mercredi 29 février 2012

"V'la qu'y s'arrêtent entre eux maint'nant, ça doit pas marcher bin fort"... (bis & ter)


Deux nouveaux épisodes laissant apparaître les vives tensions qui traversent l'axe RDR-PDCI-ONUCI-Paris...

1) Le président de la jeunesse du Pdci-Rda tabassé par des militants du parti de Ouattara.

2) Sept morts parmi les militants du parti de Ouattara suite à des échanges de tirs avec l'ONUCI.




1) (Extrait de Notre Voie / 25.02.12) Le président de la jeunesse du Pdci-Rda, Kouadio Konan Bertin alias KKB a été lynché, hier dans la cour de la mairie de Bonon, par des militants du RDR surchauffés, armés de gourdins et d'armes blanches.

KKB a été grièvement blessé et évacué d'urgence à l'hôpital de Daloa. «Je suis touché à la tempe, au niveau de l'épaule droite», nous a-t-il confié, hier, au téléphone. Avant d'ajouter que ses agresseurs ont déchiré tous ses vêtements et l'ont tabassé. «Je reviens de loin.

On a tenté de m'ôter la vie», a-t-il soutenu d'une voix pleine d'émotion. Après un meeting avec Kouadio Kouassi Denis, candidat Pdci aux législatives partielles de Bonon, KKB et les responsables locaux du Pdci se sont rendus à la mairie pour encourager les agents de la Cei.

Des militants Rdr qui ont reconnu Kkb, ont lancé un appel au meurtre. «Voilà Kkb, tuez-le ! », aurait lancé l'un d'eux. Il n'en fallait pas plus pour que les autres militants Rdr s'exécutent. [...]


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*

2) (Par Eric Lassale / 29.12.02. Extrait de Ivoirebusiness) L’Onuci [...] a tué 7 militants du RDR d’Alassane Dramane Ouattara. Cela en riposte de l’attaque de son convoi et de celui de la CEI par des militants excités du RDR, furieux de la débâcle aux législatives partielles de Koné Yacouba, leur candidat à Bonon, ville située à 300 km d'Abidjan. Toute la presse s’en est fait l’écho hier.

Du Patriote au Nouveau Réveil, en passant par Soir Info et l’Inter, toute la presse en a fait des choux gras. Même RFI, pourtant proche du régime Ouattara a relayé l’information en boucle.

Sauf le gouvernement d’Alassane Ouattara qui s’est muré dans un silence assourdissant, alors qu’on s’attendait à un Communiqué pour faire un décompte macabre et situer les responsabilités. Il n’en a rien été. Il est resté sans voix et a préféré ignorer l’évènement, alors qu’il s’agissait d’assassinat de ses militants par l’ONUCI.

Même la RTI, la chaine de télévision gouvernementale est passée à côté de l’évènement. Elle ne l’a tout simplement pas relayée. C’était le black-out total du côté de la RTI, aussi incroyable que cela puisse paraître.

Qu’avait donc le gouvernement à cacher ? La vie des militants du RDR importe-t-elle peu aujourd’hui à Ouattara ? Ces derniers lui servent-ils uniquement de bétail électoral ? Assurément oui, car on est sans voix devant pareille attitude du pouvoir devant la mort de ses propres militants [...]. Un tournant majeur vient d’être franchi dans les relations entre l’Onuci et le RDR. La vérité sur le caractère extrémiste de ce parti vient d’éclater [...]

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lundi 27 février 2012

Les aventures d'Anastasie



Lu sur Agoravox / 14.02.12 : "Laurent Joffrin : L’arroseur arrosé", par Kali. Extraits (évidemment l'article est parti en 404 sur mon blog nouvelobs - avec un mail me signalant son rejet) :

"La censure, cette bête immonde aux têtes multiples, qui frappe toujours là où cela peut faire mal, devrait-elle être réservée au petit peuple et épargner les « grands » de ce monde ? Une belle illustration de cette vision « deux poids deux mesures » nous est livrée par les récentes mésaventures de Laurent Joffrin [directeur de publication du Nouvel Obs] au Maroc.

[...] Le Nouvel Observateur [a été] censuré au Maroc. Ce qui a fait réagir Laurent Joffrin.

Il a en effet jugé « inadmissible et inquiétant d’être interdit au Maroc pour la deuxième fois en un mois. Cette interdiction est inquiétante pour l’avenir du Maroc alors que le Nouvel Obs a pour ce pays des sentiments amicaux ou critiques quand c’est nécessaire ».

[...] L’objet ici [est] de méditer sur la double approche de la censure que révèle Monsieur Joffrin : « A moi la liberté de dire, aux autres celle de se taire »


Le Nouvel Observateur : Anti-Censure ou Pro-Censure ?

[...] La menace réelle qui pèse sur la liberté d’expression sur le web [va] bien au-delà des lois SOPA/PIPA et ACTA. Une menace sous forme de rétrécissement de l’espace d’expression des citoyens et d’installation d’une censure discrète, mais insidieuse et redoutable aux prétextes imparables : Eviter les « dérives », « modérer » les propos de citoyens ignorants et inconscients de la portée de leurs mots : diffamation, injure etc.….

Et Le Nouvel Observateur est en effet l'un des supports qui a le plus "serré la vis" aux blogueurs et aux lecteurs qui postent des commentaires sur sa plateforme durant ces derniers mois.

1) Il a fait supprimer le lien permettant d’accéder aux blogs des internautes sur la page d’accueil du nouvelobs.com

2) Il a fait supprimer l’indexation des pages des blogueurs sur Google, réduisant ainsi le lectorat des blogueurs à une dimension quasi confidentielle.

3) Il a sous-traité la modération des contenus de sa plateforme de blogs à la société Netino, qui dispose de plateformes de modérateurs dans divers pays. Ainsi, apprend-on sur ce lien que le nouvelobs est l'une des références de Netino. La communication est clairement orientée intérêt-du-client-qui-paie avec ce slogan "Oui à l’esprit participatif du Web 2.0 ! Mais pas au détriment des exigences professionnelles qui sont les vôtres". Ou encore, ce titre dans l'expansion "Netino traque les dérapages des internautes". Mieux : Netino a même lancé son propre sondage pour démontrer que la modération ne déplaît pas aux internautes..Pardon, si, à certains : "L'assimilation de la modération à la censure est plutôt véhiculée chez les hommes issus des classes les moins aisées", lu dans cet article passionnant le lejournaldunet.

[...] Dans ses interviews, Jérémie Manie, le jeune président de la non moins jeune société Netino, ne s’attarde généralement pas sur la modération des contenus du web, s’abritant derrière la charte de ses clients. Il met surtout en avant la traque des « faux avis sur les produits commerciaux » et d’autres sujets moins sujets à controverse. Habile.

Etre le e-bras armé de la censure est en tous cas rentable, car Netino a franchi en moins de deux ans d'existence le million d’euros de chiffre d’affaires.


Une modération douteuse et …risquée

La modération des contenus instaurée par Laurent Joffrin sur sa plateforme de blogs démontre a minima quelques bugs dans le système avec un usage intempestif et souvent injustifié de motifs allant de la très en vogue « diffamation » au rejet sibyllin d’un commentaire pour « autre motif ». Qu’elle soit « automatisée » grâce à un logiciel - Moderatus - qui traque les « mots douteux », ou humaine, une telle... modération-censure met en péril de façon certaine la liberté d’expression et d’opinion. [...]


Une censure qui se fait appeler modération pour couvrir… quels risques ou servir quels intérêts ?

Il ne s’agit évidemment pas d’encourager diffamation et injures.

Cependant, les objections des censeurs obéissent à une rhétorique constante : « mais il faut bien des règles sur le web ». Oui, Madame la Censure, mais soyez logique : D'une part, il existe "La loi" qui définit clairement ce qu'est la diffamation et l'injure. Et d'autre part, existent des instances pour la faire respecter : Nul ne peut s’autoproclamer gendarme ou magistrat du web. Seul un juge peut décider si diffamation ou injure il y a et dans ce cas, condamner le contrevenant.

Imaginons la pire des situations : Qu’un citoyen « ignorant et impulsif » commette le délit de diffamation dans un commentaire de 3 lignes ou même un article de 20 lignes.

1) En général, il est rare que ce « délit » soit commis à l’égard du voisin de palier ou la belle-mère retraitée ou le chômeur du coin..

2) CQFD : Dans 100 % des cas, la victime du « délit » est un « grand » de ce monde, riche et/ou puissant.

Et comme ces "grands » ont en général les moyens de prendre avocat pour saisir la justice et « laver leur honneur », quelle est donc la véritable préoccupation des censeurs ? Eviter au pauvre citoyen d’être traîné en justice et avoir à payer un euro symbolique de dommages-intérêts ? Ou simplement contrôler l’image de ces grands amis des censeurs ?

Car si les grands sont assez grands pour se défendre, le citoyen est assez grand pour qu’on le laisse assumer ses propos (sachant que les dérapages ne sont pas la règle).

Comment feriez-vous, Monsieur Joffrin, pour modérer la rue ? Un modérateur Netino derrière chaque piéton ou conducteur pour éviter qu’ils ne s’invectivent ? Sommes-nous donc dans une immense cour de récréation où le citoyen est un petit enfant dont on surveille chaque propos et auquel on dit, à chaque fois qu’il ouvre la bouche « tais-toi », « ce n’est pas bien » ?


La liberté d’expression sur le web (et ailleurs) : Un privilège pour des privilégiés ?

On a vu que les risques judiciaires des éventuels dérapages sont en fait limités. Quel homme politique ira attaquer en justice des centaines voire des milliers de blogueurs et posteurs ?
[...]
Avouez qu'il s'agit surtout de Marketing d'image. Il s'agit surtout de soigner la e-réputation, ou de promouvoir des figures en empêchant de lever le voile sur les mensonges.
Que fait Laurent Joffrin ? Pour qui travaille-t-il ? Quels intérêts, quels amis sert-il en agissant ainsi ?
Est-il (devenu) un aristo de la liberté d’expression ?
Est-ce l’approche des élections qui le rend nerveux ?
Pense-t-il que la liberté d’expression doive être réservée à quelques bourgeois bien installés dans le monde politico-médiatique ? Que le peuple n’a qu’à se taire ?

[...]


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dimanche 26 février 2012

Présidentielle 2010 en Côte d’Ivoire : la guerre postélectorale préparée avant le premier tour



Par Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier du 25/02/12 :

Le livre «Abobo la Guerre» de la journaliste française Leslie Varenne lève un coin du voile sur les préparatifs de la guerre postélectorale, bien avant les élections. Et décrit les accointances avec la France, les Etats-Unis et l’ONU, tenus pour coresponsables d’un bain de sang prévisible. La formule, que l’AFP reproduit à longueur de dépêches pour s’assurer que son postulat rentre au forceps dans toutes les têtes, est connue. La guerre postélectorale ivoirienne serait «née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010». L’on savait déjà que les mouvements spéculatifs opérés dès juillet 2010 par Armajaro, firme proche d’Alassane Ouattara et qui avait déjà acheté en masse du cacao ivoirien avant la guerre du 19 septembre 2002, en misant selon toute évidence sur une hausse des cours liée au conflit, tendaient à prouver que cette guerre était minutieusement préparée avant le scrutin. Et aurait eu lieu de toute façon, quels que soient les résultats et les éventuels différends entre les candidats. Le livre «Abobo la Guerre – Côte d’Ivoire, terrain de jeu de la France et de l’ONU» de la journaliste française Leslie Varenne confirme magistralement cette thèse.

Leslie Varenne fait état de contacts entre la France officielle et Ibrahim Coulibaly dit «IB» avant le scrutin. «Selon ses proches, avant le premier tour de l’élection, IB a rencontré François Hurtut, l’ambassadeur de la France à Accra, au Ghana. Au menu de la discussion informelle, les projets d’IB et la possibilité d’une aide de la France» (p. 108). La journaliste avait écrit, quelques pages avant (p. 97) : «Je connaîtrais plus tard l’histoire de ce groupe qui combat sous le sigle de Commando invisible, en rencontrant certains de ses éléments. Comme les barons du parti du président Bédié, ce commando était convaincu que l’élection tournerait mal. Avant le premier tour, il a réussi à faire entrer dans Anyama deux caisses de petites kalachnikov, 500 treillis et quelques appareils de communication radio. Le matériel était bien caché, mais Philippe Mangou a eu vent de l’affaire (…) Plusieurs membres de ce groupe ont constitué de petites équipes disséminées dans certains quartiers d’Abidjan ; c’est à Abobo qu’ils sont le plus nombreux». Leslie Varenne évoque des connexions, avant le second tour du scrutin, entre IB et des dignitaires du PDCI, persuadés qu’il faut un bain de sang pour dresser les alliés internationaux du RHDP contre Gbagbo…


La France et l’ONUCI, impliquées dans l’attaque de l’émetteur d’Abobo et d’Anonkoua Kouté

Leslie Varenne explique que la France était impliquée dans l’opération de destruction de l’émetteur de la RTI à Abobo, au cours de laquelle des civils ont été brûlés vifs, et cite les noms des deux hommes chargés d’assurer la liaison entre le «Commando invisible» et le régime Ouattara. Le général Abdoulaye Coulibaly et le colonel Adama Dosso, assassiné le 12 mars 2011 (p.100). Des révélations qui mettent à mal la thèse de l’indépendance tactique du «commando invisible», laquelle thèse est destinée à créer un bouclier d’impunité autour d’Alassane Ouattara. Les compagnons d’IB vont jusqu’à affirmer que l’ONUCI a couvert l’attaque du village d’Anonkoua Kouté, même s’ils se couvrent en présentant comme des combats ce qui n’était rien d’autre qu’une virée meurtrière nocturne visant à obliger les Ebrié à quitter leurs villages…

Le livre «Abobo la Guerre» est impitoyable pour la France, les Etats-Unis et l’ONU. Et montre que l’option guerrière a été très vite choisie par les grandes puissances pour imposer Ouattara, en dépit des négociations de façade. «Selon plusieurs sources au sein de l’Onuci, entre la fin du mois de décembre 2010 et le début de janvier 2011, une cinquantaine d’instructeurs français et un général américain se sont réunis à l’hôtel Sebroko. Le général arrive dans une grosse berline aux vitres teintées, ornée du drapeau américain, accompagné de l’ambassadeur des Etats-Unis, Philip Carter III. Dans le QG de l’ONU, Français et Américains planifient une opération top secret portant le nom de code «Restore Peace and Democracy» (…) Le but de l’opération est d’aider Alassane Ouattara à éjecter militairement Laurent Gbagbo de son fauteuil présidentiel. Le 20 janvier 2011, les premiers bruits de bottes résonnent en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, selon La Lettre du Continent, l’Onuci construit une grande plate-forme logistique et militaire. Des vols quotidiens effectuent des rotations entre Entebbe, en Ouganda, base des opérations de l’Onu en Afrique, et la capitale des rebelles de Guillaume Soro. (…) De vastes mouvements de troupes s’opèrent à Bouaké, la force Licorne est de retour dans cette ville. Des instructeurs français sont également présents dans le fief des rebelles. Le président Ouattara ne cache pas ces préparatifs militaires (…) Alassane Ouattara reconnaît implicitement violer l’embargo sur les armes. Et l’ONU, présente à Bouaké, ne peut l’ignorer !»


Michel Gueu et un officier français présents à l’Ouest durant la période des massacres

Leslie Varenne révèle que de nombreux jeunes Ivoiriens du Nord ont refusé de s’enrôler dans le cadre de la bataille d’Abidjan. Et explique pourquoi l’armée de «bric et de broc» formée avec le soutien de la France – le général Emmanuel Beth, ancien patron de Licorne et ambassadeur de la France au Burkina Faso, est nommément cité – ne pouvait que commettre des massacres sur son chemin. «Pour se constituer une force, Alassane Ouattara et Guillaume Soro sont donc obligés de ratisser large. La création de cette armée est un autre point crucial de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Elle aura des conséquences incalculables sur la suite des événements et sur l’avenir du pays. Selon un militaire ivoirien, «ceux qui se sont enrôlés sont des Maliens, des Sénégalais, des Nigérians et des Burkinabés de Côte d’Ivoire» (…) La grande majorité sont des gamins désoeuvrés, d’autres ont des petits métiers, cordonniers, tailleurs, etc. Les 20% restants sont des militaires burkinabés ou sénégalais prêtés par leurs gouvernements respectifs. (…) Ces nouveaux soldats ont un point commun : ils sont tous nordistes et musulmans (…) C’est à ce contingent de bric et de broc, à une armée ethnique, que la France, les Etats-Unis et l’ONU vont apporter leur concours pour reprendre le pays aux forces de Laurent Gbagbo (…) Lancer une armée ethnique à l’assaut d’une poudrière ethnique est un acte inconséquent et irresponsable. Et l’ONU savait, l’ONU était présente et l’ONU n’a rien fait».

Dans ce livre, une autre révélation fait réfléchir. Alors que l’on attribue toujours les massacres de Duékoué à d’incontrôlables règlements de comptes ethniques à dissocier des FRCI, nous apprenons qu’un homme-clé du dispositif de «la République du Golf» contrôlait bel et bien la situation à l’Ouest. Le 28 mars 2011, il est, selon ses propres dires, à Bloléquin, à une très courte distance de Duékoué, en compagnie de la Minul (Mission des Nations unies au Liberia), et d’un lieutenant-colonel de l’armée française commandant la mission. C’est le lendemain que débutent les massacres épouvantables qui ont lieu à Duékoué mais également [...]


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samedi 25 février 2012

L’universitaire Albert Bourgi dénonce le couple Sarkozy-Ouattara



Propos recueillis par Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier du 25/01/12 :

"Les préparatifs et le déroulement du voyage officiel de Ouattara à Paris relèvent de la politique spectacle, notamment par la couverture médiatique, bien ordonnée, qui l’entoure. Comment expliquez-vous cela ?

Il y a dans ce que vous venez de dire une volonté des autorités françaises de justifier, au nom d’une prétendue démocratie, la brutalité de leur intervention militaire de l’an dernier, en Côte d’Ivoire, et les scènes ignobles qui ont entouré l’arrestation de Laurent Gbagbo ainsi que les violences exercées par l’ex-rébellion sous les yeux des militaires français.

Aujourd’hui, l’argument de la démocratie brandi pour illustrer un soi disant changement de la politique africaine de la France est balayé par le climat de terreur instauré par les milices gouvernementales. On peut dire, à partir de témoignages fiables, que la peur règne sur la ville d’Abidjan et, qu’on soit partisan ou non de Gbagbo, tout le monde est soumis au même régime de violence aveugle imposé par les Forces républicaines de sécurité, les FRCI.

L’image d’une Côte d’Ivoire renouant avec la démocratie qu’on veut faire passer dans l’opinion française et internationale, détonne de plus en plus avec le scrutin législatif tronqué de décembre 2011, où, selon les chiffres officiels, à peine 36% des électeurs inscrits sont allés aux urnes. Que dire aussi de la répression sanglante exercée par les forces de Ouattara lors d’une manifestation publique autorisée, organisée par le parti fondé par Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien ? Bien entendu, de tout cela la presse française n’en a que très peu rendu compte et le Ministère français des Affaires étrangères, toujours prompt à réagir à toute entorse à la démocratie et à l’exercice des libertés, s’est montré plutôt discret.

Au-delà des considérations proprement politiques qui entourent ce voyage, la communication semble être omniprésente.

Elle est certes omniprésente dans ce voyage (de janvier 2012), décrit dans ses moindres détails en mettant particulièrement l’accent sur le dîner offert par Sarkozy à l’Elysée et sur les rencontres avec les plus hautes personnalités de l’État français. Mais cette communication, il ne faut jamais l’oublier, renvoie au travail de médiatisation outrancière accompli depuis une vingtaine d’années, pour façonner à coups d’informations souvent surfaites, l’image d’un d’homme d’État, rompu à toutes les arcanes de la finance et de la politique internationales. Autour de Ouattara, entré en politique au début des années 90, par effraction et en service commandé au profit d’intérêts financiers et économiques non nationaux, il y a eu surtout de la communication, voire seulement de la communication. Il s’agissait de «vendre» un personnage étranger jusque là à la scène politique ivoirienne, et dont le charisme et les qualités oratoires ne le prédestinaient pas à emporter les foules. Il faut croire que cela a marché et ce résultat est entretenu, aujourd’hui encore, avec l’aide de certaines agences de communication, bien introduites dans les sphères politiques et médiatiques. A défaut d’avoir convaincu politiquement, et même électoralement, une majorité de ses concitoyens (n’oublions pas son score ric rac sorti des tiroirs des Nations Unies à Abidjan,) il est parvenu à susciter un engouement des médias occidentaux, surtout français. Ce dernier aspect est lié autant à l’image d’un chef d’État dont le parcours politique est compatible avec la sulfureuse galaxie franco-africaine qu’à ses propres orientations idéologiques. Tout chez Ouattara le désigne pour entrer dans le club des chefs d’État d’Afrique francophones, qui, sauf rares exceptions, se comportent le plus souvent comme les supplétifs du Président français, surtout lorsqu’il s’appelle Nicolas Sarkozy. Je suis en train de lire une biographie de Frantz Fanon, parue il y a quelques mois, et je suis frappé par la ressemblance entre Ouattara et le personnage qui transparait du premier ouvrage de Fanon «Peaux noires et masques blancs».

Ce voyage marque le retour forcé de la France en Côte d’Ivoire tant sur le plan économique, financier et monétaire ?

Cela est vrai. Il ne se passe pas de jour sans qu’on nous annonce la signature de contrats avec les entreprises françaises, la mise en œuvre de projets de développement, le détachement d’experts français (le dernier en date est celui d’un conseiller d’État en fin de carrière, soucieux surtout d’améliorer sa pension de retraite), ou la signature d’un nouvel accord militaire.

L’arrivée massive de techniciens français renvoie à la fin des années 70, où les assistants techniques de l’ancienne puissance coloniale peuplaient les administrations ivoiriennes, et surtout détenaient le véritable pouvoir de décision. Un article paru en 1981, dans un ouvrage collectif «la France contre l’Afrique», sous le titre «Faits et méfaits de l’assistance technique française en Côte d’Ivoire», pourrait facilement s’appliquer à la situation actuelle. Sauf qu’aujourd’hui, et malgré le tour de passe-passe électoral qui lui a permis d’arriver au pouvoir, Ouattara ne peut plus gouverner [...]


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vendredi 24 février 2012

Sur la manifestation d'Abobo du 3 mars 2011 : La vérité en passe de se faire jour ?...



Suite à la manifestation d'Abobo du 3 mars, un déchaînement médiatique accusant le "camp Gbagbo" d'avoir perpétré une tuerie a déclenché via l’ONU l’intervention militaire directe de la France en Côte d'Ivoire... Le livre de la journaliste Leslie Varenne (Abobo, La guerre, éd. Mille et une nuits) remet radicalement en question la version médiatique d'alors.


Théophile Kouamouo a lu le livre. Extrait du Nouveau Courrier du 23.02.12 :

"Tuerie des femmes d’Abobo : le livre-enquête qui va faire trembler le camp Ouattara"

"[...]

Leslie Varenne ne peut être qualifiée facilement de pro-Gbagbo, selon le procédé habituel utilisé par le régime Ouattara et ses alliés internationaux pour discréditer les porteurs de vérités qui les dérangent. Dans son livre, elle multiplie les jugements de valeur définitifs sur le premier président de la Deuxième République ivoirienne, et reprend souvent sans recul les lieux communs qui parasitent une grande partie des écrits publiés en France sur Gbagbo. Elle n’a pas vraiment enquêté sur le contentieux postélectoral [...].

Mais l’intérêt du livre de la journaliste française, envoyée spéciale de La Tribune de Genève à Abidjan durant les mois d’enfer, n’est pas dans le background mais dans les témoignages de terrain qu’elle met en lumière. Et qui sont déterminants. Notamment en ce qui concerne la fameuse «tuerie des femmes d’Abobo», qui a justifié le vote de la résolution 1975 instrumentalisée par la France officielle pour camoufler son entrée en guerre contre l’Etat de Côte d’Ivoire derrière un texte international de toute façon dévoyé.


Que s’est-il passé à Abobo ? Extraits du livre de Leslie Varenne

«Le 3 mars, deux ou trois mille femmes défilent aux cris de «Gbagbo dégage». La manifestation est bon enfant. (…) Le rassemblement se tient au rond-point d’Anador, aussi appelé le carrefour du Banco. Le cortège croise les chars sortant du camp-commando d’Abobo pour aller se ravitailler au camp de gendarmerie d’Agban, circulant en sens inverse de la manifestation en direction d’Adjamé. Les femmes leur adressent des coucous de la main en signe de ralliement. Elles sont certaines d’avoir en face d’elles des tanks soustraits à l’armée par le Commando invisible lors des batailles. Subitement, des tirs atteignent les femmes. Le cortège panique, les femmes crient, s’enfuient dans la stupeur générale, personne ne comprend ce qu’il se passe.

Officiellement, sept femmes meurent ce jour-là (…) Je n’étais pas sur place ce jour-là, mais lors de mes voyages à Abidjan, j’ai enquêté sur cet événement. Il me faudra des mois pour comprendre ce qu’il s’est réellement passé. Dans cette affaire, de nombreux points sont particulièrement troublants. Abibia, une marcheuse témoigne : «Au départ, nous ne voulions pas y aller. Abobo était en guerre à cette époque et cette marche était dangereuse. Mais le Golf nous a rassuré, il nous a dit que les Fongnons (les hommes du Commando invisible, ndlr) sécuriseraient la marche, et nous, nous avions une totale confiance en eux. Le Golf nous avait dit aussi que l’Onuci serait là. C’est pour cela que nous y sommes allées confiantes, habillées en boubous. Nous étions tellement rassurées qu’une des femmes est venue avec son bébé dans le dos. Elle est morte, mais personne n’a jamais mentionné le décès de son enfant.»

De son côté, le Commando invisible a été totalement surpris par cette manifestation : il n’avait tout simplement pas été prévenu par le Golf. Lorsque les hommes d’IB ont vu les femmes affluer, ils ont tout fait pour leur dire de rentrer chez elles. Mais ils ont seulement réussi à faire rebrousser chemin aux mères qui arrivaient de PK 18 et d’Anyama. En outre, à l’époque, le rond-point d’Anador n’est pas encore un territoire sous leur contrôle. Le choix du lieu du rassemblement est donc curieux. Pourquoi donner le rendez-vous sur la route et à l’heure où les chars passent pour aller se ravitailler ?

Huit mois après, Abiba s’interroge toujours : «Je n’ai pas toujours compris pourquoi le RHDP a choisi ce lieu.» L’endroit aurait pu apparaître comme stratégique si les femmes avaient marché en direction d’Abidjan, mais le meeting de fin de cortège devait avoir lieu devant la mairie d’Abobo. Autre élément incompréhensible, les femmes et les chars circulent en sens inverse, donc ils se font face. Or, les femmes sont atteintes dans le dos par des balles de mitrailleuse. Selon tous les témoignages recueillis, les tirs sont partis de la station Mobil à quelque quatre cents mètres environ du rond-point d’Anador. Les douilles ramassées par un des combattants du Commando invisible arrivé sur place après les tirs sont des douilles de calibre 12,7. Or les chars russes de Laurent Gbagbo sont équipés de mitrailleuses de 14 mm. (…) Le corps d’une femme a été emmené par sa famille, présente à proximité et inhumé le jour même.

Selon des témoins, les corps des six autres femmes auraient été ramassés par des jeunes hommes du RDR, parti d’Alassane Ouattara, puis transportés dans des estafettes (petits fourgons, ndlr). (…) Autre point étonnant : même en ces temps troublés, à Abidjan, la procédure est stricte, les victimes auraient dû être transportées à la morgue d’Anyama. Une autopsie aurait dû être pratiquée et les cadavres auraient dû être remis aux familles. Or, il n’en a rien été. Les six corps ont été enterrés dans un terrain vague, à l’insu de leurs parents, qui mettront des mois avant de connaître le lieu d’inhumation. Plusieurs mois après les faits, la Cour pénale internationale (CPI) se rend en Côte d’Ivoire et ne rencontre pas les familles. En revanche, l’ONUCI a interrogé les parents des victimes pour connaître leur version des faits et les a encouragés à prendre des avocats. Mais sans le soutien d’une organisation, comment ces familles pourraient-elles suivre une procédure aussi complexe et payer les honoraires des avocats ? Le parquet d’Abidjan, lui, signale l’ouverture d’une procédure.

Lors de mon investigation, j’apprendrai que deux commandants proches de Guillaume Soro étaient sur place ce jour-là. Etaient-ils là pour protéger les manifestantes ?»


Que d’éléments troublants !

Pour résumer, après son investigation, la journaliste française affirme que le RDR a en quelque sorte piégé ses militantes d’Abobo en leur mentant que le Commando invisible, non tenu au courant, et l’ONUCI, les protégeraient. Le parti ouattariste a choisi à dessein de faire manifester ses femmes sur la route où les FDS passent pour aller se ravitailler, et à l’heure de leur passage. Au final, des manifestantes affirment que les tirs de mitrailleuses criminels ne sont pas venus des chars de l’armée ivoirienne tandis que des combattants venus sur le terrain par la suite affirment que les douilles ne sauraient provenir desdits chars. De plus, il est incompréhensible que des mortes soient touchées dans le dos alors que les chars étaient en face d’elles. Ce qui est en outre frappant, c’est le fait que le RDR ait choisi d’empêcher toute autopsie et tout examen des corps des tuées en les soustrayant à leurs familles et en les enterrant à la va-vite dans un terrain vague, alors que la grande majorité des corps de la guerre postélectorale se trouvaient tout de même dans les morgues, malgré le conflit. Cette volonté délibérée d’empêcher des expertises sur les corps et d’empêcher les familles de les voir fait curieusement penser à ce qui s’est passé en novembre 2004 avec les dépouilles des neuf soldats français…

Les révélations de Leslie Varenne donnent en tout cas une légitimité nouvelle à la demande du président Laurent Gbagbo, qui sollicite depuis des mois une enquête internationale sur la fameuse tuerie des femmes d’Abobo. Une autre révélation de la journaliste confirme l’intuition répandue selon laquelle coups fourrés et montages visant à manipuler l’opinion publique internationale afin de légitimer une entrée en guerre directe de la France et de l’ONU. Une intuition [...]


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jeudi 23 février 2012

Wade lâché par la France et les Etats Unis



"Sénégal : De l’ingérence de la France et des Etats Unis"

Par Demba Moussa Dembélé, économiste

Extrait de Pambazuka News, 2012-02-12, Numéro 222 :

"Lâché par la France et les Etats Unis, Wade découvre que l’impérialisme n’a pas d’amis, juste des intérêts. Après qu’il les servis contre Gbagbo et contre Khadafi, voilà que les Etats Unis et la France le lâchent face à la pression populaire d’un peuple qui ne veut plus de lui. Mais que les Sénégalais se détrompent. Ni Obama ni Sarkozy ne se soucient de la démocratie et du respect des Droits de l’homme. Ils cherchent surtout à préserver leurs intérêts géostratégiques dans une région où l’instabilité du Sénégal pourrait avoir des conséquences graves.

Après les déclarations des représentants du Département d’Etat des Etats-Unis et celle de M. Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, on a vu M. Sérigne Mbacké Ndiaye, le porte-parole du président Wade, et Me Madické Niang, ministre des Affaires étrangères, se relayer pour fustiger l’ingérence de la France et des Etats-Unis dans le processus électoral au Sénégal et en appeler « au patriotisme » des leaders de l’opposition pour condamner cette ingérence. Me Madické Niang ajoutera même que le Sénégal est un « pays souverain » qui n’acceptera « aucun diktat ».

UNE SERVILITE A TOUTE EPREUVE A L’EGARD DE L’OCCIDENT

On peut penser que ces déclarations traduisent la grande amertume que leur patron, le président Wade, a dû ressentir. Voilà un homme, «complexé de la tête aux pieds » comme aime à le dire Amath Dansokho, l’un des hommes politiques sénégalais qui le connaît le mieux, dont tous les faits et gestes, tout le comportement, toutes les déclarations et prises de positions visent à plaire aux dirigeants occidentaux, surtout Obama et Sarkozy.

Tous les prétextes sont bons pour soutenir leurs politiques en Afrique et ailleurs dans le monde, même au détriment des intérêts fondamentaux du Sénégal. En témoignent la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran, la position ambigüe du Sénégal sur l’admission de la Palestine à l’ONU, le soutien inconditionnel à Sarkozy dans sa guerre contre le régime de Gbagbo en Côte d’Ivoire. Le cap dans la servilité de Wade sera franchi avec la trahison de Kadhafi et de la position de l’Union africaine sur l’agression impérialiste de l’OTAN contre la Libye

Pendant que l’Afrique cherchait à arrêter cette agression, Wade lui, préféra se mettre au service de celle-ci et trahir Kadhafi dont il fut l’un des courtisans les plus zélés. Le monde se souvient de son voyage à Benghazi pour aller soutenir les « rebelles » libyens alors que l’OTAN était en train de détruire la Libye et cherchait à assassiner Kadhafi et sa famille. Le voyage de Benghazi avait été préparé à partir de Paris et Wade et son fils avaient été accompagnés par des avions de combat français. Il est le seul chef d’Etat qui se soit rendu en Libye avant la fin de la guerre !

Allant toujours plus loin dans la servilité à l’égard de ses « amis » occidentaux, Wade avait dit lors d’un déplacement à Paris que contrairement aux autres chefs d’Etat africains, il était pour « le droit d’ingérence » contre les « dictateurs » qui répriment leurs peuples. Tant qu’il s’agissait des autres, tout va bien. Mais voilà que ce « droit d’ingérence » lui tombe sur la tête comme une massue. Comme les autres dictateurs, il est en train de réprimer son peuple qui lui demande tout simplement de respecter la Constitution. Il a déjà sur la conscience la mort de 6 personnes et plusieurs dizaines de blessés. Malgré tout cela, il croyait avoir droit à un traitement « spécial » vu sa carrière de larbin au service de l’Occident. C’est pourquoi Abdoulaye Wade doit certainement ressentir les injonctions de la France et des Etats-Unis comme une véritable « trahison ».

LES SEULS « AMIS » DE L’IMPERIALISME SONT CEUX QUI SERVENT SES INTERETS

Ainsi donc, le président Wade apprend-il à ses dépens que l’impérialisme n’a pas « d’amis », surtout dans les pays dominés. Aussi longtemps qu’il pouvait servir les intérêts géostratégiques, économiques et politiques de la France et des Etats-Unis, il avait droit aux sourires convenus et pouvait prétendre être leur « ami ». Mais aujourd’hui qu’il est vomi par la majorité de son peuple, que son régime est à bout de souffle, il ne peut plus leur être utile. C’est pourquoi ils lui montrent la porte dans le but de sauver leurs intérêts au Sénégal et dans la sous-région.

Les Sénégalais ne sont pas dupes et savent bien que les déclarations des Etats-Unis et de la France, demandant le départ de Wade, n’ont rien à voir avec la défense de la démocratie ou des droits de l’homme. Ce qu’ils craignent, c’est la déstabilisation de la sous-région consécutive à de troubles graves qui pourraient se produire au Sénégal suite à l’entêtement de Wade. Une telle déstabilisation pourrait nuire à leurs intérêts. C’est pourquoi ils pensent que la « stabilité » passe par le départ de Wade. Or dans leur jargon, « stabilité » veut tout simplement dire rester dans le giron de l’impérialisme occidental et continuer à servir ses plans géostratégiques.

Comme on le voit, ni au Sénégal ni en Côte d’Ivoire, ni en Libye ni en Egypte, les interventions des Etats-Unis et de la France, tout comme celles des autres pays occidentaux, n’ont été motivées par les « droits de l’homme » ou la « démocratie ». L’impérialisme est un système tyrannique et cynique qui n’hésite pas à semer la terreur et la mort partout pour atteindre ses objectifs. Il n’utilise le langage des droits de l’homme et de la démocratie que comme instrument de propagande au service de sa stratégie de domination et de contrôle des ressources de la planète. .

UN REGIME AUX ABOIS

Les gesticulations ridicules des porte-parole de Wade traduisent le profond désarroi d’un régime et d’un homme lâché par ses principaux parrains occidentaux. Il avait nourri l’illusion qu’il pouvait obtenir leur soutien ou du moins leur « compréhension » dans son ambition insensée de placer son fils à la tête du Sénégal. C’est l’échec de ce plan qui l’a amené à vouloir  [...]


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