samedi 11 février 2012

La résolution 1975 et son interprétation élargie...


Une analyse de Théophile Kouamouo - vidéo :


Kouamouo fait parler la résolution 1975 et les civils tués à Abidjan...
par legrigriinternational


Les civils face aux armes lourdes des milices ouattaristes sous les yeux des forces sarko-onusiennes...


jeudi 9 février 2012

Aliot sur Guéant : Quand l’UMP dépasse le FN à force de lui courir après…


Et quand Accoyer remporte brillamment un point Godwin pour Guéant !


Louis Aliot (FN) sur Radio-France (5.02.12) :

Question de Marie-Ève Malouines : « Vous avez parlé de provocation de Claude Guéant, ce qui veut dire que pour vous, hiérarchiser les civilisations est une provocation ? Vous n’êtes pas d’accord ? »

Louis Aliot : « […] toutes les civilisations ont leurs avantages et leurs inconvénients. […] Notre civilisation européenne, occidentale, a porté des valeurs très hautes, mais il fut un temps où par exemple l’islam a porté des valeurs très hautes aussi, notamment en matière de science ou de littérature. L’histoire du monde est ainsi faite. Moi je ne hiérarchise pas ces choses-là. »

À force de courir après le FN, de campagne de 2007 en discours de Dakar et en discours de Grenoble, la droite sarkozienne se fait donc taper sur les doigts par le FN, qui affirme ne pas aller aussi loin en matière de hiérarchisation humaine ! (Ce qui est tout de même la définition du racisme !)


Najat Vallaud-Belkacem sur France 3 (Soir 3 – 8.02.12) : « Ce qu’a dit le député Letchimy, c’est qu’en assumant une inégalité entre les civilisations, Claude Guéant est entré dans une logique de pensée qui hiérarchise les hommes en fonction de la civilisation à laquelle ils appartiennent, que cette logique de pensée nous parait très dangereuse car les conséquences peuvent être irrémédiables, on l’a vu dans l’histoire souvent, et que par ailleurs ça n’a aucun sens de classer les civilisations les unes par rapport aux autres et de considérer la nôtre la civilisation européenne comme supérieure, elle qui avait donné naissance par exemple à la Shoah. Vous admettrez que c’est un raisonnement de bon sens : comment peut-on considérer notre civilisation comme supérieure aux autres après avoir connu des tragédies historiques comme celle-là ? C’est ça les propos de M. Letchimy. Il n’a traité personne de nazi. […] Oui, la logique de pensée qui tend à hiérarchiser les hommes les uns par rapport aux autres en fonction du groupe auquel ils appartiennent ou de leur lieu de naissance n’a entraîné dans l’histoire que des guerres, des catastrophes et des drames. Oui, c’est une évidence. […] il ne faut pas relativiser le propos initial de Claude Guéant qui est un vrai problème, qui n’est pas une petite phrase, qui touche à l’essentiel. »


Suite au rappel de ces quelques faits par Letchimy, Accoyer, le président de l’Assemblée nationale, s’échauffe, prend en cible le député qui met le doigt sur le problème, fait mine de s’offusquer, jusqu'à mobiliser le bureau de l'Assemblée nationale !… et obtient un point Godwin pour Guéant… Une façon subtile d’obtenir un point Godwin en donnant l’air de ne pas y toucher et en laissant croire que c’est celui qui ne fait que dire l’évidence qui l’a gagné ! (La méthode a déjà connu d’autres utilisateurs.)

Un point Godwin obtenu, donc, aussi discrètement que brillamment : en faisant mine de ne pas remarquer que ce qui caractérise le moment de la civilisation européenne qui a conduit au nazisme, c’est précisément la hiérarchisation des hommes en fonction de leur « civilisation » ou de leur origine.

Le successeur de Césaire à Fort de France n’est pas dupe : « Au bout de l'humanisme formel et du renoncement philosophique, il y a Hitler.
Et, dès lors, une de ses phrases s'impose à moi :
"Nous aspirons, non pas à l'égalité, mais à la domination. Le pays de race étrangère devra redevenir un pays de serfs, de journaliers agricoles ou de travailleurs industriels. Il ne s'agit pas de supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les amplifier et d'en faire une loi."
Cela sonne net, hautain, brutal, et nous installe en pleine sauvagerie hurlante. Mais descendons d'un degré.
Qui parle ? J'ai honte à le dire : c'est l'humaniste occidental, le philosophe "idéaliste". Qu'il s'appelle Renan, c'est un hasard. » (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme)



mardi 7 février 2012

Jean-Luc Mélenchon : l'honneur de la France sur la Côte d'Ivoire



«La politique qui a été appliquée en Côte d’Ivoire est une politique impériale. La France s’est immiscée dans la discussion rude qu’avaient entre eux les Ivoiriens. Cette discussion à laquelle elle n’aurait jamais dû se mêler. Il fallait respecter de manière extrêmement scrupuleuse l’indépendance des Ivoiriens. Il a été aussitôt organisé contre Laurent Gbagbo une sorte de pression internationale car son régime déplaisait, le Front populaire ivoirien, beaucoup à la droite internationale. Qui depuis des années manipulait leur marionnette, M. Ouattara, qui a précédemment nui au précédent président, et au précédent encore avant. Car c’est un homme qui a été en quelque sorte introduit par les instances internationales, et notamment par les Nord-Américains et les Français depuis de très nombreuses années. Et c’est cet homme a fomenté toutes sortes de complots, a épousé toutes sortes de rébellions absolument insupportables comme celle qui est venue du Nord du pays où se sont pratiquées les plus grosses fraudes électorales.

Et la France s’est mêlée de tout cela, est intervenue de manière militaire et elle a fait en quelque sorte que M. Gbagbo soit embastillé. Et il est aujourd’hui traduit devant le Tribunal pénal international alors que son pays n’a pas signé les clauses de ce Tribunal pénal international. Si l’on procède de cette manière, il y a un certain nombre d’Américains qui pourraient être arrêtés et envoyés au même tribunal, on ne le fait pas. Maintenant, je vais vous dire une chose. Je plaide pour que l’on relâche le fils de M. Gbagbo, qui est un de nos compatriotes, qui est un Franco-Ivoirien, et qui est retenu sans aucune raison légale. Simplement du fait de son nom et de sa filiation avec son père M. Gbagbo, qui est détenu en prison. J’estime que la France s’honorerait en intervenant pour qu’il soit libéré. Merci de m’avoir posé cette question, elle me permet de dire ce que je pense aux Ivoiriens qui se trouvent en France, avec toute mon affection.»

Jean-Luc Mélenchon, sur la radio française RMC.
Source : Le Nouveau Courrier




Il a près d'un an, Jean-Luc Mélenchon avertissait déjà :





Voir aussi, sur "Alternatives et cohérence" :

"Pour solde de tout compte…

Un cerbère à deux tètes...

Les propos tenus par le premier ministre français François Fillon, et approuvés par Martine Aubry sur le plateau de l’émission «Des paroles et des actes», le vendredi 2 février 2012, nous les interprétons comme un solde de tout compte, entre nous français d’origine africaine et les deux partis se partageant le pouvoir à tour de rôle en France.
Incidemment, les échéances électorales majeures se profilant à l’horizon, apparaissent comme étant une étape décisive dans notre affirmation sur le plan politique.
Il est temps pour nous de montrer à cette clique de politiciens inconséquents, lâches et hypocrites que nous ne boirons plus jamais l’eau croupie qui leur tient lieu de discours politique.


Responsables et conscients…

Foin de discrimination positive ou d’ouverture factice aux enfants issus des ex-colonies françaises, du chef du Parti Socialiste et de l’UMP !
Lorsque le discours affiché est en contradiction évidente avec les actes posés, le citoyen conscient doit prendre ses responsabilités.
Conscients, nous sommes de plus en plus nombreux à l’être.
Responsables, nous avons tiré les enseignements des derniers agissements du gouvernement en matière de politique internationale, au sujet de l’Afrique en général et de la Côte d’Ivoire en particulier.
Responsables, nous tirerons les enseignements des déclarations de chacun, sur ces enjeux revêtant une importance particulière à nos yeux.

Il est désormais hors de question de déterminer notre vote en basant notre jugement uniquement sur des problématiques internes.
Notre voix doit être entendue des décideurs politiques en charge des formations politiques de notre pays.
Le mépris, le dédain affichés face à nos revendications, nous nous devons de les combattre au moyen de toutes les armes mises à notre disposition, et notamment avec la plus puissante d’entre elle : le bulletin de vote.
La réponse à la cécité et la surdité de ceux qui nous gouvernent se doit d’être cinglante.
La réponse à la cécité et la surdité de ceux qui sollicitent nos suffrages se doit d’être mémorable.


Révisionnisme d’état…

Alors que la France s’est posée récemment en défenseure universelle de la vérité historique, ne craignant pas d’humilier le peuple turc à travers la discussion et le vote d’une loi mémorielle, le premier ministre François Fillon s’est livré vendredi à un exercice qu’il affectionne particulièrement et dont il est coutumier : le révisionnisme historique.
Le cynisme, dont il a fait preuve, est un affront pour lequel réparation sera demandée et obtenue.

Répondant à une question de Martine Aubry, il s’est livré à une apologie répugnante et inacceptable du discours de Dakar, prononcé jadis par Nicolas Sarkozy.
Pour lui « Le discours de Dakar a été un très beau texte qui a été manipulé ». Poursuivant sur sa lancée il affirme: «Qu’est-ce qu’on voit en Afrique ? Que la France a tenu un discours de vérité et a défendu la démocratie en Côte d’Ivoire. On a reçu, il y a quelques jours, le président élu de la Côte d’Ivoire. S’il n’y avait pas eu la volonté du président de la république française […] C’est la démonstration que le président de la république s’est battu pour la démocratie».
La réaction de Martine Aubry, fidèle à la ligne pro-Ouattara adoptée par le PS, est sans ambiguïté, elle reconnait que le PS s’est reconnu sans cette action, « Nous l’avons salué » affirme-t-elle.

François Fillon n’en est pas à son coup d’essai, le 21 mai 2009 en voyage officiel au Cameroun, et en réponse à la question d’une journaliste camerounaise il déclare : « Je dénie absolument que des forces françaises aient participé en quoi que ce soit à des assassinats au Cameroun. Tout cela est de la pure invention ».
A l’image d’un Faurisson, le premier ministre français use du révisionnisme historique.
Il est inconcevable qu’un homme de cette culture soit ignorant des eaux sombres dans lesquelles, la France et ses séides autochtones plongèrent le Cameroun, au lendemain de l’indépendance.
C’est à l’aune de ce révisionnisme qu’il apprécie la portée du discours de Dakar.
C’est le même révisionnisme qui le pousse à mentir au peuple français lorsqu’il présente l’intervention coloniale, ayant eu lieu à la suite du contentieux électoral de 2010, comme un coup de pouce à la démocratie ivoirienne.

Ces affabulations, l’histoire les jugera sans coup férir, mais il nous revient de sanctionner la politique menée par le gouvernement Sarkozy, lors du scrutin présidentiel d’Avril 2012 et de celui des élections législatives, organisées dans la foulée.
M. Fillon et ses amis n’ont pas pris conscience du niveau de rejet qui est le leur dans la communauté.
Ils n’ont pas pris conscience que le temps de la résignation est dépassé.
La colère née de cette vision méprisante et paternaliste de l’Afrique et des citoyens français qui en sont originaires trouvera sa traduction dans les urnes. [...]


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dimanche 5 février 2012

Jean-Luc Mélenchon parle de la Côte d'Ivoire



Lu sur le blog de Théophile Kouamouo. Extrait :

Souvenons-nous de ce que Jean-Luc Mélenchon disait sur la Côte d'Ivoire le 17 avril 2011...

"Le parti de Laurent Gbagbo était membre de l’internationale socialiste. Quelle contribution a pris l’internationale socialiste au règlement de la crise ? Aucune. Quels ont été les membres de cette illustre organisation qui se sont interposés dans le drame ? Aucun. Pourtant le PS français assure la vice présidence de cette organisation et Pierre Mauroy en a été le président ! Que dit cette organisation sur la capture de l’un des siens et son emprisonnement dans une zone contrôlée par des mercenaires sanguinaires ? Rien. Quant aux dirigeants français du PS, prompts à faire des visites sur place ? Rien. Combien d’année, le délégué national aux questions africaines a-t-il été aussi un intime de Laurent Gbagbo ? Lui, du moins, a-t-il assumé loyalement jusqu’au bout. Mais les autres ? Et euro RSCG, l’agence de communication de Dominique Strauss-Kahn, organisatrice de la campagne électorale de Laurent Gbagbo. Vont-ils rendre l’argent au nouveau pouvoir pur et sincère de monsieur Ouattara ? Non bien sur ! Sinon il faudrait rendre celui d’Eyadema, celui de Bongo et celui de combien d’autres ? Admettons. Admettons que chacun ait, en cours de route, découvert qu’ils ont soutenu par erreur un odieux tyran. Dans ce cas pourquoi ne demandent-ils pas à l’internationale socialiste une réunion pour prendre la mesure du nombre de ses membres qui viennent de perdre le pouvoir dans la violence ? Pourquoi n’ont-ils jamais demandé leur exclusion avant ? Pourquoi ont-ils gardé toutes leurs responsabilités dans cette organisation ?

Ces débats sur la nature et l’orientation de cette organisation m’ont été mille fois refusé, l’air excédé, par un François Hollande, du temps qu’il dirigeait le PS. Il n’y a pas eu une minute de débat quand leur ami De Larua fit tirer sur la foule argentine par ses policiers, ni quand leur ami président du Venezuela social démocrate fit tirer sur celle de Caracas, ni sur leur cher Alan Garcia élu président du Pérou avec l’aide de la droite qui fit massacrer paysans et prisonniers de droit commun. Aucune de mes mises en garde concernant cette organisation, faites de vive voix ou par écrit dans mes livres et articles, n’a jamais reçu un mot de réponse ni soulevé une minute de débat. Ils s’en moquent, ils ne savent pas où c’est, ils ne savent pas de qui il s’agit…. On connait la musique. Ils soutiennent n’importe qui, n’importe comment, du moment que l’intéressé a un tampon de l’Internationale Socialiste et paye le voyage. « Nous ne permettons pas aux autres de nous dire ce que nous devons faire, de quel droit irions-nous leur dire ce qu’ils doivent faire eux » m’avait lancé François Hollande. Après quoi ils sont prêts à abandonner leurs amis d’un jour à la mare aux caïmans, quand ça tourne mal.

Mais le cas de Laurent Gbagbo ne ressemble à aucun autre. Je prends le risque de me voir affubler par bien des petites cervelles qui liront ces lignes une nouvelle fois de leurs simplifications offensantes. Mais je ne risque, moi, aucune confrontation désagréable avec mes actes. J’ai rencontré Simone Gbagbo du temps où elle était dans l’opposition. Je n’ai jamais été invité sous sa présidence. Je n’ai jamais participé à une conférence sur place, ni été défrayé pour cela, je n’ai pas eu de tache d’écriture rémunérée par euro RSCG. Gbagbo ne m’a jamais téléphoné, écrit, fait porter des messages ou interpellé. J’étais, pour lui aussi, ce que j’étais pour ses chers amis du PS et de la gauche du PS. Une ombre au tableau. Mais il reste ceci : que ça plaise ou pas :

Gbagbo a été la seule tentative de faire de la vraie sociale démocratie en Afrique. Qu’il ait échoué, dérivé ou ce que l’on voudra, mérite mieux que le lâche abandon auquel ont procédé les dirigeants du PS français. Les ivoiriens méritaient au moins une tentative d’interposition politique. Aujourd’hui, au moins par compassion humaine, par respect pour leur propre passé et leur ancienne amitié, ils devraient se soucier de savoir ce que devient Laurent Gbagbo et sa famille entre les mains des mercenaires givrés de Alassane Ouattara. Ils ne le feront pas. Ils espèrent juste que ça passe et qu’on ne leur demande aucun compte.

Je crois bien que les images de « l’arrestation » de Laurent Gbagbo devraient créer un grand malaise. Leur violence, le style « mercenaire aux yeux rouges » des assaillants, l’ambiance de lynchage des vaincus, les violences faites aux femmes, l’évidente main mise de notre armée sur l’opération, rien ne ressemblait moins à une opération de protection de la population sous mandat de l’ONU. Mais, depuis le début, Laurent Gbagbo est l’homme à abattre pour les concessionnaires français qu’il a menacé dans leurs intérêts un temps même s’il les a bien cajolé ensuite. Cela n’excuse rien, mais cela explique tout. Et d’abord la réécriture de la personnalité d’Alassane Ouattara. En fait, un vrai aventurier repeint en bon père de la démocratie. Soutenu par l’ancien président hier accusé de totalitarisme, Konan Bédié qui l’avait empêché en son temps d’être candidat à l’élection présidentielle, et par le premier ministre de Gbagbo, un soi disant « rebelle du nord », vrai seigneur de la guerre, dont les mercenaires ont été immédiatement maintenus en place et rebaptisés en « force républicaine », le changement de camp valant amnistie pour les crimes qui leur étaient hier reprochés. Alassane Ouattara est un chef de clan et rien de plus. L’argument de sa victoire électorale est une fiction qui pouvait être utile aussi longtemps qu’il pouvait y avoir une perspective d’accord sur ce point entre les parties. Mais il n’y en avait pas.

Ne restaient donc en présence qu’une addition de tricheries. Valider les mensonges des bourreurs d’urnes d’Alassane Ouattara revenait à prendre partie dans une guerre civile. Elle dure depuis 2003. La raconter obligerait à un récit qui prendrait trop de place. Aucune page n’y valut mieux que la précédente. Mais aucune ne correspond au récit simpliste de la lutte entre gentil et méchant qui repeint Gbagbo en tyran et Ouattara en démocrate. Car si l’on en a vu beaucoup montrer du doigt ce fait que Gbagbo n’a pas obéi aux injonctions de l’ONU, on dit moins, et même jamais, que Ouattara n’y a pas davantage obéi. Notamment parce que ses mercenaires n’avaient pas désarmé pendant l’élection, contrairement à la demande de l’ONU. Leur influence pédagogique explique sans doute les votes à 90 % en faveur de sa candidature dans les zones qu’ils contrôlaient. On vit clairement le parti pris quand fut refusé le recomptage des suffrages, demandé par Gbagbo et refusé par Ouattara. Pourquoi ? On l’avait bien fait aux USA, faut-il le rappeler ? A la fin il faut se souvenir que le mandat de l’ONU était de "protéger les civils" et d’"empêcher l’utilisation d’armes lourdes" contre eux, pas d’aller arrêter un président sortant en bombardant le palais présidentiel.

Mais qui s’en soucie ? « Vae victis », comme dirait Michel Denisot. Malheur aux vaincus ! Je crois que cette opération militaire déclenchée sans le début d’une discussion et ou d’un vote de l’assemblée nationale commence un mauvais style pour la suite de nos relations avec l’Afrique. Il est urgent que notre pays se ressaisisse. En premier lieu que le parlement ne laisse plus s’installer cette habitude qui voit dorénavant tous les artifices d’interprétation et de procédure réunis pour justifier que les parlementaires n’aient jamais leur mot à dire sur les expéditions militaires du pays. On n’a voté à l’Assemblée et au Sénat ni sur l’Afghanistan, ni sur la Libye, ni sur la Cote d’Ivoire ! Ni avant, ni pendant, ni depuis ! Et, bien sûr, c’est nous qui donnons des leçons de démocratie aux autres ! Mais nous, quel genre de démocratie est donc [...]


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vendredi 3 février 2012

"V'la qu'y s'arrêtent entre eux maint'nant, ça doit pas marcher bin fort"...



"Le directeur de publication et un journaliste du Journal le Patriote embastillés !

Lu sur SOS Droits Humains en Côte d'Ivoire :

Publié par Abousalam le mer, 01/02/2012 :

"Le Directeur général de « Le Patriote » quotidien proche du président de la république de Côte d’Ivoire est en détention préventive depuis mardi à la Direction de la surveillance du territoire (DST). Son crime ? Une infraction à l’article 2000-514 du 1er Août 2000 portant code électoral en Côte d’Ivoire.

« Atteinte à la liberté de presse ! Trahison des promesses faites par le grand timonier de la république de Cote d'Ivoire ! » s"égosille l’ardent Zorro, défenseur intermittent et sélectif des atteintes à la liberté de la presse qu’est RSF qui s’est empressée de se fendre du communiqué qui suit :

Le directeur de publication du quotidien Le Patriote, Charles Sanga, a été arrêté à Abidjan, dans la soirée du 31 janvier 2012, par la Direction de la surveillance du territoire (DST), a appris Reporters sans frontières. L’organisation demande sa libération immédiate.

Un article du journaliste Jean-Claude Coulibaly, publié le 31 janvier par Le Patriote, traitait du contentieux des législatives du 11 décembre 2011 et annonçait de façon exclusive l’invalidation de 11 sièges, avant même que le Conseil constitutionnel rende lui-même publics les résultats de ce contentieux.

Les autorités, qui ont demandé que Jean-Claude Coulibaly se présente à la DST, reprochent au journal la "publication d’informations confidentielles" et exigent que le quotidien révèle ses sources [...]


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jeudi 2 février 2012

Finalement, Bel n'a pas trinqué...



"Alassane Ouattara n’a pas été reçu au Sénat à Paris : Révélations sur un boycott qui ne dit pas son nom"

Par Philippe Brou. Extrait du Nouveau Courrier du 01.02.12 :

"L’information, qui circulait dans les milieux spécialisés depuis le week-end dernier, est désormais confirmée. Contactés par une responsable d’association ivoirienne, des membres du cabinet de Jean-Pierre Bel, le président socialiste du Sénat français, ont concédé que leur patron n’avait pas honoré l’audience qu’il devait accorder à Alassane Ouattara, dans le cadre d’une visite d’Etat à laquelle Nicolas Sarkozy désirait donner tout le lustre républicain possible. La sous-direction du Cérémonial et la cellule protocole de la présidence de la République française tenaient à ce que Ouattara soit reçu par le président du Sénat, deuxième personnalité de l’Etat selon la Constitution et troisième personnalité dans l’ordre protocolaire. Mais vendredi dernier, les observateurs ont constaté que les services de Communication du concerné ont diffusé les photos de Ouattara avec le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et avec le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer... mais pas avec le président du Sénat.

Les collaborateurs de Jean-Pierre Bel sont gênés aux entournures. Ils ne veulent pas assumer un boycott pur et simple, et mettent l’absence de leur patron au sein de son institution sur le compte de « problèmes de calendrier ». Oui, mais voilà. Vendredi dernier, Jean-Pierre Bel était à Lavelanet, une bourgade au fin fond de l’Ariège [...], bien loin de Paris, pour remettre la médaille d’Officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres à Mady de la Giraudière, une artiste peintre locale dont la distinction avait été octroyée depuis le 5 juillet 2011 par le ministre Frédéric Mitterrand.

Les connaisseurs des arcanes et des usages de la vie politique française sont formels. Jean-Pierre Bel a été informé bien à l’avance de la visite de Ouattara, et s'il avait opposé un désaccord ferme, son « rendez-vous » avec Ouattara n’aurait pas été inclus dans le programme officiel d’une visite d’Etat, qui est un exercice où l’improvisation n’a pas vraiment de place. Jean-Pierre Bel aurait aussi bien pu repousser sa cérémonie à Lavelanet ou alors y déléguer un de ses collaborateurs. Il a boycotté Ouattara, visiblement à la dernière minute, sous la pression militante de ceux qui relèvent les nombreuses violations des droits de l’Homme du régime ivoirien. Mais ne va pas jusqu’à s’en vanter.

Son attitude correspond à peu près à l’état d’esprit du Parti socialiste français aujourd’hui. Alors qu’elle a soutenu hier les aventures néocoloniales de Nicolas Sarkozy en Côte d’Ivoire et en Libye, la première formation d’opposition française ne veut pas donner à Sarkozy, qui s’annonce comme le principal adversaire de François Hollande et dont le bilan est désastreux à tous points de vue, des raisons de faire campagne sur ses prétendus succès sur la scène internationale. Une sorte de partage de rôles entre un Bel abstentionniste et un Delanoë coopératif semble donc avoir été choisie. Cette gêne, qui ne va pas encore jusqu’à des prises de position fermes contre les dérives dictatoriales du protégé de Nicolas Sarkozy, pourrait évoluer et se transformer en une vraie prise de distance au fil de la campagne en vue du scrutin présidentiel. Une chose est sûre : la voix de militants de gauche au départ bien isolés, mais qui mettent constamment en garde contre le vrai visage de Ouattara se fait de [...]


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mercredi 1 février 2012

Le sous-préfet aux Champs (Élysées)


"Côte d’ivoire : De nouveaux accords de défense, une Françafrique retrouvée"

Par Yann-Yéc'han. Extrait de San Finna, hebdomadaire burkinabè, 31.01.12 :

"Alassane Ouattara se rendant en visite officielle à Paris pour chanter les louanges de celui qui l’aura fait, voilà le genre de choses qui fait prendre conscience à tout un chacun qu’on est très loin d’en avoir terminé avec les affaires de la Françafrique.


Le but du président Ivoirien : venir implorer une réduction de la dette ainsi que signer de nouveaux accords de défense (et ce, sans aucunes clauses secrètes, s’il vous plait ).

Premier geste qui nous fait tiquer : pour accueillir le président Ivoirien, Nicolas Sarkozy enverra son ministre de l’intérieur, Claude Guéant [normal, ministre de tutelle pour un "sous-préfet" : le pouvoir français a de l'humour (Note de DeLugio)]. Inutile de constater le mépris du président Français envers la Côte d’ivoire !! Mais de cela, le si polissé Alassane Ouattara ne s’en offusquera guère !! De même, le petit protégé du locataire de l’Elysée trouvera tout à fait naturel de se déplacer en personne pour aller à la rencontre des médias !!

On ne peut pas dire qu’Alassane Ouattara déclenche l’hystérie collective, le scoop, au sein de la presse Française…

Comment ne pas ressentir de la nostalgie concernant l’ère Gbagbo !! Ce président qui était à l’extrême opposé de ce que représente Alassane Ouattara aujourd’hui !!

Il est triste de constater que les présidents rebelles, ceux là mêmes qui n’ont pour seule et unique ambition que le développement de leurs pays, ne font pas de vieux os !! Si l’on peut se réjouir, notamment dans la région Ouest Africaine, d’un éveil de la conscience chez nos chefs d’état Africains (Thomas Sankara, Laurent Gbagbo), force est de constater que la vieille Françafrique, elle, ne semble pas encore prête à couper le cordon ombilical !!

Comment ne pas rire sous cape en entendant François Fillon vanter en ce président installé par la force des armes « un grand représentant de la démocratie en Afrique » ??

Si Alassane Ouattara apprécie fortement les compliments venant de son ami Sarkozy, comme il aime lui même à le définir, il n’empêche qu’une fois reçu par le maire Bertrand Delanoé, il ne se fait pas prier pour faire du pied à la gauche Française et tout particulièrement, au futur candidat Hollande qui, à en croire les sondages, a toutes ses chances de succéder à l’actuel [...]


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