jeudi 12 avril 2012

Côte d'Ivoire: Silence on tue! Images inédites...


Par Sévérine Toche. Extrait de Cameroonvoice (avec autorisation) :

Que faut-il faire pour arrêter la folie meurtrière des rebelles d’Alassane Ouattara? Avec un chef délétère et très bon acteur devant les caméras, des soutiens puissants et des supporters sectaires, la solution ne vient que de la résistance, dont l’histoire nous vante les mérites qui font les grandes puissances d’aujourd’hui. Car à quoi sert-il de vivre enchaîné depuis 500 ans et se laisser mourir des malheurs qu’engendre le triomphe de l’injustice?
 

Image 1: Des enfants,des femmes,des vieillards,tous ceux qui étaient réfugiés
à la préfecture de Blolequin ont été purement et simplement exécutés


Combien de preuves faudra-t-il? Combien de photos, de vidéos, de documents, de manifestations, combien d’articles objectifs et de déclarations révélatrices faudra-t-il pour que certains de nos frères se rendent compte de la barbarie de celui qu’ils supportent? On a beau tout dire du président Laurent Gbabgo, mais l’histoire retiendra qu’il a dit non à la violence, a en tout temps appelé au dialogue et a résisté à l’agresseur sans jamais lui vendre sa dignité. Cette résistance est à l’image d’un peuple prêt à servir de bouclier humain pour protéger son président, face à une force destructrice que décidément rien n’arrête, surtout quand il s’agit d’Africains. Les rebelles, épaulés par la France et l’ONU, oeuvrent à éloigner tout espoir de dialogue mais à s’imposer par la barbarie et la terreur. On dirait que la vie d’un Africain a si peu de valeur, et que l’homme Africain lui-même, quand il a le malheur de se faire endoctriner par des assoiffés de pouvoir violents et très riches, n’aide pas à valoriser cette vie, qui expire plus souvent en Afrique qu’ailleurs sur la planète.
 

Image 2 : Blolequin après le passage des rebelles


La résistance de l’Afrique, à travers Laurent Gbagbo, a démontré que les alliés de Ouattara ne veulent pas dialoguer. Et comme en temps de dictature, les défenseurs de la « démoncratie » sont prêts à tuer pour l’imposer à ces Africains à qui l’on prend tout mais on ne laisse rien, si oui, la mort. La libération de l’Afrique du joug impérialiste français passe indéniablement par une rupture nette des relations avec cette France coupable à tous les niveaux dans le dossier ivoirien. La résistance de l’Afrique de Laurent Gbabgo a malheureusement occasionné de nombreuses pertes en vies humaines, et une nouvelle fois, comme pour celler le pacte quasi mystique que nous imposent les colons, l’humiliation sous sa forme la plus médiatique et donc la plus cruelle.


Image 3: Riveira vit dans la peur des rebelles


Les grands médias, que contrôle un oligopole d’hommes et de femmes d’affaires peu scrupuleux quand il s’agit d’enrichissement, agissent en ventouses mentales pour assouvir l’appétit vorace de la bête impérialiste. L’histoire a toujours élevé au rang de héros ceux qui ont fait partie de la résistance, et en tyrans ceux qui ont faire preuve de toujours plus de violence. La Côte d’Ivoire n’en échappe pas, et le tyran a fait ses preuves avant même de s’asseoir enfin sur le fauteuil présidentiel pour lequel il a tant tué.

Les tueries de Blolequin, celles de Duékoué ou encore celles souvent évoquées de la terre kidnappée du Nord, sont-elles la faute de Gbagbo? Faut-il accuser celui qui a dit NON à la guerre ou celui qui a imposé la guerre? La seule faute de Gbagbo est d’être fidèle à lui-même, vrai, authentique jusqu’au bout. Ouattara le gentleman avec beaucoup de squelettes dans le placard, a-t-il jamais été inquiété du fameux TPI, tribunal pantin de l’intimidation, depuis 2002? Quand l’absudre poussé à l’extrême arrive à coûter la vie à des milliers de personnes, l’on a peur de devenir fou soi-même tellement c’est... fou.
 

Image 4: Cet adolescent est accusé d'être un milicien. Un petit d'à peine 15 ans humilié, battu par les rebelles


Ces innombrables morts qui jonchent les caniveaux de Côte d’Ivoire sont la seule faute de ceux qui consentent à appuyer sur la gachette pour ôter la vie d’innocentes personnes qui pourtant - on les a vu par milliers voire par millions sur la regrettée RTI – ont manifesté leur désir de paix et de dialogue. À l’heure où l’espoir d’un dénouement rapide et pacifique faisait vivre le pays, l’on était loin, très loin de se rendre compte de l’extrême violence qui sévirait ensuite. L’on parlait déjà depuis des années de la violence sans nom dont étaient capables les rebelles acquis à Ouattara, mais l’on avait espéré, en vain, qu’une étincelle de compassion les saisirait. Il n’en est rien.


Chaque jour, l’on apprend de nouveaux décès, de personnes connues et d’anonymes, avec un discours manipulateur qui malheureusement entraîne avec lui les adeptes sectaires de la politique du sieur Ouattara. On a dit des rebelles que ce sont des drogués et que, pire encore, ce sont des personnes dotées de toutes leurs facultés mentales qui posent des actes aussi abominables : égorgements, viols, pillages, braquages, exécutions sommaires, etc. C’est à se demander ce qui justifie une telle barbarie, quel programme politique, quel candidat mérite qu’on lui sacrifie autant d’âmes? Dans une Afrique qui est civilisée de culture - et non grâce aux colons « bien-intentionnés » qui déjà avilissaient et massacraient les « indigènes » africains – ce qui se passe en Côte d’Ivoire est tout simplement irréel d’absurdité.
 

 Image 6: A Yopougon, Les mercenaires traquent les pro Gbagbo de maison en maison  


Le contexte dans lequel s’inscrivent les évènements tragiques de Côte d’Ivoire parlent d’eux-mêmes : La « célébration » du cinquantenaire des indépendances et la commémoration des 17 ans du génocide rwandais. Pour les croyants chrétiens, nombreux en Côte d’Ivoire, la semaine sainte avec à son apogée le dimanche de Pâques, commémoration des souffrances, de la mort et de la résurection d’un Jésus-Christ accusé à tort, humilié publiquement et crucifié injustement par l’occupant romain, exécution applaudie par une frange complice de la population. L’on peut comprendre la symbolique très marquante qu’ont ces évènements sur nombre d’Ivoiriens et d’Africains, qui voient en l’avancée des rebelles de Alassane Ouattara la souffrance de trop. Ceci ne peut être qu’annonciateur de profonds bouleversements en Afrique, qui passeront indéniablement par le vomissement de la France hors d’Afrique, de même que de toutes les politiques impérialistes occidentales qui n’ont fait qu’excéder au fil des âges les Africains, décidés à se sortir de cette prison invisible mais bien réelle.
 

 Image 7: Koné Zakaria de dos sur cette photo mettent en oeuvre le plan d'exécution dans les communes d'Abobo et yopougon


Une chose est certaine : les tueries massives auxquelles s’adonnent les troupes de Alassane [...]


mercredi 11 avril 2012

Côte d'Ivoire - 11 avril : un an après le coup d'Etat



(Clic sur la photo)


Message du Président Laurent Gbagbo à l’occasion du 11 avril :

"C’est toute la Côte d’Ivoire qui a perdu le 11 Avril et avec elle toute l’Afrique"

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Dossier spécial 11 avril 2011 sur Le Nouveau Courrier


samedi 7 avril 2012

Affaire Kieffer : des révélations sur la mort du témoin-clé


"L’incendie qui a causé la mort de Koné Adama, «Gorge profonde», est loin d’être un accident. La police ghanéenne vient de donner raison au Nouveau Courrier, en confirmant qu’il s’agit d’un acte criminel."

"Les révélations de «Gorge profonde» [qui] pointaient du doigt, avec force détails des très proches de Ouattara dans l’assassinat du journaliste franco-canadien Guy André Kieffer dérangeaient beaucoup le régime."


Développements dans Le Nouveau Courrier...


mercredi 4 avril 2012

Côte d'Ivoire : épuration ethnico-politique dans le silence. Journée hommage aux victimes samedi 7 Avril 2012


Samedi 7 Avril 2012, de 12h à 1h du matin : journée hommage aux victimes Wê de la crise ivoirienne en général et à Duékoué en particulier


Depuis 2002, la région de l’Ouest ivoirien est le théâtre de nombreuses atrocités. Toutes les ethnies de la région en ont été victimes, mais la population autochtone Wê a été la plus touchées par cette épuration ethnico-politique. Symbole de cette tragédie : les massacres de Duékoué qui vont se dérouler du 27 mars au 10 avril 2011 dans l’indifférence et le silence généralisé.

Les filles et fils de Duékoué rendent Hommage aux victimes de cette tragédie et organisent, par la même occasion, une levée de fonds pour les orphelins laissés pour compte et presque sans assistance.


Programme de la journée

12h ouverture de la cérémonie
12h/14h Accueil et installation du public
14h/17h : projection débat : Autour des exactions sur la situation actuelle en Côte d'Ivoire.
17h/18h : Hommage et recueillement. Projection du film "cérémonie traditionnelle" (masque en pays Wè
18h/20h : Témoignages et appel à la Solidarité
18h/ 1h du mat Soirée musique et danse

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De 14h à 17h : Projection débat : Autour des exactions sur la situation actuelle en Côte d'Ivoire, Hommage aux victimes de Douékoué

14h00 : Lanciné CAMARA : Objectifs de la journée (récoltes de fond pour les victimes de Douékoué), remerciement à la mairie qui nous accueil et présentation des intervenants
14h10 : Extraits de films sur les massacres dans la région de Douékoué entre 2002 et 2011
14h40 : Michel GALY, Politologue : acte de génocide ou crime de guerre? Le massacre des Wê dans le contexte de la violence politique en Côte d'Ivoire"
15h00 : Pierrette ACHY : Le foncier rural en Côte d'Ivoire et en particulier dans la zone ouest Ivoirien, les deux causes majeures de la guerre et des massacres dans la région de Douékoué
15h20 : Albert BOURGI : Le rôle des institution judiciaires, celui de la Haye : les précédents. Le cas des réfugiés politiques pour cause de génocides.
15h40 : Balam FACHO, ancien ministre du développement au Tchad : Les grandes préoccupations actuelles de l'Afrique rurale et du danger de l'interventionnisme.
16h00 : Jean Paul OURAGA Président de la COGID (Coordination Générale des Ivoiriens de la Diaspora) : les Ivoiriens de la diaspora face à la crise humanitaire en Côte d'Ivoire
16h20 : Débat
16h40 : Conclusion et rappel sur les objectifs de la journée, Lanciné CAMARA
17h00 : Fin de la Conférence

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Lieu : Mairie du 14ème Arrondissement de Paris
2, Place Ferdinand BRUNOT - 75014 P a r i s – Métro Mouton Duvernet – Ligne 4
Contacts : 06 62 44 21 13 – 06 69 60 82 82 – 06 60 04 70 18 – 06 66 12 83 83 – 06 77 71 27 51 Email :martine.keivao@ardefe.org http://ardefe.org
http://www.weradioconnexion.com

affiche DUEKOUE 4 photos-Mairie.jpg

mardi 3 avril 2012

Régime Ouattara : épuration ethnique dans l’université ivoirienne


QUAND LE REGIME OUATTARA FAIT DE L’EPURATION ETHNIQUE DANS L’ UNIVERSITE IVOIRIENNE

SITUATION DES UNIVERSITES DE COCODY ET D’ABOBO-ADJAME EN COTE D’IVOIRE

A l’image d’une Côte d’Ivoire en contexte de "rattrapage ethnique", la situation des universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé se dégrade de jour en jour et ce, depuis la décision de leur fermeture (18 avril 2011).



Cette situation concerne :

les nominations académiques et administratives,
l’organisation des examens (Thèses, DEA, Maîtrise),
le recrutement d’enseignants, la réhabilitation et l’équipement des laboratoires ainsi que la construction de la clôture des campus.


Les nominations académiques et administratives

Sur cette question, il convient de rappeler qu’un séminaire sur la gouvernance des universités et grandes écoles s’est tenu du 22 au 23 juillet 2011 à Abidjan. Dans leurs conclusions, les séminaristes ont tenu à mettre en garde les nouvelles autorités contre toute immixtion dans le fonctionnement de l’enseignement supérieur, notamment contre la violation de la loi de 1996 et le décret de 2001 instituant désormais les postes électifs là où les présidents et les doyens étaient jusque-là nommés.

En violation de ces dispositions et passant outre les recommandations dudit séminaire, les nouvelles autorités viennent de procéder aux nominations ci-dessous :


La nomination du Président de l’Université de Cocody

Mme le Prof. LY- Ramata (originaire du Nord), candidate malheureuse (35%) aux dernières élections de Président de l’Université face au Prof. AKE N’gbo (65%), a été nommée présidente de l’Université de Cocody, par arrêté ministériel. Quelques temps après sa nomination, Mme Ly-Ramata a proposé à son ministre Cissé Bacongo (Assistant de droit) deux noms aux postes de 1er et 2è Vice-président. Il s’agit de :

Prof AFFIAN Kouadio, professeur titulaire et doyen de l’UFR Sciences de la Terre et de Ressources Minières (STRM) de l’Université de Cocody, et Prof. ATTA Koffi Lazare, Maître de recherches à l’Institut de Géographie Tropicale (IGT) de l’Université de Cocody.

Ces deux propositions ont été rejetées par le ministre de l’Enseignement supérieur au motif que les concernés ne sont pas originaires du Nord. En conséquence, ces derniers collaborent officieusement avec leur « patronne » en entendant que le gouvernement trouve des nordistes qu’il faut.

Très vraisemblablement et en toute rigueur, les doyens élus, en exercice à la tête des différentes UFR des Universités devraient être limogés au profit de nordistes qui seront alors nommés. Il en sera de même pour les directeurs d’instituts et départements des Universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé.


La nomination du Secrétaire Général de l’Université de Cocody

Anciennement directeur de la scolarité, Monsieur Mamadou Diomandé (niveau Bac + 3, nordiste) a été nommé par arrêté ministériel en qualité de Secrétaire général de l’Université de Cocody au détriment du Prof. BALOU Bi Toto Jérôme, ancien secrétaire général de l’Université de Cocody et Vice-président de l’Association des Secrétaires Généraux des Universités d’Afrique et de Madagascar.


L’organisation des examens (Thèses, DEA)

A la demande du collectif des doyens d’UFR souhaitant le déblocage des thèses et DEA en souffrance, le ministre a donné son accord de principe en novembre dernier. Mais, aussi paradoxale que cela puisse paraître, M. Cissé Bacongo (ministre de l’Enseignement supérieur) s’est rétracté, estimant que la soutenance de thèse et de DEA est autorisée par décret, là où la nomination du président de l’Université dépend d’un simple arrêté ministériel. Le blocage des soutenances de thèses et de DEA est donc entier. A cela une raison bien simple. La liste des impétrants, établie par les doyens d’UFR à la demande expresse du ministre, laisse apparaître une forte majorité d’étudiants originaires du Sud. Du coup, des centaines de candidats vont devoir attendre encore longtemps avant de présenter leur doctorat et DEA, peut-être le temps que les nordistes se rattrapent.

Cette volonté de rattrapage explique, selon nous, non seulement le fonctionnement normal de l’Université de Bouaké, mais aussi le non-paiement des bourses des étudiants en thèse des universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé .


L’Université de Bouaké

Elle fonctionne normalement, c’est-à-dire, on y prépare les doctorats, des DEA et les Maîtrises. Cela, parce que l’Université Bouaké fait partie du Nord de la Côte d’Ivoire. C’est dans ce même esprit de soutien sélectif aux structures universitaires que l’Unité de Recherches et d’Enseignement Supérieur (URES) de Korhogo (extrême nord du pays) deviendra une université complète en 2012-2013. D’ici là, le professeur ZIKI Koléa (issu du Sud) vient d’être limogé au profit d’un nordiste en la personne de M. Adama Coulibaly (nordiste).


Le recrutement d’Enseignants

Officiellement et pour cause de fermeture, il n’y a plus de recrutements d’enseignants dans les universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé. Mais officieusement, le recrutement se fait, le cabinet du ministre s’étant substitué à la commission de recrutement ; de sorte qu’aujourd’hui, on est en présence d’un parachutage qui va surprendre plus d’un à la réouverture des universités.

En effet, nombreuses sont les nouvelles recrues nordistes qui peupleront les universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé, après avoir fait naturellement le plein des universités de Bouaké et de Korhogo.


Réhabilitation et équipements des laboratoires, cités U et Amphis

Ce qui se fait à ce niveau ressemble fort à un bricolage collectif subtil. Ce bricolage est soutenu par une publicité mensongère alors qu’en réalité rien de sérieux ne se fait et que le pillage des bibliothèques et labo redoublent d’effort.

Vus de l’extérieur, certaines cités universités, les labos et les amphis présentent un aspect reluisant lié aux nouvelles couches de peinture, mais ce n’est que du trompe-l’œil, car l’intérieur n’a connu aucune réhabilitation depuis le deuxième passage des pillards et autres FRCI dozos.

Enfin, quant aux travaux de réhabilitation de la clôture de l’Université de Cocody (détruite exprès), ils piétinent au même titre que l’ensemble des travaux prétendument initiés dans les universités. Ces lenteurs s’expliquent par la même volonté de rattrapage.

Moralité : Aussi longtemps que la politique de rattrapage ethnique s’appliquera, aussi longtemps que Alassane Ouattara restera au pouvoir, toute aide que la communauté internationale accordera à l’Enseignement supérieur ivoirien doit être considérée comme un appui à une communauté ethnique et une seule : les nordistes.


Ce sont près d’une centaine d’Universitaires qui sont en exil depuis le 11 avril 2011. Les plus connus étant :

Professeur Yao N’Guessan Thomas, Biochimiste
Professeur Néa Kipré, Psychologue
Dr Ahoua Don Mello, Ingénieur/docteur des Ponts et Chaussées
Professeur Hubert Oulaye, Juriste
Professeur Jacqueline Lohès Oble, Juriste
Professeur Niamien Messou, Chimiste
Professeur Yao Paul N’Dré, Juriste
Professeur Lida Kouassi, Germaniste
Professeur Krékré Firmin, Psychologue
Professeur Kouassi Oussou, Economiste
Professeur Dégni Ségui, Juriste

Universitaires dans les Goulags du Nord, ce sont :

Professeur Gilbert Marie-Aké NGbo, Economiste, Président de l’Université de Cocody, Président du concours d’Agrégation Sciences Economiques et de Gestion du CAMES (Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur)
Simone Ehivet-Gbagbo, Linguiste
Aboudramane Sangaré, Juriste
Dr Michel Gbagbo, Psychologue

COMITE DE DEFENSE DE L’UNIVERSITE IVOIRIENNE
ABIDJAN, MARS 2012


lundi 2 avril 2012

Jean Ziegler retourne une salle à Grenoble sur la Côte d'Ivoire et Gbagbo



Cher indispensable Gri-Gri international,

Nous rentrons de la rencontre avec Jean Ziegler qui est venu ce samedi 31 mars à grenoble présenter son livre "Destruction massive. Géopolitique de la faim (Seuil, 2011).

J'en suis encore toute émue. Quel immense monsieur. En plus de tout son combat il est absolument adorable, d'une gentillesse infinie. Il y avait 200 personnes dans la salle, l'un de nous a failli ne pas rentrer. Les amis Ivoiriens qui étaient venus le remercier pour son engagement dans la crise post-électorale sont restés dehors, eux, car ils sont arrivés à l'heure d'Abidjan (je les avais pourtant prévenus...).

Une heure et demie de rencontre avec le public : Ziegler est loquace et drôle. Il donne des chiffres hallucinants, dénonce l'ordre cannibale du monde, gangréné par des multinationales agroalimentaires, dit qu'on pourrait tout changer en prenant le pouvoir et appelle à une insurrection des consciences. Comme me le dit une de mes amies "Mais comment fait-il pour se promener sans gilet pare-balles ? C'est pas possible, c'est un danger pour eux !!!" La salle l'applaudit longuement puis deux questions du public seulement.

"Monsieur Ziegler, vous avez eu dans la crise ivoirienne une position courageuse, dans le sens où toutes les organisations internationales, les grandes puissances avaient une position contraire à la vôtre. Celle-ci pourrait être qualifiée de pro-Gbagbo. Pour vous, ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire a-t-il à voir avec ce que vous nommez l'ordre cannibale du monde ?" La réponse a été ferme et claire. En substance.

"Ma position je la maintiens même si l'article que j'ai écrit dans le Monde m'a valu quelques attaques. Je connais Laurent Gbagbo, car il était en exil à Paris et venait à Genève. C'est un professeur, universitaire et militant de l'Internationale socialiste, comme le maire de Grenoble (lol). Au temps d'Houphouet, j'ai vu arriver les Mercedes, les propositions financières et d'entrée au gouvernement qu'on lui faisait pour rentrer au pays et acheter sa conscience. il a toujours refusé et gardé son intégrité. Il a été élu regulièrement en 2000 de façon démocratique. Sa première décision politique a été de lancer la couverture maladie universelle, c'était le premier pays africain à lancer une telle idée. Je l'ai vu en février 2002 à Genève pour rencontrer les institutions afin de voir comment mettre en place cette politique. Mais déjà il subissait la pression des lobbies pharmaceutiques français qui font du bénéfice au nom de leur monopole. Je suis allé le chercher à l'aéroport et il m'a confié "Tu verras, c'est maintenant que mes ennuis vont commencer". Ça n'a pas tardé. En septembre, rébellion. Le pays a été coupé en deux pendant dix ans, et en 2010 on lui a demande de faire des élections alors que les rebelles occupaient le Nord. Les urnes ont été bourrées au Nord pour le compte de Ouattara sous le contrôle des armes, et au Sud, il y a sans doute eu des irrégularités qu'on ne peut nier. Mais les conditions d'une élection juste et democratique n'étaient pas réunies dans tous les cas. Laurent Gbagbo a tenu bon. Ce qui a été le plus choquant, c'est que c'est Sarkozy et la France qui ont détruit la résidence présidentielle, qu'ils ont bombardé et tué des milliers de militants. Tout ça pour installer son ami Alassane Ouattara qui est l'ancien directeur afrique du fmi et a appliqué la politique de plans d'ajustements structurels, qui appauvrit tous les pays africains et participe ainsi de l'ordre cannibale du monde. Aujourd'hui Laurent Gbagbo est à La Haye, on ne trouve pas à formuler un chef d'accusation contre lui, mais il est maintenu prisonnier. Et je maintiens qu'il sortira et que s'il se représente à une election dans son pays il gagnera haut la main."

Après, il y a eu encore une question intéressante mais dont je ne te ferai pas un résumé complet ici ! Je te l'ai dit, Ziegler est loquace et je te renvoie à ses livres. Mais, en gros, il y a eu pour lui depuis cinq à six siècles, cinq types d'ordre cannibales dans le monde. L'Europe s'est toujours construit avec le sang des autres. D'abord le premier ordre cannibale, la découverte de l'Amérique avec le génocide amérindien pour occuper les terres et prendre l'or. Puis : la traite négrière pour faire tourner les champs de canne à sucre, coton, etc, et alimenter le développement de certaines villes européennes. Le troisieme : l'occupation des terres via la colonisation. Le quatrième, c'est la "la Coopération" (en gros la françafrique...). Le cinquième, c'est celui d'aujourd'hui, le plus dangereux, le plus fin, si fin qu'on ne sait plus par quel bout l'attraper. En gros : la généralisation des politiques libérales et de la logique de profit à l'ensemble de la planète. Pour lui, ce système est en train de se fissurer et il y a de l'espoir. Che Guevara disait : "Les murs les plus solides s'effondrent par des fissures." Or des fissures apparaissent partout, partout, nous a-t-il dit.

Il a conclu en citant Pablo Néruda : "Même s'ils arrachent mille fleurs, ils ne seront pas les maitres du printemps". Ouf. Après ça nous l'avons suivi sous le chapiteau où il dédicaçait ses ouvrages. Nous lui avons remis ton livre. Je me suis excusée qu'il ne soit pas dédicacé, mais je lui ai dit combien tu tenais à le lui offrir en remerciement de son engagement, il te salue et te remercie "du fond du coeur". Puis il a passé le livre au libraire qui l'accueillait sur son stand en lui disant "s'il vous plait, mettez le moi de côté, et prenez en bien soin car ça, c'est très précieux". Ensuite, il nous a signé un de ses livres, avec une dédicace qui va droit au coeur et que je partage avec toi et avec ceux qui combattent avec nous : "Pour saper Aude, avec mon admiration pour leur combat et notre esperance révolutionnaire partagée". Si ça met pas du baume au coeur ça ! On a attendu la fin de la signature car il avait accepté le principe de l'intw filmée avec les questions que tu nous avais envoyées. Mais il a eu un gros succès et a pris le temps avec chaque lecteur, avec une grande humanité, ça a duré... il rentrait en voiture avec son épouse à Genève pour partir à New York demain. Il nous a passé sa carte en disant "Appelez-moi, on fera ça plus tard" et puis aussi "Vous avez vraiment bien fait de poser votre question" et "Ce que vous faites est très très important, il faut continuer."

Bref, on n'a pas filmé mais c'est pas perdu et le plus important, je crois, 200 personnes sont reparties avec des questions et une lecture autre de ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire. Et nous on a rencontré un monsieur formidable. On est heureux et on va aller jusqu'au bout !!!

Voilà, tu sais tout cher Gri-Gri.

Fais de ce mail ce que tu veux.

Photo - dr Texte - Aude Saper sur un nuage


dimanche 1 avril 2012

En partance pour Bamako – Ouattara chassé par les Maliens


Par Emmanuel Akani. Extrait du Nouveau Courrier du 30/03/12

Les chefs d’Etat de la Cedeao qui se rendaient [le 29.03.12] au Mali ont essuyé hier la colère des populations qui ont tout simplement envahi le tarmac de l’aéroport de Bamako. La partie a tourné à l’humiliation pour Alassane Ouattara qui a dû sortir un joker pour sauver la face. Retour sur un ballet aérien sous-régional.


Les chefs d’Etat de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) qui se rendaient hier au Mali pour sommer la junte de se retirer du pouvoir ont dû rebrousser chemin. Ils se sont finalement donné rendez-vous à l’aéroport Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, après que l’avion transportant le chef de l’Etat ivoirien, qui avait pénétré l’espace aérien malien, a été refoulé. Selon des témoins présents à Bamako, l’avion du président en exercice de la Cedeao a été contraint de faire demi-tour, les conditions sécuritaires pour atterrir n’étant pas réunies.

Le Burkinabè Blaise Compaoré, le Béninois Yayi Boni, la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, le Nigérien Issoufou Mahamadou et le ministre nigérian des Affaires étrangères, qui étaient eux aussi attendus à Bamako, pour tenter d’obtenir de la junte l’application du schéma de sortie de crise dicté par la France, seront eux également contraints de renoncer à ce voyage. Des centaines de Maliens indignés par les menaces de la Cedeao ont pris d’assaut, dès les premières heures de la journée, le tarmac de l’aéroport de Bamako.

Pour sauver la face, Ouattara décide d’une réunion d’urgence du panel à l’aéroport FHB d’Abidjan, à l’issue de laquelle l’option militaire est réaffirmée et des sanctions draconiennes visant à étouffer l’économie malienne prises. Des décisions qui rappellent en bien des points les sanctions prises contre le régime Gbagbo, où la Cedeao, l’Uemoa et les institutions bancaires sous-régionales comme la BCEAO, la BIDC et la BOAD deviennent des instruments pour soumettre les Etats membres.

Cet échec de la délégation de chefs d’Etat et de ministres de la sous-région est le signe de l’inexpérience du tout nouveau président en exercice de la Cedeao ; poste dont les autres chefs d’Etat ne voulaient pas. Pour avoir compris que c’était une coquille vide. Dans la réalité, le retour à l’ordre constitutionnel au Mali n’est pas une préoccupation pour Ouattara et ses quelques pairs de la Cedeao qui jouent les va-t-en-guerre. En militant pour l’avènement d’une transition dirigée par Dioncounda Traoré, président de l'Assemblée nationale dissoute par la junte, ces chefs d’Etat qui ne sont pas à leur premier acte cautionnent le renversement du président Amadou Toumami Touré.

A en juger d’ailleurs par le choix du médiateur, on comprend que c’est dans une aventure plus périlleuse qu’elle ne l’est aujourd’hui avec le coup d’Etat du 22 mars que la Cedeao – aux ordres de Paris – veut entrainer le Mali. Ces populations disent se rappeler les crises récentes en Guinée et en Côte d’Ivoire dont le chef de l’Etat burkinabè était médiateur. En Côte d’Ivoire, la partie a fini dans le sang, après que le médiateur a choisi son camp et a milité pour que le président Gbagbo soit bombardé, arrêté et transféré à La Haye. En Guinée voisine, le chef de la junte militaire a dû céder sa place à un de ses collaborateurs – après avoir échappé à la mort suite à une tentative d’assassinat. Fortement diminué, il vit aujourd’hui encore à Ouagadougou.

Pour toutes ces raisons, la déception est grande chez les Maliens qui ont envahi hier le tarmac de l’aéroport de Bamako, et qui scandaient des propos hostiles à Alassane Ouattara. «Les Maliens regrettent de t’avoir soutenu», «Nous n’avons pas de leçon à recevoir de toi», «Alassane Ouattara, comment es-tu arrivé au pouvoir en Côte d’Ivoire ?», [...]

Lire la suite dans Le Nouveau Courrier...