dimanche 9 octobre 2011

Soro menacé de la CPI comme Ouattara


Ouattara c’est ici, les deux c’est là, Soro c’est ci-dessous. (La tentative de les en tirer c’est là.)


Devoir de mémoire : ce qu’il faut rappeler à Guillaume Soro

Par Edouard Amichia. Extrait du Nouveau Courrier du 03/10/11 :

«Moins d’une semaine après l’installation en grande pompe de la Commission de vérité et réconciliation (Cdvr), ceux qui n’ont pas intérêt à ce que la mission du team de Charles Konan Banny aboutisse sont déjà à l’oeuvre. Le spectacle que la coalition des «vainqueurs» de la crise politico-militaire engagée en septembre 2002 donne à voir est d’autant plus révoltant que sa conception de la réconciliation est controversée.

Pour le Premier ministre Soro Guillaume qui résume assez bien la vision du nouveau régime, la réconciliation nationale n’est envisageable que si les vaincus, c’est-à-dire les partisans du président Gbagbo, reconnaissent qu’ils ont perdu la guerre et se mettent à genoux devant eux, les «vainqueurs».

Il n’est surtout pas question, dans son entendement, de réclamer la libération du président Gbagbo que Ouattara et le chef de son gouvernement se battent bec et ongles pour obtenir le transfèrement devant la Cour pénale internationale (Cpi). Le patron de la rébellion devrait pourtant réfléchir par deux fois avant de s’engager dans le débat sur les suites judiciaires de la crise ivoirienne, surtout quand il est question de la Cpi.


Tueries massives et pillages

Pour avoir dirigé la rébellion qui a endeuillé la Côte d’Ivoire de 2002 à 2011 et traîne tellement de casseroles, il est inimaginable qu’il échappe aux poursuites de la Cpi si cette instance judiciaire internationale devait effectivement fourrer son nez dans les affaires ivoiriennes. A moins que la justice sélective des vainqueurs ne s’étende à l’échelle mondiale. En effet, qui ne se souvient des 60 gendarmes égorgés en 2002 à Bouaké et dont les images de l’assassinat ont fait le tour du monde ? Ou des danseuses d’Adjanou froidement exécutées à Sakassou ? Ou encore, tout récemment, à la faveur de la crise post-électorale, des tueries massives enregistrées dans l’ouest du pays, principalement dans le département de Duékoué, dénoncées par les organisations internationales des droits de l’homme ? D’innocentes personnes tuées à coups de machettes, d’armes à feu ou passées par le feu. Dans le cadre de la bataille d’Abidjan, alors que le pouvoir avait déjà changé de main, les populations de la commune ont été massacrées par les Frci dont le gros des troupes est constitué des FAFN.

Des charniers découverts dans la commune ont particulièrement fait l’objet de rapports d’Amnesty international et de Human Rights Watch. Par ailleurs, de nombreuses atteintes aux droits de l’homme ont été enregistrées durant près d’une décennie dans les zones occupées par les Forces nouvelles dont il reste le premier responsable.

On a aussi en mémoire le pillage des ressources minières, agricoles et autres, qui ont fait l’objet de plusieurs rapports d’organismes internationaux. Tout ceci fait de Soro Guillaume un candidat à la Cpi.» […]

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