mardi 12 juillet 2011

Trois mois après sa prise du pouvoir : La «Solution» devient un problème pour les Ivoiriens


Source :  Le Temps / 09/07/2011
Par Guéhi Brence (extrait) :

"Trois mois, environ à la tête de la Côte d’Ivoire que Ouattara donne  déjà des signes d’essoufflement, d’un pouvoir usé par le temps. Le mercredi dernier, il l’a reconnu au palais présidentiel devant ses ministres. "Rien ne va" a-t-il avoué. Malgré donc le boucan servi chaque jour par sa presse  à propagande, la réalité est tout autre. La Côte d’Ivoire fonce tout droit dans le mur. Au point que Ouattara se trouve finalement obligé de se mettre à table… Car depuis le 11 avril, tout a changé dans le quotidien des Ivoiriens, avec un niveau de vie qui plonge de plus en plus. La vérité rattrape ainsi les promesses de campagne du champion de la France. Ce n’était rien d’autre que du tape à l’œil, et pas plus. "Mon travail, c’est chercher l’argent. Je sais où trouver de l’argent pour résoudre les problèmes des Ivoiriens", disait constamment Ouattara lors de ses différentes sorties. Evidemment, un tel discours d’ancien haut responsable du Fmi ne peut qu'éblouir ses partisans. C’est d’ailleurs l’objectif recherché dans une telle démarche. Dans les rangs du Rdr, on s’enivrait alors des discours de Ouattara en lui donnant souvent une dimension messianique. "J’ai relevé l’économie de plusieurs pays en difficultés", annonçait-il fièrement pour mieux appâter la troupe. Alors qu’en 1992, il avait toutes les cartes en mains, mais il n’a pas pu relever le niveau de l’économie ivoirienne. Et comme une histoire qui se répète presque dans les mêmes conditions, Ouattara se trouve aux prises avec les réalités du pouvoir après avoir vanté ses “solutions”. Au bout du compte, il donne l’impression de ne plus savoir où se trouve l’argent. Au point de s’en prendre aux maigres acquis du travailleur ivoirien sous le règne Gbagbo. Au dernier sommet du G8, on l’a vu faire le rang comme tout le monde. Ce qui a d’ailleurs étonné les Ivoiriens qui attendaient de voir le monde se bousculer aux portes de la Côte d’Ivoire pour y déverser des milliards. Ouattara a reçu au final, des promesses malgré le zèle très gênant de son ami Sarkozy. Et pour lui sauver la face, sa presse a parlé de 13000 milliards pour la Côte d’Ivoire. Un scoop complètement mensonger qui vient tout droit de la rumeur d’Abobo. L’occident ferait ainsi pour Ouattara, ce qu’elle n’a pas fait pour le Portugal et la Grèce, en crise. Ayant lui-même senti l’énormité de l’annonce, il s’est trouvé obligé de faire un démenti dans la presse. Aujourd’hui dans l’impasse, le pouvoir s’attaque aux revenus des Ivoiriens déjà amaigris par plusieurs années de crise [...]."


lundi 11 juillet 2011

"Gbagbo, c'est Jérémie et Job à la fois"


Lu sur Le Nouveau Courrier n° 263, 9-10 juillet

Interview de Me Cheikh Koussery Ba, du barreau de Dakar
Par Camus Ali / Lynx.info (extraits) :

Camus Ali : On va parler de la Côte d’Ivoire si vous le voulez bien. Pour vous, c’est qui, Laurent Gbagbo ?


Me Cheikh Koussery Ba : Jérémie et Job à la fois ! L’homme politique le plus dénigré et le plus diffamé qui soit, mais aussi le dirigeant africain qui a connu le plus d’épreuves douloureuses tout au long de sa longue marche, à la fois ! Même séquestré, il continue d’être accusé de tous les crimes !

Les disparus du Novotel, pro-Gbagbo notoires, enlevés alors que la résidence présidentielle de Cocody est sous un déluge de feu : c’est Gbagbo !

Le général Guéi, tué avec tous ses proches pendant que le président se trouve en visite officielle en Italie et que ses ministres, officiers, gendarmes sont affreusement assassinés et que c’est la débandade au plus haut niveau de l’Etat : c’est Gbagbo !

Le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer enlevé et abattu alors que son enquête sur les magouilles du cacao révèle le rôle du trader Antony Ward de Armajaro, patron […] de LoÏc Folleroux lui-même fils de Madame Ouattara Dominique Nouvian ex-veuve Folleroux, les pratiques spéculatives de la rébellion qui attaque toujours pour entraver la commercialisation du cacao et permettre donc la constitution d’énormes stocks, lesquels ne seront vendus qu’après que les prix se sont envolés à des hauteurs inédites pour des centaines de milliards de bénéfices allant dans les poches de Ouattara, Soro et leurs chefs de guerre : c’est Gbagbo qui l’a tué !

Et que dire de ces innombrables victimes, toujours « ramassées », découvertes et photographiées par les journaux proches de Ouattara au détour d’une rue, mutilées et sauvagement torturées, des morts dont la proximité et les incompatibilités d’humeur avec Ouattara, Soro Guillaume ou leurs chefs de guerre sont avérées : encore Gbagbo ! Les escadrons de la mort, Gbagbo ! Les charniers, à commencer par celui de Yopougon, où le principal protagoniste, un Malien payé en faux billets par Ouattara soi-même et qui, après son élargissement de prison au Mali pour détention et usage de ces faux billets, viendra se répandre dans la presse ivoirienne et confesser sa participation à la mascarade ? Encore et toujours Gbagbo !

Voilà Laurent Gbagbo côté cour, le monstre que les professionnels du média-mensonge ont fabriqué et dont l’image a été pasteurisée et « vendue » aux naïfs et aux hurluberlus de la terre, tout cela pour en finir avec lui par tous les moyens ! Parce qu’il symbolise la nouvelle Afrique, celle qui refuse de se coucher et qui a décidé de se tenir debout et de marcher vers son destin !

Evidemment, tout cela est peine perdue dans la mesure où les Ivoiriens, même ceux qui ne l’aiment pas, savent à quoi s’en tenir vis-à-vis de cet homme qui est resté constant dans sa démarche et sur qui les humiliations, campagnes de dénigrement et mensonges sordides n’ont eu aucune prise. Aujourd’hui, plus que jamais, son aura est restée intacte, les épreuves qu’il a traversées avec stoïcisme et honneur ayant, en plus et de manière inattendue, contribué à le hisser à une altitude que nul n’aurait osé envisager ! Depuis sa « capturation », comme dit Mme Kandia Camara, ministron de Alassane Ouattara en charge de… l’Education nationale, Laurent Gbagbo est devenu, paradoxalement, le maître incontesté du jeu. […]

Ce grand conducteur de peuple a subi toutes sortes d’avanies, de souffrances et d’humiliations depuis 1970, six emprisonnements, la torture pour lui et ses proches, des bastonnades, l’exil, des tentatives d’assassinat… S’inspirant de Job, son modèle de patience, il a tout enduré, sans se plaindre une seule fois, sans jamais prendre les armes! Arrivé au pouvoir, il ne s’est vengé de personne, il n’a fait emprisonner personne, ni adversaire politique ni journaliste, alors qu’il a continué à être traité de tous les noms par ces derniers ! Au contraire il a permis un retour au pays des exilés, offert un statut enviable au feu général Guéi, à l’ancien président Konan Bédié et à l’ancien premier ministre Dramane Ouattara, permis à ce dernier de participer à titre exceptionnel à la présidentielle, financé leurs formations politiques à des niveaux jamais atteints au monde (plus d’un milliard annuel par parti politique significatif), réuni tout ce monde autour de gouvernements d’union, en les laissant de plus déverser leur bile sur lui, comploter dans son dos et salir en permanence son nom, etc… […]

L’interview en entier sur Le Nouveau Courrier…
S’abonner au Nouveau Courrier : lenouveaucourrier@yahoo.fr

Déclaration des Journaux victimes du 11 avril 2011


Où l’on découvre qu’en Côte d’Ivoire, la réouverture ponctuelle des journaux fermés par le nouveau pouvoir, ne visait qu’à les inscrire dans les clous de la pensée unique via l’auto-censure, pour garantir leur silence face aux graves exactions en cours. Qui ne s’y plie pas est systématique refermé !


Déclaration :

Presse 2011
Depuis le lundi 11 avril 2011, suite au renversement du régime du président Gbagbo, la presse ivoirienne vit, dans son ensemble, des conditions économiques, sociales et sécuritaires plus que précaires. Mais, cette situation est particulièrement ressentie par les quotidiens Notre Voie, Le Temps, Le Nouveau Courrier, Aujourd’hui et Le Quotidien d’Abidjan. Ces journaux subissent des pressions et des traitements en violation flagrante de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, réunis en séance extraordinaire le mardi 5 juillet 2011, les responsables de ces organes de presse persécutés ont décidé de se mettre ensemble afin de parler d’une seule voix face aux entraves de plus en plus nombreuses au libre exercice de leur profession. Etaient présents à cette réunion :

- Pour le quotidien Aujourd’hui : MM. Joseph Titi (Directeur de Publication) et Lanciné Kéita (Chef du service des Sports);
- Pour le quotidien Le Nouveau Courrier : MM. Stéphane Bahi (Directeur de Publication) et Saint Claver Oula (Rédacteur en chef);
- Pour le quotidien Le Temps : M. Yacouba Gbané (Rédacteur en chef);
- Pour le quotidien Notre Voie : MM César Etou (Directeur de Publication) et Augustin Kouyo (Rédacteur en chef adjoint).
- M. Allan Aliali, Directeur de Publication du Quotidien d’Abidjan, s’est excusé.

A cette réunion, les responsables des journaux ci-dessus indiqués ont créé, en raison de la nécessité de mener des actions concertées, une organisation commune appelée «Les Journaux Victimes du 11 avril 2011», JV11 en abrégé. Aussitôt créé, JV11 s’est dotée d’une direction composée comme suit :

- Président : César Etou;
- Vice-président : Joseph Titi;
- Secrétaire général : Saint Claver Oula;
- Secrétaire général adjoint : Allan Aliali;
- Trésorier : Yacouba Gbané;
- Trésorier Adjoint : Stéphane Bahi;
- Conseillers du président : Lanciné Kéita et Augustin Kouyo


Nos constats et analyses de la situation de la presse libre

Sur la situation des médias au plan national, JV11 fait le constat que la liberté de la presse est dangereusement menacée en Côte d’Ivoire depuis l’arrestation du président Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011. Ces menaces se sont traduites par des pillages ciblés et systématiques des sièges appartenant aux JV11. Les organes de presse victimes de ces actes ont été mis dans l’impossibilité de paraître sur une période de 53 jours et plus. De nos jours, cette volonté de réduire JV11 au silence se caractérise par :

- L’occupation prolongée du siège du quotidien Notre Voie transformé en un camp militaire par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire, (Frci, ex-rébellion, forces pro-Ouattara). Toutes les démarches entreprises auprès des autorités pour faire libérer le siège de Notre Voie et créer un environnement de libre expression restent sans suite;

- La mise sous surveillance militaire des sièges des quotidiens Le Temps, Le Nouveau Courrier et Le quotidien d’Abidjan. Au mois de mai, Mme Nina Bolou, responsable administrative du quotidien Le Temps qui s’était rendue au siège du journal pour constater l’ampleur des pillages, avait été arrêtée par les Frci et détenue pendant plusieurs heures avant d’être libérée sous la pression des organisations de défense des droits de l’Homme et de la Liberté de la Presse. Quant au journal Le Quotidien d’Abidjan, il n’est plus réapparu sur le marché à cause d’un environnement peu favorable à la reprise de ses activités ;

- L’insécurité qui contraint les animateurs de la presse non proche du nouveau pouvoir à la clandestinité. Aujourd’hui, bien que certains de ces journaux soient revenus sur le marché, les journalistes sont obligés de cacher à leurs lecteurs, partenaires et annonceurs, leurs lieux de travail pour échapper à des représailles.

C’est dans ce contexte de terreur pour les journalistes que, depuis environ un mois, une autre forme de menace émanant du Conseil national de la presse (Cnp) se fait jour. En deux semaines, deux quotidiens ont été suspendus par le Cnp pour des délits imaginaires et contestables. Ainsi :

- Le quotidien Le Temps a purgé une suspension de six(6) parutions pour avoir publié un billet dénonçant les nominations à base ethnique dans l’administration publique par le régime Ouattara. Son journaliste, Germain Séhoué, a été suspendu pour deux mois. Le billet incriminé contient les mêmes termes que ceux publiés sur le même sujet par des journaux qui n’ont écopé d’aucune sanction parce qu’ils ont aux ordres du régime Ouattara ;

- Le Quotidien Aujourd’hui purge une suspension de douze (12) parutions pour des délits qui relèvent plus des sentiments des responsables du CNP que d’une violation de la loi sur la presse et du code de déontologie des journalistes.


Notre position

Face à tous ces actes visant à détruire la presse non aux ordres, Les Journaux Victimes du 11 avril 2011 (JV11) :

1-Dénoncent la prise en otage de leurs sièges respectifs par des éléments armés à la solde du régime Ouattara ;

2-S’indignent de l’indifférence des autorités publiques sur l’occupation prolongée et la transformation du siège du quotidien Notre Voie en un camp militaire;

3-S’insurgent contre les sanctions ciblées et dirigées infligées aux quotidien Le Temps et Aujourd’hui, sanctions visant à porter un coup d’arrêt à l’expression plurielle et à imposer l’autocensure aux journalistes;

4-Demandent au gouvernement de faire libérer les sièges de journaux sous occupation ou sous surveillance;

5-Invitent le Cnp à rapporter la décision de suspension du quotidien Aujourd’hui ;

6-Appellent le Cnp à traiter tous les journaux sur un pied d’égalité et à mettre fin à sa tendance à réprimer essentiellement les journaux qui ne sont pas aux ordres du nouveau régime ;

7-Exigent du Cnp qu’il s’engage avec sincérité à jouer son rôle de promoteur de l’expression plurielle, en œuvrant plus activement à la libération des sièges des journaux et au renforcement de la sécurité des journalistes.

Fait à Abidjan, le 5 juillet 2011
Pour Les Journaux Victimes du 11 avril 2011 (JV11)
Le Président
César Etou


(Publié le samedi 9 juillet 2011 par Le Temps)


vendredi 8 juillet 2011

Musellement de la presse en Côte d'Ivoire


« Le Cnp [Conseil national de la presse] veut
couvrir les exactions contre les proches de Gbagbo
»

In LE NOUVEAU COURRIER N°262, du vendredi 08 Juillet 2011 (avec autorisation)

Par Gilles Naismon :

« Dans son courrier adressé à notre rédaction, dont l’objet indique : «Avertissement», le Conseil national de la presse (Cnp) écrit ceci : «votre quotidien n°255 du jeudi 30 juin 2011 publie à la page 5 une photographie de Michel Gbagbo, fils de M. Laurent Gbagbo, torse nu, en illustration à l’article intitulé «Prisonniers de Bouna – Cas Michel Gbagbo : voici ce que ADO a décidé». Cette image attentatoire à la dignité de Monsieur Michel Gbagbo a tout de même été publiée par votre journal, en violation de la note circulaire n°009/Cnp/Dp/Sg, qui exige «qu’il soit mis fin à la publication de toutes photographies dégradantes concernant le président déchu et son entourage.» En conséquence de ce qui précède, le Cnp vous inflige un avertissement.» Le Conseil national de la presse vient ainsi de dire la messe et l’on ne sera pas étonné que dans les prochains jours, Le Nouveau Courrier qui vient de publier les photographies du même Michel Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et leurs codétenus, en train de subir des supplices dans la prison de Bouna, sanctionné (pour combien de parutions ?). Cette démarche du Cnp vise-t-elle à empêcher les journaux qui le jugent humain, et qui ont pour souci la sauvegarde constante des droits de l’homme, de faire table rase sur la souffrance des personnes régulièrement martyrisées par leurs bourreaux. Tant que ses publications ne vont pas à l’encontre de la loi sur la presse, qui prescrit le respect de l’éthique et la déontologie du métier, Le Nouveau Courrier aura toujours pour souci, dans cette crise post-électorale, de prendre le contrepied des discours soporifiques du gouvernement ivoirien et de l’Onuci sur les «bons traitements» dont jouiraient les prisonniers politiques qui, rappelons-le, sont détenus illégalement puisqu’ils ne sont pas inculpés et n’ont reçu aucun décret les assignant en résidence surveillée. Le Nouveau Courrier a pour souci de rappeler à la communauté internationale, qui a accompagné Alassane Ouattara dans sa prise de pouvoir, l’étendue de sa responsabilité face aux dérives avérées sous son régime. S’il n’en fait pas cas, Le Nouveau Courrier se rend complice (ce qui est contraire à sa ligne et la loi qui exige une assistance à personne en danger) des hors-la-loi dont le souci est de se faire entendre que par le crépitement de la kalach.
Rappelons que Le Nouveau Courrier ne fait que montrer tout simplement à l’opinion ce qui est fait de «la dignité de Michel Gbagbo» (que le Cnp appelle à préserver) par les nouvelles autorités et non par lui. C’est dans un souci de prendre à témoin les Ivoiriens, notamment ceux qui se font chantre de la réconciliation et de défenseur des droits de l’Homme, que Le Nouveau Courrier se voit dans l’obligation d’attirer l’attention des uns et des autres sur les exactions contre les proches de Laurent Gbagbo. »

S’abonner au Nouveau Courrier : lenouveaucourrier@yahoo.fr

Aspects de l'économie de la "nouvelle" Côte d'Ivoire


Sur Le Nouveau Courrier, un article de Simplice Koffi Kouadio, "Arnaque : Les Frci créent des «taxes» illégales".


Extraits :

« Les Forces armées des Forces nouvelles (Fafn) [de Soro] ont été légalement «adoptées» par Alassane Ouattara le 17 mars dernier [devenant les FRCI].

[…] Les hommes de Soro, après le dépiècement de la zone Cno, qu’ils ont saignée pendant des années, se sont partagé allègrement la zone gouvernementale qui pendant huit ans avait permis de faire vivre une Côte d’Ivoire atrocement «mutilée» économiquement par les Forces nouvelles. Les commandants ont fleuri de partout et se comportent comme les ex- Com’zones qui géraient leurs différents zones de «compétence» comme des patrimoines privés. La plupart de ces ex- Com’zones devenus Commandants de groupements tactiques se sont accaparé le district d’Abidjan où ils y ont installé leurs «administrations».

Un des adjoints du Cdt Ben Laden, commandant la zone de Yopougon disait au cours d’une réunion avec le Conseil municipal de Yopougon, il y a à peine une semaine, que leurs hommes avaient commencé à encaisser les taxes dans les marchés et autres lieux de la commune, «parce que la nature a horreur du vide».

Conséquences de ce dépiècement minutieux de la zone gouvernementale : impôts, trésor, douanes et ports... tout tourne au ralenti. L’économie parallèle s’est généralisée à l’ensemble du territoire. Les lourdes taxes imposées aux opérateurs économiques sur les routes nationales atterrissent dans les poches des nombreux Commandants qui ont poussé comme des champignons. Rien n’échappe à leur contrôle. Café-cacao, hévéa, produits de premières nécessité, carburant, bois, transport terrestre et même les choses les plus insolites comme les corbillards... tout est sujet à racket.

Le fossé entre les actes et les paroles

Même si ces derniers temps, le chef du gouvernement, Guillaume Soro, multiplie les discours de gestion transparente, de bonne gouvernance ou encore d’éthique, on est loin d’être sous cette ère en Côte d’Ivoire. Le patron des Forces nouvelles continue jalousement de régner sur la partie Centre, nord et ouest du pays, dont les ressources tirées peinent à prendre la direction des caisses de l’Etat. Ouattara n’est-il pas au pouvoir ? Pourquoi l’unicité des caisses de l’Etat tarde-elle à prendre forme aujourd’hui ? Trois mois après la prise de contrôle totale de l’ensemble du pays, on est loin d’espérer un début de commencement de cette unicité.

[…] Le Budget 2011 arrêté par Ouattara et qui s’élève à 3 050 milliards de Fcfa, aussi expansif soit-il, est loin de rassurer les «puristes» de l’économie. Ouattara pourra-t-il dans les plus brefs délais recouvrer l’entièreté du territoire économique ? La question reste posée. Et seuls Guillaume Soro et ses hommes peuvent y répondre. D’un autre côté, il faut que le cacao ivoirien cesse de prendre la direction de pays voisins. Huit ans durant, l’économie cacaoyère nationale en a pris un coup. Soro doit veiller à y mettre fin et permettre le renflouement des caisses de l’Etat.

Pendant de longues années, le Burkina Faso en a bénéficié, faisant de lui, un des exportateurs mondiaux de premier plan de cacao, alors que ce pays n’a aucun plant de cacao sur son territoire. Il en est de même pour le bois et plusieurs ressources minières. […]

Lire l’article en entier…


Prisonniers politiques maltraités par les sbires de Ouattara


Vidéo : Affi N'Guessan (ancien Premier ministre) et Michel Gbagbo (citoyen français) maltraités en prison à Bouna




Par La Majorité Présidentielle Gbagbo

Voici comment Ouattara traite un ancien 1er ministre ivoirien et Michel le fils du président GBAGBO. Tous les jours ils sont battus, humiliés et punis. Cet endroit est une prison et pourtant Ahoussou le garde des ''sots'' de Ouattara nous parle de résidence surveillée pour assurer leur sécurité. Et pourtant le préfet Ouattara parle de réconciliation à longueur de journée. Faites circuler cette vidéo au maximum. La vérité doit être sue de tous.

Des sots qui n'ont même pas l'idée de ne pas filmer leurs exactions !

Cela dans le silence total des médias français et des politiques de gauche et de droite !

Et nouvelobs.com qui a justifié la censure de ce blog en parlant de "diffamation de Ouattara" ! Car relater des exactions est pour nouvelobs.com "diffamation". Mais qu'attend Ouattara pour mettre fin à ces exactions de ses sbires ?!



France/Côte d’Ivoire : Michel Gbagbo, victime d’un délit de parenté ?

Dépêche de DirectScoop (extraits) :

PARIS – Alain Toussaint, conseiller du Président Gbagbo, a sollicité l’intervention du Président Sarkozy, en vue d’ « obtenir la libération immédiate » de Michel Gbagbo, fils du Président ivoirien renversé par la coalition armée Licorne-ONUCI-FRCI.

« Arbitrairement détenus, sans inculpation ni procès, en violation des normes internationales d’équité, Michel (dont l’état de santé est sérieusement dégradé) et les autres prisonniers politiques y subissent les traitements les plus humiliants [voir la vidéo ci-dessus] », écrit-il dans un courrier adressé à Nicolas Sarkozy, dont DirectScoop a eu copie.

Michel Gbagbo.png

Paris, en tant qu’ « allié de Ouattara » détient « une responsabilité considérable dans le sort réservé à Michel et aux siens. Aussi, Michel Gbagbo, ressortissant français devrait-il « pouvoir bénéficier de l’assistance et du soutien de votre Gouvernement qui s’est mobilisé pour d’autres otages ou détenus français (Afghanistan, Mexique, Niger, etc) ».

Le 20 avril, puis le 4 juillet 2011, la mère de Michel a adressé deux correspondances à Alain JUPPE, Ministre des Affaires étrangères françaises, demandant une intervention de la France concernant le cas Michel. Celles-ci sont restées sans suite.

[...]

Les avocats du Président Gbagbo et de ses proches avaient dénoncé « avec vigueur les conditions matérielles inhumaines » dans lesquelles ceux-ci étaient contraints de vivre.

« Ces personnes sont en effet, soit enfermées dans des cellules infectes d’une prison poreuse aux intempéries (Bouna), soit détenues dans des locaux infestés de mambas et de moustiques (Katiola) », avaient-ils révélé, non sans mentionner l’absence des « droits les plus élémentaires », notamment « des soins minima pour les malades ». [...]

Lire la dépêche en entier...


vendredi 1 juillet 2011

Maintenant que la "communauté internationale" ne peut plus cacher derrière son petit doigt les exactions des FRCI de son poulain...


Avant le coup d'Etat fomenté le 11 avril dernier par les forces d'intervention franco-onusiennes, on faisait porter à Gbagbo la responsabilité du moindre fait divers : il était forcément impliqué, fût-ce contre ses partisans ! Depuis le coup d'Etat, séquestré arbitrairement, il doit encore porter le chapeau - jusque pour les enlèvements et les meurtres du Novotel, faits commis alors qu'il était sous les bombes !...

Le poulain de la "communauté internationale", Ouattara, et son âme damnée Soro, eux, ne sont responsables de rien. Les médias "internationaux", RSF, l'Onu elle-même (il est vrai complice) ont soit couvert soit tenu dans le silence, jusqu'à aujourd'hui, les violences innombrables perpétrées par les troupes de Ouattara.

Mais trop, c'est trop, surtout quand plane la menace de la qualification des crimes des FRCI : crime de guerre, voire crime contre l'humanité... Même le ouattariste "Jeune Afrique" est contraint de rompre le silence. Cela, évidemment, pour dédouaner Ouattara, toujours responsable de rien, et même "exemplaire" dans son combat (sic !!!).


Une question demeure : pourquoi "la communauté internationale" rompt-elle enfin son silence ? Quelle stratégie ? Et jusqu'à quand ?

L'analyse du Nouveau Courrier :

"Côte d'Ivoire: La France et l'Onu face à leurs «monstres»

La «communauté internationale» dénonce enfin les violences et les crimes de ses alliés ivoiriens. Son changement de ton s’explique sans doute par un «grand nettoyage» qui se prépare. Avec pour objectif de sauver le soldat Ouattara de ses propres hommes. Les puissances alliées vers un "nettoyage" d’envergure.

Le ton est inhabituel. Dans son dernier point de presse, qui a eu lieu hier, Guillaume Ngefa, chef de la Division des droits de l’Homme de l’Onuci, a vertement tancé les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). «Des éléments des Frci ont tué au moins huit personnes et blessé d’autres» durant des incidents qui ont eu lieu la semaine dernière. Dans la même lancée, il a affirmé que «au moins 30 autres personnes ont été arbitrairement arrêtées et détenues», ajoutant que «certaines victimes ont été soumises à des actes de torture et de mauvais traitements».
La veille, une dépêche AFP, principalement renseignée par une source au sein de l’Onuci, se révélait tout aussi accablante pour les Frci, à l’origine d’un incident à Yopougon Toits Rouges avec les gendarmes, à la suite duquel un mort civil a été déploré. Selon la source onusienne, ce sont les Frci qui ont provoqué l’affrontement en sortant un gendarme de son véhicule et en le battant. Les soldats de la nouvelle armée ivoirienne «ont fait des dégâts matériels énormes», «ils ont cassé des bureaux, emporté des ordinateurs, des armes», a accusé la source onusienne, catégorique. De nombreux articles de la presse française ont également, ces derniers jours, mis en lumière le caractère indiscipliné et prédateur des Frci.
Ces réalités ne sont pas nouvelles. Ce qui est inédit, c’est que les alliés naturels des ex-rebelles ont décidé de briser l’omerta pour les dénoncer. Sinon, certains éléments des Frci ne font en réalité qu’importer à Abidjan des méthodes qui leur ont «réussi» dans les zones Centre Nord Ouest (CNO). Les pillages les plus sévères ont eu lieu lors de la descente des Frci dans le sud du pays et la période juste après le 11 avril 2011 a été un véritable festival de la rapine. L’Onu s’est tue, la France a regardé ailleurs, les médias dominants n’ont pas voulu «salir» l’épopée des preux combattants de la démocratie qu’ils racontaient quelques semaines plus tôt.
Plus grave : alors que Gaëtan Mootoo d’Amnesty International, esseulé, tentait d’alerter le monde sur la tragédie de Duékoué où plus de 1000 personnes ont été tuées en moins de soixante-douze heures, l’Onuci se livrait à un jeu dangereux de sousestimation du carnage, et se livrait en sourdine à une indécente querelle de chiffres.
Le malaise partait d’un fait : les troupes internationales présentes en Côte d’Ivoire ayant appuyé logistiquement (convoi de troupes) et militairement (formation et don de munitions selon Le Canard Enchaîné) les Frci, pouvaient-elles dénoncer leurs crimes tout chauds sans, dans le même temps, admettre que leurs donneurs d’ordre sont, objectivement, des complices de crimes contre l’humanité ? En réalité, la France et l’Onu, qui ont sanctuarisé l’ex-rébellion, l’ont organisée et l’ont promue au point de vue diplomatique, sont face aux «monstres» qu’ils ont créés, en docteurs Frankenstein un peu inconscients. Une question se pose légitimement.
Pourquoi le ras-le-bol de la «communauté internationale» s’exprime-t-il maintenant ? A première vue, il s’agit d’une opération de sauvetage d’Alassane Ouattara. Face au discrédit de ses troupes, et à son incapacité à faire le ménage lui-même, Paris brûle de mener une opération de police d’envergure pour «nettoyer» les éléments incontrôlés des Frci et rétablir une certaine forme de sécurité, sans laquelle ses intérêts économiques ne peuvent «s’épanouir».
Anticipant les éventuelles accusations de néocolonialisme, la France officielle prépare les esprits à une opération «humanitaire» visant à protéger les Ivoiriens des forces à qui elle a choisi de donner la victoire. Du coup, elle fait quelques concessions [...]" L'article en entier ici.