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vendredi 31 août 2012
jeudi 30 août 2012
Communiqué du comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens
Libération immédiate de Laurent Akoun et des prisonniers politiques ivoiriens !
Halte à la criminalisation de l’opposition, aux arrestations et exécutions arbitraires, aux disparitions de civils pour des motifs ethniques et des présupposés politiques !
Halte à l'atteinte contre la liberté de la presse, et à une justice de façade !
Pour une véritable réconciliation nationale avec tous les acteurs politiques et citoyens ivoiriens.

Alors que plus cent prisonniers politiques continuent à croupir en détention au Nord du pays, dans des conditions scandaleuses qui portent atteinte à leur santé et aux plus élémentaires des droits humains, que le régime Ouattara refuse le transfert humanitaire du franco-ivoirien Michel Gbagbo et la libération de l'universitaire Aké N'gbo Gilbert, de nouvelles interpellations d’anciens hauts responsables du gouvernement Gbagbo et du FPI ont eu lieu à quelques jours d’intervalle.
Le docteur Alphonse Douati, ancien ministre et secrétaire général adjoint du FPI a ainsi été arrêté le 18 août par la DST, avec des proches qui ont été relaxés. Détenu à la maison d'arrêt et de correction d'Abidjan, il est accusé « d'atteinte à la sûreté de l'État », pour son lien présumé avec des attaques contre les FRCI. Aucun contact avec ses avocats ne lui a été autorisé. Le dimanche 26 août 2012, M. Laurent Akoun , Secrétaire Général et Porte-parole du FPI , a été interpellé par les FRCI, alors qu’il avait fini d’animer un meeting politique dans la région d’Adzopé et se préparait à participer à une seconde réunion publique.
Il a été transféré à Abidjan puis conduit au camp d’Agban, et à la MACA (maison d’arrêt d'Abidjan), où la visite de son avocat lui a été refusée.
Laurent Akoun a été placé sous mandat de dépôt et doit être jugé pour « trouble à l`ordre public » ce vendredi 31 août.
Par ailleurs, le gouvernement Ouattara a engagé une bataille judiciaire avec les autorités ghanéennes, en vue d’obtenir l’extradition de Justin Koné Katinan (ministre et porte parole de Laurent Gbagbo), en exil au Ghana. Ce dernier bénéficie du statut de réfugié politique sur le sol ghanéen. Une audience doit également avoir lieu ce vendredi 31 Aout.
Nous condamnons avec force ces « coups de filet » qui marquent la volonté très claire du régime d’Alassane Ouattara de s’attaquer au principal parti d’opposition à travers ses représentants à l’extérieur et à l’intérieur du pays.
Par ailleurs, de graves violations des droits humains ont lieu quotidiennement :
- Enlèvement d’une centaine de jeunes hommes à Yopougon (Abidjan) le 23 Août.
- Descente des milices Frci dans les villages, maltraitance des populations (jeunes et vieillards), voire exécutions sommaires (Guiberoua, Iboguhé, Sahuyé, Dabou), disparitions.
- Viols, pillages, rackets.
- Tortures dans des camps de concentration dont l’existence est connue de tous, y compris de l’ONU.
Les enlèvements touchent aussi des enfants.
La zone de non droit qui prévaut à l’Ouest du pays se déplace au Sud du pays, avec l’assentiment du régime Ouattara.
Les Ivoiriens ne sont plus considérés comme des citoyens mais comme des pro-Gbagbo par un gouvernement qui semble aux abois.
On peut craindre que le parti unique soit de retour, par le biais de la violence comme mode de gouvernance, avec la volonté d’éradiquer l’appareil politique du FPI et de mater toute voix dissidente ou supposée telle. Le siège du FPI a d’ailleurs été saccagé par les nervis ouattaristes.
Enfin de graves atteintes à la liberté d’informer ont eu lieu, avec le pillage du siège du journal « Le Temps », journal de la « presse bleue » (proche de Laurent Gbagbo). Son directeur de publication est également embastillé depuis le mois de Mars.
Nous en appelons à la mission fondamentale des organisations des droits de l’homme et de protection de la liberté de la presse, si promptes à dénoncer les exactions [supposées mais jamais vérifiées - note de d.] de l’ancien régime, plongées dans un mutisme complice et incompréhensible à l’heure où la Côte d’Ivoire connaît une des pages les pus sombres de son histoire, jusqu’à voir sortir de son immobilisme le président de la CDVR, Commission Nationale Dialogue, Vérité et Réconciliation.
Devant cette épuration politique et sociale, nous interpellons aussi ici François Hollande, Président de la République française, et Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, qui doivent se rendre au sommet de la francophonie ce vendredi 31 Août afin qu’ils prennent leurs responsabilités devant l’histoire, face à une dictature que la France, à travers le régime chiraquien, puis le régime sarkoziste, a contribué à installer - et que Ouattara a dupé en prétendant, durant ses derniers entretiens à Paris, « normaliser » la situation des prisonniers politiques !
Nous demandons la protection des civils qui ont droit à la sécurité, dénonçons la mise en place d’une véritable dictature et exigeons la libération des prisonniers politiques, le transfert humanitaire du franco-ivoirien Michel Gbagbo, la relaxe de Laurent Akoun et Alphonse Douati, ainsi que de tous les anonymes enlevés arbitrairement et tenus au secret dans des lieux connus et inconnus.
Paris le 29 Août 2012
COMITÉ POUR LA LIBÉRATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS
Le docteur Alphonse Douati, ancien ministre et secrétaire général adjoint du FPI a ainsi été arrêté le 18 août par la DST, avec des proches qui ont été relaxés. Détenu à la maison d'arrêt et de correction d'Abidjan, il est accusé « d'atteinte à la sûreté de l'État », pour son lien présumé avec des attaques contre les FRCI. Aucun contact avec ses avocats ne lui a été autorisé. Le dimanche 26 août 2012, M. Laurent Akoun , Secrétaire Général et Porte-parole du FPI , a été interpellé par les FRCI, alors qu’il avait fini d’animer un meeting politique dans la région d’Adzopé et se préparait à participer à une seconde réunion publique.
Il a été transféré à Abidjan puis conduit au camp d’Agban, et à la MACA (maison d’arrêt d'Abidjan), où la visite de son avocat lui a été refusée.
Laurent Akoun a été placé sous mandat de dépôt et doit être jugé pour « trouble à l`ordre public » ce vendredi 31 août.
Par ailleurs, le gouvernement Ouattara a engagé une bataille judiciaire avec les autorités ghanéennes, en vue d’obtenir l’extradition de Justin Koné Katinan (ministre et porte parole de Laurent Gbagbo), en exil au Ghana. Ce dernier bénéficie du statut de réfugié politique sur le sol ghanéen. Une audience doit également avoir lieu ce vendredi 31 Aout.
Nous condamnons avec force ces « coups de filet » qui marquent la volonté très claire du régime d’Alassane Ouattara de s’attaquer au principal parti d’opposition à travers ses représentants à l’extérieur et à l’intérieur du pays.
Par ailleurs, de graves violations des droits humains ont lieu quotidiennement :
- Enlèvement d’une centaine de jeunes hommes à Yopougon (Abidjan) le 23 Août.
- Descente des milices Frci dans les villages, maltraitance des populations (jeunes et vieillards), voire exécutions sommaires (Guiberoua, Iboguhé, Sahuyé, Dabou), disparitions.
- Viols, pillages, rackets.
- Tortures dans des camps de concentration dont l’existence est connue de tous, y compris de l’ONU.
Les enlèvements touchent aussi des enfants.
La zone de non droit qui prévaut à l’Ouest du pays se déplace au Sud du pays, avec l’assentiment du régime Ouattara.
Les Ivoiriens ne sont plus considérés comme des citoyens mais comme des pro-Gbagbo par un gouvernement qui semble aux abois.
On peut craindre que le parti unique soit de retour, par le biais de la violence comme mode de gouvernance, avec la volonté d’éradiquer l’appareil politique du FPI et de mater toute voix dissidente ou supposée telle. Le siège du FPI a d’ailleurs été saccagé par les nervis ouattaristes.
Enfin de graves atteintes à la liberté d’informer ont eu lieu, avec le pillage du siège du journal « Le Temps », journal de la « presse bleue » (proche de Laurent Gbagbo). Son directeur de publication est également embastillé depuis le mois de Mars.
Nous en appelons à la mission fondamentale des organisations des droits de l’homme et de protection de la liberté de la presse, si promptes à dénoncer les exactions [supposées mais jamais vérifiées - note de d.] de l’ancien régime, plongées dans un mutisme complice et incompréhensible à l’heure où la Côte d’Ivoire connaît une des pages les pus sombres de son histoire, jusqu’à voir sortir de son immobilisme le président de la CDVR, Commission Nationale Dialogue, Vérité et Réconciliation.
Devant cette épuration politique et sociale, nous interpellons aussi ici François Hollande, Président de la République française, et Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, qui doivent se rendre au sommet de la francophonie ce vendredi 31 Août afin qu’ils prennent leurs responsabilités devant l’histoire, face à une dictature que la France, à travers le régime chiraquien, puis le régime sarkoziste, a contribué à installer - et que Ouattara a dupé en prétendant, durant ses derniers entretiens à Paris, « normaliser » la situation des prisonniers politiques !
Nous demandons la protection des civils qui ont droit à la sécurité, dénonçons la mise en place d’une véritable dictature et exigeons la libération des prisonniers politiques, le transfert humanitaire du franco-ivoirien Michel Gbagbo, la relaxe de Laurent Akoun et Alphonse Douati, ainsi que de tous les anonymes enlevés arbitrairement et tenus au secret dans des lieux connus et inconnus.
Paris le 29 Août 2012
COMITÉ POUR LA LIBÉRATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS
mardi 28 août 2012
Côte d’Ivoire, le visage de la dictature
"Arrestations politiques, répression, enlèvements, musèlement de la presse…

Par Gérard Koné. Extrait du Nouveau Courrier n°595 du 28.08.12 :
"En soutenant et installant Ouattara au pouvoir après une crise armée, suite à l’élection présidentielle, la 'communauté internationale' avait juré avoir pris fait et cause pour un régime démocratique soucieux des libertés et des lois. Mais la réalité est autre en Côte d’Ivoire depuis plusieurs mois. Un pays qui sombre dangereusement dans une dictature sans nom, avec la vague d’arrestations et détentions arbitraires, d’enlèvements, de bastonnades, d’exactions et autres privations de libertés.
"Un processus de réconciliation nationale étouffée, une justice aux ordres, une situation sociopolitique délétère, une opposition bâillonnée et martyrisée, avec en prime la valse d’arrestations de responsables politiques, la traque effrénée des partisans du président Laurent Gbagbo, les enlèvements tous azimuts, une justice aux ordres, une armée braquée contre les civils, avec des ratissages à caractère politique et ethnique… Voici ainsi décrit, à grands traits, le cocktail Molotov de l’environnement sociopolitique délétère qui prévaut en Côte d’Ivoire. Et qui est devenu bien plus menaçant depuis plusieurs semaines.
Visiblement, les Ivoiriens ont affaire à un Etat militarisé, avec comme ministre de la Défense, le chef de l’Etat en personne. Dans une telle situation, les Frci ont donc carte blanche pour agir – en toute impunité – et terroriser les populations civiles. Depuis les attaques ciblées contre des objectifs militaires, les Frci semblent se venger sur les populations. Bingerville et Yopougon continuent de payer les conséquences des attaques d’un commissariat à Yopougon et du camp militaire d’Akouedo à quelques encablures de la commune de Bingerville. A ce jour, ce sont près d’un millier de jeunes, selon des informations en notre possession, qui ont été abusivement arrêtés à Yopougon, lors d’opérations dites de «ratissage» et/ou de rafles matinales et nocturnes.
Bâillonner l’opposition et museler la presse libre
Les actes que posent un peu plus chaque jour le régime Ouattara ne rassurent pas quant à sa volonté de s’inscrire dans un processus de réconciliation nationale et surtout de mise en place d’un état de droit soucieux du respect des libertés publiques. Profitant de la vague d’attaques enregistrées, le régime Ouattara a mis en œuvre sa politique de bâillonnement de son opposition significative, constituée par le Fpi, ex-parti au pouvoir. Depuis presqu’un an et demi, plusieurs cadres du Fpi et ex-collaborateurs sont détenus dans les goulags du régime, aussi bien au nord du pays qu’à Abidjan. Et leur sort ne semble pas préoccuper les autorités actuelles qui s’en accommodent fort bien. Et comme si cela ne suffisait pas, depuis un certain moment, c’est l’arrestation des membres des instances dirigeantes du Fpi qui est le cheval de bataille de Ouattara et ses lieutenants. Après le SG adjoint du Fpi, le ministre Alphonse Douati arrêté le samedi 18 août dernier, c’est le numéro 2 du parti, Laurent Akoun, SG, par ailleurs porte-parole du Fpi, qui sera arrêté à son tour le dimanche dernier. Alors qu’il se rendait à Adzopé pour une séance de travail avec ses militants. Il est détenu depuis lors au camp de gendarmerie d’Agban et interdit de visite, notamment par ses camarades de parti, selon les informations en notre possession.
Son crime, selon les indiscrétions, c’est d’avoir diffamé Alassane Ouattara et de tenir des propos que le régime qualifie de «subversifs», un vocabulaire cher aux sécurocrates du régime Ouattara. A côté des «gros poissons», plusieurs responsables locaux du Fpi sont en détention à travers le pays. L’objectif visé par Ouattara et ses hommes est-il «d’éradiquer» le Fpi ? En tout cas, les outils d’une dictature perfide sont en place. La presse de l’opposition n’est pas en reste dans l’enracinement d’un climat dictatorial. Son musèlement est méticuleusement planifié, avec le saccage des sièges des groupes de presse. Le ton semble avoir été donné le samedi 18 aout dernier avec le saccage et l’incendie partiel des locaux du groupe Cyclone, éditant les journaux Le Temps et LG Info. Les menaces, y compris de mort, sur la vie des journalistes, ne se comptent plus. La communauté internationale découvre au fil des mois le véritable visage du régime au pouvoir depuis le 11 avril 2011. [...]
Lire l’article en entier sur Le Nouveau Courrier...
dimanche 26 août 2012
Carnet de Voyage à Génocidoland - reportage
Par Martial Frindéthié :

Addah terré: la meute intoxiquée de Dramane est passée par là
"Mercredi 15 août, 2012. Je reviens de Jacqueville, sud de la Côte d’Ivoire. C’est un jour férié et le bac qui assure la traversée de la lagune marche un plus longtemps que d’habitude. En route pour Abidjan, Il est un peu plus de 21 heures lorsque je passe le troisième barrage FRCI (rebelles) à Yopougon. Plus occupés à racketter les usagers de la route qu’à se soucier des vagues d’attaques mystérieuses qui ont semé le trouble dans leurs rangs quelques jours auparavant à Toulepleu et Akouédo, les rebelles de Dramane Ouattara sont très vite rappelés à l’ordre de la vigilance. Deux heures après mon passage, Les Kalachnikovs crépitent : Des postes FRCI à Dabou sont pris d’assaut par un commando non identifié. Au même moment, des postes FRCI sont aussi attaqués à Jacqueville par un autre groupe non identifié. Dans les deux cas, les FRCI subissent d’énormes pertes en hommes et en armes. C’est la débandade au sein de l’armée de Dramane, qui, pour exorciser sa frayeur, suspend la fourniture d’électricité et la couverture téléphonique à Jacqueville, et s’en prend aux populations locales, longtemps … des jours, même, après le passage du commando invisible.
Alerté, dès la réouverture du réseau téléphonique, des atrocités commises par la fière soldatesque de Dramane en pleine opération de « ratissage », je décide de retourner à Jacqueville constater par moi-même les implicatures de ce que le ministre de la défense du régime génocidaire de Dramane claironne comme la reprise en main de la situation. Et ce que je découvre et entend contredit tous les délires de la rattrapocratie : De ratissage, il n’en est rien ! Du brigandage, du vol, de la séquestration des villageois, oui ! Le premier témoignage que je recueille est celui d’une habitante de la ville de Jacqueville, qui, alliant le geste au mot et à l’exaspération, déplore la veulerie et le gangstérisme des pleutres de Dramane :
« Ils n’ont pas de couilles ! Le soir de l’attaque, longtemps après le départ de leurs offenseurs, ils sont enfin sortis de leur cachette ; et nous les avons entendu se plaindre de ce qu’ils avaient trop peu de moyens et étaient trop peu nombreux pour traquer dans noir des cocoteraies et des marécages le commando invisible, qui venu à pied à Jacqueville, était reparti vers Toukouzou (village de Papa Nouveau) avec l’essentiel de leurs armes et 2 de leurs véhicules. Puis, dès le lever du jour, ils s’en sont pris à aux villageois de la ville, qu’ils ont séquestrés dans les cours et dont ils ont défoncé les portes des habitations, et volé les maigres économies et les provisions avant de se lancer à la poursuite de ceux qui la veille les ont attaqués ».
Je décide alors de poursuivre la trace de la « grand armée » génocidaire vers Addah et Toukouzou, plus à l’ouest de Jacqueville. Et je ne tarde pas à tomber sur les grands « ratisseurs » occupés à tabasser les passagers d’un taxi-brousse. Leur crime ? Ils sont jeunes et robustes ; ils n’ont pas leurs papiers, et sont donc « certainement des miliciens pro-Gbagbo-agents-des-agresseurs-de-la-veille ». Dangereux d’être jeune à Génocidoland ! Ma chevelure grisonnante m’a-t-elle épargné une bonne raclée ? Je continue mon insolite randonnée et tombe 10 minutes plus tard sur une autre patrouille de « ratisseurs », celle-là encore plus moutonnière et plus excitée que la précédente, parce que plus grande en nombre : environ une douzaine de créatures à la mine patibulaire viennent en sens inverse de ma direction, remorquant l’épave d’un des véhicules que les attaquants de la veille leur ont ravis en se retirant. Il m’apparaît clairement que ce qu’ils ont bu et fumé ne se produit ni ne se cultive dans la région. Les yeux rouges et le doigt nerveux sur la gâchette, ils m’aboient des ordres contradictoires. L’un d’eux m’apostrophe, espérant m’intimider :
« Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vus ; n’est-ce pas ? »
« Désolé, mais je ne vous connais ni d’Adam ni d’Eve ; et votre visage ne me dit rien qui vaille ! » je lui réponds assuré. Il comprend très vite que je ne suis pas de ceux qui se laissent facilement engourdir et se retire, non sans ordonner que l’on fouille mon véhicule.
J’arrive enfin à Addah, dernier village Alladian, épicentre des ravages de la soldatesque génocidaire dans la région de Jacqueville. Ici et là sont visibles les traces de la brutalité de la meute génocidaire de Dramane : Les jeunes gens ciblés, battus, et poursuivis par la horde de Dramane ont trouvé refuge dans la forêt. Les vieillards et les mal portants restés seuls sont séquestrés et pillés. Les basse-cours sont vandalisées, et les édifices religieux saccagés. Le domicile du curé du village est dévasté et l’argent des paroissiens emportés par les chenapans qui constituent la fière armée de Ouattara. Ayant assez entendu et vu je décide de retourner sur mes pas afin de ne pas rater le bac de 18 heures A Grand-Jack, j’apprends qu’un villageois qui vaquait paisiblement à ses occupations a été tout simplement abattu par les empuantis de Ouattara. Elle a bien raison, cette habitante de Jacqueville de s’indigner : l’armée du boucher d’Abidjan est bien un fourmillement de « couilles molles » qui ne s’en prend qu’aux plus faibles.
Lire l'article sur le blog de Frindéthié...
samedi 25 août 2012
Censure : tout et n’importe quoi ?
Et si la ‘nouvelle censure’ en cours chez Nobs était une façon commode de masquer ce qui fut (est encore ?) sa vraie censure ?
Voilà Nobs qui déclenche une grève des blogs — à force de censure devenue depuis quelque temps incompréhensible au point d’en être comique — atteignant désormais tout et n’importe quoi.

Or, la censure chez Nobs fut antan nettement plus sélective et ciblée — en phase avec certains consensus médiatiques et politiques, de l’ordre par exemple en politique étrangère d’une sorte d’union nationale obligatoire (pour ne mentionner que la censure qui a atteint ce blog de façon parfois officielle et revendiquée).
La censure actuelle, dont le côté délirant fait l’hilarité unanime contre elle, désigne ainsi en cible « le robot », qui en l’occurrence a nié en son temps avec insistance être en cause dans la censure qui frappait mon blog ! — en des temps où il n’était pas jusqu’à certains blogueurs pour se féliciter de voir censurer un blog qui dérogeait de façon évidente au consensus médiatique quant à la guerre que faisait la France officielle à la Côte d’Ivoire. Or voilà que la politique française, suite au changement de gouvernement, s’est nuancée — à peine mais quand même…
Et voilà que mon blog est nettement moins censuré — à ma propre surprise : des articles qui vont assez loin dans l’information sur la réalité ivoirienne, dans la dénonciation du renversement de la démocratie antécédente et des méfaits de la dictature actuelle que Paris a mise en place — qui antan auraient sauté ipso facto, restent en ligne…
… Tandis que sont censurés dans les blogs Nobs des propos qui n’ont évidemment aucune raison de l’être... autre que le dérèglement d’un robot devenu fou : florilège…
Et si le robot fou avait un peu trop bon dos, se demande le blogueur rendu excessivement soupçonneux (même les paranoïaques ont des ennemis) par une censure qui n’eut rien d’une folie douce ?
lundi 20 août 2012
On ne les entend plus...

On n'entend plus le club des perroquets, répétant la propagande de guerre des grands médias qui, en pleine "crise post-électorale" ivoirienne, exaltaient la figure "humaniste et libérale" d'un Ouattara exigeant, à l'appui de Sarkozy et de sa "communauté internationale", la guerre contre le peuple qu'il entendait diriger.
À présent que celui-ci, qui refusait alors que l'on recompte les bulletins de vote, préférant que l'on compte les morts, a montré et montre de jour en jour son vrai visage... un étrange silence persiste.
Quelques échos se font - enfin - quand même jour dans les grands médias : on reporte de nouveaux effets - comme le saccage du siège du FPI - de ce qui est en fait le quotidien des Ivoiriens, fait de violence depuis que les armes ont porté au pouvoir le "démocrate" de la "communauté internationale"... Un quotidien qui était déjà celui du "fief" du Nord du président de la "communauté internationale" et de son Soro depuis le coup d'Etat raté de 2002.
Broutilles pourtant, hélas, que ces faits récents, dans le quotidien terrible des Ivoiriens, étendu depuis le coup d'Etat d'avril 2011 à tout le territoire, et ciblant ses victimes au titre du "rattrapage ethnique" !
Mais qui parmi les fourvoyés d'hier - d'éditorialistes en blogueurs -, suivant docilement les "grands médias", vantant alors celui qui est désormais surnommé "le boucher d'Abidjan" (qui à cette heure-même où le pays brûle se repose en France !) ; qui, quand le peuple ivoirien est humilié, torturé, pillé au quotidien par ses miliciens FRCI, dozos et consorts, s'en fera l'écho ?...
Même les Ong s'enferrent dans leur honte - celle d'avoir dénoncé alors les agressés contre les agresseurs : aujourd'hui, au jour où l'on sait qui était qui dans cette affaire...
"Où sont passées les ONG ?
Elles qui étaient si prolixes en rapports et articles lors de ce qu’on a appelé la «crise post électorale», aujourd'hui leur silence est assourdissant.
Dernier article de Human Right Watch paru le 6 juin. Depuis plus rien sur le site de l'ONG. On ne trouve guère d'information non plus côté CICR. Sur le site internet d'Amnesty International, rien non plus. Reporter sans Frontières ? Si ce n'est cet article du 25 Juillet sur la liberté de la presse en Côte d'Ivoire, aucune information fraîche.
Pourtant l'actualité humanitaire ne manque pas : enlèvement d'un représentant politique, incendie des locaux des journaux de l'opposition, saccage du siège d'un parti politique, fouilles incessantes des domiciles des populations, enlèvements par la DST de civils. Sans parler des actes de guérilla de ces derniers jours.
La liste ne serait-elle pas assez longue ? Rien dans tout cela qui soit d'importance à susciter une «réaction humanitaire» ?
Alors peut-être le drame de ce camp? Sa mise à sac ? Les meurtres qui y ont été perpétrés ? Non vraiment ? Sans façon ? Vous ne voulez pas en parler Mesdames et Messieurs des ONG ?
Sans doute nous expliquera-t-on bientôt que cet excès de pudeur estivale répond à un souci d'apaisement des tensions, pour ne pas ajouter d'huile sur le feu.
Mais le feu est allumé ! Et des êtres humains brûlent !" (Via Côte d'Ivoire libre, via resistanCIsraël)
À présent que celui-ci, qui refusait alors que l'on recompte les bulletins de vote, préférant que l'on compte les morts, a montré et montre de jour en jour son vrai visage... un étrange silence persiste.
Quelques échos se font - enfin - quand même jour dans les grands médias : on reporte de nouveaux effets - comme le saccage du siège du FPI - de ce qui est en fait le quotidien des Ivoiriens, fait de violence depuis que les armes ont porté au pouvoir le "démocrate" de la "communauté internationale"... Un quotidien qui était déjà celui du "fief" du Nord du président de la "communauté internationale" et de son Soro depuis le coup d'Etat raté de 2002.
Broutilles pourtant, hélas, que ces faits récents, dans le quotidien terrible des Ivoiriens, étendu depuis le coup d'Etat d'avril 2011 à tout le territoire, et ciblant ses victimes au titre du "rattrapage ethnique" !
Mais qui parmi les fourvoyés d'hier - d'éditorialistes en blogueurs -, suivant docilement les "grands médias", vantant alors celui qui est désormais surnommé "le boucher d'Abidjan" (qui à cette heure-même où le pays brûle se repose en France !) ; qui, quand le peuple ivoirien est humilié, torturé, pillé au quotidien par ses miliciens FRCI, dozos et consorts, s'en fera l'écho ?...
Même les Ong s'enferrent dans leur honte - celle d'avoir dénoncé alors les agressés contre les agresseurs : aujourd'hui, au jour où l'on sait qui était qui dans cette affaire...
"Où sont passées les ONG ?
Elles qui étaient si prolixes en rapports et articles lors de ce qu’on a appelé la «crise post électorale», aujourd'hui leur silence est assourdissant.
Dernier article de Human Right Watch paru le 6 juin. Depuis plus rien sur le site de l'ONG. On ne trouve guère d'information non plus côté CICR. Sur le site internet d'Amnesty International, rien non plus. Reporter sans Frontières ? Si ce n'est cet article du 25 Juillet sur la liberté de la presse en Côte d'Ivoire, aucune information fraîche.
Pourtant l'actualité humanitaire ne manque pas : enlèvement d'un représentant politique, incendie des locaux des journaux de l'opposition, saccage du siège d'un parti politique, fouilles incessantes des domiciles des populations, enlèvements par la DST de civils. Sans parler des actes de guérilla de ces derniers jours.
La liste ne serait-elle pas assez longue ? Rien dans tout cela qui soit d'importance à susciter une «réaction humanitaire» ?
Alors peut-être le drame de ce camp? Sa mise à sac ? Les meurtres qui y ont été perpétrés ? Non vraiment ? Sans façon ? Vous ne voulez pas en parler Mesdames et Messieurs des ONG ?
Sans doute nous expliquera-t-on bientôt que cet excès de pudeur estivale répond à un souci d'apaisement des tensions, pour ne pas ajouter d'huile sur le feu.
Mais le feu est allumé ! Et des êtres humains brûlent !" (Via Côte d'Ivoire libre, via resistanCIsraël)
Libellés :
jd
vendredi 17 août 2012
Un pouvoir dont la légitimité n'est pas reconnue par le peuple s'expose à des difficultés croissantes
Côte d'Ivoire. Malgré l'étrange silence des grands médias face à la gravité de la situation, les faits sont là : jusqu'à l'armée FRCI qui est déstabilisée, ce qui suscite en "réponse" une répression aussi arbitraire que vaine, ne faisant qu'enfoncer dans sa violence un pouvoir en souffrance de légitimité...

"Combats armés à Toulépleu : Le pouvoir cache de graves vérités"
Par César Etou. Extrait de Notre Voie du 17/8/2012 :

Les informations foisonnent, depuis hier mercredi 15 août 2012, sur la toile. Plusieurs sites internet les ont abondamment relayées. Contrairement aux propos flatteurs sur la capacité des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) à rétablir l’ordre à l’Ouest du pays, c’est plutôt les pertes infligées par les invisibles assaillants à cette armée qui seraient les plus dramatiques. Par exemple, aucune source officielle ne l’a dit mais selon toute vraisemblance, après l’attaque contre le poste des FRCI de Pécambly à Toulépleu le 13 août, à la frontière ivoiro-libérienne, les assaillants fantômes ont remis le couvert dans la nuit de lundi à mardi 14 août, en pilonnant les positions FRCI à Bacoubly, village du département de Toulépleu également frontalier avec le Libéria.
L’information véhiculée par plusieurs sites internet nous a été révélées par des sources de la police et de la gendarmerie. Selon ces sources, les deux attaques armées (Pécabmbly et Bacoubly) dans la région de Toulépleu, en moins de 24 heures, se seraient soldée par un bilan très lourd, c’est-à-dire plus lourd que celui communiqué par le gouvernement.
Une tendance à dissimuler la vérité
D’abord sur l’attaque du 13 août à Pécambly. Les premières estimations officielles (gouvernement) évoquent, côté FRCI, un seul blessé et cinq militaires et policiers en fuite et recueillis au Libéria. La vérité, selon nos informateurs gendarmes et policiers, serait toute autre : Ce sont plusieurs FRCI qui ont fui vers le Libéria voisin, après cette première attaque de Pécambly. Mais plus grave, les FRCI auraient eu environ dix (10) de leurs hommes tués au combat et ces assaillants fantômes auraient arraché aux combattants FRCI de nombreuses armes de pointe et matériels de guerre.
Ensuite, sur la deuxième attaque, celle de Bacoubly. En l’absence de communication gouvernementale, les seules informations disponibles et reprises par nos informateurs parlent d’au moins cinq (5) morts et de nombreux matériels militaires perdus, côté FRCI. Enfin, sur les attaques de Yopougon et du nouveau camp militaire d’Akouédo, les polémiques macabres ont toujours cours dans les milieux militaires et civils.
A Yopougon SIDECI, tous les riverains qui affirment avoir découvert entre 8 et 10 corps de FRCI, au petit matin après l’attaque de la nuit 4 au 5 août, se demandent pourquoi le gouvernement n’a annoncé que 2 morts. De même, au nouveau camp d’Akouédo, beaucoup se demandent encore les raisons pour lesquelles le gouvernement a annoncé 6 FRCI tués, là où les rescapés du camp avaient évoqué le chiffre d’au moins 13 morts, suite à l’attaque de la nuit du 5 au 6 août 2012.
Ces polémiques relancent celle sur le chiffre réel de l’assaut des FRCI, des Dozos et autres pro-Ouattara armés sur le camp des réfugiés de Nahibly à Duékoué. Là où le gouvernement faisait état de 13 morts, des chiffres de plus de 200 tués ont circulé et une liste de 47 corps retrouvés et identifiés a pu être dressés (Notre Voie n°4199 des 4,5 et 6 août 2012, page 5).
Une guerre psychologique en cours
Concernant les attaques de ce mois d’août contre les positions des hommes de Ouattara, selon nos sources militaires, les FRCI font face à « une guerre psychologique menée par des combattants non conventionnels qui ont des méthodes aux antipodes des stratégies militaires classiques ». A l’Ouest du pays, expliquent ces sources, la méthode employée par ces combattants non identifiés consiste à frapper et à disparaître dans la forêt comme ils en seraient sortis quelques minutes plus tôt.
A Abidjan, les attaques perpétrées à Yopougon et au nouveau camp militaire d’Akouédo montrent qu’en dehors de la forêt, ils sont capables de déserter un point ou une ville après avoir frappé et atteint un certain objectif recherché, avant de mettre le cap sur d’autres objectifs connus d’eux seuls. « En ville, ces combattants armés non identifiés opèrent selon la technique de la guérilla urbaine », affirment nos sources. Qui précisent qu’ils opèrent de la même manière en zone de forêt et que c’est ce qui s’est passé à Pécambly et à Bacoubly. Le lundi 13 août, les FRCI ont annoncé avoir repris la ville de Pécambly et tout normalisé à Toulépleu, avant d’être de nouveau attaqués le lendemain mardi 14, du côté de Bacoubly, toujours dans le même département.
Après ces attaques, les « FRCI originelles » (anciens rebelles et Dozos) exercent de graves exactions sur les populations civiles, notamment les jeunes qui sont arrêtés à tour de bras, torturés et brandis comme étant les assaillants qui les ont attaqués. A Toulépleu, ces représailles auraient été exercées même sur des policiers et gendarmes accusés d’être en collusion avec les assaillants fantômes, les « ennemis ». Ces exactions, en dehors du mal infligé aux innocents souvent enlevés à leurs domiciles, ne servent à rien. La preuve, au moment où les miliciens de Ouattara se félicitent d’avoir mis la main sur les « crapules », d’autres attaques sont opérées ailleurs.
De toute évidence, à force de raidissement, de vengeance, de répressions, de promesses non tenues et de rendez-vous ratés avec la réconciliation chantée du bout des lèvres, Alassane Ouattara et son régime sont en train de donner naissance à une résistance armée [...]
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