Par Martial Frindéthié :

Addah terré: la meute intoxiquée de Dramane est passée par là
"Mercredi 15 août, 2012. Je reviens de Jacqueville, sud de la Côte d’Ivoire. C’est un jour férié et le bac qui assure la traversée de la lagune marche un plus longtemps que d’habitude. En route pour Abidjan, Il est un peu plus de 21 heures lorsque je passe le troisième barrage FRCI (rebelles) à Yopougon. Plus occupés à racketter les usagers de la route qu’à se soucier des vagues d’attaques mystérieuses qui ont semé le trouble dans leurs rangs quelques jours auparavant à Toulepleu et Akouédo, les rebelles de Dramane Ouattara sont très vite rappelés à l’ordre de la vigilance. Deux heures après mon passage, Les Kalachnikovs crépitent : Des postes FRCI à Dabou sont pris d’assaut par un commando non identifié. Au même moment, des postes FRCI sont aussi attaqués à Jacqueville par un autre groupe non identifié. Dans les deux cas, les FRCI subissent d’énormes pertes en hommes et en armes. C’est la débandade au sein de l’armée de Dramane, qui, pour exorciser sa frayeur, suspend la fourniture d’électricité et la couverture téléphonique à Jacqueville, et s’en prend aux populations locales, longtemps … des jours, même, après le passage du commando invisible.
Alerté, dès la réouverture du réseau téléphonique, des atrocités commises par la fière soldatesque de Dramane en pleine opération de « ratissage », je décide de retourner à Jacqueville constater par moi-même les implicatures de ce que le ministre de la défense du régime génocidaire de Dramane claironne comme la reprise en main de la situation. Et ce que je découvre et entend contredit tous les délires de la rattrapocratie : De ratissage, il n’en est rien ! Du brigandage, du vol, de la séquestration des villageois, oui ! Le premier témoignage que je recueille est celui d’une habitante de la ville de Jacqueville, qui, alliant le geste au mot et à l’exaspération, déplore la veulerie et le gangstérisme des pleutres de Dramane :
« Ils n’ont pas de couilles ! Le soir de l’attaque, longtemps après le départ de leurs offenseurs, ils sont enfin sortis de leur cachette ; et nous les avons entendu se plaindre de ce qu’ils avaient trop peu de moyens et étaient trop peu nombreux pour traquer dans noir des cocoteraies et des marécages le commando invisible, qui venu à pied à Jacqueville, était reparti vers Toukouzou (village de Papa Nouveau) avec l’essentiel de leurs armes et 2 de leurs véhicules. Puis, dès le lever du jour, ils s’en sont pris à aux villageois de la ville, qu’ils ont séquestrés dans les cours et dont ils ont défoncé les portes des habitations, et volé les maigres économies et les provisions avant de se lancer à la poursuite de ceux qui la veille les ont attaqués ».
Je décide alors de poursuivre la trace de la « grand armée » génocidaire vers Addah et Toukouzou, plus à l’ouest de Jacqueville. Et je ne tarde pas à tomber sur les grands « ratisseurs » occupés à tabasser les passagers d’un taxi-brousse. Leur crime ? Ils sont jeunes et robustes ; ils n’ont pas leurs papiers, et sont donc « certainement des miliciens pro-Gbagbo-agents-des-agresseurs-de-la-veille ». Dangereux d’être jeune à Génocidoland ! Ma chevelure grisonnante m’a-t-elle épargné une bonne raclée ? Je continue mon insolite randonnée et tombe 10 minutes plus tard sur une autre patrouille de « ratisseurs », celle-là encore plus moutonnière et plus excitée que la précédente, parce que plus grande en nombre : environ une douzaine de créatures à la mine patibulaire viennent en sens inverse de ma direction, remorquant l’épave d’un des véhicules que les attaquants de la veille leur ont ravis en se retirant. Il m’apparaît clairement que ce qu’ils ont bu et fumé ne se produit ni ne se cultive dans la région. Les yeux rouges et le doigt nerveux sur la gâchette, ils m’aboient des ordres contradictoires. L’un d’eux m’apostrophe, espérant m’intimider :
« Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vus ; n’est-ce pas ? »
« Désolé, mais je ne vous connais ni d’Adam ni d’Eve ; et votre visage ne me dit rien qui vaille ! » je lui réponds assuré. Il comprend très vite que je ne suis pas de ceux qui se laissent facilement engourdir et se retire, non sans ordonner que l’on fouille mon véhicule.
J’arrive enfin à Addah, dernier village Alladian, épicentre des ravages de la soldatesque génocidaire dans la région de Jacqueville. Ici et là sont visibles les traces de la brutalité de la meute génocidaire de Dramane : Les jeunes gens ciblés, battus, et poursuivis par la horde de Dramane ont trouvé refuge dans la forêt. Les vieillards et les mal portants restés seuls sont séquestrés et pillés. Les basse-cours sont vandalisées, et les édifices religieux saccagés. Le domicile du curé du village est dévasté et l’argent des paroissiens emportés par les chenapans qui constituent la fière armée de Ouattara. Ayant assez entendu et vu je décide de retourner sur mes pas afin de ne pas rater le bac de 18 heures A Grand-Jack, j’apprends qu’un villageois qui vaquait paisiblement à ses occupations a été tout simplement abattu par les empuantis de Ouattara. Elle a bien raison, cette habitante de Jacqueville de s’indigner : l’armée du boucher d’Abidjan est bien un fourmillement de « couilles molles » qui ne s’en prend qu’aux plus faibles.
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