mercredi 14 novembre 2012

Le Pr. Mamadou Koulibaly pointe la faillite du régime Ouattara



(Article censuré sur Blogs.nouvel obs.com)

Mamadou Koulibaly a choisi, au lendemain des "élections" de 2010, de ne pas affronter la "communauté internationale" - le trio Sarkozy, Choï/Ban Ki-Moon, Clinton/Obama. Choisissant, réaliste, de ne pas remettre cause le "résultat" des "élections" décidé par ladite "communauté internationale", et qui serait désormais invérifiable, Mamadou Koulibaly optait ipso facto pour ne pas insulter un avenir probable : la "communauté internationale" accepterait difficilement d'être désavouée en reconnaissant son erreur, à présent avérée, qui l'avait conduite à pousser coûte que coûte Ouattara au pouvoir.

Celui que ladite "communauté internationale" intitulait auparavant un "dur" de Gbagbo, alors président de l'Assemblée nationale, représentant l'aile libérale du FPI, rompait les ponts avec le FPI en fondant le parti libéral LIDER, et se positionnait ainsi comme alternative d'avenir. Un an et demi d’histoire post-électorale semblent avoir suffi pour donner raison à Mamadou Koulibaly. Ayant échappé aux violences arbitraires pour lesquelles le régime Ouattara s'autorise de la non-soumission au décret "international" des partisans de Gbagbo pour les pourchasser, Mamadou Koulibaly peut donner de la voix. Et désormais il ne s'en prive pas... (Au point que certains s'interrogent sur le "mystérieux accident" de la route qui a failli lui coûter la vie - survenu deux jours après sa déclaration ci-dessous.)




"Quelle est la réelle nature du régime Ouattara ?" s'interroge le président de LIDER. "Sans être exhaustif, précise-t-il, retenons trente (30) points des principales politiques pratiques qui caractérisent le régime ivoirien actuel...


1- Une grande insécurité qui n’arrive pas à être résorbée et qui, au contraire, augmente et met en péril tous les milieux d’affaires;

2- Une présence militaire et paramilitaire oppressante dans les rues et une marginalisation des corps de police et de gendarmerie alors que les populations sont abandonnées au racket d’hommes armés, qu’elles doivent accepter les barrages, et les fouilles à répétition qui prennent des allures de tracasseries;

3- Des violations constantes des droits de la propriété individuelle caractérisées par des vols à main armée, braquages des honnêtes gens, expropriations de maisons par des amis du régime, de terrains urbains, d’entreprises, de véhicules, appropriations autoritaires de forêts classées par des bandes armées proches du pouvoir;

4- Des violations répétées de la loi fondamentale sur laquelle le président de la République lui même, qui va ouvrir le congrès de l’Internationale Libérale, a prêté serment, notamment par des nominations anticonstitutionnelles à la tête de grandes institutions de l’Etat, (Conseil constitutionnel, Conseil économique et social, Assemblée nationale) et la prise d’ordonnances illégales qui lui permettent de se passer de son parlement dans lequel il n’y a pourtant aucune opposition;

5- Une non-dénonciation de l’environnement juridique qui donne la propriété de la terre à l’Etat et qui maintient un régime foncier archaïque, déconnecté des besoins et attentes réelles, en interdisant par exemple aux populations d’avoir le choix de vendre leur terre à des acquéreurs suivant les simples principes du libre échange;

6- Une gestion patrimoniale de l’Etat avec un gouvernement de quarante (40) ministères dont au moins quatre (4) sont délégués à la présidence de la République ;

7- De nombreux membres de la famille du président de la République impliqués dans la gestion directe des affaires de l’Etat ;

8- Un président de la République, également chef suprême des armées, qui ferme pourtant les yeux sur des violences perpétrées par les forces de défense nationales et leurs mercenaires supplétifs dans différentes villes et régions du pays, notamment à Duékoué, Sikensi, Yopougon, Azaguié, Arrah, Abidjan;

9- Une vengeance justicière qui se caractérise par une traque acharnée des militants de l’ancien régime et des personnes supposées proches. Traque confirmée par de nombreuses organisations internationales (HCR, ONU, Amnesty International, International Crisis Group, Human Rights Watch) ;

10- Une justice inéquitable aux ordres des puissants dont l’inefficacité est confirmée par l’indice de la liberté économique que ce soit celui de Heritage Foundation de Washington ou celui réalisé par l’institut canadien Fraser et qui donnent une note de 3,2 sur 10 à la Côte d’Ivoire en 2012;

11- Un manque de responsabilité du pouvoir et un déni de justice par le Président de la République qui refuse d’y soumettre les coupables de crimes de guerre, de crimes de sang et de crimes contre l’humanité issus de ses propres rangs ;

12- Une promotion des anciens Com’Zones (Chefs de guerre de l’ancienne rébellion 2002-2011) à des grades supérieurs dans l’armée et dans l’administration civile, même si leur formation est en inéquation totale avec les compétences exigées par ces postes;

13- Un recrutement ethnique marqué dans l’administration publique et les entreprises du grand secteur public avec des nominations autoritaires, hors concours, sans aucun critère de compétence, pour répondre à la volonté affirmée de «rattrapage ethnique» promue par le président de la République comme méthode de bonne gouvernance;

14- Une décentralisation dénaturée qui consiste plus en une déconcentration administrative de l’Etat qu’en une réelle volonté de subsidiarité ;

15- Des accords et traités internationaux signés dans une opacité totale. Les Ivoiriens n’ont, par exemple, toujours aucune information sur les derniers accords de défense signés avec la France ni sur le coût effectif du troisième pont à Abidjan dont la construction a été attribuée sans appel d’offre international;

16- Un contrôle des changes aux frontières alors que le gouvernement prétend que nous sommes dans une zone monétaire qui autorise la libre convertibilité de la monnaie locale;

17- Des prix administrés et fixés par l’Etat, notamment dans les filières agricoles du cacao, du café, de l’anacarde, du coton…;

18- Un contrôle direct de l’Etat dans la gestion et la commercialisation des produits agricoles de rente tel le cacao à l’exclusion des paysans producteurs qui sont parmi les populations les plus pauvres et les plus vulnérables du pays;

19- Une violation constante et impunie du Code des Marchés Publics. De grands marchés ont été octroyés à des proches du régime ou des entreprises sélectionnées sans appel d’offre, en dehors des règles de libre concurrence et dans un cadre de corruption manifeste (réhabilitations des universités et des prisons, confection des tenues des Forces Républicaines, lampes dites à économie d’énergie, etc.);

20- Des connivences avec des entreprises dont les monopoles sont protégés par l’Etat notamment dans les secteurs de la distribution de l’eau, de l’électricité, de la télévision, de la télécommunication;

21- Des licences d’importation et des quotas sur des produits de première nécessité et de grandes consommations, dont le riz, par exemple, réservés à des proches du pouvoir;

22- Un hyper-réendettement en désordre de l’Etat alors que le pays est sous perfusion PPTE et que les gaspillages des ressources publiques sont monnaies courantes;

23- Une augmentation sans justification et sans mesure transitoire des prélèvements obligatoires pour le financement de la retraite imposée par l’Etat au dépens des générations futures;

24- Des entraves fréquentes aux activités de la société civile que le gouvernement voudrait étouffer;

25- Des médias publics aux ordres, marginalisant les opposants au pouvoir et filtrant les communications de la société civile;

26- Une presse d’opposition régulièrement muselée et censurée même si celleci n’est pas exempte de critiques;

27- Un nombre important d’exilés et de refugiés dans les pays voisins qui justifie, pour la première fois dans l’histoire de la Côte d’Ivoire, un vote massif par les pieds de nombreuses populations apeurées et craignant pour leur vies face aux pratiques du régime;

28- Des étudiants sombrant dans les années blanches, soumis à des orientations autoritaires vers des filières choisies par l’Etat et non par les familles et à l’inefficacité de l’administration universitaire qui rend cauchemardesque, voire impossible pour beaucoup, leurs formalités d’inscription dans des facultés gardées par des hommes armés à la solde du régime;

29- Des partis d’opposition laissés en marge de l’activité politique sans statut ni financement, alors que les partis au pouvoir se financent grassement sur fonds publics;

30- Un cadre électoral déterminé autoritairement par l’Etat sans consensus et qui se manifeste par un redécoupage électoral arbitraire avantageant le parti du président de la République, une Commission Electorale prétendue Indépendante fortement déséquilibrée avec la présence de militaires alors que le chef de l’Etat est aussi le ministre de la défense, le chef supérieur des armées et le président du Conseil Supérieur de la Magistrature.

L’énumération de ce chapelet de trente mesures entre des centaines d’autres qui sont souvent évoquées ici, devrait aisément permettre à chacun de trouver un qualificatif adéquat au régime ivoirien actuel. Devinette : de quoi le régime Ouattara est-il donc le nom? Démocratie libérale? Tyrannie? Dictature?

A chacun son choix.


Professeur Mamadou Koulibaly
Président de LIDER


mardi 13 novembre 2012

Côte d'Ivoire : Chronique d'une régression politique et sociale


Extrait du Nouveau Courrier n° 653 du mardi 13 novembre 2012 :

Alors que le mot "désarmement" a disparu du vocabulaire gouvernemental, que les organisations humanitaires internationales viennent une fois de plus de dénoncer les brutales violations récurrentes des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire depuis l’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir, et que le président de la République, comme à son habitude, a réagi en nommant les chefs de guerre et militaires indexés à des postes de responsabilité, le Délégué national aux Questions sociétales de Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), le Dr Eblin Pascal Fobah, dresse un tableau sans fard du déclin ivoirien et appelle les intellectuels et les hommes politiques à agir de façon responsable.

Par Eblin Pascal Fobah




"[...] Il y a quelques jours, Amnesty International et la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (Fidh) ont produit des déclarations dans lesquelles elles remettaient en cause la gestion des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire. A la suite de la publication de ces rapports, le gouvernement a entrepris une visite des endroits incriminés. Mais, malgré les dénégations peu convaincantes du gouvernement, le constat est là: les droits de l’Homme sont piétinés en Côte d’Ivoire avec, excusez du peu, des camps de concentration qui ne disent pas leur nom. Et Amnesty International vient, comme pour répondre au gouvernement ivoirien et le désavouer, de réitérer cette affirmation dans un courrier adressé au ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères à l’occasion de l’appréciation de la candidature de la Côte d’Ivoire à l’élection au conseil des droits de l’Homme des Nations Unies. Les interrogatoires menés à coups d’électrocution ou avec des sachets brûlés sur le dos des prisonniers sont non seulement inhumains, mais rappellent de triste mémoire l’époque des gouvernances latino-américaines des années 70-80. Jamais, après l’épisode des faux complots d’Houphouët-Boigny au début des indépendances, il n’y a eu autant de prisonniers politiques que maintenant. On se demande ce qu’est devenu, une fois assis dans le fauteuil présidentiel, le démocrate tant célébré par les chancelleries occidentales qui ont l’impression, aujourd’hui, d’avoir été flouées mais se trouvent dans l’incapacité de désavouer publiquement leur poulain pour ne pas paraître ridicules d’avoir mis la charrue avant les bœufs. Pour une communauté internationale qui a horreur du déshonneur, la Côte d’Ivoire n’est pas loin d’offrir le scénario imprévu d’une immense erreur de casting dans les allées feutrées des palais présidentiels. En parlant de démocratie mais en agissant de façon diamétralement opposée, les gouvernants actuels ne favorisent pas une amélioration de la gestion des droits de l’Homme ni de la gouvernance démocratique.

La politique du rattrapage ethnique, revendiquée par le président de la République, en plus de violer l’article 10 de la Constitution, place le pays au-delà des bornes du fonctionnement démocratique des Etats. Beaucoup de citoyens ont perdu leur emploi parce que, dans l’incapacité de créer les emplois promis, l’on a trouvé le raccourci de licencier les uns pour embaucher les ethniquement proches. Malgré les nombreuses promesses de campagne faites par Alassane Ouattara, la réalité montre que ses slogans électoraux se sont retournés contre lui en très peu de temps.

«Ne donne pas ta voix à la misère», «Ne donne pas ta voix au chômage», «Ne donne pas ta voix à l’échec scolaire», «Ne donne pas ta voix à la corruption», entendait-on.

Aujourd’hui, la misère, le chômage ethnique par rattrapage, la gestion patrimoniale de la manne financière étatique bercent le quotidien des Ivoiriens. Le train de la bonne gouvernance peut siffler autant qu’il veut, les gouvernants actuels s’arrangeront toujours pour arriver en retard à la gare. On se sucre, à coups de détournements scandaleux dont les auteurs ne sont évidemment jamais poursuivis, sur le dos du contribuable dont la taille, à force de se serrer la ceinture depuis les années 80, a pris l’apparence caricaturale de celle d’une guêpe.

S’il faut reconnaître un talent au gouvernement, c’est sa capacité à communiquer beaucoup et bien, au point qu’à les écouter, on a l’impression que la Côte d’Ivoire est le paradis sur terre. Malheureusement, cette communication à effet cosmétique bien rodée ne parvient pas à tromper les esprits observateurs sur la laideur des réalités sociales ivoiriennes, à l’heure où le panier de la ménagère s’est transformé en sachet et où les pauvres représentent près de la moitié de la population.


Dr Eblin Pascal Fobah, Délégué national aux questions sociétales de LIDER


Avec les engagements pris pour obtenir le Ppte, comme l’augmentation du tarif de l’électricité figurant dans la lettre d’intention du gouvernement adressée aux bailleurs de fonds le 25 avril 2012, la situation des ménages risque d’empirer. Cet engagement vient, d’ailleurs, de faire l’objet d’une mesure prise lors du conseil des ministres du 7 novembre dernier. Quand on sait le rôle que joue l’électricité dans la vie des ménages et autres commerçants, on ne peut s’attendre qu’à de mauvaises nouvelles pour les consommateurs. Si c’est cela le cadeau de fin d’année que le gouvernement a trouvé à offrir aux Ivoiriens, il y a lieu de s’inquiéter encore plus pour nos bourses déjà fort démunies. Quand on ajoute à cela le fait que les prix des produits de première nécessité ne font que grimper sur le marché et ne baissent que dans les communiqués du gouvernement, il ne nous reste qu’à nous lamenter sur notre triste sort.

Depuis quelques mois, le peuple vit au rythme d’attaques tous azimuts d’un mystérieux commando qui rappelle aux Ivoiriens les heures noires du régime précédent. Autant Laurent Gbagbo n’a pas pu leur apporter la paix, autant Alassane Ouattara peine à les rassurer sur leur sécurité. La rivalité, savamment orchestrée par des « pro- » de tout acabit, entre ces deux personnages du microcosme politique ivoirien, nuit à la cohésion sociale et contribue à amplifier le climat d’insécurité et de méfiance entre les populations. Chacun, parmi les « pro- », rêve de revanche et le lait succulent de la haine de l’autre coule à flots dans les cœurs avides d’actes pernicieux et de destruction. Quand on ajoute à cela le fait que des forces régulières, formées à coups de millions et payées chèrement par le contribuable, sont réduites à se tourner les pouces parce que laissées sans moyens d’action et de défense et remplacées dans les provinces par une confrérie de chasseurs traditionnels aux pouvoirs prétendument mystiques, on ne peut que pleurer sur le sort de la Côte d’Ivoire. L’extension du terrain de chasse des Dozos, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, des bêtes sauvages aux être humains, montre que la Côte d’Ivoire n’a pas sa place parmi les Etats dits modernes. Il n’est plus besoin d’aller à Saint Cyr ou à West Point encore moins à l’Ecole des forces armées (Efa) pour apprendre le métier de militaire. Un tour en forêt, quelques amulettes aux hanches et aux bras et des scarifications le long du corps suffisent, avec une kalachnikov remplaçant le calibre 12, à faire un bon soldat. A cette allure, les Frci méritent une bonne retraite anticipée. La cité n’a nullement besoin d’elles, encore moins des policiers et des gendarmes. Et puis quand on a une force qui a des pouvoirs mystiques, on n’a pas besoin de gaspiller des millions pour équiper des policiers et gendarmes qui ont servi, avec dévouement, les prédécesseurs, au nom de leur devoir républicain consacré par la Constitution mais honni par le pouvoir actuel. Les Dozos, ces braves « soldats » si chers et précieux au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, sont là et les populations de Côte d’Ivoire et de la sous-région n’ont qu’à se tenir tranquilles.

Voilà ce qu’est devenue la Côte d’Ivoire après dix-huit mois de règne du président Ouattara. Et avec ce sombre tableau qui est loin d’être exhaustif, on prétend vouloir être un pays émergent à l’horizon 2020. Ceux qui y croient sont promis à une énième désillusion. Le chapelet des griefs énumérés par la directrice adjointe du programme Afrique d’Amnesty International dans son courrier en date du mercredi 7 novembre, sur la seule question des droits de l’Homme, montre que le chemin risque d’être encore très, très long. L’initiative Doing Business de la Banque Mondiale, qui mesure la réglementation des affaires et juge de la compétitivité des économies, ainsi que le Legatum Prosperity Index qui apprécie la prospérité mondiale révèlent, dans leurs différents classements et rapports, que la Côte d’Ivoire est à la traîne : 177e sur 185 dans le classement Doing Business et 126e sur 142 dans celui du Legatum Prosperity Index. L’éléphant est trop lourd et a du mal à suivre la marche du monde et cela, sur tous les plans dont quelques uns sont : l’économie, la création d’entreprises, les opportunités d’affaires, l’octroi de permis de construire, l’éducation, la gouvernance, la santé, les libertés individuelles, la sûreté et le sentiment de sécurité, le capital social. Mais même si le chantier est vaste, il n’est jamais trop tard pour bien faire, comme le dit l’adage. Il est donc temps de remettre le pays sur les rails du développement social et humain, qui implique une amélioration drastique de la situation dépeinte. Les intellectuels et hommes politiques ivoiriens sont invités à prendre leur place dans le grand élan d’encouragement critique adressé au gouvernement pour revoir radicalement sa copie, mettre fin aux dérives de toutes [...]

Dr Eblin Pascal FOBAH
Délégué national aux questions sociétales de LIDER

Lire l'article en entier sur Le Nouveau Courrier...


vendredi 9 novembre 2012

"Maintenant qu’il est acquis qu’en Côte d’Ivoire règne une dictature…"


Par Théophile Kouamouo. Dans Le Nouveau Courrier n°646 du lundi 5 novembre 2012 :

"La France, qui se targue de défendre la démocratie partout dans le monde, y compris par les missiles et les bombes, peut-elle continuer de former les officiers quasi-analphabètes d’une armée de tortionnaires ?"


"Désormais, il n’est plus objectivement possible de défendre le contraire, à moins d’assumer sa mauvaise foi et son soutien ouvert à une satrapie tropicale : le régime d’Alassane Ouattara, en Côte d’Ivoire, est bel et bien une dictature au sens classique du terme. Ce que le «récit national» avait déjà acté depuis le 11 avril 2011 et la «grande terreur» occultée à l’étranger, des organisations de défense des droits de l’Homme occidentales le confirment désormais. En Côte d’Ivoire, on torture, en se servant des méthodes héritées de la guerre d’Algérie. En Côte d’Ivoire, il existe des camps d’emprisonnement illégaux où de pauvres hères sont maltraités pendant des mois, sans contact avec des familles qui les cherchent en vain. En Côte d’Ivoire, ce qui fait office d’armée régulière a attaqué un camp de déplacés et tué des innocents en toute impunité, la justice ayant attendu des mois pour «rechercher» deux exécutants d’importance secondaire… qui ont eu, bien entendu, le temps de s’échapper. En Côte d’Ivoire, un chef de guerre pro-Ouattara comme Fofié Kouakou peut empêcher le juge Patrick Ramaël, qui enquête sur une affaire Guy-André Kieffer, qui est censé éclabousser…les pro-Gbagbo.

Il faut d’abord remarquer que ce qui ressemble à un tir groupé de dénonciations tous azimuts Amnesty International, FIDH, ONUCI, etc... est également le signe d’un conformisme assez préoccupant. L’observateur a comme l’impression qu’un certain nombre de groupes de pression et de médias dits «internationaux» attendent comme un mystérieux signal venu d’on ne sait où pour dire et écrire ce que tout le monde savait depuis un moment. Pourquoi, alors que la presse ivoirienne Le Nouveau Courrier en tête dénonce depuis des longs mois, photos et patronymes authentiques à l’appui, les pratiques de torture du régime (qui ont été fatales au policier Serge Hervé Kribié, par exemple), les nombreux journalistes étrangers qui se trouvent à Abidjan n’ont-ils même pas essayé d’enquêter sur la question ? Pourquoi les «scoops» et les «fuites» de la presse française sur la Côte d’Ivoire sont-ils si unilatéralement centrés sur ceux que l’on appelle «les pro-Gbagbo» alors qu’ils sont dans le creux de l’Histoire et que l’arbitraire règne plus que jamais au pays des Eléphants ?

On en vient forcément à un constat. Tant que les médias et les politiques occidentaux décident de «minimiser» les révélations des organisations internationales de défense des droits de l’Homme, qui sont elles-mêmes traversées de contradictions et sous l’emprise de leurs financiers, les dictateurs peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Quand Laurent Gbagbo était au pouvoir, toute dérive réelle ou supposée de son armée ou de son staff politique était directement reliée à lui. Les beaux esprits s’interrogeaient sur son rôle dans ces dérives, sur ce qui restait de sa «crédibilité» et de sa «légitimité» dans un tel contexte. Aujourd’hui, la «bulle explicative» tourne autour du pot et érige en tabou absolu la mise en cause directe d’Alassane Ouattara dans les exactions que l’on peut pourtant relier directement à des personnes dont le «grand chef» fait directement la promotion.

Et c’est cette «timidité» qui confine à l’hypocrisie qui permet au «cercle des politiques» occidentaux de refuser obstinément de tirer les conséquences «naturelles» de «l’infréquentabilité» désormais avérée du régime Ouattara. Dans ce contexte, il revient aux authentiques forces de progrès en Afrique et en Europe de poser les questions qui fâchent. La France, qui se targue de défendre la démocratie partout dans le monde, y compris par les missiles et les bombes, peut-elle continuer de former les officiers quasi-analphabètes d’une armée de tortionnaires ? Jusqu’à quand le président de la Commission européenne José Manuel Barroso pourra-t-il venir à Abidjan chanter les louanges de Ouattara en toute immoralité et en toute impunité ? Quelle puissance occidentale fournit à Abidjan les systèmes d’écoutes téléphoniques et les autres technologies qui sont, forcément, mises au service des violations des droits les plus élémentaires de la personne humaine ? La France de François Hollande ratifiera-t-elle le nouvel accord de Défense concocté en catimini par le couple «ouattarakozy» ? La Côte d’Ivoire est plus que jamais un pays-test pour la diplomatie hexagonale."


vendredi 2 novembre 2012

Côte d’Ivoire : Attention ! Poudrière Identitaire


Par M. Frindéthié :

"Depuis l’installation martiale d’Alassane Dramane Ouattara au Palais Présidentiel d’Abidjan par les troupes françaises, nous n’avons pas cessé d’interpeller le monde sur les dérives identitaires de son régime. Convaincu qu’il jouit d’une immunité internationale, Alassane Dramane Ouattara encourage personnellement une politique d’épurement ethnique qu’il théorise sans apologie aucune comme « politique de rattrapage ethnique » [...]

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jeudi 1 novembre 2012

Ça s'est passé à La Haye


Plaidoirie de Me Altit / 30.10.12. Vidéo :



"Le dernier capitaliste…


…vendra la corde avec laquelle on le pendra", aurait dit Lénine en substance...


Vérification en images...

1) ICI (lire la légende sous la photo) :

2) Ici :

Et là :
(Cf. ICI...)

Contradictoire ?

CQFD : double effet Kiss cool : on aura et l'islamisme (ça cache les femmes et persécute les homos mais ça fait du blé) et le mariage "pour tous" (ça ne mange pas de pain, mais ça peut rapporter)... Parce que je le vaux bien !

... Tout comme on a l’islamisme au Mali (effet Libye), Gbagbo à La Haye (effet FMI + Le Machin), et la corde au coup (effet nœud coulant)...