mercredi 5 juin 2013

Face au rejet par la CPI des fausses preuves de l'accusation contre Gbagbo, le lourd silence des "grands médias"


Pourquoi ce lourd, très lourd silence des "grands médias" alors que la CPI vient d'ajourner la confirmation des charges contre Gbagbo en raison de la défaillance des "preuves" de l'accusation et du camp Ouattara ?

On se souvient du chahut qui nous a été infligé par la "grande presse" dès l'élection de Gbagbo en 2000 concernant le fameux charnier de Yopougon. Qui en a entendu parler depuis que les enquêtes tournaient leurs regards vers le camp Ouattara... qui, une fois sa rébellion entrée au gouvernement d'alors, a préféré les stopper ?

On se souvient du matraquage médiatique sur les "escadrons de la mort de Gbagbo". Qui en a entendu parler depuis que les "grands médias", "Le Monde" en tête, ont été condamnés à ce sujet pour diffamation par la justice française ?

On se souvient de la tempête soulevée autour de la mort des soldats français suite au "bombardement de Bouaké" qu'aurait décidé Gbagbo. Qui en entend parler depuis que la justice française a mis en lumière le fait que Gbagbo n'a rien à voir là-dedans, tandis que les autorités françaises d'alors sont mises en cause ?

On se souvient des passages en boucle de "scoops" à échéance régulière sur l'affaire Kieffer, qui présentaient des "témoins" indiquant régulièrement les lieux où serait le corps, lieux décrétés inaccessibles tant que Gbagbo était au pouvoir. Qui en entend parler depuis que Ouattara a été mis au pouvoir par le feu des bombes et qu'on a donc tout le loisir de fouiller ? On a tout au plus trouvé un cadavre qui n'était pas celui de Kieffer... Où en est l'enquête sous le régime Ouattara ? À qui a profité le crime ?

Pourquoi ce lourd, très lourd silence des "grands médias", alors que la CPI vient de reconnaître que tout ce qu'ils nous ont infligé contre Gbagbo s'avère ne reposer que sur des "preuves" fabriquées ?


Tout au plus, en entrefilets quasi-inaccessibles, a-t-on droit à des dépêches confuses, accompagnées de titres mensongers, genre (nouvelobs.com) : "Report du procès de Laurent Gbagbo à la CPI". Eh non, ce n'est pas un report du procès !!!, mais un report du jour où l'on décidera s'il y en aura bien un, au cas où l'accusation trouverait enfin, en six mois supplémentaires, les "preuves" qu'elle n'a pas pu trouver en deux ans !

mardi 4 juin 2013

"Il est curieux de maintenir un innocent en prison en attendant de fabriquer des preuves"...


(Article censuré par nouvelobs.com)

... écrit l'ancien ministre Ahoua Don Mello après l'ajournement du verdict de la CPI concernant le Président Gbagbo :


"La montagne a accouché d’une souris. La montagne de mensonge déposée sur la table des juges de la CPI, relayée par tous les tambours des griots de la “communauté internationale” a accouché d’une souris et Mme BENSOUDA est invitée à mieux souder son dossier.

Malgré le caractère curieux de maintenir un innocent en prison en attendant de fabriquer des preuves, saluons l’efficacité de l’équipe de Maitre Altit et l’offensive africaine contre la CPI. Cette victoire passera certainement sous silence dans les medias françafricains qui ont tenté et continueront de tenter d’ériger le mensonge en valeur démocratique et les rebelles en démocrates.

Il est bien évident que pour les ivoiriens, cette conclusion confirme ce qu’ils savent dejà : fausses accusations, coup d’Etat, prise d’otage et déportation d’un Président Africain en exercice au profit d’un pouvoir ethnique et génocidaire. Cette vérité prendra son temps pour éclater aux yeux du monde entier et les questions complémentaires posées au procureur pour la suite de son enquête ne font qu’emprunter ce chemin.

Le temps est laissé maintenant à la “communauté internationale” pour ne pas dire à la françafrique, de gérer politiquement le plus gros scandale politico-militaire du siècle qui risque de l’emporter définitivement.

Espérons que Messieurs les courageux juges ne plient pas sous le rouleau compresseur du réseau françafricain qui va se déployer pour sauver les meubles après cette gifle."


Ahoua Don Mello
Docteur ingénieur des Ponts et chaussées, Ancien ministre

"Trop c’est trop !" (par Bernard Houdin, Conseiller Spécial du Président Gbagbo)



Après l'ajournement du verdict de la CPI (par manque de preuves) : « Trop c’est trop ! Libérez Gbagbo ! »...




Ce lundi 3 juin 2013 la Chambre Préliminaire I de la Cour pénale Internationale (CPI) devait rendre sa décision de confirmation ou d’infirmation des charges que le procureur de la CPI voulait faire peser sur le président Laurent Gbagbo. Cette décision devait clôturer un premier cycle judiciaire qui avait débuté le 3 octobre 2011 avec le lancement d’une procédure contre le président Gbagbo pour, en particulier, « crimes contre l’humanité » et « violences sexuelles », ce qui avait conduit, dès le 29 novembre 2011, à son transfèrement de Korhogo à La Haye.

Depuis cette date la procédure de la CPI s’est déroulée rigoureusement :

- 5 décembre 2011 : Audience d’identification (au cours de laquelle, d’ailleurs, le président à pris date devant les uns et les autres : « nous irons jusqu’au bout » !),

- 18 juin 2012 : premier report de l’Audience de confirmation des charges,

- 13 aout 2012 : deuxième report de l’Audience de confirmation des charges,

- 19 au 28 février 2013 : Audience de confirmation qui s’est déroulée sur huit séances,

- 31 mars 2013 : date limite de dépôt des dernières observations écrites.

La décision des juges de la Chambre Préliminaire I devant être rendue dans les soixante jours, la date du 3 juin 2013 était donc une date butoir attendue par tous dans la crainte ou l’espérance. Pour notre part, spectateur attentif des audiences de février, il était clair que le dossier juridique étant vide, comme l’avait magistralement démontré la défense du président, toute décision de confirmation des charges ne pourrait qu’être le signe d’une position politique qui serait intenable à terme au regard de la situation que cela créerait dans un avenir proche en Côte d’Ivoire.

En effet, tout au long des débats de février l’accusation qui avait, dès l’ouverture de la première séance, déclaré haut et fort détenir tous les éléments permettant la confirmation des charges pesant sur le président Gbagbo, avait décrit minutieusement sa théorie du « Plan Commun » qui faisait du président « un coupable évident ». Cette « démonstration » ayant été systématiquement mise en pièce par la défense, il restait aux juges à dire le Droit ou a se révéler comme les supplétifs d’un Ordre politique obscur. Dans l’un ou l’autre cas la décision des juges aurait permis de clarifier les choses : la CPI était, soit une Cour « indépendante », soit « une Chambre d’enregistrement » de certains pouvoirs à la volonté hégémonique.

La décision est tombée en cette fin de journée du 3 juin 2013, à la limite extrême du délai imparti, comme pour montrer à l’évidence l’irrésolution du tribunal. Après tout ce long processus, des mois d’enquêtes, des dizaines d’heures d’audience et plus de soixante jours de réflexion, la Cour, désunie par la position « dissidente » de sa présidente, au lieu de recaler le dossier vide du Procureur, lui offre une session de rattrapage (décidément, avec le « rattrapage ethnique » d’ADO, cela commence à faire beaucoup !).

J’ai lu attentivement les dizaines de pages de la Décision et de l’Annexe présentant la position dissidente de Madame de Gurmendi. Je laisse le soin à notre défense d’analyser et de tirer toutes les conséquences qui s’imposent sur le plan juridique mais je pense, et cela sera sans doute le cas de millions de personnes, sur le continent africain d’abord, mais dans le reste du monde aussi, que trop, c’est trop !

Le président Gbagbo s’est battu toute sa vie pour défendre la démocratie. Il a été élu en 2000, après une période de transition militaire de sinistre mémoire pour les ivoiriens, il a dès son élection recherché le consensus national, il a été attaqué, en septembre 2002 par ceux là même qui ont été imposés à la Côte d’Ivoire en avril 2011, il a subi toutes les épreuves physiques et morales de Korhogo à La Haye, il a montré au monde entier sa force de conviction et son sens du devoir, et voilà qu’au terme ( !?) d’un douloureux processus où, malgré un acharnement du Procureur à la limite de la forfaiture (les vidéos kenyanes par exemple), une Cour de Justice est incapable de prendre une décision « juste » et perd son âme dans une démarche de fuite en avant, qui va s’avérer être une mortelle randonnée.

Après le camouflet du cas kenyan, avec l’élection d’Uhuru Kenyatta à la tête de son pays, après la position exprimée par les Chefs d’Etats africains au Cinquantenaire de l’Union Africaine, cette manœuvre dilatoire va, sans doute, achever de discréditer la CPI. (même si, formellement, le Statut de Rome prévoit l’éventualité d’une telle décision, son application dans le cas présent est singulièrement équivoque).

Ce 3 juin marque, pour tous les ivoiriens et ivoiriennes attachés à l’Etat de Droit et qui se battent, chacun avec ses moyens, pour un retour à la justice, à la paix sociale et au développement en Côte d’Ivoire, un tournant décisif dans cette lutte qui a pu paraitre souvent inégale et parfois déprimante. La victoire est au bout du chemin, elle est désormais possible. Pour cela il faut redoubler d’effort et de vigilance.

En effet comment, en quelques mois, l’accusation, qui se prévalait pendant l’Audience de février, d’un dossier « accablant », va-t-elle bien fournir les preuves qu’elle n’a pas su apporter en près de deux ans d’enquêtes ? Par quel « miracle » le dossier du Procureur, qui s’est avéré être ce que nous dénoncions tous les jours, un copier-coller de rapports d’ONG et de coupures de presse sans valeur juridique, pourrait-il se muer en un document irréfutable ?

Je peux en témoigner ici : le président Gbagbo n’a jamais douté car il mène un combat juste. Il m’a seulement souvent répété qu’il fallait être patient, lui qui, enfermé, devrait être le premier « impatient ». Je mesure aujourd’hui, une fois encore, la justesse de son jugement et la rigueur de son engagement, qui est de ne jamais dévier de l’objectif dès lors qu’il a été identifié.

Il nous reste, à chacun d’entre nous, qui n’avons pas cessé de croire en l’avenir, à exiger la libération du président Gbagbo pour qu’il participe activement à la Réconciliation nationale et au Renouveau du pays. Il faut rendre le président Gbagbo à la Côte d’Ivoire et rendre aux ivoiriens et ivoiriennes le choix de leur destin dans un véritable processus démocratique.

Trop, c’est trop !


Bernard Houdin
Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo
Représentant du Porte-parole pour l’Europe et l’Amérique

LA CPI renvoie l’accusation de Gbagbo à sa copie : manque de preuves


Six mois de plus pour en trouver ! (Quand deux ans n'ont pas suffi !)

... Silence total des "grands médias" !



Voir ici, ici et ici.

lundi 3 juin 2013

Cour Pénale Internationale : la décision concernant Laurent Gbagbo est ajournée pour insuffisance de preuves


La Chambre préliminaire I de la CPI s’est déclarée aujourd’hui dans l’impossibilité, au vu de la faiblesse des preuves apportées par l’Accusation, de confirmer les charges présentées contre le Président Laurent Gbagbo. Mais elle a opté à la majorité non pour une relaxe immédiate, mais pour un report de sa décision et a demandé au Procureur de fournir d’autres éléments de preuves dans le cadre d’un nouveau calendrier.

Suite ici et ici.


À quelques heures de la décision de la CPI...


Alors que la CPI est contestée en Afrique, et que Gbagbo est fêté par ses partisans en Europe pour son anniversaire...