourraient mettre en cause devant les médias et les tribunaux l’Ambassade et l’Armée française, si ce n’est l’Onuci et l’Elysée, dont le massacre de civils a de toute évidence dépassé la résolution 1975 – ce qui est, comme en Libye, une forfaiture éthique et une faute juridiquement condamnable.

Si la roche Tarpéienne est près du Capitole pour nombre de dirigeants africains en général, et Ivoiriens en particulier, ces scénarios ne sont pas pour autant inéluctables ; des luttes au couteau se déroulent dans la presse, et dans les institutions comme par exemple la CPI extrêmement divisée sur le cas ivoirien : si le procureur Moreno Ocampo s’affiche avec des criminels de guerre, la juge Silvia Fernandez de Gurmensi s’oppose de toutes ses forces à une « justice de vainqueurs » et prétend juger équitablement les deux camps.

Et si la gauche française renouait avec sa tradition anticoloniale et cessait ce que l’historien Chalchi Novati nomme la «guerre à l’Afrique» ? On peut toujours rêver d’interventions contre la douzaine de «fascistes à la française» peuplant les palais présidentiels africains… Après tout, retrait et abstention sont peut être meilleurs pour une «révolution africaine» à venir : espérons que ces jours-là la gauche française, contrairement à son attitude devant les révolutions arabes, ne manquera pas son rendez-vous politique avec l’histoire"... [...]

* Politologue, chercheur au "Centre sur les conflits" à Paris et animateur de la revue Culture et Conflits


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jeudi 27 octobre 2011

Amnesty International — Sénégal : la condamnation d’un opposant politique doit être annulée




Déclaration publique — 24 octobre 2011 :

Amnesty International s’inquiète de la condamnation à deux ans d’emprisonnement d’un opposant politique, Malick Noël Seck, par un tribunal de Dakar et demande à la Cour d’appel d’annuler ce verdict.

Malick Noël Seck, secrétaire général d’un mouvement affilié au Parti socialiste, a été condamné, le 20 octobre 2011, pour « menaces de mort » et « outrage à magistrat » après avoir déposé une lettre à l’attention du Conseil constitutionnel demandant aux membres de cet organe de ne pas accepter la candidature du président Wade à un troisième mandat.

Amnesty International estime que ni la remise de cette lettre ni le contenu de celle-ci ne peuvent justifier d’être poursuivi pour de telles infractions. Le courrier remis au Conseil constitutionnel ne contient pas de menaces de mort adressées aux membres de cet organe. De plus, ce texte ne peut pas constituer un « outrage à magistrat », étant donné que les membres du Conseil constitutionnel ne sont pas, aux termes du droit sénégalais, des magistrats de l’ordre juridique ou administratif.

Amnesty International estime, par conséquent, que Malick Noël Seck a été condamné pour avoir exprimé des opinions politiques, conformément au droit à liberté d’expression consacré par l’article 10 de la Constitution sénégalaise.

Amnesty International demande l’annulation en appel de la condamnation de Malick Noël Seck et sa remise en liberté provisoire dans l’attente de ce jugement. L’organisation appelle également les autorités à mettre un terme au harcèlement et menaces contre toute personne exprimant une opinion politique dissidente à quatre mois de la prochaine élection présidentielle.


mercredi 26 octobre 2011

Bienvenue dans le chaos libyen !



Par Shlomit Abel, 24 octobre 2011 :

"Le président Gbagbo certainement aurait dû connaître le même sort que le colonel Kadhafi lorsqu’on l’a “cueilli” dans le sous-sol de sa résidence après les bombardements intempestifs de la Licorne. Des témoignages racontent que sans l’intervention de l’officier ghanéen de l’Onuci, il aurait été livré à la vindicte mercenaire.

Mais ce qu’on nous dit maintenant sur la reconstruction de la Libye nous plonge directement dans la réalité ivoirienne de l’après-Gbagbo, un cauchemar dont les Ivoiriens sept mois plus tard ne sont toujours pas encore sortis, avec les mêmes ingrédients. « La stabilité et l'ordre dans le pays doivent être restaurés, ce qui nécessite la collecte d'armes dans les rues (...), qui n'est pas une opération aisée ». « Nous devons également lancer un processus de réconciliation. Sans cela, nous ne pouvons rien faire » déclare Mahmoud Jibril, le nouvel homme fort du CNT. « J'espère que nous parviendrons à coopérer en tant que membres d'une même nation afin d'entamer le processus de reconstruction au plus tôt », et de préciser que «les premières élections après la libération du pays devraient se tenir dans un délai maximum de huit mois ». Au vu du scénario ivoirien, on peut déjà affirmer que la stabilité, le silence des armes et la reconstruction ne sont pas pour l’immédiat; que l’Otan, venue pour « protéger les populations civiles », c'est-à-dire passer de quelques dizaines de morts – non prouvés – à quelques dizaines de milliers de morts, après ses bombardements, va s’installer durablement en Libye, pour “éviter” maintenant que les affrontement tribaux ne dégénèrent en conflits internes !

En d’autres termes après avoir amené désolation et mort dans ses bagages, l’Occident va gérer sur place cette désolation et ces morts qui deviennent maintenant le fruit empoisonné de ces conflits tribaux qui vont déchirer la Libye – le Guide n’étant plus là –, tout en veillant jalousement à ce qu’aucune personnalité émergente ne puisse dans les mois à venir remplacer celui qui avait réussi à fédérer tout le monde ! Du pain béni pour ces hordes de sauvages occidentaux en cols blancs et aux discours aseptisés !

L’enfer programmé par les Occidentaux a maintenant plusieurs entrées supplémentaires : Côte-d’Ivoire, Libye, bientôt l’Ouganda, la Syrie, la Tunisie, sans parler des portes plus anciennes –toujours ouvertes– : Afghanistan, Soudan, Somalie, Irak ! Et je ne parlerai pas de l’enfer rwandais, du Congo, de Madagascar, d’Haïti…

[…] Quand retrousseront-ils les manches pour lutter ensemble, affronter et décapiter cette hydre tentaculaire ?

En tant qu’Israélienne, j’ose rajouter à cette liste mes compatriotes épris de paix et de réconciliation pour qu’ils osent enfin dénoncer l’inféodation totale de leur économie et de leur politique à leur grand ami américain, cet “ami qui nous veut du bien”, au point de faire d’Israël le bouc émissaire téléguidé de tous les maux de la terre ! Cet Occident qui ne cesse de souffler le chaud et le froid pour continuer d’entretenir la haine dans les deux camps ! Cet Occident de culture biblique qui garde le verbe moralisateur en bouche, parlant de pardon, de réconciliation, et qui se cache derrière le Bouc-Émissaire de toujours, pour lui faire endosser tous ses crimes, qui se sert d’Israël en l’instrumentalisant, lui offrant sa protection contre ses “méchants” voisins, alors qu’il les arme et les monte contre lui !

[…]

A plusieurs reprises, Kadhafi se serait adressé à Israël pour qu’Israël plaide sa cause et lui apporte son aide, mais le gouvernement a ri, de ce rire suffisant, ce rire des bien-pensants qui ont la morale et la vertu des armes avec eux, l’arrogance des décideurs. Netanyahou a ri du même rire abject qu’Hillary Clinton qui, plagiant le « Veni, Vidi, Vici » de Jules César, nous a servi son « Nous sommes venus, nous avons vu, et il (Kadhafi) est mort ! ». Même Israël a coopéré dans cette sale guerre avec ses services de renseignements et ses chasseurs bombardiers, – plusieurs journalistes indépendants ont vu les israéliens sur le terrain –, sachant bien que le grand frère américain n’était plus dans le rôle du “sauveur” qui a arrêté la seconde guerre mondiale et mis fin à l’anéantissement des juifs par son déluge de feu sur l’Allemagne, mais dans le rôle du bras séculier des grands-planificateurs du Chaos !"

[…]

Lire l’article en entier sur RésistanCIsraël.


mardi 25 octobre 2011

Libye : islamisme à taqiya modérée


« Lorsque j'ai cité comme exemple la loi régissant le mariage et le divorce, j'ai juste voulu donner un exemple (de lois allant à l'encontre de la charia) car la loi (actuelle) n'autorise la polygamie que dans certaines conditions. Or la charia, à l'appui d'un verset du Coran, autorise la polygamie" sans conditions ». Superbe exemple de pratique de la taqiya : « Ma référence [à la charia] ne signifie pas l'amendement ou l'abrogation d'une quelconque loi », a-t-il expliqué. Cit. Nouvelobs.com.


Avec ça, note Nouvelobs.com : « Le chef du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, a affirmé lundi que les Libyens étaient des "musulmans modérés", cherchant à rassurer la communauté internationale sur l'application de la charia, la loi islamique, en Libye ». « Je voudrais que la communauté internationale soit assurée du fait qu'en tant que Libyens, nous sommes musulmans mais musulmans modérés », a indiqué Moustapha Abdeljalil".

Car bien sûr — bravo Sarko —, le maître d’œuvre, « La France, sera "vigilante" sur le respect des droits de l'Homme. "Notamment la diversité culturelle et religieuse et l'égalité des hommes et des femmes auxquels la France est indéfectiblement attachée" » a précisé le porte-parole du Quai d'Orsay (Nouvelobs.com / AFP).

Sic...


lundi 24 octobre 2011

"Des voix s’élèvent pour dénoncer un assassinat de Kadhafi : qu’en attendre ?"


Lu sur San Finna, hebdomadaire bukinabè, 21 octobre 2011 :

"Suite au déluge d’images et de vidéos concernant la mort de Kadhafi, on sait à présent que l’ex-président de la Libye était en vie lorsque le CNT l’a capturé. Dès lors, et conformément au droit international, il avait le statut de prisonnier de guerre et ne pouvait être exécuté. Pourtant quelques heures apres sa capture, il était prononcé mort par le CNT. Et les explications contradictoires données quant à la cause de son décès, ainsi que les photos et vidéos de son corps publiées sur internet, laissent peu de doute quant à la fin violente qu’a connu le guide libyen. Si, comme tout porte à croire, il a été exécuté après avoir été arrêté, s’il s’agit effectivement d’un assassinat, nous sommes en présence d’un crime de guerre passible de poursuite au plan international.

C’est donc naturellement que des voies ont commencé, ici et là, à s’élever pour questionner, et obtenir clarification sur, les conditions dans lesquelles Kadhafi a trouvé la mort le 21 Octobre 2011.

En effet, le Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville, a demandé une enquête sur les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi.

« A propos de la mort de Kadhafi hier (jeudi), les circonstances ne sont toujours pas claires. Nous estimons qu’une enquête est nécessaire. Il devrait y avoir une enquête compte tenu de ce que nous avons vu hier (jeudi) … Les deux vidéos de Kadhafi publiées jeudi, une de lui vivant, une de lui mort, (…) étaient très inquiétantes ». Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville.

Emboitant le pas à l’ONU, Francis Perrin, le vice-président d’Amnesty International France, a également demandé à ce qu’une enquête soit menée, estimant que la mort de Kadhafi pourrait en fait être une exécution extrajudiciaire ou un crime de guerre.

« Nous avons demandé au CNT qu’une enquête exhaustive indépendante et internationale soit conduite sur les conditions de la mort du colonel Kadhafi. Est-ce qu’il a été tué avant ou après avoir été arrêté ? Si c’est après, comme certaines images semblent le montrer ou le suggérer, cela s’appelle une exécution extrajudiciaire ou un crime de guerre et c’est quelque chose qui doit faire l’objet d’une enquête et être sanctionné ». Francis Perrin, le vice-président d’Amnesty International France

Bien que réclamant action et clarification, les poids lourds de ces organisations se montrent d’une prudence à peine voilée. Une attitude qui témoigne de ce que l’affaire est des plus délicates. Comment, en effet, ne pas réagir face à une violation du droit aussi flagrante quand on se dit être une organisation défendant les droits de l’homme ? Mais comment le faire lorsque l’on sait parfaitement qu’une enquête déterrerait des cadavres que l’on préférerait laisser dans des placards ? Des enquêteurs auraient énormément de mal à convaincre qui que ce soit que les conditions dans lesquelles Kadhafi a péri étaient « normales ». Ces enquêteurs auraient toutes les peines du monde à faire avaler au monde que ce à quoi nous avons affaire est autre chose qu’une exécution extrajudiciaire et que le CNT, mais aussi l’OTAN et des puissances occidentales telles que la France et les USA, n’ont pas commis un crime de guerre.

Car c’est bien de cela qu’il semble s’agir. Un crime de guerre.

Comme l’a fait clairement savoir Moscou, cette fois-ci, l’OTAN pourrait bien avoir franchi la ligne de non retour. En effet, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a critiqué, une fois de plus, l’action de l’OTAN en Libye, questionnant la légalité de la frappe de l’OTAN sur le convoi de Kadhafi. Pour le représentant de la diplomatie russe:

« Il n’y a aucun rapport entre la zone d’exclusion aérienne et une attaque contre un objectif au sol, en l’occurrence le convoi de Mouammar Kadhafi. D’autant qu’il ne pouvait être question de protéger des civils, vu que ce convoi n’attaquait personne, on peut même dire qu’il était en fuite. »

Et concernant les circonstances extrêmement floues, pour ne pas dire plus, de la mort de Kadhafi, il a déclaré ceci :

« Lorsqu’un participant à un conflit est capturé, il faut lui prêter assistance médicale s’il est blessé, il est catégoriquement interdit de le tuer. Kadhafi a été capturé étant blessé, et ensuite, on lui a ôté la vie. Ce n’est pas par hasard que les services du Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme ont déclaré aujourd’hui qu’il fallait mener une enquête sur les circonstances de sa mort, et j’ai la conviction qu’il faut mener une telle enquête. »

Pour autant, cela signifie-t-il que l’ONU va mener une enquête approfondie et indépendante et que les coupables, si coupables il y a, seront jugés selon les règles du droit international ? Seul un utopiste pur et dur pourrait le croire ! Une enquête impartiale voudrait que l’ONU prenne en compte non seulement les actes du CNT, mais aussi ceux de l’OTAN, de la France, du Royaume-Uni et des USA. Car en vérité, comment juger le CNT sans juger l’OTAN ? Et comment juger l’OTAN sans juger la France, le Royaume-Uni et les USA ?

Seulement voila, tout le monde sait très bien que l’ONU ne remettrait jamais en question les actions de ceux qui en tirent les ficelles, de ceux qui la nourrissent, de ceux qui la dirigent.

Il en résulte donc que toute enquête, si enquête il y a, se limitera à vaguement regarder du coté du CNT, et du CNT uniquement, et à soit trouver un bouc émissaire, soit décider que la mort de Kadhafi était « normale ». On peut donc, avant même qu’elle ait commencé ou qu’elle est été décidé, dire que cette enquête, si elle a lieu, sera une parodie"... [...]


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dimanche 23 octobre 2011

La liberté perdue des médias français



Par Raphaël Adjobi :

"Ont-ils été libres, ne serait-ce qu’un temps ? Leur succès passé et la variété des tons d’antan le laissent croire. France soir était par exemple à lui seul vendu à plus de 1 million 500 mille exemplaires quotidiennement ! Les journalistes comme Joseph Kessel qui y travaillaient étaient de vrais aventuriers courant au cœur des événements pour saisir la réalité de la vie des peuples. Convenons donc que cette liberté a existé.

Aujourd’hui, France soir et presque tous les journaux français ont perdu la grande majorité de leurs lecteurs. A qui la faute ? Unanimement, les journalistes pointent du doigt Internet. Mais voyons ! C’est bien facile de toujours rejeter la faute sur l’autre ! Pourquoi n’interrogent-t-ils pas le lecteur qui ne les lit plus ?

Il suffit de se pencher sur l’expérience de ceux qui ont cessé d’être lecteurs de tel ou tel journal pour se rendre compte que cette désaffection vient de deux sentiments bien clairs. D’abord, nous ne nous reconnaissons pas dans les articles des journalistes. C’est toujours la vie et le sentiment de l’autre qui nous sont donnés ; jamais les nôtres. Ensuite, il y a ce doute profond jeté sur leur crédibilité. N’avons-nous pas raison de prendre de la distance par rapport à ce regroupement des journaux entre les mains de grands groupes financiers faiseurs d’hommes politiques pour servir leurs idéaux ? Le dernier à s’être aligné est le journal Le Monde qui passait jusque là pour être le plus intègre à cause de la diversité des opinions qu’il propose.

Les journalistes français doivent savoir que le public a franchement le sentiment qu’ils sont embarqués dans le navire du pouvoir depuis quelques années. Il nous semble plus encore flagrant aujourd’hui qu’hier qu’ils sont incapables de prendre leur distance sans encourir les représailles du pouvoir qui leur offre gracieusement moyens de transport, salle de travail pour accéder à la parole du maître de cérémonie. Tout laisse croire que Nicolas Sarkozy propose et dispose et la presse obéit et diffuse son évangile.

Quand les journalistes découvrent leur propre image sur les papiers de leurs confrères, un profond malaise les envahit tant ce qu’ils voient leur paraît humiliant. Des journalistes qui partagent champagne et petits fours avec les politiques peuvent-ils encore demeurer des investigateurs consciencieux désireux de servir l’intérêt du public ? Des journalistes qui sont pris en charge dans des voyages organisés comme de quelconques touristes sont-ils encore dignes de leur profession ? Et ceux qui sont invités à assister à des mises en scène à la gloire d’un tel ou d’un tel qui veut se tailler un habit royal peuvent-ils encore être appelés journalistes ? Il ne faut donc pas s’étonner que la récente affaire DSK les ait révélés cachotiers et frileux quand il s’agit de montrer les travers et les incohérences comportementales de ceux qui nous gouvernent.


Dans un excellent article de Télérama du 5 octobre 2011, Emmanuelle Anizon estime que cette proximité – pour ne pas dire ce copinage – entre politiques et journalistes politiques est rendue possible par le fait qu’en France ce sont deux populations qui se renouvellent très peu. Aussi, ajoute-t-elle, certains de ses confrères se demandent s’il ne serait pas mieux de renoncer à demeurer journaliste politique toute sa vie. La question mériterait d’être sérieusement étudiée si les médias veulent préserver un semblant de crédibilité.

Outre l’image d’une presse embarquée dans le copinage avec les politiques, il y a une autre tradition française qui vient confirmer la justesse de notre doute quant à la crédibilité des journalistes. Il est ici admis que les journalistes femmes aient des aventures avec les politiques. Si l’affaire Dominique Strauss-Kahn et Tristane Banon a eu quelque retentissement en France, c'est parce que l’ancien président du FMI venait d’être sérieusement secoué par les tribunaux et les médias américains suite à son aventure à l’Hôtel Sofitel à New York. Sinon cette tradition est bien ancrée dans le paysage de notre pays au point qu’elle n’a jamais choqué personne. Les nombreuses unions entre femmes journalistes et hommes politiques ne font que confirmer cette réalité. Isabelle Legrand-Bodin a épousé Alain Juppé, Christine Ockrent est la compagne de Bernard Kouchner, Béatrice Schönberg celle de Jean-Louis Borloo et Audrey Pulvar celle de Arnaud Montebourg. Et récemment, une autre affaire nous a révélé la liaison de la journaliste de Direct 8, Valérie Trierweiler, avec François Hollande.

La vie privée de chacun ne regarde personne, se dit chaque journaliste. Cependant, le fait de découvrir que celui ou celle qui va arracher la vérité pour la révéler au public est complice du donneur de l’information suscite un certain malaise. Et la multiplication de ces expériences discrédite toute une profession. Les journalistes peuvent-ils se permettre de"... [...]

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samedi 22 octobre 2011

La mort de Khadafi et la cruauté du temps


1) Cruauté des coïncidences

« Mouammar Kadhafi … un courage et une dignité dans la mort

Sur le blog de Bruno Ben Moubamba :

« Le rêve de Syrte (qui a vu naître l’Union Africaine actuelle) c’est-à-dire "la perspective d’une puissance africaine" à venir [pourrait] être renvoyé au siècle prochain.

Dans tous les cas, il y a un malaise avec ces images d’un supposé cadavre de chef d’État encore (africain et arabe) qu’on nous expose sans gêne en même temps que l’arrivée d’un heureux événement à l’Élysée. Le décalage choque mais ne nous arrêtons pas à la superposition des images : d’un côté une petite fille présidentielle (Giulia Sarkozy) naît à l’Élysée dans la douceur d’un automne doux comme du coton (nos vœux les plus sincères) et de l’autre un dirigeant parait avoir été déchiqueté par des armes sans pitié pour le pétrole et le gaz de son pays (toutes nos condoléances les plus tristes également aux peuples de la Lybie).

Nous n’avons jamais aimé Mouammar Kadhafi mais en cet instant solennel, nous nous inclinons quand même devant sa mémoire. Celui qui semble avoir été tué par des Armées Occidentales a affirmé depuis le début de ce conflit qu’il ne fuirait jamais de son pays et mourrait sur sa terre et notamment à Syrte. Quelque soit ce qui a pu lui être reproché, reconnaissons à Mouammar Kadhafi un courage et une dignité dans la mort qui force le respect. […]

Comme Georges Bush en 2003 sur l’Irak, le Président Sarkozy s’est trompé d’époque. Le recours systématique à la guerre comme système politique international, fera augmenter les enlèvements des Occidentaux dans le monde, la survie d’Israël ne sera pas garantie, les Africains risquent de se rebeller de plus en plus quoi qu’en pense le Quai d’Orsay, le français perdra son attractivité partout en Afrique, les puissances asiatiques (surtout la Chine mais aussi l’Inde) n’accepteront pas qu’on leurs coupe la route des approvisionnements énergétiques entraînant une tension de type 3eme Guerre Mondiale entre l’Orient et l’Occident, l’intégrisme religieux se répandra dans le pourtour méditerranéen, les nouvelles générations africaines se tourneront vers l’Égyptologie de plus en plus pour rompre avec l’Occident, il y aura de la fragmentation communautaire dans tout l’Occident, plus de pauvreté en Europe et plus d’oligarchie dans le Bloc Occidental sur le modèle russe ou chinois sans la même efficacité. » […]

La suite sur le blog de Bruno Ben Moubamba


2) Cruauté d’un procédé



L’Analyse de Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier n° 348 du 21.10.11 :

« Et si les hésitations occidentales d’après l’annonce par le CNT de la mort de l’ancien Guide libyen obéissaient à un plan de communication savamment monté ? Une chose est sûre : ni les rebelles libyens ni les Occidentaux n’avaient intérêt à maintenir Kadhafi vivant. Et l’avenir est désormais lourd d’incertitudes…

Dans quelles conditions Muammar Kadhafi est-il décédé ? A peine la véracité de l’information sur sa mort a-t-elle été confirmée par les grandes puissances occidentales membres de la coalition de l’OTAN qui dirige les rebelles du CNT sur le terrain, que cette question se fait jour. En effet, on a eu droit à une sorte de scénario de l’annonce de l’ex Guide libyen qui, rétrospectivement, semble avoir été minutieusement pensé pour brouiller les pistes.

Tout a commencé par l’annonce, par le CNT, de la capture, puis de la capture et de la mort, suite à ses blessures, de Kadhafi. La France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, nations à la tête de la coalition occidentale ayant juré la perte du natif de Syrte, ont d’abord feint de ne rien en savoir. Le CNT ayant habitué l’opinion mondiale à des annonces plus fantaisistes les unes que les autres, l’heure devait donc être à la circonspection. Mais les médias occidentaux, sans doute briefés par les «services» de leurs pays, ont très vite pris cette dernière annonce au sérieux. Pendant que leurs gouvernements gardaient le silence.

Comme à Abidjan avec Gbagbo, Paris a livré Kadhafi à ses ennemis

Pourquoi ? Dans le storytelling rédigé à l’avance pour raconter la mort de Kadhafi, il fallait absolument pouvoir dire que son trépas est uniquement lié à la violence vengeresse, sauvage mais compréhensible après tout, de ses propres compatriotes. Visiblement, cette stratégie du récit n’a pas résisté à la rivalité des alliés occidentaux, chacun étant désireux de montrer à quel point sa participation à l’œuvre commune a été déterminante, dans la mesure où l’investissement guerrier de départ devra être rémunéré à la mesure du risque par les nouveaux maîtres du pays. Gérard Longuet, ministre français de la Défense, est donc sorti du bois. Il a avoué que c’est l’aviation française qui a stoppé le convoi dans lequel se trouvait Kadhafi. Un convoi d’environ 80 véhicules. «Ils ont été stoppés dans leur progression mais non détruits par l'intervention de l'aviation française, en l'occurrence des Mirage, et ce sont des combattants au sol de Misrata qui ont intercepté une partie du convoi (…) Parmi les voitures détruites, ils ont sorti le colonel Kadhafi dont on pensait qu'il était blessé mais il était en fait mort», a-t-il ajouté. Il s’agit donc d’une opération conjointe dirigée par l’armée française. Comme le 11 avril 2011 à Abidjan avec Gbagbo, l’armada hexagonale a fait le gros du boulot et livré Kadhafi à ses ennemis pour qu’ils se salissent les mains pour le grand profit de tous. Les mythes de l’Occidental humaniste et de l’Arabe (ou de l’Africain) sauvage et prompt à la vengeance bestiale ont été préservés. » […]

Lire la suite sur Le Nouveau Courrier


3) Cruauté d’une « révolution »

L’amère victoire de la révolution libyenne par Laurent Joffrin sur nouvelobs.com.


vendredi 21 octobre 2011

"Monsieur Sarkozy, votre petit a des problèmes !"




Par Hassane Magued. Extrait de infodabidjan.net - 21.10.11 :

"Il vous dit qu’il dort bien. Il vous dit que tout va bien. Ils vous disent tous que Laurent GBAGBO n’est plus rien en Côte d’Ivoire. Ils osent même dire que le peuple l’a oublié. Ils ont pronostiqué que le départ de l’aventurier Koulibaly Mamadou, convaincu par vos soins avec comme récompense un rêve de fou, avait signé la fin du FPI (Front Populaire Ivoirien). Et comme une boutade, ils rient au nez du FPI/CNRD en criant : « y a rien en face ! », ce cri des Patriotes ivoiriens qu’ils se sont approprié.

Donc il n’y a plus aucun problème enCôte d’Ivoire. Il a suffi de débarrasser la Côte d’Ivoire de GBAGBO Laurent pour retrouver un ” vrai processus démocratique en Côte d’Ivoire. Et la France peut être fière de ce qu’elle a fait dans ce pays. ” Ça, c’est le ministre des affaires étrangères de France qui le disait il y a une dizaine de jours, devant les députés français et il a été applaudi par les députés de l’UMP, votre parti remarquablement discipliné quand il s’agit de vos projets de Printemps en Afrique.

Alors laissez-moi m’interroger, Monsieur le faiseur de Printemps africains avec des bombes américaines. La Licorne payée à plus de 24 milliards de francs CFA par an avec l’argent du contribuable ivoirien, ça sert donc à quoi ? A protéger les intérêts français ? Oh ! Je ne savais pas que les intérêts français coûtaient tant de cadavres de civils et d’argent !

La branche militaire de l’ONUCI qui barricade tout le périmètre présidentiel à Abidjan Plateau avec des gros chars d’assaut, c’est pour la frime ? Ah oui ? C’est pour l’occupation armée ! Non ? Plutôt pour éviter que la Licorne soit débordée et que cela donne l’air d’une défaite française de plus ?

Les mercenaires togolais, nigériens et burkinabés qui ne regagnent les camps de l’ONUCI qu’à partir de 8H du matin pour trouver quelques heures de sommeil et ensuite retourner occuper des postes avancés de combat sur les grandes voies menant à Abidjan, c’est pour prévenirquoi alors ? Une invasion de criquets ? Il n’y a jamais eu de criquets migrateurs en Côte d’Ivoire. Ce sont les frères africains de la sous région ouest africaine qui migrent vers la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi il n’ya plus de forêts classées. Ils y cultivent la terre. Demandez à vos frères de WWF, l’ONG allemande. Ils vous le diront de façon plus élaborée.

Et enfin, dans l’escorte du Moro Naba, le Chef indigène venu d’ailleurs et autoproclamé puis proclamé président de Côte d’Ivoire par la “Communauté” des intérêts français ; nos sources confirment que deux sur la quinzaine de véhicules militaires de type Pick-Up ont à leur bord deux tireurs de missiles à tête chercheuse sol sol ; cinq pick-upsont équipés de mitrailleurs lourds à pédale ; et les autres zozos dans sa suite, ont des lanceurs de RPG armés, des fusils mitrailleurs d’assaut avec un tireur central en position arrêtée par véhicule doté de mitrailleur semi lourd avec chaîne à balles. Tout ça, dans un environnement où tout est sous contrôle et oùun processus démocratique bat son plein.


Pourquoi aimez-vous le gaspillage MonsieurSarkozy !?

Dans l’arène politique, lorsqu’on a affaire à un homme politique fini, abandonné, esseulé, quand on est en face d’une armée de fuyards qui de surcroît a accordé son suffrage à 80% à votre ami et ensuite vous a fait allégeance, c’est qu’on ne doit rien craindre. Et quand on ne craint rien, ont s’en fout des faits et gestes de “plaisantins” comme nous autres, qui nous réclamons d’un homme”vraiment fini” et “enterré”.

Mais paradoxalement, vous vous occupez de nous de façon à vous causer des crises comme celles qui abrègent parfois vos élans de sportif. Même le FPI (Front Populaire Ivoirien) décrété mort après la déportation et l’emprisonnement de la plupart de ses cadres, l’exil forcé des autres cadres restants avec chacun un mandat d’arrêt international bien utile, la trahison orchestrée pour créer un vide administratif dans l’équipe d’intérim, ce FPI “fini” comme GBAGBO Laurent, est devenu votre cauchemar personnel et fait trembler tout un système international de domination sans partage mis en place en Côte d’Ivoire. Pourquoi vous êtes si bizarre !?

Même les simples meetings qui, en principe devraient regrouper une dizaine de sympathisants désoeuvrés et prêts à répondre à l’appel de n’importe qui pouvant leur promettre des emplois, à encroire Monsieur Choï, sont traités comme des insurrections armées mobilisant, pour les empêcher de se tenir, des hélicoptères de combat, des chars d’assaut, des moyens militaires inimaginables de l’ONUCI, de la Licorne et des tirailleurs FRCI. Tout ça, juste pour empêcher un meeting de jeunes constitués d’une poignée de partisans nostalgiques de se tenir. Ça devrait vous interpeller Messieurs les spécialistes, observateurs et experts de la Côte d’Ivoire ! Vous autres, messieurs !

C’est à votre bon sens que je m’adresse.

Cette poignée d’individus encore nostalgique de Laurent GBAGBO devrait être ignorée, banalisée et seule, elle moura de sa belle mort !

Mais que non ! On vous ment ! Comme depuis toujours !

Aujourd’hui, après l’injustice sans nom dont il est victime avec ses camarades de lutte et parents, Laurent GBAGBO est porté dans le cœur de plus de 70% des Ivoiriens ayant atteint l’âge du discernement qui est situé par les juges, entre 9 ans et 10 ans. Même les tout petits qui apprennent à découvrir leur environnement quotidien connaissent Laurent GBAGBO comme le Président de Côte d’Ivoire. Mais soyez rassurés, aucun d’eux ne sait qui est Dramane Ouattara. Et quand ils sont un peu plus grands etqu’ils veulent l’évoquer, savez-vous comment ils l’appellent : « le Maudit là » ou « le Méchant là » ou « le… », désolé, ce n’est bon à dire.

C’est donc pourquoi ils ont peur, d’une peur qui les tétanise et les oblige à mentir, encore et encore, d’Abidjan à Paris. Car ils savent que les Ivoiriens qui ne comprenaient pas GBAGBO Laurent ont enfin compris son combat. Ceux qui ne connaissaient pas Dramane Ouattara savent désormais qu’il est l’unique problème de la Côte d’Ivoire. Etle jour où ils trouveront l’occasion de se donner la main, ce jour-là, le processus démocratique, mis en place en Côte d’Ivoire avec des milliers de bombes larguées sur la tête des civils à la demande de Monsieur Nicolas Sarkozy, mon interlocuteur de ce jour, sera approprié par ces Ivoiriens qui forment l’immense majorité flouée à coup d’intoxication médiatique.

Au fait, pour en revenir à Monsieur Sarkozy, n’est-ce pas la Démocratie que l’on recherche en Côte d’Ivoire ? N’est-ce pas cette démocratie que les Ivoiriens veulent promouvoir à travers les petits meetings, points de presse et débats d’idée? Alors pourquoi avez-vouspeur que le peuple se l’approprie ?" [...]

La suite sur infodabidjan.net...


mercredi 19 octobre 2011

Monsieur le Président, il en manque un...


La libération de Gilad Shalit est une excellente nouvelle, pour Israël, pour les Palestiniens, pour le Hamas, pour Paris. Israël voit diffuser aux yeux du monde le prix pour lui de la vie d'un seul de ses ressortissants menacé, et libéré en contrepartie de la libération de plus de 1000 prisonniers Palestiniens, dont on mesure aussi la joie des familles. Pour le Hamas, le voilà élevé, par le miracle de la négociation devenue publique, au statut d'interlocuteur à part entière. Pour Paris, c'est d'abord la joie de la libération d'un ressortissant français, à l’écho médiatique impressionnant...

Du coup, tout à son euphorie de se voir éventuellement attribuer quelque effluve sondagesque des effets de la libération du soldat franco-israélien, le Président français évoque le nom de l’étudiant franco-palestinien Salah Hamouri emprisonné depuis 2005.

Tout est merveilleux dans ce monde de bonnes intentions, empreint de la bonté du Président français pour les ressortissants de son pays...

Monsieur le Président, il en manque un, de ces bi-nationaux en captivité, un que vous ne mentionnez jamais, le franco-ivoirien Michel Gabgbo, coupable d'avoir "été avec son père" (sic), et emprisonné sans aucune forme de procès à ce seul motif ! Serait-ce parce qu'il est captif de votre ami, arrivé au pouvoir grâce aux bombardements dus à votre initiative, bombardements qui ont frappé pour l'occasion jusqu'à un supermarché, une cité universitaire, un hôpital, et ont ouvert le pays à des bandes de tueurs qui continuent de sévir (au grand dam des Ong qui ne trouvent d'écho que le silence) tandis que leur chef parle réconciliation ?...

Il s'appelle Michel Gbagbo, les médias français, suite à votre silence, l'ignorent totalement : même pas compté parmi les autres otages français...



mardi 18 octobre 2011

Aubry : Des propos "seulement désagréables"


Un peu vaches tout au plus...


Aubry portant plainte parce qu'un blogueur relaie des rumeurs la soupçonnant d'avoir un penchant pour la bouteille, l'homosexualité, tel courant de l'islam - qu'avec son approbation, les bombardements français ont mis à la tête de Tripoli...

Outre "atteinte à la vie privée" une plainte pour "diffamation". N'étant pas dans les secrets du tribunal, on peut se demander ce qui, dans les trois rumeurs évoquées, relève du diffamatoire et ce qui est de la vie privée...

Sympathie homosexuelle, par ex. : vie privée ou diffamation ? Les homosexuels apprécieront...

Sachant en outre qu'Aubry est elle-même sous le coup d'une plainte en diffamation pour avoir accusé publiquement le Président Gbagbo de "crime contre son peuple" (sic), puis d'avoir "pris de l'argent" (re-sic).

Pour le premier "crime" dont elle colporte la rumeur, plus on avance, plus on ne trouve rien contre Gbagbo, tandis que transpire avec de plus en plus d’insistance que celui (Ouattara) qui, selon Aubry, "a eu raison de l'attaquer" (re-re-sic) est moins vierge que prévu !

Pour le second, Aubry oublie que les "crimes économiques" dont Outtara accuse Gbagbo ne sont pas d'avoir "pris de l'argent" pour lui, mais essentiellement d'avoir nationalisé les banques qui avaient fermé arbitrairement en vue sanctionner un peuple résistant à la violence approuvée alors par Aubry. Les socialistes français feraient bien de s’inspirer de ce type de "crimes économiques".

Concernant l'affaire Aubry contre le blogueur, le tribunal a tranché : des "propos seulement désagréables". La petite histoire ne dit pas si lesdits "propos désagréables" sont seulement ceux du blogueur sur Aubry, ou si cela sous-entend aussi la qualification éventuelle de "diffamation" qui serait de se voir soupçonner d'avoir des sympathies homosexuelles !...

Gageons que lors de sa comparution pour diffamation contre Gbagbo, elle pourra plaider avoir tenu - "crime contre son peuple" ! dit-elle - des propos "seulement désagréables"...




dimanche 16 octobre 2011

Du taf pour le boucher


Hommage au préfet Eugène-René Poubelle et suggestion de projet… propre à occulter (à défaut d'enfouir) les odeurs de dictature qui se dégagent des cuisines du préfet Boucher.

poubelle.png

Le 7 mars 1884, sous la IIIe République, le préfet de la Seine Eugène-René Poubelle signe un arrêté préfectoral relatif à l'enlèvement des ordures ménagères, pour lutter contre l'entassement des déchets dans les rues de la région parisienne. Cet arrêté oblige les propriétaires parisiens à fournir à chacun de leurs locataires un récipient destiné à leurs ordures ménagères, et dispose que : « Dorénavant, les ordures ménagères seront ramassées par l'intermédiaire d'un récipient de bois garni à l'intérieur de fer blanc, de manière à ce que rien ne puisse s'en échapper. Ces récipients pourront également contenir des cendres chaudes sans risque d'incendie ».

L'arrêté précise la dimension des récipients (de 80 à 120 litres, moins de 10 000 g à vide), la présence d'un couvercle, d'une anse ou poignées, etc. Après trois mois de délibérations, de travail en commissions, et malgré l'opposition des chiffonniers et hygiénistes, et suite au vote du conseil municipal de Paris le 22 février 1884, le Bulletin municipal officiel de la ville de Paris daté du 7 mars 1884 publie un nouvel arrêté intitulé « Enlèvement des ordures ménagères, Règlement », également signé par Eugène-René Poubelle, qui supprime la taille minimale des récipients et précise les modalités de leur utilisation. Le reste de la Préfecture de la Seine suit progressivement.

Dès sa création, le tri sélectif est prévu dans trois « récipients » spécifiques :
un « récipient commun » pour les « résidus de ménage » ;
un « récipient spécial » pour les « débris de vaisselle, verre, poterie, etc. provenant des ménages »
un « récipient spécial » pour les coquilles d'huîtres et moules.

Dès le 16 janvier 1884, Le Figaro critique la « boîte Poubelle » (avec une majuscule). Très rapidement, les « récipients » sont appelés poubelles. Le mot entre dès 1890 dans le supplément du Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle.

Depuis Eugène Poubelle, des éboueurs sont chargés d'enlever régulièrement les poubelles déposées sur les trottoirs ou dans les cours. Ils utilisent pour cela un véhicule spécialisé (camion-poubelle) dont le contenu est acheminé dans des décharges. Par la suite, c'est en général dans les usines d'incinération que sont définitivement détruits les déchets.

Bientôt, l'emploi de poubelles s'imposera en France dans chaque commune et chaque foyer, puis dans tous les pays industrialisés qui adopteront le principe du ramassage des ordures par l'intermédiaire d'une poubelle.

Au XXIe siècle, la poubelle est un récipient aux multiples formes et couleurs, doté d'un couvercle fabriqué en divers matériaux (le plus souvent en plastique) et de diverses dimensions. Les volumes les plus courants sont : 80L, 120L, 140L, 180L, 240L, 340L, 660L, 750L, 1000L, 1100L.

Modèles

Un des modèles les plus réputés est la Vipp, de forme cylindrique avec un couvercle, une pédale et deux courtes poignées, créée au Danemark en 1939 et dont le design initial a été repris par de grands stylistes (dont Philippe Starck et Christian Lacroix).


Les poubelles de grandes contenances sont appelées conteneurs.


  


samedi 15 octobre 2011

Libérez Malick Noël Seck !


Qui, en Côte d'Ivoire, se souvient de Noël Malick Seck, ce jeune activiste et homme politique sénégalais qui a courageusement choisi de dire sa part de vérité sur ce qu'il est convenu d'appeler la "crise postélectorale", et de faire le voyage d'Abidjan malgré l'hallali international ? La suite ICI.

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Voir aussi ICI 

vendredi 14 octobre 2011

jeudi 13 octobre 2011

mercredi 12 octobre 2011

mardi 11 octobre 2011

Commettre les pires atrocités. Mais être du «bon» côté...


"Dans le monde qui vient, vous pourrez toujours commettre les pires atrocités. Il faudra tout simplement vous assurer d’être du «bon» côté."


"Le nouveau logiciel de l’impunité"

Par Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier N°338 Du 10 octobre 2011 :

"Le concept d’impunité a été évoqué à maintes reprises en Côte d’Ivoire ou au sujet de la Côte d’Ivoire durant la semaine qui vient de s’écouler. Et pour cause : les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont ouvert la voie à des enquêtes sur les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres violations graves des droits de l’Homme durant ce qu’il est convenu d’appeler la «crise post-électorale» et – peut-être – depuis le déclenchement de la rébellion dirigée par Guillaume Soro, le 19 septembre 2002.

Justifiant avant toute inculpation la déportation future du président Laurent Gbagbo à La Haye, Guillaume Soro, chef visible de l’insurrection qui a déclenché «le grand malheur» ivoirien, a affirmé qu’il ne fallait pas «laisser survivre l’impunité ». L’impunité des autres, pourraiton rétorquer à celui qui a tenu à affirmer qu’il a dirigé en personne l’attaque du 19 septembre 2002 à Abidjan, et qui a joué au général en costard lors des nombreuses et sanglantes purges internes à la rébellion et bien entendu, entre décembre 2010 et avril 2011, l’apothéose de sa dernière épopée militaire ayant été, si l’on en croit les proches du défunt, la torture et l’exécution d’un Ibrahim Coulibaly désarmé et, pour faire bonne mesure, de plusieurs de ses compagnons.

Le vocable «impunité» a également été utilisé à plusieurs reprises par l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, qui a publié un rapport où elle est apparue comme le procureur maladroit de Gbagbo, à qui elle a prêté des propos qu’il n’a jamais tenus, et comme l’avocat empressé d’Alassane Ouattara, qu’il ne faut surtout pas – ah bon ! – mêler aux crimes du «commando invisible» et dont les forces n’ont cédé aux crimes massifs que «très tardivement ». Comme en guise de légitime défense, a-t-on envie de suggérer pour en finir avec les sous-entendus indécents ! Quelques mois plus tôt, Florent De Geel, de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), tentait de venir au secours du régime ivoirien en sous-entendant, sur SlateAfrique, qu’Amadé Ouérémi, le chef de milice burkinabé qui terrorise Duékoué, n’avait rien à voir avec la hiérarchie officielle de l’armée de Ouattara et de Soro. Ce qui signifie que les tueries innommables de Duékoué ne sauraient être de leur fait.

Mardi dernier, les avocats Roland Dumas et Jacques Vergès se faisaient injurier, et voyaient leur livre «Sarkozy sous BHL» traité de chose «méprisable» par une meute de journalistes «vertueux» parce qu’ils affirmaient que Nicolas Sarkozy, qui assume de manière volubile la direction politique des opérations de l’OTAN en Libye, pourrait être responsable de «crimes contre l’humanité». Voyons donc, tout cela est «excessif» donc «insignifiant», raisonnaient les raisonneurs.

Et pourtant, l’armée française a souvent commis des crimes contre l’humanité en Afrique depuis la décolonisation.

Et pourtant, des forces soutenues par la France officielle ont commis, il y a moins de vingt ans, un génocide au Rwanda. Et pourtant, les organisations de défense des droits de l’Homme les moins compromises nous informent quotidiennement sur les crimes du CNT, qui font, sous le haut commandement de l’OTAN, dans les villes du Sud de la Libye, ce que le «monde libre» se glorifie d’avoir empêché à Benghazi. Un beau, bel et grand massacre !

Ces contradictions apparentes entre un idéal généreux et des pratiques réelles d’une perversité machiavélique constituent le socle du nouveau logiciel de l’impunité. Un nombre incroyable de «partenaires» venant des univers des ONG, des médias, de la diplomatie et du savoir convergent, dans une unanimité inédite, pour imposer une fausse évidence : l’Empire occidental incarnant le bien absolu, ses alliés et lui ne peuvent commettre le mal que par «mégarde», quand ceux à qui il fait la guerre ou qui s’opposent à lui sont d’une perversité «naturelle». Les morts civils causés par les frappes de l’OTAN sont des «bavures», mais l’obus «de Gbagbo» qui serait tombé, nous dit-on, sur un marché d’Abobo, est une «faute morale». Les résolutions 1973 et 1975 interdisent l’usage d’armes lourdes qui peuvent menacer des civils, mais devraient pouvoir autoriser le largage de bombes et de missiles en pleine ville, à Yopougon, à Syrte et partout où tous les civils sont assimilés à des «pro-Kadhafi», donc à de légitimes cibles militaires.

Le nouveau logiciel de l’impunité veut nous faire admettre que le fait que certains criminels contre l’humanité supposés soient pris dans les filets de la «justice internationale» alors que leurs alter ego y échappent effrontément est une bonne nouvelle. Pour mieux saisir l’absurdité d’un tel point de vue, transposons la querelle dans les limites d’un village atchan. Un fils de Mobio a volé les poules d’un fils de Kodo, et un fils de Kodo a volé les poules d’un fils de Mobio. Parce que le chef du village est persuadé que le fils de Kodo est «mauvais » et «a poussé à bout» son adversaire, lui seul doit être arrêté. Alors que le village s’interroge sur une telle logique, celui qui tient le rôle du sage du village tranche en disant qu’il aurait aimé que les deux soient arrêtés, mais que l’arrestation du fils de Kodo est une «avancée» de la lutte contre l’impunité.

Qui peut croire à ce mensonge éhonté ? Personne.

Mais puisque cette nouvelle chorégraphie douteuse se déroule au plan international, l’ignorance des uns et l’indifférence des autres entretiennent les pires absurdités." [Suite ...]

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