lundi 7 novembre 2011

Bouaké 2004. Etat de la question sept ans après



La poussée d’Archimède…

Par Ahouansou Séyivé. Extrait de Alternatives & Cohérence :

Tout corps plongé dans un liquide reçoit une poussée verticale dirigée de bas en haut, égale au poids du volume du liquide déplacé. Voici sommairement exposé le principe physique auquel est soumise toute action politique inavouable. Les eaux sombres du marécage dans lequel macèrent les velléités hégémoniques de l'Etat français n’échappent pas aux lois de la physique, et c’est bien heureux !

Dans un article publié le 6 Novembre par la rédaction de Médiapart*, le spectre des coups tordus et de la barbouzerie la plus triviale refait surface et met en perspective les récents évènements ivoiriens.


L'attaque du quartier général français de Bouaké...

Il apparait clairement que l’histoire n’est pas encore écrite et pour qui veut se pencher sur le dossier Gbagbo avec un minimum d’objectivité, le storytelling officiel n’est aucunement source de vérité ou d’éclaircissement. Un bref retour sur les faits les plus saillants de cette enquête journalistique, qui risque de faire grincer les dents des caciques UMP, s’impose.

Le 6 novembre 2004, deux avions de chasse ivoiriens bombardent délibérément le lycée Descartes de Bouaké, quartier général des troupes françaises d'infanterie de marine du colonel Patrick Destremeau.

Les pertes sont très lourdes : neuf militaires français et un civil américain sont tués, trente-huit autres soldats sont blessés. Furieux, l’état-major français réagira sans délai, avec l’onction de l’Elysée: les deux avions sont détruits au sol par des tirs de missiles français, dans les minutes qui suivent leur atterrissage, le reste de l’aviation ivoirienne le sera quelques heures plus tard.

Le déroulé de l’opération semble clair, les forces aériennes ivoiriennes ont volontairement bombardé des positions françaises, semant la mort et la désolation.

Cet acte de guerre délibéré démontre le caractère dangereux de Laurent Gbagbo, alors homme fort de la Côte d’Ivoire, chassé du pouvoir le 6 avril 2011 grâce à l’action conjointe de la Force Licorne et de l’ONUCI.


Un bouc-émissaire nommé Gbagbo?

Les premiers éléments de l’enquête portés à la connaissance des français ne laissent pas la place au doute: la volonté de nuire est évidente. Ils permettent également de préparer psychologiquement l'opinion publique au renversement par les armes du président ivoirien, en lui façonnant un profil de «méchant» sur mesure.

Mais rien ne se passera comme souhaité, il faudra onze années à l’état français pour parvenir à ses fins, en clair: le remplacement de Laurent Gbagbo par Alassane Ouattara. Ce coup d’état déguisé en lutte pour la démocratie, aura couté cher aux ivoiriens: plusieurs milliers de morts et l’unité nationale.

Le pays végéte aujourd’hui dans un état de tensions politico-ethniques préoccupantes.

Pour les français, le prix aura été moindre mais dans le symbole tout aussi important, car si les révélations contenues dans l’article de Médiapart s’avère être confirmées il s’agit là d’un mensonge d’état ayant entraîné la mort de militaires français.


Une affaire plus complexe qu'il n'y parait...

Plusieurs éléments, révélés par le journaliste Alexandre François [sur Médiapart, 6 nov. 2011], sont de nature à causer des sueurs froides à Jacques Chirac, Dominique de Villepin et à l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Michelle Alliot-Marie. Selon ses informations, l’attaque du quartier général des troupes françaises à Bouaké serait due à un false-flag, une intoxication émanant d’une source militaire française et indiquant à l’état-major ivoirien la tenue présumée d'une réunion des chefs rebelles dans les locaux bombardés.

Ceci explique les réticences françaises apparues lors de l’instruction.

Sept ans après le drame, l’avocat de plusieurs familles des victimes, Me Jean Ballan affirme que «Tout s'est arrêté. Aucun acte de procédure significatif n'a plus été effectué depuis un an et demi».

Il est aisé de comprendre pourquoi ! Il est en effet plus que délicat de révéler publiquement que l’exécutif a sciemment laissé massacrer des militaires français. Il est plus que délicat de mettre sur la place publique les obscures motivations ayant pour seul objectif de décrédibiliser le gouvernement ivoirien d’alors, et justifier une escalade militaire rendant son départ inéluctable.

Le maquillage grossier des preuves de cette bavure peut être étayé par les indélicatesses dont ont fait l’objet les dépouilles mortelles des soldats.

Les corps, conservés dans des sacs mortuaires et des cercueils plombés, ont été enterrés à la va-vite sans avoir été lavés et correctement habillés.

Certaines dépouilles ont été adressées aux mauvaises familles. En violation de la procédure en vigueur et applicable dans le cadre d’une enquête de cette nature, nulle autopsie n’a été ordonnée.


Ou comment filer à la biélorusse...

Cet empressement à escamoter des éléments essentiels à l’instruction est à mettre en perspective avec le sauf-conduit dont ont bénéficié les deux pilotes biélorusses ayant mené le raid. Ces derniers détenus pendant quatre jours par des forces spéciales qui les ont auditionnés, sont relâchés dans la nature. Ils ne se feront pas prier pour plier bagages. Arrivés à la frontière togolaise, ils sont accueillis par la secrétaire de celui-là même qui les avait recrutés pour le compte de l’armée de l’air ivoirienne: Robert Montoya, ancien gendarme de l’Élysée, à l’époque de la présidence de François Mitterrand.

Les pilotes biélorusses échapperont miraculeusement une nouvelle fois aux rigueurs de la justice française.

Le ministre togolais de l’intérieur désireux de couvrir ses arrières, propose alors aux autorités françaises de leur adresser le colis encombrant. Peine perdue ! Au bout de dix jours, devant le refus du représentant local de la DGSE de réceptionner les deux pilotes, conformément à une recommandation venue de Paris, ces derniers sont élargis. Direction le guichet d’embarquement et Moscou, où bien évidemment ils s’évanouiront dans la nature.


Balbutiements en haut lieu, barbouzerie et françafrique...

Cette fuite rocambolesque aurait de quoi faire sourire, mais elle est partie intégrante d’une crise majeure entre la France et la Côte d’Ivoire se soldant par la mort de militaires français et celle, bien souvent passée sous silence, de dizaines de civils venus manifester devant l’hôtel Ivoire le 9 novembre 2004. Précisons que ces faits n’ont également pas été jugé et que de nombreuses victimes ivoiriennes attendent toujours réparation. Il est difficile, aux regards des éléments matériels ressortant de l’instruction, d’expliquer les errements des autorités françaises concernant l’appréhension des pilotes présumés responsables du décès de 9 soldats.
Les dénégations des autorités, explicitées dans l’article de Médiapart, sont incohérentes et maladroites.

Paris savait que ces hommes avaient pris part directement au bombardement.

Dans ce cas pourquoi les avoir laissé s’enfuir alors que leur arrestation n’eut soulevé aucune difficulté ? Pourquoi faire traîner l’instruction et empêcher par-là même les familles des victimes de faire leur deuil ? Pourquoi avoir bâclé cette même instruction en n’effectuant pas, par exemple, les autopsies ? Au nom de la trop fameuse raison d’état ?

Si ces informations portées se voient confirmées, les responsables d’alors sont au centre d’une énième scandale éclaboussant la Françafrique.

Elles mettent en perspective les véritables ressorts sur lesquels repose l’intervention de la Force Licorne.

A-t-on au nom de raisons de basse politique entraîné un pays dans le chaos et causé la mort de milliers de civils innocents ?

A-t-on, au nom du peuple français, semé les germes d’un ressentiment légitime envers la France?
Alors que la commission d’enquête parlementaire concernant l’intervention de la Force Licorne n’a toujours pas été mise en place par la Représentation parlementaire (Voir ici...), les fantômes de Bouaké se rappellent à notre bon souvenir.

Ils pointent, sept ans jours pour jours après la survenance des faits, l’irresponsabilité chronique de nos gouvernants en matière de politique africaine.

Ils mettent en lumière un des travers essentiel de la Vème république : le tropisme de celle-ci pour les coups tordus et les actions barbouzardes lorsqu’il s’agit d’Afrique, de Françafrique pour employer le mot juste.


Afin que la justice soit rendue...

Réaffirmons-le avec force: seule la vigilance et l’investissement de chaque citoyen dans la défense des valeurs essentielles définissant"... [...]


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samedi 5 novembre 2011

Mikis Theodorakis et Manolis Glezos appellent les peuples d’Europe à se soulever contre les marchés financiers


Le compositeur grec Mikis Theodorakis et Manolis Glezos, le héros de la résistance qui arracha en 1941 le drapeau hitlérien qui flottait sur l’Acropole durant l’occupation nazie, dénoncent le fascisme financier qui menace et appellent les peuples d’Europe à s’unir pour en finir avec la domination des marchés.


Voici un extrait de leur déclaration.

Une poignée de banques internationales, d’agences d’évaluation, de fonds d’investissement, une concentration mondiale du capital financier sans précédent historique, revendiquent le pouvoir en Europe et dans le monde et se préparent à abolir nos états et notre démocratie, utilisant l’arme de la dette pour mettre en esclavage la population européenne, mettant à la place des démocraties imparfaites que nous avons, la dictature de l’argent et des banques, le pouvoir de l’empire totalitaire de la mondialisation, dont le centre politique est en dehors de l’Europe continentale, malgré la présence de banques européennes puissantes au cœur de l’empire.

Ils ont commencé par la Grèce, l’utilisant comme cobaye, pour se déplacer vers les autres pays de la périphérie européenne, et progressivement vers le centre.

L’espoir de quelques pays européens d’échapper éventuellement prouve que les leaders européens font face à un nouveau « fascisme financier », ne faisant pas mieux quand ils étaient en face de la menace de Hitler dans l’entre-deux- guerres.

Ce n’est pas par accident qu’une grosse partie des media contrôlée par les banques s’attaque à la périphérie européenne, en traitant ces pays de « cochons » et aussi tournant leur campagne médiatique méprisante, sadique, raciste avec les media qu’ils possèdent, pas seulement contre les Grecs, mais aussi contre l’héritage grec et la civilisation grecque antique. Ce choix montre les buts profonds et inavoués de l’idéologie et des valeurs du capital financier, promoteur d’un capitalisme de destruction.

La tentative des media allemands d’humilier des symboles tels que l’Acropole ou la Venus de Milo, monuments qui furent respectés même par les officiers d’Hitler, n’est rien d’autre que l’expression d’un profond mépris affiché par les banquiers qui contrôlent ces media, pas tellement contre les Grecs, mais surtout contre les idées de liberté et de démocratie qui sont nées dans ce pays.

Le monstre financier a produit quatre décades d’exemption de taxe pour le capital, toutes sortes de « libéralisations du marché », une large dérégulation, l’abolition de toutes les barrières aux flux financiers et aux facilités, d’attaques constantes contre l’état, l’acquisition massive des partis et des media, l’appropriation des surplus mondiaux par une poignée de banques vampires de Wall Street.

Maintenant, ce monstre, un véritable « état derrière les états » se révèle vouloir la réalisation d’un « permanent coup d’état » (en français dans le texte) financier et politique, et cela pour plus de quatre décades.

En face de cette attaque, les forces politiques de droite et la social-démocratie semblent compromises après des décades d’entrisme par le capitalisme financier, dont les centres des plus importants sont non-européens.

D’autre part, les syndicats et les mouvements sociaux ne sont pas encore assez forts pour bloquer cette attaque de manière décisive, comme ils l’ont fait à de nombreuses reprises dans le passé. Le nouveau totalitarisme financier cherche à tirer avantage de cette situation de manière à imposer des conditions irréversibles à travers l’Europe.

Il y a un urgent besoin d’une coordination d’action immédiate et d’une coordination transfrontalière par des intellectuels,des gens des arts et des lettres, de mouvements spontanés, de forces sociales et de personnalités qui comprennent l’importance des enjeux; nous avons besoin de créer un front de résistance puissant contre « l’empire totalitaire de la mondialisation » qui est en marche, avant qu’il soit trop tard.

L’Europe ne peut survivre que si elle met en avant une réponse unie contre les marchés, un défi plus important que les leurs, un nouveau « New Deal » européen.

Nous devons stopper immédiatement l’attaque contre la Grèce et les autres pays de l’UE de la périphérie; nous devons arrêter cette politique irresponsable et criminelle d’austérité et de privatisation, qui conduit directement à une crise pire que celle de 1929.

Les dettes publiques doivent être radicalement restructurées dans l’Eurozone, particulièrement aux dépens des géants des banques privées.

Les banques doivent être recontrôlées et le financement de l’économie européenne doit être sous contrôle social, nationale et européen.

Il n’est pas possible de laisser les clés financières de l’Europe dans les mains de banques comme Goldman Sachs, JP Morgan, UBS, la Deutsche Bank, etc… Nous devons bannir les dérives financières incontrôlées, qui sont le fer de lance du capitalisme financier destructeur et créer un véritable développement économique, à la place des profits spéculatifs.

L’architecture actuelle, basée sur le traité de Maastricht et les règles du WTO, a installé en Europe une machine à fabriquer la dette. Nous avons besoin d’un changement radical de tous les traités, la soumission de la BCE au contrôle politique par la population européenne, une « règle d’or » pour un minimum de niveau social, fiscal et environnemental en Europe.

Nous avons un urgent besoin d’un changement de modèle; un retour de la stimulation de la croissance par la stimulation de la demande, via de nouveaux programmes d’investissements européens, une nouvelle réglementation, la taxation et le contrôle du capital international et des flux de facilité, une nouvelle forme douce et raisonnable de protectionnisme dans une Europe indépendante qui serait le protagoniste dans le combat pour une planète multipolaire, démocratique, écologique et sociale.

Nous faisons appel aux forces et aux individus qui partagent ces idées à converger dans un large front d’action européen aussi tôt que possible, de produire un programme de transition européen, de coordonner notre action internationale, de façon à mobiliser les forces du mouvement populaire, de renverser l’actuel équilibre des forces et de vaincre les actuels leaderships historiquement irresponsables de nos pays, de façon à sauver nos populations et nos sociétés avant qu’il ne soit trop tard pour l’Europe.

Mikis Thédorakis et Manolis Glezos
Athènes, octobre 2011

Source ICI...



vendredi 4 novembre 2011

Guy Labertit (PS) : "Une profonde honte de ce qui a été fait par l’État français"


Propos recueillis par Frédéric Rohart. Extrait de Notre Voie - 3/11/2011 :

« Guy Labertit est un proche de Laurent Gbagbo. Délégué Afrique du Parti socialiste français pendant treize ans (1993-2006), il a rencontré le Président sortant de Côte d’Ivoire alors qu’il était réfugié à Paris, voici une trentaine d’années.


Qu’est-ce que l’arrestation de Laurent Gbagbo vous inspire?

Guy Labertit : Une profonde honte par ce qui a été fait par l’État français. C’est une intervention militaire qui nous ramène soixante ans en arrière, avant même les indépendances africaines. La France a totalement outrepassé le mandat qu’elle était censée avoir. M. Gbagbo a pu être livré à M. Ouattara grâce à l’intervention militaire de la France. A mes yeux c’est une violation flagrante du droit international. Et une tache indélébile dans les rapports entre la France et le continent africain.

D’un point de vue tactique, cette intervention était-elle un bon calcul de la part de la France?

G.L : Je pense que la politique de Nicolas Sarkozy ouvre le golfe de Guinée aux Etats-Unis. Le président Obama a tenu les mêmes positions que M. Sarkozy, mais lui a laissé faire le sale travail…

Les pays d’Afrique de l’Ouest ont pensé intervenir eux-mêmes en Côte d’Ivoire…

G.L : Je pense qu’après un certain temps, il y aura une profonde honte chez les chefs d’Etat africains d’avoir laissé un de leurs pairs entre les mains de l’ancienne puissance coloniale.

L’arrestation de Laurent Gbagbo annonce-t-elle la fin du conflit entre les deux clans ivoiriens?

G.L : Pas du tout. Je pense au contraire que la Côte d’Ivoire ne peut se réconcilier qu’avec Laurent Gbagbo vivant et libre. Les gens à qui il a été livré sont ceux-là mêmes qui ont tenté de le renverser par un coup d’État en 2002 alors qu’ils étaient associés au gouvernement. L’objectif est clair: depuis dix ans, il s’agissait d’écarter Laurent Gbagbo.

Pourquoi Gbagbo est-il selon vous indispensable à la réconciliation des Ivoiriens?

G.L : Un Ivoirien sur deux a voté pour lui… Il est majoritaire dans Abidjan et dans quatorze des dix neuf régions du pays.

Pour vous, Paris n’est pas intervenu pour la démocratie…

G.L : M. Ouattara est l’homme qui a fait arrêter M. Gbagbo en 1992 alors qu’il était Premier ministre. C’est l’homme qui a promulgué la loi anti-casseurs, qui a imposé les cartes de séjour. M. Gbagbo est celui qui a supprimé les cartes de séjour, qui a fait adopter la loi pour l’assurance-maladie universelle, qui a créé la décentralisation et qui a promulgué l’enseignement primaire gratuit…

Comment expliquez-vous l’unanimité de la communauté internationale?

G.L : Cette affaire a été très bien préparée. Comme M. Gbagbo était le fils des élections, il fallait le contourner par des élections. Le pays comporte 19 régions. Sur 14 régions qui représentent 83 %de l’électorat, M. Gbagbo avait 7 points d’avance. C’est sur les 17 % des cinq régions du nord, où le scrutin a été faussé parce que la rébellion n’avait pas désarmé, que M. Ouattara a inversé le résultat. M. Gbagbo n’a donc pas perdu le scrutin du 28 novembre. »

Lire l'article sur Ivorian.net


jeudi 3 novembre 2011

À Propos de la crise euro-grecque — L’Argentine de Kirchner: l’alternative au néolibéralisme destructif?


"Le « modèle » argentin pour résoudre par des mesures indépendantes au bénéfice du peuple les graves conséquences des politiques néolibérales imposées par le FMI, la Banque mondiale et les USA au cours des années 90, devrait intéresser plusieurs pays européens qui souffrent actuellement une grave dégradation économique."

Par Hedelberto López Blanch / Le Cri du Peuple — 2 novembre 2011 sur San Finna :

"Dimanche, les Argentins ont réélu triompha-lement Cristina Kirchner par plus de 53% dès le premier tour des élections présidentielles. Une belle victoire pour la dirigeante d’un pays qui montre que la démondialisation, cela marche, avec une croissance de 8% par an depuis 2003.


Le triomphe de Cristina Kirchner

La présidente de l’Argentine a donc été réélue triomphalement puisqu’il n’y aura même pas besoin d’un second tour. Elle a devancé le candidat socialiste, qui, avec 17%, a devancé pour la première fois le candidat radical qui n’a rassemblé que 12% des votes. Les Argentins ont donc choisi de prolonger le bail de la famille Kirchner puisque la présidente avait succédé à son mari Nestor en 2007, qui ne pouvait pas alors se représenter avec les lois électorales de l’époque.

Le couple Kirchner est arrivé au pouvoir début 2003 et a présidé au redécollage de l’Argentine après la terrible crise de 1998-2002. Après l’échec du lien entre le peso et le dollar, qui avait bien cassé l’inflation, mais qui avait également détruit la croissance, le pays avait dévalué de 72% et de fait défaut sur sa dette, provoquant une panique financière en 2002. Cependant, l’aggravation de la crise a été le prélude à un redécollage économique spectaculaire.


Une réussite économique

Bien sûr, l’Argentine souffre d’une inflation importante, mais l’ensemble des résultats économiques du pays est spectaculaire. Tout d’abord, le pays affiche une croissance de 8% par an depuis 2003 (à l’exception de 2009 naturellement). Certes, la crise a été violente, puisque le PIB avait reculé de 10% de 1998 à 2001 puis de 10% de plus sur la seule année 2002, du fait de la panique financière provoquée par la fin du lien avec le dollar et la conversion autoritaire des comptes privés.

Mieux, le taux de chômage, qui était de 23% en 2002, est retombé à seulement 7% aujourd’hui. Le taux de pauvreté s’est effondré. Bien sûr, Le Monde essaie de présenter cette réussite comme le produit de la hausse du prix des matières premières. Comme si l’Argentine pouvait faire 8% de croissance annuelle de son PIB depuis près de dix ans seulement en vendant du soja ! [...]


Le pays du protectionnisme

En effet, cela ferait mal au Monde d’admettre que la recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation. Si Buenos Aires a réussi son redécollage économique, c’est en refusant toutes les règles économiques (anarchie commerciale, monétaire et financière) que le quotidien vespéral, qui se dit pourtant de gauche, défend. L’Argentine n’a plus rien emprunté aux marchés financiers depuis dix ans. Et c’est un choix politique (la Russie a choisi de revenir sur les marchés).

Mieux, le pays est un champ d’expérimentation inédit pour le protectionnisme et il s’attaque à des catégories de produits que presque plus personne n’imaginerait pouvoir faire produire en Europe. L’Argentine couvre aujourd’hui 30% de sa consommation de jouets, contre 5% il y a dix ans et ambitionne de passer à 50%. Buenos Aires a également imposé à RiM la fabrication du fameux Blackberry. Bref, l’Argentine démontre que le protectionnisme, cela marche !

Et cela marche aussi politiquement, quand on constate le triomphe électoral de Cristina Kirchner. L’opinion publique européenne est convaincue, comme le montre l’association pour un débat sur le libre-échange. Pourtant, les grands partis font la sourde oreille. Ils finiront par être balayés.


Argentine : La victoire économique des Kirchner

Le triomphe de Cristina Fernández Kirchner aux récentes présidentielles argentines est un exemple pour de nombreux pays dans le monde, tout spécialement de l’Union Européenne, qui montre comment résoudre les crises provoquées par des politiques néolibérales sans avoir à recourir à des mesures économiques et sociales agressives envers les peuples.

La présidente, représentante du Front pour la victoire (FPV) est élue au premier tour par 53,9 % des électeurs. Un résultat historique depuis le retour de la démocratie en Argentine.

Cette victoire attendue, permettra à Cristina Fernandez de commencer son second mandat ce 10 décembre avec une position politique renforcée, une grande popularité et une opposition fragmentée et fragilisée.

Il y a quelques mois, l’économiste et prix Nobel Joseph Stiglitz a fait l’éloge de l’accroissement rapide du PIB argentin accompagné par une réduction importante du taux de pauvreté par rapport aux pires moments vécus dans le pays et pour avoir traversé la dernière crise financière bien mieux que les Etats-Unis ou l’Europe.

Il ajoutait que le chômage n’y dépasse pas les 8 % et que l’Argentine peut laisser définitivement de côté les « magiciens » de la finance. « Ils nous ont mis dans la mouise et exigent maintenant l’austérité et une restructuration retardée. S’il doit y avoir souffrance, elle doit concerner d’abord ceux qui ont profité de la bulle qui a précédé ».

Fernández a reçu un appui populaire énorme à cause de la politique économique et financière de ces quatre dernières années, y compris les nationalisations, la protection de l’industrie et les différents subsides tandis que l’économie s’est accrue au rythme de 8 % malgré les critiques des entrepreneurs, du FMI et de la Banque mondiale et même de Wall Street.

L’Argentine a commencé à sortir du désastre économique avec la victoire électorales en 2003 de l’inconnu Néstor Kirchner face au responsable de la période néolibérale des années 90 : Carlos Ménem. Pour ceux qui auraient oublié, rappelons que la situation d’alors. L’argentine, était alors l’enfant chéri du FMI et de la Banque mondiale, leurs programmes de réformes, de privatisations des services publics, a connu le défaut de paiement et devint vite une nation pestiférée. Menem ouvrit les services et les industries au capital étranger et à permis l’importation sans frein des marchandises ce qui entraîna une débâcle économique sans précédent dans l’histoire.


Le pays a subi 54 mois de récessions et 4 ans de prostrations, un effondrement des exportations de 70% tandis que la vente d’immeubles et le tourisme extérieur chutaient de 85 et 60 % respectivement. En quelques mois, de janvier à aout 2003, 110 000 petits commerces ont fermé leurs portes et laissé à la rue 300 000 personnes qui vinrent grossir les rangs des chômeurs (25.5 % de la population active). Le nombre total de sans-emploi est arrivé à 16 millions sur sur une population de 36 millions, l’inflation, dévaluation du peso, faiblesse du recouvrement des impôts, en définitive : la débâcle.

Néstor Kirchner en assumant sa présidence, interdit de poursuivre le déficit du pays à travers l’endettement permanent et décida qu’on ne paierait pas la dette au prix de la faim et de l’exclusion. En 2006, grâce aux avancées économiques obtenues, l’argentine a pu se libérer de sa dette envers le FMI éliminant ainsi toute possibilité d’intervention et de pression de ces organismes dans la politique économique du pays. En 2007, le chômage était descendu à 10 %.

Durant la même période, on a récupéré plusieurs services publics offerts au privé par Menem comme les Postes ou l’Eau potable, on a créé l’entreprise publique Energie Argentine (ENARSA) pour contrôler les ressources naturelles stratégiques.

Fin 2007, Cristina Fernandez devint présidente et poursuivi la politique mise en place par son époux durant les quatre années précédentes.

Aujourd’hui, l’économie argentine enregistre une avancée favorable dans la production industrielle et dans l’agriculture. La consommation alimentaire des familles a augmenté tandis que le chômage diminuait, que les salaires s’élevaient tout comme les revenus des retraités. Une allocation universelle par enfant a été créée pour aider les parents aux salaires les plus bas et au travers du Marché central, des produits variés de première nécessité devenaient accessibles aux plus démunis.

L’accession de plus larges franges de la population grâce aux augmentations de salaires et les politiques de revenus universels ont dynamisé la consommation intérieure. La banque centrale maintient un taux de change compétitif, et les secteurs bancaire et financiers sont désormais solides face à une volatilité mondiale très forte. Les exportations enregistrent un excédent de 16 milliards de dollars sur les importations et les réserves internationales dépassent les 50 milliards de dollars.

Comme le peuple n’oublie pas, ces raisons ont conduit à la large victoire de Cristina Fernández Kirchner ce 23 octobre. Elle pourra s’attacher au cours des prochaines années à poursuivre et conforter l’intégration latino-américaine qui prend chaque jour plus d’importance dans la région." [...]"


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mercredi 2 novembre 2011

"Piégés par la haine"



Lu sur Aujourd'hui 02/11/2011. Extrait :

"Ce n’est pas encore la fête de la Noël à Abidjan. Mais c’est tout comme. Avec notamment ces coups de feu quasi-journaliers, qui font penser aux pétards de la Nativité. A la seule différence que le crépitement des armes crée la psychose et le malheur, là où la célébration de la naissance du Christ rime avec joie et bonheur indicible. Ainsi donc, en célébrant Noël avant l’heure, les populations abidjanaises vivent leur mal-être, leur mal de vivre dans une société devenue sans repères. Ni moraux, ni spirituels. Des gens tuent aujourd’hui leurs semblables pour le seul plaisir de le faire, quand ce n’est pas parce que ces derniers ne sont pas de la même région ou religion qu’eux. Des hommes de Dieu lancent sans gêne la fatwa contre d’autres confessions religieuses. Les bandits de grands chemins ont désormais la bonne idée de violenter et/ou cambrioler les paroisses, en toute tranquillité. Des gouvernants annoncent une décision le matin pour se dédire avant la tombée du même jour, nous enseignant ainsi que la parole ministérielle ne vaut plus un seul clou dans ce pays. Une petite divergence oppose-t-elle deux civils ? On a immédiatement recours aux armes à feu que l’on trouve désormais à tous les coins de rue de la cité. Tel est le triste tableau qui se présente depuis le 11 avril 2011 en Côte d’Ivoire. Un décor apocalyptique planté par les tenants du régime actuel. A l’époque, ils ne pensaient que faire mal à Laurent Gbagbo. Sans plus. Ils n’ont jamais pensé un seul instant que cet activisme machiavélique leur retomberait dessus un jour. Les voilà aujourd’hui pris au piège de la haine qu’ils ont nourrie pendant des années à l’endroit de Gbagbo"... [...]

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"La psychologie d’un mal aimé"


"Pourquoi après sept mois de gouvernance, les forces rebelles de Côte d’ivoire font toujours la loi dans nos rues, pourquoi les universités sont encore fermées, pourquoi le coût de la vie augmente, pourquoi Ouattara ne fait rien pour ramener les Ivoiriens de l’exil."

Par Joseph Marat.
Extrait de http://josephmarat.ivoire-blog.com/ :

"Qu’est ce qu’Alassane Dramane Ouattara gagnerait à remettre la Côte d’Ivoire sur les rails ? Rien. Pire pour lui. La colère accumulée des Ivoiriens trouverait là un terreau, celui de la liberté totale, pour le chasser du pouvoir. Il sait que ce peuple en est capable et il l’a déjà prouvé face à une junte militaire en 2000. Si les ivoiriens, après seulement 10 mois de gouvernance, ont rejeté le putschiste Robert Guéi affectueusement appelé « papa noël » pour dire « celui que nous attendions », ce n’est pas Alassane Ouattara qu’ils garderaient, s’il leur ouvre une seule lucarne de liberté et de démocratie. Les Ivoiriens sont jaloux de leur liberté et de leur joie de vivre. Robert Guéi a été chassé parce qu’il était susceptible de les leur confisquer. Et leur aversion pour Dramane Ouattara date de ce jour du 18 février 1992, où en concourant à l’emprisonnement de Laurent Gbagbo et de toutes les forces démocratiques d’alors, il a montré à suffisance qu’il ne faisait pas bon ménage avec les libertés individuelles et la véritable démocratie. Il ne sait que trop cette vérité dont la preuve par 9 lui a été donnée lors de la dernière élection présidentielle.

Premièrement, après avoir, une vingtaine d’années durant, bassiné le monde entier dans l’idée qu’il était le messie que les Ivoiriens attendaient, il s’est certainement demandé pourquoi il n’était pas en tête au premier tour de la dernière présidentielle.

Deuxièmement, même avec les chiffres douteux de Youssouf Bakayoko, il a perdu des points, malgré son score soviétique dans le nord, là où son adversaire, après avoir été premier au premier tour, en a engrangé une dizaine au second. Alassane n’a pas évolué dans l’estime des Ivoiriens et ce, en dépit des soutiens de tous les partis Rhpd qui l’accréditaient de 62% des voies.

Aussi doit-on se faire une raison face à l’inaction de Dramane Ouattara. Il n’a pas intérêt à ce que le peuple ivoirien transcende les fictives barrières pour se retrouver. [...]


Lire la suite sur le blog de Joseph Marat.


mardi 1 novembre 2011

En "marge" du G20 à Cannes



Où trouver l’argent pour reconstruire la Côte d’Ivoire ?

Par Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier - 31/10/11 :

Peur sur l'Europe ! Jeudi et vendredi prochains, le G20 se réunira à Cannes, ville balnéaire française, située sur la Côte d'Azur. On peut d'ores et déjà être sûrs d'une chose : l'atmosphère sera très éloignée du glamour du festival de cinéma qui s'y déroule chaque année. Et pour cause. Cannes sera, d'une certaine manière, le lieu de l'humiliation de l'Union européenne et du triomphe de la Chine, à laquelle il sera demandé de voler au secours des anciennes notabilités de l'économie mondiale, menacées par un effondrement qui, ironie de l'Histoire, semble partir d'une des places fortes de la civilisation occidentale historique : la Grèce.

Les Chinois ne boudent pas leur plaisir. Par la bouche de leur vice-ministre des Finances, ils indiquent n'avoir pas encore "décidé" d'investir dans le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Ils seront, disent-ils, attentifs aux "détails techniques pour y voir clair". Impériaux, ils demandent aux Européens "de prendre leurs responsabilités et de mettre de l'ordre chez eux". Vu d'Afrique, tout cela rappelle la fermeté à la limite de la dureté des responsables politiques européens face à la situation économique exsangue du continent qui a ouvert la voie aux très douloureux programmes d'ajustement structurels (PAS) il y a environ un quart de siècle. La roue tourne, assurément. Et l'Afrique doit tirer toutes les leçons de cette "révolution".

En Côte d'Ivoire aussi, l'on ne saurait éluder la réflexion sur cette nouvelle donne. Même si cette réflexion dérangera forcément les dirigeants d'un pays qui apparaît très clairement comme un "dominion" français et occidental, reconquis à coups de bombes par Nicolas Sarkozy, qui tient visiblement à se poser en nouveau Napoléon. Alors qu'Alassane Ouattara s'en va quasi-mensuellement en France et aime à s'afficher avec tout ce qui représente la droite et le patronat de l'Hexagone, l'on ne peut s'empêcher de poser une question : les besoins financiers nécessaires à la reconstruction du pays des Eléphants sont-ils encore à la mesure de l'ex-colonisateur et de ses alliés occidentaux ? Alors que nos anciens (et nouveaux?) maîtres s'en vont chercher eux-mêmes leur secours auprès d'une Chine dont ils nous déconseillaient fortement les capitaux avant-hier, pouvons-nous encore raisonnablement penser qu'ils détiennent les clés de notre avenir économique ?


Mensonges politiciens et réalité du terrain

Poser sérieusement ces questions, c'est admettre de renoncer à la mythologie grotesque du "argent-diamant-or". Cette propagande vieille de près de deux décennies qui tentait de convaincre la Côte d'Ivoire de ce que, parce qu'il sortait "de la cuisse du FMI" et était l'ami – ou plus honnêtement l'obligé – d'un certain nombre de décideurs politiques et économiques occidentaux, Alassane Ouattara ferait tomber sur le pays une soudaine pluie de milliards et permettrait de déverser sur la Côte d'Ivoire des trésors jusqu'ici interdits parce que le "prédestiné"(selon l'expression du philosophe Yacouba Konaté) n'avait pas encore pris la place qui lui revenait à la tête du pays. "Je suis un banquier, je sais où trouver l'argent", affirmait ainsi pendant la campagne électorale, l'ancien Premier ministre d'Houphouët-Boigny.

Il est aujourd'hui au pouvoir. Et l'argent n'est pas là. Si l'Université de Cocody, pillée méthodiquement par ses partisans en avril 2011 – et jusqu'à bien après, selon des témoignages concordants – demeure fermée, si les étudiants ivoiriens sont bien partis pour connaître deux années blanches de suite, c'est parce qu'il n'y a pas d'argent. Si des manœuvres toujours plus imaginatives sont mises en place pour étaler sur plusieurs semaines la rémunération de certaines catégories de fonctionnaires, c'est parce qu'il n'y a pas d'argent. On pourrait énumérer pendant longtemps toutes les preuves manifestes de la préoccupante pénurie de liquidités qui fait souffrir la Côte d'Ivoire, loin de la langue de bois emplie de fausse satisfaction qui dégouline des communiqués officiels.

Que faire pour trouver l'argent ? Il faut déjà se convaincre que le régime Ouattara ne peut raisonnablement pas courir plusieurs lièvres à la fois. Il ne peut se laisser aller à sa folie vengeresse, tenter de monopoliser artificiellement l'espace politique… et arriver à une croissance économique durable. Les investisseurs, locaux comme étrangers, sont rationnels. En l'absence d'un consensus national sur les questions politiques fondamentales, ils prendront des risques mesurés. D'autant plus que l'âge du capitaine ne permet pas d'imaginer un règne infini, que les rapports de force véritables pourront s'exprimer à n'importe quel moment, et que le positionnement partisan de la "communauté internationale" fait de la France, par exemple, un acteur de la politique nationale, et expose naturellement ses entreprises à de possibles retours de bâton. Les ruses et les campagnes de communication partisanes orchestrées par des lobbies internationaux amis de l'actuel régime ne sont, dans le contexte actuel, que des malheureuses cautères sur des jambes de bois. Petite question anticipatrice. Comment Ouattara imposera-t-il donc au pays la cure d'austérité réclamée par ses amis bailleurs de fonds alors qu'il apparaît comme le persécuteur d'au moins la moitié des Ivoiriens ?


Les choix de survie

Au-delà d'une indispensable détente politique interne reposant sur des bases solides, la Côte d'Ivoire sera bien obligée, à un moment donné, de revoir fondamentalement son modèle économique et ses options diplomatiques. Ouattara n'est pas le mieux placé pour négocier ce virage, mais il faudra se résoudre à regarder autant vers l'Est et les pays émergents, que vers un Ouest fatigué aujourd'hui, plus disposé à recevoir qu'à donner. Par ailleurs, alors que les bailleurs de fonds traditionnels sont obsédés par l'abandon par l'Etat ivoirien de l'ensemble des leviers et des moyens de production, voire de mobilisation conséquente de fonds à travers une fiscalité forte, il faut bien se demander si ce n'est pas un Etat investisseur, ayant renoncé aux dogmes menteurs de l'économie libérale orthodoxe qui pourra être le pilier d'un vrai miracle économique qui passera forcément par"... [...]


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