samedi 12 mai 2012

Et toujours dans le silence de nos médias...




Voir aussi sur Notre Voie :

Tortures, exactions, violations des droits de l’homme: Un camp de concentration installé à Yopougon, par Benjamin Koré :

Selon des victimes du camp des Frci, forces armées pro-Ouattara, situé au Nouveau quartier à Yopougon, les pratiques qui y ont cours sont inhumaines. Tortures, exactions, violations des droits de l’homme… Tout y passe à l’abri des regards. Et en toute impunité. Les témoignages des individus qui ont pu en sortir vivants, mais en loques humaines, donnent froid dans le dos. Selon eux, il s’agit d’un véritable camp de concentration un mouroir qui [...]... Suite sur Notre Voie...


vendredi 11 mai 2012

Charles Onana : "Ceux qui ont laissé faire en Côte d'Ivoire vont le payer cher, parce qu'on a légalisé les rébellions"



Pourquoi "l’homme qui n’a jamais fait Président", mais qui a servi des intérêts "Fouquet's" en France et dans le monde a coûté pour cela tant de sang et de larmes...

Extrait du Nouveau Courrier du 03/05/12. Article de Frank Toti, "Charles Onana : 'La place de Compaoré est avec Charles Taylor à la CPI'" :

Le journaliste d’investigation franco-camerounais, auteur de ce qui est en passe d’être un best-seller «Côte d’Ivoire, le coup d’Etat», Charles Onana, continue d’expliquer à travers les grandes capitales européennes et africaines, les motivations réelles de l’acharnement de la France et ses «suppôts» africains contre le président Gbagbo. Et qui a conduit à une longue crise de dix ans, s’étant achevé avec l’arrestation de ce dernier. C’est devant de nombreux Ivoiriens et africains de Bruxelles que le journaliste d’investigation a fait des révélations. Selon lui, le président Laurent Gbagbo a été un vrai héros qui avait en face de lui une pléiade d’ennemis masqués et/ou à visages découvert. «Le président Gbagbo a été héroïque. Je ne sais pas comment il a pu tenir face à ce qui lui est arrivé pendant toutes ces années. Je mettrais au défi les dirigeants africains actuels de vivre le quart de ce que le président Gbagbo a vécu. Je crois que la plupart auraient vendu l’intégralité de leurs pays», a fait savoir le journaliste. Il va falloir que les Africains assument leurs responsabilités, interpelle-t-il, tout en prédisant que «tous ceux qui ont laissé faire ce qui est arrivé en Côte d'Ivoire vont le payer cher, parce qu'on a légalisé les rébellions».

Expliquant l’acharnement des pouvoirs français contre le président Laurent Gbagbo, Onana dira qu’ils l’ont considéré comme quelqu’un qui n’était pas digne d’être président de la République de Côte d’Ivoire, puisqu’il échappait vraisemblablement au contrôle des différents réseaux français «Contrairement à ses prédécesseurs, le président Gbagbo n'a jamais remis la liste de ses ministres pour appréciation ou validation à l'Elysée ou au Quai d'Orsay. Gbagbo n'est pas arrivé au pouvoir grâce aux réseaux français. Il ne pouvait donc pas être validé parce qu'il échappait à leur contrôle. Ils ont considéré Gbagbo comme indigne de gouverner la Côte d'Ivoire», explique le conférencier.

Sur les agissements du président Blaise Compaoré dans la crise ivoirienne, le journaliste franco-camerounais n’est guère surpris. Puisque selon lui, malgré la signature de l’accord de Ouaga sous son auspice, Blaise Compaoré avait un agenda secret qui n’était autre que de faire tomber Gbagbo. «Blaise Compaoré a fait semblant d’être partisan de la paix, alors qu’il était un farouche opposant, déterminé à faire renverser le président Laurent Gbagbo», explique-t-il. Sur les relations de ce dernier avec l’ex-président libérien, Charles Taylor, le conférencier le dit tout net : «Blaise Compaoré devrait être à la CPI avec Charles Taylor». «Blaise Compaoré a travaillé avec M. Taylor. Il a participé à une série de choses plus ou moins litigieuses, douteuses, en matière de (trafic) diamants, de transport d’armes et de minutions. Et qui ont servi dans les guerres en Sierra-Leone et au Libéria. Je ne comprends pas pourquoi ce monsieur Blaise – Compaoré, ndlr – n’est pas aux côtés de Charles Taylor à la Cpi», détaille Charles Onana.

Parvenu au pouvoir depuis le 11 avril 2011, fait savoir Charles Onana, Alassane Ouattara est devenu le fossoyeur de l’héritage d’Houphouët-Boigny dont il se réclame curieusement. Il met à nu l’incapacité de Ouattara à diriger la Côte d’Ivoire et pense que la France a déjà envisagé que Soro [...]

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jeudi 10 mai 2012

Mais qu'y a-t-il de diffamatoire là-dedans ?


C'est la question que je posais à la modératrice du Nobs, suite au rejet de ce billet pour ce motif : "diffamation" - voire "diffamation potentielle" ! Selon les explications par mail de la modération Nobs...


Ma question : "Vous avez quelques exemples de diffamation ? 'dans quasiment tous les paragraphes' ! Diantre !"

Réponse : "oui y'a un paragraphe en particulier".

En l’occurrence celui concernant Philippe Rémond :

"Pourrez-vous continuer à tolérer la surréaliste conspiration du silence dont les médias n'ont cessé d'envelopper les circonstances aussi troubles que tragiques de l'assassinat, le 30 mars 2011 à Yamoussoukro, de notre compatriote Philippe Rémond; citoyen à tous égards le plus digne d'éloges et le plus représentatif de ce que la France, à l’aune des valeurs au creuset desquelles elle fut forgée, porte de plus grand, de plus noble et de plus beau : le vrai courage, l'intelligence mise au service du seul progrès, une exigence inconditionnelle de justice, et l'exaltation de la Vérité ? Pourrez-vous, tirant prétexte du devoir de réserve imposé par l'exercice de votre charge, vous dérober aux exigences d'une enquête impartiale, n'éludant pas la délicate question d'une éventuelle complicité directe ou indirecte des autorités françaises dans la planification et l'exécution de ce meurtre, perpétré par les tueurs de Ouattara ?" La dernière phrase mise en gras par la modératrice.

Ayant renvoyé à cet article sur Philippe Rémond, je persiste à m'interroger : "je reste curieux, chère Mélanie, de votre réponse à ça ("diffamatoire" ?).

Réponse de la modératrice : "Je n'ai pas le temps d'aller voir désolé, je dois bosser sur des blogs journalistes."

On trouvera les éléments de ce dialogue ici et dans les commentaires...

NB : si parmi les lecteurs quelqu'un peut me donner des précisions sur ce qu'il y aurait de "diffamatoire", ou "potentiellement diffamatoire" dans cet article... Je suis prêt à en discuter...


Lettre ouverte au Président François Hollande



Par Eliahou Abel


Dix-huit questions au Président François Hollande ("coupé" chez Nobs)

Le 8 mai 2012

Monsieur le Président,

Le 5 avril 2011, au lendemain du début des frappes aériennes menées contre la Résidence des chefs d'État ivoiriens à Abidjan, le député communiste Jean-Paul Lecoq tentait de sauver l'honneur de la classe politique française et de l'assemblée nationale en dénonçant, dans une question courageuse à l'administration Sarkozy – question dont le triste sire Alain Juppé, abusant de son pouvoir discrétionnaire, n'eut alors pas l'élémentaire correction de le laisser achever la formulation – les dessous abjects de l'agression de la force Licorne en Côte d'Ivoire. Son intervention ne rencontra, sur les bancs de la majorité [...], que haussements d'épaules, grimaces éloquentes, huées et sarcasmes, et sur ceux de l'opposition – groupe communiste mis à part – le silence indigne d'une indifférence complice. La caméra eut même le temps de saisir, sur les bancs du PS, un ricanement devenu le symbole de la disqualification d'une certaine gauche : celui de Jack Lang, le vertueux humaniste, filmé trois ans auparavant alors qu'il se pavanait dans la “rue Princesse” d'Abidjan en compagnie de son “ami” le Président Laurent Gbagbo, mué en propagandiste de la thèse officielle assimilant ce dernier à un criminel endurci tout juste bon à abandonner sans états d'âme à la férocité de la meute au pouvoir.

Monsieur le Président, en ce lendemain d'élections présidentielles en France, alors que des dizaines de millions de Français et d'Africains s’enhardissent à saluer l'aube d'une ère nouvelle, nous n'avons qu'une seule question à vous poser, à vous, le successeur tant espéré de ce petit caporal ultralibéral, pourvoyeur et consolidateur exclusif des profits exponentiels garantis à ses tout-puissants copains de la finance, de la pharmacie, de l'assurance, du bâtiment, de la presse, de l'industrie des armements, de l'agro-alimentaire et du nucléaire : que comptez-vous faire, non seulement pour nettoyer les écuries d'Augias du Quai d'Orsay et autres ministères, voués par le dernier locataire de l'Élysée au triomphe – jalonné de combines meurtrières et de mensonges éhontés – d'intérêts dont lui seul et ses affidés connaissaient les tenants et aboutissants; mais aussi pour laver l'honneur d'une gauche socialiste qui, en offrant le couvert de son silence aux crimes commis notamment en Côte d'Ivoire et en Libye, a délibérément placé son approche des dossiers françafricains sous le signe de la honte; une honte qui, si par malheur le nouvel élu que vous êtes venait à manquer d'audace pour affronter les risques de la grande lessive qui s'impose, ne tarderait pas à devenir ineffaçable ? De votre réponse à cette seule question dépendra votre disposition à entendre toutes celles qui en découlent :

Pourrez-vous faire l'économie d'une condamnation solennelle de la mascarade qui a suivi le second tour des élections présidentielles ivoiriennes du 2 décembre 2010, avec la proclamation illicite, depuis le Quartier Général de la Rébellion, de résultats purement et simplement inversés; proclamation adossée au refus de prendre en compte l'existence avérée de fraudes massives -elles-mêmes supervisées par les autorités françaises- ? Pourrez-vous éviter d'appeler par son nom l'intronisation aux forceps du chef rebelle Alassane Dramane Ouattara : un coup d'État fomenté par la “France” de votre prédécesseur à l'Élysée ?

Pourrez-vous continuer à tolérer la surréaliste conspiration du silence dont les médias n'ont cessé d'envelopper les circonstances aussi troubles que tragiques de l'assassinat, le 30 mars 2011 à Yamoussoukro, de notre compatriote Philippe Rémond; citoyen à tous égards le plus digne d'éloges et le plus représentatif de ce que la France, à l’aune des valeurs au creuset desquelles elle fut forgée, porte de plus grand, de plus noble et de plus beau : le vrai courage, l'intelligence mise au service du seul progrès, une exigence inconditionnelle de justice, et l'exaltation de la Vérité ? Pourrez-vous, tirant prétexte du devoir de réserve imposé par l'exercice de votre charge, vous dérober aux exigences d'une enquête impartiale, n'éludant pas la délicate question d'une éventuelle complicité directe ou indirecte des autorités françaises dans la planification et l'exécution de ce meurtre, perpétré par les tueurs de Ouattara ?

Aurez-vous la faiblesse de laisser se perpétuer le scandale de la discrimination négative dont est victime le franco-Ivoirien Michel Gbagbo, coupable du seul crime d'être le fils d'un père innocent, séquestré au péril d'une santé que l'on sait fragile par le preneur d'otage burkinabé fabriqué par la “France” ?

Monsieur le Président, pourrez-vous, dans le sillage de votre victoire – celle de tout un peuple assoiffé de justice –, jouer la carte de la bienséance feutrée, quand il s'agira d'affronter le déferlement de révélations dont l'écho viendra bientôt amplifier le vacarme – étouffé jusque-là manu militari – de la cascade de forfaits économiques, diplomatiques et militaires qui émaillèrent la “conquête” d'une Côte d'Ivoire réputée souveraine, par les hordes sauvages aux ordres de l'Élysée d'alors ? Aurez-vous le cœur de persister à cacher – au nom du secret d'État et de la sécurité nationale – la vérité sur le point culminant de cette campagne de piraterie à grande échelle : le bombardement intensif, une semaine durant, de la Résidence présidentielle d'Abidjan, honteusement rebaptisée pour l'occasion par une presse étonnamment servile en “bunker de Gbagbo”; bombardement accompagné du massacre de centaines de jeunes ivoiriens désarmés venus soutenir la légalité démocratique incarnée par SEM Laurent Gbagbo – autant de corps dont on a perdu la trace… –, et suivi de la capture – par la Licorne associée au GIGN ! – d'un Président légitimement élu et officiellement investi par le conseil constitutionnel de son pays ?

Monsieur le Président, oserez-vous, par fidélité à la ligne d'un parti qui dans ce domaine, ne s'est illustré depuis 2004 que par sa lâcheté, refuser de prendre position ? Aurez-vous le front de balayer d'un revers de mains les dizaines de milliers de témoignages accablant les autorités françaises et le rôle abominable qu'elles ont joué, en coulisses et sur la scène, dans la préparation, l'éclatement et le dénouement de cette guerre d'une violence inouïe ? Pourrez-vous nier la manière dont la “France” de Sarkozy a couvé jalousement depuis un an l'éclosion progressive, sur tout le territoire ivoirien, d'une dictature de moins en moins rampante, synonyme d'insécurité endémique, de régression économique, sanitaire et éducative, de séquestrations arbitraires et de disparitions inexpliquées ? Tout cela sous l'œil complaisant d'une armée de fonctionnaires verrouillant minutieusement pour le compte de la “Métropole” – ramenés que nous l’avons été par la politique de celui que vous remplacez, obéissant à je ne sais quelle nostalgie impériale, aux fondamentaux de l’occupation coloniale la plus grossière – chacun des rouages de l'État, police et armée comprises ?

Pourrez-vous, en somme, vous soustraire à votre devoir historique de “lâcher” le délinquant de haut vol Alassane Dramane Ouattara; pourrez-vous éluder la responsabilité qui vous incombe de le contraindre – aussi fermement que les menteurs hier encore au pouvoir ont chargé leur macabre “Licorne” de bafouer le droit, la justice et la légitimité en arrêtant celui qui en était le garant –, à céder sa place de sanglant usurpateur ? Pourrez-vous refuser de vous consacrer à la réhabilitation de ceux-là même qu’avec la complicité d’une “communauté internationale” manipulée par votre prédécesseur, il a envoyé croupir dans les geôles de ce “régime de Vichy” imposé à la Côte d’Ivoire, au nom d’une France prise en otage, par le gang mafieux qui heureusement vient d’en perdre le contrôle ? C’est vous qui aujourd’hui vous retrouvez à la barre de cet énorme vaisseau, encore solide quoique menacé : pour en sécuriser la navigation, prendrez-vous le risque de n'en réparer ni le moteur et le gouvernail ? Je veux bien sûr parler du rétablissement de la cohésion sociale – mise à mal par des années de rhétorique ostracisante, livrant au spectre d’un racisme plus virulent que jamais des pans entiers d’une société irréversiblement multiculturelle –, et de l’assainissement définitif des relations de la France avec les pays de son défunt empire colonial…

Monsieur le Président, l'une de clés de cette double réparation se trouve aujourd'hui non loin de Paris, dans les geôles de la Haye, au siège d'une Cour de Justice Internationale jusque-là curieusement réservée aux Africains – à ce propos, userez-vous de votre influence pour que d'authentiques criminels, aux mains blanches et au teint blafard, y fassent enfin leur apparition ? –. Sur le chemin qui mène à cette clé dont vous ne tarderez pas à découvrir l'importance vitale autant que stratégique, aurez-vous l'indécence de trahir la foi de ceux de vos électeurs – il sont plus nombreux que vous ne l'imaginez – qui vous demandent de faire preuve d'honnêteté, en revenant sur deux mots malheureux dans lesquels les Ivoiriens et Africains de France – et, par-delà des millions d’Africains de par le monde – lisent encore la menace latente des vieux démons de la françafrique : ces démons mêmes auquel Ouattara doit l’arrogante impunité de sa “présidence” ? Deux mots naguère prononcés par vous, et dont seul le désaveu – aussi tardif soit-il – vous permettra de gagner le cœur et la confiance de quiconque – en France et hors de France, qu'il soit Africain ou non – s'identifie sincèrement à la cause de la vérité et de la liberté.

Monsieur le Président, souvenez-vous. Nous sommes en novembre 2004, au lendemain d'événements qui viennent de nous être présentés comme la conséquence d'une intolérable agression décrétée par Laurent Gbagbo contre l'armée française, sur fond d'incitation délibérée à la haine contre les ressortissants français; alors qu'il ne s'agissait que du déploiement d'un piège sordide visant à obtenir son renversement. Bilan : plus d'une centaine d'Ivoiriens tués, pour la majorité d'entre eux, non pas devant l'Hôtel Ivoire – d'où des snipers de l'armée française font éclater le crâne d'un jeune manifestant aux mains nues –, mais la veille au soir, sur le Pont Charles de Gaulle, noir d'une foule que des hélicoptères de la Force Licorne vont mitrailler sans retenue, condamnant à la noyade ceux qui tentent d'échapper aux balles. Vous utilisez alors l’adjectif “infréquentable”, pour qualifier le Président Laurent Gbagbo, l’une des plus grandes figures contemporaines du combat pour la justice, la liberté, et l’accession des pays d’Afrique francophone à une authentique souveraineté démocratique. Un homme de la stature de Nelson Mandela, que les socialistes français dignes de ce nom – et, par-delà, tous les humains de bonne volonté – s'honoreront longtemps d'avoir compté dans leurs rangs, aux côtés, entre autres, de Jean Jaurès, Léon Blum et Pierre Mendès-France.

A partir de cette date, vous ne préconiserez, sur le chapitre des relations franco-africaines, rien moins que l’alignement pur et simple des positions du parti socialiste sur celles de la droite au pouvoir, sous-estimant naïvement l’aptitude de cette dernière – forte de tous les réseaux à sa disposition au sommet de l’État –, à contrôler tous les canaux de l'information sur un sujet donné, à en orchestrer le travestissement en désinformation totalitaire. Jusqu'à ce 22 décembre 2010 où, entonnant sur RTL la trompette d’une propagande dont vous êtes depuis six ans la première victime, vous réitérez plusieurs fois avec véhémence votre intention de vous montrer “intraitable” avec le Président Gbagbo, vous glorifiant au passage de votre précoce et quasi-prophétique détermination à le condamner, et vous déclarant prêt à peser sur la décision de l’exclure – ce qui ne tardera pas –, lui et son parti le FPI, de l’internationale socialiste…

Monsieur le Président, la reconnaissance d’une erreur aussi lourde, marquée des pierres blanches de deux déclarations aussi catégoriques, – imputables à votre simple ignorance des dessous d'une affaire dont, dès votre prise de fonctions, tous les ressorts ne tarderont pas à vous être dévoilés –; la reconnaissance d'une telle erreur ne pourra que vous grandir aux yeux de tous. En rejoignant le combat de ceux qui, dès 2002 – tout au long de ces années pendant lesquelles le Président Gbagbo dut faire face aux menées séditieuses des autorités françaises par rébellion interposée –, puis à partir du déclenchement de la “crise” ivoirienne à l’automne 2010 – , et surtout depuis ce funeste 11 avril 2011 où les assassins l’emportèrent, ont payé et continuent de payer le prix fort de leur attachement indéfectible aux valeurs incarnées par le détenu de la Haye – vérité, justice, respect du droit, dignité, fidélité, droiture, persévérance… –, vous contribuerez puissamment non seulement à restaurer la santé intérieure de la France, mais à l’affranchir de la mainmise des puissances d’argent auxquels votre prédécesseur a travaillé sans relâche à l’asservir.

En prenant le parti des innombrables victimes innocentes de l’insatiable voracité du Moloch françafricain, déchaînée au travers des soubresauts de cette meurtrière machination, vous travaillerez à rendre à notre nation la place que, par fidélité à sa propre histoire, elle n'aurait jamais dû quitter sur la scène internationale : celle de première amie des peuples, tous les peuples; celle d'une France exclusivement éprise de cette paix et de ce bonheur qui – dans l’esprit des principes sur lesquels elle est fondée –, reviennent de droit à chacun d'entre eux, et ne sauraient leur être imposés à coup d'intrigues, dans le fracas des armes, et au bénéfice de quelques profiteurs avides de juteuses transactions, “troisième colonne” de la pénétration des tentacules de l'hydre spéculatrice.

Monsieur le Président, pourrez-vous, plus largement, faire abstraction de toutes les régressions liberticides qui ont accompagné chacune des interventions de la France en Afrique tout au long de ces dernières années de Sarkozysme frénétique, où l’on a vu l’ancien maître des lieux enfoncer, avec une rage démente, les clous du cercueil françafricain, troquant pour ce faire le costume de modération ambiguë – ou de sauvagerie mesurée – de ses prédécesseurs dans leur politique à l’égard des anciennes colonies françaises, contre un tablier de bourreau; bourreau sujet à des accès de brutalité sans limite, ne disposant, pour dissimuler l’abîme sans fond de son cynisme absolu, que du masque d’un sourire carnassier, aussi peu crédible – et a contrario aussi négativement révélateur – que les propos pseudo-humanistes qui lui étaient assortis. Pourrez-vous enfin vous abstenir de dénoncer un à un tous les contrats et accords scélérats – aussi bien sur les plans politique et militaire qu'économique – destinés à aggraver et pérenniser l'asservissement des pays d'Afrique ? Il n'est que de penser aux inavouables manœuvres ayant abouti à l'installation en Côte d'Ivoire de monopoles comme ceux des groupes Bouygues, Bolloré, Orange ou Areva, au prix du sang des Ivoiriens, et en violation flagrante des règles de la libre concurrence; ou aux ignobles calculs dissimulés derrière la toute récente signature d'un nouvel accord de coopération militaire avec le Sénégal, et derrière les interventions – sur ordre – de la CEDEAO dans la crise malienne – crise sciemment programmée dans le prolongement de l'inexpiable anéantissement de la Jamahiriya Libyenne –…

Monsieur le Président, le maître mot de ce que tous les Africains liés de près ou de loin à la France, et tous les Français soucieux de rester dignes du nom qu'ils portent, attendent de vous, dans la mise en œuvre d'une nouvelle politique africaine – en rupture ouverte avec celle de l’ère Sarkozy –, c'est, on l'aura compris, celui de “courage” : le courage même dont fit preuve notre concitoyen Philippe Rémond, et qui lui coûta la vie ; courage de rompre sans arrière-pensée avec des méthodes séculaires héritées du lointain passé esclavagiste d'une nation arrogante et superbe ; courage de préférer pour la France, à l'éphémère illusion des vestiges d'une prospérité usurpée, le renoncement à ce qui n'est pas elle : le pillage et l'exploitation mortifères de pays auxquels ne devra plus désormais la lier que des accords de partenariat scrupuleusement égalitaire ; courage aussi de préférer le défi de l'appauvrissement transitoire d'une nation française appelée en contrepartie à renouer avec les valeurs qui la fondent – ces valeurs oh combien fécondes d'accueil, de solidarité et de généreuse créativité –, au criminel entêtement de ceux qui, pour le compte de la Cupidité Multinationale, n'ont jusqu'ici flatté l'ego de notre “chétive pécore” (*) hexagonale que pour mieux l'entraîner par étapes, au rythme des marches forcées d'une paupérisation scientifiquement planifiée, et sous le signe de la peur engendrée par le grondement d'aventures militaires et policières de plus en plus tonitruantes, vers l'enfer de leur propre destruction.

Peut-être la réponse espérée à toutes les questions énumérées plus haut relève-t-elle de l'utopie. Il n'en aurait pas moins été impardonnable de ne pas les poser, ne fût-ce qu'en rêve, d'autant que, nous le croyons, Monsieur le Président, quiconque s’obstinera à les ignorer désormais sera bien vite balayé par le vent de l'histoire – comme fauteur de malheur par omission –, jusqu'à ce que paraisse enfin, en Afrique aussi bien qu'en Europe et dans le monde entier, ce Règne de Justice auxquels aspirent tous ceux qui savent encore ce que c'est qu'une Promesse …

Respectueusement,

Eliahou Abel


(*) Jean de la Fontaine : "La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf".


Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son


1) Un autre son de cloche sur la Syrie. Un Syrien, décalé par rapport au média qui l’interviewe, témoigne (enregistrement) :




2) Coluche, plus proche des médias "maintream", avertit sur les suites de l’élection de 2012 :




mercredi 9 mai 2012

Une autre Afrique est possible ! par Michel Galy



Et maintenant ? Passée l'illusion lyrique du soir de la victoire, il devient urgent de réévaluer l'impact de l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement de gauche à Paris sur les relations internationales, particulièrement africaines. Même si l’Afrique, et singulièrement la Cote d'ivoire, n'a pas été citée durant la campagne et durant les débats entre les deux principaux candidats.

Trois écueils me semblent à éviter:celui d'une évaluation de la situation franco-africaine en soi - alors que la politique étrangère est toute d’interdépendance. Celui d'un optimisme excessif - quand l'histoire d'une persistance de la Françafrique à travers les régimes pourrait désespérer les adeptes de l'incantation du changement, maintenant et partout ! Mais aussi celui d'un afropessimisme exagéré, car rien ne sera pire que la présidence précédente, et que de nouveaux acteurs peuvent forcer le destin de l'Afrique.


UNE NOUVELLE POLITIQUE ETRANGERE FRANCAISE ...

Moins atlantiste, plus progressiste ? Plus européenne, moins africaine ? Plus démocrate, moins françafricaine ? Sans doute, mais encore ?

Un premier constat : celui d'un désengagement progressif, lent et chaotique de l'Afrique - au profit des intérêts européens, d'autant qu'un François Hollande, contrairement à Ségolène Royal n'a pas de passé ni de tropisme africain - non plus que de passif ou de volonté interventionniste, comme son prédécesseur. Et ce désengagement peut être une chance.

En effet, le désengagement en question s'inscrit en principe dans une opposition au courant « néoconservateur » et interventionniste, tant américain que français, qui prétend imposer « la démocratie par les bombes », si ce n'est procéder à des « guerres humanitaires » - en Irak, en Libye, en Côte d'Ivoire [...].

Mais que ce soit sur le plan militaire, économique (par exemple la suppression du franc CFA), la diplomatie d'un pays européen se réoriente lentement : le retrait d'Afghanistan, le renouveau d'une relation équilibrée entre Israël et le monde arabe, la redéfinition d'une politique envers les pays du Sud prennent du temps, des années sans doute.

De la retenue, de la neutralité, voire du retrait:voilà ce qu'on peut raisonnablement espérer, sans trop d'illusion, d'un pouvoir socialiste à Paris. Ce que Jospin avait maladroitement baptisé « ni ingérence, ni indifférence », et qui lui avait permis, à la chute de Bédié, de s'opposer à Jacques Chirac – alors que ce dernier aurait voulu - déjà !, faire intervenir pour le pire le 43° BIMA. Ce qui n'est pas rien. Qui ne voit ce qu'un retrait ou une neutralisation de la Force Licorne permettrait comme évolution à Abidjan ?


... OU UNE FRANÇAFRIQUE REPEINTE EN ROSE ?

Pour autant, l’expérience mitterandienne rappelle, hélas, qu'attendre des socialistes un bouleversement dans les rapports avec l'Afrique participe plus des promesses électorales que des réalités. En 1984, trois ans après la prise de pouvoir de la gauche, l'africaniste Bayard dénonçait « la politique africaine de François Mitterrand » : pour le « noyau dur » francophone africain, les réseaux « à la Foccard » et les liens de sujétion s’étaient maintenus.

Les affaires continuent, certes - et sous Laurent Gbagbo les intérêts des grands groupes français comme Bouygues et Bolloré ont été maintenus, et les structures de dépendance persistent, ou au mieux évoluent lentement. C'est aussi qu'ils sont portés par des hommes : des liaisons sulfureuses existent autour de Hollande;ainsi l'avocat Jean Pierre Mignard et ses fructueux contacts africains ; ou Maître Jean-Paul Benoît, défenseur de Ouattara. La « commission Afrique » du PS est tenue par la droite du Parti, notamment un certain Melonio, employé de son état à l' « Agence française de développement », grande institution progressiste comme on le sait... L'ancien premier ministre Laurent Fabius (ami personnel d'ADO autant que Strauss Kahn) s'il était nommé aux Affaires étrangères terminerait de dresser un tableau très sombre des dérives potentielles des socialistes à venir.

Car nous ne nous y trompons pas : au delà des anecdotes et des individus, c'est une dérive constante, à certains moments de notre histoire, des socialistes les plus droitiers vers le néocolonialisme, voire la répression armée. Le nom de Guy Mollet est attaché à cette politique paradoxale, qui peut tenir un discours progressiste, voire marxisant, et mener une répression féroce comme ce dernier l'a fait en Algérie.

Déjà Laurent Fabius n'a t-il pas fait un voyage exploratoire au Gabon ? Est ce par hasard - et je parle d’expérience, jusqu’à en prendre congé ! - que la « commission Afrique » du PS se refuse à nommer dictature une dictature et à faire une analyse politique des régimes francophones africains ?


DES ALLIANCES TRANSNATIONALES POUR LE CHANGEMENT

Alors, que faire ? Quoi d’autre que de combattre ces forces de l'ombre et de passer des alliances, définition même du politique. Partant des recherches novatrices de Marc Augé, anthropologue des alladian ivoiriens, j'ai proposé une « politologie des mondes contemporains » qui replace les enjeux nationaux ou de relations internationales dans un aller et retour constant entre l'ici et le là bas, entre l'Afrique et l’Europe, la Côte d'Ivoire et la France pour l'exemple.

Oui, il y a des internationalistes et des démocrates français opposés aux réseaux Foccard et à un retour impérial dans la terreur et les massacres, au Sud du Sahara, - comme en avril 2011 à Abidjan, mais aussi dans les 47 interventions armées françaises depuis 1960, sous des prétextes divers et variés !

Non, François Hollande ne sera pas seul à décider : lui aussi, dans la perspective des législatives, doit passer des alliances et prendre des engagements : avec la gauche du PS comme Benoît Hamon. Avec le Front de gauche et Jean-Luc Melenchon, qui ont soutenu la résistance ivoirienne, appelé à la libération des déportés politiques des geôles nordistes et à la dissolution des milices tribales FRCI, condamné l'intervention de la Licorne et de l'ONUCI et l'arrestation par les Forces spéciales françaises du président Laurent Gbagbo.

Et tout cela, après un an, va sortir dans les grands médias français, et devant l'opinion publique africaine : cette vérité politique que l'on nous a trop caché va être révélée - maintenant que les dossiers vont être découverts par le nouveau pouvoir et que l'ancien président ne sera plus là pour travestir les réalités de la guerre franco-ivoirienne.

Quant au pouvoir ivoirien, ce n'est pas par hasard si son éminent représentant nomadise entre hôpital et résidence, entre Mougins et Paris, entre XVIeme arrondissement et Élysée. Cette fébrilité n'indique pas seulement une panique certaine devant l’alternance à Paris, ne signifie pas seulement que sa sécurité est plus assurée dans la capitale française que parmi ses compatriotes abidjannais, ni que ses affinités sont plus occidentales qu’africaines.

Car on peut caractériser la relation sarko-outtariste comme un pouvoir hybride, transcontinental, un pouvoir double. Non pas « en double », comme aiment le dire les africains se référant à la sorcellerie (quoique à décrypter les massacres d'avril, on se demande de quel exorcisme relèvent leurs auteurs - faute de justice), mais duel, caractérisé par « l'assimilation réciproque des élites », pour repolitiser une formule politologique à succès.

C'est une des premières choses que la gauche doit faire cesser : un général français à la présidence ivoirienne, un Serey Eiffel grand maître de la coopération, une force Licorne en pleine régression coloniale. Tout cela est aussi dangereux qu'anachronique et devra s’arrêter au plus vite.

Au delà, les démocrates africains et occidentaux demanderont des comptes au pouvoir socialiste pour que soient retirés au plus vite les corps expéditionnaires franco-onusiens, que soient jugés les crimes de guerre de quelque bord ou nationalité qu'en soient leurs auteurs.

Que les élections ne soient plus sous tutelle et la « continuation de la guerre par d'autres moyens » - et que des négociations s'engagent sérieusement avec l'opposition, le retour de Laurent Gbagbo et des formes d'union nationale que les intéressés définiront eux mêmes. Que les fauteurs de guerre, comme l'actuel responsable du Burkina, soient arrêtés dans leur déstabilisation de l'Afrique de l'Ouest - si son propre peuple ne se charge pas de l'alternance à Ouagadougou.

En Mai 1981, nous nous souvenons que François Mitterrand n'avait qu'un mot à dire pour encourager les oppositions démocratiques et que tombent les partis uniques et les dictatures africaines : il ne l'a pas dit, et tout a continué.

En Mai 2012, François Hollande n'a qu'un mot à dire, et il n'est pas sûr qu'il le dise. Et ce n'est pas grave : c'est nous tous qui le dirons, au nom des révolutions africaines encore à venir.


Michel Galy


Françafrique : Dernier au revoir de Ouattara à son ami Sarkozy à l’Elysée. Hollande pas content !



Par Christian Vabé. Extrait de Ivoirebusiness, 8 mai 2012 :

Alors que le Président fraichement élu François Hollande endossait ses habits de président de la République hier à son QG de campagne parisien, une autre scène se déroulait à l’Elysée entre deux amis de vingt ans. Laquelle n’est pas passée inaperçue du côté des médias français, qui l’ont souligné avec abondance, comme pour alerter le camp Hollande, sur certaines liaisons incestueuses entretenues par certains dirigeants africains avec le locataire-sortant de l’Elysée, Nicolas Sarkozy.

En effet Alassane Dramane Ouattara, chef de l’Etat de Côte d’Ivoire, a eu un entretien d’une demi-heure hier lundi 7 mai à l’Elysée avec Nicolas Sarkozy, car pour ADO, la victoire de François Hollande à la présidentielle, c’est d’abord la défaite d’un « ami personnel ». Le faisant, il démontre une nouvelle fois que ses amitiés personnelles priment sur les relations d’Etat à Etat.

Il démontre également une nouvelle fois que la Côte d’Ivoire sous sa présidence est en réalité dirigée depuis l’Elysée. Alors qu’en principe, au-delà de l’amitié entre les deux hommes, ce sont les relations entre Etats qui devraient primer.

Ce n’est qu’après cette visite inédite de Ouattara à Sarkozy que le chef d’Etat ivoirien a enfin envoyé un télégramme de félicitation au Président élu François Hollande, télégramme lu enfin lundi après-midi à la télévision ivoirienne RTI, et dont voici la teneur : « Télégramme officiel à son excellence M. François Hollande, président de la République française. Monsieur le président j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt votre élection à la magistrature suprême de la République française. En cette circonstance, il m’est agréable de vous adresser au nom du gouvernement et du peuple ivoirien ainsi qu’en mon nom personnel mes très vives et chaleureuses félicitations ».

Du côté de François Hollande, on considère que le mal est déjà fait et la proximité entre Sarkozy et Ouattara, suffisamment établie. Cette dernière visite de Ouattara à l’Elysée est perçue comme la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Car même Obama, Merkel, Cameron, pourtant eux aussi amis de Sarkozy, ont d’abord félicité Hollande dès dimanche soir.

Pour le Président François Hollande qui a promis de mettre fin à l’Afrique de Papa, au pré-carré et à la Françafrique, le comportement de Ouattara est tout ce qu’il exècre, tout ce qu’il déteste.

Le fossé entre les deux hommes, qui ne se connaissent pas encore et qui ne se sont jamais rencontrés, ne fait que se creuser. Côté socialiste, selon des sources bien introduites, on préfère d’ailleurs cela. Car la gestion de la Côte d’Ivoire par Sarkozy intrigue encore au plus haut point, et on veut dès le départ, prendre ses distances avec le régime d’Abidjan.

La présence de la Force française Licorne en Côte d’Ivoire est vue d’un mauvais œil par François Hollande, et un départ est à l’ordre du jour, à condition qu’Abidjan le veuille. Autrement dit, il ne s’agira en aucun cas que la force Licorne porte à bout de bras le régime d’Abidjan, comme c’est le cas en ce moment. Cette dernière aura désormais pour seule mission de protéger les ressortissants français présents dans le pays, en cas de troubles dans le pays.

Selon certaines mauvaises langues, en plus d’être venu dire adieu à son ami Sarkozy, Ouattara serait venu pour signer les derniers contrats en attente entre la France et la Côte d’ivoire, prendre les recommandations de Sarkozy sur plusieurs dossiers dont ceux maliens et Bissau-guinéens, et discuter de la présence de la Force française Licorne. Cette présence [...]

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Voir aussi :
"Le scandale de la dernière visite de Ouattara à son parrain livre ses secrets"
"Ouattara se sent orphelin et menace Sarkozy !"
"Ouattara rentre de France sans avoir réussi à voir Hollande"