dimanche 14 juillet 2013

LETTRE OUVERTE à Monsieur François HOLLANDE, Président de la République Française


COMITÉ POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS - COMMUNIQUE -

SOUTIEN PLEIN ET ENTIER A LA LETTRE OUVERTE DE MADAME JACQUELINE CHAMOIS, MERE DE MICHEL GBAGBO, A MONSIEUR FRANCOIS HOLLANDE, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE.

En ce 14 Juillet 2013, anniversaire de la date fondatrice de l'émancipation du peuple français et de la construction de la vie politique de notre pays, le Comité Pour la Libération des Prisonniers Politiques Ivoiriens apporte son soutien plein et entier à la présente lettre ouverte.

Adressé par Madame Jacqueline Chamois, mère de Michel Gbagbo et citoyenne française, à Monsieur François Hollande, Président de la République française et garant des institutions et de l'esprit de notre pays, ce courrier remet au centre du débat franco-ivoirien la devise de notre république: Liberté, Egalité, Fraternité.
 
Le comité appelle le Président Hollande, et à travers lui la France, à prendre enfin la pleine mesure de la situation désastreuse des droits de l'homme et de la démocratie en Côte d'Ivoire, sous la dictature fascisante d'Alassane Ouattara, et à endosser toutes ses responsabilités devant l'histoire qui la lie à son « ancienne » colonie.

Paris le 14 Juillet 2013




Madame Jacqueline CHAMOIS

A Monsieur François HOLLANDE, Président de la République Française


LETTRE OUVERTE
Le 14 juillet 2013

Objet : Côte d'Ivoire / les prisonniers politiques / la situation de Michel GBAGBO


Monsieur le Président,

C'est avec consternation que j'ai appris la décision de la Chambre d'Accusation du Tribunal d'Abidjan concernant 84 personnes présumées pro-Gbagbo détenues pour la plupart depuis le 11 avril 2011, date de la prise du pouvoir par Alassane OUATTARA.

Au terme d'une seule journée d'audience (le 3 juillet 2013), le Tribunal a décidé, dans son délibéré du 10 juillet, de confirmer les charges présentées par l'Accusation, donc d'envoyer 84 personnes en Cour d'Assises (c'est-à-dire de les juger pour crimes).

Parmi elles, se trouvent le Président du Front Populaire Ivoirien, Pascal AFFI N'GUESSAN, l'ancien Gouverneur de la BCEAO, Philippe‑Henri DACOURY‑TABLEY, l'épouse du Président Laurent GBAGBO, Simone EHIVET GBAGBO, et de nombreuses personnes d'origines et de fonctions diverses.

Parmi elles aussi : mon fils Michel GBAGBO, citoyen français – et bénéficiant de la double nationalité - emprisonné depuis plus de deux ans. Vous avez déjà, par différents canaux, été alerté sur sa situation.
Je ne reviendrai pas sur les conditions de son arrestation, sinon pour rappeler les deux faits suivants :

La Cour de Justice de la CEDEAO, saisie de son cas, a décidé le 22 février 2013 que sa détention était illégale et arbitraire ;
Mon fils a porté plainte devant la Justice française, avec constitution de Partie civile, contre les auteurs de son enlèvement et de sa séquestration. Un Juge d'Instruction a été désigné pour cette affaire.

Aujourd'hui les avocats (de nationalités différentes) des personnes mises en cause par la Chambre d'Accusation du Tribunal d'Abidjan dénoncent de graves atteintes aux droits de la Défense :
Pas de mise à disposition de l'intégralité du dossier ;
Impossibilité pour les avocats d'obtenir l'accès au contenu des scellés ;
Aucun élément de preuve n'a jamais été apporté.

Il s'agit donc bien d'un jugement collectif et politique.

Monsieur le Président,
Il a été porté à votre connaissance à de nombreuses reprises et par différentes sources - courriers, rassemblements, entretiens avec les représentants de mouvements politiques ivoiriens, communiqués des Comités de défense des prisonniers politiques, rapports des organisations humanitaires... - que des violations répétées des droits de l'homme étaient commises par et sous le régime d'Alassane OUATTARA  :
Arrestations de présumés "pro-Gbagbo" et de membres de leur famille sans aucun mandat ;
Détention prolongée, en des lieux tenus secrets, par la DST ;
Pratique de la torture caractérisée par la répétition du même mode opératoire ;
Blocage total des comptes d'un très grand nombre de personnes depuis avril 2011 ;
Occupation illégale d'habitations de prisonniers ou d'exilés par des membres des FRCI (les Forces armées créées par Alassane OUATTARA) ;
Exil forcé d'environ 100 000 personnes au Ghana, au Libéria, au Togo et dans de nombreux autres pays, dont la France ; les demandes d'asile politique en sont le témoignage ;
Occupation illégale de terres publiques et privées.

Monsieur le Président,
Permettez-moi de vous faire part de ma conviction : si, au nom du peuple français, vous aviez dénoncé officiellement et ouvertement la barbarie dont se rend coupable quotidiennement ce régime plus proche du franquisme que d'une République démocratique, nous n'en serions pas là aujourd'hui.
Il est vrai qu'Alassane OUATTARA abuse l'opinion internationale en présentant une image correspondant à l'opposé de la réalité et en brandissant l'étendard d'une “Réconciliation” dont il serait un fervent promoteur.
En fait :
vu les conditions dans lesquelles sont opérées les arrestations,
vu le caractère politique de celles-ci,
vu la négation des droits élémentaires de la Défense,
les décisions de justice prononcées à l'encontre des personnes proches de Laurent GBAGBO ou considérées comme telles ne peuvent présenter aucune garantie d'équité ni d'indépendance à l'égard du pouvoir en place.
Dans ce contexte, le principe de non-ingérence dans la Justice d'un autre pays ne saurait prévaloir sur l'obligation d'obtenir la libération d'un ressortissant arbitrairement emprisonné. Cette position fut d'ailleurs à la base de plusieurs interventions dans des situations similaires.
La France, quels que soient ses intérêts économiques, politiques et militaires en Côte d'Ivoire, a le devoir impérieux d'agir pour :
Exiger la remise en liberté immédiate de son ressortissant Michel GBAGBO ;
Défendre la démocratie et les droits de l'homme, y compris en Côte d'Ivoire ;
Mener une action politique et diplomatique – si nécessaire au niveau de l'ONU - en vue d'obtenir la remise en liberté des prisonniers injustement détenus pour des motifs politiques.

Assurée de pouvoir compter sur votre soutien, je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'expression de ma très haute considération.


Jacqueline CHAMOIS,
Mère de Michel GBAGBO


vendredi 12 juillet 2013

Comment le FMI ruine l’Afrique


Le reportage ci-dessous concerne le Ghana. Mutatis mutandis ce qu’il expose vaut pour les autres pays pauvres. Au pays frontalier du Ghana, la francophone Côte d’Ivoire, la même politique a été mise en place par… Ouattara, alors Premier ministre, au début des années 1990. La réalité électorale l’a empêché d’accéder au pouvoir présidentiel, y conduisant, en 2000, Gbagbo, qui a refusé de jouer le jeu de la finance internationale de la façon servile qui avait été celle du Premier ministre Ouattara. Dès lors, depuis son installation, tout a été mis en œuvre pour renverser Gbagbo. À l’appui des grands médias qui en ont dressé le portait épouvantable que l’on sait, de coup d’Etat raté en coup d’Etat raté, il a fini par être renversé, au faux prétexte d’une élection faussée, par la force militaire française (l’appui militaire et financier aux rébellions montées de toutes pièces n’ayant pas suffi). Gbagbo captif à La Haye, sans preuves (de l’aveu même de la CPI), mais à l’appui d’une opinion mondiale ayant cru sans sourciller la désinformation méthodique des grands médias, l’agent docile du FMI Ouattara étant au pouvoir, tout obstacle est levé pour la libéralisation économique qui a fourni ses preuves au Ghana voisin…


Ghana — Quand le FMI fabrique la misère


Un témoignage implacable sur le rôle criminel du FMI ! :

« Avant les années 80, le Ghana était considéré comme un pays en voie de développement prometteur. La crise économique que connaît le pays va amener une situation locale désastreuse au niveau des services de base. Le FMI et la Banque Mondiale proposent des prêts au pays, sous la condition dite d’ajustement structurel. Le pays est contraint de s’impliquer dans le libre échange, en orientant la production interne vers l’or et la cacao plutôt que vers les productions vivrières. L’incitation à la “récupération des coûts” va entraîner la privatisation des services publics de base de soins et d’adduction d’eau. L’implantation d’entreprises étrangères est favorisée grâce une politique fiscale avantageuse et une réglementation peu contraignante, notamment vis à vis de l’environnement. La richesse en or de la province [ghanéenne] du Katanga a attiré l’industrie minière. L’état ghanéen a délocalisé la population locale qui vivait de banane plantin, manioc, huile de palme et arachide. Les paysans on touché une indemnisation ridicule, les manifestants ont été éloignés par la force militaire. L’activité d’extraction a stérilisé les champs alentours : les déblais ont envahi les champs de manioc, la pollution métallique affecte l’air et l’eau. Les rizières sont aujourd’hui en jachère…

Un témoignage implacable sur le rôle criminel du FMI ! “Lundi investigation a diffusé un excellent reportage sur l’origine de la misère qui sévit en Afrique et plus particulièrement au Ghana. Le système est simple : Le Fond Monétaire International octroie des crédits aux états africains, les taux sont évidemment exorbitants, si bien que les gouvernements doivent privatiser dans tous les secteurs afin de rembourser (temporairement) la dette… Les secteurs touchés sont les hôpitaux, le système de santé en général, l’eau potable, l’extraction de minerais, de pétrole, etc. La quasi totalité de la production agricole part désormais à l’exportation au Ghana et le pays importe du riz d’Amérique alors qu’il en exportait il y a seulement 10 ans, les agriculteurs Ghanéens ne comprennent plus le fonctionnement de leur propre pays ! Il y a aussi les entreprises étrangères qui ne sont pas soumises à une réglementation contraignante, si bien qu’elles polluent sans états d’âmes, déchargent leurs rebuts sur les terres agricoles, tout est fait afin qu’elles soient le plus rentable possible et ce, au détriment de l’environnement et des populations locales. C’est là qu’est la formidable arnaque du FMI, car la majorité de la population croient que le FMI vient en aide aux pays pauvres, mais, dans les faits, on observe exactement l’inverse…” »




mercredi 10 juillet 2013

DU RESPECT DU DROIT


« Le Conseil Constitutionnel doit être respecté, pleinement respecté, entièrement respecté et personne ne peut suspecter, mettre en cause cette institution sans remettre en cause l’ensemble des institutions (…) le Conseil Constitutionnel est une institution de la République qui, par son indépendance, règle des questions qui sont de sa seule autorité » (François Hollande le 5 juillet 2013)

« La démocratie c’est aussi (…) le respect des textes et, d’abord, de la plus grande des normes en droit, la Constitution. Qui ne respecte pas la Constitution n’est pas démocrate (…) le salut, pour les Etats africains, c’est le respect des Constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent » (Laurent Gbagbo le 28 février 2013 devant la CPI)


Par Bernard Houdin, Conseiller du Président Gbagbo et réprésentant de son Porte-Parole, le ministre Justin Koné Katinan, pour l'Europe et l'Amérique

Tribune parue sur Le Nouveau Courrier - n° 823 :


... En quelques phrases les présidents François Hollande et Laurent Gbagbo ont exprimé une position de respect du Droit tel que fixé par les textes que les démocraties se donnent librement. Quand le Conseil Constitutionnel, dans un Etat démocratique, a pris une décision, elle est sans appel et, comme l’a dit le président Gbagbo à La Haye le 28 février dernier, elle fait tabula rasa de toute décision d’une juridiction inférieure.

Ironie de l’Histoire (ou clin d’œil ?), ces deux déclarations sont liées à des situations, certes très différentes l’une de l’autre, qui ont en commun d’avoir été « provoquées » par l’action d’un seul et même homme, Nicolas Sarkozy ! En effet le président français réagissait à la critique, par l’ancien président, d’une décision du Conseil Constitutionnel français à l’encontre de ses comptes de campagne, critique exacerbée par son retrait théâtral, en tant que membre de droit, du même Conseil.

Dans le cas ivoirien, c’est le refus du président Sarkozy, à l’époque, de reconnaitre la primauté du droit dans un pays étranger, donc souverain, qui a conduit la Côte d’ivoire à la situation actuelle et le président Gbagbo à La Haye.

Dans le respect du droit nous ne commenterons pas la décision française mais nous tenons, hic et nunc, à remercier le président Sarkozy pour sa « constance » à fouler au pied tout ce qui ne va pas dans « son sens de l’Histoire » !

Oui l’Histoire a « un sens », mais pas celui que Nicolas Sarkozy a voulu lui imposer, dans le mensonge, la falsification et la violence d’Etat. Son attaque en règle de l’institution suprême de son pays, aggravée par son statut d’ancien président, est une aubaine pour tous les défenseurs du droit, où qu’ils soient, et, en particulier, pour tous ceux qui, en Côte d’Ivoire et dans le monde entier, se battent depuis le 11 avril 2011 pour faire triompher la Vérité : Laurent Gbagbo avait gagné l’élection présidentielle du 28 novembre 2010.

Le président Hollande ne peut pas s’exprimer ainsi, dans son pays, sans reconnaitre cette même primauté dans un pays indépendant et doté d’institutions démocratiques comme la Côte d’ivoire à l’époque du mandat de Laurent Gbagbo. Rappelons ici les « avancées » démocratiques dues au président Gbagbo :

- imposition du multipartisme, après des années de lutte pacifique ponctuées de période de prison et d’exil,
- loi sur le financement public des partis politiques,
- loi sur le financement et la protection de la liberté de la presse,
- création d’une Commission Electorale Indépendante (qui sera « instrumentalisée » en 2010 sous l’impulsion, en autres, de Nicolas Sarkozy)
- introduction du bulletin unique et des urnes transparentes dans le processus de vote.

De plus, dans toute la période pré et postélectorale, le président Gbagbo s’est strictement soumis aux procédures légales (ayant personnellement vécu cette période auprès de lui je peux en témoigner formellement). Et c’est ainsi que le président Gbagbo a pu dire également le 28 février dernier, à propos des élections que « c’est celui qui ne les a pas gagnées qui a semé les troubles » c'est-à-dire son adversaire, supporté par Nicolas Sarkozy, drapé dans les plis de la « communauté internationale », avatar épisodique des dirigeants dits des « grands pays » quand ils veulent mutualiser leurs forfaits.

De plus elle nous offre l’occasion d’en finir, une fois pour toutes, avec le fallacieux prétexte d’un Conseil Constitutionnel « aux ordres » de Gbagbo en 2010. En Côte d’Ivoire, comme en France, le Conseil Constitutionnel est formé de membres (neuf en l’occurrence dans les deux cas) désignés par différentes autorités (président de la république, présidents du parlement). En Côte d’Ivoire le président Gbagbo, qui n’ a jamais gouverné selon des critères familiaux, ethniques ou religieux, a, là comme pour d’autres nominations, fait appel à la compétence, en dehors de toute autre considération. Ainsi le vice-président du Conseil Constitutionnel était l’ancien principal Conseiller d’Henri Konan Bédié pendant son passage à la tête de l’Etat. Enfin le principe « d’inamovibilité » des juges est un gage, en démocratie, d’indépendance.

A cet égard il faut rappeler que Monsieur Ouattara, dès son « installation », a foulé, comme dans bien d’autres domaines, les règles élémentaires du Conseil Constitutionnel, en modifiant illégalement sa composition et en désignant un nouveau président, professeur de…Droit Constitutionnel, qui n’a rien trouvé à y redire !

Le 3 juin dernier la Cour Pénale Internationale n’a pas su (ou pu) aller au bout de la logique en libérant le président Gbagbo après avoir constaté la vacuité du dossier de l’accusation. Aujourd’hui l’actualité nous rappelle, opportunément, que seul le respect des règles librement fixées fonde notre vie politique, économique et sociale, sauf à sombrer dans la dictature. Le ministre ivoirien de l’Intérieur s’est vanté de préférer « la justice des vainqueurs au cimetière des vaincus ». A lui, et à tous ceux où qu’ils soient, qui se reconnaissent dans cette logorrhée, nous préférons l’axiome « Dura Lex, sed Lex ».

On ne bafoue pas indéfiniment L’Histoire.


Paris le 8 juillet 2013
Bernard Houdin
Conseiller Spécial du président Gbagbo
Représentant du Porte-parole pour l’Europe et l’Amérique


mardi 9 juillet 2013

Un agent de la DST se confesse : "Nous avons torturé Koua Justin"


A lire dans Le Nouveau Courrier :


La Direction de la surveillance du territoire (DST), dirigée par le Commissaire Inza Diomandé depuis la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, est en passe de devenir le plus grand centre de tortures et autres traitements inhumains de détenus politiques. Un agent de cette cellule s’est confié au Nouveau Courrier après l’arrestation de Koua Justin.

Il nous a raconté la traque de celui que les sécurocrates du régime appelaient «l’épervier», qui a duré plusieurs jours et connu des ratés retentissants, notamment à Aboisso et à Daloa. « C’en était trop, il fallait laver ce qui était considéré par les nôtres comme un affront. Sa cavale devait prendre fin, parce que l’autorité en était irritée », nous a expliqué cet agent.

L’article de Frank Toti (disponible ce samedi en format papier en Côte d’Ivoire et en version électronique pour nos abonnés) rapporte les confessions profondément inquiétantes de l’agent de la DST. Lequel raconte comment les services d’Hamed Bakayoko ont tenté de «briser» le secrétaire national de la jeunesse du Front populaire ivoirien (JFPI) par des méthodes de torture physique et morale qu’il décrit – et qui sont dignes des pires dictatures. [...]

A lire dans Le Nouveau Courrier n° 821 du samedi 6 juillet.


Pour une presse indépendante des pouvoirs

samedi 6 juillet 2013

Quand la girouette va désormais dans ton sens

... réjouis toi au lieu de récriminer.


... Ça veut dire que le vent tourne !

Le Nouveau Courrier est de retour