mardi 7 juin 2011

Exécutions sauvages en Côte d’Ivoire



Selon HRW soi-même, c'est devenu incontournable : "les militaires d’Alassane Ouattara tuent des civils non armés".

Extraits d'un article de Réné DASSIÉ, publié le mardi 7 juin 2011 sur Afrik.com :


Les soldats des 'Forces républicaines de Côte d’Ivoire' quadrillent les quartiers réputés favorables au président sortant Laurent Gbagbo et y procèdent à des exécutions sommaires, dénonce une enquête de l’ONG Human Rights Watch . Plusieurs dizaines de personnes ont été exécutées. Des femmes sont violentées et violées. Le nouveau ministre de l’Intérieur a promis une réunion de crise avec le Premier ministre et les différents commandants de zones. La Cour pénale internationale envisage une enquête sur les crimes de la crise postélectorale dans le pays.

« Deux d’entre eux ont attrapé ses jambes, deux autres lui tenaient les bras dans le dos, et un cinquième lui tenait la tête (…) Puis un type a sorti un couteau et a tranché la gorge de mon frère. Il hurlait. J’ai vu ses jambes trembler une fois qu’ils lui ont tranché la gorge, le sang ruisselait. Pendant qu’ils le faisaient, ils ont dit qu’ils devaient éliminer tous les Patriotes qui avaient causé tous les problèmes dans le pays. » Ce témoignage est celui du frère d’une des victimes des exactions contre la population civile, qui se poursuivent en Côte d’Ivoire, en dépit du changement intervenu à la tête du pays. Il a été recueilli par les enquêteurs de l’ONG Human Rights Watch (HRW) à Yopougon, fief du président sortant Laurent Gbagbo dans la capitale ivoirienne. Entre les 13 et 25 mai, l’organisation a interrogé 132 victimes et témoins des violences perpétrées par les deux parties lors de la bataille d’Abidjan et dans les semaines suivant l’arrestation de Gbagbo. Jeudi HRW a rendu public un communiqué de synthèse de son rapport d’enquête.

[...]


Traque des pro-Gbagbo à Yopougon

[...] Citant les travaux de ses enquêteurs sur le terrain, l’ONG affirme qu’en dépit de leur victoire définitive, les forces armées de Ouattara ont poursuivi les meurtres, actes de torture, viol et traitements inhumains. En prenant pour cible des groupes ethniques réputées avoir soutenu Laurent Gbagbo. Fin avril et en mai, les Forces républicaines de la Côte d’Ivoire (FRCI) ont tué, a constaté HRW, au moins 95 personnes non armées, lors des opérations menées dans zones auparavant contrôlées par les forces pro-Gbagbo. Les quartiers étaient bouclés et systématiquement. « La majorité des violations documentées ont eu lieu dans le bastion pro-Gbagbo de longue date de Yopougon, l’épicentre de la bataille finale à Abidjan. La plupart des meurtres ont été des exécutions à bout portant de jeunes issus de groupes ethniques généralement ralliées avec Gbagbo, dans ce qui semblait être une punition collective pour la participation de ces groupes aux milices de Gbagbo », écrit Human Rights Watch.

L’organisation affirme également avoir documenté 54 exécutions extrajudiciaires dans des lieux de détention officiels et officieux, « notamment les 16ème et 37ème postes de police de Yopougon et le bâtiment GESCO de pétrole et de gaz qui sert maintenant de base aux Forces républicaines. » Les corps de certaines victimes ont simplement été brûlés. HRW raconte ainsi l’incinération, le 15 mai à moins de 30 mètres du poste de police du 16ème arrondissement, du corps d’un milicien capturé et exécuté dans l’enceinte du poste de police.


Chérif Ousmane

Dans ce décompte macabre, le nom du commandant Chérif Ousmane, un militaire proche du Premier ministre, Guillaume Soro et qui a longtemps été commandant de zone de l’ex-rébellion des Forces nouvelles est régulièrement cité. C’est lui qui supervise les opérations des FRCI à Yopougon. « Un soldat des Forces républicaines a décrit l’exécution de 29 détenus au début de mai à l’extérieur de l’immeuble GESCO. Le soldat a déclaré que Chérif Ousmane (…) a donné l’ordre d’exécution. Deux autres témoins interrogés par Human Rights Watch ont déclaré avoir vu Chérif Ousmane dans un véhicule qui s’est débarrassé du corps torturé et exécuté d’un chef de milice notoire à Koweit, un sous-quartier de Yopougon, vers le 5 mai.

Les témoins de ces meurtres et exactions sont exposés à de grands périls. Une femme qui avait assisté à l’exécution de 18 jeunes à Yopougon a ainsi été violée par les soldats, après que ceux-ci l’eurent contrainte de charger leurs véhicules avec des biens pillés, selon HRW. La plupart des victimes n’appartiendraient même pas aux milices pro-Gbagbo, qui ont pris la fuite au lendemain de la chute de l’ancien président. « Yopougon semble avoir été ciblée de manière disproportionnée pour les meurtres commis en représailles par les Forces républicaines, qui ont infligé une punition collective meurtrière à des jeunes hommes des groupes ethniques Bété, Attié, Guéré et Goro, qui ont largement soutenu Gbagbo lors de l’élection présidentielle de 2010 », déplore HRW. Selon l’organisation, outre Yopougon, les exactions commises par les forces républicaines se sont étendues à Koumassi, Port Bouët, mais surtout dans les quartiers de Koweït et Yaosseh où le plus grand nombre de morts a été recensé.

[...]


Lire l'article en entier sur Afrik.com.


SOS Droits Humains en Cote d'Ivoire. À visiter ici :




mardi 15 février 2011

Voir ici

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                \  (clic)


Illustration qui n'a (sans doute) rien à voir :




lundi 3 janvier 2011

Qu'est-ce qu'on attend...

 

boulier.png

... pour recompter !



Ne serait-ce pas plus simple ?

Ou : qui préfère la guerre...




à "une opération de recomptage des votes par une instance reconnue comme neutre 
(une procédure longue et fastidieuse, mais moins coûteuse que la guerre)" ?

 

dimanche 2 janvier 2011

Yes I Can't...

I can't quit you baby - Led Zeppelin


samedi 1 janvier 2011

Le roi nègre et ses thuriféraires


1) Le roi nègre

… « autoproclamé » face à l’ « Élu » de la « communauté internationale ». On reconnaît la formule de plus en plus invariable de l’ « analyse » de la « crise ivoirienne » fournie par…

France 24 - TF1 - France2 - France 3 - L'Expansion - La Croix - La Provence - Le Figaro - Le Monde - Le Parisien - Les Echos - Libération - Midi Libre - Canal+ - France 5 - M6 - Arte - France 4 - I-télé - BFM TV - RFI - Europe 1 - Radio France - CBS - NBC - ABC - Warner Bros - TMC - LCP / Public Sénat - Le Patriote - Jeune Afrique - Onuci-FM - Le Nouveau Réveil - Nord-Sud - Le Front - 24 heures - Douze - Le Démocrate - L'Intelligent d'Abidjan - Le Jour, etc., etc., etc. (Liste très loin d’être exhaustive…)

La formule se substitue désormais à celle qui l’a précédée : « reconnu par un conseil constitutionnel acquis à sa cause », face à l’ « Élu » de la « communauté internationale qui a validé les résultats de la CEI ».


2) Les thuriféraires

Face à cela, une TV, la RTI (régulièrement censurée, depuis « la crise » par Intelsat qu’elle paye pour la diffuser), et quatre journaux : Fraternité Matin, Notre Voie, Le Temps, Le Courrier d'Abidjan ; plus les forums et tweets, et des blogs dont on trouve une liste presque complète en lien dans ce blog, dont la version nouvelobs est censurée !

Ça ce sont les « thuriféraires » faisant une « propagande arrogante »… que personne, parmi ses contempteurs, n’écoute. On se contente d’en savoir ce qu’en disent ceux qui censurent ou étouffent les échos. Ainsi le porte-parole de l’Onu en CI, parlant d’ « appels à la haine de la RTI ». Fait-il allusion à la diffusion de la proposition de Gbagbo d’une commission de vérification de ce qui s’est passé lors des élections ? Proposition « haineuse » il est vrai, puisqu’elle mettrait en cause la « communauté internationale », qui s’y refuse, tout comme son « Élu » !

Fait-il allusion aux nombreuses interviews accordées à la RTI par quantité de juristes ivoiriens et africains, français et occidentaux qui s’accordent pour reconnaître la parfaite légitimité du travail du conseil constitutionnel ? Arrogant en effet, de la part de la RTI, de fournir un tel nombre de juristes quand la « communauté internationale », avec ses puissants médias en avance… un, F. Wodié, le leader d’un parti membre de la coalition Ouattara, pour expliquer ce que les puissants médias répètent en boucle, mais qui ne convainc que ceux qui sont déjà convaincus : en vertu de l’accord de Pretoria, la « communauté internationale » serait habilitée à se substituer au conseil constitutionnel — à défaut d’avoir accompli la seule tâche qui lui était confiée, désarmer les rebelles…

Sachant qu’en dernière instance, c’est… au conseil constitutionnel souverain de démêler tout cela, on comprend que la phase la plus récente de la « communication » internationale se résume à oblitérer purement et simplement ledit conseil constitutionnel — qui a l’arrogance d’exister. Alors on déclinera en boucle que celui qu’il a investi est « autoproclamé » ! Voilà qui est plus simple… et qui permet de bien saisir la réalité du problème — effet collatéral : d’un côté la Côte d’Ivoire souveraine avec les institutions qu’elle s’est donnée, de l’autre une « communauté internationale » qui les nie et s’y substitue, à l’appui de ses médias.

Mais ce ne sont pas eux qui font de la « propagande » « arrogante ». Ce sont les « thuriféraires » du roi nègre, qui « s’accroche à son trône ». Car qu’importe s’il a instauré la démocratie, et permis à son adversaire de se présenter, qu’importe qu’il a accepté une élection imposée (bien qu’illégitime au nord selon les critères onusiens) : c’est un roi nègre, et on sait que pour lui et ses thuriféraires, la culture est forcément un verni. Le verni de culture démocratique a donc laissé place à la vraie nature du roi nègre sitôt connu le « chiffre » de la « communauté internationale » validant son « Élu ». CQFD : ils ne peuvent pas se gouverner eux-mêmes, c’est pas dans leur nature (qui affleure sous leur verni de culture) : on leur imposera donc l’ « Élu », nègre comme les autres, certes, mais l’ « Élu » de la « communauté internationale »…

Et si l’autre, celui dont le verni de culture démocratique se craquèle, n’est pas content, on lui ressortira, à lui et ses thuriféraires qu’on compare à un célèbre ministre de la propagande, quelques morceaux d’anthologie médiatique internationale : après tout ça aussi fait partie de la guerre médiatique — on a su prendre la leçon, entre autre sur la calomnie, attribuée à ce célèbre ministre de la propagande du XXe siècle européen : il reste toujours quelque chose de la calomnie. En trois points :

- Charnier de Yopougon : ça marche toujours, même s’il est de notoriété publique en CI que c'est le camp Ouattara qui a bloqué l'enquête qui commençait à désigner... son parti. Pour mémoire :
"en Côte d’Ivoire, l’opinion sait que Ouattara n’a jamais milité pour l’éclatement de la vérité dans les massacres d’octobre 2000, le charnier de Yopougon, les escadrons de la mort, le coup d’Etat manqué de janvier 2001 et la rébellion armée. Concernant, par exemple, le charnier de Yopougon, une commission indépendante avait été mise en place par le ministère de la Justice [FPI] pour mener les enquêtes. Les travaux étaient fort avancés. Quand le RDR a pris le ministère de la Justice après Marcoussis et que Henriette Dagri Diabaté, SG du RDR et adjointe de Ouattara, a été nommée Garde des Sceaux, elle a automatiquement dissous la commission et interrompu les investigations. Elle n’a jamais mis sur pied une nouvelle commission ni réactivé les enquêtes. L’on saura plus tard par des sources judiciaires que les résultats partiels auxquels étaient parvenus les enquêteurs accablaient le RDR d’où la décision de Mme Diabaté de tout arrêter."

- "Escadrons de la mort" : ça marche aussi. Ils ont eu un effet remarquable en 2003 après Marcoussis (et depuis à l’occasion pour tel journaliste toujours disparu)... contre leur supposé auteur, Gbagbo, qui a gagné devant la justice française ses procès contre des journaux français, en tête desquels Le Monde (vous trouverez les références dans mon ancien blog, "une autre histoire"). La question est : "à qui a profité le crime ?" Mais on évitera au public de se la poser…

- Les « Sukhoï » de Bouaké : l’avocat des familles de soldats tués à Bouaké, Me Balan, clame haut et fort que Gabgbo n’y est pour rien ! Mais qu’importe ! Dès la mort des soldats français et l’atterrissage des avions à Yamoussoukro, les co-pilotes biélorusses ont été appréhendés par les autorités françaises... et exfiltrés vers le Togo ? Arrêtés au Togo par les autorités, ils ont été remis aux autorités françaises qui les ont re-exfiltrés vers... (qui sait où ils sont aujourd’hui ?) ? Ensuite, les soldats tués ont été enterrés avec une hâte telle que leurs effets (jusqu’aux paquets de cigarettes) étaient encore sur eux et qu’on avait interverti deux corps ? On sait cela parce que la juge aux armées Brigitte Raynaud a fini par obtenir, à force de pressions, que, comme le demandaient les familles, les cercueils soient ouverts. Depuis cette juge a été démise. Les autorités françaises refusent toujours toute autopsie des corps (que demande la Côte d’Ivoire) ? Qu’importe ! Ça marche encore…

Ce sont les trois piliers de la calomnie — toujours en usage… et qui permettent d’appuyer la certitude assénée en boucle selon laquelle c’est la « communauté internationale » qui doit désigner « l’Élu »…

Mais là, il y eu un hic : le roi nègre n’est pas d’accord et ses thuriféraires le disent, pardon, le progagent, et sont — arrogance extrême — de plus en plus nombreux en Afrique et ailleurs, au point de gêner même les velléités d’imposer « l’Élu » manu militari.

Le jet d'encre se dissipe, la vérité se fait jour

Pour une année de lumière et de clarté...



Meilleurs voeux !