1) Cruauté des coïncidences
« Mouammar Kadhafi … un courage et une dignité dans la mort
Sur le blog de Bruno Ben Moubamba :
« Le rêve de Syrte (qui a vu naître l’Union Africaine actuelle) c’est-à-dire "la perspective d’une puissance africaine" à venir [pourrait] être renvoyé au siècle prochain.
Dans tous les cas, il y a un malaise avec ces images d’un supposé cadavre de chef d’État encore (africain et arabe) qu’on nous expose sans gêne en même temps que l’arrivée d’un heureux événement à l’Élysée. Le décalage choque mais ne nous arrêtons pas à la superposition des images : d’un côté une petite fille présidentielle (Giulia Sarkozy) naît à l’Élysée dans la douceur d’un automne doux comme du coton (nos vœux les plus sincères) et de l’autre un dirigeant parait avoir été déchiqueté par des armes sans pitié pour le pétrole et le gaz de son pays (toutes nos condoléances les plus tristes également aux peuples de la Lybie).
Nous n’avons jamais aimé Mouammar Kadhafi mais en cet instant solennel, nous nous inclinons quand même devant sa mémoire. Celui qui semble avoir été tué par des Armées Occidentales a affirmé depuis le début de ce conflit qu’il ne fuirait jamais de son pays et mourrait sur sa terre et notamment à Syrte. Quelque soit ce qui a pu lui être reproché, reconnaissons à Mouammar Kadhafi un courage et une dignité dans la mort qui force le respect. […]
Comme Georges Bush en 2003 sur l’Irak, le Président Sarkozy s’est trompé d’époque. Le recours systématique à la guerre comme système politique international, fera augmenter les enlèvements des Occidentaux dans le monde, la survie d’Israël ne sera pas garantie, les Africains risquent de se rebeller de plus en plus quoi qu’en pense le Quai d’Orsay, le français perdra son attractivité partout en Afrique, les puissances asiatiques (surtout la Chine mais aussi l’Inde) n’accepteront pas qu’on leurs coupe la route des approvisionnements énergétiques entraînant une tension de type 3eme Guerre Mondiale entre l’Orient et l’Occident, l’intégrisme religieux se répandra dans le pourtour méditerranéen, les nouvelles générations africaines se tourneront vers l’Égyptologie de plus en plus pour rompre avec l’Occident, il y aura de la fragmentation communautaire dans tout l’Occident, plus de pauvreté en Europe et plus d’oligarchie dans le Bloc Occidental sur le modèle russe ou chinois sans la même efficacité. » […]
La suite sur le blog de Bruno Ben Moubamba
2) Cruauté d’un procédé

L’Analyse de Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier n° 348 du 21.10.11 :
« Et si les hésitations occidentales d’après l’annonce par le CNT de la mort de l’ancien Guide libyen obéissaient à un plan de communication savamment monté ? Une chose est sûre : ni les rebelles libyens ni les Occidentaux n’avaient intérêt à maintenir Kadhafi vivant. Et l’avenir est désormais lourd d’incertitudes…
Dans quelles conditions Muammar Kadhafi est-il décédé ? A peine la véracité de l’information sur sa mort a-t-elle été confirmée par les grandes puissances occidentales membres de la coalition de l’OTAN qui dirige les rebelles du CNT sur le terrain, que cette question se fait jour. En effet, on a eu droit à une sorte de scénario de l’annonce de l’ex Guide libyen qui, rétrospectivement, semble avoir été minutieusement pensé pour brouiller les pistes.
Tout a commencé par l’annonce, par le CNT, de la capture, puis de la capture et de la mort, suite à ses blessures, de Kadhafi. La France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, nations à la tête de la coalition occidentale ayant juré la perte du natif de Syrte, ont d’abord feint de ne rien en savoir. Le CNT ayant habitué l’opinion mondiale à des annonces plus fantaisistes les unes que les autres, l’heure devait donc être à la circonspection. Mais les médias occidentaux, sans doute briefés par les «services» de leurs pays, ont très vite pris cette dernière annonce au sérieux. Pendant que leurs gouvernements gardaient le silence.
Comme à Abidjan avec Gbagbo, Paris a livré Kadhafi à ses ennemis
Pourquoi ? Dans le storytelling rédigé à l’avance pour raconter la mort de Kadhafi, il fallait absolument pouvoir dire que son trépas est uniquement lié à la violence vengeresse, sauvage mais compréhensible après tout, de ses propres compatriotes. Visiblement, cette stratégie du récit n’a pas résisté à la rivalité des alliés occidentaux, chacun étant désireux de montrer à quel point sa participation à l’œuvre commune a été déterminante, dans la mesure où l’investissement guerrier de départ devra être rémunéré à la mesure du risque par les nouveaux maîtres du pays. Gérard Longuet, ministre français de la Défense, est donc sorti du bois. Il a avoué que c’est l’aviation française qui a stoppé le convoi dans lequel se trouvait Kadhafi. Un convoi d’environ 80 véhicules. «Ils ont été stoppés dans leur progression mais non détruits par l'intervention de l'aviation française, en l'occurrence des Mirage, et ce sont des combattants au sol de Misrata qui ont intercepté une partie du convoi (…) Parmi les voitures détruites, ils ont sorti le colonel Kadhafi dont on pensait qu'il était blessé mais il était en fait mort», a-t-il ajouté. Il s’agit donc d’une opération conjointe dirigée par l’armée française. Comme le 11 avril 2011 à Abidjan avec Gbagbo, l’armada hexagonale a fait le gros du boulot et livré Kadhafi à ses ennemis pour qu’ils se salissent les mains pour le grand profit de tous. Les mythes de l’Occidental humaniste et de l’Arabe (ou de l’Africain) sauvage et prompt à la vengeance bestiale ont été préservés. » […]
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3) Cruauté d’une « révolution »
L’amère victoire de la révolution libyenne par Laurent Joffrin sur nouvelobs.com.
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