Les exactions ne cessent de se poursuivre et se multiplier...
Le silence médiatique s'épaissit, Fillon ne dit rien...
L’Onuci avoue son impuissance
Les FRCI lui interdisent d’avoir accès aux prisonniers politiques
L’Opération des nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), a fait l’état de la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, au cours de son traditionnel point de presse hebdomadaire à son siège de Sebroko.Article de Benjamin Silué
Trois mois que le pouvoir Ouattara est aux commandes de la Côte d’Ivoire. Trois mois que les exactions ne cessent de se poursuivre et se multiplier, sans qu’aucun petit doigt ne soit levé. La situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire s’est détériorée. Et les exactions des Frci sur les populations civiles sont loin de prendre fin, malgré la présence impressionnante et pléthorique des forces onusiennes en Côte d’Ivoire, dont la mission principale est la protection des populations civiles. Aucun jour ne passe sans que des Ivoiriens ne soient victimes des éléments des Frci. Le Gouvernement peine à mettre fin à cette situation encore moins l’Opérations des Nations unies qui reste parfois de marbre face à cette situation, presque un aveu presque d’impuissance face aux populations qui souffrent le martyre entre les mains des «sauveurs» du Procureur Simplice Kouadio.
Hier au cours de sa traditionnelle conférence de presse hebdomadaire, l’Onuci, par la voix de son porte-parole, Hamadoun Touré n’a pas manqué de relever cela. Il a exprimé la préoccupation de l’Onuci face aux exactions commises par des éléments des FRCI sur les populations. «Au cours de la semaine passée, au moins 25 cas de torture et mauvais traitements ont été rapportés à Daloa, Gabia Kinkeninda (260km de Bouaké) et Zoukougbeu (40 km de Daloa). Et au moins quatre personnes ont été menacées de mort par ces mêmes éléments », a indiqué Hamadoun Touré. Ce chiffre n’est pourtant qu’une infime proportion des exactions faites aux populations par les éléments se réclamant des Frci. L’on se demande, au passage, pourquoi l’Onuci camoufle systématiquement les cas de meurtres de sang-froid relevés au quotidien par les observateurs…
Ce qui est troublant, c’est que l’Onuci annonce avoir effectué au cours de la semaine passée, 1275 patrouilles terrestres et aériennes et poursuivi les patrouilles mixtes avec leurs homologues des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). Des initiatives qui n’ont pas eu la moindre retombée sécuritaire pour les populations.
L’on se souvient encore que les troupes onusiennes stationnées à Duekoué n’ont pas pu secourir des populations qui se faisaient massacrer, avec un bilan de plus de 1000 morts selon les organisations de défense des droits de l’homme. Pourquoi, l’Onuci ne déploie-t-elle pas les grands moyens pour la protection des populations au nom de la résolution 1975 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui évoquait très clairement la protection des populations civiles par tous les moyens. Une fois sa véritable mission achevée – le renversement de Gbagbo –, l’Onuci a-t-elle rangé ses Mi-24 et abandonné les populations à leur propre sort ?
L’Onuci empêchée de visiter les détenus politiques
Les personnalités politiques, ce n’est un secret pour personne, sont détenues, prisonniers au nord du pays dans des conditions inhumaines et humiliantes pour l’être humain. Malgré l’état de santé considérablement dégradé de nombre d’entre eux, le pouvoir actuel s’entête à les maintenir dans ces conditions, au risque de les voir mourir dans ces «camps Boiro» à l’ivoirienne. Et là encore, l’Onuci montre une fois de plus toute son impuissance de réagir. On comprend qu’elle ait dit non pour marquer son indignation, quand les hommes de Ouattara lui ont demandé d’accompagner le transfèrement des personnalités détenues à la Pergola jusqu’à Boundiali. Ce qui est surprenant, c’est le fait que l’Onuci avoue que les Frci ou du moins le pouvoir Ouattara l’empêchent de rendre visite aux différents détenus dans ces geôles de la mort. Le Porte-parole de l’Onuci, Hamadoun Touré, a déploré le manque d’accès de l’Onuci aux lieux de détention des détenus politiques. Notamment, à la Compagnie Territoriale de Korhogo, avant de rappeler que «l’Onuci, comme son mandat le prévoit, n’a besoin d’aucune autorisation pour effectuer son travail de monitoring dans les lieux de détention ». Le porte-parole a par ailleurs annoncé la visite à Bouna des représentants de la Division des droits de l’homme de l’Onuci et du ministre des droits de l’homme et des libertés publiques pour, a-t-il précisé, «se déterminer sur les conditions de détention des différentes personnalités détenues dans cette prison».
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