« [...] à partir du moment où il apparaît économiquement rentable d'investir dans telle ou telle dictature du tiers-monde, les politiciens libéraux - et les hommes d'affaires qui les commanditent - s'empressent aussitôt de jeter aux orties les belles proclamations humanistes dont ils ont l'habitude de décorer leurs mensonges électoraux. Seulement on ne voit pas au nom de quoi les partisans de gauche de la croissance (même rebaptisée « développement durable ») auraient encore à se comporter autrement. »

« De même que le premier macho venu sait d'avance qu'une femme qui lui a dit non voulait en réalité lui dire oui - de même, un dirigeant européen moderne (ou une dirigeante), sait d'avance que le non d'un peuple est toujours un oui qui s’ignore ; et qu’il est, par conséquent, inutile d'en tenir compte et a fortiori absurde de déranger le peuple pour si peu. À la suite de Pascal Perrineau, on appellera d'ailleurs "populiste" tout autre avis sur la question (il est vrai que ce noble défenseur du libéralisme estime désormais que "l'extrême gauche anticapitaliste devrait faire l’objet du même interdit que l'extrême droite ; y compris au niveau local" (Le Nouvel Observateur, 3 Juillet 2008). Il est sûr qu'avec de telles précautions, les mauvaises surprises électorales deviendraient moins fréquentes). »
Jean-Claude Michéa, La double pensée. Retour sur la question libérale, Champs-Flammarion, 2008, p. 100 & 103.
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