
jeudi 7 janvier 2010
lundi 4 janvier 2010
Avatar !
En 2154, Jake Sully, ancien marine, paraplégique, accepte de participer au programme Avatar - ainsi commence le dernier film de James Cameron... Jake Sully est envoyé sur Pandora, une lune recouverte d'une jungle luxuriante, qui gravite autour d'une exoplanète, en orbite dans le système stellaire d'Alpha du Centaure. Pandora est peuplée de formes de vie incroyables, aussi magnifiques que terrifiantes, et est habitée par les Na'vis, une espèce indigène humanoïde considérée comme primitive par les Terriens. Ils peuvent atteindre trois mètres de haut, ont une peau bleue et une queue, et vivent en harmonie avec leur environnement. Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Avatar_(film,_2009)
Lorsque les humains arrivent sur la planète où l'air leur est irrespirable sans l'aide d'un masque, ils découvrent un minerai jusqu'alors inconnu dans le système solaire, l'unobtanium, qui est la clé pour résoudre la crise énergétique sur Terre. Comme le plus gros gisement se situe dans le sous-sol d'un clan Na'vi, les Omaticayas, les Terriens décident de créer le programme Avatar, un programme diplomatique, pour gagner la confiance des Na'vis et déplacer leur peuple, afin d'extraire le minerai.
Jake Sully est recruté pour faire partie de l'expérience Avatar car il possède le même génome que son frère jumeau, scientifique destiné au programme mais décédé. Les « avatars » sont des êtres génétiquement créés possédant un corps Na'vi et un cerveau humain, contrôlable à distance par un humain grâce à des ordinateurs. Jake prend le contrôle d'un Avatar, ce qui lui permet, en plus de respirer librement, de pouvoir marcher à nouveau. Il est ensuite envoyé dans la jungle comme éclaireur, où il découvre les multiples beautés et dangers de Pandora. Il y rencontre une jeune femme Na'vi nommée Neytiri...
... Quaritch, le chef militaire de la mission terrienne, et Parker, le chef civil du programme, envoient bientôt les bulldozers, plus efficaces que les négociations.
Quaritch monte une attaque d'importante envergure contre les Omaticayas et détruit l’Arbre Maison, lieu où ils vivent...
Mais défaits par la résistance des Na'vis, les terriens quittent la planète...
Eh bien, moi j'ai aimé ça !
J'ai bien entendu les critiques genre : « c'est lourd », émises par ceux qui dénoncent la dénonciation du colonialisme qui leur semble « manichéenne » ; ou qui remarquent un côté écolo « sans nuances », etc.
Il est certainement bien question de ces thèmes dans la métaphore qu'est Avatar. Mais je n'y vois rien de lourd ou de « manichéen ».
L'ambiguïté des choses est au contraire, à mon sens, fort bien rendue. Le héros humain Jake Sully porte bien l'ambivalence de la rencontre de deux peuples, quelle que soit par ailleurs sa bonne volonté en progrès au long de sa découverte des « Na'vis ». Il n'en reste pas moins, et jusqu'à la fin, aussi membre d'une équipée conquérante, qui, elle, ne s'embarrasse pas de nuances. Le précieux minerai de la planète Pandora intéresse les Terriens arrivés jusque là, et cela reste incontournable dans le cadre d'une sorte de... solidarité de l'espèce !
Au point que cela grève irrémédiablement l'avenir des relations et fonde une responsabilité «solidaire» des crimes, jusque chez le «bon» Jake Sully, fût-ce malgré lui, et malgré son amour pour la jolie Neytiri, etc.
L'ambivalence de l'avance technicienne des Terriens parvenus jusque là est prégnante elle aussi, au point que d'une part ils ne pouvaient pas ne pas arriver jusque là (à preuve : ils y sont parvenus), et que d'autre part on est fondé à s'attendre à ce qu'il y ait une suite au film ! Les Terriens ont certes été vaincus, mais on imagine mal que la Terre n'envoie pas une autre équipe, renforcée, pour relancer l'affaire...
Tôt ou tard la rencontre aura lieu qui signera le fait, que déjà, rien n'est plus comme avant : les Na'vis eux-mêmes ne sont plus les mêmes, et définitivement, après leur rencontre des Terriens. Cette ambivalence tragique est, elle aussi, bien rendue par le film.
Un métissage s'est amorcé, aussi invraisemblable pût-il sembler, entre deux peuples si différents que les atmosphères de la Terre et de Pandora semblent incompatibles, et au point qu'il faille en passer par une création d'avatars via des mixtes d'ADN pour qu'une rencontre ait lieu.
Et même lorsque Jake Sully bascule définitivement à son statut de Na'vi, à la toute fin du film, avec la perte irrémédiable, par la mort, de son enveloppe humaine (comme pour une sortie de rêve ? puisque lors de l'expérience Avatar, lorsqu'il réintégrait son corps humain, comme Na'vi, il dormait...) : il ouvre alors à nouveau les yeux comme Na'vi (nouvel indice d'une suite possible au film).
Même alors qu'il devient entièrement Na'vi, il n'en gardera pas moins son passé, sa culture, ses souvenirs terriens, et ses traces d'ADN humain – voire jusqu'à ses éventuels descendants Na'vis !
On a bien basculé dans un « après » de la rencontre. Là est la marque de l'ambivalence des contacts coloniaux, entre l'approche violente et brute des intérêts économiques et conquérants, et celle intelligente, qui voit la richesse culturelle des peuples que l'avance technicienne des conquérants leur a permis de soumettre, alors même qu'elle les a décalés d'une culture spirituelle, comme en connaissent les Na'vis. Écolo, sans doute ! New age, quant à la coloration contemporaine probable de la pensée de Cameron ? Peut-être ! Et alors ? En attendant mieux, on a là une relecture, via les « Na'vis », de la nécessité de cesser de s'imaginer que l'on est « maître et possesseur » de la nature, et de l'urgence de comprendre que l'on en fait inévitablement partie, sauf à la détruire et nous avec !
Bref, si leçon il y a de la part de l'imaginaire porté par les mythiques Na'vis, c'est que le monde globalisé, notre monde, sera solidaire ou ne sera pas, que les échanges culturels habiteront l'avenir qui sans cela sera invivable, et que la conscience solidaire, au-delà les seuls êtres pensants, vaudra pour tout ce qui vit sur la seule planète dont nous disposions, la Terre.
Tout cela grevé d'une histoire tragique à travers laquelle on est parvenu où on est, histoire chargée d'ambivalences porteuses d'une leçon : il faudra développer d'autres types de rapports, avec ce minimum préalable : respect.
Si c'est la leçon qui ressort d'Avatar, voilà donc décidément, même au-delà de son aspect esthétique, un beau film...
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jd
samedi 2 janvier 2010
Bonne année — et quid de Bouaké…

Bonne année !
… Et quid de Bouaké en 2010 ?… Toujours la même question :
« Que s’est-il passé le 6 novembre 2004 à Bouaké ? » se demandait Laurent d'Ersu dans La Croix le 05/11/2009 :
[…] « Cinq ans après, les questions de deux juges du tribunal aux armées se sont heurtées à un mur du côté de l’État français, notamment à travers plusieurs refus de lever le secret-défense », remarque-t-il.
« Ce mur de silence laisse ouvertes toutes les hypothèses, y compris celle selon laquelle tel service français aurait involontairement suscité la bavure en donnant des informations erronées aux militaires ivoiriens. "L’État français a commis, au pire, une énorme bavure, au mieux, une énorme imprudence", estime l’avocat des familles de victimes, Jean Balan, qui refuse toutefois d’en dire plus. "L’instruction est dans une phase où des réponses doivent être données, et nous espérons les avoir rapidement", déclare-t-il. »
Bonnes questions ! Mais… encore un effort est-on tenté de dire : « toutes les hypothèses » ? Vraiment ? D’Ersu en oublie au moins une ! Le titre-même de l’article — « L’enquête sur le bombardement de Bouaké se heurte à la raison d’État », ce titre omettant le terme « présumé » avant « bombardement aérien », postule toujours la pétition de principe originelle qui revient à laisser sous silence toute autre hypothèse…
Le développement de l’article assume sans questions la pétition de principe jusqu’à présent incontournable. « Pourquoi deux Sukhoï 25 de l’armée ivoirienne ont-ils bombardé un cantonnement de la force française Licorne avant d’aller se poser sous le nez des militaires français à Yamoussoukro, la capitale ? » demande L. d’Ersu… qui semble ignorer que le secret-défense concerne aussi les pièces à conviction recueillies sur le site de Bouaké… lesquelles pièces devraient pourtant suffire, s’il y a lieu, à confirmer le postulat de base : « bombardement aérien », lequel, jusqu’à plus ample informé, reste présumé…
La réponse à la question de L. d’Ersu — « pourquoi les autorités françaises ont-elles, à plusieurs reprises, sciemment laissé filer les pilotes des avions ? » (D’Ersu qui constate que « c’est seulement en 2008, après plusieurs tentatives infructueuses, que la justice a accepté de lancer un mandat d’arrêt contre un Biélorusse, pourtant identifié dès 2004 comme un des pilotes des Sukhoï. Des avions d’ailleurs vendus par un Français, Robert Montoya, ancien de la cellule antiterroriste sous François Mitterrand. ») — la réponse à cette question pourrait éventuellement infirmer ce postulat jusqu’à présent incontournable qui consiste à omettre dans cette affaire le terme « présumé ».
Mais il faudrait peut-être, pour cela, que l’on cesse de faire de la réponse postulée — omettant systématiquement avant « bombardement aérien » le terme « présumé » — le préalable incontournable de toute autre question…
mardi 1 décembre 2009
Aux mines arrêt, un autre vote arrêt curés...
Toujours dans la série "retour d'échos"... Ici du haut des minarets :
demande Ph. Bilger... qui développe :
"Heureusement, il y a les Suisses.
Battre notre coulpe sur leur poitrine est commode. La honte dont on les accable nous comble d'une joie malsaine. On aurait tellement aimé être à leur place pour leur montrer - à eux, ces buses, ces obtus - la voie à suivre. Des minarets, nous, on en aurait voulu plein, c'est sûr, avec les appels des muezzins, pour qu'ils soient complets !
Comment ont-ils donc osé voter contre la construction de minarets dans leurs paysages, alors qu'ils n'en ont que quatre à contempler pour quelques centaines de mosquées et seulement 300 000 musulmans ! Certes, beaucoup de demandes de permis de construire des minarets étaient présentées, ce qui justifiait la démarche référendaire (nouvelobs.com, Le Parisien, Le Figaro, Marianne 2, Le Monde). Cessons de rêver : il est probable que si celle-ci avait été mise en oeuvre en France sur le même sujet ou un thème approchant, les résultats n'auraient guère été éloignés de ce "non" majoritaire qui suscite l'indignation de tous ceux dont l'espace n'était pas en voie d'être peuplé de minarets. D'autant plus que le débat sur l'identité nationale ne nous rend pas étranger apparemment aux préoccupations suisses !
En effet, j'avoue avoir été surpris, même pour la France qui se pique d'être parfaitement républicaine parce qu'elle abuse de cet adjectif, par les torrents de bonne conscience et de pieuses critiques sur l'attitude intolérable des Suisses qui n'ont rien compris aux leçons de l'évolution et de l'ouverture. Ce consensus si douillet, si facile à élaborer, qui fait si chaud au coeur collectif (le problème est ailleurs !) m'a tout de même frappé par son ampleur et son hypocrisie.
Le vote des Suisses démontre qu'il est impossible, chez eux comme chez nous, de prétendre fabriquer un peuple "sur mesure". Quand on lui donne la parole, il la prend, et il la prend comme il veut. [...]" La suite sur le blog de Ph. Bilger...
Voilà qui me semble éloquent : "Battre notre coulpe sur leur poitrine est commode"...
Chose qui fait joliment écho au point de départ de la crise franco-ivoirienne, quand, dès 1999, la bien-pensance parisienne battait sa coulpe sur la poitrine des Ivoiriens censés s'en prendre aux musulmans... Sauf qu'en Côte d'Ivoire on n'a jamais envisagé de leur refuser des minarets, chantants qui plus est...
"Torrents de bonne conscience et de pieuses critiques"...
mercredi 18 novembre 2009
Kangou-raoult
C'est ce qu'au pays des kangourous, on appelle "retour de bâton"...
Après le coup du boomerang bessonien, nous voilà avec le coup du kangou-raoult...
"La première tribu que rencontra le Capitaine Cook fut celle des Turuwals, en Nouvelles-Galles du Sud, qui criaient "boom - ma - rang !" lorsqu'ils rattrapaient cet étrange objet. Cette expression signifie "Reviens, bâton !"
Selon d'autres auteurs, le mot boomerang est issu du terme aborigène boomari, qui veut dire vent."

Cocasse : il n'y a pas si longtemps, ledit kangou-raoult nous servait ce ragoût-là : le problème des banlieues françaises c'était (en substance) l'image que renvoyait Mme Gbagbo (sic)...
Cocasse dans la bouche d'un Raoult parti en Côte d'Ivoire demander des remboursements pour les événements de 2004 (sic toujours).
Et voilà le retour du "Reviens bâton"... Où le kangou-raoult nous sert du vent - genre "Marie Ndiaye doit cesser de dire ce qu'elle veut... et d'ailleurs Noah et Thuram en disent moins qu'elle" (sic encore) !
Mais que va-t-on dire dans les pays qui sont sur la liste des "amis de la France" (sic de plus) !?
Retour du boomerang : le problème pour les "amis de la France" c'est l'image que renvoie Raoult...
Serait-ce le temps des retours de boomerangs ?
mardi 3 novembre 2009
Qu'est-ce que la francité ?
La francité, ou identité nationale française, un concept en Besson.
Ou : l'ironie de l'histoire, quand on sait que l'homme, d'une fidélité en Besson à ses amis, ses amours... ses emmerdes ? est le premier au PS (à l'époque !) à avoir demandé (en 2003) que son parti lâche ses camarades ivoiriens sous prétexte qu'il était illégitime pour une jeune nation de s'interroger sur son identité nationale, son ivoirité... Débat qui, soit dit en passant, n'était même pas celui du FPI...
Et voilà que depuis, l'homme, dont la fidélité en Besson n'a pas résisté aux sirènes du camp adverse, le camp Sarko-UMPiste, se voit confier par son nouveau parti, ses nouvelles amours,... ses emmerdes actuelles : chargé de promouvoir le débat dans lequel tous sont censés se débattre : une nation séculaire se demandant qui elle est !!!
Euh, au fait... Francité à l'ivoirienne ou ivoirité à la française ???...
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