mardi 18 août 2009

Akhenaton et le "monothéisme"




Proverbe chinois : "le sage indique l'étoile et le fou regarde le doigt" !

Transposition pharaonique : "Akhenaton indique le soleil comme désignant la transcendance et le fou regarde le soleil"...

Akhenaton pharaon monothéiste, concède-t-on. Monothéiste, c'est-à-dire "adorateur du 'disque solaire'"...

Ce qui reviendrait à dire non pas monothéiste, mais monolâtre !

"Monothéisme", ce vocable issu de de la "science des religions" européenne du XIXe siècle et qui semble ignorer qu'il n'est aucune culture traditionnelle qui ne reconnaisse un Dieu suprême.

Alors Akhenaton serait monolâtre ?... Adorateur du soleil !...


Akhenaton (avec des traits manifestement moins...
"grecs" que ceux du "palmier d'Égypte", le noir Zénon)



... C'est lire un peu vite son hymne solaire. Où il apparaît nettement qu'Akhenaton connaît, comme les autres Égyptiens, le procédé de la transposition, où un objet visible devient symbole d'une réalité invisible.

Ici le soleil, symbole de la transcendance où tout s'origine. Ce n'est pas le soleil qui est objet de culte, mais ce qu'il signifie...

Il suffit de lire attentivement le fameux hymne à Aton pour percevoir que le disque solaire peut être perçu comme signe d'une lumière qui transcende la lumière physique (en italiques deux exemples de cela - de ce que l'on n'a pas affaire qu'à la lumière physique) :


Hymne à Aton d’Akhenaton

Tu te lèves beau dans l'horizon du ciel,
Soleil vivant, qui vis depuis l'origine.
Tu resplendis dans l'horizon du Levant,
Tu as rempli tout pays de ta beauté.
Tu es beau, grand, brillant. Tu t'élèves au-dessus de tout pays.
Ton rayonnement embrasse les pays, jusqu'aux confins de ta création.
Toi qui es la source de la lumière [Rê], tu les soumets tout entiers,
Les liant tous pour ton fils aimé.
Tu es loin, mais ta présence rayonne sur la terre.
Tu es sur le visage des hommes, et l'on ne connaît pas tes venues.
Quand tu reposes au Couchant, sous l'horizon,
La terre est dans une ombre, semblable à celle de la mort...
À l'aube, tu resplendis dans l'horizon, tu illumines, tu es soleil ;
Dans le jour, tu chasses le sombre lorsque tu donnes tes rayons.
Les Deux Pays s'éveillent en fête, les hommes se lèvent sur leurs pieds,
À cause de toi, ils lavent leur corps, prennent leurs vêtements ;
Leurs bras s'ouvrent pour adorer ton lever,
La terre entière fait son ouvrage...
Tu développes le germe dans les femmes
Et de la semence fais des hommes,
Entretenant le fils dans le sein de sa mère,
Et l'apaisant pour qu'il ne pleure pas ;
Nourrice dans le sein,
Tu donnes à ce que tu crées le souffle qui l'anime.
Quand l'enfant sort du sein... le jour de sa naissance,
Tu ouvres sa bouche et tu pourvois à ses besoins...
Combien nombreuses sont tes œuvres mystérieuses à nos yeux !
Seul dieu, toi qui n'as pas de semblable,
Tu as créé la terre selon ton cœur, alors que tu étais seul,
Les hommes, toutes les bêtes domestiques et sauvages,
Tout ce qui est sur la terre et marche sur ses pieds,
Tout ce qui est dans le ciel et vole de ses ailes ;
Les pays étrangers, Syrie et Nubie, et la terre d'Égypte,
Tu as mis chaque homme à sa place
Et tu pourvois à leurs besoins.
À chacun sa provende et son temps de vie.
Leurs langues sont diverses en paroles,
Leurs caractères aussi et leur teint diffère ;
Tu as distingué les contrées.
Tu crées le Nil débordant des Enfers et le fais surgir par amour
Pour que vivent les habitants, puisque tu les as faits pour toi,
Tous les pays les plus lointains, tu les fais vivre,
Tu leur as donné un Nil qui déborde du ciel
Pour descendre sur eux, battre les coteaux de ses ondées
Et arroser leurs champs entre leurs villages.
Tu es seul à resplendir sous tes aspects de soleil vivant ;
Que tu apparaisses à peine ou que tu sois au comble de l'éclat,
Que tu sois loin ou te rapproches,
Tu as créé des millions de formes de toi seul,
Villes et villages, les champs, les chemins et le fleuve...
Les êtres de la terre se forment sous ta main comme tu les as voulus.
Tu resplendis, et ils vivent ; tu te couches et ils meurent.
Toi, tu as la durée de la vie par toi-même, on vit de toi.
Les yeux sont sur ta beauté jusqu'à ce que tu te couches.
Depuis que tu as fondé la terre, tu les élèves pour ton fils,
Issu de ta chair, le roi des deux Égyptes.


(D’après la traduction de Pierre Gilbert.
A. Eggebrecht, L'Égypte ancienne, p. 238
Cf. http://www.bubastis.be/textes/aton.html
http://www.bubastis.be/religion/dieux/aton.html)



Akhenaton et Nefertiti (sous le symbole du disque solaire)



lundi 17 août 2009

"Burqa", gauche, et (néo-)colonialisme


Le phénomène du voilement intégral des femmes, tel qu’il réapparaît via le discours médiatique, est symptomatique de l’impasse où conduit le refus de distinguer la gestion de la cité et les discours traditionnels et/ou religieux.

Le voilement intégral (résumé sous le terme «burqa») n’est, sous cet angle, que le dévoilement de ce que signifie le voile en général… et une façon de détourner l’attention des problèmes réels qu’il signifie !… Comment concevoir la liberté de tous/toutes et l’indépendance.

On pourrait remonter très haut dans l’histoire de toutes les civilisations (cf. le livre d’Amartya Sen - La Démocratie des autres : pourquoi la liberté n'est pas une invention de l'Occident) pour montrer que la gestion partagée de la cité, devenue la « démocratie », est un des lieux communs et aspirations de toutes les civilisations.

Dans sa structure moderne, la racine immédiate de la démocratie peut se trouver dans le protestantisme américain, s’organisant pour un « vivre ensemble » au-delà de la pluralité des Églises — pour une gestion partagée de la cité commune.

Cela ne se fera pas sans heurts : ça commencera par la guerre d’indépendance pour aboutir au XXe siècle — mais dès le départ, pour les indépendantistes, la dimension de la séparation des Églises et de l’État est un acquis non négociable.

Lorsque la France révolutionnaire reprendra ce modèle américain, elle se heurtera à une Église, l’Église catholique, prétendant, contrairement aux Églises protestantes américaines, à l’unicité.

C’est ce choc qui caractérise la « laïcité à la française » : laïcité de type américain dans un contexte de combat contre une Église revendiquant le pouvoir d’une façon ou d’une autre.

N’oublions pas que les catholiques américains, acceptant le principe laïque protestant d’égalité des Églises, seront taxés d’hérésie par Rome : l’hérésie « américaniste », consistant à admettre — ce que Rome refuse alors — que l’erreur a les mêmes droits de la vérité…

Un problème que n’a pas eu le judaïsme, assimilé des deux côtés de l’Atlantique au plan politique à une sorte de secte protestante.

Une même laïcité, mais devenue pour la France une laïcité de combat contre une Église catholique qui en Europe n’a pas succombé à l’ «hérésie américaniste».

Depuis, face à la contrainte de la laïcité, Rome en a accepté le principe : c’est un des acquis de Vatican II.

Cela a été certes difficile, correspondant à une des oppositions entre Rome et le protestantisme. À savoir Écriture seule ou Écriture plus tradition. Or le Nouveau Testament est écrit en période de rejet du christianisme : l’Église n’est donc pas au pouvoir, elle est comme en situation de séparation d’avec l’État. Le retour protestant à l’Écriture ne pouvait pas faire obstacle à l’idée de séparation des Églises et de l’État. Plus difficilement, Rome s’y est finalement à peu près résolue, malgré des concordats divers toujours en vigueur (le Vatican restant aussi un État !).

Son héritage d’une laïcité de combat place la France en position privilégiée par rapport à l’islam qui n’a, jusqu’à ce jour, pas cet acquis — Soheib Bencheikh le montre très bien dans son livre Marianne et le Prophète.

Les tergiversations autour du voile, intégral ou pas, en sont le symptôme : le symptôme de ce qu’est l’islamisme auquel l’islam est mal armé pour résister : une idéologie qui considère que la charia est vouée à la gestion de la cité.

En d’autres termes, on est aux prises avec une confusion de ce que la démocratie et la laïcité distinguent : le religieux d’un côté et de l’autre la loi de la cité — dans laquelle charia ou droit canon n’ont rien à faire.

La difficulté supplémentaire de ce qui devra être résolu pour l’islam aussi, c’est que dans ce cas la confusion est dans le Livre même, puisque pour sa partie médinoise, le Coran porte aussi des aspects politiques. La communauté musulmane est alors au pouvoir, par la personne même du prophète !

Cela n’est le cas ni pour le christianisme — le Nouveau Testament étant écrit en période de rejet de la communauté par les autorités romaines — ni pour le judaïsme dont aucun courant n’a jamais prétendu imposer la loi de l’ancien royaume d’Israël en diaspora.

La chose s’est compliquée pour l’islam avec l’élévation ultérieure du personnage du prophète au statut de modèle de vie en général — ce qui produit même des contradictions avec le Coran : il a par exemple plus de femmes que n’en autorise le Coran ! Je sais bien que les casuistes ont réponse à ce type de contradictions.

Il n’en demeure pas moins qu’on a là un des éléments d’un handicap certain : un message religieux devenant loi politique incontournable (au point que certains réclament carrément sa prise en compte par la loi laïque !!!).

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Illustration de "une" d'un hors série du magazine féministe québécois "La vie en rose"

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Le handicap de l’islam est donc lourd, mais sans doute pas incontournable, comme ne l’a pas été le handicap catholique. Le combat sera toutefois sans doute difficile, combat qui ne fait que commencer.

*

La France est en position, de par son histoire, de mener ce combat qu’elle a déjà mené en métropole face au catholicisme.

Mais le combat sera rendu plus difficile encore par ce que dans son empire colonial, la France a fait exactement l’inverse de ce qu’elle a proclamé et de ce qu’elle a fait en métropole : elle a, à l'instar des autres puissances coloniales, consacré dans l’empire colonial des lois particulières, y compris la charia, comme vis-à-vis de la République ! Cela dans le cadre d’un statut d’infériorité, selon le mythe en cours de « la hiérarchie des races », dont Sarkozy a clamé à Dakar qu’il n’y avait pas lieu de s’en repentir… puisqu’il ne l’a pas mentionné ! faisant mine d’ignorer que c’est là le principal et grave problème de l’événement colonial.

Il y aura donc du boulot, puisque la France, en théorie bien placée pour accomplir la séparation du religieux et du politique, est très mal placée en pratique sauf à… se repentir (c'est-à-dire changer de route), ce que son premier magistrat refuse de faire !

Cela est d’autant plus grave que l’option «communautariste» coloniale a, par-dessus le marché, sapé les bases démocratiques et parlementaristes qui faisaient de l’Afrique sud-saharienne un lieu d’accueil potentiel naturel de la laïcité. Un seul exemple (concernant la Côte d'Ivoire) : le système politique de lodjoukrou, selon le titre du livre du professeur Harris Mémel Fôté qui le décrit. Ce système a été écarté par les autorités coloniales qui ne comprenaient pas son fonctionnement égalitaire complexe. Les autorités coloniales lui ont alors conjoint un système « préfectoral », avec un chef nommé censé représenter l’entité « ethnique » !

Bref, non seulement on entérine les communautés, notamment religieuses, en place, mais on crée des « communautés » à fin de simplification de la hiérarchie impériale ! Le tout toujours selon « l’ordre » de « la hiérarchie des races » !

Tout un système de vis-à-vis hiérarchiques, ou en Afrique du Nord, « musulmans » est opposé à « Européens », et où en Afrique sud-saharienne, « noirs » est opposé à « blancs ».

*

Un vis-à-vis devenu prégnant au fil des décennies…

Ce qui explique ici pourquoi le FLN parle d’Algérie « musulmane » (c’est à dire inverse d’ « européenne »), revendication en miroir devenue constitutionnelle !… Pour une fuite en avant toujours plus islamiste.


Ce qui explique là pourquoi un Senghor exaltera « l’intuition », qui serait « nègre » !, quand « la raison » serait européenne (« hellène » dans le texte).

Dans les deux cas, est revendiquée, mais inversée, la projection opérée par le système colonial sur « ses sujets ». Ce pourquoi Sarkozy n’a eu aucune peine à reprendre ce thème colonial dans son fameux discours de Dakar pour affirmer que la part rationnelle de l’Afrique, c’est l’Europe !

C’est dans le même ordre de fascination que l’ordre — colonialiste sans s’en rendre compte (étant colonialisme inversé) — de l’islamisme devient le seul vis-à-vis de la droite décomplexée !

Ce sont deux des raisons : l’héritage du combat en métropole contre le catholicisme, et, pour certains courants, l’héritage anti-colonialiste, qui font que la gauche est en position préférable (quand elle n’a pas succombé aux sirènes de droite la ramenant à ses anciens démons coloniaux et anti-repentants) pour mener le nouveau combat laïque — concrètement désormais anti-charia (ce reliquat trans-colonial).

*

Dernier exemple de ce que l’ouverture démocratique est un classique qui n’a non seulement pas été promu par la colonisation, mais a été étouffé par elle : la réception de l’islam dans l’Afrique sud-saharienne pré-coloniale n’a pas entraîné d’adoption de la charia, ou de substitution des structures parlementaires traditionnelles par la charia. L’islam, généralement confrérique, y a été perçu comme élément religieux pouvant être intégré, mais non pas comme alternative politique — d’où la possibilité, encore au XXe siècle, pour le Sénégal, par exemple, d’élire un président catholique sans aucune difficulté.

La charia reste une élaboration historique du passé, qui ne peut en aucun cas faire constitution, ni même référence pour l’organisation de la vie de la Cité.

Ce symbole néo-colonial (inversé) de la charia qu’est le voilement des femmes ne fait que légitimer ce passé qui ne passe pas (comme l’a montré de façon claire le discours de Dakar).

*

C’est dans de toutes autres voies que les fascinations néocoloniales de ce genre que les ex-colonies devront chercher leur indépendance réelle, morale, et économique, pour un véritable développement.

Et évidemment le symbole de libération que porte toute voie d’indépendance ne saurait s’accompagner de quelque assujettissement des femmes via des symboles aux allures de provocations puériles, qui détournent des vrais problèmes.




jeudi 6 août 2009

Il y a 64 ans

Hiroshima était la cible prioritaire pour le bombardement. Le 6 août 1945, le temps était clair au-dessus de la ville. Le B-29 Enola Gay piloté par Paul Tibbets était parti à 2h45 de l'île de Tinian. L'avion transportait avec lui la bombe Little Boy. Celle-ci fut armée en vol par le capitaine de marine William Parsons après le décollage.

Le second lieutenant, Morris R. Jeppson, fut le dernier à toucher la bombe lorsqu'il plaça les fusibles d'armement. Peu avant 8h15, Enola Gay arriva au-dessus de la ville. L'ordre de bombarder fut donné par Tibbets, le major Thomas Ferebee s'exécuta en visant le pont Aioi en forme de « T », celui-ci constituant un point de repère idéal au centre de la ville. Peu après 8h15, la bombe Little Boy sortit de la soute à une altitude de 9 450 m. À 8h16m2s, après environ 43 secondes de chute libre, activée par les capteurs d'altitude et ses radars, elle explosa à 580 mètres à la verticale de l'hôpital Shima, en plein cœur de l'agglomération, à 170 m au sud-est du pont visé, libérant une énergie équivalente à environ 15 000 tonnes de TNT.

Une énorme bulle de gaz incandescent de plus de 400 mètres de diamètre se forma en quelques fractions de secondes, émettant un puissant rayonnement thermique. En dessous, la température des surfaces exposées à ce rayonnement s'est élevée un bref instant, très superficiellement, à peut-être 4000°C. Des incendies se déclenchèrent, même à plusieurs kilomètres. Les personnes exposées à ce flash furent brûlées.
Celles protégées à l'intérieur ou par l’ombre des bâtiments furent ensevelies ou blessées par les projections de débris quand quelques secondes plus tard l'onde de choc arriva sur elles. Des vents de 300 à 800 km/h dévastèrent les rues et les habitations. Le long calvaire des survivants ne faisait que commencer alors que le champignon atomique, aspirant la poussière et les débris, débutait son ascension de plusieurs kilomètres.

Un énorme foyer généralisé se déclencha rapidement avec des pics de température en certains endroits. Si certaines zones furent épargnées lors de l'explosion, elles devaient par la suite affronter un déluge de feu causé par les mouvements intenses des masses d'air.

Enola Gay avait entre-temps effectué un virage serré à 155° vers le nord-ouest et rebroussait chemin. Les membres de l'équipage, protégés par des lunettes, purent assister à l'explosion. Bob Lewis, le copilote d'Enola Gay, s'écrie : « Mon Dieu, qu'avons-nous fait ? Même si je vis cent ans, je garderai à jamais ces quelques minutes à l'esprit. »

Quelques heures après l'explosion, le nuage atomique ayant atteint des zones plus froides et s'étant chargé d'humidité, la pluie se mit à tomber sur Hiroshima. C'était une pluie qui contenait des poussières radioactives et des cendres qui lui donnaient une teinte proche du noir. C'est pour cela que cette pluie a été désignée par le terme de « black rain » dans la littérature anglo-saxonne.


Ces poussières ont porté sur une zone de 30 x 15 km2 au nord-ouest du point d’explosion.

Le matin du 9 août 1945 à 3h49, le B-29 Bockscar partit de Tinian en direction du Japon. À son bord, la bombe Fat Man.

À 11 h 02, une percée dans les nuages sur Nagasaki permit au bombardier de Bockscar, le capitaine « Kermit » Beahan, de viser la zone prévue, une vallée avec des industries. Fat Man fut alors larguée et explosa à 469 mètres d'altitude…




mercredi 5 août 2009

Zénon



Suite à quelques considérations autour d'Horacio Caine...

Surprenant tout de même, quand on lit Diogène Laërce, le biographe des philosophes de l'Antiquité, citant Apollonios de Tyr pour affirmer que "Zénon, fils de Mnaséas, originaire de Cittium, était maigre, grand et noir de peau" et quand il précise que c'est de là que "vient qu’il fut surnommé palmier d’Égypte" - ici Diogène cite cet autre grand stoïcien, Chrysippe, disciple de Zénon...

... Étonnant de voir cette information, unique et précise sur le physique de Zénon, se traduire dans cette représentation (la plus célèbre du fondateur du stoïcisme) :



Est-ce vraiment le portrait qu'en fournit Diogène Laërce, lui qui donne raison d'avance à Cheikh Anta Diop, concernant une zone de l'Antiquité allant de la Phénicie à l'Égypte ?...

Voilà donc un philosophe, aux racines d'une des pensées fondatrices de l'Europe, le stoïcisme...

Pensée entrée au cœur de l'Empire romain, revendiquée par l'empereur Marc Aurèle (121 - 180) d'où elle essaimera jusqu'à la Renaissance et à nos jours - mais « l'émeraude ne perd pas de sa valeur faute de louanges », disait l'empereur romain...

*

« En moins de dix jours tu paraîtras un dieu à ceux qui maintenant te regardent comme un fauve ou un singe, pourvu que tu reviennes aux principes et au culte de la raison. » Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même, Livre IV, xvi.



mardi 4 août 2009

à Horacio Caine (4)



(Atalaku - suite)

Horacio Caine,

Un nom, en tout cas un prénom, Horatio, évoquant Quintus Horatius Flaccus, Horace, poète latin (65 av. J.-C. - 8 av. J.-C).

« Horace était stoïcien à ses heures, même quand il se disait du troupeau d’Épicure » écrit Henri Busson (Le rationalisme dans la littérature française de la Renaissance). C’est que « si la jeunesse est l’âge des enthousiasmes héroïques, l’âge mûr est souvent celui des sagesses désabusées. On ne gagne pas à vieillir » (Henri Busson, id.).

Je ne suis pas aussi sûr que cela qu’en la matière, « on ne gagne pas à vieillir » : tout de même même, « on est fatigué » !

Mais bref, nous voilà avec un Horacio qui a quand même un beau patronage : Horace…

« Horace était fils d'affranchi. Son père, qui a des ambitions pour son fils, va jusqu’à s’installer à Rome afin de lui assurer la meilleure éducation possible. Vers dix-huit ans, il l’envoie à Athènes, tel un fils de famille, pour y couronner son cursus par l’étude du grec et de la philosophie. » (D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Horace).

Philosophie — ce qui explique peut-être les sentences d’Horatio — « tu parles beaucoup comme un perroquet ôô »…

Philosophie stoïcienne — Zénon de Citium, fondateur du stoïcisme, assistait à un repas où il ne disait pas un mot : on voulut en savoir la raison : « Afin, dit-il, que vous rapportiez au roi qu'il y a quelqu'un ici qui sait se taire. » (http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Biographies/ZenonDeCitium_Bio.htm)



Un côté stoïcien, quand même, Horacio !

Zénon de Citium, né à Citium (Chypre) v.-335, mort à Athènes v.-262/-261, philosophe, fondateur en -301 du stoïcisme, l'école du Portique - en grec stoa signifie portique.

Zénon d'après Diogène Laërce (Vies et doctrines des philosophes illustres) :

"Zénon, fils de Mnaséas, était originaire de Cittium, ville de l’île de Chypre, citadelle des Hellènes, mais possédée par des colons phéniciens. […] Apollonios de Tyr dit que Zénon était maigre, grand et noir de peau, d’où vient qu’il fut surnommé palmier d’Égypte (selon Chrysippe, premier livre des Proverbes)."

Plus loin :

"Il se promenait dans le portique orné de fresques nommé le Poecile de Péisianax et décoré de peintures de Polygnote, y discourait, voulant purifier ce lieu des massacres, car sous les Trente, on y avait tué plus de quatorze cents citoyens. Il y venait nombre de gens pour l’écouter. Ils furent appelés Stoïciens, du mot stoé (le portique), car d’abord ils se nommaient Zénoniens (cf. Épicure, Lettres)."

La suite : http://ugo.bratelli.free.fr/Laerce/Stoiciens/Zenon.htm

À quelqu'un qui parlait inconsidérément (« tu parles beaucoup comme un perroquet ôô »), Zénon aurait dit : « Nous avons deux oreilles et une seule bouche, pour nous apprendre que nous devons beaucoup plus écouter que parler. »



samedi 1 août 2009

à Horacio Caine (3)




Horacio Caine... pour les paroles de la musique d'origine du générique
des Experts Miami ?
Pour le moins désabusé !
Traduction en français plus bas.

Traduction ivoirienne : "on est fatigué" (?)



(La même par les mêmes
/ ou presque après la mort du batteur Keith Moon
mais avant celle du bassiste John Entwistle /
quelques années plus tard que la version ici !)



We'll be fighting in the streets
With our children at our feet
And the morals that they worship will be gone
And the men who spurred us on
Sit in judgement of all wrong
They decide and the shotgun sings the song

I'll tip my hat to the new constitution
Take a bow for the new revolution
Smile and grin at the change all around
Pick up my guitar and play
Just like yesterday
Then I'll get on my knees and pray
We don't get fooled
again

The change, it had to come
We knew it all along
We were liberated from the fold, that's all
And the world looks just the same
And history ain't changed
'Cause the banners, they are flown in the next war

I'll tip my hat to the new constitution
Take a bow for the new revolution
Smile and grin at the change all around
Pick up my guitar and play
Just like yesterday
Then I'll get on my knees and pray
We don't get fooled again
No, no!



Nous nous battrons dans les rues
Avec nos enfants à nos pieds
Et la morale qu'ils vénèrent aura disparu
Et les hommes qui nous ont éperonnés
Siègent pour juger toutes les infractions
Ils décident et le fusil chante sa chanson

Je lèverai mon chapeau à la nouvelle constitution
Ferai une révérence à la nouvelle révolution
Sourirai et grimacerai aux changements tout autour
Prendrai ma guitare et jouerai
Simplement comme hier
Puis je m'agenouillerai et prierai
Pour que nous ne nous fassions pas avoir une fois de plus

Le changement, il fallait qu'il arrive
Nous l'avons toujours su
On nous a libéré des ennemis, c'est tout
Et le monde semble exactement le même
Et l'histoire n'a pas changé
Car les étendards, ont tous été déployés durant la dernière guerre

Je lèverai mon chapeau à la nouvelle constitution
Ferai une révérence à la nouvelle révolution
Sourirai ou grimacerai aux changements tout autour
Prendrai ma guitare et jouerai
Simplement comme hier
Puis je m'agenouillerai et prierai
Pour que nous ne nous fassions pas avoir une fois de plus. Non, non !



I'll move myself and my family aside
If we happen to be left half alive
I'll get all my papers and smile
at the sky
Though I know that the hypnotized never lie
Do ya? No, no!

There's nothing in the streets
Looks any different to me
And the slogans are replaced, by-the-bye
And the parting on the left
Is now parting on the right
And the beards have all grown longer overnight

I'll tip my hat to the new constitution
Take a bow for the new revolution
Smile and grin at the change all around
Pick up my guitar and play
Just like yesterday
Then I'll get on my knees and pray
We don't get fooled
again
Don't get fooled again. No, no!

Meet the new boss
Same as the old boss




Je vais mettre ma famille et moi à l'abri
S'il arrive que nous restions à moitié en vie
Je prendrai tous mes papiers et enverrai un sourire au ciel
Car je sais que les hypnotisés ne mentent jamais
Mentez-vous ? Non, non !

Il n'y a rien dans la rue
Qui me paraisse différent en quoi que ce soit
Et les slogans ont changé, à propos
Et le parti à gauche
Est maintenant le parti à droite
Et leurs barbes ont toutes poussé pendant
la nuit


Je lèverai mon chapeau à la nouvelle constitution
Ferai une révérence à la nouvelle révolution
Sourirai ou grimacerai aux changements tout autour
Prendrai ma guitare et jouerai
Simplement comme hier
Puis je m'agenouillerai et prierai
Pour que nous ne nous fassions pas avoir une fois de plus
Ne vous faîtes pas avoir une fois de plus. Non, non!

Va voir le nouveau patron
Pareil que l'ancien patron


à Horacio Caine (2)




Oui je sais, ce n'est plus lui dans "Les Experts - Manhattan",
mais c'est toujours les Who, même album Who's next - Baba O'Riley :