mardi 9 octobre 2012

Silence on tue en Côte d’Ivoire


Lettre ouverte à monsieur Laurent Fabius,


D'un enseignant chercheur, Université du Colorado, USA,
Dr Cheick DIABATÉ, 9 Octobre 2012. Extraits :


"À la fin du mois de juillet dernier, M. Alassane Ouattara a effectué une visite officielle en France où il a rencontré M. Laurent Fabius, Ministre d'État, Ministre des Affaires étrangères de la France. Lors de la conférence de presse qui a suivi leur rencontre, M. Fabius a déclaré que M. Ouattara est son ami et que les relations entre la Côte d'ivoire et la France ne devraient pas changer et qu'il ne fallait pas voir des problèmes là où il n'y en a pas c'est-à-dire en Côte d'Ivoire.

M. Ouattara vient de séjourner encore en France à l’occasion du 40ème anniversaire du Franc CFA. [...]

Pour M. Fabius, il n’y a donc aucun problème en Côte d’Ivoire. Nous savions depuis longtemps que la droite Française avait catégorisé les ivoiriens en deux camps : les pro-Ouattara qui devaient être protégé à tous les prix y compris au prix du sacrifice de quelques soldats français et les pro-Gbagbo, déclassés sur l’échelle de l’évolution des espèces et qui sont devenus le chaînon manquant entre les quadrupèdes et les bipèdes et donc ne méritent que des chasseurs à leur trousse pour les abattre et pour les plus chanceux, se retrouver dans des prisons, des camps de tortures ou des camps de refugiés transformés pour la circonstance en zoo pour les quelques spécimens à protéger.

Pour la droite française, il n’y avait donc pas de problème, la règlementation de la chasse étant respectée et les méthodes de mise à mort par égorgement étant conformes aux normes sanitaires. Par votre déclaration vous nous apprenez que pour la gauche française, il n’y a pas de problème non plus étant donné que les hommes changent mais les intérêts restent.

Nous voudrions juste rappeler à Monsieur Fabius, que dans un passé proche où il était Premier Ministre de France, il n'a pas vu venir le scandale du sang contaminé. Aujourd'hui, Ministre Français des Affaires étrangères, il trouve qu'il n'y a pas de problèmes en Côte d'Ivoire. Dont acte.

Toutefois nous attirons l'attention de Monsieur Fabius sur les faits suivants :

[ 1) ] À l’ouest de la Cote d’Ivoire, quatre bandes armées burkinabé et plusieurs bandes de chasseurs dozos, occupent l’ouest de la Côte d’Ivoire comme le nord du Mali est actuellement occupé par des bandes armées. Au Nord du Mali, la Charia est pratiquée et vos porte-voix RFI et France 24 vous rapportent les bras coupés en cas de vol, mais il y a pire à l’ouest de la côte d’Ivoire où le culte au dieu de la guerre est pratiqué régulièrement avec des sexes coupés, les terminaisons des bras et des pieds coupées, la gorge tranchée pour recueillir le sang pour le culte au dieu de la guerre. Vos porte-voix ne vous rapportent pas ces scènes parce que les victimes sont le chaînon manquant de l’évolution des espèces et les analyses d’ADN à travers des enquêtes interminables ne précisent pas encore leur statut d’humain. Pour votre gouverne, prière de prendre un temps pour consulter cette vidéo à l’adresse suivante où un jeune Baoulé de l’ouest est en train de subir ce rite macabre.

[ÂMES SENSIBLES S'ABSTENIR] http://www.youtube.com/watch?v=tpxbDA4M87c

Les sacrifices individuels ne suffisent pas à ces dieux, il leur faut de temps en temps, pour les jours de fête des troupeaux entiers : [...]

Lire l’article en entier sur La Dépêche D'Abidjan...
Via résistanCIsraël


lundi 8 octobre 2012

Décryptage d’une manipulation sournoise – RFI, la presse française et la technique du vrai-faux rapport officieux



Par Théophile Kouamouo. Extrait du Nouveau Courrier du 08/10/12 :

"Ce n’est pas la première fois que la presse parisienne mène des opérations de guerre psychologique en s’appuyant sur des rapports onusiens pas encore validés, auxquels on a ajouté des éléments fournis par des services secrets… ou complètement imaginaires. Il est également constant que son sens des «révélations» s’affadit quand des experts onusiens mettent en cause les alliés du camp Ouattara et de l’ex-rébellion… ou la France elle-même. Un grand émoi s’est emparé d’une grande partie de l’opinion publique ivoirienne après la diffusion, par RFI, d’un «scoop» selon lequel un rapport d’experts onusiens, en plus de prétendre qu’un certain nombre de personnalités proches du président Laurent Gbagbo, nommément citées, comploteraient pour renverser Alassane Ouattara, affirmerait sans rire que les leaders de l’opposition ivoirienne en exil auraient noué une «alliance» avec les islamistes maliens d’Ançar Dine, proches d’Al Qaeda, qui occupent le Nord Mali, et le capitaine Amadou Sanogo, le tombeur d’Amadou Toumani Touré. Bien entendu, la force des accusations et le caractère quasi-romanesque de l’article de la «radio mondiale» frappent les esprits et alimentent l’indignation. Mais lorsque l’on prend le nécessaire recul historique, l’on se rend compte que ce que ce que nous appellerons la technique du vrai-faux rapport officieux est une constante dans la communication de la nébuleuse internationale – surtout française – qui soutient Alassane Ouattara et tente de criminaliser, donc de disqualifier politiquement, depuis une dizaine d’années, toute une mouvance : celle incarnée par Laurent Gbagbo et les souverainistes ivoiriens. Retour sur un certain nombre d’opérations psychologiques du même type que celle qui vient d’être «mise en œuvre».

Le vrai-faux rapport de l’ONU sur les escadrons de la mort

En février 2003, les accords de Linas-Marcoussis et les résolutions de la conférence de Kléber, qui donnent une prime à la rébellion ivoirienne, sont chahutés sur le terrain abidjanais. Un rapport express de l’ONU évoquant de manière très vague l’existence d’«escadrons de la mort» en Côte d’Ivoire fait l’objet de fuites bien organisées dans les quotidiens Le Monde et La Croix. C’est une aubaine pour Jacques Chirac, qui peut menacer le couple Gbagbo des foudres de la Cour pénale internationale – imitant en cela Blaise Compaoré, parrain des rébellions libérienne, sierra-léonaise et ivoirienne. Le Monde, dans une belle coordination, va plus loin que ce que l’ONU peut se permettre et multiplie les articles sur les fameux «escadrons», accuse nommément des membres de la garde rapprochée du président Gbagbo et de son épouse de les diriger, sous la haute autorité, bien entendu, de leurs patrons. C’en est trop pour le numéro un ivoirien qui organise une conférence de presse, et annonce qu’il portera plainte, notamment contre Le Monde. Il le fait dès le 18 avril 2003.
Lors du premier procès qui a lieu le 26 mai 2004, la journaliste genevoise Catherine Fiankan-Bokonga, spécialiste des questions relevant de l’économie et des droits de l’homme, montre une interview du regretté Vieira De Mello, ancien Haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, qui affirmait que le rapport de l’ONU ne comportait aucun nom de prétendus membres d’escadrons de la mort, et que son institution n’avait publié aucune liste, contrairement aux affirmations du Monde. Lors du procès en appel, Le Monde produit un prétendu document de l’ONU présenté comme la liste des neuf membres des «escadrons de la mort». C’est en réalité une note blanche des services de renseignements français, sans en-tête, ni signature. La presse française, en convergence avec les services secrets français, a en réalité fait dire ce qu’il n’avait pas dit à un rapport de l’ONU ayant opportunément «fuité», et qui était déjà destiné à faire pression sur le pouvoir ivoirien.

Le rapport de l’ONU sur la marche avortée du G7, éventé par RFI

En mars 2004, le G7, coalition des partis politiques d’opposition «houphouétistes» et des mouvements rebelles coalisés (MPCI, MPIGO et MJP) annonce qu’elle organisera des «marches éclatées» dans un contexte explosif. Les autorités d’alors, se fondant sur des rapports alarmistes des structures sécuritaires du pays, interdisent la marche. Le mot d’ordre est maintenu, et la manifestation est étouffée dans l’œuf. Le bilan des affrontements entre forces de l’ordre et activistes, civils et armés, fait l’objet d’une polémique. L’ONU décide, très rapidement, d’enquêter sur la question. L’enquête doit être présentée au gouvernement ivoirien, qui doit faire ses observations et ses réfutations, avant publication. Ce qui est susceptible de rendre moins unilatéralement accusatoires les conclusions du rapport. Qu’à cela ne tienne ! Le 3 mai, RFI publie, sur son site web, ce que l’ONU présentera, assez hypocritement, comme «une copie non officielle» du rapport de la Commission d’enquête sur les événements du 25 mars 2004. L’ONU reconnaît qu’il n’avait pas été présenté au gouvernement ivoirien, encore moins distribué aux agences de l’ONU se trouvant en Côte d’Ivoire. Le représentant permanent de la Côte d’Ivoire à New York accuse la Commission d’avoir intentionnellement permis la «fuite» spectaculaire d’un document forcément non soumis au moindre débat contradictoire, «afin de ruiner le processus de réconciliation nationale». Dans une lettre à Kofi Annan, le président Gbagbo soutient que le rapport a été «clairement influencé». Pour faire baisser la pression, l’ONU s’engage à mettre en place la Commission d’enquête réclamée par les accords de Linas-Marcoussis qui doit se pencher sur tous les crimes et exactions commis depuis le 19 septembre 2002.

Le rapport de l’ONU qui n’est jamais sorti sur les exactions de tous les camps…

Mise en place le 22 juin 2004, la Commission d’enquête indépendante sur les graves violations des droits de l’Homme enregistrées en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002, rend ses conclusions au secrétaire général de l’ONU et au Commissaire aux droits de l’Homme, comme l’indique un communiqué daté du 19 octobre 2004. Cette fois-ci, la procédure est respectée. Le gouvernement ivoirien reçoit un draft du rapport et appose ses remarques et observations. Mais ce rapport, qui évoque aussi de manière assez exhaustive les exactions des rebelles, les complicités du Burkina Faso et du Mali, ainsi que – assez timidement – celles de la France, ancienne puissance coloniale, ne sortira jamais. Alors que l’on est en face d’une véritable opération de camouflage de la vérité, la presse française n’est pas intéressée par l’organisation de fuites opportunes. Il faut attendre le 24 décembre 2004, en pleine fête de Noël donc, pour que le quotidien Libération publie de courts extraits de ce rapport – sans bien entendu mentionner les extraits qui mettent en cause Paris. RFI ne publie pas le rapport dans son intégralité sur son site web, comme elle l’a fait pour le rapport relatif aux événements de mars 2004. Outré par le refus de la Maison de Verre de publier un rapport qu’elle a pourtant chèrement financé, le gouvernement ivoirien remet le document à la presse ivoirienne. L’Intelligent d’Abidjan le publie en intégralité. Le Courrier d’Abidjan en fait même un ouvrage intitulé «Tout sur le rapport de l’ONU qui dérange». L’affaire rebondit fin juin 2011. Interrogée par des journalistes, Navi Pillay, Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU soutient qu’il «est tout à fait pertinent que le Rapport de 2004 soit rendu public.» Elle ajoute – argument curieux ! – qu’elle s’employait «à trouver qui est autorisé à la publication de ce rapport que ce soit le Conseil des droits de l’Homme ou le Secrétaire Général de l’ONU». Elle martèle qu’elle «ne renoncera pas à cette action». Près d’un an et demi après cette pétition de principe, rien n’a bougé. Le rapport n’a pas été officiellement publié, donc officiellement endossé, par l’ONU.

Le faux rapport de l’ONU sur le massacre de Petit-Duékoué et Guitrozon

Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2005, un commando de personnes que des survivants désignent comme des Dozos, associés aux Forces nouvelles hier et supplétifs des FRCI aujourd’hui, attaque les villages Guéré de Petit-Duékoué et Guitrozon, faisant plusieurs dizaines de morts. C’est un vrai crime contre l’humanité. L’émoi est grand et des regards désapprobateurs se tournent vers les rebelles que Paris s’obstine à ennoblir. Soudain, RFI sort un «scoop». Une «note confidentielle» de l’ONUCI qui affirmerait qu’en réalité, ce sont les «miliciens pro-Gbagbo» qui sont responsables de cette tuerie. Très vite, l’ONU dément l’information et affirme que ce «rapport» n’est pas d’elle, par la bouche d’Hamadoun Touré et de Pierre Schori, représentant spécial de Kofi Annan à Abidjan. Mais le venin de la désinformation a déjà fait son effet.

Le rapport du Comité des experts 2010, étouffé parce qu’il gênait le grand «storytelling»

Si la presse française sait trouver des rapports «accablants» contre le camp Gbagbo, y compris en mélangeant le vrai et le virtuel, elle sait aussi ne pas trouver les rapports que l’ONU elle-même s’évertue à cacher. A propos du Comité des experts chargés de surveiller l’embargo justement. Le rapport de 2010 sur les violations de l’embargo a été bloqué par le Conseil de sécurité. Et pour cause : il évoque le réarmement des parties en présence, et l’action néfaste du Burkina Faso, qui alimentait les Forces nouvelles en fusils d’assaut notamment, là où la communication officielle onusienne plaidait pour une élection sans désarmement. Entériner ce rapport aurait signifié admettre que les conditions n’étaient pas réunies pour un scrutin pacifié, alors qu’il était question de broder autour de Gbagbo qui retarde les élections depuis cinq ans parce qu’il a peur de perdre. Le rapport est étouffé en dépit de la lettre envoyée le 17 septembre 2010. Finalement, le rapport, qui comportait des vérités pas bonnes à savoir, sera publié le 20 avril 2011, neuf jours après la chute de «l’ennemi» Gbagbo. Bien entendu, la presse française dans sa grande majorité s’en désintéressera.

Pourquoi le «rapport» évoqué samedi par RFI ne pouvait pas être publié en l’état

Dans sa mise au point relative au «rapport» dont RFI a dévoilé le «contenu», la porte-parole de l’ONUCI a affirmé deux choses : premièrement, le rapport du Comité des experts de l’ONU sur l’embargo est produit par des équipes extérieures, et peut être endossé ou non par l’institution ; deuxièmement, l’ONUCI n’a pas encore reçu le dernier rapport du Comité. En clair, non seulement elle ne peut pas confirmer que ce que dit RFI se trouve vraiment dans le rapport, mais de plus même si cela était le cas, rien ne dit que de telles conclusions seront endossées par l’ONU. En réalité, il est fort peu probable que les accusations fantaisistes évoquées par RFI soient publiées un jour par le Comité des experts. Notamment parce que sa méthodologie est très contraignante. Les experts doivent, pour publier une information, se fonder sur des sources documentaires éprouvées ou au moins deux sources indépendantes. Ils doivent aussi, autant que faire se peut, contacter les mis en cause et recueillir leur version des faits. Ce qui n’a pas encore été fait, selon les nombreuses personnalités interrogées par Le Nouveau Courrier. Par exemple, sur un sujet comme la prétendue réunion de Takoradi, Marcel Gossio, par exemple peut aisément prouver qu’il n’était pas au Ghana à la date citée.
Par ailleurs, selon RFI, le rapport ( ?) évoque des SMS interceptés et qui seraient des preuves contre les pro-Gbagbo. Or, le Comité des experts ne comporte en son sein aucun expert en écoutes téléphoniques, et l’ONUCI non plus. La réalité doit être la suivante, au-delà de cette opération de propagande bien huilée. Il est fort probable que, tout simplement, les sécurocrates du régime Ouattara aient livré de prétendues «preuves» aux experts, qui ont dû les consulter, se les partager ou les archiver. Et la «magie» de la «com» a pour effet de transformer les accusations des pro-Ouattara – Guillaume Soro ne comparait-il pas le FPI au MUJAO il n’y a pas longtemps ? – en conclusions d’experts indépendants. Là où RFI et ses sources ont su se couvrir [...]

Lire l'article sur Le Nouveau Courrier...


dimanche 7 octobre 2012

Le chocolat qui cache la tartine


Ou : quand Ansar Dine bouche le port de Marseille


Et revoilà l'"islam radical". Il était passé par ici, il repasse par là. De vol de pain au chocolat en passant (nettement plus sérieux – ça peut quand même nous éviter quelques attentats !) par une série de coups de filet.

Pendant ce temps, le bon peuple, qui est invité à contempler, à vue de pesée électorale, le plus efficace des limiers anti-"islam radical", ne regarde pas où ça se passe en vrai…

Un peu comme quand l'équipe Sarko interdisait la venue du (devenu) qatari Qardawi au congrès de l'UOIF, mais faisait mine de ne pas voir que sur les étals de livres dans les mosquées de la même UOIF (majoritaires en France – et mises en honorabilité par Sarkozy), trônent les ouvrages (en arabe ou en français, au choix) du même Qardawi (en bonne place à côté de ceux de Tariq Ramadan)… Encore faudrait-il aller y voir dans lesdites mosquées (on y est très gentiment accueilli).

De même pendant qu'on fait de larges mimiques anti-tartines volées ou (plus sérieux) quelques rafles, on est bel et bien les alliés internationaux des alliés internationaux des "modérés" disciples français ou qataris de Qardawi… Allez comprendre.

De guerre en guerre, on soutient les "islamistes modérés", dont on aimerait bien qu’on nous explique ce que leur doctrine a de différent des mêmes en "radicaux" que l’on combat à coup de tartines volées ou de "racisme anti-'blancs'" comme si les musulmans "radicaux" en question n’étaient pas, pour la plupart, "blancs" eux-mêmes, ou endoctrinés par leurs chefs de file "blancs"… Voir au Mali Ansar Dine, dont la montée en puissance doit quand même quelque chose à la façon dont les chasseurs de tartines ont armé leurs homologues en Libye, où ces "modérés" d’il y a un an ont fini par se montrer plus "radicaux" que prévu en tuant l’ambassadeurs des États-Unis… "Quelle ingratitude" dixit (faussement ?) naïve, Clinton !

Faussement naïve ? Car à tout prendre autant utiliser leurs acolytes du Mali – ou d’ailleurs – comme prétexte pour une avancée militaire (pour le Mali Hollande ne se cache même pas de ce désir)… quand RFI nous sort un scoop – qui flaire fort son Soro – prétendument onusien, ipso facto démenti par l'Onu, selon lequel tout ce qui n’est pas fan de la Cédéao de Ouattara serait allié avec Ansar Dine (un peu comme quand l’Irak de Saddam Hussein était censé abriter Al Qaïda !)…

En France, le bon peuple, lui, s'agite sur les tartines volées et le "racisme anti-'blancs'", glissant au "racisme anti-patrons".

L’alliance occidentalo-islamiste semble avoir de beaux jours devant elle… jusqu'à quel clash de civilisations ?… qu’elle semble bel et bien nous préparer à force de l'ignorer pour garantir les profits immédiats qu'elle génère…


samedi 6 octobre 2012

L’Internationale Socialiste rattrapée par ses errements sur la Côte d’Ivoire



"Le National Democratic Congress (Ndc), le parti de l’actuel chef de l’Etat ghanéen, John Dramani Mahama, a fait preuve d’un grand courage et d’une honnêteté à nulle autre pareille, pour dire haut à la tribune du 24ème congrès de l’Internationale Socialiste en Afrique du Sud, le mois dernier, ce que de nombreux observateurs africains et d’ailleurs savent sur la situation en Côte d’Ivoire qui prévaut depuis novembre 2010 à ce jour. A savoir que le scrutin présidentiel ivoirien a été émaillé de graves irrégularités dans certaines régions, que le candidat Laurent Gbagbo, au nom de la démocratie a réclamé en vain le recomptage des voix et qu’en réponse à la demande récurrente et apaisée de M. Gbagbo, la France de Nicolas Sarkozy, l’Onu et une partie de la nébuleuse internationale qui voulait vaille que vaille qu’Alassane Ouattara s’installe au pouvoir, a déclenché une guerre contre Laurent Gbagbo. Avant de le capturer dans les décombres de sa résidence officielle et le transférer à la Cpi où il est actuellement détenu.

Ouattara est certes au pouvoir, depuis le 11 avril 2011, mais une question continue de diviser les Ivoiriens mais aussi de nombreux observateurs : qui a gagné la présidentielle de novembre 2010 ?

Le Ndc estime que l’Internationale Socialiste n’a pas privilégié le triomphe de la démocratie dans la situation ivoirienne. Bien au contraire les socialistes ont plutôt suivi d’autres intérêts convergents avec ceux défendus par Nicolas Sarkozy. Des intérêts totalement opposés à la démocratie et au triomphe de la vérité. C’est ce qui a justifié assurément l’activisme du parti socialiste (PS) français pour que le Fpi soit suspendu de l’IS.

Des errements sur la situation en Côte d’Ivoire que le NDC a publiquement dénoncés."

Didier Depri
Via résistanCIsraël

Le discours de John Dramani Mahama


vendredi 5 octobre 2012

Citoyen français et Libération


Quand Paris plombe de son silence l'enfermement arbitraire à l’étranger d'un citoyen français...

Quand le quotidien Libération couvre un régime de terreur systématique en déclarant sa "justice" "convalescente" (sic)...


La déclaration de J. L. Mélenchon ici.


jeudi 4 octobre 2012

Qui orchestre les attaques d'hommes armés en Côte d’Ivoire? Médiapart évoque la piste Soro



"Les hommes de Guillaume Soro sont lourdement soupçonnés dans les récentes attaques."


Extraits :

"Qui cherche à déstabiliser le pouvoir du président ivoirien Alassane Ouattara ? Depuis début août, la Côte d’Ivoire est le théâtre de curieuses attaques : des positions militaires sont mitraillées et vidées de leurs stocks d’armes par des hommes mal identifiés, suscitant craintes et interrogations. Le tout dans un contexte politique resté très tendu depuis le grave conflit qui a opposé M. Ouattara et son prédécesseur Laurent Gbagbo entre décembre 2010 et avril 2011, au lendemain d’une élection présidentielle très disputée.

De fait, le règlement politique et judiciaire de cette crise n'est qu'à peine commencé. [...]

Elle s'est même exacerbée depuis début août : des individus lourdement armés ont pris d’assaut le camp d’Akouédo, l’une des plus grandes casernes militaires du pays, située à Abidjan. Pendant plusieurs heures, ils ont occupé les lieux, tuant une dizaine de soldats, dévalisant l’armurerie, avant de disparaître dans la nature. Des épisodes similaires se sont produits dans d’autres quartiers d’Abidjan et plusieurs autres localités : à Abengourou (est), Agboville (sud), Dabou (sud). Le dernier s’est déroulé le 22 septembre à l’est, à la frontière avec le Ghana. Il a fait officiellement cinq morts.

[...] Le Front populaire ivoirien (FPI), parti de M. Gbagbo, est [...] dans le collimateur, accusé d’être de mèche avec ces militaires, bien qu’il ait nié toute implication. «Ils veulent créer la psychose, déclencher une insurrection», soutient Joël N’Guessan, porte-parole du parti au pouvoir, le Rassemblement des républicains (RDR).

Mais dans l’hypothèse où des partisans de M. Gbagbo seraient à la manœuvre, ce ne sont pas eux qui profitent pour le moment de ces opérations armées : après chaque attaque, les forces de sécurité multiplient les interpellations qui visent essentiellement les groupes ethniques présumés favorables à M. Gbagbo et les membres de son parti. Pour le seul mois d’août, l’ONU a compté près de 400 arrestations, dont beaucoup se sont déroulées hors du cadre légal. Mi-septembre, le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) a ainsi dénoncé des «détentions illégales et des traitements inhumains, cruels et dégradants» dans le fief de M. Gbagbo, la région de Gagnoa (ouest). En tout, 327 militants et cadres du FPI sont aujourd’hui en prison, selon Justin Koua, responsable de la jeunesse du parti. Parmi eux, il y a son numéro deux, Laurent Akoun, arrêté fin août et condamné à six mois de prison ferme pour «trouble à l’ordre public», après des déclarations publiques critiquant le pouvoir.

Pour Mamadou Koulibaly, président de LIDER, un parti d’opposition, il faut ouvrir le champ des investigations : les «assaillants», dont la presse ivoirienne parle désormais quotidiennement, pourraient aussi être issus du camp présidentiel. «Les gens qui en veulent à M. Ouattara sont nombreux», souligne M. Koulibaly. Parmi eux, il y a les combattants qui ont contribué à installer le président au pouvoir en avril 2011, mais n’ont pas été intégrés dans l’armée par la suite. Ces hommes sont plusieurs milliers et s’estiment pour la plupart mal récompensés. Ils ont toujours leurs armes. [...]

En attendant, ces ex-combattants ont tiré profit des attaques : au lendemain des premiers incidents, les autorités ont rappelé un certain nombre d’entre eux pour assurer des opérations de contrôle dans les rues d’Abidjan. Pour se payer, ils ont institué un système de racket très particulier : «Ils procèdent à des arrestations de jeunes aux barrages de contrôle, puis amènent ces derniers dans les camps militaires où on les torture. Ils les libèrent contre 100 000 FCFA (150 euros) ou 200 000 FCFA (300 euros)», raconte Pierre Kouamé Adjoumani, vice-président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (Lidho).

Les anciens éléments du fameux «Commando invisible» pro-Ouattara, qui avait mené une guérilla urbaine à Abidjan pendant la crise postélectorale, figurent également parmi les mécontents du nouveau régime. Leur chef, Ibrahim Coulibaly, dit « IB », ancien garde du corps de la famille de M. Ouattara et ex-responsable de la rébellion des Forces Nouvelles qui a tenu le nord du pays entre 2002 et 2011, a été tué le 19 avril 2011. Ce sont ses anciens camarades des Forces Nouvelles qui l’ont éliminé, huit jours après l’arrestation de M. Gbagbo. Depuis, plusieurs hommes d’IB ont été supprimés ou emprisonnés, et la plupart ont été mis à l’écart. Policiers et gendarmes ont des raisons d’être eux aussi insatisfaits : soupçonnés d’être restés fidèles à M. Gbagbo, ils sont peu ou pas armés. À l’intérieur du pays, ils ont même été remplacés de fait par les Dozos. Ces chasseurs traditionnels, reconnaissables à leur tenue marron, leurs gris-gris et leurs fusils de chasse, sont à l’origine présents dans le nord du pays et les États voisins. Lors du conflit postélectoral, ils ont joué le rôle de forces supplétives pour l’armée créée en mars 2011 par M. Ouattara. Depuis, de plus en plus nombreux, venant entre autres du Mali et du Burkina Faso, ils se sont progressivement installés sur l’ensemble du territoire, où ils interviennent dans le domaine de la sécurité mais aussi de la justice, avec l’appui des autorités.

Outre les pistes de coupables possibles menant au camp de M. Gbagbo et à celui de M. Ouattara, il en existe une troisième, évoquée notamment dans les milieux diplomatiques : celle conduisant à Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblée nationale et ex-chef des Forces Nouvelles. Premier ministre dans le gouvernement d’union nationale sous M. Gbagbo entre 2007 et 2010, puis premier ministre et ministre de la défense pendant les premiers mois de la présidence de M. Ouattara, ce quadra est réputé ambitieux. Il a gardé des liens étroits avec des anciens chefs de guerre des Forces Nouvelles, qui commandent aujourd’hui des unités de l’armée régulière.

Mais son nom, comme celui d’autres ex-rebelles, est depuis plusieurs mois associé à la CPI : cette dernière enquête sur les crimes commis pendant le conflit postélectoral. Or les troupes placées par M. Ouattara sous la responsabilité de M. Soro sont soupçonnées d’avoir perpétré des tueries, en particulier à Duékoué (ouest) où des centaines de civils avaient été massacrés en mars 2011. Selon une source de l'ONU, la CPI «fait pression sur M. Ouattara pour qu’il lâche certains des ex-chefs de guerre ainsi que M. Soro». Ce dernier a t-il choisi avec ses alliés la voie des armes pour faire à son tour pression sur le président et rendre impossible un tel scénario?

Le FPI a suggéré cette hypothèse lorsqu’il s’est défendu d’être lui-même mêlé aux attaques : «Qui a intérêt à avoir la mainmise sur le système de défense, dont il avait été écarté, alors que la CPI envisage sérieusement son transfert, de lui et ses hommes, à La Haye ? Qui a intérêt à mettre en difficulté le régime pour empêcher son transfèrement ?» s'est interrogé Miaka Oureto, le président du FPI, dans une déclaration, fin août. Faut-il voir un lien avec tous ces événements : le 26 septembre, M. Ouattara a nommé préfets trois ex-chefs rebelles, dont Ousmane Coulibaly, dit «Ben Laden», soupçonné par [...]


La suite : Fanny Pigeaud, in Médiapart, le 3 octobre 2012.

Source : Le Nouveau Courrier N° 622 du jeudi 4 octobre 2012,
L'article en entier sur Regards croisés.


mercredi 3 octobre 2012

Guerre à l’Afrique ? La France en retard d’une décolonisation (par Michel Galy)


"A force de critiques et d’enterrements annoncés, on pourrait croire finie la « Françafrique », ce système d’exploitation et de violence qui a régi les relations internationales entre le continent et l’ancien colonisateur."


(Article de Michel Galy publié le 30 septembre 2012 sur "Grotius")

"Des changements de langage et d’hommes ne suffisent pas, comme le démontre déjà la gestion de la crise malienne par le président Hollande - et l’intervention militaire annoncée risque d’être son premier acte marquant en politique extérieure. Comme ses prédécesseurs, depuis un demi-siècle…

L’arrivée au pouvoir d’un nouveau président à Paris marque aussi le début d’une série de rituels et de signaux destinés à l’Afrique francophone : qui reçoit-on le premier, et qui ne reçoit-on pas ? Quel voyage fondateur effectuera en Afrique le nouvel élu, quel discours et quelles promesses affichera t-il ?

A cette aune, que les africanistes détaillent avec gourmandise comme autrefois les kremlinologues savouraient les détails de la Nomenklatura, que de changements symboliques ! Le démocrate Macky Sall du Sénégal reçu le premier, fraîchement élu contre Abdoulaye Wade à Dakar par un scrutin incontestable. Début juin, le tapis rouge déroulé à M. Yayi Boni du Bénin, président en exercice de l’Union Africaine, consulté es qualité pour la résolution de la guerre au Nord Mali.

Encore plus significatifs ceux que l’Elysée se refuse à inviter, malgré leurs demandes réitérées : ni Bongo du Gabon, non plus qu’Eyadema du Mali, tous deux héritiers de dynasties autoritaires ; non plus que Blaise Compaoré du Burkina, autoproclamé sage et doyen de l’Afrique de l’Ouest, non plus que l’Ivoirien Ouattara, orphelin du sarkosysme et pourtant actuel président de la CEDAO.

Mais qu’importent les symboles et les discours, si les actions restent les mêmes, notamment l’envoi de l’armée française à chaque crise ? Quel Etat en effet maintient des bases militaires permanentes en Afrique (Sénégal, Djibouti, Gabon) ? Quel pays est capable de lancer en quelques heures des « opérations extérieures » (Epervier au Tchad, Licorne en Côte d’ivoire) ? Qui contrôle la masse monétaire de ses anciennes colonies par le jeu d’une monnaie issue de la colonisation, le franc CFA [1] ?

Baptisé laudativement « Françafrique » par le président ivoirien Félix Houphouët Boigny, dénoncé dès les années 1990 par le fondateur de « Survie », François-Xavier Vershave, ce système occulte de domination violente et perverse a survécu à ses fondateurs. En 1960 le premier ministre Michel Debré a vendu la mèche en déclarant à Léon M’Ba, président du Gabon : la France « donne l’indépendance à condition que l’État une fois indépendant s’engage à respecter les accords de coopération signés antérieurement. Il y a deux systèmes qui entrent en vigueur simultanément : l’indépendance et les accords de coopération. L’un ne va pas sans l’autre [2] »

Et de fait, cette sujétion étatique, à la fois militaire et économique, est déclinée par des « accords de défense » aussi secrets que sommaires, entre les gouvernements français et africains – accords en fait à géométrie variable et parfois non appliqués selon l’opportunité décidée à Paris. Ainsi, les troupes françaises sont intervenues pour conforter des régimes souvent douteux comme au Tchad, Togo, Zaïre, Gabon tandis qu’elle se refusait à des interventions conformes aux accords, comme au Congo en 1963, au Niger en 1974, au Tchad en 1975, ou au début de la rébellion ivoirienne contre le régime du président Laurent Gbagbo, téléguidée depuis le Burkina Faso en septembre 2002…

Et cette série d’interventions devient une sorte de conflit permanent, en continuité avec les guerres coloniales : selon l’historien italien Chalci Novati [3], un décentrage nécessaire par rapport à un débat trop français montre une longue « guerre à l’Afrique », dont les relations franco-africaines – et ses scandales récents ne sont qu’une partie. Après le « containment » du communisme dans les années cinquante [4] (ou « endiguement », cette doctrine officielle des administrations américaines successives), n’assiste t-on pas à la même politique de l’Europe devant les migrations du continent noir d’une part, et contre ses velléités d’autonomie de l’autre ?

Il faudrait replacer alors exploitation des matières premières, coups d’Etats et soutien des « dictatures à la française » du pré carré - l’ancien espace colonial, dans un système d’actions comprenant aussi la répression des flux humains vers l’Europe, la répression de la piraterie maritime à l’Est, le combat interminable contre les mouvements fondamentalistes anti-occidentaux.

Tout cela dans une désinformation continue et des « rideaux de fumée » médiatiques : « défense des ressortissants », si ce n’est des « intérêts français ». Les médias français, privés ou publics, ne participent-ils pas le plus souvent de cette Françafrique aussi discrète que puissante? L’ordinaire du « journaliste spécialiste de l’Afrique » n’est-il pas trop souvent de voyager dans l’avion ministériel ou présidentiel français, de recueillir confidences et parfois subsides du dictateur local – le maréchal président zaïrois Joseph Mobutu s’en vantait, lui qui avait d’abord été journaliste – quand ils ne sont pas invités dans les palais des despotes africains ? Sans compter la corruption ordinaire de tel hebdomadaire pan africain bien connu des dirigeants du Sud - qui ont investi volontiers dans la radio Africa N°1 ou plus récemment la télévision Africa 24. [5]

Car la « conquête des cœurs et des esprits » passe par des médias sous contrôle, rebaptisant « fasciste » un régime populiste, et « démocrates » les dictateurs. Ainsi, en juillet 2011, une campagne sourde a commencé à Paris [6] au moment où le nouveau président guinéen, le politologue Alpha Condé, a failli être abattu à coups de roquettes dans le palais présidentiel de Conakry. Les éditoriaux vertueux de la presse parisienne condamnent-ils l’attaque qui a failli tuer le premier président élu de Guinée ? Bien au contraire, ils se sont axés sur le refus du nouveau pouvoir d’autoriser la presse guinéenne d’envenimer la situation (l’interdiction a été très vite levée). A croire qu’il y a un rapport avec la volonté de M. Condé de renégocier les contrats léonins avec les sociétés étrangères et de se tourner, à son tour, vers la Chine…

Au moment où la crise électorale ivoirienne focalisait l’attention de la « communauté internationale », M. Blaise Compaoré se succédait à lui-même au Burkina Faso, avec un score de 80 % en novembre 2010, tandis que M. Paul Biya du Cameroun, qui gouverne depuis la Suisse la moitié de l’année, vient d’être « réélu » à Yaoundé après 29 ans de règne (octobre 2011), sans que l’Elysée, l’Union africaine ou la presse occidentale y trouve à redire…

Il est vrai que les pseudos élections des dictateurs à vie sont souvent cautionnées par des juristes ou des hommes politiques complaisants venus de Paris. Ainsi la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a-t-elle vertement tancé, en 2009, le député Jacques Toubon et… le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et vice-président de la commission des droits de l’homme au Parlement européen, M. Patrick Gaubert, dépêchés sur place pour cautionner le régime du président congolais Denis Sassou N’Guesso ! [7]

Bien sûr tous les « chevaliers blancs » ne sont pas exempts de partialité, y compris les organisations internationales comme Reporter sans frontières (RSF) pour la presse et « Transparency international » pour la corruption. Leurs liens financiers ou politiques avec le département d’Etat américain sont bien connus des spécialistes [8]. La crise en Côte d’Ivoire a fait toucher du doigt « l’honneur perdu d’ « Human Right Watch », ouvertement financée pour ce pays par la « Fondation Soros » – et menant de manière éhontée campagne sur campagne en faveur de M. Ouattara, identifié comme le défenseur de l’ « open society » contre le contestataire Laurent Gbagbo, dès lors voué aux gémonies.

Pour ne pas parler des silences d’Amnesty International sur les milliers de morts sudistes du régime Ouattara depuis avril 2011 (Plus de 3000 « victimes oubliées »), ou la présence à la FIDH du négationniste Florent Geel qui refusant de dénoncer le millier de morts guérés de Duékoué, ville de l'Ouest ivoirien martyrisée à deux reprises par les milices ethniques pro-Ouattara - est dénoncé de manière récurrente par les associations de victimes ! L’Histoire jugera t-elle ceux qui gardent les yeux fermés devant les massacres, qui savent et ne protestent pas ?

Trafic d’influence et corruption ne sont-ils pas que la conséquence de la doctrine du « pré carré » et du monopole de ses richesses ? Ce qui est au fond l’équivalent de la « doctrine Monroe » pour les Etats-Unis sur le continent américain serait au fond soutenable si sa pratique était équitable pour les deux parties et si elle n’était violemment imposée par des interventions armées à répétition : quarante-trois depuis 1960 ! Entre violence militaire et mise en condition médiatique le système françafricain subsiste aussi par une perversion continue des institutions démocratiques.

Bien évidemment, la corruption ordinaire va bien plus loin que les mallettes de billets qui circulent dans les deux sens [9] : le financement des campagnes électorales françaises n’est que la contrepartie des pourcentages sur les contrats ou les versements dans les paradis fiscaux sur les ventes de matières premières, en faveur des dirigeants africains.

L’association Sherpa, qui s’est fait une spécialité de la dénonciation des « biens mal acquis » des autocrates africains, a par exemple détaillé, selon une instruction en cours, le patrimoine de la famille Bongo du Gabon : « Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M. Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A Nice, une propriété est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2), trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d’une piscine [10] »… Mais les richesses du couple Ouattara sont curieusement des « taches blanches » pour Sherpa, cornaquée par Maître William Bourdon, comme si certaines indignations étaient très sélectives…

Les néoconservateurs français (chiraquisme et sarkosysme ne sont sur ce point que des bushistes néocoloniaux…) ont contribué à adapter un « modèle interventionniste », qui fait se succéder attaques médiatiques puis « humanitaires », enfin diplomatiques : les corps expéditionnaires - où l’ONU est désormais impliquée : l’ONUCI, combien de mort civils en 2011 à Abidjan ? – sont bien l’ultima ratio de la Françafrique jetant son masque dans la terreur et sous les bombes!

Le continent attend-il trop d’une révolution sur le modèle arabe, qui briserait d’abord le lien ambigu avec l’ancien colonisateur ? Sur cette contagion démocratique éventuelle, mettant fin à la Françafrique, la Toile africaine fourmille de théories et de rumeurs : « descente » depuis l’Afrique du Nord de mouvements de libération, aide de démocrates occidentaux via les nouvelles technologies, et plus probablement insurrections de jeunesses urbaines au chômage, alliés à des paysans sans terre et des cadres nationalistes trouvant insupportable le train de vie des nouveaux maîtres. Le risque serait grand alors pour la France – et les ressortissants français, de « perdre l’Afrique » –, et les matières premières convoitées.

C’est sans doute cette inquiétude de se couper de ressources essentielles tout autant que d’alliés historiques qui pousse le gouvernement de M. Hollande à s’ingérer, certes avec précaution, dans la crise malienne. L’embrasement du Nord Mali est tout d’abord l’héritage prévisible du reflux des guerriers touaregs de Libye, tandis que l’armement bradé aux factions combattantes permettait aussi aux groupes islamistes de s’étendre. Et certes l’héritage est lourd : à la fin du régime précédent, les stratèges du café de Flore ont été relayés par des machiavels manqués, au Quai d’Orsay ou à la défense qui ont voulu jouer les touaregs pour « liquider Aqmi ».

Mais l’intervention militaire prônée par les relais de la Françafrique habituels, rhabillée par le président français aux couleurs de l’Union africaine et de l’ONU aurait, même appuyée par des supplétifs ouest africains le plus grand mal à lutter sur deux fronts : réduire les putschistes de Bamako - qui ont trouvé une certaine base populaire indignée par la corruption de la classe politique, et mettre fin à l’alliance MNLA/Ansar el Dine/Aqmi qui contrôle l’Azawad, ce foyer national touareg qui est aussi le no-man’s-land de djihadistes attirés de loin par ce nouvel « Afghanistan nomade ».

Pourtant des responsables politiques civils, comme Ibrahim Boubacar Keita - leader de l’opposition civile, ou Aminata Traoré - sociologue de renom et ancienne ministre de la culture, mettent en garde contre une intervention qui mettrait à bas la légitimité de l’Etat, comme déjà en Libye ou en Côte d’Ivoire. Déjà affaiblis par une corruption généralisées et des élections de façade, ces Etats déjà fragilisés et appauvris par des décennies d’ajustement n’ont vraiment pas besoin d’une recolonisation armée !

D’autant que poussé par des présidents africains mal élus ou arrivés au pouvoir par des rebellions sanglantes, le gouvernement français semble ne pas se rendre compte d’une extension probable du domaine des luttes sahariennes. Le Niger et la Mauritanie seraient sans doute les premiers concernés, comme le Nord du Nigéria, le Sud de la Libye et même l’Algérie : après les armes libyennes, veut-on vraiment disséminer indépendantistes touaregs et combattants islamistes ? Se rend-on vraiment compte à Paris que devant ces interventions anachroniques - de pareilles interventions militaires britanniques dans leurs anciennes colonies sont impensables !, le système de violence la Françafrique développe une détestation, voire une haine croissante envers la France et ses ressortissants, dont tous pâtissent, jusqu’aux missions humanitaires ?

L’élection de François Hollande, si elle suscite bien des espérances sur le continent, amènera t-elle bien rupture et changement, ou une « Françafrique repeinte en rose » ? François Mitterrand, et même Nicolas Sarkozy avaient déjà annoncé en leur temps la fin de ce système maffieux : un an après 1981, les chefs d’Etats africains les plus corrompus avaient obtenu la tête de Jean Pierre Cot, tandis qu’en 2008 le président Bongo avait provoqué la chute de Jean Marie Bockel, deux ministres chargés de la Coopération qui se targuaient - autant pour la droite que pour la gauche, de mettre fin à la « Françafrique » !

Sans souhaiter à Pascal Canfin, le tout nouveau « ministre du développement », le sort de ses prédécesseurs, si rapidement biodégradables, on peut s’inquiéter des amitiés africaines des hiérarques du P.S (illustrées par la visite au Gabon, en janvier dernier, de Laurent Fabius…). Le temps où une réelle rupture est possible risque d’être bref et demande des décisions courageuses - comme le retrait des forces militaires françaises, ou la répudiation publique des dictatures. Le nouveau régime va-t-il, selon son slogan, décider le changement maintenant… ou jamais?

Révolutions africaines à venir ou non, les vraies ruptures et les changements efficaces viendront certainement du continent lui-même : il n’y aurait qu’un mot à dire à Paris pour les encourager et provoquer des évolutions majeures.


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[1] François Kéou Tiani, Le Franc Cfa, La Zone Franc Et L’Euro, l’Harmattan, Paris, 2002.

[2] Lettre du 15 juillet 1960 de M. Debré, citée par Albert Bourgi : « La crise globale et l’Afrique : quels changements ? », colloque de la fondation Gabriel Péri à Dakar les 18 et 19 mai 2010.

[3] « Aujourd’hui, c’est l’intervention néo-impériale qui est l’instrument utilisé pour « contenir » les pays qui peuvent fuir le contrôle du système capitaliste mondial » Gian Paolo Chalchi Novati, L’héritage de la colonisation, in « les défis de l’Etat en Afrique », Michel Galy et Elena Sanella eds, l’Harmattan, 2007.

[4] Dont on peut trouver une curieuse analyse, idéaliste, in : Raymond Aron, « En quête d’une philosophie de la politique étrangère », Revue française de science politique, 1953, Volume 3, Numéro 1.

[5] Respectivement avec des capitaux étatiques du Gabon et de Guinée équatoriale.

[6] Cf. par exemple : « Guinée: sévère rappel à l’ordre de la France au président Alpha Condé » , L’Express, 28 juillet 2011.

[7] Congo-Brazzaville, que cherche Patrick Gaubert ?», communiqué de la FIDH du 3 mars 2005

[8] Voir pour Transparency International : Une ONG contestée, par Pierre Abramovici, Monde diplomatique, novembre 2000 ; pour RSF : Financements sans frontières, Monde diplomatique, Hernando Calvo Ospina, juillet 2007

[9] Lire Pierre Péan, La République des mallettes, Fayard, Paris, 2011.

[10] Sherpa, « Restitution des avoirs détournés : Chronique 2009-2010 d’un engagement qui patine », novembre 2010.