vendredi 30 août 2013

jeudi 29 août 2013

"Les petits soldats de la guerre médiatique montent au front syrien"


Même Marianne remarque cela !

"Nous ne les oublions pas"


Liste des Français captifs à l'étranger.

Un qui manque encore (après la mise en liberté de Michel Gbagbo) : Jah Prince toujours en prison à Abidjan. Silence médiatique...

samedi 24 août 2013

« Bombardement » de Bouaké en novembre 2004 – De nouvelles révélations sur un coup monté contre Gbagbo


Lu dans Le Nouveau Courrier du 12 août 2013

« Bombardement » de Bouaké en novembre 2004 – De nouvelles révélations sur un coup monté contre Gbagbo – Eyadéma et Soumaïla Bakayoko au coeur du « deal »



Près de neuf ans plus tard, Jeune Afrique rejoint-il les médias – Le Nouveau Courrier notamment [et ce blog parti en "404" sur nouvelobs.com et reconstitué ici] – qui, au fil de leurs investigations, ont acquis la certitude que le fameux « bombardement » de la base-vie de l’armée française de Bouaké en novembre 2004 était une vaste machination destinée à détruire la supériorité de l’armée ivoirienne sur la rébellion et à renverser le président Laurent Gbagbo ? En tout cas, dans son édition qui sort à Abidjan aujourd’hui, l’hebdomadaire publie une enquête sur ce qu’il appelle « l’un des secrets les mieux gardés de la Françafrique ».

« J’ai entrepris toutes les démarches pour avoir des explications sur ce bombardement incompréhensible. Par qui ? Pourquoi ? Sur ordre de qui ? Mais aucune réponse, car il faudrait lever le secret-défense », explique, au début de l’article de Jeune Afrique, l’ancien militaire Djamel Smaïdi, rescapé de cet épisode mystérieux de la crise ivoirienne, et réformé pour invalidité. Secret-défense : le mot est prononcé. Aujourd’hui, c’est l’omerta entretenue par l’appareil d’Etat français au plus haut niveau sous les exécutifs Chirac, Sarkozy et Hollande, qui est le véritable obstacle vers la vérité. Le pouvoir français refuse obstinément de déclassifier les 26 pages d’interrogatoires des « mercenaires » slaves qui travaillaient pour les FDS, et qui ont selon toute évidence été retournés par la France pour marquer contre leur camp. Alors que le dossier d’instruction montre clairement que l’ancienne ministre de la Défense française Michèle Alliot-Marie a menti effrontément aux juges, la commission des requêtes de la Cour de justice de la République a estimé que ses déclarations « ne constituaient pas une altération volontaire de la vérité ». Sous la présidence de François Hollande, qui avait déclaré que Gbagbo était un personnage « infréquentable » sur la base d’un fait sur lequel sa responsabilité est aujourd’hui massivement mise en doute, y compris à Paris.


La « préméditation » venue de Lomé

Jeune Afrique revient sur les bizarreries de novembre 2004, dont Le Nouveau Courrier a déjà parlé. L’incroyable « protection » dont ont bénéficié les Biélorusses, arrêtés au Togo, et libérés sur ordre de Paris. L’absence d’autopsie, alors que « la loi en fait obligation en cas de crime ». Les corps de ceux qui étaient présentés comme des héros nationaux « jetés dans un sac mortuaire couverts de sang, les vêtements déchirés, sans avoir été ni lavés ni habillés ». Le magazine relaie la lourde interrogation de Maître Jean Balan, avocat des victimes : « Toute éventuelle preuve devait disparaître. Dans quel but ? »

Ce qui est nouveau dans l’enquête de Jeune Afrique, c’est une révélation. « Quelques mois avant le raid du 6 novembre 2004, le président Gnassingbé Eyadéma et l’un de ses fidèles généraux avaient reçu à Lomé le responsable militaire de la rébellion de Guillaume Soro, aujourd’hui chef d’état-major de l’armée ivoirienne. Bakayoko leur avait demandé de l’aide pour détruire la flotte d’hélicoptères ivoirienne (…) afin d’empêcher une action contre les positions rebelles », écrit le journaliste Pascal Airault. Bien entendu, il est impossible d’imaginer qu’Eyadéma ait imaginé une seule seconde de parrainer une telle action dans un pays étranger sans l’accord au moins tacite de Paris. Quatre Français vivant au Togo, dont un ancien de Saint-Cyr, l’école militaire la plus prestigieuse de l’Hexagone, et un ex-gendarme du GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale). Ils ont travaillé sur une hypothèse : utiliser un avion privé et des RPG 7 pour une attaque éclair à midi. L’opération au sol devait durer au plus trois minutes. « Coût de l’opération payée par les rebelles : 2 millions de dollars pour les pilotes, deux autres pour le tireur et son assistant, dont la moitié payée d’avance. » Finalement, l’opération est abandonnée « pour des raisons mystérieuses ». Mais la Françafrique réussit tout de même à détruire l’arsenal aérien de l’Etat de Côte d’Ivoire, qui faisait trembler les uns et irritait profondément les autres.

Philippe Brou


jeudi 22 août 2013

En Côte d’Ivoire, la traque se poursuit


Quatre militaires, dont l’ex-garde de corps de Lida Kouassi, arrêtés

Lu dans Le Nouveau Courrier du 21 août 2013

Vider les prisons et les remplir à nouveau ?


Le régime n’a décidément pas mis fin à sa traque contre les ex-FDS. Il vient de mettre aux arrêts quatre d’entre eux, dont un capitaine de la gendarmerie et un ex-garde de corps du ministre Lida Kouassi, le sergent-chef Dakouri Vincent, très malade depuis plusieurs mois. Selon les informations en notre possession, ils (les deux personnes citées et un troisième militaire dont nous ignorons l’identité) ont été mis aux arrêts samedi dernier. Et hier, le Sergent-chef Dalé Debré Aimé, en service au ministère de la Défense, a été interpellé et est depuis détenu à la Maison d’arrêt militaire d’Abidjan (Mama). Ce qui porte donc à quatre le nombre de militaires, ex-Fds, arrêtés ces jours-ci. On les accuse d’être mêlés à un projet de déstabilisation du régime. Et pourtant, le Sergent-chef Dakouri Vincent, malade depuis plusieurs mois, était interné à la clinique Grand centre ; ses supérieurs hiérarchiques en sont d’ailleurs bien informés. Face à la situation, c’est son frère d’armes et ami, le Sergent-chef Dalé Debré Aimé qui faisait la plupart de ses courses administratives. Ce dernier vient d’être aussi mis aux arrêts hier, parce que justement son numéro de téléphone a été retrouvé dans le répertoire du Sergent-chef Dakouri Vincent. Pendant que le régime libère des détenus politiques (civils et militaires), il fait de la place pour mettre aux arrêts d’autres personnes. De quoi perpétuer le climat de terreur qui règne depuis l’accession au pouvoir du régime Ouattara.

G.K.


dimanche 18 août 2013

Bernard Houdin rend hommage à Me Vergès


Extrait du Nouveau Courrier


Salut Jacques !

Jeudi 15 août 2013, 23 heures, je reçois un SMS de la journaliste Leslie Varenne, que j’avais rencontré la première fois chez lui alors qu’elle préparait son livre « Abobo-la-Guerre » : « Vergès est parti »… Non, Vergès n’est pas parti. Le « Diable Noir » entre au Panthéon des hommes et des femmes qui, par leurs actes et leurs combats, nous empêchent de douter définitivement de l’Humanité.

Depuis ce matin je lis, j’écoute, je regarde le « microcosme », cette « Cour des Miracles » des Temps Modernes et tout ce que je lis, j’écoute et regarde, dans l’immense majorité des cas, me conforte pour l’Eternité : Jacques Vergès est un Grand Homme et aucun de ses « censeurs » ne mérite de rivaliser avec lui.

J’ai connu Jacques Vergès au début de ce que le magma « bien-pensant » a appelé la « crise postélectorale » ivoirienne, présentée, dans la Doxa « officielle » (?!) comme l’affrontement entre le Bien (le démocrate « élu », Alassane Ouattara) et le Mal (le dictateur « déchu », accroché au pouvoir, Laurent Gbagbo).

Dès les premières heures de cette « crise », Jacques Vergès a « senti » la réalité du dossier, en fait un nouveau mauvais coup porté au Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, en violation de des principes fondateurs de la Charte des Nations-Unies, et au nom, comble de la perversité, de ces mêmes Nations-Unies, sous le couvert de la fameuse « Communauté Internationale » à propos de laquelle l’éditorialiste Jean Claude Guillebaud se demandait récemment si elle existait réellement et si quelqu’un l’avait une fois rencontrée…

Rien, dans nos parcours personnels, n’aurait dû nous faire nous rencontrer jusqu’à cet évènement africain où, en ma qualité de Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo, j’ai été précipité dans ce moment d’Histoire. Notre première rencontre, en présence de son ami, au sens le plus noble du terme, Roland Dumas, que je salue et dont l’émotion doit être intense en ces circonstances douloureuses, fut pour moi un choc « tellurique ». Au-delà des portraits haineux, des diatribes des petits esprits qui ne respirent que l’ « air du temps », Jacques Vergès, né quelque part dans le Monde, à la croisée des civilisations, restera le symbole de la lutte pour la Vérité.

La Vérité ne se divise pas et il a toujours voulu montrer que, dès que l’on entrait dans la dialectique « du vainqueur et du vaincu », le sens commun et le libre-arbitre étaient broyés au bénéfice des uns et au détriment des autres.

Ainsi, en Côte d’Ivoire, il a vite compris le fond de l’affaire, remugle des pires heures de la « Françafrique », et dont la Vérité commence à émerger, « tchoco-tchoco » [sûrement, sûrement], comme l’on dit au pays. Et la fin, non pas de l’Histoire, mais de l’épisode actuel qui est un soubresaut dans la fondation de la Nation Ivoirienne, pourra se résumer ainsi : « le vrai dictateur des deux n’est pas celui qu’on croit » !

Entre le combattant infatigable et jamais découragé de la démocratie, défenseur du multipartisme, clé de voute de la liberté d’expression et du respect du Droit, Laurent Gbagbo, et un homme aux convictions vacillantes et mû par le seul appât du pouvoir, qui a un jour déclaré : « je prendrai ce pays ou je le mélangerai… » Jacques Vergès a vite compris dans quel traquenard la Côte d’Ivoire allait être entrainée. (Et que l’on ne me parle pas de ses « honoraires »…l’indécence des milliards déversés par Ouattara sur ses « défenseurs » devrait rappeler à certains que toutes les vilenies ont leurs limites).

Aujourd’hui la crise ivoirienne passe au révélateur de l’Histoire et la Vérité, chère à Jacques Vergès, commence à se faire jour telle qu’il l’avait pressentie lui qui, dès 2005, était venu en Côte d’Ivoire pour enquêter sur le terrain après des massacres perpétrés, déjà, dans l’Ouest du pays par les bandes armées que, hélas, les dirigeants français de l’époque, mettront au pouvoir, en avril 2011, dans un assourdissant concert de bombes et de contre-vérités.

Le Monde ne se résume pas à l’horizon fini et cupide d’une poignée de nantis qui pensent le « diriger », mais le « bien commun » de milliards d’hommes et de femmes qui n’accepteront plus longtemps la dialectique « du cavalier et de sa monture », alpha et oméga de ces nantis. Pour eux Jacques Vergès est tout à la fois héros et héraut : les héros ne meurent jamais et leur voix porte pour toujours. Aujourd’hui, des rizières de l’Orient aux brousses africaines en passant par les jungles sud-américaines, une foule immense se souvient et sait, désormais, que cette dialectique asservissante voit ses jours comptés.

Jacques Vergès l’avait très bien compris et sa « défense » de l’ « indéfendable », Klaus Barbie, en est l’illustration la plus parfaite. Il a simplement rappelé à tous que l’on ne peut juger définitivement les pires criminels que si l’on est soit même exempt de tout reproche. Il faut se rappeler qu’avant de « défendre » Barbie, Jacques Vergès avait acquis, dans cette problématique contre les dirigeants Nazis, une légitimité insoupçonnable : il avait lui-même pris les armes, à 17 ans, contre ces nazis, quittant une adolescence paisible au cœur de l’Océan Indien, pour une mère-patrie en feu, prêt à donner sa vie pour que vive la Justice et la Liberté. En cette heure tragique, quelques planqués des buvettes et des gazettes devraient avoir l’humilité de s’en souvenir.

A mon premier retour de Côte d’Ivoire, au milieu des années soixante, je fus élève au Lycée Carnot, à Paris. Chaque jour je pouvais voir la plaque dédiée à Guy Moquet sous l’immense verrière de la cour intérieure. En France on perpétue la mémoire de ce garçon, tombé sous les balles nazies à l’âge où Jacques Vergès s’engageait dans le même combat. Mais a-t-on le même souci pour tous les « Guy Moquet » des luttes pour la souveraineté des peuples et qui sont, parfois, tombés sous les coups de ceux qui honorent, chez eux, « leurs Guy Moquet »? Combien de Guy Moquet palestiniens, ivoiriens, congolais, vietnamiens, boliviens et autres ?

Même Nicolas Sarkozy, dont la décence est inversement proportionnelle à la « volonté de pouvoir » a eu l’audace d’appeler le souvenir de Guy Moquet au secours de sa politique de domination, à l’opposé des vraies valeurs qui fondent l’humanisme et la cohésion sociale. Dans une tribune au souffle épique, Sarkozy sous BHL, Jacques Vergès l’avait pourfendu, lui rappelant que n’est pas Napoléon qui veut !

Au cours des nombreux entretiens, dans son bureau envahi par les effluves de ses havanes, où, au-delà du dossier ivoirien, nous échangions ou, plutôt, je revivais l’Histoire à l’aune de son immense savoir, j’ai appris à connaitre un personnage exceptionnel, au Destin unique. Il me revient aujourd’hui, une anecdote qui m’avait beaucoup marqué, à l’époque, et qu’il a, depuis, révélée dans ses Mémoires (De mon propre aveu-Souvenirs et rêveries) : après l’indépendance algérienne, installé en Algérie, un officier algérien lui donne la mission d’aller « récupérer » une personne à la frontière marocaine. L’officier s’appelle Aziz Bouteflika, la personne est Nelson Mandela….

Ces dernières années, marque de sa formidable vitalité il s’était produit au théâtre où sa performance physique et intellectuelle ont impressionné tous ceux et celles qui l’on vu sur scène. Jacques Vergès aura été acteur de sa vie et témoin du Monde. Les hommes passent, les idées ne meurent jamais.

Salut Jacques et où que tu sois, Bonne Arrivée !


Le 16 août 2013

Bernard Houdin
Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo