jeudi 5 janvier 2012

Affaire Kieffer : Les dessous de la dernière visite du juge Patrick Ramaël à Abidjan





Par Benjamin Silué. Extrait du Nouveau Courrier n°407 du 04/01/12 :

"Le juge français Patrick Ramaël est arrivé presque précipitamment, le lundi 2 janvier en soirée, à Abidjan pour – officiellement – poursuivre son enquête sur la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. Alors qu’il y a à peine plus d’un mois, en novembre dernier, le juge français était à Abidjan où il a pu interroger une quinzaine de personnes dans le cadre de la disparition du franco-canadien. Cette énième visite du juge d’instruction Ramaël laisse croire assurément qu’il y a une du nouveau dans l’affaire, à moins que le juge n’ait des envies de soleil au moment où l’hiver est rude à Paris. Les autorités politiques et judiciaires ivoiriennes, selon une source au ministère de la Justice, ont été quasiment mises devant le fait accompli quant à cette énième arrivée du juge français sur le sol ivoirien. Cette visite express de Patrick Ramaël sur les bords de la lagune Ebrié, cacherait-elle un certain nombre d’informations à même de faire évoluer le dossier ?

Au Nouveau Courrier, nous avons sur cette affaire quelques certitudes. Premièrement, «Gorge profonde» a été mis en contact, par une figure politique ivoirienne dont nous taisons le nom pour l’instant, avec un Français spécialiste du renseignement qui évolue depuis plus de dix ans dans les eaux saumâtres des intrigues d’Etat ivoiriennes. Contacté par nos soins, il a affirmé de ne pas être au courant du dossier qu’il a «traité», puis a par la suite essayé d’en savoir plus… sur ce que nous savons. C’est cet homme qui a été selon toute évidence chargé de faire le lien entre celui qui se présente comme un criminel repenti, l’Ambassade de France et le juge Ramaël. Est-il vraiment désireux, alors que son nom a été cité dans cette sombre affaire, de «noyer» un système Ouattara avec lequel il collabore aujourd’hui officiellement, après des coups de main officieux ? «Gorge profonde» affirme en tout cas que les effets personnels de Kieffer, soutirés par ses ravisseurs, ont été remis par ses soins à ce Français.

Nous savons également que «Gorge profonde» a eu un contact, dont nous ne connaissons pas la profondeur, avec le juge Ramaël, qui n’a pas souhaité communiquer sur un nouvel interlocuteur dont le témoignage est pourtant pris au sérieux, selon plusieurs indices. Nous savons, surtout, que les «sécurocrates» du régime ont été mis au courant de l’initiative de «Gorge profonde», par une des personnes en contact avec le dossier, et que ce dernier a subi des menaces explicites. [...]"

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Quand Guy-André Kieffer dénonçait non pas Gbagbo, mais le trader de Ouattara



Voir aussi : "Les dessous de la dernière visite du juge Patrick Ramaël à Abidjan"
Et : "Disparition de Guy-André Kieffer : des révélations troublantes mettent en cause le camp Ouattara"


Par Philippe Brou. Extrait du Nouveau Courrier n°407 du 04/01/12 :

"En général, Guy-André Kieffer est présenté comme le journaliste d’investigation poil à gratter qui enquêtait sur les « affaires » réelles ou supposées dans lesquelles étaient mouillés les barons du régime Gbagbo. Mais il est bon de se souvenir que, de tous ses fameux articles publiés sous pseudonyme dans la presse ivoirienne, celui qui a créé un vrai gros « buzz » international mettait en cause… Anthony Ward, le patron de la société Armajaro, notamment spécialisée dans le négoce de cacao, et dont le directeur Afrique est depuis quelques années Loïc Folloroux, le fils de Dominique Ouattara.

C’était juste après le déclenchement de la rébellion ivoirienne, le 19 septembre 2002. Dans un article paru en dernière page de Fraternité-Matin, signé « Laurent », Guy-André Kieffer dénonçait « Armajaro et AIG Fund : les financiers de la déstabilisation ». Il met en relation l’achat de plus de 5% de l’offre mondiale de cacao par Armajaro et le lancement de la rébellion, qui permet une déstabilisation des approvisionnements, une hausse des cours et une grosse plus-value pour les spéculateurs encagoulés. [...] La mort de Guy-André Kieffer enterre définitivement ce fameux dossier Armajaro. Jusqu’au mois d’août 2010, où il récidive dans une opération d’achat massif de cacao comme celle qui a précédé la « première guerre ».

Ministre du Budget sous le gouvernement Aké N’Gbo, Koné Katinan a confirmé, dans Côte d’Ivoire : le coup d’Etat, la forte implication d’Armajaro dans le financement des assauts sur Abidjan par les forces pro-Ouattara. « En ce qui concerne la suspension des exportations du cacao de janvier 2011, il est clair que sous le couvert des sanctions de l’Union Européenne, se cachait une vaste opération spéculative sur le cacao menée par Armajaro. En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international. Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant

une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.

C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro. »

Au moment où l’affaire Kieffer se retourne spectaculairement contre le régime Ouattara, les informations qui précèdent permettent de comprendre que le journaliste et consultant franco-canadien n’inquiétait [...]"


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Affaire Kieffer : vers un tournant


Disparition de Guy-André Kieffer : des révélations troublantes mettent en cause le camp Ouattara

Par Gérard Koné. Extrait du Nouveau Courrier n°407 du 04/01/12 :


Voir aussi : "Les dessous de la dernière visite du juge Patrick Ramaël à Abidjan"
Et : "Quand Guy-André Kieffer dénonçait Anthony Ward, le trader de Ouattara"

"La disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer en avril 2004 a alimenté l’actualité nationale 7 ans durant, sans que le dossier n’avance réellement. Des personnes avaient été soupçonnées dans l’affaire de la disparition du journaliste. Après un mutisme de plusieurs années, un des auteurs du crime, comme il se présente lui-même, s’est ouvert au Nouveau Courrier pour dire toute la vérité sur cette affaire. «Je ne veux pas que des innocents paient pour ce que nous avons fait», lâche-t-il. Un témoignage-révélation que nous vous livrons.

Il est 20 heures, ce mercredi 21 décembre 2011, quand nous recevons un appel de quelqu’un qui prétend avoir des révélations à nous faire. Nous insistons à avoir la teneur de ces révélations qui, selon lui, pourraient nous intéresser. «Guy-André Kieffer», lâche-t-il. «Est-il vivant, où est-il ?», nous demandons-lui d’emblée. «Non, mais je sais qui l’a tué, parce que je fais partie de ceux qui l’ont enlevé ce jour-là», rétorque notre interlocuteur. «Mais pourquoi, vous ne saisissez pas la police ou l’Ambassade de France, puisque ce sont eux les mieux placés pour ce dossier ?», proposons-nous. «Je ne peux pas me livrer à la police ivoirienne, à cause de ceux qui sont impliqués dans l’affaire Kieffer. Ce sont des personnalités de l’actuel régime, donc vous comprenez. Je préfère me confier aux journalistes avant de saisir l’Ambassade de France. Parce que je ne sais pas ce qui peut m’arriver», nous explique-t-il. Après quelques secondes d’hésitations, nous faisons savoir gentiment à notre interlocuteur que nous le recontacterons dans les minutes qui suivent. Une réunion de crise est improvisée à l’instant. Deux blocs se dégagent : d’un côté, il y a ceux qui pensent à un piège et de l’autre ceux qui estiment que l’interlocuteur devrait être entendu, malgré les risques que cela comporte.

Quelques minutes après, nous recontactons notre «Gorge profonde», c’est ainsi que nous avons décidé de le nommer pour préserver son identité, qui avance quelques détails fort intéressants et à même de crédibiliser sa version, dès lors qu’un juge prendrait la peine de les vérifier. Rendez-vous est donc pris pour 23 heures quelque part au Plateau, après avoir pris des dispositions sécuritaires renforcées.

Nous nous retrouvons finalement face-à-face avec «Gorge profonde», un homme bien bâti, mais de taille moyenne. Une fois les présentations faites, nous entrons dans le vif du sujet. «Vous nous avez dit que vous avez des révélations sur l’affaire Guy André Kieffer, qu’en est-il ?», attaquons-nous directement. «Ce n’est pas comme si j’ai des révélations à vous faire, mais c’est plutôt la vérité sur ce qui s’est passé que je veux vous dire. Parce que je fais partie de ceux qui ont réellement tué Guy-André Kieffer. Il n’est pas normal qu’on accuse d’innocentes personnes, alors que les véritables coupables sont vivants et ne sont pas inquiétés. Vous allez certainement me demander pourquoi maintenant, eh bien parce que je me rends compte qu’on s’apprête à faire payer des innocents pour un meurtre qu’ils n’ont pas du tout commis. Alors que ceux qui nous ont envoyé et les exécutants sont libres et nullement inquiétés. Je n’en pouvais plus de garder ça sur la conscience», s’est justifié «Gorge profonde».


Détail d’un témoignage explosif

Selon les explications de «Gorge profonde», sachant que Guy André Kieffer était présenté comme un journaliste d’investigation et qui enquêtait sur les ressources du café-cacao et surtout le pétrole, il constituait de ce fait un pou sur la tête de l’ex-pouvoir. Ainsi, une fois le journaliste franco-canadien éliminé, tous les soupçons se tourneraient le plus logiquement du monde vers le président Laurent Gbagbo et son entourage. Et c’est justement ce scénario qui a prévalu, en tout cas jusqu’à maintenant. «Nous étions cinq personnes qui avions été choisies pour cette opération. Nous étions tous dans le maquis à cette époque là. Il y avait Waré Ouézimba dit petit Fofié, Guindo Omarba, Coulibaly Lamine, Koné Mamadou (décédé depuis lors, ndlr), ex-commandant de Koni (localité située entre Korhogo et M’bengué) et moi-même. Pour cette opération, personnellement j’ai été contacté par un ministre RDR (…) Il m’a expliqué l’importance de l’opération et combien de fois, cela pouvait permettre à notre champion, le Dr Alassane Dramane Ouattara, d’arriver facilement au pouvoir. Puisque les Occidentaux le soutiendraient. Donc nous, comme notre objectif qu’on visait était que le président Alassane Ouattara puisse arriver au pouvoir, nous avons été plus motivés à mener cette opération. On nous avait promis 5 millions de Fcfa en cas de succès de l’opération. Nous avions reçu des mains du ministre une avance de 2 millions de Fcfa. Il nous a remis cette somme à son cabinet au Plateau un soir vers 19 heures», détaille-t-il.

Du commando de 5 personnes recruté pour l’opération, «Gorge profonde» avouera que 3 «exercent» encore. En clair, ils font partie des Frci, deux sont à Abidjan et le troisième à Korhogo. Quant à lui, il a choisi une autre voie et le cinquième est décédé.


Le film de l’enlèvement du franco-canadien, selon notre interlocuteur

«Depuis le jeudi 8 avril 2004, Guy-André Kieffer était pisté par deux d’entre nous, grâce aux informations détaillées qu’ils ont mises à notre disposition. Et c’est finalement le vendredi 16 qu’on a jugé le moment favorable à son enlèvement. Aux alentours de 15h – 16 h, il quittait la Galerie du Parc, où il avait rendez-vous avec une dame. Mais quelques heures plus tôt, il avait rencontré quelqu’un. Il a quitté les lieux à bord d’un véhicule 405 qui était garé sur le parking du supermarché. Je ne sais pas si c’était son véhicule, mais en tout cas ce jour-là, c’est à bord de la 405 qu’il roulait. Nous, nous étions dans notre véhicule, on attendait qu’il monte dans son véhicule. Une fois monté dans la 405, on l’a suivi de la Galerie du Parc et c’est au niveau de l’Hôtel de ville qu’on a réussi à l’intercepter. Nous étions aux alentours de 16h à 16h 30 mn par là. Arrivés à son niveau, nous lui avons demandé de garer son véhicule et nous avons affirmé que nous étions de la Brigade des recherches et qu’il devrait nous suivre pour quelques questions. Bien sûr, nous étions en tenues civiles et avions à l’occasion de fausses cartes de la Brigade des recherches qu’on nous avait remises. On lui a demandé donc de nous suivre. Il n’a pas opposé de résistance, il s’est exécuté sans problème. On l’a donc fait monter dans notre véhicule et j’ai demandé à l’un de nous, d’aller garer le véhicule de Guy-André Kieffer à l’aéroport. Tout simplement pour ainsi faire diversion. Nous l’avons conduit, sous la menace de nos armes, dans une des maisons inachevées qui bordent la forêt du Banco», raconte-t-il avec un sang froid qui donne du froid dans le dos. Il déclare aujourd’hui être prêt à affronter la justice, mais pas la justice ivoirienne qu’il juge complètement inféodée au régime Ouattara, dont certains gourous, selon ses révélations, sont impliqués dans l’enlèvement et l’assassinat du journaliste franco-canadien.


«Comment il a été tué et où il a été enterré»

Selon «Gorge profonde», Guy André Kieffer n’a pas été assassiné par balle comme les gens l’ont laissé croire et il n’a jamais été conduit aussi dans la forêt du Banco. «C’est archifaux», assure-t-il. Il détaille ici l’assassinat du franco-canadien, après son enlèvement. «Guy-André Kieffer a été étranglé et non tué par une arme. Nous étions cinq gaillards sur lui seul. Après l’avoir étranglé, nous l’avons emballé dans des sacs. Nous avons retiré tout ce qui était comme appareil sur lui. Il avait même un enregistreur, des téléphones portables et puis certains documents. Il y a une femme qui a appelé sur son téléphone au moment où on embarquait le corps et j’ai répondu à la dame qu’elle ne le reverra que dans l’au-delà. Elle avait une voie de femme de race blanche. Je lui ai dit «adieu tu ne reverras plus jamais ton homme» et j’ai raccroché, puis retiré la puce de Kieffer. J’ai même utilisé l’appareil pendant quelque temps. Entre 19h et 20h par là, nous avons pris l’autoroute jusqu’à la Gesco et avons pris une voie non bitumée au quartier Micao, pour pouvoir contourner le corridor qui en ce moment n’était pas construit comme il se présente actuellement. Nous sommes sortis dans la forêt et avons rattrapé l’autoroute pour continuer à une cinquantaine de kilomètres d’Abidjan. Son corps a été enterré entre Sikensi et Abidjan. Et jusqu’au jour d’aujourd’hui, je suis en mesure de vous conduire là où on l’a enterré et vous montrer les restes de Guy André Kieffer», a fait savoir «Gorge profonde». Il affirme avoir toutes les preuves de ses rencontres avec le ministre RDR encore en activité actuellement qui les aurait contactés pour l’opération. Après l’opération, «Gorge profonde» affirme être rentré plusieurs fois en contact avec le ministre en question pour rentrer en possession de leur dû, mais en vain.

«Aujourd’hui, je suis près à me rendre à la justice si les garanties sont réunies et si c’est sûr et certain que je ne serai pas tué. Je suis prêt à faire la prison, pourvu que justice soit rendue et que nous tous qui sommes impliqués dans la disparition du journaliste puissions payer», affirme-t-il. Le juge Patrick Ramaël vient de débarquer à Abidjan, et Le Nouveau Courrier est en mesure de confirmer que «Gorge profonde» est en relation avec lui. Il affirme également [...]"

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mercredi 4 janvier 2012

Face à l’insécurité galopante: L’Ambassade du Canada en Côte d'Ivoire délocalisée au Sénégal


Par Yacouba Gbané. Extrait du Temps, 3 janvier 2012 :

«Il faut que Laurent Gbagbo quitte le pouvoir pour qu’Alassane Ouattara puisse s’installer. Et cela va apporter la sécurité, la stabilité et la paix en Côte d’Ivoire». C’était le message de Barack Obama et de Nicolas Sarkozy aux premières heures de la crise post électorale. Huit mois après son arrivée au pouvoir, dans les conditions obscures que tout le monde sait, la réalité est autre chose.


L’insécurité est galopante. La stabilité du pays est dans l’impasse. Face à cette situation, des pays faisant partie des soutiens extérieurs d’Alassane Ouattara ont décidé de prendre des mesures. Afin de mettre leurs ressortissants à l’abri. Ainsi, les autorités canadiennes, dans un communiqué lu jeudi 29 décembre 2011 sur les antennes de la télévision ivoirienne, ont décidé de délocaliser leur ambassade d’Abidjan à Dakar.

Tous ceux qui voudraient aller dans ce pays doivent se déplacer dans la capitale sénégalaise pour se faire établir un visa. Bien avant, ce sont les Etats-Unis qui déconseillaient la Côte d’Ivoire à leurs ressortissants. Et leur message est clair : «l’Ambassade américaine à Abidjan et le département d’Etat continuent de suivre de très près, la situation en Côte d’Ivoire. l’Ambassade des Etats Unis conseille aux citoyens américains voulant se rendre en Côte d’Ivoire, d’être très vigilants. Car des risques de troubles sociaux, d’instabilité politique, de violence et de violation des droits de l’homme sont présents dans le pays. Les citoyens américains demeurant en Côte d’Ivoire sont invités à rester informés à travers les médias, des événements locaux. Et demeurer attentifs à leur environnement.

L’incertitude politique et l’imprévisibilité du conflit recommandent une extrême prudence aux citoyens américains en Côte d’Ivoire ». Le secrétariat d’Etat américain ne dit pas le contraire. Il soutient : « les capacités de l’Ambassade des Etats Unis à offrir les services consulaires et assister les ressortissants américains au-delà d’Abidjan sont très limitées. De nombreuses zones de la Côte d’Ivoire sont difficiles d’accès. Et se rendre dans ces zones est hasardeux. En dehors des principales villes, les infrastructures sont pauvres. L’assistance médicale limitée et il existe peu d’opportunités pour les touristes.


LES INVESTISSEURS EXTÉRIEURS DANS LA DANSE

Les investisseurs extérieurs de leur côté, selon des informations en autre possession, n’entendent pas venir maintenant en Côte d’Ivoire. Ils estiment qu’il n’y a aucune garantie sécuritaire. En plus, les armes circulent partout sur le territoire national. Dans ces conditions, aucun investisseur n’est dupe pour jeter ses fonds dans un pays dont l’avenir est incertain. La preuve, depuis huit mois, le cherche des investisseurs. « Quelqu’un ne peut s’amuser en ce moment à venir investir dans notre pays. Le racket et le braquage sont un frein.

Les autorités gouvernementales ont peur des hommes armés. Puisqu’elles leur doivent leur pouvoir » fait remarquer j.T, un banquier. Et de poursuivre : «c’est l’économie du pays qui prend un coup. C’est dommage pour la Côte d’Ivoire. On aurait pu éviter cette situation. Si on ne réagit pas le plus rapidement, on va droit dans le mur.


UN CAMOUFLET POUR OUATTARA

A la lumière de ce qui précède, on peut dire que c’est un camouflet pour le régime d’Alassane Ouattara qui n’a que ses yeux pour pleurer. Ces décisions sonnent comme un coup de poignard. Les nouveaux tenants du pouvoir ne s’attendaient pas à une telle position des autorités américaines et canadiennes.

Puisque les Etats Unis et le Canada font partie des pays qui ont été très actifs à ses côtés pendant la crise post électorale. La pilule est amère. Il faut l’avaler. Le régime d’Alassane Ouattara ne peut que s’en prendre à lui-même. Dans la mesure où en huit mois de gestion du pouvoir, il a montré ses limites en matière de sécurisation des biens et des personnes sur l’ensemble du pays. Il ne se passe de jour sans qu’il y ait affrontement entre population et les soldats d’Alassane Ouattara qui se solde par des morts et des destructions des biens et matériels. Le racket, vol et braquage sont le lot quotidien des populations. Tout se passe sous les yeux de « docteur solution ». Même son appel demandant à ses soldats de retourner dans les casernes est resté lettre morte. Puisque les Frci n’ont pas bougé. Montrant son incapacité à maîtriser l’armée.

Ce qui fait dire à des observateurs qu’il n’est pas l’homme qu’il faut pour sauver la Côte d’Ivoire. Certains de ses anciens soutiens extérieurs sont également déçus. Ils ont du remord. Ce n’est que le début des déboires du régime Ouattara. Les pays n’ont pas d’amis. Mais des intérêts à défendre. Il faut dire que le très faible taux de participation aux législatives du 11 décembre dernier n’ont fait que l’enfoncer. Puisque tout le monde a vu le poids réel d’Alassane Ouattara. Il se raconte que [...]...


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mardi 3 janvier 2012

CPI / Le maire de La Haye en soutien à Laurent Gbagbo



Extrait de Gabonlibre.com. Article de Rosine Manso, mardi 3 Janvier 2012 :

"[...] Le maire de la commune de la Haye serait très content de Laurent GBAGBO. Depuis l’arrivée de cet homme que ses détracteurs présentent comme un dictateur, « le monde entier bouge en sa faveur ». De même, toutes les activités de la ville marchent, ce qui donne des bénéfices substantiels à la ville.

[...] Le maire, bien content, entendrait donner 1% des bénéfices de la commune par jour aux avocats de Laurent Gbagbo. Un avocat de la « Dominik Stann » viendrait le défendre bénévolement. Les « blackokus américains », des juifs et ceux de présidents (un africain et un sud américain) auraient mobilisé un montant important pour le Président Gbagbo, qui selon les nouvelles de la Haye et d’Europe, est l’homme le plus populaire au monde [...]".


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lundi 2 janvier 2012

2012 : on est entré dans un autre monde


... Et ce n'est pas nouveau, ça ne date pas de fin 2011...

En guise de voeu(x) : en prendre conscience - une urgence.


Est-il encore temps ? L'Occident - dont la France - persévérera-t-il dans une violente (auto-) destruction ou optera-t-il enfin pour la fraternité dans le monde nouveau qui vient de toute façon ?

Nostalgie d'une fraternité encore possible ?


« Les habitants et communauté de Champagney ne peuvent penser aux maux que souffrent les nègres dans les colonies, sans avoir le cœur pénétré de la plus vive douleur, en se représentant leurs semblables, unis encore à eux par le double lien de la religion, être traités plus durement que ne le sont les bêtes de somme. Ils ne peuvent se persuader qu'on puisse faire usage des productions des dites colonies si l'on faisait réflexion qu'elles ont été arrosées du sang de leurs semblables : ils craignent avec raison que les générations futures, plus éclairées et plus philosophes, n'accusent les Français de ce siècle d'avoir été anthropophages, ce qui contraste avec le nom de français et encore plus celui de chrétien. C'est pourquoi, leur religion leur dicte de supplier très humblement Sa Majesté de concerter les moyens pour, faire des sujets utiles au royaume et à la patrie. » (Document B-4213 aux archives Départementales de la Haute-Saône à Vesoul)

Synthèse d'après des notes d'Afroleaks, ici, ici et ici...


dimanche 1 janvier 2012

Adresse à la Nation du Président Laurent GBAGBO – vœux pour 2012


Par le Ministre KONE Katinan Justin, porte-parole.



Ivoiriens, ivoiriennes, chers compatriotes, chers habitants de la Côte d'Ivoire,

Je voudrais au nom du Président Laurent GBAGBO vous souhaiter une très bonne année 2012. En son nom je formule le vœu que cette nouvelle année qui commence soit meilleure à celle qui s'achève.

En effet, c'est peu de dire que l'année 2011 aura été une année particulièrement éprouvante pour notre pays. Les blessures profondes visibles de nos corps et celles non visibles de nos cœurs témoignent de l'extrême traumatisme que nous avons connu au cours de l'année qui s'écoule. Il reste indéniable que cette année-là marque une étape importante de l'Histoire de notre pays en ce qu'elle nourrit tous les questionnements de notre devenir en tant que peuple appelé à participer à la construction de l'humanité. Sous quelque angle où l'on la consulte, l'année 2011 n'aura apporté que désolation au peuple ivoirien. La contre-valeur en gain de la douleur subie reste très marginale. Le bilan reste donc très négatif à tout point de vue.

Sur le Plan politique, après Décembre 1999, la Côte d'Ivoire a enregistré au cours de l'année écoulée une deuxième rupture de l'ordre constitutionnel. En effet, le 11 Avril 2011, le Président de la République investi comme tel par le Conseil Constitutionnel qui l'avait déclaré vainqueur de l'élection présidentielle du 28 Novembre 2010 a été renversé par l'armée française placée à l'avant-poste d'une armée de mercenaires spécialement recrutés à cette fin. Contre cette armée étrangère les forces de défense et de sécurité toutes unités confondues ont défendu avec honneur et bravoure la République et l'ordre constitutionnel. Le Président Laurent GBAGBO continue de leur exprimer sa profonde estime pour leur sens élevé du patriotisme. Pour ceux des nôtres qui l'ont combattu sans en mesurer les conséquences sur la patrie et la souveraineté de notre peuple, le Président Laurent GBAGBO les rassure de son pardon. Le Président Laurent GBAGBO a été renversé et détenu arbitrairement à Korhogo pendant six mois dans des conditions que lui-même a décrites le 5 décembre dernier suivi de sa déportation à la Haye. Cette rupture de l'ordre constitutionnel est l'accomplissement d'un long processus de dégénérescence de l'Etat et de mise à mort symétrique des valeurs qui le sous-tendent entamées depuis le 19 septembre 2002.

Ce n'est donc pas un fait accidentel. Ce processus procède d'une logique portée par un certain ordre mondial pervers qui perturbe l'échelle des valeurs de toute la planète. Le code d'honneur de l'action politique n'existe plus. L'Etat tel que nous l'avons connu et aimé semble vivre ses derniers moments. Les grandes valeurs que l'Humanité a drainées dans son évolution tombent sous le coup de la censure. La patrie, la souveraineté, l'Etat, la Nation, le Peuple sont devenus des termes hérétiques dans la nouvelle « religion » qui oriente notre monde. La mondialisation en tant que vecteur de rapprochement des peuples unis par le même destin se corrompt chaque jour davantage. Pourtant elle constitue une belle occasion pour l'humanité de réaffirmer son unité dans sa diversité. La prise en otage de ce mouvement salutaire pour l'Homme par une minorité manipulatrice en assombrit les horizons pourtant prometteurs. La Côte d'Ivoire, notre pays en a été le champ d'expérimentation en 2011.

C'est pourquoi il nous faut faire une lecture sereine et profonde des évènements politiques de 2011. La bonne lecture que nous ferons de ces évènements permettra d'ajuster notre détermination et de rationnaliser nos efforts pour mener ce combat qui s'annonce vital pour nous. Il faut que nous ayons une claire vision de la logique implacable de notre monde. L'arrestation du Président Laurent GBAGBO et de tous les hauts cadres qui lui sont proches politiquement ou administrativement ainsi que l'exil forcé des autres rentrent dans un schéma de déréglementation d'un ordre devenu gênant pour une coterie de personnes dont la cupidité n'a d'égal que leur égocentrisme démesuré. Toutes les dimensions de notre communauté humaine à l'échelle planétaire sont entrain d'être soumises aux dictats de cette coterie. C'est pourquoi un esprit rationnel ne peut comprendre ce qui se passe dans notre pays. Une élection fut-elle présidentielle qui reste avant tout une affaire domestique à chaque Etat ne peut donner lieu à autant de désolation. La déportation du Président Laurent GBAGBO dans une prison à la Haye est certainement la plus grande injustice de notre jeune Histoire. Mais elle nous offre en même temps la formidable occasion de démontrer au monde notre détermination à nous battre pour garder la maîtrise de notre destin et celui de tous les peuples enchaînés. C'est le défi majeur que nous devons relever pour l'année 2012. La grande chaîne de solidarité qui se dresse autour du Président Laurent GBAGBO à travers le monde traduit la justesse de son combat dont la cause transcende les seules frontières ivoiriennes. L'adhésion massive des ivoiriens au boycott lancé par le FPI et le CNRD nous donne de bonnes raisons d'espérer sur l'issue favorable de notre combat.

Nous osons croire que chacun a pu tirer objectivement les leçons de ce faible taux de participation jamais enregistré par une élection dans notre pays. Il est constant que dans la marche de l'humanité que chaque cause soit incarnée par un homme. Le Président Laurent GBAGBO incarne celle qui sous-tend le combat que nous menons. Notre liberté, notre dignité sont portées par lui et le peuple le lui rend bien aussi bien en Côte d'Ivoire que partout ailleurs. Il me semble opportun que chaque acteur de la vie politique de quelque bord qu'il se situe ait pu tirer leçon du message du peuple ivoirien. Le peuple a voulu tout simplement nous rappeler que le dialogue politique qui doit déboucher sur la réconciliation ne peut exclure en aucun cas le Président Laurent GBAGBO. Le peuple ivoirien a voulu également rappeler qu'il reste encore en attente des résultats définitifs de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010. Jaloux de ses prérogatives, le peuple a crié son indignation face à la communauté internationale qui l'a spolié avec violence de son droit de vote.

La révolte silencieuse du peuple ce 11 décembre 2011 s'inscrit dans la mobilisation générale qui s'observe à travers le monde autour de la question essentielle de qui a gagné les élections présidentielles en Côte d'Ivoire. Je voudrais à ce niveau de mes propos, au nom du Président GBAGBO, remercier solennellement toutes ces nombreuses personnes qui se dressent chaque jour en Côte d'Ivoire, en Afrique, en Europe, en Amérique sans distinction de race pour soutenir le combat du Président Laurent GBAGBO. Je les invite à demeurer dans la posture du combattant permanent : « aller jusqu'au bout », aller jusqu'à ce que justice soit rendue. Il est bon de savoir que le Président Laurent GBAGBO est en prison avec toutes les restrictions que cela comporte. Il faut se garder de se laisser endormir par la rhétorique selon laquelle, il est dans de bonnes conditions à la Haye. Les conditions sont aussi drastiques que partout ailleurs dans les prisons. Seule notre mobilisation reste le gage de la restauration de la dignité du Président Laurent GBAGBO qui est également la nôtre. Le coup d'Etat du 11 avril 2011 a été perçu comme onde de choc qui a impacté négativement la cohésion sociale.

En effet, sur le plan social, le Président Laurent GBAGBO a posé les bases d'une intégration sociale solide. Cette intégration sociale s'est ressentie dans l'Administration et dans l'armée, les creusets de notre identité nationale. L'attachement du Président Laurent GBAGBO à la République a guidé son action sur le plan social. Dans un pays coupé en deux, l'Etat sous le Président Laurent GBAGBO a respecté tous ses engagements vis-à-vis de ses citoyens sans distinction d'ethnie, de religion ou d'opinion politique. Vu sous cet angle, depuis le 11 Avril 2011, la Côte d'Ivoire fait de graves pas en arrière. La cohésion sociale s'est rompue. Les multiples licenciements qui ressemblent plus à des règlements de comptes politiques sont les derniers coups qui portent l'estocade à la famille déjà affaiblie par les emprisonnements arbitraires, l'exil forcé et la rétention illégale des moyens de subsistance par un Etat qui a tourné définitivement le dos au droit. Faut-il le rappeler, la famille constitue la fondation sur laquelle se construit la cohésion sociale. Les meurtres et les assassinats qui se perpétuent rapprochent malheureusement notre pays d'une déflagration sociale plus importante. C'est pour prévenir un chaos généralisé que nous devons nous battre pour sauver notre République et notre Nation en 2012. Nous ne pouvons les abandonner à l'aventure. Pour se faire, le débat politique doit s'ouvrir impérativement en Côte d'Ivoire. Un débat inclusif qui suppose l'élargissement de tous les détenus civils et militaires, le retour des exilés, la fin des tueries.

Toujours au niveau social, la fermeture prolongée de l'université place dans une situation stressante les étudiants et leurs parents notamment les plus démunis. Ce sont au total plusieurs dizaines de milliers d'étudiants issus de trois promotions de terminale qui s'interrogent sur leur avenir. L'école est devenue un droit censitaire là où le Président Laurent GBAGBO l'avait rendu gratuit. En décidant de maintenir l'université fermée contre tout bon sens, la République abandonne ses propres enfants et avec eux son propre avenir. La Côte d'Ivoire n'a jamais connu pareille situation de toute son Histoire. Deux raisons majeures expliquent le drame de l'université ivoirienne. La phobie ressentie par le Gouvernement de la contestation estudiantine inhérente à toute société démocratique, mais surtout son souci de se faire des économies.

L'impact économique de la crise politique ivoirienne est multiforme. Sous le saupoudrage de quelques actions d'éclat se cache une véritable incapacité à tenir les engagements les plus élémentaires de l'Etat, malgré le retour à la politique de l'endettement exorbitant. Le Président Laurent GBAGBO a donné au monde entier de découvrir le génie de la Côte d'Ivoire qui malgré une conjoncture des plus difficiles a entrepris une vaste politique de désendettement sans pour autant compromettre les engagements de l'Etat vis-à-vis des citoyens. Les paysans ont eu droit à une juste rémunération du fruit de leur travail. Le kilogramme de cacao qui se négociait à 1200 F CFA, en 2010, est tombé à moins de 500 F après le 11 avril 2011. Les travailleurs du secteur public ont connu une amélioration de leur rémunération. Le budget arrêté par le Gouvernement AKE NGBO avait pris en compte l'amélioration du statut financier de plusieurs corps dont notamment les diplomates, les sages-femmes, etc, pour un coût budgétaire de l'ordre de 14 milliards de francs CFA. Les grands travaux d'urgence de la ville d'Abidjan notamment l'échangeur du carrefour de la Riviera II et la jonction de la 7ème Tranche et de la 8ème Tranche des II plateaux financés par la Banque mondiale se poursuivraient avec la construction sur fonds propres du troisième pont. La poursuite des travaux du Pont reliant Jacqueville au continent et la fin des travaux de l'autoroute du nord témoignent de l'engagement du Président Laurent GBAGBO de construire son pays en mobilisant le maximum de ressources intérieures. La déclaration obligatoire des biens des ministres avant leur entrée en mission exigée par le Président Laurent GBAGBO et le Premier Ministre AKE NGBO constitue une première dans l'histoire de la Côte d'Ivoire et traduit la volonté du Président Laurent GBAGBO d'engager sans réserve la lutte contre la corruption.

Mesdames et Messieurs, chers compatriotes, la Côte d'Ivoire nous appelle. L'Afrique nous interroge et le monde entier nous regarde. Notre salut et notre destin sont plus que jamais dans nos mains. Nous avons le devoir devant notre propre Histoire de nous battre pour imposer le bon sens et la justice dans le débat politique en Côte d'Ivoire. Cela passe par la libération du Président Laurent GBAGBO et l'ouverture d'un vrai dialogue politique dans notre pays. C'est le minimum de considération que l'on doit aux électeurs ivoiriens qui ont réaffirmé leur choix du 28 novembre 2010 le 11 décembre dernier. Que la nouvelle année qui commence aide les nouveaux promoteurs de la démocratie à la baïonnette à comprendre que partout ailleurs dans le monde, seul le peuple souverain décide de son avenir en dehors de toute pression y compris celle des armes les plus puissantes. Le peuple ivoirien entend ne pas faire l'exception.


Bonne et heureuse année 2012 à toutes et à tous, dans la paix vraie. Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!

Pour le Président Laurent GBAGBO,
le Ministre KONE Katinan Justin



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