dimanche 30 septembre 2012

"Racisme anti-'blancs'" : un autre son de cloche...



"Affirmer que l’immense majorité blanche composant la société française est victime de racisme est stupide et dangereux."

(Lu sur le blog 'Alternatives et cohérence' de Ahouansou Séyivé. Extraits :)

"Stupide car le racisme s’inscrit dans une articulation historico-politico-économico-sociale bien définie, aucun français blanc n’a de substrat logé dans son inconscient lui indiquant qu’à un moment de son histoire, son peuple a été asservi par les Noirs ou les Arabes, son peuple n’a pas été réduit en esclavage et la colonisation la plus récente de son pays n’a duré que le temps d’une occupation allemande, bien blanche, bien blonde, en clair, à son image.
Il ne connaît pas non plus la discrimination insidieuse découlant de son patronyme ou de son teint […] lors de la lutte pour l’accession à un logement, pour celle de l’accession à l’emploi, et celle, bien sûr pour l’accession aux responsabilités électives.

Stupide, car le « sale gaulois » qui froisse tant Copé est une insulte révélatrice non pas du racisme de celui qui la profère (qu’on nous montre un Gobineau, un Ferry noir par exemple), mais [de celui], rampant, [qui] crée et nourrit une frustration ajoutée à un déclassement géographique et économique, finissant par s’exprimer au travers d’une violence verbale dirigée contre ceux symbolisant l’oppresseur d’un point de vue sociétal : l’homme blanc, du type Copé.
L’homme de pouvoir représentant cette élite qui continue, telle une oie obscène, à se gaver alors que le petit peuple des quartiers (im)populaires continue de végéter dans une misère de plus en plus pesante.

Le « sale gaulois » est surtout à prendre métaphoriquement et à replacer dans un contexte de lutte des classes remises au goût du jour par la grâce de politiques économiques tueuses d’industries et d’emplois, de politiques fiscales injustes permettant la confiscation, par une élite jamais repue, des gains de productivité (gains réinvestis illico dans cette branche de la criminalité organisée internationale qu’est la haute finance), politiques se traduisant en bout de chaîne en une paupérisation galopante et plus de 3 millions de chômeurs dont une partie non négligeable se situe dans les banlieues où les taux de chômage, parfois plus de quatre fois supérieurs à la moyenne nationale, tutoient allègrement les 40%...

L’affirmation est dangereuse car elle nourrit le sentiment victimaire et la haine de l’autre chez le français blanc (parfois […] français depuis quelques heures comme Sarkozy ou, tient donc, Copé… La blancheur reste le meilleur gage « d’intégration »). Ce sentiment attisé par une classe politique incapable d’apporter de vraies réponses à l’épidémie de misère aiguë décimant la classe moyenne, est conçu comme un dérivatif commode et populiste, permettant de noyer le poisson.
Il n’y a pas de racisme anti-blanc en France, il n’y a qu’une société malade de ses élites politiques […] anti-pauvre, blanc ou coloré […].

[…] Le Manifeste pour une droite décomplexée de Copé est […] une nouvelle preuve du cynisme et de l’impuissance de cette classe politique vomitive, à bout de souffle, réactionnaire, ne se préoccupant que de la répartition des prébendes et ne s’adressant au peuple que lorsque celui-ci doit lui signer, par comédie du vote démocratique interposée, le chèque en blanc lui permettant de vivre la grande vie, tout frais grassement payés par le contribuable.
Copé, en reprenant la rhétorique du Front National, […] envoie un signal fort, sans équivoque : pour assouvir son ambition, il est prêt, comme son mentor, à sacrifier les intérêts de la Nation sur l’autel de ses rêves présidentiels.

Objectivement, les tensions communautaires en France ne sont pas prêtes de s’apaiser. Entre un appauvrissement durable et généralisé, avenir radieux vers lequel la mondialisation et l’Union Européenne projettent les classes moyennes françaises et une classe politique instrumentalisant les peurs nées des choix économiques et fiscaux inhumains qu’elle impose au gré d’une alternance factice entre gouvernements de gauche et de droite, le peuple finira par se reconnaître dans l’image fantasmée que lui renvoie ses élites.
Le morcellement de la Nation française est aujourd’hui inéluctable, le communautarisme social se doublant d’un communautarisme racial et religieux, mais où mènera-t-il les citoyens français ?

[…] On sait à présent que cet homme aveuglé par l’Hubris du pouvoir est éminemment dangereux pour la cohésion nationale, comme en son temps le fut Sarkozy.
On sait également avec certitude qu’il est tout aussi médiocre et qu’il l’assume.
Une indication sûre de l’absence totale de qualité du débat politique pour les années à venir…"

Lire l'article sur 'Alternatives et cohérence'...


vendredi 28 septembre 2012

Tuo Fozié, Ben Laden et Messamba nommés préfets !


L'impunité fortement encouragée. La CPI y trouvera-t-elle matière à réflexion ?


Lu dans Notre voie du 27/09/2012. Extrait de l'article de Benjamain Kore :

"Alassane Ouattara vient de procéder à la nomination de trois ex-rebelles comme préfets. Il s'agit d'Ousmane Coulibaly dit Ben Laden à San Pedro, de Tuo Fozié à Bondoukou et de Koné Messamba à Guiglo. Ces com’zones qui sont nouvellement promus avaient été nommés à de hautes fonctions militaires il n’y a pas si longtemps. Tuo Fozié, nommé à Bondoukou, chef-lieu de la région du Zanzan assurait les fonctions du chef de l’unité des FRCI chargée de la lutte contre le racket [sic !]. Ousmane Coulibaly dit Ben Laden, fait préfet de San Pedro était jusque-là en charge de la sécurité [sic !] de la commune de Yopougon. Comment les gouvernants peuvent-ils convaincre les investisseurs que la sécurité est revenue au pays et dans le même temps désigner des militaires [sic] pour assurer l’administration préfectorale dans les régions ?

Il reste à comprendre s’il y avait urgence de promouvoir ces individus qui sont mêlés à toutes sortes de crimes en Côte d’Ivoire [...]


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mardi 25 septembre 2012

Cote d’Ivoire - Cours Pénale Internationale / Le « deal » qu’on propose à Gbagbo


Les nouvelles en provenance de la Haye sont bonnes à en croire une source diplomatique à Paris. Elle révèle que des tractations sont en cours à la Haye pour la libération sous paiement d'une caution de Laurent Gbagbo. La raison, poursuit notre informateur est que certaines personnalités politiques de l'Occident sont gagnées par l'effroi et la frayeur. Elles craignent que Laurent Gbagbo, qui semble détenir des dossiers compromettants sur des chefs d’Etat et hautes personnalités du monde, comme l'aurait signifié implicitement à travers ses propos «J'irai jusqu'au bout», fasse des confidences le jour de sa comparution au procès de confirmation des charges contre lui. Le président Laurent Gbagbo est serein quant à l'issue du procès. Je tiens à vous porter l'information. Je suis un Diplomate résident à paris. Je me suis rendu au centre pénitentiaire de Scheveningen, le lieu de détention du prisonnier le plus populaire au monde, ou je l'ai rencontré et j'ai longuement échangé avec lui. Je vous livre en substance le contenu de notre entretien. Mais au préalable, il convient de préciser que j'insiste sur la divulgation de cette information primordiale afin que la vérité soit connue de l’opinion nationale et internationale. Laurent Gbagbo a pris la précaution, depuis les tristes évènements de novembre 2004, d'enregistrer toutes ses conversations téléphonique avec les personnalités européennes et américaines. Ainsi, il est en possession d'enregistrements sonores de conversations compromettantes des personnalités comme le Président américain Barack Obama. Ces bandes sonores mettent en cause leur implication de façon irréfutable dans le complot qui serait à la base de la crise ayant fait des milliers de morts. Ensuite, sa défense détient tous les éléments filmés sur la participation effective de l'armée française dans le bombardement de sa résidence de Cocody, sur son arrestation et sa remise aux ex-rebelles. Pour faire donc taire le Président Laurent Gbagbo, ce prisonnier devenu trop incommodant, un compromis juridique lui aurait été proposé. Cet arrangement juridique consisterait à la mise sous liberté contre le paiement d'une caution qui reste à déterminer pour contenter toutes les parties et sauvegarder l'image des personnalités directement impliquées dans la chute de Laurent Gbagbo et la déstabilisation de la Côte d’Ivoire, a précisé le diplomate. Cette conciliation comprend également des propositions de pays d'asile tels que l'Ouganda. Mais cette proposition a été catégoriquement balayée du revers de la main par Laurent Gbagbo. Dont le souhait le plus ardent demeure de retourner au pays, auprès des siens et des partisans. Les pourparlers sont lents mais avancent tout de même. Au regard de ce qui précède, il n'est pas surprenant que Laurent Gbagbo recouvre la liberté [...]

Vergos Vespucci,
correspondance particulière. La suite sur telediaspora.net. Source : LG Infos.



Audience de Gbagbo les 24 et 25 septembre Les révélations d’un conseiller à la CPI

Les 24 et 25 septembre prochains, la cour pénale internationale tiendra une audience à huis-clos pour examiner l’aptitude du président Laurent Gbagbo à participer à l’audience engagée contre lui. Dans l’interview qui suit, M. Gilbert Bitti, conseiller juridique principal à la section préliminaire de la Cour explique les enjeux de cette audience.

Pourquoi l’audience de confirmation des charges dans l’affaire Laurent Gbagbo prévue le 13 août a-t-elle été reportée ?

Gilbert Bitti : L’audience a été reportée parce que la défense a soulevé, il y a maintenant plusieurs mois, la question de l’aptitude de M. Gbagbo a suivre la procédure. Et donc la chambre a besoin de temps après notamment le dépôt du rapport d’expertise pour pouvoir réellement décidera de son aptitude a suivre la procédure. Tant que la chambre n’a pris une décision sur son aptitude, la procédure ne peut suivre son cours normal.

Pourquoi les juges de la CPI ont-ils décidé de tenir une audience sur la santé de Laurent Gbagbo ? Pourquoi une audience à huis clos ?

G.B : D’abord une audience les 24 et 25 septembre 2012, pour permettre a la Chambre et aux parties de poser des questions aux trois experts qui ont déjà dépose des rapports a la Chambre. Et aussi pour permettre a la Chambre d’avoir les observations des parties, aussi bien le procureur que la défense. Pourquoi une audience a huis clos ? Parce que les rapports des experts qui touchent a l’état de sante de M. Gbagbo ont été déposés a titre confidentiel. Il n’est pas possible d’exposer de manière publique tous les détails de l’état de sante et tout ce qui a été exposé dans les rapports des experts.

Quel type de maladie pourrait occasionner l’annulation de l’affaire contre Laurent Gbagbo ?

G.B : Il ne s’agit pas vraiment de discuter d’une maladie éventuelle de M. Gbagbo. Il s’agit de discuter et de décider s’il a la capacité de comprendre la procédure. S’il peut suivre de manière effective la procédure qui est en cours maintenant devant la Cour pénale internationale contre lui. Donc, on ne va pas réellement discuter d’une maladie. On va simplement discuter de savoir s’il est possible pour lui de suivre cette procédure, s’il est apte a suivre une procédure et a la comprendre et a y participer de manière effective.

Si les experts médicaux confirment que Laurent Gbagbo aurait été maltraité en Côte d’Ivoire, la CPI le libérera-t-elle ?

G.B : La question a déjà été posée par la défense sous l’angle de la possibilité –eu égard au traitement allègue dont il aurait souffert en Cote d’Ivoire avant sa remise a la Cour pénale internationale de savoir si la Cour pouvait exercer sa compétence. La Chambre préliminaire y a répondu le 15 aout 2012 en disant que cela n’empêchait pas la CPI d’exercer sa compétence a l’égard de M. Gbagbo. Mais la défense a fait appel. Donc la question est maintenant pendante devant la Chambre d’appel. Il faut bien entendu attendre ce que la Chambre d’appel va décider sur ce point. En ce qui concerne la possibilite de continuer la procédure eu égard a ce qui s’est passe en Cote d’Ivoire, ce qui nous importe maintenant, c’est de savoir s’il est apte ou pas a suivre la procédure devant la CPI. C’est ce qui compte. Indépendamment de ce qui s’est passe en Cote d’Ivoire, ce qui compte, c’est son état actuel. Est-ce que, actuellement, il a la capacité de suivre la procédure et d’y participer.

Que se passera-t-il si les juges estiment que Laurent Gbagbo n’est pas en état d’assister à l’audience de confirmation des charges ? Sera-t-elle tenue en son absence ?

G.B : Il y a différents problèmes. Le premier problème c’est de savoir s’il est apte ou pas. S’il n’est pas apte, a ce moment-la, on va appliquer la règle 135 du règlement procédure et preuve qui dit qu’on va reporter l’audience de confirmation des charges. Et on va vérifier si a un moment ou a un autre, il redevient apte a suivre cette procédure. La possibilité d’une audience en l’absence de M. Gbagbo est un problème différent qui est, lui, règle par l’article 61 paragraphe 2 du Statut de Rome. L’intéressé a la possibilité de renoncer a son droit d’être présent. Mais ca veut dire qu’il est apte. On ne va pas tenir une audience en son absence s’il est décide qu’il n’est pas apte. S’il est apte, il peut demander a ce que l’audience ait lieu en son absence. Et c’est au juge de décider si oui ou non l’audience aura lieu en son absence. Mais, tant qu’il n’est pas décide qu’il est apte, on s’interrogera pas sur le fait de savoir si l’audience aura lieu en son absence ou en sa présence sachant que c’est a lui de demander que l’audience soit en son absence. Ce n’est pas au juge d’imposer que l’audience ait lieu en son absence. Logiquement, le Statut ne prévoit que l’audience a toujours lieu – sauf exception, une des exceptions étant la demande de l’intéressé– en sa présence. A condition qu’il soit juge apte a participer a cette audience et a suivre la procédure comme je l’ai explique préalablement.

Quand est-ce que les juges prendront leur décision sur l’état de santé de Laurent Gbagbo et sur sa capacité à assister aux audiences ?

G.B : D’abord, il faut attendre l’audience des 24 et 25 septembre. Ensuite, il n’y a pas de délai limite pour le juge pour rendre sa décision. On peut espérer que la décision sera peut-être redue au mois d’octobre 2012. Mais là-dessus, il n’y a aucune certitude. Cela dépendra aussi des problèmes qui peuvent être soulèves lors de l’audience et de ce qui peut se passer dans les semaines a venir.

Source : CPI
Retranscription : Augustin Kouyo
Via telediaspora.net
Source : Notre voie.


lundi 24 septembre 2012

La France veut-elle que la Côte d’Ivoire déclare la guerre au Ghana ?



23-09-2012 par Léon Noir  (extrait de resistanCIsraël)

frencharmyCe qui est frappant dans le dernier communiqué de l’AFP, c’est la manière fallacieuse et inévitablement maladroite dont est présentée l'affaire Katinan. Ce qui est frappant également c’est l’absence totale de référence au contentieux pétrolier avec le Ghana qu’Abidjan veut aggraver tout en le taisant.

Pourquoi RFI et AFP ne révèlent-elles pas clairement, ce qui est compris par l’immense majorité des ivoiriens et par tous ceux qui s’intéressent de près à la situation au pays, à savoir, que les attaques en Côte d'Ivoire ont pour origine le resurgissement des clivages au sein même de l'ex-rébellion ?

Les manœuvres grossières consistant à instrumentaliser les clashs entre clans frci pour accuser et réprimer l'opposition, servent aussi à manipuler le peuple français auprès duquel on veut justifier [la] politique néocoloniale qui s’abat sur la Côte d’Ivoire.

Ouattara surfe sur le chaos qu’il engendre car c’est par ce seul moyen qu’il peut rester au pouvoir, et il ne pourra jamais offrir comme autre perspective au peuple que la terreur. Si la réconciliation des ivoiriens doit se faire un jour, ce sera inévitablement sans Ouattara et ses chefs de guerre. [...]

Fait important aujourd’hui, même si AFP et RFI feignent de l’ignorer, le désaveu international prend de l’ampleur ! Suite aux campagnes de l'opposition pour la liberté de la presse, suite aux campagnes dénonçant les massacres dans les camps à l'ouest, suite à l'article explosif du Monde Diplomatique, suite au déferlement d’accusations contre ce régime liberticide et mafieux, suite au scandale du faux coup d’état commandité depuis Abidjan, suite à la corruption avérée des agents d’Interpol-Ghana par Abidjan, etc., etc., etc., la seule carte que peut désormais jouer le régime fasciste Ouattara pour prolonger son agonie est celle du repli sur soi et de la guerre.

La France soutiendra-t-elle cette option ? La France choisira-t-elle d’anéantir la Côte d’Ivoire pour préserver ses seuls intérêts pétroliers présents dans le Golfe de Guinée, même si pour cela elle doit rapatrier sa petite bourgeoisie franco-ivoirienne néocoloniale, cacaoyère, caféière, minière ?


Inévitablement et du fait des accords de défense récemment rafraîchis, une guerre avec le Ghana engagerait la France. Il est donc urgent d’informer la population française afin qu’elle jette son rejet de la guerre au visage de son gouvernement prétendument socialiste, en rupture totale avec ses valeurs fondatrices.Rappelons à tous les paroles de Jaurès : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage. »

Léon Noir  
Correspondance privée


lundi 17 septembre 2012

La France en noir - reportage de la RAI (sous-titré en français)


La RAI 3, chaîne nationale italienne, diffusait jeudi soir, 13 septembre 2012, un reportage sur la récente "crise ivoirienne" qui sévit depuis 2002.

Voir ici - La France en noir :




jeudi 13 septembre 2012

Côte d’Ivoire : il est interdit de dire que Gbagbo, son gouvernement et ses proches sont emprisonnés !



"Côte d’Ivoire : Dramane Ouattara suspend tous les journaux proches de Gbagbo

Mercredi 12 septembre 2012, le dictateur sanguinaire Dramane Ouattara vient de frapper l’ensemble des journaux de l’opposition par une suspension allant de six à douze jours.

En guise de dénonciation de l'atteinte à la liberté de la presse matérialisée par les suspensions abusives dont ils sont victimes, les journaux de l’opposition surnommés "journaux bleus" ont tous repris la dernière page (en illustration) du journal "Notre Voie" qui présentait la photo de Gbagbo entourée du Premier Ministre Aké N’Gbo, de plusieurs autres ministres et personnalités ivoiriennes emprisonnés par le régime de Ouattara.

Cette publication collective a déclenché une colère noire du régime de Ouattara qui vient de saisir les rédactions des différents journaux proches de Gbagbo d’une suspension générale de six (6) jours à compter de jeudi 13 septembre 2012. Le tout nouveau quotidien "L’alternative" écope de douze (12) jours pour le même motif." [Façon d'organiser leur étouffement économique...]

Via le blog de Alain Doh Bi.


lundi 10 septembre 2012

Quid de la CPI ? Où en est le "procès Gbagbo" ?



Interview de Malick Noël Seck, président de Convergence Socialiste sur Abidjandirect.net :

"Malick Noël Seck se prononce sur l’actualité en Côte d’Ivoire et sur le continent africain. Du procès de Laurent Gbagbo à la crise malienne en passant par l’après Wade, il porte un regard critique sur les événements qui ont cours.

Abidjandirect.net : Le procès de Laurent Gbagbo passe de report en report. Quel est le sentiment qui vous anime face cela ?

Je serais tenté de m'en réjouir. J'ai le sentiment que les occidentaux sont en train de plonger tout droit dans le piège que l'historien et grand politique Gbagbo leur a tendu. Dès sa première comparution à La Haye, en décembre dernier, en une déclaration d'à peine 10 minutes, il a réussi à faire taire la France ! J'ai vainement attendu les commentaires de Paris et de sa presse aux ordres, suite à son accusation clairement énoncée : "C'est l'armée française qui a fait le travail". L'Afrique entière a assisté à cette comparution. Dans le monde entier, on a regardé ce spectacle hallucinant. Gbagbo semblait dire, puisqu'on est là, profitons-en : allons jusqu'au bout. Jusqu'au bout de toutes les explications. De toutes les contradictions. Épuisons les mensonges officiels, redressons les faits et dévoilons les noms des vrais protagonistes.

Abidjandirect.net : Vous le pensez ?

Ce procès n'a pas pour moi d'autre sens que celui-là. Je dénie absolument aux occidentaux le droit, non seulement de s'ingérer dans nos politiques, évidemment, en Côte d'Ivoire, comme en Libye, comme hier en Yougoslavie ou en RDC et aujourd'hui en Syrie. Je leur dénie donc absolument le droit de juger n'importe lequel de nos présidents. Ce procès est anecdotique, la Cour pénale internationale n'est rien et ne doit jamais rien être aux yeux des Africains. Une innocence ou une culpabilité par elle prononcées : on s'en fout, ça ne compte pas, ça n'a pas de sens en 2012. J'ose dire que le plus pourri et meurtrier des présidents africains en poste est coupable de moins de choses qu'un George Bush ou un Nicolas Sarkozy. Tant que l'un d'entre eux n'aura pas été jugé par cette Cour pénale plus "blanche" qu'internationale, elle n'aura pas mes yeux la moindre importance. En revanche, j'ai l'impression que Gbagbo va en faire la plus grande tribune qu'aucun chef d'État africain francophone n’ait jamais eue, pour le plus grand des réquisitoires, celui que l'Histoire devra retenir. Au-delà de son cas personnel, car Gbagbo ne s'appartient plus, il est à nous tous aujourd'hui et nous doit à tous la grande tournée de justice et de vérité dont nous avons besoin, au moment d'affronter un essor de l'Afrique programmé pour profiter à d'autres...

Abidjandirect.net : Depuis l’arrestation et le transfèrement de Laurent Gbagbo à la Haye, la Côte d’Ivoire peine a se réconcilier. Un regain de violence s’abat sur le pays. Avec sa vague d’arrestation. Quelles solutions proposez-vous aux ivoiriens ?

Je n'ai pas de leçon à donner aux Ivoiriens. Ni même de conseils. Je vous dirais même qu'il m'arrive souvent de m'inspirer de leur exemple. Il est évident que le Ouattara brillant économiste qu'on nous a vendu médiatiquement depuis 20 ans s'est évanoui. À sa place, un petit homme sans envergure. Nerveux, vite affolé et brutal par incapacité. Un comptable qu'on prend pour un économiste. Incapable de sécuriser son pays, d'organiser la réconciliation dans la justice et la concorde. C'est en tout cas ainsi qu'il m'apparaît.
J'ai lu que les USA, contrairement à la France de Sarkozy (et pour le moment d'Hollande, car les variations semblent infimes sur le dossier ivoirien entre les deux administrations), ne se résolvent pas à cette justice de vainqueurs qui fait qu'aucune personnalité du clan Ouattara n'a été seulement entendue dans le cadre d'une enquête… On dit qu'Hilary Clinton, qui a beaucoup oeuvré pour Ouattara en lui assurant le soutien d'Obama, lui réclame aujourd'hui des noms de gens condamnables… Or, nous savons tous que Ouattara ne peut pas obliger Soro ou un des ses lieutenants à aller comparaître aux côtés de Gbagbo.
Ce qui me permet de préciser ma pensée sur la CPI : pour un Africain honnête, conséquent et rigoureux, la place de Soro ou de Ouattara n'est pas plus à La Haye que celle de Laurent Gbagbo. Si ceux-ci devaient un jour être jugés, il faudrait que ce soit par la justice ivoirienne, ou, au pire, par une justice africaine.
Nous avons enduré l'ingérence politique, puis humanitaire, devons-nous maintenant accepter aussi l'ingérence judiciaire ?

Abidjandirect.net : Pensez-vous que la réconciliation peut se faire avec Gbagbo à la Haye ?

Évidemment, non. On peut d'ailleurs, à cet égard, mesurer l'absence totale de sens politique de Ouattara. Le premier, Sassou Nguesso venu aurait compris qu'il fallait garder Gbagbo au pays, pour pouvoir, justement, négocier directement avec lui en vue d'orchestrer la réconciliation nationale. Même si, Ouattariste borné ou occidental intoxiqué par les médias, vous croyez que Ouattara a gagné les élections ivoiriennes, celle implique que 46% au moins des Ivoiriens ont voté pour lui… peut-on faire la paix et se réconcilier sans 46% de la population ?

Abidjandirect.net : Vous dites donc qu’elle n’est pas possible ?

J'ajoute même qu'on ne peut pas réduire la problématique à la présence à La Haye de Gbagbo. Il faut aussi évoquer les morts régulièrement annoncées, quand ce ne sont pas de nouveaux massacres à caractère génocidaire contre les We dans la région de Duékoué. Les arrestations arbitraires. Les atteintes aux droits de l'homme et à la liberté de la presse. La vraie question est [...]

Lire la suite sur Abidjandirect.net...


vendredi 7 septembre 2012

Censure censurée par Nobs ?


Apparemment Nobs ne me censure plus !?

À l’heure où les ciseaux sévissent dans les blogs Nobs de façon anarchique, allant jusqu’à provoquer une grève des blogueurs — à laquelle je me devais décemment de participer en tant qu’ancien et abondamment censuré —, lesdits ciseaux semblent ne plus passer dans mon blog (en tout cas dans les posts — je ne dis rien des commentaires).

Étrange ?! Aucun des motifs qui m’ont valu d’être censuré depuis 2004 ne m’est plus opposé depuis quelques jours/semaines. Et pourtant ce n’est pas faute de ma part d’abuser du refus de l’auto-censure.

Voilà quelque temps, la moindre information sur la réalité ivoirienne me valait coupure immédiate : « diffamation ‘potentielle’ contre M. Ouattara » ; reprise d’articles de journaux — « atteinte aux droits d’auteurs », jusqu’à ce que je produise les autorisations officielles et encouragées des auteurs et des journaux (toujours explicitement cités) ; « autres motifs », « ligne éditoriale » du Nobs, etc.


Rien n’a changé, loin s’en faut, dans ma propre « ligne éditoriale » : j’informe toujours sur le quotidien de la dictature ivoirienne contre la mise en place de laquelle j’ai abondamment mis en garde à l’époque où j’étais censuré pour cela… Je reprends toujours, et toujours avec l’aval reconnaissant des auteurs, des articles divers. Et les ciseaux semblent m’ignorer !

Je m’en réjouis. Mais je m’interroge aussi.

Est-ce en lien avec le fait que Hollande est moins ouattariste que Sarkozy qui a mis en place par la force armée son homologue dont « l’élection » n’a été ni attestée ni reconnue — sinon par la « communauté internationale » élyséenne d’alors ? Si bien que la légitimité du pouvoir ivoirien actuel, non validé par les instances souveraines de la Côte d’Ivoire du temps de « l’élection », est totalement défaillante, les nervis du pouvoir accentuant dès lors de jour en jour la violence et la terreur.

Est-ce le fait que ce que dis tous les jours est en passe de ne plus pouvoir être ignoré ?

Mon blog Nobs sert-il alors d’alibi pour le jour où la — naïve ? pour être indulgent — complicité des médias, blogueurs (pas censurés alors ceux-là), voire Ong, dont le silence médiatique actuel persistant — qui garanti jusqu’à aujourd’hui l’impunité des auteurs de la violence quotidienne que subissent de plus en plus d’Ivoiriens ? Est-ce la gêne de ce que ce silence fait suite au dénigrement systématique qui a accablé le gouvernement du temps où la Côte d’Ivoire était libre ? — À propos où en-est on de l’enquête Kieffer : Gbagbo lui fait-il toujours obstacle ? (au moment où à La Haye on s’interroge sur l’opportunité d’avoir suivi Ouattara en l’emprisonnant) — comme on nous l’assénait alors à l’appui d’une floppée de faux-témoins…

« Coup de pied de l’âne » suggérerons d’aucuns à l’heure où Sarkozy a été vaincu et où Ouattara est en passe d’être lâché par tous ses soutiens — sauf que l’âne de la fable adressant son coup de pied au lion vieillissant, n’avait pas été auparavant un des seuls à ferrailler contre le lion en pleine forme politico-médiatique…

Bref je m’interroge : censure censurée par Nobs ?


jeudi 6 septembre 2012

Dictature en Côte d’Ivoire... Pourtant prévisible


« "On m’a cassé un testicule, je souffre et j’ai besoin d’aide"
"Ils nous ont ligotés, mouillés et électrocutés"
"Ils m’ont électrocuté jusqu’à ce que le disjoncteur saute" »


Installée avec la complicité des grands médias qui à présent se taisent devant les exactions indicibles actuelles, enlèvements, tortures, disparitions, etc., la dictature était pourtant prévisible : on assiste à une reprise caricaturale de ce que Ouattara esquissait lorsqu'il était Premier ministre, de l'arbitraire au tribalisme annoncé de la "charte du Nord"... qui débouche à présent sur l'ethnocide auquel on assiste à l'Ouest (cf. vidéo de TV5 en bas de page).


Mais la plupart des grands médias ont depuis quelques années régulièrement exalté Ouattara en le présentant (par ignorance de l'histoire ?) comme un "homme nouveau". À présent, ne pouvant se dédire, ils garantissent l'impunité de ses nervis et du chef de l'Etat installé par la violence en dépit d’élections avortées...


L'analyse de Théophile Kouamouo :

"En Côte d’Ivoire, l’année 2012 ressemble étrangement à l’année 1992

Extrait du Nouveau Courrier du le 03/09/12 :

"La vie est un éternel recommencement. L’Histoire de la Côte d’Ivoire aussi, et pas toujours pour le meilleur. Il est frappant de se rendre compte qu’Alassane Ouattara, depuis qu’il s’est hissé sur le fauteuil présidentiel ivoirien, ne cesse de mettre au goût du jour les vieilles ficelles utilisées avec le peu de succès que l’on sait lors de son passage tumultueux à la Primature, entre 1990 et 1993. Bien entendu, le procès de Laurent Akoun, qui s’est déroulé vendredi dernier, rappelle irrésistiblement celui d’un autre secrétaire général du FPI prénommé Laurent. Il s’agit de Gbagbo bien sûr, et ce procès s’est déroulé le 6 mars 1992 au sein du même Palais de Justice d’Abidjan. Le parallèle est d’autant plus piquant que les deux «Laurent» ont été condamnés à six mois de prison ferme, au terme d’une audience qui tenait plus du procès en sorcellerie que d’autre chose.

Au-delà de ce type d’anecdotes, le contexte politique qui prévaut aujourd’hui ressemble étrangement à celui qui régnait en 1992. Il est notamment caractérisé par une atmosphère de violence et d’impunité. La cynique attaque du camp de réfugiés de Nahibly, aujourd’hui ouvertement assumée par les faucons du régime Ouattara, peut ainsi être rapportée, dans son détestable modus operandi (et toutes proportions gardées bien sûr), à la descente punitive du 17 juin 1991 à la Cité universitaire de Yopougon durant laquelle de jeunes Ivoiriens considérés collectivement comme des opposants ont été défenestrés, humiliés, les jeunes filles étant violées sans aucune autre forme de procès. Dans les deux cas, aucune enquête judiciaire sérieuse n’a été ouverte en dépit de vagues promesses. Dans les deux cas, les forces conjuguées du régime – les «loubards» et la FIRPAC hier, les «dozos» et les FRCI aujourd’hui – n’ont pas été inquiétées.


Le rêve fou d’une Côte d’Ivoire sans démocratie

Hier comme aujourd’hui, la folie éradicatrice tient lieu de stratégie politique d’ensemble du clan au pouvoir. L’audacieux parallèle fait sur le blog de Guillaume Soro, entre AQMI, le Mujao et le FPI n’est rien d’autre que l’expression d’un désir : celui de voir le monde entier approuver bruyamment une opération d’épuration politique maquillée en déclinaison tropicale – et improbable de la «guerre mondiale contre le terrorisme». Alassane Ouattara, qui ne cesse d’implorer les Occidentaux d’utiliser la Côte d’Ivoire comme plateforme logistique dans leur combat de l’ombre contre leurs ennemis, rêve au fond d’être protégé de la démocratie comme l’ont été hier Zine El Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak… Ah ! si Gbagbo pouvait être transformé par un coup de baguette magique en Ben Laden des lagunes !…

Les méthodes de décapitation de l’opposition sont tout aussi radicales aujourd’hui qu’il y a 20 ans. Le 31 août 1992, dans un rapport intitulé «Côte d’Ivoire : l’opposition réduite au silence», Amnesty International écrivait : «Au moins 77 prisonniers d'opinion, arrêtés en février et mars 1992, purgent actuellement en Côte d'Ivoire des peines de un à trois ans d'emprisonnement. Parmi eux figurent notamment Laurent Gbagbo, membre de l'Assemblée nationale et dirigeant du Front populaire ivoirien (FPI), principal parti d'opposition, René Dégni Ségui, président de la Ligue ivoirienne des droits de l'homme (LIDHO), et Martial Ahipeaud, président de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte-d'Ivoire (FESCI). (…) Plus de 250 personnes ont été interpellées depuis février 1992.» Aujourd’hui, le fondateur du FPI (Laurent Gbagbo), son président (Pascal Affi N’Guessan), deux de ses trois vice-présidents (Aboudrahmane Sangaré et Simone Ehivet Gbagbo), son secrétaire général adjoint (Moïse Lida Kouassi), son secrétaire général par intérim (Laurent Akoun), son secrétaire général adjoint par intérim (Alphonse Douaty) sont au cachot, au même titre qu’une soixantaine de cadres de l’ex majorité présidentielle éparpillés dans plusieurs prisons du Septentrion.


La santé d’Alassane Ouattara en question

Hier, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié étaient unis, malgré la haine profonde qu’ils se vouaient, par leur volonté de réduire à néant la seule adversité politique qui pouvait se poser en alternative au système dont ils pensaient, chacun des deux, pouvoir être le chef à la mort de Félix Houphouët-Boigny. Aujourd’hui, Hamed Bakayoko et Guillaume Soro suivent leurs traces, dans un contexte qui pourrait bien être similaire…

Nous dit-on en effet toute la vérité sur la santé d’Alassane Ouattara, au sujet de laquelle le quotidien Nord-Sud, cher à l’actuel «dauphin constitutionnel», supputait en juin 2011, c’est-à-dire il n’y a pas si longtemps ? En tout cas, les efforts que Guillaume Soro met à se construire une «légende personnelle» en investissant à fond dans le développement de sa visibilité sur Internet finissent par intriguer. Les portraits de lui se focalisant sur son «ambition» et évaluant ses chances d’y arriver dans une presse hexagonale qui ne dit pas toujours tout ce qu’elle sait sont un signe qui ne trompe que les naïfs. De plus, si l’on considère que la (mauvaise) santé du chef pourrait bien précipiter de futures batailles pour la conquête du pouvoir central, la hargne éradicatrice des lieutenants aux dents longues et la surprenante mise en retrait d’Alassane Ouattara lui-même s’éclairent d’un jour nouveau. En effet, si les objectifs communs d’Alassane Ouattara et de son clan étaient la réussite de son quinquennat et la conquête d’un second mandat démocratique, leur gouvernance serait forcément différente. L’apaisement politique, la réconciliation, la séduction d’au moins une partie de l’électorat qui lui est d’emblée hostile, le renforcement des liens avec leurs alliés du Rassemblement houphouétiste pour la démocratie et la paix (RHDP) seraient les maîtres-mots de leur action. Pourtant, on les voit exacerber les antagonismes, s’aliéner des ethnies entières, rabrouer tous ceux qui expriment leur (petite) différence au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Contrairement à ce qu’a écrit Jeune Afrique la semaine dernière, Guillaume Soro n’utilise pas les réseaux sociaux pour gagner la bataille des cœurs, mais pour renforcer les clivages. Le projet politique est donc fondamentalement réactionnaire et anti-démocratique. Reste à savoir s’il s’agit d’un projet de conservation du pouvoir ou d’un projet de succession monarchique mieux verrouillé que [...]


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mercredi 5 septembre 2012

Dans le quotidien de terreur de la nouvelle Côte d’Ivoire...




"L'armée française assure l'intérim du président des Ivoiriens

Par Raphaël Adjobi :

"La terreur que les rebelles du Nord - pompeusement rebaptisés Force Républicaine de Côte d’Ivoire (FRCI) - exercent dans des zones qui n’ont pas voté pour Ouattara aux dernières élections présidentielles a fini par obliger les populations à se terrer chez elles, à raser les murs, ou à ne jamais ouvrir la bouche une fois dans les rues. Et comme il a été poliment demandé à ceux qui ont peur de cette nouvelle armée de quitter la Côte d’Ivoire, les exilés au Libéria et au Ghana sont aujourd’hui légions. Depuis un an, chaque jour qui se lève est accompagné de son crime accompli par les FRCI et leurs complices dozos. La pratique est devenue si ordinaire que certains journaux locaux ont fini par perdre le compte de leurs forfaits [*]. Voilà l'incroyable tableau qu'offre la Côte d'Ivoire !

Même les populations nordistes qui vivent dans le sud se demandent pourquoi Monsieur le préfet continue de soigner son image auprès des Blancs en Europe plutôt que de s'occuper du pays. Un camp de refugiés attaqués par son armée ? Pas d’inquiétude ! Ce n’est que de la routine. Un camp militaire dévalisé par des inconnus. Pas d’inquiétude ! Il n’y a que les chefs d’Etat peu sûrs de leur pouvoir et devant soigner leur avenir politique – comme le président sud-africain - qui courent consoler leur peuple en pareille circonstance. Intouchable, notre homme reste toujours absent, indifférent aux maux des Ivoiriens.

Mais voilà : non seulement les attaques armées se multiplient, mais en plus les civiles pro-Ouattara s'en prennent aux biens des populations et des partis de l'opposition en toute impunité. Dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, dans une ambiance de carnaval, les Frci et les dozos organisent l'immigration et l'installation des Burkinabés sur les terres abandonnées par les autochtones en fuite. Leur vacarme, la vue de leurs tenues et de leurs armes font trembler les populations de frayeur.

Paradoxalement, devant ce chaos généralisé, c'est la présence de l'armée française qui donne au commun des ivoiriens un semblant de protection. Du moins cette armée étrangère ne l'effraie pas ; même s'il ne sait pas vraiment pourquoi elle est là. Il lui semble tout simplement que c'est elle qui tient la situation en main pour ne pas donner le sentiment qu'il n'y a personne au volant de la voiture Côte d'ivoire.

En effet, si les FRCI attaquent les partisans de Gbagbo et les jettent en prison, qui peut protéger ces derniers quand des civils les poursuivent jusque dans leur siège officiel à Abidjan ? De toute évidence, aucune autorité locale - ni le président toujours en voyage, ni son armée, ni sa justice - n'est en mesure d'assurer la sécurité des biens et des personnes en Côte d'Ivoire. Finis les temps bénis où les gens pouvaient descendre dans les rues pour crier leur peine et réclamer quelque chose à leurs gouvernants. On affronte une démocratie les mains nues ; pas une dictature ! Alors tout le monde vit la peur au ventre. C'est pourquoi l'armée française est intervenue à Dabou et aux abords de la maison du FPI, assurant ainsi l'intérim du président de la république absent. A vrai dire, tout porte à croire que celui-ci s'absente pour cacher son incapacité à maîtriser la situation qui prévaut dans le pays.

Bonne gouvernance donc à l'armée française ! Mais pour combien de temps ? Cette "démocratie" sarkozienne qu'on l'a obligée à installer va-t-elle lui rester indéfiniment sur les bras ? Si la population se cache dans les hautes herbes à la vue des FRCI, alors qu'elle ose se montrer quand elle voit l'armée française, c'est que la Côte d'Ivoire est perdue ! Elle est perdue parce que les ivoiriens vivent dans la peur de tous les signes qui représentent l'autorité de Ouattara. [...]


Lire la suite sur Les pages politiques de Raphaël...


[*] Quelques exemples (parmi des centaines d’autres) du nouveau quotidien des Ivoiriens :
http://re.ivoire-blog.com/archive/2012/09/05/la-cote-d-ivoire-des-tueurs-au-travail.html
http://re.ivoire-blog.com/archive/2012/09/04/gagnoa-canton-kpakolo.html
http://re.ivoire-blog.com/archive/2012/09/04/enlevements-disparitions-crimes.html

Etc.

Voir sur SOS-CI : ici...



dimanche 2 septembre 2012

La presse française ouvre enfin les yeux ?



Enquête explosive du Monde diplomatique sur l’ouest de la Côte d’Ivoire

Le titre se passe de commentaires. «Un territoire hors de contrôle – Guerre pour le cacao dans l’ouest ivoirien». Le périodique français Le Monde Diplomatique donne à lire, dans son édition de septembre, un article de terrain accablant pour le régime Ouattara et les FRCI. C’est un article qui tranche avec la langue de bois et l’incroyable complaisance qui caractérise les médias hexagonaux depuis la prise de pouvoir de l’actuel chef de l’État. Et qui ne tarde pas à désigner décrire ce qui se passe dans l’Ouest par son nom : un mouvement de «colonisation». «A Abidjan, les exactions contre les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo se sont multipliées cet été. Si M. Ouattara a finalement pris le pouvoir, en mars 2011, après la crise postélectorale est encore loin. Dans l’ouest du pays, l’Etat ne contrôle plus rien ; des mafias ont mis la main sur l’économie du cacao», résume le journal. (Le Nouveau Courrier)

Par Fanny Pigeaud, envoyée spéciale :

Un véhicule calciné et criblé de balles : c’est tout ce qu’il reste de l’attaque qui, le 8 juin 2012, a coûté la vie à sept casques bleus près de Taï, petite bourgade de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Dans cette région, depuis plus d’un an, les villages font l’objet de mystérieux raids meurtriers. Yamoussoukro a accusé des «mercenaires libériens». Partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo et opposés à son successeur Alassane Ouattara, ces hommes traverseraient le fleuve Cavally, qui marque la frontière avec le Liberia, pour venir semer la terreur en Côte d’Ivoire. Mais, sur le terrain, la situation ne paraît pas aussi claire : depuis la crise qui a suivi l’élection présidentielle de 2010 (2), dans l’ouest du pays se joue un inquiétant imbroglio politique et militaire, avec pour seul enjeu le contrôle des ressources naturelles. Ce sont en effet ses sols, extrêmement fertiles, qui font la richesse de cette région verdoyante. On y cultive le cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier exportateur mondial. S’y étendent également les dernières aires forestières nationales, dont les forêts de Goin-Débé (133 000 hectares) et du Cavally (62000 hectares), réservées à la production de bois d’œuvre (3). Depuis toujours, ces atouts ont attiré des planteurs d’un peu partout, y compris d’Etats voisins. Ce mouvement a été encouragé par le président Félix Houphouët-Boigny (au pouvoir de 1960 à 1993, qui avait décrété que «la terre appartient à celui qui la met en valeur»). Si la région est aujourd’hui l’un des principaux centres de production de cacao, on y plante des hévéas, qui hissent le pays au rang de premier producteur africain de caoutchouc. «Cinq hectares d’hévéas rapportent de 7 à 8 millions de francs CFA [environ 12000 euros] par mois», calcule un sous-préfet. Une petite fortune. Les problèmes ont commencé au milieu des années 1980, lorsque les cours mondiaux du cacao et du café ont chuté. La concurrence entre planteurs s’accroissant, des conflits fonciers ont alors éclaté entre les autochtones, devenus minoritaires, et les étrangers. La politique de l’«ivoirité» promue par le président Henri Konan Bédié (1993-1999) a encore envenimé les relations en poussant les nationaux à revendiquer les terres cédées aux nouveaux migrants. Une loi de 1998 a explicitement exclu les non-Ivoiriens de la propriété foncière.


Des hommes armés s’emparent d’un parc National

La tentative de coup d’Etat perpétrée le 19 septembre 2002 contre le président Gbagbo par des militaires du nord du pays partisans de M. Ouattara a achevé de mettre le feu aux poudres. La guerre civile qu’elle a déclenchée a touché tout particulièrement l’ouest et la ville de Duékoué. Située à une centaine de kilomètres au nord de Taï, Duékoué se trouve au croisement stratégique des routes menant au Liberia, en Guinée et à San Pedro, port d’exportation du cacao. Les rebelles, baptisés Forces nouvelles, y ont fait venir d’anciens combattants des guerres civiles libérienne (1989-1997) et sierra léonaise (1991-2002) dont Sam Bockarie, responsable d’atrocités en Sierra Leone. En retour, Yamoussoukro a aussi mobilisé des Libériens et des civils armés, pour la plupart des autochtones. Chaque camp a semé la terreur, contribuant à exacerber les antagonismes communautaires.

A l’issue du conflit, le pays s’est trouvé de facto divisé en deux et Duékoué placée sur la ligne séparant le Sud, administré par la capitale, et le Nord, géré par les Forces nouvelles. La région du Moyen-Cavally (devenue depuis deux entités différentes, le Cavally et le Guemon), dont dépendaient Taï et Duékoué, est restée dans le camp gouvernemental. Mais les armes ont continué à circuler pendant toutes les années 2000, et des miliciens et des groupes d’autodéfense plus ou moins soutenus par le camp Gbagbo se sont maintenus face aux rebelles, si bien que les tensions sont demeurées fortes, la présence de l’Etat étant en outre très mesurée.

Après la signature de l’accord de paix (4), le 26 janvier 2003, d’ex-combattants rebelles profitent de l’accalmie pour s’emparer des portions de territoire : M. Amadé Ouérémi, un Burkinabè ayant grandi en Côte d’Ivoire, s’installe ainsi avec plusieurs dizaines – voire plusieurs centaines –d’hommes armés dans le parc national du mont Péko, à 35 km au nord de Duékoué. Ils y cultivent notamment du cacao. Impossible de les déloger : en 2010, ils chassent même des agents de l’Office ivoirien des parcs et réserves et incendient leur véhicule. Un autre phénomène déstabilisateur apparaît en 2007 : l’arrivée par cars entiers de Burkinabè. En toute illégalité, beaucoup s’établissent dans la forêt de Goin-Dédé où ils développent des plantations de cacao. Dans le même temps, de nombreux déplacés de la guerre ne parviennent pas à récupérer leurs champs.

Quand la crise postélectorale opposant MM. Ouattara et Gbagbo se transforme en conflit armé, en mars 2011, Duékoué souffre comme jamais. Lors de la prise de la ville par l’armée créée par M. Ouattara, les forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci composées principalement des ex-Forces nouvelles), des centaines de personnes – la Croix rouge a compté 867 corps –, essentiellement de jeunes hommes, ont été assassinés. Selon une commission d’enquête internationale et des associations, ce sont des soldats des FRCI qui ont commis ces crimes, ainsi que des dozos, une confrérie de chasseurs traditionnels du nord du pays, et des partisans de M. Ouérémi. Malgré les promesses de justice du président Ouattara, qui prend finalement le pouvoir le 11 avril 2011, cette tuerie n’a donné lieu à aucune enquête. Depuis, la situation s’est encore compliquée, avec l’entrée en scène de nombreux acteurs. D’abord, des hommes armés attaquent, à partir de juillet 2011, une petite dizaine de villages. C’est à leurs propos que les autorités parlent de ‘’mercenaires libériens’’ payés par des opposants à M. Ouattara en exil au Ghana. Des sources onusiennes évoquent plutôt des autochtones Oubi refugiés au Liberia et cherchant à défendre les terres qu’ils ont perdues. Ensuite viennent les dozos : arrivés dans la région pendant la crise, ils n’en sont jamais repartis. De plus en plus nombreux, ils circulent à moto, en habits traditionnels, agrippés à leurs fusils ‘’calibre 12’’. Beaucoup viennent du Burkina Faso et du Mali. Certains sont devenus agriculteurs. L’inverse est aussi possible : il y a un an, un planteur burkinabé installé près de Taï depuis une trentaine d’années a ressemblé un groupe de dozos pour « assurer la sécurité des populations», dit-il. En réalité, beaucoup de dozos, devenus miliciens, terrorisent la population et la rackettent.


Les villages ont perdu tous leurs habitants autochtones

A cela s’ajoute l’immigration burkinabé d’une ampleur sans précédent. Huit cars transportant chacun environ 200 personnes arrivent désormais chaque semaine à Zagné, à 50 km au nord de Taî. Une partie de ces voyageurs s’entassent aussitôt dans des camions de chantiers qui prennent la direction du Sud Ouest. Leur installation se trouve facilitée par l’absence d’une grande partie de la population autochtone – au moins 70.000 personnes réfugiés au Liberia. Les treize villages implantés au sud de Taï ont ainsi perdu tous leurs habitants autochtones. Sauf : fin juin, à Tiélé Oula, il restait 9 Oubi sur les quelque 200 qui y vivaient avant 2011, pour 3000 Burkinabè.

Si certains Burkinabé investissent les champs des absents, beaucoup gagnent les forêts de Goin-Débé et de Cavally désormais totalement ravagées. Dormant sous tente, ils y plantent des cacaoyers, des hévéas mais aussi du cannabis. A Yamoussoukro et à Abidjan, la situation est connue. Fin mai, le gouvernement a ordonné l’évacuation des forêts avant le 30 juin. Sans résultat. ‘L’Etat doit contrôler les frontières, assène le maire adjoint de Tai, M. Téré Téhé. Et il ne faut pas attendre que ces gens aient fini de planter pour les chasser’’.

Problème : les nouveaux occupants sont armés. Observant un jeune paysan burkinabè partir au champ un fusil en bandoulière, le chef autochtone du village de TiéléOula, M. Jean Gnonsoa ne cache pas son désarroi : ‘’Ici les étrangers peuvent avoir des armes mais pas les autochtones’’ – sous peine de représailles. ‘’Comment régler sereinement un litige foncier face à quelqu’un qui est armé ?’’, s’interroge M. Téhé. ‘’Les Burkinabè nous disent que le président qui est venu (M. Ouattara) est leur homme. Et qu’ils ont donc le droit de tout faire’’, déplorent des villageois. De fait, certains s’emparent de plantations déjà occupées. ‘’Aujourd’hui, 80% de ceux qui sont installés dans les forêts de Goin-Débé et de Cavally sont armés de kalachnikovs et de fusils calibre 12’’, rapporte un administrateur local. Il évoque une organisation mafieuse à l’origine de cette colonisation : ‘’il y a ceux qui les convient, ceux qui établissent dans les forêts les points de contrôle auxquels chacun doit payer 25000 Fcfa pour avoir accès à une parcelle de terre, etc.’’ Monsieur Ouérémi est régulièrement cité comme l’un des responsables présumés de ce trafic de terres et de personnes, en lien avec des officiers des FRCI. Dans le pays, les FRCI, justement, sont les seules forces régulières à disposer d’armes depuis que, soupçonnées d’être favorables à M. Gbagbo, police et gendarmerie en sont privées. Jouissant d’une impunité quasi-totale, elle font la loi à Duékoué, elles entretiennent un climat de terreur et sont, d’après plusieurs témoins, impliquées dans des exécutions extrajudiciaires. Des observateurs les accusent aussi d’être derrière certaines des attaques attribuées aux ‘’mercenaires libériens’’. Beaucoup soupçonnent leurs membres d’être originaires d’une seule région, le Nord, mais aussi d’être de nationalité burkinabè.


Impôts illégaux et racket des paysans

Une chose est certaine : les FRCI se sont arrogé le droit de percevoir les taxes qui devraient normalement revenir à l’Etat. Selon un rapport de l’Onu, elles prélèvent aussi ‘’de 4 à 60 dollars beaucoup plus’’, sur les déplacements de personnes et de véhicules (5). Et elles rackettent les paysans : dans un village près de Taï, une femme se plaint de devoir leur payer 20000 FCFA (30 euros) par mois pour accéder à sa plantation.

Après la mort des Casques bleus, plusieurs centaines d’éléments Frci ont été déployés autour de Taï pour une opération de ‘’sécurisation’’ dirigée par le commandant Losséni Fofana alias Loss. Ancien chef de guerre des Forces nouvelles, ce dernier commandait déjà les troupes qui ont attaqué Duékoué en 2011. Ces soldats auraient joué un rôle important dans le massacre des Guérés. Pour l’actuelle opération de ‘’sécurisation’’, il a fait installer de nombreux points de contrôle. Les mauvaises langues assurent qu’un seul sac de cacao n’échappe au racket des Frci. Et peut-être aussi à la contrebande vers le Ghana.

Début juillet, le gouvernement a annoncé le lancement d’un recensement national des ex-combattants –le deuxième en un an – promettant le désarmement tant attendu. Cela ne suffit pas pour rassurer les habitants du Far West ivoirien dont beaucoup voudraient aussi que la justice fonctionne : malgré la promesse du président Ouattara, la tuerie de mars 2011 n’a donné lieu à aucune poursuite judicaire. Pis, elle a vraisemblablement été le moteur d’un nouveau drame. Fin juillet, des centaines d’individus parmi lesquels des dozos et des Frci ont attaqué et détruit le camp de déplacés du Haut commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR), près de Duékoué. En toute impunité. Des sources humanitaires parlent de 137 cadavres retrouvés dans les jours qui ont suivi ; des dozos ont également cherché à faire disparaître de nombreux corps. Plusieurs indices laissent penser que cette attaque avait été planifiée de longue date. Sous couvert d’anonymat, un spécialiste de la région nous confie : ‘’Le camp était gênant car les témoins du massacre de mars 2011 s’y trouvaient. Aujourd’hui, ils sont morts ou disparus. C’est ce que voulaient ceux qui ont organisé l’opération’’.


(1) Yamoussoukro est la capitale politique de la Côte d’Ivoire ; Abidjan, sa capitale économique.
(2) Lire Vladimir Cagnolari, «Côte d’Ivoire, les héritiers maudits de Félix Houphouët-Boigny», Le Monde diplomatique, janvier 2011.
(3) Bois destiné à être travaillé.
(4) L’accord de Marcoussis (près de Paris) prévoyait le maintien au pouvoir du président Gbagbo et un gouvernement ouvert à toutes les parties.
(5) Rapport S/2012/196 du Groupe des experts sur la Côte d’Ivoire de l’ONU, avril 2012.
(6) Rapport de Human Rights Watch, « “Ils les ont tués comme si de rien n’était” », octobre 2011.
(7) Rapport S/2012/196, op. cit.



Le monde diplomatique – Septembre 2012
In Le Nouveau Courrier n°598 Du vendredi 31 août 2012
http://abidjanpasnet.blogspot.fr/2012/08/blog-post.html?m=1