jeudi 26 avril 2012

L'élection en France vue d'une Côte d'Ivoire meurtrie suite à l’intervention française



PRESIDENTIELLE FRANÇAISE : SARKOZY DIVISE LA CLASSE POLITIQUE IVOIRIENNE

L'élection présidentielle en France ne laisse pas indifférents les Ivoiriens, particulièrement la classe politique divisée entre pro et anti Nicolas Sarkozy, le président sortant, arrivé deuxième dimanche derrière François Hollande à l'issue du premier tour.

Ancienne colonie française, la Côte d'Ivoire a maintenu des relations privilégies avec son ex-métropole qui demeure un de ses principaux fournisseurs et clients.

Mais, c'est surtout l'intervention décisive de l'armée française pour permettre l'arrestation de Laurent Gbagbo et installer Alassane Ouattara au pouvoir après les meurtriers affrontements post-électoraux de novembre 2010 qui façonne le regard des Ivoiriens sur l'élection présidentielle en France.

Ce regard est bien évidemment différent selon que l'on est proche du camp Ouattara ou que l'on est militant du Front populaire ivoirien (FPI) ou sympathisant du président déchu Laurent Gbagbo.


Pour ou contre Sarkozy ?


Le Rassemblement des Républicains (RDR) et ses alliés du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), partisans d'Alassane Ouattara, sont sans réserve pour la réélection de Nicolas Sarkozy. Le RDR, parti d'Alassane Ouattara, a signé le 14 avril à Paris avec l'UMP de Nicolas Sarkozy un "accord de coopération et d'amitié". Les deux présidents se targuent d'être des amis intimes de longue date et le pouvoir à Abidjan voit d'un mauvais œil une défaite de M. Sarkozy qui signifierait la perte d'un soutien de taille à l'Elysée.

"Si Sarkozy tombe, nous n'aurons plus les mêmes relations avec les nouvelles autorités françaises. Nous n'aurons plus droit à un certain nombre de privilèges que nous avons avec Sarkozy en terme d'appui auprès des institutions internationales, des entreprises françaises, au plan de la sécurité", fait savoir un militant du parti de M. Ouattara. En face, les partisans de Laurent Gbagbo ne jurent que par la défaite de M. Sarkozy considéré comme leur "principal ennemi". "Nous souhaitons que Sarkozy perde les élections parce qu'il s'est présenté comme notre principal ennemi", soutient un responsable du FPI, Raymond Abouo N'Dori.

"Moi, je ne comprends pas pourquoi les partisans de Gbagbo voient en François Hollande un sauveur", s'interroge un enseignant qui relève que le Parti socialiste français avait demandé, au plus fort de la crise post-électorale, l'exclusion du FPI de l'Internationale socialiste et ne s'était point opposé aux bombardements qui ont entraîné la chute de Gbagbo.

"Nous n'avons pas de raisons objectives de pavoiser sur l'arrivée des socialistes au pouvoir puisqu'ils ne nous ont jamais soutenu mais, entre deux maux, il faut choisir le moindre mal. Hollande représente le moindre mal pour nous", tranche Abouo N'dori. Pour de nombreux Ivoiriens [...]

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