dimanche 9 décembre 2012

L’affaire Mahé comme jet d’encre : la non-incarcération des lampistes était devenue inévitable



« Me Jean Balan, avocat de la défense, n’a pas cessé d’invoquer l’affaire qui obsédait en sourdine tout le monde dans la salle d’audience : le fameux bombardement du camp français de Bouaké, qui vaut à Michèle Alliot-Marie d’être accusée de "complicité d’assassinat". "Tout part de Bouaké !", a-t-il martelé, aussi sûr de lui et incompris que Galilée soutenant mordicus que la terre tourne autour du soleil. » (Th. Kouamouo, Le Nouveau Courrier n° 673 – 8-9.12.12)

« Quant au brigadier Schneir - qui a tenu le corps de Mahé pour qu’il ne puisse bouger -, "qu’aurait-il dû faire ?" demande son défenseur, Me Balan. "Tirer sur Raugel ? Évidemment non." Pour lui, s’il est condamné, cela veut dire que les soldats de base, les peu gradés, deviendraient non seulement de la chair à canon, "de la chair à canon judiciaire. (…) Ils ont réagi de façon profondément humaine, pas comme des criminels", a-t-il dit. (Haby Niakaté, JAf 7.12.12)

« L’Histoire retiendra sans doute qu’effectivement, les secrets inavouables autour des événements de novembre 2004 en Côte d’Ivoire sont les ressorts secrets qui ont causé la mise sur le devant de la scène de l’affaire Mahé. Il fallait, dans un premier temps, trouver quelque chose pour fragiliser Poncet – parce qu’il parlait trop en petit comité, parce qu’il en faisait trop désormais ou parce qu’il fallait préparer l’opinion à le «brûler» si la vérité toujours cachée sur ce bombardement instrumentalisé dans le cadre d’une opération de renversement de Laurent Gbagbo faisait brusquement son apparition sur la place publique. Puis, il fallait bien faire machine arrière, face à son pouvoir de nuisance. Entre temps, ces batailles au sommet avaient créé des victimes collatérales – qui étaient à la barre jusqu’à hier après-midi. Il fallait bien trouver une porte de sortie "honorable" pour tout le monde !

[…] En réalité, la vraie affaire, c’est novembre 2004. Parce que les neuf soldats français tués à Bouaké dans des conditions mystérieuses sont français, justement. Il sera bien plus difficile de faire passer leurs morts par pertes et profits. Et, toujours par incidence, par voie de conséquence, des vérités essentielles sur ce douloureux épisode de la crise ivoirienne et sur les mensonges de la France officielle seront sans doute mises sur la place publique. » (Th. Kouamouo, Le Nouveau Courrier n° 673 – 8-9.12.12)


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