lundi 29 mars 2010

Il s'énerve et gagne 2 points Godwin



Cette fois, c'est sans discussion. Besson se surpasse :

1er point :
"Des méthodes et des propos de facho"... à propos de la chronique Stéphane Guillon de lundi dernier !

2e point :
"Ce que j'ai dénoncé avec force, ce ne sont pas les attaques glauques sur mon physique mais le racisme, oui je dis bien le racisme"

Synthèse, qui ferait bien un troisième point :
"Les attaques récurrentes" de Guillon "me rappellent simplement les méthodes de la presse d'extrême droite et de l'entre-deux-guerres".

L'évocation est de plus en plus précise - telle est la loi de Godwin :
«Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s'approche de 1.» (Et ça vaut bien sûr ailleurs que sur Internet, on le voit.)




jeudi 25 mars 2010

Points Godwin. Gagnant toutes catégories



Après les deux gagnants précédents, Besson et Zemmour (et il y en a tant d'autres), il faut nominer le gagnant toutes catégories. Le problème c'est qu'il joue les insaisissables, les fantômes sans visage. Il se cache derrière telle ou telle figure : aujourd'hui, indubitablement, il se cache derrière Zemmour !


Zemmour s'est montré tellement prévisible, tellement évident, qu'il était inévitable qu'il soit désigné pour ce rôle de paratonnerre qu'il joue si merveilleusement : il a dit tout haut, et - naïf de chez naïf, l'a revendiqué ! - il a "dit tout haut de ce que tout le monde pense tout bas"... tiens on a déjà entendu cette formule quelque part !

Du coup, il est devenu le paravent commode derrière lequel on peut continuer à penser tout bas, en toute tranquillité, ce qu'on lui reproche à lui à cor et à cri de dire tout haut !

La voilà donc devenu le paratonnerre sur lequel la foudre peut tomber, et elle ne se gêne pas, la foudre, de s'abattre sur lui de tous côtés : plus on tape fort, plus on peut défendre par ailleurs ce qu'il a proclamé tout haut, et que l'on peut donc penser désormais un peu moins bas.

Et plus on le traitera d'avocat du IIIe reich et de parangon de Le Pen, plus on pourra banaliser quelques idées que ce dernier a remises en honneur dans les bouches de tous ceux qui rejettent le flacon (FN) pour mieux garder le contenu - douce ivresse de la nostalgie et de l'antirepentance...

Qu'importe le flacon (Besson) pourvu qu'on ait l'ivresse identitaire clamée par ceux que l'on exècre.

Si les Zemmour n'existaient pas, il faudrait les inventer...




mercredi 24 mars 2010

Points Godwin. Un autre gagnant



Après Besson chez Guillon (voir la réponse), un autre lauréat. Un point Godwin pour Zemmour.

Oh, j'entends bien l'objection : mais ce n'est pas lui le gagnant !... Sachant ce qu'est la loi de Godwin : «Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s'approche de 1.» (Ça vaut bien sûr ailleurs que sur Internet, comme on l'a vu pour Besson.)

Objection, donc : mais ce n'est pas Zemmour, fera-t-on remarquer, qui renvoie autrui au IIIe reich, c'est lui qui y est renvoyé !...

J'entends bien l'objection... Sauf que l'on peut être suffisamment habile pour obtenir un point Godwin (ou les collectionner, concernant Zemmour) sans avoir l'air d'y toucher.

La méthode Zemmour est remarquable, qui consiste à capter les points Godwin en circonvenant l'adversaire, pour qu'il fasse lui-même le constat que Zemmour suggère avec insistance...

Exemple sublime, le fameux épisode "race blanche, race noire" face à Rokhaya Diallo et Vincent Cespedes :

- Éric Zemmour : « [...] j’ai le sentiment qu’à la sacralisation des races de la période nazie et précédente a succédé la négation des races. Et c’est d’après moi aussi ridicule l’une que l’autre. Qu’est-ce que ça veut dire que ça n’existe pas ? On voit bien que ça existe ! »
- Rokhaya Diallo : - « Mais comment on le voit ? Je ne comprends pas ce que vous voyez... »
- Éric Zemmour : - « Ben à la couleur de peau tout bêtement. »
- Rokhaya Diallo : « Et donc la couleur de peau selon vous fait que moi j’appartiens à une race différente de la vôtre. »
- Éric Zemmour : - « Mais évidemment ! Non mais... que vous redécouvriez... »
- Rokhaya Diallo : - « Bon ben alors... C’est intéressant... »
- Éric Zemmour : - «Ben évidemment, j’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire!»


Voilà un point Godwin obtenu aussi discrètement que brillamment ! Un renvoi dos-à-dos - "aussi ridicule l’une que l’autre" (sic) - de "la période nazie" et de celle des acquis ultérieurs, parce que dans le contexte, c'est bien de c'est cela qu'il s'agit ! Les propos qui précèdent son affirmation le montrent :

- Isabelle Giordano et Éric Zemmour, de concert : - « Parce que pour vous Rokhaya, les races n’existent pas ? »
- Rokhaya Diallo : - « Ben non. Enfin je... »
- Vincent Cespedes : - « Pas pour les scientifiques non plus... »

Voilà, avouons-le, une façon remarquable d'obtenir un point Godwin, qui à la fois, renvoie discrètement au nazisme, et interdit à l'adversaire de s'y arrêter, sous peine de se voir décerner soi-même un point Godwin, via le cri scandalisé (ou la remarque ironique, qu'importe) : "Zemmour banalise des périodes troubles". Quiconque oserait cette remarque risquerait de se voir menacer par la loi Godwin, là où le point a bel et bien été décroché par Zemmour lui-même !

On peut multiplier les exemples de cette façon de se récompenser Godwin, chez Zemmour, mais pas seulement, qui consiste à donner crédit à certains aspects de ladite époque. Pensons aux autoroutes et aux Volkswagen régulièrement mises en exergue par ceux qui entendent glisser aux "bienfaits" du IIIe reich. On pourrait aussi évoquer l'usage des voies ferrées et autres "mises en valeur" équivalentes, pour parler des "bienfaits" d'autres moments de l'histoire...

Comme pour d'autres aspects de tel ou tel débat, ne reste plus qu'à ajouter un retentissant "c'est un fait", pour cantonner l'adversaire à un silence lui interdisant, sous peine d'accusation de glissement Godwin, de faire remarquer que les autoroutes, voies ferrées, Volkswagen, et autres mises en valeurs, sont suffisantes pour banaliser de telles références ou pour les renvoyer dos-à-dos avec l'acquis du droit. Pensons à cette façon prodigieuse de clamer que concernant ceux qui pratiquent la discrimination raciale, "ils ont le droit" (sic) !

Bref le point Godwin est d'autant plus mérité qu'il a été décroché, on le voit, avec une incontestable finesse.



lundi 22 mars 2010

Gagné ! 1 point Godwin



Son camp a perdu les élections. Mais lui a gagné un point Godwin... et haut la main !


La loi de Godwin : « Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s'approche de 1. »


Le gagnant, c'est Éric Besson. Ça ne s'est pas passé sur le web, mais à la radio, sur France-Inter (voir les vidéos)... Gagné avec panache. 



Guillon venant de lui tailler un portrait... pas piqué des verts, un portrait d'espion de Le Pen au PS, puis chez Sarko...

Il ne tient pas, il demande à s'expliquer : et là tout y passe. Le glissement Godwin est particulièrement remarquable : on a "évoqué Mein Kampf à son sujet". Le caricaturer c'est "être raciste" (sic), etc.

Le tout pour se plaindre de ce que (en substance) il soit trop facile de s'en prendre à un être si faible que lui de la sorte...

Bref, on en vient au point où le PDG de Radio-France finit par s'excuser de la farce de Guillon !... Prouvant ce dont Besson s'évertuait à affirmer qu'il n'en était rien. Qu'il serait trop facile, sans risque, de s'en prendre à lui...  

En attendant, si son camp a perdu les élections, Besson en a perdu son sang froid, d'autant plus, sans doute, que, nœud du propos de Guillon, la remontée de Le Pen pourrait - qui sait ? - lui devoir quelque chose...

D'où le dicton : perdant aux élections, gagnant aux points Godwin...



vendredi 19 mars 2010

En humeur de cobaye



J'ai vu en pointillé l'étrange émission proposée mercredi 17 mars par France 2, intitulée "La Zone Xtrême", reprenant l'expérience effectuée aux États-Unis de 1960 à 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram. Des "cobayes" humains sont amenés à infliger des décharges électriques progressivement de plus en plus dangereuses à un de leurs semblables, en obéissance à l'injonction de l'expérience, du jeu...


Motivation : montrer jusqu'en quelles zones peut aller la télé et son pouvoir, et notamment dans le cadre de la télé-réalité. En ressort un malaise diffus tant il est profond et diversifié.

Un aspect du malaise qui semble avoir peu été perçu, en tout cas pas signalé comme tel, se trouve dans le paradoxe de la dénonciation de la mise en cobaye... par une mise en cobaye : impression que l'émission ne fait pas mieux que ce qu'elle dénonce, allant jusqu'à dévoiler l'échappatoire de survie qu'est le mensonge de quelques-uns de ceux (80 %) qui se sont laissé avoir : ils auraient "su d'avance que ce n'était qu'un jeu" avancent certains, échappatoire que l'émission réfute, extraits à l'appui.

Et de souligner à l'envi qu'envoyer des décharges électriques de 400 volts par obéissance piégée aurait été le fait de quiconque, à 80 %. Certes ! Mais les piégés sont ceux qui ont été mis en cobaye, et pas les concepteurs du piège, par exemple ! Et quiconque des milliers de téléspectateurs n'a pas été piégé n'aura évidemment pas à vivre le malaise des quelques-uns qui l'ont été ! Quand en outre le débat a glissé à la comparaison avec résistance et collaboration, on mesure un peu le malaise !

Et cet aspect du problème, problème du concept-même, n'a pas semblé émerger...

Ça laisse en humeur étrange, "in the mood"...
... In the mood (of a guinea-pig)...


Take five (guinea-pigs)


Between races (of guinea-pigs)

"Pour que Dave Brubeck swingue (balance), il faudrait qu'il pende au bout d'une corde", aurait répondu Art Blakey à une question sur Brubeck...

Là est sans doute l'origine de l'idée étrange des concepteurs de l'émission mettant en scène des cobayes pour nous prouver que les (autres) émissions de télé-réalité mettent en scène des cobayes : les concepteurs n'ont manifestement jamais été cobayes eux-mêmes, ils n'ont jamais swingué au bout d'une corde...

Désarmais les cobayes, à leur façon, ont swingué, eux : le son de leur musique en restera sans doute différent... à quel prix ! Car les quelques "cobayes" qui n'ont pas marché, ou qui n'ont pas marché jusqu'au bout, sont là pour prouver qu'il est possible de ne pas se plier à n'importe quelle injontion.



Quelle impulsion électrique antécédente détermine tel ou tel aiguillage, la soumission ou le refus ? Quel préalable pavlovien derrière le bon choix ? Quelle souffrance préalable à tel ou tel embranchement ? Ou quelle pendaison à quelle corde ? Celle au bout de laquelle n'ont pas pendu les concepteurs ?

... Celle au bout de laquelle Art Blakey devine que le grand-père (ou le père) blanc de Brubeck n'a pas pendu ? Produisant en leurs jazz respectifs des sons différents...


mardi 16 mars 2010

Siphonner l’info



« À l'instar des plaies du néocolonialisme passées sous silence en Occident, les blancs étaient ils conscients des horreurs de l'esclavage ? » twitte afrosapiens.

Bonne question, dont la réponse me semble être globalement « non » !

Comme pour le néocolonialisme, nombre de ceux qui savent, de ceux qui ont su, s’indignent, se sont indignés.

Un exemple célèbre, le « vœu de Champagney » :

On sait qu’en 1789, les villages et villes de France eurent à rédiger des « cahiers de doléances » pour la convocation des États généraux. Les habitants de Champagney incluent dans leur cahier un article unique en son genre (l'article 29), condamnant la traite des Africains et réclamant son abolition.

Le texte de cet article :
« Les habitants et communauté de Champagney ne peuvent penser aux maux que souffrent les nègres dans les colonies, sans avoir le cœur pénétré de la plus vive douleur, en se représentant leurs semblables, unis encore à eux par le double lien de la religion, être traités plus durement que ne le sont les bêtes de somme. Ils ne peuvent se persuader qu'on puisse faire usage des productions des dites colonies si l'on faisait réflexion qu'elles ont été arrosées du sang de leurs semblables : ils craignent avec raison que les générations futures, plus éclairées et plus philosophes, n'accusent les Français de ce siècle d'avoir été anthropophages, ce qui contraste avec le nom de français et encore plus celui de chrétien. C'est pourquoi, leur religion leur dicte de supplier très humblement Sa Majesté de concerter les moyens pour, faire des sujets utiles au royaume et à la patrie. »
(Document B-4213 aux archives Départementales de la Haute-Saône à Vesoul)

On est au temps où l’information a gagné les campagnes. Et il apparaît alors qu’il y a une France autre que celle qui est prise en otage…

On ne peut s’empêcher de le penser en voyant un vol d’hirondelles s’envoler des yeux d’un Ferrat…


Même s’il y a, hélas, les otages volontaires, qui lèvent une « rébellion » là, et qui ici rejoignent les troupes d’une « identité nationale » dont le « siphonnage » n’a fait qu’appuyer la banalisation qui fait naturellement retour dans les urnes à côté du « à quoi bon » — « on est fatigué » dit-on en d’autres termes.

Mais l’espoir n’est jamais totalement éteint. Il peut même donner des signes dans les urnes !

... Il suffit de changer quelques termes du vœu de Champagney pour l’appliquer au néocolonialisme et à la Françafrique. On peut en dire autant d’autres pays…




samedi 13 mars 2010

En voyant un vol d'hirondelles...



"Ils quittent un à un le pays
Pour s'en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient"...



Avec un autre horizon...